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09 janvier 2013

Retour En Hollandie

Que c’est triste la Hollandie, ma mie. C’est comme du bois mort ; partout. Des ronces à n’en plus pouvoir, et du fumier qu’on aurait posé là, sans raison, par désœuvrement. Ou pour faire chier le monde, les gens, la vie. La pauvre… 

C’est triste, oui, la Hollandie, ça n’a ni goût, ni couleur, c’est informe et terne à la fois. Et si ça vous donne une envie, une seule, elle est étrange, mon ange. C’est l’envie de foutre le camp, mettre les bouts, les adjas, les voiles, le plus loin possible. Peu importe comment, on s’en cague ; du moyen. Du moyen comme du reste. 

Il faut quitter ce rade, pendant qu’il est temps, que nous sommes encore jeunes, vivants, titubants. Rester là, c’est à petit feu, périr. C’est l’assurance d’être gagné par toutes les rancœurs possibles, jusqu’aux plus sourdes. C’est un passeport pour s’aigrir, lentement mais considérablement. Et comme un con, finir avec la meute, celle-là même qui chaque jour et à toute heure, geint, hurle ou lynche. Quand ce ne sont pas les trois à la fois. Dans ce monde-là, étroit, les limites, on ne connaît plus. Tout est bon, dans l’innommable. Le peu qui reste, compte, importe, c’est qu’il jouisse, le Narcisse. Et se fasse reluire le cul, en retour. 

Hollandie.jpg

 

J’en peux plus, tellement ils me dégueulent. Ceux qui se disent de droite, et ces autres qui se prétendent de gauche. De droite, je pige, c’est clair, c’est limpide, pas d’erreur possible, ils le sont, bel et bien. Mais de gauche, là, y a maldonne. Faudrait voir à pas trop se foutre du monde. Non plus. Que cette Hollandie soit triste et passablement emmerdante, c’est une chose, mais nous raconter des barres, voilà qui n’est pas recevable... 

Alors je vais le dire, une fois, une seule, ça suffira : qui soutient cet orchestre de sombres Ayrault, d’une manière ou d’une autre, n’est surement pas de gauche. Et j’ajoute ceci : qui soutient cette chose inerte, informe et terne, est un individu de droite. Qui ne pense qu’à une chose : protéger ses intérêts. Il n’a jamais souffert de quoi que ce soit, jamais trimé, marné, crevé. Il vit confortablement, et ne veut pas que ça change. C’est sa gueule, rien que sa gueule. Quant aux autres, qui fanfaronnent, c’est postures et compagnie. Quand ce n’est pas imposture totale, caractérisée ; il va sans dire.

Et ne venez pas me conter fleurette. Ne venez surtout pas me chanter qu’il y aurait plusieurs gauches, ça n’est pas vrai. La gauche, je connais. Jusqu’au pedigree. Ca fricote pas avec qui tu sais, ne fait pas de salamalec et tutti. La gauche, c’est le socialisme. Point-barre. Tout ce qui n’est pas socialiste – au sens premier du terme: politique, sociologique, idéologique – n’est pas de gauche. Fin de l’histoire.

Ne me dis pas, non plus, que tu y as cru. Que ça t’a fait bander. Triper. Toi, ton but, le seul, ton petit taf, mesquin, c’était de virer Sarkozy. Rien de plus. Ta réflexion n’allait pas plus loin que ça. C’est dire la misère. C’est dire aussi, combien tu te moques du monde, des gens, de la vie. La pauvre… C’est pas demain la veille, ah ça non, que t’auras le début de l’étoffe d’un Edouard Martin, d’un Xavier Mathieu. Ces hommes sans nom. Mais dignes. O combien... S’il y a un exemple à suivre, c’est le leur. Mais, très objectivement, qui se soucie de Martin, de Mathieu ? Qui est venu voler à leur secours ? Qui les a encouragé à poursuivre, ne rien lâcher ? Où qu’il est le citoyen ? C’est un mot qui a du sens, non :
« citoyen » ?

Un citoyen, ça n’attend pas, ça n’attend rien, le cul vissé sur un canapé.
Un citoyen, ça ne se contente surement pas de pianoter sur un clavier, en espérant je ne sais quel RT.
Un citoyen, ça se bat, au quotidien. Partout. Sur son lieu de travail. Dans son quartier. Son foyer...
Un citoyen, ça prend des initiatives, ça harangue et tente de convaincre, dut-il, cher le payer. Tels Martin et Mathieu…
Qui attend, de ce gouvernement, ou d’un autre, un geste, une action, un présent, est perdu. A jamais. Pour toujours.
Aucun gouvernement ne fera ton bonheur.
Aucun gouvernement ne comblera tes manques, tes absences, ton inconséquence.
S’il est un devoir, et un seul, c’est d’être un citoyen, à part entière, sans rien attendre en retour. Ni reconnaissance. Ni respect. Que dalle. 

Sors de là. De cette merde. Mollasse. Prends ta caisse, ou un putain de train. Va la voir, la mer. Ecoute … Dans son silence, tu entendras comme un balancement maudit qui te remettra ce qui te sert de cœur, à l’heure. Avec le sable qui remonte un peu. Comme les vieilles putes qui remontent leur peau. Qui tirent la couverture... Magne-toi. Car déjà, rien, il n’y a (presque) plus rien. Que des jouets. Du technologique. Du social au rabais. Numérique, ta mère. De la vie pauvre, à pas cher. Que t’en viendrais presque à les chercher, tout pauvret, dans un coffret, ou je ne sais dans quelle partie de ton esprit. Tu sais, te souviens : les osselets ? Ceux qu’on faisait rouler, à même les doigts. C’était, je crois, un temps béni. Et que, pourtant, pour rien au monde, on ne voudrait revivre.
Celui, dit, de « récré ». 

Que c’est triste, oui, la Hollandie, ma mie. C’est pire encore que du bois mort ; ça vous désole. Tout cernés que nous sommes, désormais, par les ronces et quelques épines, encombrantes, du fané à foison, à n’en plus pouvoir ; et ce fumier qu’on a posé là, va savoir pourquoi, sans doute pour faire diversion, nous égarer. A moins que ce ne soit, comme souvent, pour faire chier le monde, les gens, les pauvres, ce qui reste de vie. La vraie…  
Alors, forcément, c’était couru, évident, ça attend. De partout. Godillots. Moutons. Invertébrés. Et pourtant, vois, comme ça geint, ça hurle,  jacte et lynche. Comment, à quel point, ça se croit vivant, alors que, pauvre Narcisse, c’est mort. Depuis longtemps.

Cassons-nous d’ici. De cette Hollandie. Triste et morne... Je connais, moi, tu sais, un endroit. Attrayant. Vivifiant. Il porte un nom. Un joli nom : « Imagination ».
On fera la route, et pas qu’un peu ; en Kawa, verte, flamboyante. Toi devant, et moi derrière, accroché, comme un fou, un maladroit, à même ton dos, la frimousse tendrement balayée par tes cheveux...
Avec un peu de chance, il en faut, cette fameuse providence, nous le trouverons, cet endroit-là. Où tout commence. Et, jamais rien ne finit... C’est pas comme ici, en Hollandie. Ce pays désolant de ronces et de bois mort. Qui, à plein nez, sent fort, le fumier. 

20 août 2012

Les Abominables Cent Jours De L'Editocratie Française

Oublions les Cent jours. C’est juste une construction médiatique sans la moindre importance. C’est dans cinq ans que nous pourrons évaluer, tranquillement, sereinement, le quinquennat de François Hollande. Ceci étant dit, amusons-nous, en prenant les "journalistes" à leur propre jeu : faisons le bilan de leurs Cent jours médiatiques en « Hollandie ». 

Concentrons notre attention sur trois hebdomadaires phares de la vie politique française : Le Point, L’Express et le Nouvel Observateur. Théoriquement, ces trois magazines ne défendent pas les mêmes points de vue, il paraîtrait même que l’un deux serait classé à "gauche". Or, en épluchant articles, éditos, etc., on s’aperçoit, avec un relatif effroi, que tous sont sur la même ligne.
Démonstration.

Le PointSans surprise aucune, c’est bien évidemment Le Point qui se montre le plus critique et circonspect quant à la politique qu’entend mener François Hollande.

Certes, de Franz-Olivier Giesbert à Claude Imbert en passant par Sylvie Pierre-Brossolette, tous s’accordent à trouver le nouveau président "intelligent". Ah ça, il ne manque pas de qualités. Et puis, avec lui, au moins, on évitera les outrances, y compris langagières, qu’on eût à subir lors du quinquennat précédent. 

Sauf que, il y a un hic avec ce Hollande : il est socialiste. Un bien grand mot, si je puis me permettre. Car si Hollande est socialiste – au sens premier du terme – alors moi, je suis la Reine du Danemark.
Mais, admettons. 

Bref, ce qui chagrine les éditorialistes du Point, c’est le projet du président ; projet pourtant validé dans les urnes par une courte majorité de Français, le 6 mai dernier. 

Dès le 10 mai (1), Le Point met en garde. Ainsi Claude Imbert : « Si l’on s’en tient au programme socialiste (sic) de Hollande, on peut craindre le pire. Il respire la vaine illusion d’une croissance venue d’ailleurs pour éviter les coupes dans la dépense publique. ». Et Giesbert d’enfoncer le clou en affirmant que si Hollande est (ou reste) socialiste « il n’a aucune chance de réussir. ».  
Mais alors, comment pourrait-il « réussir » ?
Mais en reniant son programme, pardi ! Comme le lui suggère l’inénarrable Pierre-Antoine Delhommais : « M. Hollande devra (…) faire l’exact contraire de ce qu’il a laissé miroité depuis un an ».

