01 mars 2011
Le Remaniement Régalien De M. Sarkozy Formidablement Acclamé Par Tous Les Peuples Arabes En Route Vers La Démocratie Et La Liberté
Et soudain, à Benghazi, Tunis ou Alexandrie, des milliers d’hommes et de femmes, et même des enfants en bas-âge, surgirent de nulle part, criant leur joie, leur reconnaissance et scandant en chœur le nom d’un homme, un seul : Nicolas Sarkozy !
Alors qu’en France, le remaniement régalien d’une envergure « sans précédent » annoncé peu après 20 heures, ce dimanche 27 février de l’an 11 par le Président de la République Irréprochable, Nicolas Sarkozy, n’avait suscité que commentaires désabusés de la part de la classe politique ou sarcasmes venant de la communauté journalistique, dans les pays arabes en « route vers la liberté » ce remaniement était unanimement salué.
« C’est magnifique ! confiait ce tunisien à notre envoyé très spécial, inouï ! Sarkozy, votre président, nous a compris, entendus ! » avant de se jeter dans une foule en délire.
Mêmes scènes de liesse dans la capitale égyptienne, où la Place Tahrir était à nouveau envahie par des dizaines et millions de cairotes extatiques, ainsi qu’à Tobrouk où des régiments de libyens improvisaient une danse bariolée et frénétique ... « C’est vraiment ce que nous attendions, un Longuet, un Juppé, un Guéant ! Qu’Allah bénisse Sarkozy de les avoir nommés ! Ce sont des hommes d’expérience, des right men à la right place ! Plus rien, désormais, ne sera comme avant ! » nous assurait, exalté, cet habitant de Tripoli.
Tout à leur joie, ils n'étaient que fort peu à évoquer Michèle Alliot-Marie ou Brice Hortefeux : « C’est du passé, n’en parlons plus ! Regardons devant ! Et souhaitons bon vent à Madame Marie (sic) qui aura bien à faire à Saint-Jean-de-Luz » pouvait-on entendre.
Même son de cloche concernant l’ancien ministre de l’Intérieur et de l’Immigration, l’auvergnat de souche Brice Hortefeux : « On ne va pas en faire un fromage comme on dit chez vous ! Laissons la justice de votre pays faire son travail ! Cette justice qui a la chance d’être bien plus indépendante que la notre ! » glissait, ébaubi, ce résident de Sousse.
Oui, quel grand paradoxe ! Mais quel contraste avec la morosité et le cynisme français ! Alors que pléthore de commentateurs chevronnés, dont les compétences ne sont plus à démontrer, glosaient à n’en plus pouvoir sur ce remaniement, ne croyant pas une seconde qu’il était la conséquence directe de « l’immense bouleversement » se produisant « de l’autre côté de la Méditerranée » (comme l’avait martelé le Chef de l’Etat) mais plutôt une façon de maquiller, assez grossièrement, voire piteusement, les débarquements de M. Hortefeux et de Mme Alliot-Marie, dans les pays arabes « en route vers la démocratie » on ne boudait pas son plaisir.
« Vous avez l’esprit tordu, nous expliqua cet étudiant tunisien. Vous voyez le mal partout ! Evidemment que ce remaniement est une conséquence directe de ce qui se passe actuellement dans mon pays, ainsi qu’en Libye, en Egypte, cela ne fait aucun doute ! Votre président a pris la juste mesure des évènements … Longuet, Guéant, Juppé, c’est plus qu’une réponse, c’est un espoir formidable ! Cela signifie que votre président nous a entendus ! Enfin, nous allons pouvoir travailler main dans la main ! Et ... si M. Longuet veut des timbres de Tunisie, je serais ravi de lui faire un prix (de gros) ! » ..
