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02 janvier 2012

Les Vœux De P’tit Vieux Du Candidat Hollande

Mais où est passé François Hollande ? Cet homme plutôt fringuant, pugnace, étonnant même, celui de 2010.
Il est vrai, qu’à l’époque, y’avait du coriace, de l’adversaire. Et de taille. Un rival nommé DSK.
Il avait hâte, on le sentait, le député de Corrèze, d’en découdre avec l’écrasant favori, le grand manitou du FMI. 
Et puis non ; le destin, le sort, que sais-je encore, l’en auront privé.
Depuis c’est une ombre. Qui fait peine à voir. Comme ici, dans ses vœux. De p’tit vieux.





Tout est souffrance dans cette vidéo. L’homme. Le décor. Les gestes. Tout est mécanique. Emprunté. Mollasse. C’est à se suicider... Et puis rien ; rien ne nous emporte, rien ne nous soulève. Ni ne nous transporte, tant c’est statique. Désincarné.

On a envie, la rage nous prenant, de le secouer, fort, cet immobile, de lui crier :
« Mais bouge ! Vis ! Fous-toi en rogne ! Gueule ! Sors de là ! Habite l’espace ! Et le temps... Si tout est crise, injustice, maltraitance, incohérence, alors tape du poing, saisis la caméra, bouffe-là, et entre donc, en nous, plutôt que de rester là, à réciter, ânonner, qu’on dirait un étudiant, déjà trop vieux, déjà refait. ».

L’espérance ça s’incarne. Ça s’habite. C’est un mouvement. Pas un plan fixe.

Et puis ce ton. Forcé. Hésitant… Mais bon sang, il a peur ? C’est elle qui le bouffe, ma parole ! Tétanisé, qu’il est cet homme-là. Vaincu d’avance… Où qu’il est le désir ? Où est la force ? Le caractère, le bien trempé ?...

Ah, ça manque de tout. De souffle. De hargne. De grandeur. Mais c’est quoi ce petit corps malade, à la renverse, ce Mitterrand du pauvre ? C’est quoi cet enfant, ce débutant débitant des platitudes, les yeux rivés sur un prompteur ? Sommes-nous un prompteur ?... Non, nous sommes le peuple, le souverain, et c’est nous, et nous seul, qu’il faut regarder, au fond des yeux, du cœur, des tripes. C’est nous qu’il faut bouleverser, convaincre, et transfigurer.

Il faut se salir, mecton, y aller, se mettre à nu ; à poil le candidat normal !... Mais non, regarde-le, dans ses frusques, mal dégauchi, c’est un récitant, c’est une dissertation, indigente, sans relief, sans couilles même. Il faudrait être fou, ou vraiment désespéré, pour suivre cet homme-là.

Oh, garçon, c’est la guerre ! Réveille-toi ! Tu dis que tu vois les doutes, que tu entends les colères, mais là, dans cette vidéo, ça ne se voit pas, ça ne s’entend pas. Si vraiment tu voyais, entendais, ça transpirerait, ça crèverait l’écran ! Mais non. Rien. C’est plat. Vide et fadasse. Au ralenti...

On dirait un pantin tenu par des fils. Un ventriloque. Un Tatayé. Ça fait peine. Ce p’tit vieux. Ces vœux formatés, en boîte. C’est du discount, du low-cost, de la bonne année à la petite semaine. Ça ne respire pas la santé. Celle de fer. C’est du poussif, à ce point, que c’en devient repoussant. Tant avec cet Hollande, 2012, ça sent la lose...

Et ça voudrait s’adresser à la jeunesse ? Mais elle va fuir, ta jeunesse, se tirer à perpète ou une balle dans la tête. Parce qu’à te voir, sans vie, sans rien, c’est tout ce qui lui reste. Si la cause, celle de la jeunesse t’intéresse, monte plutôt une assoce, une 1901 ; mais Président, oublie, c’est trop grand pour toi, tu vas crouler sous le poids, te noyer, et nous avec.

Oh, c’est pas que les autres y fassent mieux. Matez donc le Villepin, ça vaut son pesant. De grotesque. Voyez comme il est entouré de momies, respectant scrupuleusement parité, diversité et tout le bataclan ; si c’est pas de la mise en scène, tout aussi statique, j’veux bien être pendu. Mais c’est pas une raison. Pour faire pire encore.

La France en avant, rafraichissez-moi le cassis, c’était bien Hollande ? Eh ben regarde-là, ta France en avant, elle bouge pas. Elle fait du surplace sur un écran. Pas de vie. Pas de fougue. Pas de bras. T’es chocolat, avec ce type-là. Y’a rien. Que le néant.

Ça vous y cause de redressement, et c’est courbé. Plié. Etriqué.
Ça vous invite au changement, et c’est immobile. On a comme envie de foutre le camp. De casser ce foutu écran. Et l’homme qu'est dedans.