Suivant l’adage "il faut battre le fer pendant qu’il est chaud", Le Point remet le couvert le 24 mai (2).
Un festival ! Sylvie Pierre-Brossolette nous explique que le gouvernement sera contraint de plier devant ce qu’elle nomme le « principe de réalité ». Et d’asséner : « Et si pour réussir, le président devait trahir ses promesses », relayé par l’incontournable Nicolas Baverez : « pour retrouver la croissance, François Hollande devra sortir de l’ambiguïté, fût-ce au détriment de son programme ».

Rebelote le 21 juin (3) où Baverez n’y va pas avec le dos de la cuillère : « l’application de son programme serait suicidaire pour la France comme pour l’euro ». Un numéro où Le Point appelle à la rescousse l’économiste le plus néolibéral que porte notre sol, grand ami du capitalisme financier : Christian Saint-Etienne (4). 

Charitable, je pourrais vous faire grâce de ce que ces éditorialistes (ou contributeurs) pensent des Français. Mais non. Il faut savoir qu’ils considèrent que, non seulement, nous n’avons « pas pris conscience de la gravité de la crise » (Claude Allègre) mais encore « de ce qui [nous] attend » (Christian Saint-Etienne). Bref, nous sommes des ignorants. Ou des imbéciles. 

Mais Le Point a beau rugir, Hollande met en branle son projet (coup de pouce au SMIC, retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler tôt…) ce qui nous vaut, le 5 juillet (5) une nouvelle salve, où chaque contributeur en remet une couche (le programme de François Hollande n’est pas compatible avec l’acceptation de la règle d’or et le retour à l’équilibre des finances publiques, etc...) avant, le 2 août (6), de gémir : « [Hollande] ne parvient pas à dépasser les vieux réflexes keynesiens pour s’adapter à la réalité économique qui s’impose à lui » (Pierre-Antoine Delhommais).

C’est dans ce numéro du 2 août, que – sans doute désespéré que Le Point ne suffise pas à faire fléchir Hollande – Romain Gubert, dans un article intitulé « Au pays des Bisounours » s’en va piocher dans la presse étrangère pour nous démontrer qu’à propos de la « Hollandie » les analyses du Point sont unanimement partagées dans le monde entier…

.... Pourquoi diantre allez chercher si loin, monsieur Gubert, alors qu’à quelques rues de vous, un certain Laurent Joffrin du Nouvel Observateur ne dit pas autre chose !... N’avez-vous pas lu son édito du 24 mai ? On y lit ceci, qui devrait vous ravir : 

« Après les pitbulls de la Sarkozie, voici les Bisounours de la Hollandie (…) Le gouvernement veut faire les réformes populaires qu’il a annoncées. Au lieu de cela, il devra bientôt prendre des décisions dramatiques (…) Autrement dit, il faudra expliquer aux Français qu’ils seront tondus un peu plus pour sauver l’économie européenne ». Et de conclure : « Pour réussir, les Bisounours devront se changer en pitbulls ». 

Vous voyez, vous n’êtes pas seul sur le coup, M. Gubert ! Le Nouvel Observateur est avec vous ! Dès le début, qui plus est. Car le 10 mai, n’est-ce pas le même Joffrin qui écrivait : « Les tabous de la gauche doivent céder autant que les préjugés de droite » ? (7)

Express, BarbierLe Point, Le Nouvel Observateur, et comme de bien entendu, L’Express ! Autre hebdomadaire qui depuis cent jours demande, via la plume de Christophe Barbier, à M. Hollande de ne pas appliquer son programme « socialiste ». 

Ainsi le 20 juin 2012 : « Il serait regrettable et dangereux, à la fois pour le pouvoir en place et pour le pays, que la gauche restât sur la simple exécution du programme présidentiel ». 

Mais encore le 11 juillet : « Il ne peut y avoir de ‘redressement dans la justice’, c’est une fable, c’est un oxymore. Si la gauche veut redresser le pays (…) il lui faut être injuste ».
Mais injuste avec qui ?
Et Barbier d’énumérer : « avec des classes moyennes surfiscalisées », « avec des classes populaires moins consolées », « avec des chômeurs moins indemnisés », « des malades moins remboursés », « et, surtout, des jeunes moins aidés » ! 

Bref, Barbier, du haut de son écharpe, demande à Hollande d’être « impopulaire ». Tout comme...
... Pierre-Antoine Delhommais dans Le Point du 10 mai (« Soyez impopulaire, monsieur Hollande »). 

Ainsi donc, ils sont tous d’accord. Nos éditorialistes. Qu’ils soient du Point, du Nouvel Observateur ou de l’Express. Cent jours à l’unisson. Non, Hollande ne peut pas appliquer son programme « généreux ». Il doit le « renier »... Et pour faire quoi ?

... Eh bien là aussi, ils sont tous d’accord ! Pour faire du Schröder ! Ce que – au passage – comptait également faire Sarkozy lors de son second mandat... Ce qui veut dire ? Des jobs au rabais (les « mini-jobs »), réduction de l’indemnisation des chômeurs dans le temps, recul de l’âge de la retraite, baisse du coût du travail, réduction des prestations sociales et des acquis sociaux, réforme du code du travail (plus de flexibilité, donc plus de facilité pour licencier) chômage partiel en veux-tu, en voilà, et bien sûr, réduction drastique du nombre de fonctionnaires et révision de leurs grilles de salaires (lois Hartz)… C’est d’ailleurs, nous dit-on, ce que l’Allemagne attendrait de François Hollande (8). 

Charmant programme, n’est-ce pas ? Celui qui sied comme un gant au capitalisme financier. Au détriment des salariés, des laborieux, des travailleurs. Une capitulation, en d’autres termes. 

Voilà l’abomination réclamée par nos éditorialistes ou contributeurs, quels qu’ils soient (et vous pouvez y ajouter Jacques Attali, Jean-Marie Colombani,  François Lenglet, Jean Peyrelevade , etc.) depuis cent jours. Sans discontinuer. Et de concert. 

Comme quoi, ça peut être intéressant, oui, de faire le bilan des Cent jours. Mais pas dans le sens qu’on croie. Le plus énorme, c’est que ces éditorialistes sont persuadés d’être dans le "vrai". 

Pour le comprendre, il suffit de lire Christophe Barbier, dans son pompeux édito du 20 juin : 

 « Moi éditorialiste, je serai attentif aux promesses tenues autant qu’aux raisons avancées pour l’abandon de toutes les autres, nombreuses à coup sûr, puisque le réel est sans pitié. Moi éditorialiste, je serai sans pitié pour le manquement à l’éthique ». 

« Le réel est sans pitié », l’éditorialiste est « sans pitié », donc l’éditorialiste c’est LA plume, le témoin du "réel". Ebouriffant non ? 
Ou grotesque, c’est selon.   

Sauf que non. Le réel, c’est nous. Nous le peuple. Nous, nous la vivons, la crise. Le dur. De Doux à PSA. Et nous demandons réparations. Et plus de justice.
Nous avons voté pour un (petit et bien chiche) projet (de gauche très molle). Et nous demandons à ce qu’il soit appliqué. A la lettre.
Nous, nous n’en avons rien à foutre de votre capitalisme financier. Il nous broie. Il nous détruit. Et c’est sans pitié, aussi, que contre lui, nous nous battrons. Quoi que vous écriviez. Cent jours ou cent mois de plus.


NB
: Et sur ce, tiens donc, Mélenchon a surgi pour la deuxième couche… Ici, disséquée.

 

PS : "... Oh, j'avais oublié de vous dire ..." comme dirait Le Point ! Cet article n'a pas été (comme c'est curieux) "accepté" par Le Plus du Nouvel Observateur. Bienvenue en normalitude ...

 

(1) Le Point n°2069 « Le Président (Un numéro historique) »

(2) Le Point n°2071 « Le cauchemar de Hollande (Ces promesses qu’il faut enterrer) »

(3) Le Point n°2075 « … Oh ! J’avais oublié de vous dire … »

(4) Appelé aussi en renfort par l’Express du 25 juillet (« Il repousse les réformes, il endort les Français… L’hypnotiseur ») : « On n’a pas compris qu’il n’y a de richesses que d’hommes au travail » écrit Christian Saint-Etienne. Ben voyons !

(5) Le Point n° 2077 : « On arrête avec les bêtises ? (Ce virage que le pouvoir prépare) »

(6) Le Point n°2081 : « La France danse sur un volcan »

(7) Cet édito de Joffrin est intitulé « Non, on ne rêve pas ». C’est à double-sens, bien sûr...
« Non, on ne rêve pas », dans le sens où : ne vous pincez pas, c’est vrai, c’est réel, la gauche est bien de retour à l’Elysée après trois échecs (1995, 2002, 2007).
Mais « Non, on ne rêve pas » signifiant aussi que nous ne sommes pas en 1981. Donc inutile de rêver à je ne sais quel Grand Soir, ou même changement de société. Cette gauche doit être « sérieuse ». Comprendre : un peu à droite. Comme Schröder, quoi…

(8) Lire l’interview de Hans Stark, secrétaire général du Comité d’études des relations franco-allemandes et chercheur à l’Ifri, dans l’Express du 25 juillet: « Les dirigeants allemands attendent un virage ».  A la Schröder, comme de bien sûr…. 