Ah ! quel merveilleux peuple ! Que ça doit lui faire chaud dans son cœur, à Nicolas Sarkozy, de constater que quelque part, dans le monde, des gens modestes le comprennent et l’acclament. Ne cherchent pas midi à quatorze heures. Se réjouissent comme il se doit d’un remaniement taillé pour eux, pensé pour eux, afin de mieux les « accompagner », les « aider à réussir » à « ne pas sombrer dans la violence », à ne pas cheminer bêtement (vu qu’ils ne sont pas assez entrés dans l’Histoire néolibérale) « vers des dictatures pires encore que les précédentes » ... et surtout à rester chez eux, même si ça tourne super mal, ne pas migrer en Europe, et tout particulièrement en France, où ils pourraient demander l’asile politique ... Parce que la France, elle peut pas « accueillir toute la misère du monde » … Certes, « elle doit savoir en prendre fidèlement sa part », surtout quand on sait que pendant des décennies entières, elle a fermé les yeux « sur les dictatures précédentes », se foutant alors comme d’une guigne du sort des tunisiens, des égyptiens et des libyens … Mais … mais oublions le passé ! n’est-ce pas ... ces heures sombres de notre Histoire ! Remisons par devers nous notre chafouinitude légendaire, et reconnaissons, au regard de la liesse incommensurable qu’a saisi « les peuples arabes », suite à l’annonce du remaniement régalien de M. Sarkozy, que nous sommes des pleutres, des jamais-contents, des cyniques et des gros méchants, bref, que nous nous sommes plantés, sans doute par antisarkozysme maladif ; oui, reconnaissons que ce remaniement est une bénédiction pour ces opprimés se libérant, parce que, voyez-vous, si ça n’était pas le cas, ils ne manifesteraient pas aussi bruyamment leur allégresse et leur reconnaissance à l’endroit, comme à l’envers, de Nicolas Sarkozy.
« Nul n’est prophète dans son pays ! » aimerait conclure ce libyen qui prête à rire (et non Tharir, vu que c'est pas son périmètre).
« Sans doute ... Mais toi, tu restes dans le tien ! ... T’avise surtout pas de traverser la Méditerranée, mon pote ! ... Quoi qu’il arrive ! ... Même le pire ! .. Mais t’inquiète, on t’envoie derechef quelques militaires made in OTAN et deux trois médicaments génériques pour panser tes futures blessures ».
Vive la République, vive la France, et … la Révolution, tant qu’elle passe pas la Méditerranée. Il va de soi.
15:08 Écrit par Philippe Sage dans Amusons-Nous ! | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : remaniement, allocution de nicolas sarkozy, pays arabes, michèle alliot-marie, brice hortefeux, claude guéant, alain juppé, la joie du peuple arabe, le peuple arabe acclame sarkozy, fake, faux reportage, troisième degré, humour |
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28 mai 2010
[Rions Avec Les] Retraites : Il Va Falloir Vivre Moins Longtemps
Ils avaient le sourire, hier après-midi, sur le perron de l’Elysée, Bernard Thibault et François Chérèque. Cependant, ils se refusaient à prononcer le mot de “victoire”, même si, pour le secrétaire général de la CGT, il y a “incontestablement, des avancées” et qu’un “premier pas a été fait”. Nonobstant, c’est un tournant important dans les concertations sur le dossier des retraites, pierre angulaire du quinquennat de M. Sarkozy, et surtout, une issue pour le moins inattendue ; reste que, pour les salariés le “prix risque d’être lourd à payer” concédait pour sa part le secrétaire général de la CFDT.
C’est donc jeudi, suite au succès de la journée d’action interprofessionnelle, que tout s’est joué. Le ministre du Travail, Eric Woerth, convoquait les partenaires sociaux où “tout a été mis sur la table” et, précise-t-il, “sans tabou”. Une réunion de travail qualifiée de “cordiale” et de “constructive” par les syndicats, au sortir de laquelle, il fut acté qu’on ne toucherait pas "au “dogme” de la retraite à 60 ans.
“Nous avons toujours dit, explique M. Woerth, qu’à un problème démographique – l’allongement de l’espérance de vie – convenait une réponse démographique. Nous n’avons pas changé de position. Simplement, nous avons entendu les français. Ils ne souhaitent pas un report de l’âge légal de la retraite. Il nous fallait donc trouver une autre solution, de type démographique, et nous l’avons trouvée”.
Ce sera donc un abaissement progressif de l’espérance de vie des français.
Une mesure choc, sans précédent, dont les modalités restent à définir.
“Il faut notamment, déclarait Bernard Thibault, mettre en place la reconnaissance de la pénibilité. On ne peut pas, en effet, baisser de la même façon l’espérance de vie d’un cadre ou d’un ouvrier !”
