09 avril 2011
De La Radio Libre ! [Exposition]
C’est une belle aventure, unique, militante et généreuse.
Mais, je sais, ils ne veulent pas en entendre parler, ceusses qui font de la FM, nos jours. Allons, c’est de l’histoire ancienne, qu’ils disent, au diable vos commémorations, toutes ces breloques, vos souvenirs de radios libres ou pirates.
Franchement, à quoi ça sert et qui ça intéresse ?
Qui ?
Certainement pas ces animateurs qui jactent vingt secondes à chaque « micro ».
Et d’ailleurs, ils n’ont d’animateur que le nom. Ils ne sont, en réalité, là que pour vendre des marques. Celle de la radio qui les emploie et celles des annonceurs qui les payent.
Mais ils en sont fiers, et n’hésitent pas à parler de magie de la radio.
Peu leur chaut les Van Troeyen, les Lefébure et autres pionniers de ce que l’on nomme « La Libération Des Ondes ». Ils ne connaissent pas Foucault ( Michel, pas Jean-Pierre), Deleuze, Guattari, ils ne connaissent qu’eux-mêmes, égocentrés jusqu’à se wikipédier.
Ce sont des professionnels. Du commerce.
Des néolibéraux.
Ils taffent pour des trusts, Lagardère (Europe 1, Virgin Radio, RFM, Autoroute FM) Jean-Paul Baudecroux (NRJ, Chérie FM, Rire et Chansons, Nostalgie) Bertelsmann (RTL, RTL2, Fun Radio) ou Alain Weill (BFM, RMC Info). Sans se poser la moindre question. Formatés au cube qu’ils sont. Ça les dérange pas.
Pis : ils sont persuadés qu’ils donnent du bonheur « aux gens » ; qu’ils sont subversifs, même, pour certains ; drôles, pertinents, qu’ils jouissent d’une belle liberté d’expression, ah ça, je vous assure, j’ai carte blanche, je peux dire ce que je veux à l’antenne, « bite-poil-couilles ou prout, et même : fuck ! » et « mes auditeurs » itou.
Oui, tant que l’annonceur (ou l’actionnaire) n’est pas égratigné par quelques propos (à peine) désobligeants. Auquel cas, le téléphone sonne, et fissa, dans le burlingue du boss.
Pas grave ! Ça ira faire l’intéressant chez Baudecroux ou chez Bertelsmann, car dans ce monde-là, messire, on s’arrache les présumés trublions, les supposés perturbateurs ou les bons exécutants, les lisses, ceux qui font jamais de vagues.
Ils sont interchangeables. Et corvéables à souhait. D’excellents collaborateurs, en quelque sorte. Y’a même pas à censurer quoi que ce soit, ils le font très bien eux-mêmes. Et s’ils franchissent la limite, ils s’en excusent, et ô combien platement.
De gentils toutous. Des Morandini qui s’ignorent, mais dont le point commun, est l’exécration d’un mot, ah ça, ils ne veulent pas l’esgourder celui-là ; le mot : culture.
Et d’ailleurs, ils ne comprennent pas comment en France, au 21ème siècle, on puisse encore demander aux citoyens-contribuables de financer France Culture. Pour l’audience que ça fait, c’est gâcher notre pognon ! En plus, z’avez vu le nombre de fréquences qu’elle squatte sur la bande FM, cette France Culture ! N’allez pas leur dire que cette radio du service public est l’une des plus « podcastées » du paysage radiophonique… Eux, ne fonctionnent qu’à l’audimat, le Médiamétrie, et l’espèrent bientôt quotidien plutôt que trimestriel.
Ce ne sont pas les auditeurs qu’ils aiment, mais les parts de marché.
