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22 mai 2010

Viens Donc Faire L'Apéro, Chez Moi !

Juste un Apéritif.jpgAvant dimanche soir, minuit, le cachet de ce blog agonisant faisant foi(e), un apéro (pas) géant, aura, présentement, ici, lieu.

En attendant, vas-y, ne te gêne pas : bois, fume, ou pire que ça, là, oui, ici, sur ce blog, via les commentaires : exprime, crie, gueule, éructe, râle, sur cette page, cet apéritif, il est pour toi.

Tu as 48 heures.

Ensuite de quoi, j’efface ton ivresse (ou pas) et la remplace par bon me semble.
Ou me sers (comme on se sert un verre) pour torcher le billet promis.

A vrai dire, dimanche, et dans l’espoir que tu y ailles, que tu gueules, que tu jactes, je passe, recta, au plat de Résistance.
Je te dirai comment, je la vois, la suite, de ces apéros dit : "géants" ...

Devance-moi …



.... TROP TARD ! C'est fait ! C'est ici (mais j'y retournerai plus sérieusement, en attendant, rions avec ces apéros Facebook)

01:25 Écrit par Philippe Sage dans Entracte | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : apéro géant, tu as 48 heures, blog, facebook, révolution ? | | |

10 février 2010

Réseaux Sociaux Killed The “Influent” Blogueur

ben.jpgA peine nés, que les voici décanillés. Ou en passe de l’être. L’affaire semble entendue, pliée, allez zou, du balai ! Retourne dans ta niche, le blogueur “influent”, celle des buzzomètres. Ta prose approximative, obnubilée par tes “Statcounter”, ton “Google Analytics”, tes visiteurs uniques, ta politique du chiffre, de l’audience, à la poubelle ! Et fissa ! Le blogueur va crever, et dans une indifférence aussi générale que méritée. Personne pour le pleurer ! Surtout pas le camarade journaliste ! Tu penses !

Ah, si encore, il fut honnête, consciencieux, appliqué, le blogueur, qu’il se moqua comme de la dernière guigne de ses foutues statistiques, de ces classements absurdes, abscons, qui pullulent ; flatteurs d’égo ? Non ! Ah que non ! Lesdits classements le tournent en ridicule, l’étriquent d’autant plus, l’étroitisent dans sa bêtise, aveugle. Oh bien sûr, il s’en défend, pérorant que tout cela n’a que peu d’importance, c’est juste un amusement, ces classements, son “rezotage” (cette touze, plutôt, entre suiveurs, bande de lécheurs, suceurs de roues, envieux, et pas qu’un peu !) de type pyramidal, la fameuse chaîne où c’est celui qu’est en haut qui rafle la mise. Il s’est mué en commercial, de lui-même, l’influent blogueur, mais le nie, comme de bien entendu, jusqu’à sa prétendue influence (à la noix), malhonnête jusqu’au trognon, et ne venez pas le lui dire, arguments à la clé, preuves à l’appui, c’est inutile, il vous envoie paître, vous traite de “troll” et vous verrouille de l’IP. C’est qu’il supporte mal la contradiction, le malheureux ! Il s’étale sur le Net, et copieux, sans honte l’étouffant, invoquant, s’il vous plaît, son droit à la liberté, celle d’expression, mais celle de l’autre, n’en veut pas ! D’autant plus si elle est contraire à la sienne ! Eh bien agonise-donc ! La liberté d’expression, elle, te survivra ! Et comment ! Et tant mieux ! Puisque, visiblement, tu ne la garantis pas, ni la tolère, sinon la seule tienne et celle de ceusses qui te flattent, et à satiété ! Pas étonnant, alors, que tu disparaisses, petit à petit, et petitement.

Adios muchachos ! Ne subsisteront, c’est un souhait, que celles et ceux qui s’offrent, généreux, qui se la crèvent, la couenne, pour pondre du billet, du vrai, où y’a du contenant et du contenu, de l’article ; que celles et ceux qui se donnent, sans compter, ni faux amis, ni personne. Que celles et ceux qui, aussi, déconnent, adorables fantaisistes, clowns assumés, amuseurs, conteurs, saltimbanques numériques, écorchés vifs, parfois maudits, ceusses qui donnent à regarder leurs fêlures, ou qui témoignent, magnifiques, émouvants, cinglants, sur leur quotidien, leur turbin, sans rien attendre en retour. Pas même une quelconque reconnaissance. Au diable, la reconnaissance ! L’homme, ce bipède, n’est pas équipé pour. Et le blogueur, d’autant moins.

