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14 mai 2009

Prions Avec Fillon

Ne Nous Fions Pas à L'Habit [Qui N'a Jamais Fait Le Moine]

Or donc, c’est en ce jeudi 14 mai de l’an 2009 que celui que nous considérerons moins comme le pote que l’apôtre de cet homme que nous prîmes, Dieu sait pourquoi, pour le nouveau messie du pouvoir d’achat, oui, c’est en ce jeudi 14 mai de l’an Neuf que ce vieux conservateur de François, nous avoua dans Le Figaro que, finalement, et tout bien dépensé, y’avait comme une énorme couille dans les écritures de Madame Lagarde, vulgairement que la croissance ne serait point négative à hauteur de 1,5 mais de 3%.
Que nous continuions notre descente à une semaine de l’Ascension.
Bref, que nous l’avons bien plus profond dans le fion que prévue par la voyante de Bercy, confortant par la même cette croyance populaire qui dit que : dans un pays n’allant pas croissant tout part en brioche ! Et d’autant plus quand l’église patronale, le sacro-saint MEDEF, envoie ses ouailles au paradis fiscal pendant que, dans le même temps, et à un train d’enfer, il multiplie les pains .. dans la gueule des salariés, ceusses que l’on prend pour des cons bénis.

Cependant (pour reprendre l’expression favorite de nos détenus) et quand bien même pleuvrait-il des cordes, il ne faudrait point, comme ces infidèles de Gauche, tordre le cou à la vérité, nous assure le moine de Matignon.
Notre pays, poursuit-il, est certes rongé par les vers de la crise, mais il résiste mieux que nos voisins.
Notamment l’Allemagne (-6% de croissance prévue pour cet an Neuf).
Un fait nouveau, tant il n’y a pas si longtemps, face à l’adversité, notre belle France n’était point réputée pour sa résistance.
Quant à ces Judas, ces irresponsables [1] nous dit Saint-François, facteurs de troubles, ceusses qui voudraient abattre notre Sainte République laïque par je ne sais quelle révolution bolchévique, ne les écoutez point, croyez plutôt en un capitalisme purifié, un tiers pour ton patron, un second pour tes actionnaires, un dernier pour quelques juteux investissements en Birmanie ou autre Slovaquie, et pour toi, mon souffreteux, une hostie. Tu l’as bien méritée après ce chemin, le seul qui vaille, celui de croix.

Mais que serait un tel prêche, s’il n’y avait point de prophétie ! D’autant plus quand dans la mouise nous surnageons.
L’évêque de Matignon se plie volontiers à l’exercice et tel l’Oracle nous annonce qu’après l’été, sa course folle, il ralentira, le chômage.
L’adorateur du Temple, comprendre le journaliste du Figaro, aurait pu, en l’occurrence, faire remarquer à notre apprenti prophète, notre Moïse d’occasion, que deux lignes en amont, il admettait que nous n'avions aucune prévision suffisamment fiable sur le comportement des agents économiques pour savoir à quel rythme le marché de l’emploi continuera de se dégrader au cours de cet an Neuf.
Comme il aurait pu, aussi, lorsque Saint-François martela en ouverture de son sermon que les banques demeurent solides, l’informer que Natixis venait d’enregistrer une perte de 1,839 milliard d’euros pour le premier trimestre de l’an Neuf.
Si l’adorateur du Temple ne l’a point fait, c’est moins par déférence que par charité chrétienne, tant il sait, le valet, que son maître souffre atrocement du dos [2], ce qui, tu en conviendras, fait de lui un frère, puisque nous les manants, aussi, on en a, et sacrément, plein le dos.
Mais ça n’est rien comparé à nos futurs, enfants et petits-enfants, pour qui, si l’on en croit François, la messe est dite, vu qu’il nous le confesse : il accepte l’idée de vider les caisses vides de l’État en faillite, creuser encore et toujours plus le déficit, donc augmenter plus que pharaoniquement la dette de nos progénitures.
Là, pas besoin d’être prophète pour piger que, pour eux, même ensemble, rien ne sera possible !
Et si des impies, des réfractaires, terroristes de la pensée unique, archaïque, venaient à braire ou bêler que son altesse du Cap-Nègre avait pourtant promis que cette purification du capitalisme (via le sauvetage des banques) ne coûterait pas un seul centime d’euro aux français, il leur serait rétorqué qu’il était question des français d’aujourd’hui et non ceux d’après-demain !
Alors tais-toi donc, et comme les autres prends ta pelle pour, au nom du CAC, du bénéfice et du Saint-Patron, creuser le déficit et la tombe de tes enfants !
Amen !

Eh bien vois-tu, à ce prêche qui, socialement, humainement, apparaît pour le moins fort peu catholique, pour réponse, nous devrions nous hâter d’investir la rue en protestant.


[1] “(…) Chacun a compris que les manifestations et les grèves ne relanceraient pas l'économie et que les séquestrations des chefs d'entreprise pouvaient avoir des effets désastreux sur l'attractivité française et pour les salariés. À part quelques extrémistes qui défendent un autre modèle de société, tout le monde s'est comporté de façon responsable.” [François Fillon, Le Figaro, Jeudi 14 Mai 2009]

[2] ”(…) C'est vrai que j'ai eu mal au dos ! Mais parler de souffrance quand on exerce les fonctions qui sont les miennes et qu'on s'adresse à des Français qui connaissent des difficultés quotidiennes permanentes, c'est totalement indécent !” [Francois Fillon répondant à la question suivante : “En deux ans, qu’est-ce qui a été le plus dur à Matignon ? Votre mal de dos ou la cohabitation avec Nicolas Sarkozy ?” – Tu vois le niveau des questions et dudit entretien accordé ce jeudi 14 mai au Figaro]

 
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