On comprend dès lors, qu’ils ne veuillent point entendre parler de cette Radio Active, celle épique de 1975, de Radio Verte et de Radio Ivre, pas même de Carbone 14, ni des survivantes comme Libertaire à Paris, Canut à Lyon, l’Eko des Garrigues à Montpellier, Campus à Lille, et s’ils écoutent de temps en temps Nova, ils n’en connaissent pas l’histoire : Jean-François Bizot, Andrew Orr, Jean-Marc Fombonne, ça ne leur dit rien de rien. Ils n’en ont cure. Faut envoyer la pub et le prochain Lady Gaga. Et surtout, et avant toute chose, être « fédérateur », « convivial », pas « segmentant »… Novlangue, celle du commerce (non équitable) injectée dans le champ radiophonique.
C’est formidable, non, d’être à ce point policé et se croire, pourtant, subversif…
Avoir cette chance de pouvoir s’exprimer derrière un micro, et n’en rien faire, c’est misère. En même temps, si tu l’ouvres, t’es « out ». Mais crois-tu qu’ils iraient l’ouvrir sur une webradio ? Non plus. Ça fonctionne pareil. Les mêmes règles, car – et c’est quand même fort – sur Internet (espace de liberté, pourtant) t’as pas plus de chance de trouver une Radio Lorraine Cœur D’Acier, une Radio Quinquin, ce qui se traduirait aujourd’hui par une Radio Continental, une Radio Molex ou même une Radio France Telecom.
Non, vraiment, ce que Thierry Lefebvre appelle La Bataille Des Radios Libres, ça ne les intéresse pas. C’est leur Histoire, pourtant, une révolution qu’aura permis de venir à bout d’un monopole, celui d’État de la radiodiffusion.
Seulement voilà, un monopole en a remplacé un autre.
Le politique (de gauche – PS – comme de droite – RPR/UDF/PR), faut avouer, à bien aidé à. En quatre temps. Quatre lois. Les deux dernières (celles du 1er août 1984 et du 30 septembre 1986) ayant ouvert les vannes. Aux radios fric !
Baudecroux, Bertelsmann, Weill et Lagardère n’avaient plus qu’à racheter, un à un, tous les ilots de liberté. Et les solder. En faire un fast-food sonore. Normalisation totale. Circulez, y’a plus rien à entendre. Sinon quelques insoumises. Pour lesquelles ils n’ont que condescendance, quand ce n’est pas du mépris… Des associatives, mon dieu, mais c’est pas du travail, ça ! HDR, Grenouille, FMR, RTF, ça vaut quand même pas nos Scoop, Vibration, Wit FM et autres 100% ! Chiffres à l’appui ! Non, mais regardez nos courbes d’audience comparées à celles de vos sympathiques, n’est-ce pas, « petites radios ».
Que voulez-vous répondre à des gens qu’ont poussé le cynisme jusque dans leurs claims – ou slogans. Par exemple, le très explicite :
« C’est pas de la radio, c’est de la musique » (RTL2)…
En même temps, ç’a le mérite d’être clair.
Or donc, ces gens-là ne font pas de (la) radio. Ce n’est qu’un outil avec lequel ils se remplissent les poches. Et quelques comptes en Suisse ou au Luxembourg.
Ceci étant, ceux qui aiment LA radio, son Histoire, ses sons, ses personnages hauts en couleur ; ceux qui sont attachés aux idées de liberté, d’expression, de création, d’imagination ; ceux que la culture ne rebute pas, même la plus branque, la plus foutraque : ceux qui sont en manque de pertinence et d’impertinence véritables, de combats non négociables, de révolte et de panache ; ceux-là seront heureux d’apprendre que jusqu’au 21 mai, 9 esplanade Pierre Vidal-Naquet à Paris (XIII) tout est là, intact ou restauré : les sons, les articles, les images même. Toute cette mémoire est disponible, visible, partageable. A l’occasion d’une exposition (interactive) proposée par Bétonsalon en association avec Eldoradio.
Oui, tout y est – ou quasi – dignement et respectueusement représenté.