Ça, la gauche ? Mais c’est à crever !
A ce point, qu’on en regretterait presque Jospin, c’est dire la misère ! C’est dire le boulet.
Ah ! Mais il passera pas l’hiver, cet homme-là. Il va se faire rétamer. Rectifier. Si la vie le prend pas avant le fameux printemps ; si la fougue, la hargne, et même la colère ne l’empoignent pas ; il va rester là. Figé dans cette vidéo, triste et désolante.

Si rien ne vient l’habiter, le saisir, il va jaunir, déjà que. On dirait un p’tit vieux. Engoncé dans ses vœux. Une France à l’arrêt. Sur le côté. Qui pue le renfermé, la retraite.
Et la gauche morte.



Ajout du 4 janvier
:

Après la vidéo, la lettre.
D'où ce billet ravigotant :
Les 110 Jours Les Plus Longs Du Candidat Hollande

17 novembre 2011

Mitterrand avait raison : Vous êtes des « chiens » !

Ad-Nauseam.jpgSidération... Voilà le terme qui tourna en boucle dans les médias aux lendemains du 14 mai 2011. Quand bien même, à en croire certains, tout le monde savait, mais n’osait en piper mot.
Tout le monde n’étant pas le peuple, non, mais un petit milieu, un microcosme, de celui dont le clown, Coluche, qualifiait d’autorisés.

- Qu’est-ce que tu vas faire aujourd’hui ?
- Je sais pas, je vais peut-être m’autoriser un "truc".

En l’occurrence, ici, le "truc" c’était de se taire. Ne rien dire, ne rien laisser filtrer sur un homme, et pourquoi ? Parce que, voyez-vous, quand on "écrase" Nicolas Sarkozy dans les sondages, et que, de surcroît, la gauche, ou supposée telle, à chaque présidentielle, se prend des roustes, trois de suite dont une humiliation (cf : 21 avril 2002), on fait silence.

Peu importait l’homme, au fond, seule la victoire serait belle. D’autant quand c’est encore plus grand qu’une victoire, puisque, tout portait à croire, que c’est un triomphe qui se dessinait ! Et il faut bien ça, un triomphe, pour effacer dix-sept ans de disette.
Jouir de pouvoir enfin lui rabattre le caquet à cette droite sarkozyste (...)

Lire la suite.

20 octobre 2011

Rien(s) Sur François Hollande

Or donc, François Hollande. Désigné, par les « sympathisants de gauche », candidat du PS pour concourir, l’an prochain, à la présidentielle 2012. Dernier espoir (de victoire). Après trois échecs retentissants. Deux avec Lionel Jospin, largement battu en 1995, puis humilié en 2002, et le dernier avec la rocambolesque Ségolène Royal  en 2007 [1]. Dernier espoir, car c’est Hollande lui-même qui l’a déclaré : « En 2012, le candidat socialiste devra gagner ou bien le parti [Socialiste] risque vraiment cette fois de disparaître » [2].

Gagner-Ou-Disparaître.jpgCe choix-là, celui d’Hollande, n’est vraiment pas une bonne nouvelle pour l’UMP.
Plus encore pour le clan Sarkozy.
Un clan menacé par les « affaires ». Reliquats d’une guerre ancienne, fratricide, entre balladuriens et chiraquiens.
Une guerre qui, jamais, ne s’est vraiment éteinte.
Voilà qui nous promet du sanglant et bien des crocs-de-boucher.
Comme disait le balladurien Léotard, « ça va mal finir ». Mais passons…

Ce clan (car c’en est un) celui de Sarkozy, avait ses « préférés ». DSK, bien sûr.
Ah ! Il lui promettait la « lessiveuse ». S’en pourléchait d’avance. Tout était prêt. Et depuis lurette. Le DSK, il allait morfler. Copieux.
Et puis, boum patatras, voilà que le grand manitou du FMI chute.
Les théoriciens du complot y virent la main du pouvoir. En loucedé. Grotesque ! Un adversaire si faillible, on le garde précieusement, on n’y touche pas, pour mieux le dégommer en campagne présidentielle.
Oui, DSK, vraiment, était une aubaine pour Sarkozy. C’était le meilleur adversaire possible. Il n’y a que le PS qui ne s’en est pas rendu compte. Tellement sevré de victoires élyséennes, qu’il ne voyait pas la poutre.

DSK out, Sarkozy misa alors sur Aubry. Second choix, mais jouable.
D’abord, parce que c’est une femme, et que, là-haut, ils en sont convaincus, n’est pas venu le temps où les citoyens Français enverront une femme à l’Elysée. D’autant plus, celle-ci. Trop « sectaire », voire même « méchante » (François Hollande le pense aussi, soit-dit en passant). Et lestée de casseroles plus qu’identifiables, à commencer par le pacte avec DSK, éliminatoire selon eux. Mais aussi, « les 35 heures », et d’autres boulets, comme Guérini, le bourrage des urnes en novembre 2008, et j’en passe. 
Eh bien non, encore raté, la maire de Lille, bien qu’assurant représenter la « gauche forte », ne sera pas opposée à Sarkozy, l’an prochain.