03 avril 2012

La Non-Campagne Présidentielle [Emmerdante Et Merdeuse A La Fois]

Il a raison Cohn-Bendit : « On s’emmerde » dans cette campagne. Elle nous cause pas, cette campagne. Jamais. C’est du meeting, en boucle, vendu clé en main à des médias serviles. Des interviews à la chaîne où le candidat déroule sans que jamais ne rebondisse le présumé journaliste. L’Aphatie de service. C’est un one-man-show permanent où, de ville en ville, inlassablement, le camelot scande toujours les mêmes mots, les mêmes répliques. Il n’y a guère que des militants, des supporteurs, étriqués et mesquins, pour jouir de cette affligeante comédie, se gargariser de la dernière petite phrase de leur petit tribun de pacotille.

Front Populaire , Front de Gauche, BastilleLe chômage, la précarité, les boulots qui vous permettent à peine de croûter, les contrats scélérats, les inégalités salariales, le pouvoir d’achat, le grand désarroi, de tout cela, on ne parle pas. Ou alors, en incantations, à grands coups de « y’a qu’à/faut qu’on ». On la connaît, ta foutue chanson, aux couplets périmés. Alors t’étonne donc pas, qu’elle gagnât du terrain dans les sondages ; l’abstention.

Une vision de la société ? Y’a pas non plus. Pas l’ombre d’un croquis, pas même le début d’une esquisse. Que de l’esquive. Ou alors de l’halal-mon-cul et du Merah refroidi. Plongée sous-Marine garantie. Oyez, oyez ! Français de souche, le coupable de tous nos maux, on l’a trouvé, c’est formidable : c’est l’étranger ! Le basané, l’islamisé ! Faut le virer, par deux le diviser cet immigré, avant qu’il nous foute la République à genoux. Après ça, tu verras, on vivra meilleur, avec du taf pour tout le monde, payé rubis sur l’ongle...
Dis-donc, candidat-démagogue, tu nous prendrais pas, par hasard, pour des cons de compétition ?

Quant à l’international, c’est pas qu’on en parle pas, c’est qu’on en parle jamais. Pourtant ça déconne, à pleins tubes, comme rarement. La poudrière est au taquet. Tout est fin prêt. Les armes refourguées. Dassault, Lagardère, renfloués. Y’a pas à dire, ça sent le merdier. Avec ta petite ONU ankylosée. Et cet OTAN en emportant le vent mauvais... Mais quand t’es Français, de l’international, t’en as rien à caguer. Tu vis sur ton île, bordée d’Atlantique et de Méditerranée, et vivent les congés payés. Y’a plus qu’à bronzer. Et peu nous chaut qu’elle enclume, la Terre. Qu’elle s’assèche. Que disparaissent les espèces… Les espèces c’est comme les langues de nos ancêtres, c’est dans l’indifférence, qu’on les laisse crever. Nous, on cause plus qu’en 140 caractères. On est du genre primaires.

Et la dette, alouette ! Qui va la payer ? Dame Bettencourt ou ta pomme ? Sieur Proglio ou le prolo ? Qui va trimer plus que de raison pour combler l’abyssal dont en rien, ou si peu, nous sommes, nous les gueux, responsables ?... En un rien de temps, tu l'auras remarqué, on nous ferait passer pour des salopards d’assistés, bouffeurs de médicaments, fraudeurs patentés, chômeurs de papier. Après tout, n’est-ce pas ainsi qu’on nous a dépeint le Grec, l’Italien ? Alors, demain, pourquoi pas nous ?... La stigmatisation, enfonce-le toi profond dans le cervelet, c’est pas un concept qu’on réserve aux seuls étrangers. C’est valable aussi pour les syndiqués, les fonctionnaires, les grévistes, les sans-grades, les miséreux et tous les oubliés de l’Irréprochable, cette Ve agonisante… On s’embarrasse pas dans ce monde-là ! Faut dire aussi, que tant qu’il y aura des gogos, des trouillards de première, pour gober toute cette rhétorique de bazar, les oligarques de notre monarchie Républicaine auront de beaux jours devant eux. Et c’est pas via un raout à la Bastille où t’emprunte moins à Chavez qu’à de Gaulle et Malraux, que tu changeras la donne, camarade ! T’as beau avoir épluché à la virgule près une Histoire socialiste de la Révolution française n’est pas Jaurès qui veut, mon coco. Même si, j’en conviens, tu nous auras bien fait kiffer.

Et j’allais oublier l’absence. De débats. Ah mais, comprenez-vous, il ne faut pas. C’est chasse gardée. Pour les seigneurs du second tour. C’est qu’ils ne jouent pas dans la même cour. Ah non ! Eux, ils sont côté jardin. Bien planqués. A l’abri. Pas question de ferrailler avec – comment qu’ils disent déjà ? – des "petits candidats". C’est indigne de leur statut… Chez ces gens-là, voyez-vous, on ne se mélange pas.
Certes, on prône à tirelarigot le « vivre ensemble ». Mais chacun chez soi.
On se présente comme le candidat du peuple, le rassembleur, le grand humaniste, mais y’a des limites.
On veut bien exposer ses idées, recyclées, mais en terrain conquis. Au Bourget, à Villepinte. Là où on vous applaudit, à tout rompre, quand bien même prononceriez-vous le mensonge ou la contre-vérité la plus énorme !... Ou alors, on défile chez l’Aphatie et l’Elkabbach. Là aussi, t’es peinard. Tu peux dérouler ton baratin, ils n’oseront jamais te reprendre. D’abord parce qu’il y a pas le temps, c’est minuté CSA, faut pas lambiner ; et qu’ensuite, ils sont pas payés pour ça. Ils sont comme Drucker. Ils font ta promo, gratis. On n'est pas chez Politis. Ça pointe pas au Monde Diplomatique, ce journalisme-là. Ça bâfre au Siècle, avec le Minc et toute sa clique et ça n’espère qu’une chose : que rien ne change. L’alternance, ils le savent bien, ç’a pas la gueule de l’alternative. Aucun danger. Alors, prière de ne pas déranger les futurs rois du Château.

Or donc rien. Aucun sujet majeur. Pas la moindre vision. Pas la queue d’un projet. L’essentiel n’est jamais abordé. Ni à bâbord. Ni à Babar. Mais qu’est-ce qu’on s’en fout, n’est-ce pas, puisque l’Hollande y va gagner ! Et toi, pauvre ami, tu prendras cette affaire pour un nouveau 10 mai. C’est dire, si on n’a pas le cul sorti des ronces... Non mais, rendez-vous compte ! On va expédier à l’Elysée, un type qu’aura rien dit, rien proposé, en tous cas rien de concret, que du symbolique. C’est pas pour des nèfles qu’il aura choisi le Bourget, cet homme-là. On aurait dû s’en douter, qu’il survolerait les problèmes plutôt que de les affronter, ferme, les pieds sur Terre... Même son adversaire, il n’ose le nommer. Il lui donne du « candidat sortant ». En mimant Mitterrand… 
Eh, socialiste d’apparence, c’est pas parce qu’on cause avachi sur un pupitre qu’on a, pour autant, l’éloquence, le souffle et la roublardise d’un Tonton flingueur ! Et j’te passe le cynisme.

Alors, bien sûr, on peut arguer que c’est finement joué de la part du rouennais de Corrèze. Mais on peut aussi dire qu’à vaincre sans se mouiller, le triomphe annoncé a comme un goût de péril. Péril pour les gens de petite paie. Dont l’électorat douillet de l’Hollandréou se contrefout. Car voyez-vous, cet électorat-là, confortable et urbain, se moque du tiers comme du quart du désarroi d’autrui et n’a que pour seule ambition de ne surtout pas le rencontrer, de ne jamais le connaître. Mais c’est bien lui qui, pourtant, fêtera le 6 mai qui vient, et dans la plus maousse indécence, la petite revanche d’un parti de notables et d’embourgeoisés notoires.
Revanche sur des années de disette présidentielle ; revanche sur cette droite arrogante et bonapartiste dont, c’est à peine croyable, cette triste bande de sociaux-démocrates n’abrogera aucune réforme, aucune loi (ta retraite, tu te la paieras, et au prix fort) ; revanche enfin, sur cette humiliation suprême que fût le 21 avril 2002, mais qui, dis-toi bien, ne sera pas effacée pour autant, il y aurait même grande imprudence à le penser.

Bref, cette victoire ne sera pas celle du peuple, le besogneux, mais celle, vulgaire, d’un parti. On connaît la suite. On l’a déjà vécue. Mais comme on n’a pas d’estomac, et pas plus de couilles de surcroit, on y retourne. Preuve en est, que les Indignés d’en France, ça n’a jamais existé. Comme cette campagne. La présidentielle 2012. On n’en aura pas vu la couleur. Ils auront tout fait, jusqu’à l’innommable, pour l’éviter, les impétrants.

Pauvre campagne. Merdeuse et ô combien emmerdante. Qui jamais, ou rarement, se sera souciée de nous. Et du monde qui nous entoure. Parfois nous cerne...
Nos inquiétudes, nos désirs, nos rêves, ils n’en ont cure. Nous ne sommes que des mains qu’on frôle. Un corps électoral sur lequel, avec démagogie, on surfe. A qui l’on prie, de voter utile. De rentrer dans le rang. Celui qui mène à l’isoloir. Ensuite de quoi, vient le temps de « méprisance », où l’on nous conjure de faire silence. Cinq ans durant. Jusqu’à la prochaine campagne. Qui, pas plus que celle-ci, daignera compte tenir de nos doléances, encore moins de nos souffrances, tant ce qui n’a d’importance, c’est que : coûte que coûte et vaille que vaille, vive la République, et vive la France !

23 mars 2012

Une Campagne (Et Un Pays) Sur La Corde Raide

J’attends …
J’attends le moment où l’on va dire que c’est lui, Nicolas Sarkozy, qui a tout organisé. Que c’est un plan diabolique pour se faire réélire. Après tout, au point où nous en sommes, tout est possible.
Non ?