Et pour les derniers qui se demanderaient à quoi ça sert, je leur répondrai, simplement, bien amicalement, qu’entre autres choses, cela sert mesurer, objectivement, la liberté que nous avons perdue. Et celle que, par les ondes, nous pourrions reconquérir.
Bétonsalon : le dossier de presse de l’exposition.
Eldoradio : présentation de l’association.
Plan d’accès :
17:33 Écrit par Philippe Sage dans Entracte | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bande fm, la fm en france, bétonsalon, eldoradio, la bataille des radios libres, les 30 ans de la fm, libération des ondes, radios libres, radio pirates, radio verte |
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15 septembre 2010
Sonarkozy [Eldoradio/Refais Le Monde]
Il y a deux ans, jour pour jour, un (lundi) 15 septembre, la banque d’affaires américaine Lehman Brothers « était sacrifiée (dixit le site du Figaro) par les autorités américaines ».
Cette faillite incroyable marquait le début de la crise financière que, paraît-il, aucun économiste digne de ce nom n’avait vue venir.
Pourtant, un an plus tôt, lors de l’été 2007, un évènement aurait dû, me semble-t-il, alerter lesdits économistes, mais aussi, les gouvernants les plus éminents : la « crise des subprimes ».
Une telle catastrophe – car c’en est une, et copieuse – ne pouvait pas ne pas avoir de conséquence(s) sur l’économie mondiale tant les banques étaient, dans ce « montage (foireux) » (celui des « subprimes ») parties prenantes jusqu’au trou de cul.
Mais croyez-vous, véritablement, qu’ils n’ont rien vu venir ?
Si c’était le cas, alors pourquoi durant sa campagne présidentielle de 2007, puis lors de sa conférence de presse du 8 janvier 2008, Nicolas Sarkozy, aurait-il appelé à une « moralisation du capitalisme » ?
Pourquoi, s’il ne savait rien de rien, et bien avant que la crise nous tombe sur le paletot, cet homme aurait-il déclaré :
« Tout ne peut pas être abandonné à un capitalisme financier livré à lui-même » ?
(8 janvier 2008, itou)
Or donc, oui, ils avaient pleinement conscience que ce Meccano pouvait s’effondrer, mais, peut-être, se disaient-ils que, va savoir, il restait une chance d’éviter le pire.
Il n’y en avait aucune.
Mais ils l'ont saisie, quand même, à notre grand malheur (jamais le leur) ...
Ceci étant, soyons aimables (c'est un anniversaire, dois-je vous rappeler ...) : comment auraient-ils pu remettre en cause, et préalablement, un « système » qu’ils défendent et nous vendent quotidiennement non comme le « meilleur », non comme le « moins pire » mais comme « le seul et unique viable » ?
Ne croyez pas que ce soit posture de ma part, je ne fais que reprendre l’argumentaire, à la virgule près, du même Sarkozy, copie-conforme de celui d’Obama, Merkel et consorts qui se résume grosso-modo ainsi :
« (N’ayez pas peur) C’est juste une dérégulation du système, il n’y en a pas d’autre(s) possible(s) et nous sortirons de cette crise plus forts que nous y sommes entrés »
Trois ans plus tard (si l'on considère que les « subprimes » constituent le début réel et concret de la « crise ») nous (les classes moyennes et plus bas encore) y sommes encore et jusqu’au cou.
Mais pourquoi, n'est-ce pas, vous causer de tout cela alors que l’actualité s’est singulièrement déplacée depuis (débat sur l’identité nationale, chasse aux Roms et à la Burqa, déchéance de nationalité, etc.) ? – mais peut-être - subrepticement, j'y pense - que cette délocalisation de l’actualité ne soit point fortuite ; je veux dire qu’elle ait un but : nous faire oublier à tout prix que la principale préoccupation de « nos chers compatriotes » fut l’emploi.