C’est donc Hollande qui sera l’adversaire de Sarkozy en 2012 ; avec Marine Le Pen en embuscade. Et ce n’est pas une bonne nouvelle pour l’UMP, car ils n’ont rien sur Hollande. Pas un dossier qui fâche, pas une déclaration suspecte, même pas de réelles différences idéologiques, rien.
Oh ! Il y a bien eu cette « affaire Tristane Banon », où l’homme, alors premier secrétaire aurait été contacté par l’écrivaine. Seulement voilà, Banon vient de lâcher l’affaire. On remarquera – mais allez savoir ! Ça n’a peut-être rien à voir – que mademoiselle Banon, nouvelle égérie ( ?) de certaines féministes, abandonne le combat, une fois son livre sorti, et… la primaire terminée. Circulez, y’a plus rien à voir. Ni à entendre…

Or donc, rien, ils n’ont rien sur Hollande. Et ça les emmerde.
Par où le prendre ? Comment le mettre en « défaut » ? Ce centriste. Que Bayrou apprécie. Cet homme du consensus. De la synthèse. Ce pragmatique qui n’a jamais caché que, concernant les retraites, « il faudra forcément cotiser davantage ». Un type qui veut réduire « les déficits, la dette » et réformer notre système fiscal. Et dont quelques « lieutenants » se nomment Rebsamen, Sapin, Moscovici, voire Valls.  Aussi, Pascal Terrasse.
Et si j’ajoute qu’Hollande est un pur deloriste, voilà qui complique sérieusement la tâche du clan Sarkozy.

Quant à l’attaquer sur les chiffres, considérant les leurs (dette, déficit, faillite en ce qui concerne le commerce extérieur, chômage, etc.), quand bien même une crise « sans précédent » serait passée par là, c’est un (très) mauvais angle. Il ne marchera pas. Du reste, l’électeur, plus il est noyé sous les chiffres, plus il décroche. Et concentre son attention ailleurs. Le tempérament, par exemple… Ne soyons pas hypocrites, c’est bien souvent la personnalité du candidat qui fait la différence. Bien plus que le programme qu’il porte. On peut le déplorer, mais c’est ainsi. Une présidentielle, désormais, ce n’est rien d’autre qu’un casting story-tellé. Nous ne sommes plus très loin d’une émission de télé-réalité.

Ceci étant, Hollande a-t-il déjà gagné pour autant ? A en croire les premiers sondages d'après primaire, oui. C’est que, dites, il a beau dire, Sarkozy, que « neuf fois et demie sur dix », ils se trompent, ces sondages, on a rarement vu un tel score (virtuel) à moins de sept mois d’une présidentielle. Le dernier à l’avoir atteint, pour info, c’était DSK

Eh bien non, Hollande n’a pas encore gagné cette présidentielle.
Non pas qu’il puisse commettre une erreur fatale, tant l’homme est bien préparé, aguerri, affuté, et surtout, déterminé, mais son parti, le présumé socialiste, lui, pourrait bien le handicaper. Ce ne serait pas la première fois, nonobstant, que ce PS se ferait hara-kiri. Sciemment.

Et la principale raison, outre les inimitiés tenaces, c’est que, comme Jospin, le programme de François Hollande « n’est pas socialiste ». Mais contrairement à Jospin, lui, il ne le dira pas. Trop futé.
Oh bien sûr, il a signé le projet du PS. Qui n’est pas très socialiste, non plus, si vous vous penchez sur l’objet. Mais il l’est un tantinet plus que ce que veut faire Hollande. Une fois élu.
Car, qu’on ne s’y trompe pas, Hollande, encore une fois, n’est pas socialiste. C’est un technocrate. Brillant, ça oui, mais il a plus à voir avec le centrisme « raisonnable » (à la Bayrou) qu’avec les grandes idéologies de gauche.

Or donc, toute la question est de savoir jusqu’où le PS acceptera et le consensus, et la synthèse. Jusqu’où il peut aller dans le renoncement au socialisme. Aux valeurs de gauche. Quand bien même, il aurait déjà fait un sacré bout de chemin dans ce sens-là.
En d’autres termes, est-ce que la victoire, je veux dire, la conquête du seul bastion qui lui manque (l’Elysée, donc)  peut suffire à, et justifier une telle politique ?
Nous verrons bien. Nous le saurons même, assez vite.

Tout dépendra, aussi, de la situation internationale, et particulièrement de l’évolution de la zone euro. C’est sur ce point que tout, ou presque, va se jouer. Parce que, ce que cette primaire a, en partie, montré, c’est que la fracture, celle du 29 mai 2005, est encore vivante. Elle est toujours source de divisions au sein même du PS. Divisions idéologiques.

En conclusion, si effectivement, le choix de Hollande est une mauvaise nouvelle pour Sarkozy, car compatible avec le « système » (médiatique, économique), anguille de surcroît, habile, rassurant aussi, il reste un imprévisible : l’attitude d’une partie du PS.
Il n’est pas dit, pas plus écrit, que l’unité sera la règle. Du moins, qu’elle tiendra jusqu’au 22 avril prochain. Tant on connaît les lascars.