BanksyOui, j’attends le moment où l’on va crier au complot. C’est bien barré, faut dire.
Je constate, à ce propos, que nous avons – notamment sur Internet – de grands spécialistes, jusque-là méconnus, du Raid. Des pros de la DCRI et du Renseignement...
Ah faut voir comme ils te refont l’opération de A à Z !... Je leur donne ce conseil bien amical : filez donc votre scénar à Luc Besson, ça pourrait l’intéresser, dans le cadre d’un Léon II.. Contactez les studios américains, ils manquent d’idées pour une nouvelle saison des Experts et de NCIS.. Ou mieux : faxer le tout à Marchal, il est sec comme une trique depuis « 36 ». Avec lui, coco, la scène de la baignoire sera bleutée, pétée de ralentis, histoire qu’on voie bien les balles jaillir du 11.43.

J’attends aussi ce moment où, le supporteur du PS, celui qui se dit de gauche, va réclamer plus de surveillances ; vidéos, téléphoniques, numériques. Demander qu’on collât au train, et sans autre forme de procès, tout individu relou. A son seul goût... Oui, j’attends le moment où le citoyen se plaindra de vivre en démocratie, dans un pays libre, estimant que, tout compte fait, c’est trop risqué, trop dangereux. Que mieux vaut un Etat policier. Et qu’on remplaçât, sur le champ, nos services de renseignements par une Stasi.

Toujours est-il qu’après le carnage, on se défoule, n’est-ce pas ? Au mépris de tout. De la mémoire. De ceux qui ne sont plus. Oubliés les morts (ou plutôt les "exécutés") enfants, militaires, professeur... Oubliée la gravité, finie la prétendue dignité... On n’a pas le temps, à l’ère de la démocratie d’opinion. Pas le temps de faire silence. Longtemps... Pas de place pour le recueillement. Moins encore pour la réflexion. Non, il convient de faire du bruit. Se faire entendre. Et vite !

Quant au(x) reste(s), la politique, ses snipers, ses supporteurs, ses aveugles et sourds, c’est moribond.
Cette comédie permanente, son bal des hypocrites, ces petites polémiques, c’est sans nom.
Et vas-y que j’accuse celui-ci de récupération, celle-ci d’instrumentalisation, et la meute des internautes, et autres anonymes experts en commentaires, d’abonder, de surenchérir et d’aboyer.

Alors je vais le préciser : mon choix est fait. Celui du premier tour. Ce sera Mélenchon. Je le précise car la mesquinerie ambiante m’y oblige. Mais je me doute bien, allez, que certains trouveront ENCORE matière à élucubrer, à déceler manœuvres, voire même grande perversité, ou je ne sais quelle traîtrise, quand ils auront achevé le billet que présentement je soumets :

La Campagne Est (Peut-Etre) Relancée

Sur ce : bonne chance !


« Dans toutes les circonstances de la vie quotidienne je fus gêné de n’avoir pas été capable, jusqu’à ces dernières années, de bien saisir la mesquinerie et la bassesse des hommes ».
[Arthur Schopenhauer – A Soi-Même]

10 mars 2012

N’Alimentons Pas Le Sacre Annoncé De François Hollande !

Cela fait désormais deux ans que dans tous les sondages, OpinionWay compris, Nicolas Sarkozy est battu, écrasé même, par le candidat du PS, dans les intentions de vote de second tour.
Il le fut, tour à tour, comme dans le même temps, par Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn et François Hollande. C’est du jamais vu pour un président sortant. Même le Chirac de 2002, avec toutes ses casseroles, son statut Guignol de « supermenteur », n’aura pas connu de telles projections, et sur un temps aussi lourd.

Alors on peut bien nous assurer, ici où là, que non, grand Dieu, tout n’est pas fini, que les jeux ne sont pas faits, à d’autres ! Evidemment que si, elle est pliée l’affaire ; évidemment qu’il est cuit, le Sarkozy. Il n’en reste pas moins qu’il serait fort dommageable que François Hollande remportât cette élection trop facilement, soit avec un écart trop grand.

Enfariné.jpgOh, j’entends ceux qui, déjà, protestent. Je connais leur refrain ô combien lassant : les sondages se trompent toujours !... Faux, je réponds ! Comment voulez-vous qu’ils se trompent étant donné qu’ils ne sont pas prédictifs ? Ils ne nous donnent pas le résultat d’une élection, en aucun cas ! Seulement le reflet de l’opinion à un "instant T". Rien de plus.
C’est du brut. Mais quid du net ?

Eh bien parlons-en !

Le net c’est la tendance, et c’est le temps qui la détermine. Plus elle s’inscrit dans le temps, plus elle dure, sans jamais mollir, faillir ou racornir, et plus elle indique un choix. Qui n’est pas forcément celui d’un président, pas même d’un futur, mais de ce qu’on ne veut plus. Or, quand durant deux années, et d’autant plus quel que soit l’adversaire lui étant soumis, aussi différent soit-il de profil comme de face ou de sexe, le président est systématiquement laminé, ça relève moins d’un désir (de l’autre) que d’un rejet (du président).

Et d’ailleurs, il suffit d’y regarder de plus près. Ce que peu font, et comme ils ont grand tort ! Tant c’est intéressant. Ainsi dans la dernière livraison Ifop, que découvre-t-on ? Eh bien que dans le cas d’un second tour opposant François Hollande à Nicolas Sarkozy, parmi les 56,5% affirmant qu'ils voteraient pour le candidat du PS, seuls 39% le feraient parce qu’ils souhaitent vraiment que François Hollande devienne "leur" prochain président de la République ; les autres, donc l’immense majorité (61%), pour empêcher une réélection de Nicolas Sarkozy. Et vous pouvez prendre tous les instituts, à quelques pourcents près, c’est la même chose.
Il n’y a donc pas de désir d’Hollande [1]. Juste un rejet de Sarkozy. L’envie, tenace, de s’en débarrasser.

De fait, ce n’est pas une présidentielle que nous vivons. Non : c’est un référendum. Grossier et primaire. Alors je comprends que certains, fort nombreux se réjouissent à l’idée de voir, enfin, Nicolas Sarkozy mordre la poussière ; pis : qu’il disparaisse à tout jamais de nos écrans. Bref, qu’il soit zappé de la vie politique française... Oui, je comprends, après toutes ces années, où rien ne nous fut épargné, du « Kärcher » à la « racaille », du Guilvinec au Salon de l’Agriculture 2008, du Fouquet’s à l’Epad, du discours de Dakar à celui de Grenoble, de Kadhafi à Bachar al-Assad ; et tous ces mensonges, et tous ces sophismes, et toute cette vulgarité. Cette façon détestable de parler au peuple français, de lui faire gober couleuvres sur couleuvres ; et cette Droite populaire, et cette Nadine Morano, sans oublier le fin du fin : Claude Guéant... Oui, y’a matière. Même que, si on pouvait, bordel ! on les effacerait de l’Histoire ces dix années-là, cette période "post-21 avril". Tant tout est là, dans cette date-là : le 21 avril 2002. Ah, l’inconséquence de nos responsables politiques, de l’UMP comme du PS d’ailleurs ! Ah, la sale course à l’échalote frontiste… Oui, je sais, ça a commencé bien avant, mais avouez que depuis 2002, on bat des records ! On a beau dire des Autrichiens, des Hongrois, mais entre nous, on ferait mieux de ne pas trop l’ouvrir.
Des leçons, on en a plus à donner. A personne.

Or donc, il va être élu, Hollande. Et ça ne me plaît guère. Je ne m’en réjouis pas, pour être clair.
Je ne l’étais pas plus quand François Mitterrand conquit le château un 10 mai 1981. Nonobstant, je reconnais que l’homme, Mitterrand, aura su, lui, susciter le désir, l’espoir, une force, vraiment.
Je m’en souviens très bien de tous ces gens, ceux du 10 mai, comme ils y croyaient. Persuadés, qu’ils étaient, que leurs vies allaient changer. Qu’enfin, justice leur serait rendue. Justice, c’est bien un mot de gauche, non ?... Je reconnais, oui, qu’il y avait, là, une vraie joie, palpable, presque tactile, ce 10 mai. Et puis, tout de même, les 39 heures, la cinquième semaine de congés payés (1982), la retraite à 60 ans (1983), toutes ces réformes votées alors que la France venait de connaître « la crise la plus grave que le monde ait connue depuis 50 ans » (Valéry Giscard D’Estaing – 2 mars 1981 – extrait de sa déclaration de candidature) ç’avait de la gueule. Ça ressemblait à une politique de gauche. Mais là…

Là, nous allons porter aux responsabilités des revanchards, des morts de faim. De ceux qui ne visent qu’une chose et une seule : le pouvoir. C’est juste un parti qui va prendre la place d’un autre. Lui régler son compte par la voie des urnes. C’est juste un clan qui fera la nique à l’autre.
Et d’ailleurs, regardez-les, lisez-les, observez-les ! Cette arrogance, comme ils ont du mal à la cacher. Ils ont tellement hâte d’y être. Enfin, ils vont pouvoir laver l’affront, pensent-ils, celui du 21 avril 2002.
Et que dire de leurs militants ou de leurs soutiens, notamment sur Internet, dans la jungle des réseaux sociaux et celle de l’agonisante et désolante blogosphère ! Comme ça relaie, moutons, sans se poser la moindre question, le dernier communiqué, la prochaine action, la plus petite vidéo. Comme ça s’acharne, telles des hyènes, sur la dépouille sarkozienne. Ah, je les vois déjà hurler, vociférer, brailler, le soir du 6 mai. Ils vous le diront, retenez bien, que voilà un nouveau 10 mai ! Vous verrez ! Rien que d’y penser, j’en ai la gerbe. Ce ne sera pas un nouveau 10 mai. Mais un mensonge grand format.