Et avec, la santé (n’est-ce pas ce que nous souhaitons en premier à tout un chacun : la santé ?) et un toit.
Eh bien parce que la truculente et talentueuse équipe de Sonar (Radio Nova) nous offrit le 6 janvier 2009 un détournement pour le moins croustillant des vœux 2009 de notre omniprésident (qui rétrécit) Nicolas Sarkozy, vœux (presque quasiment) consacrés à la « crise » qui venait, la salope, de s’abattre sur nos frêles épaules.
Un détournement qui vous en rappellera peut-être d'autres - par exemple et complètement au hasard - ceusses d’un dénommé Bruno Candida dont je vous recommande chaudement les exploits visibles ici et là (avec le recul c’est encore plus drôle et sinistrement prémonitoire)
Vous l’avez compris ce Sonar d’une finesse redoutable, au montage délicat, à l’habillage (musical) jouissif, est une façon comme une autre de fêter cet étrange anniversaire qu’est celui de la faillite totale d’un établissement qui fut le fleuron en terme de finances (et de capitalisme) de la présumée première puissance mondiale, la défunte banque d’affaires : Lehman Brothers, coulée corps et âme un 15 septembre de l’an 2008.

NB : La photo illustrant l’article suggère un Sarkozy tsunamé par la « crise » ou, à défaut, et pour les plus cyniques, la fameuse « France D’Après » que le même nous promit, avec force et conviction, mais ne pouvait séduire - on l'aura compris - que les sots, les ignorants et les gredins !
NB : Pour avoir un accès libre et gratuit à tout le site Eldoradio, inscrivez vous : ICI
09:18 Écrit par Philippe Sage dans Crise Financière | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : crise financière, crise des subprimes, lehman brothers, 15 septembre 2008, système capitaliste, libéralisme, sonar, radio nova, voeux présidentiels 2009, eldoradio, histoire de la radio, nicolas sarkozy, une crise sans précédent |
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14 juillet 2010
Léo Ferré, Mort Un 14 Juillet
[Réédition de ce billet publié le 5 mai dernier sur Refais Le Monde et Eldoradio, ce 14 juillet étant celui de la prise de la Bastille, pas d'un défilé militaire, et celui de la disparition de Léo. Ferré ... Des titres, trois, sont cachés dans quelques-uns des liens. Profite !]
"Moi, j'suis de la terre ... Mais, qui j'suis ? .. Ça, j'sais pas .. C'est vous qui allez me l'dire !" ... Ainsi parle Ferré. Au "docteur". Celui de Campus. Sur Europe n°1. Pas loin, Michel Lancelot. Nous sommes en 1969. Et la suite, c'est un grand moment de radio. Une autre radio. Une autre époque. Epique ..
Tu sais, c'était un samedi, je crois. Il faisait très beau. J'allais vers le kiosque à journaux. Celui de cette drôle de place. D'Aix-en-Provence.
Vraiment, il faisait très beau.
Et puis, tu sais quoi, de loin, comme ça, j'aperçois Libération, pleine page, Une qui crevait l'oeil. En noir et blanc. J'me dis, mais c'est quoi ? On dirait - j'te jure, c'est vrai, j'ai pensé ça - une statue grecque. Alors, je m'approche, je veux voir, de près, et là, je le reconnais, d'un coup ; c'était pas une statue grecque, vois-tu, non ! C'était Léo. La gueule de Ferré. Il était mort. C'est pour ça. Qu'il faisait la Une.
Après je sais plus.
J'ai pris l'antenne.
Je voulais pas être là.
Je voulais foutre le camp, tu comprends ?
Voir la mer. Son "balancement maudit qui vous met le coeur à l'heure".
Je voulais être seul.
Tout seul.
Comme dans cette voiture.
Une R12 TL.
Blanche.
A droite, ma soeur. Devant, au volant, mon père. Et, à la place du mort, ma mère.