J’ajoute un autre imprévisible (quoique, si l’on en croit les sondages, il ne l’est pas tant que ça) : Marine Le Pen. Qui, pour le moment, observe, avec un brin de gourmandise, ce qui se dit, ce qui se décide. Et parie, et sur un effondrement de la zone euro, et sur la colère des peuples. Qu’elle compte bien agréger, porter.
Il me semble, à cet égard, que le véritable Adversaire de François Hollande n’est pas Nicolas Sarkozy, mais bien Marine Le Pen. Face à un tel Adversaire, pas sûr, là encore, que le consensus, la synthèse, le centrisme, soient LA réponse que les électeurs attendent.

Bref, les jeux sont loin d’être faits.


[1] La désignation, le 16 novembre 2006, de Ségolène Royal par les militants du PS, n’a été, en réalité, qu’une victoire pour les instituts de sondages. C’est eux qui ont fait le match : Sarkozy/Royal.
D’une certaine façon, ils ont verrouillé le scrutin, prenant ainsi une revanche sur leur échec, avéré, en 2002.
Ceci étant, l’appareil du PS, encore traumatisé par ledit 21 avril 2002, aura très mal appréhendé cette primaire 2006. Et, au bout du compte, la victoire de Royal, c’est aussi l’échec du PS.
On remarquera que, par la suite, cet appareil aura fait payer, et très cher, à Ségolène Royal, ses propres manquements, son absence de ligne claire (éclatante concernant le référendum à propos d’une Constitution Européenne), ses divisions.
Voilà pourquoi je dis que le choix de Royal, pour 2007, était rocambolesque. Et, bien entendu, voué à l’échec. Nonobstant, quel que soit le candidat PS choisi, il n’avait aucune chance face à Sarkozy. Le PS n’étant pas prêt pour cette échéance. Du fait même de ses divisions affichées à propos du 29 mai 2005.

[2] Propos tenus par François Hollande, le mardi 21 juillet 2011, lors d’un entretien accordé au quotidien italien Il Corriere della Sera.

 

06 octobre 2011

Ce Qui Plombe Le Parti Socialiste

Passons sur la forme, debout derrière un pupitre, par le temps de parole limité, deux éléments qui concoururent à faire de ces débats quelque chose de passablement guindé. Six candidats dans un carcan. Avec pour s’en échapper, le recours au tutoiement, aux prénoms (« Je suis d’accord avec Martine », « Est-ce que François peut nous expliquer… », « Pas de coups tordus, Arnaud »…).
La forme importe peu. C’est le fond qui compte. Ce qui s’est dit. Et ce que l’on en tire. Un aveu collectif. Celui d’impuissance. Bref : plombant.

Les-Bras-Croisés.gifCe qui plombe le Parti socialiste, ce n’est pas DSK. Mais ceux qui l’ont soutenu. Avant de comprendre, un peu tard, qu’ils étaient dans l’erreur, le déni. Mais, jamais, ils ne feront amende honorable, reconnaîtront qu’ils eurent tort. Tant ils sont pétris de certitudes, d’arrogance, voire de mépris. Pour eux, toujours, « Les jeux sont faits ». Ce ne sont pas des socialistes, mais des croupiers.

Ce qui plombe le Parti socialiste, ce sont ses girouettes, ses opportunistes. Fabius, par exemple. Héraut du « non » au Traité pour une Constitution Européenne, avant, le misérable, de tourner casaque. J’appelle cela : « Trahir la confiance du peuple souverain (de gauche) ».
Plus encore, Jack Lang. Toujours prompt à se ranger dans le camp du vainqueur potentiel. Avant-hier, Royal, hier Aubry, aujourd’hui Hollande. Lang c’est le Séguélisme. L’anti-gauche. Le bobo dans toute son horreur. Langue de bois. Toujours là. Qu’on se demande comment c’est possible. Tant il est grotesque et creux. Petite sangsue. Sans envergure. Faussaire. Et fossoyeur. Une honte totale, insupportable.

Ce qui plombe le Parti socialiste, c’est son renoncement. Aux valeurs de la gauche. C’est sa conversion au libéralisme.
Bertrand Delanoë, ce commercial, aura – et comme on l’en remercie ! – eu l’impudeur de l’affirmer, clairement : « Oui, je suis libéral ET socialiste ». Ce qui ne peut être possible. C’est l’un ou l’autre.
En vérité, cet « outing » renvoyait à icelle jospinerie : « Mon programme n’est pas socialiste ».
En bon protestant, rigoureux, austère, sincère, Jospin convenait, entre les lignes, à mots couverts, que son programme était libéral. Donc, non-socialiste.
Delanoë, sous prétexte d’audace, aura voulu réconcilier l’inconciliable. Ce n’était pas de l’audace, mais un abandon. Et les classes populaires, moyennes, ont bien entendu le message. Elles ne reviendront pas. Terra Nova a gagné le combat. En loucedé. Travail de sape.
C’est aux cadres, désormais, que ce parti s’adresse. Aux notables, et autres petits bourgeois.