Cependant, il reste une quarantaine de jours. C’est suffisant. Pour enrayer cette mécanique. Oh, pas pour l’empêcher, je l’ai dit, c’est râpé, il a gagné le rouennais de Corrèze ! Non, mais pour faire en sorte, et de toutes nos forces, que cette victoire ne soit pas un triomphe. Car imaginez, qu’elle l’emporte, cette équipe-là, par 58 à 42, mais je vous le dis : dans ce cas, ils ne vont plus se sentir, les mecs. Ils vont se croire autorisés à tout, jusqu’à son exact contraire... L’arrogance qu’ils masquent à grand peine, présentement, pour le coup, avec un tel score, un plébiscite, elle va (nous) exploser (à la gueule)…

... Moscovici
, et tous les anciens strauss-kahniens, vous allez apprendre à les connaître, quand plus aucun frein ne les retient... Et Montebourg. Ah, Montebourg ! Le nouveau Jack Lang ! Tout à fait le profil à vous sortir, grandiloquent, qu’il « est né socialiste et qu’il mourra socialiste » ! Quand je pense que des pauvres gens lui ont refilé 17 et quelques pourcents de suffrages lors de la "primaire citoyenne", c’est à pleurer ! Ils se sont fait berner, et dans les grandes largeurs ! Montebourg, l’aile gauche du PS, mais comment ? Comment on a pu en arriver là ?... Mais c’est une imposture, vous savez !... Qui s’en souvient de cet été 2006, où il trahit ses camarades du courant "Rénover Maintenant" [2] en soutenant, par pur opportunisme, la candidate des sondages, Ségolène Royal ? Et Hollande et Aubry, qui étaient soi-disant « les deux faces d’une même pièce », ô combien responsables de l’échec, celui du 21 avril. Et cette lettre ridicule adressée aux deux impétrants. Rien ne l’arrête(ra).

Oui, il reste quarante jours pour endiguer la vague. Celle qui va prendre l’Elysée, puis l’Assemblée. Après le Sénat. Les pleins pouvoirs... On parlait, naguère, d’un « Etat RPR » ? Eh bien, nous allons droit vers un « Etat PS » ! Ils étaient insupportables, les types de droite ? Soyez assurés que ceux-là, qui se prétendent de gauche, et usurpent depuis des décennies le terme de "socialiste", le seront tout autant !... Quoi, la justice sociale ? Vous rêvez ! Où est-elle dans le programme de M. Hollande ? Suffit-il, aujourd’hui, de déclarer que l’ennemi c’est la finance, pour être considéré derechef comme l’allié objectif des classes moyennes et populaires ?... Allons, ce sont des mots, ou des bons mots, qui ne valent pas bien chers en terre de Traders ; la City, par exemple…

Sarkozy défait, je suis pour ! Mais ric-rac. Histoire de leur rabattre, avant qu’il ne soit trop tard, leurs caquets. Une victoire raisonnable, et même, soyons fou ! difficile, avec pour commencer un premier tour serré. Ainsi, ils seraient au moins contraints et forcés de composer. De prendre en compte les diverses sensibilités ou aspirations exprimées par le peuple.
Parce que si c’est un sacre, alors, Adieu Berthe ! N’oubliez jamais que ce n’est pas un homme que vous portez au pouvoir, mais un appareil. Un parti. Une aberration. Avec, au perchoir, Ségolène Royal. Ça promet !

Ah, si encore ils étaient de gauche. Si y’avait dans leurs gènes, un peu de Jaurès, et même de Mendès, nous pourrions leur faire triomphe. Mais ces gens-là sont des libéraux, un peu moins brutaux, certes, que les droitards, mais des libéraux quand même, qui acceptent, et sans barguigner les lois du capitalisme, le diktat des marchés. Ceux qui s’en sortiront, on les connaît. Ce ne sont pas les travailleurs précaires, ni même les travailleurs tout-court, les besogneux j’entends. Mais ceusses de la classe assimilée supérieure. La génération des iPhone et des Ipad. Bref, celle qui ne manque de rien. Mais qui s’indigne de tout.

Alors éparpillez-vous, dispersez-vous, votez Mélenchon, Poutou, Arthaud, et même Bayrou si ça vous chante (Bayrou n’étant rien d’autre qu’un Hollande du Béarn) n’ayez pas peur, puisque de toutes les façons, c’est inscrit, dans les tendances et le temps, Sarkozy, ils n’en veulent plus, et c’est tant mieux.
Oui, parce que c’est fait, parce qu’on sait que la victoire ne peut plus leur échapper, vous qui pensiez, par peur de je ne sais quel 21 avril, par prudence ou discipline, voter comme ils disent, "utile", n’en faites rien. Faites vivre la démocratie, la diversité, la liberté d’opinion et de conscience. Ne concourrez pas au sacre annoncé. Déjouez-le ! Réduisez-le ! Humanisez-le !


[1] Comme il n’y avait pas plus un désir d’Aubry.
En revanche, c’était un tantinet différent avec DSK. Lui seul pouvait réunir sur son nom un vote d’adhésion. A tort ou à raison, une partie des citoyens le considérait comme un économiste solide, une valeur sûre. Et d’ailleurs, quand en juillet 2011, l’affaire du Sofitel présentant de plus en plus (comme il fut dit) des « zones d’ombres », à ce point que d’aucuns parlèrent de « complot » visant à écarter cet homme de la présidentielle, et qu’on évoqua alors, non sa réhabilitation, mais la possibilité d’un retour, comment alors réagit l’opinion ? Eh bien lui qui écrasait Sarkozy depuis des mois dans toutes les projections de second tour, le battait encore par 54 à 46 ! [Sondage BVA publié le 12 juillet 2011] ! Oui, malgré le Sofitel, en dépit des circonstances, deux mois après ce fameux 14 mai 2011, il était encore donné vainqueur ! 

[2] "Rénover Maintenant" était un courant créé par Arnaud de Montebourg. Courant issu du NPS. Lorsque le député de Saône-et-Loire annonça, en août 2006, qu’il soutenait la candidature de Ségolène Royal, plusieurs responsables locaux, adhérents de "Rénover Maintenant", s’en émurent.
Par voie de presse, ils dénoncèrent cet accord passé entre leur leader et la présidente de la région Poitou-Charentes :
« Nous n’acceptons pas que notre désir de Rénover Maintenant soit sacrifié au baromètre des sondages ou des arrangements entre amis ».
Et de réclamer, comme il était prévu, une candidature Montebourg (à la "primaire" des 9 et 16 novembre 2006) afin de porter leurs idées et valeurs.
Ils ne furent pas entendus. Montebourg, trop soucieux du sens du vent, n’en eut cure.
 

25 janvier 2012

Non ! Définitivement Non : François N'est Pas Mitterrand !

Non mais j’te jure, et comme j’t’en foutrais ! Non mais regardez-moi cette bande de midinettes. Un Bourget, et hop, il te les a retournés, recta. Pourtant, y’a vraiment pas de quoi se taper le cul. Pas plus que de se relever la nuit. Certes, l’homme a du talent, et c’est pas faute de l’avoir dit, écrit ; mais de là à en faire un héros, faudrait voir à atterrir, et fissa.

Mais bon, cette époque étant ce qu’elle est, médiocre et vulgaire, on va pas s’étonner outre mesure du désolant phénomène. Avec cachée derrière, une entourloupe de compète
Nonobstant, il convient de remettre deux/trois petites choses à leur place.

Mythe-Errant.jpgA commencer par cette référence (qui devient pesante) à l’autre François. Celui de Jarnac. Or donc, Mitterrand, dit "Le Renard" ou "Dieu", c’est selon.
Là itou, j’avais souligné, en temps et heure, dès 2006, avant de revenir pour la seconde couche en 2010, que l’affaire n’était point nouvelle. Hollande ça fait un bail qu’il a choisi son modèle. Et dans le ton, et dans la gestuelle. Comme c’est un tribun qui tient la distance, j’en suis d’accord, ça fonctionne. Enfin … Pour qui n’est pas très regardant et se laisse bouffer par l’émotion. Mais, là encore, c’est cette foutue époque qui veut ça : la raison, la réflexion, le temps que l’on doit prendre, ça, tout le monde s’en branle du chef, ce qui passe en preum’s, c’est l’émotion. On comprend dès lors pourquoi tout est si médiocre, et dans le pire des cas, vulgaire.

Evidemment quand on est un peu plus exigeant, j’irais même jusqu’à dire un peu plus citoyen, on évacue bien vite ce parasite qu’est l’émotion pour dépiauter tranquillement ce grand numéro de mime ou d’illusionniste. Et là, on se rend compte qu’il y a une sacrée différence de niveau.

Autant le Mitterrand, il donnait dans le littéraire, jusqu’à péter dans la grandiloquence au cube, autant Hollande, c’est assez scolaire, pour ne pas dire convenu.
Sur ce point je rejoins totalement Philippe-Joseph Salazar, dont je vous recommande vivement le billet à propos dudit Bourget, assurément l’analyse la plus pertinente que j’aie pu lire sur cette soi-disant performance du candidat du PS qu’aurait écrasé toute concurrence.