Et la radio, France Inter, qui crachait les dernières nouvelles.
Et tout d'un coup, tu sais quoi ?
Les nouvelles se sont tues, et un mec a chanté. Et c'était lui. C'était Léo. Et moi, je m'envole. Je m'en vais. J'suis plus là. Je regarde les nuages, ils courent, et j'trouve ça beau, moi, petit garçon, de quoi ? 8 ou 9 ans. Cette chanson-là, elle m'emmenait si loin, loin de cette Renault, de ce dimanche un peu triste, elle m'émerveillait, tu comprends, cette chanson. Et puis, soudain, mon père, ma mère, je sais plus, l'un deux a dit :
"Oh, mais il est pénible, lui, à répéter tout le temps, c'est extra, c'est extra, c'est extra .."
Et hop, zou, fini, plus de radio. Plus de Léo. Plus de nuages. Plus rien. La solitude ...
Comme lui, Léo, le Ferré, tu vois, je pensais que "tout le monde, il était musicien". Vraiment, je l'ai pensé. C'est beau, n'est-ce pas, la musique ? Et les mots, qu'on y fout d'ssus. Des mots d'indiens. Des Mohicans. J'aime ça, moi.
Alors tu sais quoi ?
Un jour, demain, me suis-je dit, je l'aurai rien que pour moi, tout en entier, oui, du début, jusqu'à la fin, Ferré, personne pour le couper, personne pour arrêter la course des nuages, et basta ! Quand j'serai grand. Libre. Seul.
Et puis, Aix-en-Provence, un samedi, vlan ! Merde ! J'l'ai raté ! Maudit blues .. A croire qu'on "prend l'bonheur toujours en retard". Et alors, là, sur cette place, la Renault 12 TL blanche, la radio, c'est extra, tout m'est revenu dans la gueule. L'enfance. La solitude. Et tu vois, c'est marrant, j'suis pas de la vierge, j'suis du lion. Ascendant balance. "Qu'on soit de la balance ou du lion/On s'en balance, on est des lions" n'est-ce pas ? ... Pourquoi j'te dis tout ça ? J'sais pas. Moi aussi, tu vois, j'ai vingt ans. Dans quelques jours. Hier ...
Or donc Léo Ferré. 1969. Campus, émission mythique d'Europe n°1 (4 avril 1968/8 septembre 1972). Version psy. Avec, bien sûr, Michel Lancelot. C'est une rediffusion Europe 2. Et c'est reparti. Les nuages. La mer. Paris. Les filles. Et cette télé, cette putain, que tu dois éteindre, si tu veux être libre, si tu veux penser, tanguer, night and day, avec cette fille qu'a vraiment du chien "de la musique au bas des reins" ...

Léo Ferré (1916/1993), poète, est né le jour anniversaire d'un massacre (24 août) et mort le jour d'une fête nationale (14 juillet). Pas mal, non, pour un anartiste ?
NB : Pour ceusses qui s'intéressent à l'histoire de la radio, alors je vous invite, à découvrir ce site, où donc, quotidiennement, je chronique, un site nommé : Eldoradio. L'inscription est gratuite [Ici].
Le son, ci-joint, proposé n'est qu'un extrait. Il est beaucoup plus riche et dense sur le site-mère.
Eldoradio c'est aussi une application, une page Facebook, un fil Twitter.
19:35 Écrit par Philippe Sage dans Devoir De Mémoire[s] | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : léo ferré, 14 juillet, campus, europe n°1, michel lancelot, 1969, eldoradio, bruno labouré, histoire de la radio, europe 2 |
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12 juillet 2010
Ce Jour Où Ils Etaient “Fiers D’Etre Français” ..
Voici un article (un tantinet remanié) issu du site Eldoradio sur lequel je poste une chronique (presque quotidienne).
Eldoradio (“C’est pas de la musique, c’est de la radio”) est dédié à tous les passionnés de radio. Ceusses qui la font et ceusses qui l’écoutent.