Enfin, le voilà, le temps de l’écrémage, lent mais sûr, et bas les masques ! L’imposture, pour que ça dure, faut-il encore en avoir les moyens ! Etre doué d’imagination, et du genre fertile ! J’suis pas bégueule, les faussaires, je veux dire les talentueux, moi, je leur tire mon chapeau ! Tu m’as bien eu, l’enfoiré ! Je t’aime, mon salaud ! Tant tu m’as fait voyager, rêver, kiffer ! Mais l’amateur, nib ! Ta pyramide, c’est du vent ! … Comment ? .. Ne serait-ce pas l’hôpital qui se foutrait de la charité ? .. Sans blagues ? .. Moi, blogueur ? .. Tu m’as bien vu ? J’ai pas la blog-roll facile, mon ami ! Et d’une ! Et de l’autre, je rentre pas dans les critères. Je cherche pas à plaire. M’en fous comme de l’an 40 ! Je suis un bâtard. Je poste, comme on dit, je saigne en vérité, je me tire les vers du nez, je me fais violence, je me déloque, de moi, de tout, me tapant de savoir dans quel sens il souffle, ce putain de vent, ce nouveau cancer nommé : buzz ! Je hais le buzz ! Toute cette immédiateté, négation de la pensée, ennemie jurée de l’analyse, dictée (dans le sens : dictature) par l’émotion ! Et quand bien même, je bloguerais, comme on dit, que voilà, ça m’emmerde, à la longue. Non mais, franchement, qui en a à cirer de mes élucubrations sur ceci ou cela ? Qui ça intéresse ? Jacter sur la “garde à vue” par exemple, suis-je qualifié pour ? Et le Karachi truc-machin-chouette, j’entrave quoi ? Faudrait-il être imbu de soi-même, ou crétin, c’est pareil, pour oser penser, une seconde, que ça porte, que ça influe, et autres fadaises !
Je blogue comme on pisse. Question d’hygiène. Mais voilà, ça s’arrête là. Faut pas chercher ailleurs ou autre chose. Pas de pyramide, pas de statistiques, rien. Des mots. A prendre ou à laisser. A commenter, si ça te chante. C’est 2.0. Des mots pesés, choisis avec soin. Un instantané. Pas de quoi en faire un bouquin ! Déjà que j’peux pas souffrir ceusses des chroniqueurs radio, ces compilations de vannes ou de bons mots ! Compiler l’éphémère et le vendre ! Décidément, rien ne nous sera épargné !

Allez ouste ! Au Kärcher, la blogosphère ! La pyramidale ! La Left comme le reste ! Le jeune, il s’en bat les flancs, s’en va voir ailleurs. Et l’a raison ! Il veut de la becquetance, le jeune ! Se fendre la poire ! Du futile, du volatile, du sans fil et du tactile ! Mais aussi, du couillu ! Mais si ! Suis pas du genre à la dénigrer, la jeunesse, moi ! Au contraire, je l’encourage ! Et puis, quoi, les réseaux qu’on dit sociaux, Facebook et compagnie, c’est-y pas rigolo ? Trop fun ! N’est-ce pas ? S’exprimer en 140 caractères max, Twitter, mine de rien, c’est de l’exercice, ah si, pour qui veut bien se laisser prendre au jeu. Car, oui, c’est un jeu. Qui peut virer sérieux. Ou à l’utile. Si, si !

Et viva les réseaux sociaux ! Même colonisés par ceux dont je cause, ces mesureurs de bite ! Ils s’y noieront ! Ça durera, ça durera pas, ma foi, quelle importance ! Tant que ça remet le blog à sa place ! Le politique ou classé comme tel, je veux dire ! Celui qui journalise ! A la va-comme-j’te-pousse ! Seuls surnageront, les authentiques, les purs et durs, se foutant des visiteurs uniques, des pyramides, des statistiques, camarades maudits, camarades misère, peu importe ton étiquette au demeurant, ceux qui courtisent pas, ils seront les derniers des Mohicans.

Et le journalisme citoyen dans tout ça ? .. Citoyen, je veux bien. Encore que, c’est vaste. Chacun voyant le concept de citoyen à sa porte et le balayant quand ça le gratte ou le chatouille. Pour le reste, chacun son taf.
Non ?

01 juillet 2009

C’Que C’est Con Et Triste, La Vie D’Un Blogueur !

EC(oeu)RAN(t)

Ça fait combien de temps ? Que je ne suis pas allé au cinéma. Moi qu’adore ça. Combien de temps que je n’ai pas vu, ni foulé un chemin de terre, le suivre, peu importe où et pourquoi, le suivre, et pis c’est tout.
Ça fait combien de temps, dis-moi, que je suis là, comme vissé au rotin de ce fauteuil, les yeux rivés sur mon écran, à guetter, crevard, l’info, à traquer du Sarkozy, du Lefebvre et du Guaino. Alors que dehors, je les entends, les oiseaux, le vent, le chaud. Alors que dehors, ça grouille, ça rit, ça vit.
Mais non, y’a rien à faire, j’peux pas le quitter, cet écran, sait-on jamais, si elle tombait, c’te info, celle que j’attends, nourriture de ce monstre que j’ai créé, ce blog, le mien.
Ah non, vraiment non, j’peux pas, pas sortir, demain peut-être, allez oui ! Promis ! Demain je sortirai, mais aujourd’hui non, faut que je reste là, tant je le sais, elle va tomber, c’est sûr, l’info, et je vais t’en faire un billet, un beau ! Un billet avec des tas de virgules, de la suspension et des points.
Dans la gueule.