S’il était honnête, ce parti changerait son nom.
Il n’a plus rien de socialiste.

Ce qui plombe le Parti socialiste, c’est une date : le 21 avril 2002. C’est ici, qu’il s’est figé. A tout jamais.
Cette date est primordiale. Elle a tout changé. C’est à partir de là, que tout finit. C’est ici, que commence le renoncement. Que le droit d’inventer succombe au droit d’inventaire. Paradoxalement. Car, on eut pu espérer le contraire. Que justement le 21 avril 2002 réveillât le cadavre. Momifié dans son mitterrandisme. Qu’il retrouvât, alors, ce qu’il avait égaré : sa gauche. Ce souffle formidable, d’espoir, d’imagination.
Mais non. Tétanisé, il n’aura pas compris ce que signifiaient les victoires locales, s’enchaînant, régionales, municipales, européennes. Plus encore le « Non » du 29 mai 2005. Autre date. Autre échec. Dernier sursaut. Balayé par une présidentielle dictée par les seuls sondages. Et la trouille.

Terminées les convictions, les idéologies.

Ce qui plombe le Parti socialiste, c’est la peur de revivre le 21 avril 2002. Ça l’obsède.
Il ne sait pas comment s’en défaire. Il n’a toujours pas compris pourquoi les classes moyennes et populaires l’ont déserté. Alors que la réponse est évidente. Elle crève les yeux. Les urnes, aussi.
Hollande est le représentant de cette obsession, de cette peur. Voilà qui mériterait une analyse. Psychiatrique. Tant il est complexe et paradoxal, le soi-disant « candidat normal ».
La norme pour conjurer le sort, mais quelle est-elle ? Qu’est-ce qui fait norme ? Qu’est-ce que le normal au pays du Front national ? Entre 18 et 20% dans les intentions de vote, du jamais vu, mais qui fait sens : cela dit combien le peuple souffre (de l’absence de gauche).

La réponse n’est pas une conversion au libéralisme, au centrisme, mais à la radicalité.

Ce qui plombe le Parti socialiste c’est l’absence de radicalité. La crise, pourtant, aurait dû le conduire à se radicaliser, justement.
A la colère, pas à l’indignation. Aux idées révolutionnaires, pas à la mollesse.
Mais non, ils, les candidats, ont opté pour la compétence, la crédibilité. Le PS s’est Obama-isé. C’est la droite sociale. Ni plus, ni moins.

Quant à Montebourg, comme hier Hamon, c’est l’alibi. Mais rien en lui, ne transpire la gauche. C’est un jeu. De dupes. Hier soutien de Royal, aujourd’hui démondialiste. C’est (que) de l’image. Montebourg n’a rien de Bové, moins encore de Mélenchon. C’est du côté de Valls qu’il faut plutôt chercher. La « gauche moderne ». Celle de la TVA sociale. Des quotas d’immigration. Une gauche de droite. Et ça n’est point caricature. C’est une réalité. Car c’est la logique même, la poursuite de la conversion au libéralisme du PS. Avec Hollande en synthétiseur. Comme toujours.
 
Et tant pis si Ségolène Royal, lasse, usée, désolée, finit par lâcher cette vérité, la seule entendue lors des trois débats : « Alors nous ne sommes plus socialistes ».
C’est fini. Elle le sait. Et d’ailleurs, elle soutiendra le vainqueur. Les jeux sont faits. Comme dit le croupier.

Pour tout cela, entre autres, ces débats auront été utiles. Ils auront permis une clarification. Une mise au point. Même Fillon salue la performance. C’est dire …

Nous savons, désormais, qu’il n’y a plus de gauche dans ce parti. Il (y) a renoncé.
Il aura refusé, toujours, encore, de prendre la mesure du 21 avril 2002. D’entendre les souffrances, le désarroi. La solitude.
Même la crise n’aura rien changé. C’en est terrifiant.

On aurait pu espérer une rébellion, un combat à mener contre le système régit par le marché et la finance, un combat pour la liberté, mais non ; enfermés dans leur carcan, nos six représentants à grands coups de mots-clés, d’éléments de langage, de formules, statiques, sans colère aucune, sans souffle, sans révolte, auront enterré, publiquement, Jaurès, Blum et même, Mendès-France.
En se tutoyant.

Alors je conçois que beaucoup aient hâte de voir Sarkozy partir. J’entends même que c’est une question de fierté à retrouver. Ce 21 avril 2002 qu’il faut effacer. Aussi.

Mais qu’est-ce que ça veut dire de gagner quand rien n’est grand, beau et fort ?

Qu’est-ce que ça veut dire de gagner pour gagner ? Qu’est-ce que ça va nous apporter ? Si c’est pour vivre dans le même système, les mêmes règles, si rien n’est remis en question. Si Lang est toujours là. Et Fabius. Et tous les autres.