Hormis des nouvelles fraîches venues du monde “merveilleux” de la radio, vous y trouverez itou, des sons d’antan, comme par exemple, au hasard, l’inoubliable Radioscopie de Jacques Chancel, le Campus de Michel Lancelot, le Po-go de Maneval, toutes ces grandes émissions qui vous ont, peut-être, accompagnés, bercés, étonnés.
Aussi, des sons plus rares, ceux de la “guerre des ondes”, les radios dites pirates que combattirent et le pouvoir giscardien et le mitterrandien.
Puis, l'explosion des radios libres, le début de la normalisation, d'une certaine fin, en définitive.
Pour avoir accès à tout le site, il faut s’y inscrire (c’est gratuit et ça fait même pas mal). C’est ici.
Eldoradio, c’est également une page Facebook, un compte Twitter ...
L’article ci-joint, au titre étrange, nous ramène douze années en arrière. Le 12 juillet 1998. Ce soir-là, la France était championne du monde.
De football.
Et si je l’inscris sur Refais Le Monde, c’est qu’il fait douloureusement écho à ce que nous traversons aujourd’hui.
A ce propos, il est intéressant de noter que c’est ce jour-là que Nicolas Sarkozy a choisi pour s’adresser ce soir aux français. Via Pujadas. Soit via pas grand chose. Ne croyez pas que ce soit un hasard. Avec Sarkozy, le hasard, ça n'existe pas ...
16:04 Écrit par Philippe Sage dans Devoir De Mémoire[s] | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : 12 juillet 1998, fier d'être français, champion du monde, zidane ce héros, black blanc beur, la mixite est une force, petits caïds immatures, le football comme réponse à la crise, jp chevènement, mg buffet, jean tibéri, france info, eldoradio |
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31 mai 2010
Hopper Tranquille [Eldoradio/Refais Le Monde]
Pour ceusses qui s'intéressent à l'histoire de la radio, je vous invite, à découvrir ce site, où quotidiennement, je chronique : Eldoradio.
L'inscription est gratuite [Ici].
Eldoradio c'est aussi une application, une page Facebook, un fil Twitter.
Voici la "chronique" de ce lundi 31 mai 2010 consacré à Dennis Hopper
Le titre pourra sembler facile, seulement voilà, il ne l'a jamais été, tranquille, Hopper. Je ne sais s'il aspirait à cela. Peut-être.
Pour moi, cet homme est - enfin : était - un survivant. Vivre soixante et quatorze années avec tout ce qu'il s'est infligé ... La question serait certainement : pourquoi ?
Je me dis qu'en regardant ses films, attentivement - je veux dire ceux (rares) qu'il a réalisés - et ses expositions (de peintures, de photographies) il n'est pas impossible de trouver un début de réponse. En tous les cas, on ne trouvera pas ce début dans ces titres-là, que j'ai pu lire dans nos quotidiens au lendemain de la mort de Dennis Hopper :
"L'enfant terrible" [Le Figaro"] L'icône de la contre-culture américaine" [Libération] "Le rebelle d'Hollywood" [Le Parisien] ..
Tant tout ceci est convenu, stéréotypé, quand ce n'est pas incroyablement (ou scandaleusement) fainéant.
Hopper est complexe. Voilà tout. La belle affaire, me direz-vous, car, qui ne l'est pas ? Oui, mais Hopper est un artiste. Un vrai. Mais d'un autre rivage ..
Car il n'est pas démocrate, comme Woody Allen et, au fond, tout Hollywood, mais républicain. Jusqu'à Obama .. Pour qui, il a voté.
Sûrement parce que John McCain, pour lui, c'était juste pas possible. Pas possible, car cet homme est un amoureux de l'Amérique. Vraiment. Et ça, nous, français, on ne peut pas comprendre.