Oh bien sûr, Mitterrand, lui aussi, était un sacré farceur. Un gigantesque comédien. Pas plus socialiste qu’Hollande, au demeurant. Arrêtez de nous bassiner avec votre socialisme ! C’est insulter le peuple. De socialisme dans le PS, y’en a pas. Mais passons…

Oui, avec toutes les réserves qui s’imposent, réserves politiques et même éthiques, Mitterrand c’était un tout autre calibre que le p’tit François. Y’avait plus de couenne, plus de culture, plus de tout.
Ainsi, cet extrait, tiré du dernier meeting du candidat Mitterrand, le dernier avant le premier tour de la présidentielle 1981 et qui se tint le 25 avril à Toulouse devant pas moins de 35 000 militants. Goutez-moi ça :

« (...) Il n’est personne au monde, aucune force, aucune puissance, qui pèse sur ma décision. Ni à l’Est ! Ni à l’Ouest ! Ni Moscou, ni Washington ! Ni Bonn, ni personne ! Aucune force à l’intérieur ! Ni les forces de l’argent, dont je me moque ; ni le Grand Capital, ni les multinationales ! Ni les lobbies, ni les coalitions ! Aucune puissance au monde ne me fera dire autre chose que ce que je pense ! »

Avec le son et l’image, c’est encore plus grand :




Alors, tu la vois, désormais, la différence ?... Elle est énooOOOoorme !
Ce texte, travaillé, au cordeau, ce jeu de sonorités, ces assonances, hormis une faiblesse (« ni les lobbies, ni les coalitions » c’est dissonant, c’est en trop), c’est de la musique.
Et voyez comme il le vit ; comme il appuie là où il faut, comme il sait ménager les effets, les grandir... Mais quel acteur, bordel !
Hollande, c’est pas le cas. On dirait un élève de seconde Z. C’est poussif. C'est de la CFA2. Y’a de l’idée, certes. Mais… De là à, faut pas pousser Jaurès dans les orties. Non plus.

Alors bien sûr, je ne parlerai même pas du fond. Pour en causer, faudrait qu’il y en ait un, pas vrai ? Or, y’en a pas. C’est peut-être, et d’ailleurs, l’unique raison pour laquelle tout un chacun s’est ébaubi jusqu’à la déraison. Tant c’est une performance, il est vrai, de conquérir une foule en ne disant rien, ou pas grand-chose. Mais, nous le savons, n’est-ce pas, cette présidentielle n’est plus une confrontation d’idées, voire de grands projets, juste de personnalités.

C’est aussi devenu un truc de supporteurs. Citoyens, passez votre chemin ! La seule chose qui compte, c’est la victoire (Laquelle ? On s’en contrecarre !)... Le reste (la France qui souffre, par exemple) on s’en bat le Flanby. Ce qu’ils veulent, ces nouveaux transis de l’Hollande, c’est virer le Sarkozy. Point barre. C’est vous dire si on n’a pas le cul sorti des ronces.

Ceci étant, que tirer de ce Bourget ?
Une énorme satisfaction si on est une grosse feignasse, un paresseux de la mémoire.
Mais quand on la rappelle, alors, on ne se fait pas berner comme le dernier des suiveurs. Mais ça aussi, c’est une sale putain de maladie de notre époque, qu'est donc aussi, et bien malheureusement, celle des suiveurs.

Or donc qu’en tirer de ce Bourget ?
Eh bien : ENTRE DONC ICI !

09 janvier 2012

Apprenons A Lire Les Sondages

Ah Balladur !
Et Delors …
Et ce pauvre Jospin.
Tu t’en souviens ?
Quelle gifle !

Soldages.jpgDe fait, c’est devenu un sport national, n’est-ce pas... On prend comme plaisir, jouissance, à vilipender les sondagiers. On en dit pis que pendre. Mais avec une telle mauvaise foi… Et, une grande, immense, hypocrisie... Car qui sont les plus gros consommateurs de %, de fourchettes, d’estimations ? Eh bien le politique, aussi le journaliste, le médiatique. C’est leur came. Sans cette litanie de chiffres, ils sont perdus, cadavres à la renverse.

Quant au citoyen, ce mouton, ce vulgaire, il braie à n’en plus pouvoir. Les sondages, qu’il dit, faut pas les lire, rien ! C’est truquerie, enculerie et compagnie. Ah, tu as tort, citoyen. Et ô combien ! C’est bien plus sérieux et pervers que tu ne le crois et penses, cette affaire. Et ça se goure moins, bien moins que tu ne le prétends. Oublie ton Jospin, refais donc le chemin, et tu verras bien, s’il ne fut pas, à chaque fois annoncé, le vainqueur final.

Oui, je le répète et maintiens, ni de Gaulle, ni Pompidou, ni Giscard, ni Mitterrand, ni Chirac et ni Sarkozy ne furent des présidents tombés des nues ; tous ils étaient inscrits dans les courbes sondagières. Sauf que, ça n’est point dans celles de janvier (je cause de second tour) que tu les trouveras, ni même de février (encore que, Sarkozy l’avait remporté le match, et les doigts dans le nez, dès le 14 janvier 2007) mais celles d’avril, et plus encore de mai. Et là, tu verras bien que jamais ils ne se sont plantés, les sondagiers. Quoi que tu dises, quoi que tu braies.

Ah, il faudrait pétitionner, manifester, gueuler, pour qu’on les abrogeât. Qu’on nous débarrassât, à tout jamais, de ces fossoyeurs de la démocratie, que sont les instituts de sondages. Meilleurs alliés du système. Et du foutu vote utile. Ce vote à la noix. Ce vote de poltrons. Soit : de ceux qui ne veulent pas du changement, du vrai. Bobos de droite comme de gauche. Alliés objectifs des partis dominants contre les intérêts du peuple. Blanc bonnet et bonnet blanc.

Mais puisqu’ils existent, et que chacun, à sa façon, s’en accommode, on ne saurait les ignorer, les mépriser, les sous-estimer, ces sondages à la con. Encore faut-il savoir les lire.

La première des règles étant de faire fi de toute projection de second tour. Tant que le premier n’a pas rendu son verdict, c’est sans valeur. D’autant plus en janvier. Tu peux péter les scores, à 54%, si tu passes pas le premier tour le 22 avril prochain, t’auras l’air fin, mon coco !

Avant le second tour, citoyen, journaliste, politique, etc., il y a un premier tour. Et dans icelui, un rapport de forces. Or, vois-tu, en ce début d’année 2012, il n’est pas favorable à la « gauche ». Et la question est la suivante : cela va-t-il en l’état rester, ou bien alors, positivement évoluer ?

La suite est à lire : ICI

02 janvier 2012

Les Vœux De P’tit Vieux Du Candidat Hollande

Mais où est passé François Hollande ? Cet homme plutôt fringuant, pugnace, étonnant même, celui de 2010.
Il est vrai, qu’à l’époque, y’avait du coriace, de l’adversaire. Et de taille. Un rival nommé DSK.
Il avait hâte, on le sentait, le député de Corrèze, d’en découdre avec l’écrasant favori, le grand manitou du FMI. 
Et puis non ; le destin, le sort, que sais-je encore, l’en auront privé.
Depuis c’est une ombre. Qui fait peine à voir. Comme ici, dans ses vœux. De p’tit vieux.





Tout est souffrance dans cette vidéo. L’homme. Le décor. Les gestes. Tout est mécanique. Emprunté. Mollasse. C’est à se suicider... Et puis rien ; rien ne nous emporte, rien ne nous soulève. Ni ne nous transporte, tant c’est statique. Désincarné.

On a envie, la rage nous prenant, de le secouer, fort, cet immobile, de lui crier :
« Mais bouge ! Vis ! Fous-toi en rogne ! Gueule ! Sors de là ! Habite l’espace ! Et le temps... Si tout est crise, injustice, maltraitance, incohérence, alors tape du poing, saisis la caméra, bouffe-là, et entre donc, en nous, plutôt que de rester là, à réciter, ânonner, qu’on dirait un étudiant, déjà trop vieux, déjà refait. ».

L’espérance ça s’incarne. Ça s’habite. C’est un mouvement. Pas un plan fixe.

Et puis ce ton. Forcé. Hésitant… Mais bon sang, il a peur ? C’est elle qui le bouffe, ma parole ! Tétanisé, qu’il est cet homme-là. Vaincu d’avance… Où qu’il est le désir ? Où est la force ? Le caractère, le bien trempé ?...

Ah, ça manque de tout. De souffle. De hargne. De grandeur. Mais c’est quoi ce petit corps malade, à la renverse, ce Mitterrand du pauvre ? C’est quoi cet enfant, ce débutant débitant des platitudes, les yeux rivés sur un prompteur ? Sommes-nous un prompteur ?... Non, nous sommes le peuple, le souverain, et c’est nous, et nous seul, qu’il faut regarder, au fond des yeux, du cœur, des tripes. C’est nous qu’il faut bouleverser, convaincre, et transfigurer.

Il faut se salir, mecton, y aller, se mettre à nu ; à poil le candidat normal !... Mais non, regarde-le, dans ses frusques, mal dégauchi, c’est un récitant, c’est une dissertation, indigente, sans relief, sans couilles même. Il faudrait être fou, ou vraiment désespéré, pour suivre cet homme-là.

Oh, garçon, c’est la guerre ! Réveille-toi ! Tu dis que tu vois les doutes, que tu entends les colères, mais là, dans cette vidéo, ça ne se voit pas, ça ne s’entend pas. Si vraiment tu voyais, entendais, ça transpirerait, ça crèverait l’écran ! Mais non. Rien. C’est plat. Vide et fadasse. Au ralenti...