Qu’est-ce que ça va changer au quotidien de ceux qu'en bavent, qu’on humilie chaque jour, à ceux qui espèrent, demain, avoir leur petit coin, rien qu’à eux, enfin se poser, après tant d'années de travail, de servitude ?

Qu’est-ce que ça va changer de porter au pouvoir des hommes et des femmes qui s’accommodent, peu ou prou, d’un monde où le profit, la compétition, le chiffre, passent avant toute chose, avant la vie, avant nous ?

Qu’est-ce que ça va nous apporter, à nous, les laborieux, qu’on écoute pas, des ajustements à la marge ? Sommes-nous donc que cela : une variable ? Qu’on corrige. Qu’on trimballe. Et nous devrions nous en satisfaire ? En être heureux ?

Mais non. Non, il ne faut pas. Il faut résister. Se révolter. Pousser au cul. Il faut les secouer, ces gens-là, ces notables, ces raisonnables. Si tant est que ce soit encore possible. Ou juste envisageable.

Mais quand on regarde le peuple, les bras croisés, ainsi qu’on le voit, sur l’image illustrant cet article, image strauss-kahnienne, à certains égards, avec le terme de "gauche" comme argument de vente, mensonger, que peut-on espérer, tant cette image (qui se voudrait rappel d’une force tranquille, mais qui n’est celle, en vérité, que d’une faiblesse assumée) semble nous dire : « Les jeux sont faits ». Or donc : rien ne va plus.

De ce jeu, de dupes, nous sommes les billes. Les roulés. Les refaits.
Les éternels plombés.

31 mai 2011

A Ce Jour, Le PS Ne Mérite Pas D’Etre Au Second Tour

On peut espérer, comme Pierre Marcelle (dernier des Mohicans au quotidien Libération) que « tout ça [soit] plutôt bon pour la (vraie) gauche ? ». Comprendre par « tout ça », la « chute de DSK ». Sauf que, la réalité est autre. Elle est impitoyable. Dévastatrice. Désespérante. Tant DSK était ô combien utile ; un arbre immense destiné à cacher une bien triste forêt.

En-Colère.jpgOui, il était bien pratique ce DSK. Le candidat idéal. Au CV impeccable. C’était LE professeur. Celui-là même qui faisait la leçon à Sarkozy en mars 2002… Qu’allait le ventiler façon puzzle en mai 2012.

DSK ! L’homme qui plaisait à la droite, au centre, un peu (moins) à gauche, aux banquiers, au MEDEF, aux économistes, enfin, à tous ceux qui veulent préserver, bec et ongle, le « système ». Soit, les mêmes qui, en 2005, et chaque jour que les descendants de Miss Thatcher faisaient, enclumaient sur tous les médias que nous devions voter « Oui » au Traité pour une Constitution Européenne.

DSK ! Un représentant de la sociale-démocratie finissante, mais, également, le « tout-puissant » Directeur Général du FMI, l’homme qui, à en croire les ceusses précités, aurait « sauvé la zone euro ». Un gestionnaire hors-pair. Or donc, une destinée toute tracée. Après tout, François Mitterrand n’a-t-il pas dit :
« Après moi, il n’y aura plus que des comptables ! ».
Comptable du « système », gestionnaire de la « crise », elle est pas belle, la vie ?

Avec un tel homme, le PS, n’avait pas besoin d’un programme ou d’un projet.
C’était lui, DSK, le programme, le projet.
C’est aussi cela que sa « chute » révèle.
Sans lui, le PS est comme mis à nu, pris en flagrant délit de vacuité.

La rénovation ? Ils l’ont zappée ! Pourquoi vouliez-vous qu’ils se rénovent « en profondeur » étant donné qu’ils avaient – dès 2007 – trouvé leur vainqueur potentiel ? L’homme, le providentiel, qu’allait les laver, enfin, et définitivement, de l’affront, celui du 21 avril 2002. Car, ce ne sont pas quelques victoriettes aux régionales, aux cantonales et autres municipales qui pouvaient effacer un tant soit peu cette humiliation, oh non ! Tant on ne soustrait pas des navets à des carottes.

Non mais regardez-les, à présent, ces zozocialistes, comme ils rament ! Leur baobab est tombé, salement, et voilà que nous la voyons, la forêt ; un terrain vague, en vérité.
Un désert d’avenir.
De fait, et d’une certaine façon, il a raison Pierre Marcelle, oui, ce « tout ça » est « plutôt » une bonne chose. Au moins, nous voici affranchis, au parfum. Sans DSK, plus rien ne tient. Ça sent la rustine, ça pue la paresse. Aucune pensée, ni idées nouvelles. Aucun socialisme. Pas la moindre réponse à la crise actuelle. Pas de souffle, pas de beauté, pas de vie.