”La baisse de l’espérance de vie de nos compatriotes était inévitable”
”Les concertations ne sont pas terminées” confirmait Arnaud Robinet, secrétaire d’Etat national de l’UMP chargé du dossier des retraites. “Rien n’est tranché” ajoutait-il. Précisant qu’”aucune décision n’avait été prise sur le niveau auquel serait abaissé l’espérance de vie des français” même si, déjà, on évoque une baisse de deux ans à compter du 1er janvier 2011, et de 5 à l’horizon 2020.
”La baisse de l’espérance de vie de nos compatriotes était inévitable” a pour sa part martelé Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP. Quant à ceux qui dénoncent un recul du gouvernement, M. Bertrand rappelle que celui-ci s’est “engagé, depuis le début, à discuter sans tabou, avec les partenaires sociaux. A quoi aurait servi la concertation, si le gouvernement avait annoncé d’emblée ses choix ? A-t-il demandé. Il n’y a donc pas de recul, il y a simplement un gouvernement à l’écoute des français qui sait prendre ses responsabilités”.
Du côté du Parti Socialiste, M. Strauss-Kahn a été le premier à réagir. Depuis le siège du FMI, il a réitéré ses propos tenus, le 21 mai dernier sur le plateau de l’émission “A Vous De Juger” (France 2) :
“Comme je l’avais dit ce soir-là, dès lors qu’on arrive à vivre cent ans, si on veut continuer à avoir la retraite à 60 ans, il faut bien trouver des ajustements. Baisser l’espérance de vie faisait effectivement partie de ces ajustements.” Ajoutant, au passage, qu’il se "félicitait que M. Sarkozy n’ait finalement pas touché à cette grande avancée sociale (la retraite à 60 ans – N.D.L.R.) qu’avait, en son temps, décidé le président Mitterrand.”
En revanche, Martine Aubry a tiré à boulets rouges sur le gouvernement, dénonçant “une mesure injuste” et promettant “de rétablir l’espérance de vie des français en 2012, si les socialistes revenaient au pouvoir”. Quant au porte-parole du PS, Benoît Hamon, il a estimé que “les masques étaient tombés” fustigeant l’attitude ”irresponsable” des syndicats, allant même jusqu’à parler de “trahison”. “Qui nous fera croire, qu’il y a là une quelconque justice sociale ? Déclarait M. Hamon. Qui nous fera croire que baisser l’espérance de vie des salariés est une mesure équitable ? Et qui nous fera croire que les cadres et les ouvriers seront égaux devant l’abaissement de l’espérance de vie ?”.
Si les syndicats, CGT et CFDT en tête, ont regretté l'attitude affichée par M. Hamon et Mme Aubry, insistant sur le fait que "le point essentiel était de conserver la retraite à 60 ans et que ce point-là était obtenu", Frédéric Lefebvre, porte-parole de L’UMP, a immédiatement dénoncé l’”archaïsme, le sectarisme et l’irresponsabilité du Parti Socialiste” osant même dire que “pour être tranquille, je me demande si nous ne devrions pas d’emblée, abaisser drastiquement l’espérance de vie de certains dirigeants socialistes” [*]
Reste que cet abaissement de l’espérance de vie des français doit être validé par le Conseil Constitutionnel. Mais celui-ci ayant retoqué quelques lois précédentes, ou réclamé quelques modifications (HADOPI, Burqa ...) il est possible qu’il se montre plus conciliant sur ce dossier qui “engage l’avenir de nos enfants et la pérennité de nos régimes de retraites” (source anonyme)
On attend désormais la réaction de la blogosphère, qui, déjà, se tourne vers Maître Eolas, afin de savoir si cet abaissement de l’espérance de vie des français est compatible avec la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
[*] D’après le Canard Enchaîné à paraître mercredi prochain, Nicolas Sarkozy aurait fait part de son agacement suite à la déclaration du porte-parole de l’UMP : “Ce Frédéric Lefebvre, la prochaine fois, que je le croise, c’est pas un “casse-toi pauvre con !” ou un “fais pas le malin !” que j’vais lui dire, mais : va mourir !” aurait-il confié à l’un de ses proches collaborateurs.
15:59 Écrit par Philippe Sage dans Amusons-Nous ! | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : retraite à 60 ans, âge légal de départ à la retraite, espérance de vie, eric woerth, bernard thibault, fake, faux reportage, rions avec les retraites |
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