On dirait un pantin tenu par des fils. Un ventriloque. Un Tatayé. Ça fait peine. Ce p’tit vieux. Ces vœux formatés, en boîte. C’est du discount, du low-cost, de la bonne année à la petite semaine. Ça ne respire pas la santé. Celle de fer. C’est du poussif, à ce point, que c’en devient repoussant. Tant avec cet Hollande, 2012, ça sent la lose...

Et ça voudrait s’adresser à la jeunesse ? Mais elle va fuir, ta jeunesse, se tirer à perpète ou une balle dans la tête. Parce qu’à te voir, sans vie, sans rien, c’est tout ce qui lui reste. Si la cause, celle de la jeunesse t’intéresse, monte plutôt une assoce, une 1901 ; mais Président, oublie, c’est trop grand pour toi, tu vas crouler sous le poids, te noyer, et nous avec.

Oh, c’est pas que les autres y fassent mieux. Matez donc le Villepin, ça vaut son pesant. De grotesque. Voyez comme il est entouré de momies, respectant scrupuleusement parité, diversité et tout le bataclan ; si c’est pas de la mise en scène, tout aussi statique, j’veux bien être pendu. Mais c’est pas une raison. Pour faire pire encore.

La France en avant, rafraichissez-moi le cassis, c’était bien Hollande ? Eh ben regarde-là, ta France en avant, elle bouge pas. Elle fait du surplace sur un écran. Pas de vie. Pas de fougue. Pas de bras. T’es chocolat, avec ce type-là. Y’a rien. Que le néant.

Ça vous y cause de redressement, et c’est courbé. Plié. Etriqué.
Ça vous invite au changement, et c’est immobile. On a comme envie de foutre le camp. De casser ce foutu écran. Et l’homme qu'est dedans.

Ça, la gauche ? Mais c’est à crever !
A ce point, qu’on en regretterait presque Jospin, c’est dire la misère ! C’est dire le boulet.
Ah ! Mais il passera pas l’hiver, cet homme-là. Il va se faire rétamer. Rectifier. Si la vie le prend pas avant le fameux printemps ; si la fougue, la hargne, et même la colère ne l’empoignent pas ; il va rester là. Figé dans cette vidéo, triste et désolante.

Si rien ne vient l’habiter, le saisir, il va jaunir, déjà que. On dirait un p’tit vieux. Engoncé dans ses vœux. Une France à l’arrêt. Sur le côté. Qui pue le renfermé, la retraite.
Et la gauche morte.



Ajout du 4 janvier
:

Après la vidéo, la lettre.
D'où ce billet ravigotant :
Les 110 Jours Les Plus Longs Du Candidat Hollande

21 décembre 2011

2012 : Sur Le Papier, Un Format à Quatre

Non pas que les jeux soient faits, pas plus que les carottes fussent cuites, mais tout de même, et n’en déplaise aux enclumeurs du bipartisme, pour cette neuvième présidentielle de l’histoire de la Ve République, ils seront quatre.
C’est dire si l’issue est incertaine. Combien c’est plus ouvert que d’aucuns le (pré)disent.
Or donc, quatre candidats peuvent accéder au second tour. Et bien malin celui qui pourrait, aujourd’hui, avancer le nom des deux qui, le soir du 22 avril, seront choisis, et à quelle hauteur.

présidentielle 2012,22 avril 2012,les favoris de 2012,les quatre pour 2012,nicolas sarkozy,françois bayrou,françois hollande,marine le pen,les enjeux de 2012,2012 présidentielle ouverteNicolas Sarkozy. Les sondages, invariablement, le donnent perdant. Seulement voilà, cet homme-là, (et quand bien même seraient-ils nombreux à souhaiter sa défaite, si ce n’est plus encore) est redoutable, malin, très affuté.
Oh bien sûr, il y a le bilan. On peut s’en gausser, l’égrener, le placarder, brandir les chiffres, arguer qu’ils sont ô combien négatifs. C’est vrai… Mais c’est oublier un paramètre essentiel : la crise. Et on l’entend déjà, le déroulé ; il est limpide : voyez les Grecs ! Voyez les Espagnols ! Et l’Irlande, le Portugal, l’Italie et tutti ! Regardez ce qu’ils ont perdu, ce qu’on leur a pris.

Mais Sarkozy ne va pas seulement jouer cette carte-là, en se présentant comme celui qui, vaille que vaille et coûte que coûte, nous aura épargné des réelles affres de la crise, avec son cortège de salaires baissés ou gelés, de pensions rognées ou de taux de chômage écrasant (21,52% en Espagne) ; il va aussi, et c’est corrélatif, miser sur une corde autrement plus sensible qui, peu ou prou, pourrait s’énoncer ainsi : on ne change pas de président quand votre pays est engagé dans une guerre (Méthode George W. Bush Jr.).
Ce terme, celui de guerre, peut sembler excessif ; pour nous. Mais il ne l’est sûrement pas pour les Grecs ou les Italiens. Dans quel autre contexte, en effet, autre que celui d’une guerre, en vient-on à : capituler ? Aucun.
Et puisqu’il est celui, Sarkozy, qui nous aura(it) épargné ce sort-là, alors il est, de fait, le meilleur, ou le mieux placé, pour que demain, nous ne le connaissions (toujours) pas. Aux autres candidats de démontrer le contraire. Qu’il n’est pas le mieux à même. Ce ne sera pas simple. D’autant vu ce qui s’annonce. Une récession. Ce qui signifie que les marges de manœuvres seront particulièrement étroites (à moins de proposer une autre voie, radicale, or donc socialiste dans le sens noble et premier du terme) ; du coup, les principaux rivaux du président sortant vont avoir un mal de chien à convaincre une majorité qu’avec eux, on en chierait moins.

Autre élément : Sarkozy n’a pas changé de tactique. Quand il s’est déclaré, via la presse régionale, le 30 novembre 2006, ça faisait déjà un bail qu’il était en campagne. En fait, dès son arrivée à l’Intérieur, le 7 mai 2002. Il aura compris, très vite, que le PS mettrait du temps à se relever du 21 avril. Que son seul véritable rival ne pouvait être que quelqu’un de sa famille politique... Il avait raison. Quand Juppé tomba, surgit Villepin. On connaît la suite...
Certes, les données ne sont plus les mêmes. Villepin semble déterminé à vouloir sa revanche. Toujours, encore, cette éternelle bataille entre chiraquiens et balladuriens… Mais que peut Villepin contre un homme qui aura sillonné la France tout le long de son quinquennat ? C’est que, ces petites tables rondes, à raison de deux à trois par semaine, c’était pas pour amuser la galerie ou se dégourdir les gambettes. C’est clairement une campagne qui ne veut pas dire son nom. Et mine de rien, ces déplacements auront leur importance. Ils pèseront dans la balance.


présidentielle 2012,22 avril 2012,les favoris de 2012,les quatre pour 2012,nicolas sarkozy,françois bayrou,françois hollande,marine le pen,les enjeux de 2012,2012 présidentielle ouverteFrançois Hollande. Encore une fois, le PS aura désigné son candidat bien tard. Et c’est un tort. Ah ! N’est pas Mitterrand qui veut ! Lui avait réussi ce tour de force – tranquille – s’imposer, être l’évidence, même avec deux défaites dans la besace.
« Contre la volonté d’un homme, disait Mitterrand, on ne peut rien ». Pas même un Rocard.
François Hollande est-il habité par cette volonté-là ? Ténue. Pas sûr…
Et puis, surtout, il n’est pas le maître. Ce n’est pas lui qui tient le PS comme Mitterrand le tenait. Là encore, c’est un tort.

Alors bien sûr, ce n’est pas comme ça qu’elle devait se danser l’Histoire. Hollande, il visait 2007. Et c’était légitime, puisqu’il était le premier secrétaire. Et d’ailleurs, pour qui s’en souvient, la presse, dès septembre 2004 (soit après les régionales gagnées haut-la-main par le PS) avait dessiné le match de 2007 : c’était Sarkozy contre Hollande. Mais 2005 aura tout bouleversé. Avec son fameux référendum qui – c’est une sale habitude – coupera le PS en deux. Et de cette division, Hollande sortira tout aussi affaibli que disqualifié. La suite est assez abracadabrantesque… 

Quoi qu’il en soit, cette fois François Hollande n’a pas laissé passer sa chance. Seulement voilà, tout le monde le sait, le candidat du PS, c’était pas lui ; c’était : DSK. Et il aurait remporté les primaires citoyennes. Les doigts dans le nez.
De fait, Hollande n’est certes pas un candidat de substitution, mais il a gagné par défaut. On peut y voir un signe du destin. Mais rien ne dit que ce signe sera, à l’arrivée, positif.
Cependant, le PS peut toujours se dire qu’il l’a échappé belle. Tant du côté de l’UMP, on était fin prêt (et ô combien ravi) d’affronter DSK…  C’eût été une nouvelle humiliation à laquelle, cette fois, le PS n’aurait pas survécu.

Hollande, c’est vrai, aura bien tenté d’avancer le calendrier, pour deux raisons :
1 – Il éliminait DSK.
2 – Il sait très bien que pour avoir une chance de remporter la présidentielle, le candidat du PS doit être désigné le plus tôt possible afin d’apparaître comme une évidence et surtout, comme un chef incontesté et incontestable.

Malgré tout ce micmac, cette tambouille assez infecte, François Hollande est, pour le moment, le favori de cette présidentielle. Dans les sondages.
Sauf que, depuis quelques semaines, on note un tassement, pour ne pas dire une érosion. Lente, mais inquiétante. Certes, les projections de second tour sont sans appel, mais … Que peuvent-elles bien signifier à plus de quatre mois de l’échéance ? Balladur aussi, en décembre 1994, écrasait littéralement le second tour. Et puis…
Hollande va devoir muscler son jeu. Et dès le mois de janvier.