Pourtant, ici et là, et pas n’importe où, ça se révolte, ça s’indigne, ça bouge, y’aurait de quoi en tirer des leçons, s’exalter, quitte même à surfer sur. Tirer son épingle. Se laisser porter par…
Pensez-vous !
C’est comme si le monde n’existait pas, passée (la rue de) Solferino… Peu leur chaut, Fukushima, les printemps arabes, les grecs encolérés et tutti.
Quant à la mondialisation, alors là, c’est le néant. Et qui s’en empare ? Mélenchon, Dupont-Aignan et… Marine Le Pen, même que c’est à cette dernière que ça rapporte, nous dit-on ; sur la mondialisation, elle capitalise, la souris ! Et après, ça viendrait chouiner, lansquiner, ah mon dieu, mais courons-nous vers un autre 21-avril ?
Mais dans le cas où cela se produira, qui en sera responsable ?
Qui n’aura pas entendu les souffrances du peuple ?
Qui n’en aura pas tiré les leçons ? Où sont les réponses, les idées, le projet ?
Où est l’alternative ?


A ce jour, le PS ne nous propose rien. Sinon : gagner en 2012. La belle affaire ! Mais gagner pour faire quoi ? Pour aller où ?
Pour continuer ainsi, bon an, mal an, sans aucune remise en question du « système », avec de pauvres ajustements à la marge, un peu plus de policiers par ici, de magistrats par là, quelques emplois (précaires) pour les jeunes, une égalité salariale homme/femme qu’on nous promet depuis lustres sans jamais s’y coller, une réforme fiscale faite de bric et de broc, et ainsi de suite… C’est-y pas, un tantinet de trop, nous prendre pour des beribonos de compétition ?

Quant à la cohérence, alors là, vous repasserez. Quand je vois Fabius et ses amis préparer le prochain quinquennat « socialiste », autrement dit les mêmes qui, en 2005, défendaient le « Non » au Traité pour une Constitution Européenne, ça vaut une peignée. Une belle déculottée en 2012.
On ne peut pas, ainsi, et impunément, retourner sa veste, suivant les échéances.
On ne peut pas, ainsi, se moquer constamment du monde, et du peuple de gauche, en particulier.

Or donc, à ce jour, le PS ne mérite pas d’être au second tour. A quoi et à qui cela servirait ?
Le PS n’a pas travaillé, il n’a pas pensé, il ne s’est pas rénové. Il s’est laissé vivre. C’est une coquille vide, un bateau clairement libéral sans envergure, un cimetière.
Pour quelles raisons objectives les ouvriers, les classes moyennes, les précaires, les chômeurs, les exclus de toute nature, donneraient leurs suffrages au futur candidat du PS en 2012 ?... Pour éviter cinq ans de plus avec Sarkozy ?... C’est assez maigre comme raison. C’est même très insuffisant. Le peuple réclame plus. L’exigence. 
Et ce n’est pas dix mois qu’il reste, quand on sait ce que c’est qu’une campagne présidentielle. C’est à peine six. Six mois pour proposer un véritable projet de société tenant compte des souffrances, des sacrifices. Six mois pour tirer les leçons de la « crise », des « révolutions », des « indignations ».
Six petits mois pour que « la chute de DSK » s’avère « plutôt une bonne chose pour la (vraie) gauche ».


10 mai 2011

« C'est curieux, chez les socialos, ce besoin de faire des commémos »

Les-Mitterrand-Flingueurs.jpg


François H. - Tonton, ç'a été un stratège, du genre cador. Moi j'suis objectif, on parlera encore de lui dans cent ans. Seulement faut bien reconnaître qu'il avait décliné, surtout vers la fin.

Martine A.
- C'est vrai qu'sur la fin, il disait un peu n'importe quoi. Il avait comme des vaps, des caprices à l'ortolan.

Ségolène R. - Enfin, toi qui y a causé en dernier, t'as sûrement remarqué ?

Jack L. - Remarqué quoi ?

Arnaud M. - T'as quand même pas pris au sérieux cette histoire de socialisme ?

Jack L. - Pourquoi ? Fallait pas ?... Ben, j'ai eu tort.

Manuel V. - Ah, ah... Et voilà.

Dominique S-K. - Voyez les poteaux, c'était pas la peine de s'énerver, monsieur convient.

03 décembre 2010

Novembre Polaire En 140 Caractères

Twitter Novembre 2010.jpgPolaire, oui .. Ça va karachier ! Qu’ils disent. Avec des révélations qu’ont pas fini d’y faire froid dans le dos (de certains) …
… Nonobstant, on se pèle le jonc, rendez-vous compte : il neige en novembre ! Et ça fait la Une des journaux. Comme l’an dernier, peu ou prou.

Or donc, ça caille sa race. On gèle les embauches, les salaires, le prolétaire. V’là l’euro frigorifié. On freeze le ridicule.
Les banquiers, les argentiers ?

Du tout.