Oui, Hopper, aime l'Amérique. Son pays. Et il ne l'épargne pas. Parce qu'il l'aime.
C'est marrant, je trouve, de voir tous ces intellectuels (ou pas) français (de gauche) vénérer Hopper, le républicain, l'homme de droite, pure, qu'a voté pour Bush père, et deux fois pour Bush fils.. C'est intéressant, non ?
Oui, ça rappelle (un peu) Clint Eastwood. Mais en France, ce genre de type, serait honni. Oh si ! .. Soyons honnête .. On adore Clint et Dennis, mais qu'il y ait un équivalent chez nous, et c'est non. En même temps, y a-t-il l'équivalent ?
Je ne crois pas ..
Or donc, Dennis Hopper est mort. Je ne vous ferais pas sa bio, non merci, d'autres l'on fait, puis-je, cependant, vous indiquer celle-ci.
Dennis Hopper est mort, et je suis triste, je l'aimais bien. Peut-être que ma gauche est étriquée, et sa droite tourmentée. Ma gauche est illusoire (ou morte) et sa droite terrible (mais si réelle). Peut-être qu'il aimait plus son pays que j'aime le mien.
Hopper, ce n'est pas la "contre-culture". Ni un "rebelle". C'est un homme qui est resté fidèle à son pays, à ses racines, et ce, quoi qu'il lui en coûte. Oui, un peu comme Clint. A la seule différence, que Clint Eastwood enfile les films (et ils sont beaux, pour la plupart) ce qui n'a pas été le cas de Hopper.
Dans cette interview en date du 11 avril 1981, réalisée par Antoine de Caunes pour l'émission "Chorus" (Antenne 2) Hopper vient présenter son troisième long-métrage. Seulement. Je dis seulement, car ses deux précédents ("Easy Rider" et "The Last Movie") remontent à 11 et 10 ans.
Hopper aura eu toujours du mal à réaliser des films. Il n'est pas comme Clint. Sa réputation est (trop) sulfureuse : drogue, alcool. Clint, lui, est clean.
Cela dit, si un jour, vous avez la chance de tomber sur "Colors" (1988), un conseil d'ami, ne ratez pas ça. C'est - à mon sens - bien plus fort que "Easy Rider". Déjà, dans "Colors" deux acteurs phénoménaux : Sean Penn (un Hopper de "gauche") et Robert Duvall (l'Hopper tranquille - mort aussi). Je crois, véritablement, que c'est LE film de Dennis Hopper.
Ce troisième long-métrage ("Out Of The Blue" référence à Neil Young ? - "La Garçonne" dans sa version française) est un film noir.
Une fille, perdue, avec un père alcoolique, une mère toxico, et comme de bien entendu, ça va mal finir.
Encore une fois, c'est une vision (une métaphore) de l'Amérique. Son côté obscur contre lequel, toute sa vie, aura lutté Hopper.
Pourquoi s'inflige-t-elle, ça, cette Amérique ?
Pourquoi Hopper l'aime-t-il tant ? (d'autant plus si "personne n'en réchappe" ..)
"Si la famille (américaine) s'effondre, le pays tombe avec elle" dit Hopper.
En France, une phrase pareille ferait presque horreur. On préfère Allen et ses mots d'esprit. C'est plus confortable. Hopper ne l'était pas. Confortable. Qu'il soit remercié de cela ..

Dennis Hopper "born to be wild" un 17 mai 1936 à Dodge City (Kansas) est mort samedi 29 mai 2010, chez lui, à Venice, en Californie. Il n'a jamais reçu le moindre Oscar, ni même un Golden Globes. Juste son "étoile" sur un boulevard d'Hollywood ...
00:55 Écrit par Philippe Sage dans Entracte | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dennis hopper, out of the blue, la garçonne, dennis hopper est mort, antoine de caunes, eldoradio, bruno labouré, archives radiophoniques, hopper le républicain, hopper le paradoxe |
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