Reste, toutefois, le contexte de crise (et ses imprévisibles), et avec, ces marges de manœuvres si étroites qui font que, on ne voit pas (encore) très bien la différence essentielle, déterminante, qui sépare(rait) un Sarkozy d’un Hollande. Si ce n’est que l’un est de droite, et l’autre… Prêt à s’allier avec François Bayrou.


présidentielle 2012,22 avril 2012,les favoris de 2012,les quatre pour 2012,nicolas sarkozy,françois bayrou,françois hollande,marine le pen,les enjeux de 2012,2012 présidentielle ouverteFrançois Bayrou. Et c’est reparti mon kiki ! Voilà même qu’on évoque un remake de 2007 : Bayrou, le troisième homme ? A la seule différence que, en décembre 2006, le Béarnais pointait à 8% dans les sondages. Alors que là, il est à 14.

En fait, tenace, obstiné, Bayrou ne fait que récolter les fruits de sa campagne présidentielle précédente. Il est dans la continuité. Et s’il ne commet aucune erreur, il pourrait fort bien être la (fausse) surprise de ce scrutin. D’autant vu le contexte.
Car après tout, quitte à se tourner vers quelqu’un qui protège - puisque ce sera, de toute évidence, un des thèmes de cette campagne – une partie de l’électorat, oui, pourrait être tentée d’accorder ses suffrages à un homme qui, ma foi, n’a guère varié, ne serait-ce que dans son diagnostic. N’était-il pas celui qui, en 2007, parlait déjà des méfaits de la dette et des déficits ?

Il lui faudra, néanmoins, convaincre qu’il a la carrure. La stature de l’homme d’Etat.
Et puis, il y a, chez lui, quelque chose qui, paradoxalement, rappelle la nonchalance. Une certaine lenteur. Or, nous sommes en des temps pressés, où l’immédiateté est – malheureusement – reine.  Et s’il est, depuis peu, populaire, ce n’est pas un tribun. Il n’est pas comme Chirac, Mitterrand ou Sarkozy, quelqu’un qui galvanise et soulève la foule. Vous me direz, Giscard, non plus...

L’autre problème, c’est le MoDem… Ça pèse pas très lourd. Et il faudra trouver une majorité à l’Assemblée, si jamais … Nul doute que ses concurrents (Hollande, Sarkozy) ne se priveront pas de le souligner. Une « majorité centrale », certes, mais tu la trouves où ? Il va falloir que Bayrou fasse preuve d’une grande habilité pour passer cet écueil. Ce déficit… Il ne pourra éternellement nous vanter une « majorité centrale » sans la détailler. Et c’est quand il le fera, qu’il perdra tout, ou alors, remportera le match.


présidentielle 2012,22 avril 2012,les favoris de 2012,les quatre pour 2012,nicolas sarkozy,françois bayrou,françois hollande,marine le pen,les enjeux de 2012,2012 présidentielle ouverteMarine Le Pen. Ah ! Si DSK n’était pas tombé … Oui, je sais, cela peut paraître incongru placé ici, mais c’est pourtant lui, DSK, que Sarkozy espérait affronter en 2012. Pour les raisons que, désormais, nous connaissons (Carlton et autres joyeusetés)… Ah ! La stratégie était ô combien meurtrière, elle conduisait à un nouveau 21 avril. Et Marine Le Pen s’en pourléchait d’avance. Car (et comme c’est étrange, tant c’est synchro) DSK était aussi LE candidat qu’elle aurait été « ravie d’avoir en face ». Tu penses !...

Bref, l’Histoire s'élucubrait ainsi : un second tour Sarkozy/Le Pen dont, bien évidemment, Sarkozy pensait sortir largement vainqueur ; et Marine Le Pen, crise aidant, se disant que, il y avait une petite chance, de tirer là, son épingle du jeu.

Ceci étant, même si ce château de cartes s’est brutalement écroulé, il n’en reste pas moins que Marine Le Pen peut encore accéder au second tour. Parce que le terreau est là. Le contexte est propice. Et d’ailleurs, depuis un an, ne plane-t-elle pas dans les sondages ? 24, 16 ou 20%, peu importe, c’est du jamais vu pour un candidat du FN. Voilà qui devrait, au minimum, préoccuper les uns, comme les autres.
Mais il y a une autre donnée préoccupante : c’est le profil de l’électeur potentiel du FN. Il correspond à celui qui vit, de près ou de pas très loin, la crise justement. Il fait partie des ouvriers, des classes populaires, et même, des classes moyennes.
Il y a aussi ce slogan, ou ce sigle, celui de « UMPS » qui lui parle. Parce que, effectivement, UMP et PS ont dirigé tour à tour le pays. Et lui, il voit le résultat. Seulement le résultat.
D’autre part, il considère que s’il y a un parti qui, depuis 30 ans, n’a pas changé de discours, c’est bien le FN. Oh bien sûr, il serait facile de lui démontrer que ledit FN n’est pas, à la base, un parti se souciant de sa condition. Au contraire ! C’est en réalité un parti farouchement libéral, mais qui, par la force des choses, je veux dire considérant la structure de son électorat, vira de bord vers le milieu des années 90, délaissant sa doctrine reaganienne, pour opportunément, et petit à petit, apparaître comme – je cite – le parti des « oubliés » et des « invisibles ».

Mais que voulez-vous ! Nous n’avons personne pour démonter cette machine. Et sûrement pas Caroline Fourest. Que ce soit par le biais d’un livre ou d’un documentaire (tiré du livre) c’est, à chaque fois, un coup d’épée dans l’eau. Trop scolaire, trop paresseux ; pas assez abouti, surtout. Or, tout de même, il serait plus qu’urgent de dire, haut et fort, que le FN n’est, ni plus, ni moins, qu’un parti maurrassien. Pour y arriver, il conviendrait de cesser de focaliser sur les personnalités (ici, Le Pen père et fille) pour s’atteler exclusivement à l’idéologie véhiculée par cette formation. Et, parce que ce travail n’a pas été fait, ou bâclé, alors oui, Marine Le Pen a une petite chance, vu le contexte, d’accéder au second tour.


Une surprise ? Il est d’usage d’y croire. Chaque présidentielle en réserverait une. Vraiment ?
Quand on se penche sur les huit précédentes, on en relève bien peu. Et puis, honnêtement, le favori finit toujours par l’emporter. Non ?
Que ce soit De Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac ou Sarkozy, je ne vois là, aucune surprise. Sinon le vainqueur attendu.
Quoi, Jospin ? Replongez-vous dans les sondages, et vous constaterez que s’il fût, effectivement, le favori, dès janvier 2002 il ne cessa de perdre du terrain. A cet égard, il sera important de noter les scores sondagiers de février prochain. Si, par exemple, Hollande plafonnait à 22%, alors, vous pourrez vous dire que c’est sale temps.

Une surprise, donc… Elle aurait pu être envisageable. Mélenchon, par exemple. Ne serait-ce que parce que : la crise, le contexte, le terreau, lui sont, a priori, favorables.
Seulement voilà, il semble bien que c’est le FN qui en tire(ra) profit.
Cela tient à son ancrage. 27 ans qu’il est là, ce FN. Au-dessus des 10%. C’est un long, très long chemin.
Cela tient, aussi, au fait que beaucoup d’anciens électeurs du PCF, mais aussi du PS, sont aujourd’hui des électeurs du FN. Et quatre mois, c’est bien trop court pour les ramener.

Il aurait fallu lancer l’affaire en 2005. Après le référendum. C’est là que Mélenchon aurait dû quitter le Titanic PS. Rejoindre le Front de Gauche et le préparer. S’aguerrir lors de la présidentielle 2007, poser les premiers jalons, imposer sa griffe, sa marque, et aujourd’hui, alors, oui, ce serait différent. Il y aurait une véritable force, peut-être pas suffisante, mais assez pour peser efficacement. Mais là, c’est trop juste.
Du reste, Mélenchon ne décolle pas dans les sondages. Oh, bien sûr, on a vu Bayrou passer de 8% en décembre 2006 à plus de 18% le soir du 1er tour 2007, avec dans l’intervalle un pic à 24. Sauf que, là encore, Bayrou c’est un travail de longue haleine. Un autre long chemin. Il part de très loin, Bayrou … Des années qu’il laboure, inlassablement, le (même) terrain.
La seule surprise – si surprise, il doit y avoir – ce serait que Mélenchon fasse plus de 10%. Mais au détriment et/ou au profit de qui ?


Ils sont donc quatre : Nicolas Sarkozy, François Hollande, François Bayrou et Marine Le Pen. C’est parmi eux que se trouvent les deux qui, le 22 avril prochain, seront choisis pour s’affronter dans un duel inédit.
Et bien malin qui, ce jour, pourrait dire lesquels.
Tant cette élection est bien plus ouverte qu’on nous le dit. Du moins – mais il est important de le préciser – en ce qui concerne son premier tour.



NB : Comme c'est période de fêtes, et te les souhaitant belles, je  te glisse, ci-dessous, un cadeau sonore.
A écouter sans modération.

podcast

 

17 décembre 2011

Vidéo-Cadeau De Noël : Mais Qui, En 2012, Sera Le 3ème Homme ?

A chaque présidentielle, on nous parle d'un troisième homme.
Pourquoi ?
On n'en sait rien.
Quoi qu'il en soit, gagnons du temps, en tentant de trouver celui de 2012.
Histoire de passer Noël tranquille ...
... Ou pas.





 

 
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