21 juillet 2010
Rentrez Chez Vous …
Oh, j’ai fait un drôle de rêve cette nuit … Un homme est descendu du ciel et c’était pas le Père Noël. En même temps, c’est pas vraiment la saison … Non, le gars, il avait des bras immenses, une tête de chou, des pieds nickelés, bref, pour résumer l’affaire, il ressemblait à pas grand chose … Certains, des crétins, des fous ou des gredins, l’appelaient Dieu. Alors, nous nous sommes moqués d’eux, on leur a jeté des tas de pierres. Si on avait pu, ciboire, nous les aurions donnés à bouffer aux lions de Pennsylvanie … Tu sais-tu que la Pennsylvanie est infestée de lions, coco ? C’est dû au réchauffement climatique, qu’ils disent. Et faut voir ça, comme ils sont féroces, ces félins-là. Jamais rassasiées. Toujours en becquetance. Ah, ça fait plaisir à voir ! Ça leur donne un poil du tonnerre, soyeux, or, ravigotant. Braves bestioles, va ! ... Mon pauvre Claude, ma petite Allègre, t’es marron, ma caille ! Tu t’es planté dans toute ta largeur ! Mais c’est bien fait pour ta gueule ! C’est ton orgueil qui t’a perdu ! Retourne-z-y donc dégraisser le mammouth, chéri, avec ce qui nous pend au nez, tu vas les voir rappliquer et fissa ! Mais j’aime autant te prévenir, ils sont du genre hostile ces lascars. Ils s’en foutent comme de l’an 68 que tu soyes notable ou friqué, pauvre ou malfaisant. Font pas la différence, ils crognent et puis c’est tout ... Et c’est pas la peine de gémir, on l’a bien mérité, ah ça oui, et d’ailleurs, c’est ce qu’il a dit, le chum, celui qui ressemble à rien. Qu’est pas plus un Dieu que toi ou moi. Dieu n’existe pas, balourd ! Non mais, regarde-toi ! Ça y crève les yeux et le reste que t’es seul, qu’y a personne, que nous sommes des trous de cul, sans Jésus, ni Judas ... Infoutus de faire la révolution, incapables de dire non, handicapés du cassis, serviles, lâches, égoïstes ; des teignes, voilà ce qu’on est. Toujours à lorgner sur l’auge du voisin. Quand c’est pas pour lui chouraver ses acquis sociaux ... Putain d’humanité de merde ! ... Il disait quoi, l’autre, déjà ? … La lucidité se tient dans mon froc ? ... C’est-y ça ? ... Non mais Ferré, tu débloques ou quoi ? Tu naufrages ! T’es out, pépé ! La lucidité, le froc, c’est terminé, y’a plus ! Que les ténèbres et du savon à barbe ! ... Qui donc inventera le désespoir ? .. Mais même ça, le désespoir, ça nous fait pas calter ! On s’en arrange ! On le bichonnerait presque, le désespoir ! Pis, on l’expose, on le publie, on le chante ! ... Tu sais quoi, Léo ? On en est au point, rendu, où on vendrait nos propres mères, rien que pour vivre encore un peu ! ... Ouais ! ... Tellement on la courbe l’échine ! Dès le premier Poutine ! Quand c’est pas un Berlusconi, un Sarkozy, tous ces camelots de pacotille ! Mais devant lesquels, on se prosterne, baderne ! On suffrage universel ! ... Et crois-tu qu’après ça, on irait se le torcher, le cul ? Même pas ! On baffre ! ... Et l’espèce de machin qu’est descendu du ciel, qu'a pas une tronche de Père Noël, sais-tu c’qu’il a dit ? - Tiens-toi bien et juste ! - Il a dit :
16:05 Écrit par Philippe Sage dans Anticipation | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : la poursuite impitoyable, marlon brando, le sheriff calder, rentrez chez vous, un an de silence, le temps de la réflexion, la fin de tout, le chaos, le capitalisme est une saloperie, léo ferré est toujours mort, ecoute le vent, il est temps, avant qu'il ne soit trop tard |
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