Allez, tombe ! TOMBE ! Mais qu’est-ce qu’elle fout, c’te info ? T’es malade, poulette ? T’as chopé l’aviaire ? .. Non .. ? Ben alors tombe, bordel ! Allez ! Magne-toi ! Ça urge ! J’ai les doigts affutés comme jamais, prêts à claquer, bouffer des kilomètres de clavier ! J’suis chaud comme la braise, ma grande ! Alors faut que tu tombes, et fissa !

Mais non. Rien. Que du menu fretin. De la TVA à 5,5. Qu’est-ce que tu veux que j’en fasse ? Puisque je suis là, cloîtré chez moi, café à volonté, sandwich vite fait, petit verre de rosé. Qu’est-ce que tu veux que j’aille engraisser le cafetier encarté UMP ? Le gratifier d’un billet bien salé, aux petits oignons, aillé copieux, comme son addition, la gratinée, l’estivale. Parce que tu vois, le Marcel, y va pas se gratter pour l’assaisonner, ta note ! TVA à 5,5 ou pas ! Faudrait pas perdre de vue les fondamentaux du petit commerce. Et les fondamentaux y disent que l’été, on fait pas dans la figure imposée, mais dans la libre. C’qui veut dire que tu vas raquer, et pas qu’un peu. Ton demi, celui de la zone touristique, il s’est déjà envolé, garçon ! Au zinc comme en terrasse.
Alors quoi ?
J’vais quand même pas me fader le Mitterrand. En remettre une couche sur ces pôôôvres socialistes !
Manuel Valls ?
J’suis allergique.
Valls, c’est queue dalle, c’est bernique.
C’est rien.

Rien, putain, mais y’a vraiment rien de rien. Pas d’info ! Ou alors, y’en a trop. Beaucoup trop ! Et je pète de chaud. J’ai mal au dos. J’ai mal partout. A force de surfer, comme un taré, de sites en sites. A bouffer du Net, du billet de blogs. Du billet mal branlé, vite expédié, juste pour dire : j’y étais ! C’est moi, le premier ! Yesss ! Et vas-y que je te donne mon avis, à la noix, sur la Burqa ! Hadopi en veux-tu, en voilà ! Et Karachi dans le ventilo ! Mais quelle misère ! Mais qu’est-ce que je fous là ? Alors que dehors, je les entends, les rires, les cris, les gens. Alors que dehors, c’est l’été, enfin !
Mais non, ah non, putain de ta mère, y’a rien à faire, j’peux pas ! Tant pis, je reste là, me disant qu’elle tombera, la salope, l’info-qui-va-bien, Sarkozy-Lefebvre-Guaino, et même Boutin, tiens, m’en fous ! J’prends ! … T’entends … ? J’suis tellement à cran, que j’suis prêt à tout, nom de Dieu, même à me taper la Boutin !

Mais rien.
Rien ne vient.

Sinon, le téléphone. Qui sonne.
C’est toi.
Mais j’suis pas là. J’suis dans l’écran. Je guette. Je traque. Sur Internet. Tu comprends ? … Dis … ? Dis-moi que tu comprends ? Que c’est pas le moment. Plus tard. Ce soir. Quand je l’aurai nourri. Le monstre. Le mien. Mon blog.
D’accord ?

Et j’y retourne. Crétin dans son rotin. De sites en purin. Je tourne, je vire et je clique. Et la voilà qui claque ! Une info cloaque. Un entretien. Le Nouvel Obs. Sarkozy. C’est pour demain ! C’est pour jeudi.
J’vais me la faire. Y va morfler l’Olivennes, le pote à Baverez. Je vais te l’aligner sévère. Ah bordel à chien, cette fois, je le tiens ! Mon billet ! Mon quotidien ! Mais non … Ah merde, nooOOOOoon ! C’est Fontenelle, qui l’a torché mon billet ! Salaud de Fontenelle ! … Voleur … ! Tu m’as piqué mon affaire ! Qu’est-ce que j’vais faire, moi, maintenant ? Y’a rien d’autre. Rien …

Putain, j’en peux plus ! J’te jure. Des RSS, des flux, des réseaux présumés sociaux, des réseaux de mon cul. C’est sans fin. Et vas-y que j’me twitte, que j’me facebookise, comme un rat.
Mort.
Alors que dehors, je les entends. Ils rient, grouillent et vivent. Un café, du rosé, l’addition. C’est tout de même mieux que Sarkozy-Lefebvre-Guaino.

Il faut que je sorte. De là. D’ici.
Faut que j’aille voir à quoi ça ressemble, la vie, la vraie. Même si je sais, je reviendrai. Tâter du clavier. Nourrir le monstre que j’ai créé.
Mais avant, juste une heure, pas plus, mettre mon sale nez dehors, me laisser aller, prendre, ou surprendre.
Quitter un instant cette non-vie.
Celle triste et conne du blogueur que nous sommes.
Devenus.

 
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