Eux sont bien au chaud, paradis fiscaux nickel, agios surnuméraires, bénéfices solaires.
Les jobards, c’est nous autres. Les dindons de la farce tranquille. Que l’on amuse, car il faut bien nous distraire. Avec quoi donc ? … Des Primaires ! … Et un épouvantail que Le Figaro nous refourgue à grands coups de sondages : DSK.
Et ça marche du tonnerre !
V’là qu’ils n’en pincent plus que pour le fonctionnaire le mieux payé de Washington … C’est cocasse, d’un sens. D’un autre, c’est assez pitoyable. Car DSK, Sarkozy, c’est du kif. Les deux font la paire. Sans doute, l’un des deux est moins vulgaire … Et alors ? La belle affaire. Belle oui, pour le Grand Capital. Et pis c’est tout, c’est marre et point barre.

Et dans ce froid, ce polaire, un remaniement qui pue le réchauffé.
Au subjonctif de l’imparfait.

Quant aux journalistes, ils plaisantent, s’esclaffent et pouffent, valets-carpette comme jamais, aux plaisantruismes du Dolce Viteur. C’est à se demander ce qu’ils ont dans le cassis ces espionnés ou autres cambriolés, car, d’exposer ainsi leur connivence, laisse pour le moins songeur.
Les v’là même, c’est assez gonflé, qui relaient Wikileaks et ses pseudo-révélations qui n’en sont guère, car, entre nous, qu’en avons-nous à battre de ce que pense tel ambassadeur de tel pays sur tel dirigeant ? Rien. D’autant que nous le savions tellement ça se voit à l’œil nu, même ça le crève. Y’a de bons photographes pour ça, non ? traduire en pixels les pensées nauséabondes des puissants et autres sous-fifres.

Quoi qu’il en soit, voici la fournée de novembre, ah c’qu’on s’amuse sur Twitter ! mais itou, et ça c’est plus étonnant, chez Giesbert, mais oui, via un « fils de » qu’a bien du talent, plume desprogienne, réjouissant, mais, temps polaire oblige, pour combien de temps ?

Le PS Pour Les Nuls.jpg
Préservatif BXVI.jpg
Blague pourrie.jpg

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02 septembre 2008

Moscoveni, Moscovedi, Moscopasvici

Ah !
Pierre Moscovici !

Et Un De Moins !

Tu sais à qui tu me fais penser, Pierre ?

A Lionel Jospin !

[Je sais, Pierre, c'est terrible ..]

Ce bon vieux Lionel qui, du bout du bout de ses lèvres, se demandait s'il n'avait pas fait preuve de "naïveté" lors de sa campagne présidentielle de 2002 en n'allant pas chatouiller son Chirac de renard sur le thème de la "sécurité".

Et c'est bien cela, la naïveté, qui a emporté les dernières chances de Pierre Moscovici, celles d'accéder, en novembre prochain, au poste de premier secrétaire du Parti présumé Socialiste.

Tant il faut être bien naïf, ou pire encore, pour n'avoir rien vu venir.

Non mais que croyais-tu, Pierre ?

Que les Fabius, les amis de DSK ou cette belle girouette de Montebourg (le Jack Lang du 21ème siècle) allaient fidèlement te soutenir, amicalement te porter, fraternellement te sacrer, comme ils te l'avaient promis ?
C'était bien mal les connaître !

M'enfin, ne te souviens-tu pas des énormes peaux de banane qu'ils parsemèrent sur le chemin présidentiel - des primaires jusqu'au premier tour - de Marie-Ségolène ?

Car ce n'était point le camp adverse qui sortait quelques vidéos ou quelques déclarations d'antan décrédibilisant la dame de Melle, mais bien tes propres camarades, en premier lieu les Fabiusiens et les Strauss-Kahniens !
Ils ne sont pas comme toi, désintéressés, ces gens-là.
Ce sont des "combinards" de catégorie une, des "tambouilleurs" d'élite, des "ourdisseurs" de première !

Ils t'ont laissé croire, pauvre poire, à leur soutien pour mieux t'endormir, pour mieux te trahir.
Ils t'ont laissé occuper l'espace médiatique durant ces derniers mois, se disant que, enfin exposé, dans la lumière, tu t'emballerais, jusqu'à en devenir quasiment aveugle, jusqu'à ne pas voir l'impensable :
Une alliance de tes "nouveaux amis" avec la Dame de Lille.
La Martine.
L'Aubry.
Ce que tu constatas, amer et claqué, le week-end dernier, aux Universités d'été de La Rochelle !


La Chèvre De Fabius & DSK

Pourquoi elle, tu te demandes ?

Parce que, quoi qu'elle fasse, quoi qu'elle dise, elle ne sera jamais "présidentiable".
Donc pour "eux", en aucun cas un obstacle.

Oh, bien sûr, elle espère l'inverse, elle s'imagine un destin royal, un avenir qui vaudrait de l'or.
Mais son manque de charisme, le poids de ses 35 heures et l'antipathie qu'elle suscite, ne la mettront jamais en position de vainqueur potentiel.
Mais bon, si elle pense qu'elle a ses chances, se sont-ils dit, autant le lui laisser croire en lui filant un os à ronger :

Le poste tant envié de premier secrétaire.

Avant de la renvoyer dans sa niche quand s'engagera la fratricide bataille qui, fin 2011, opposera François Hollande, DSK, Laurent Fabius, Bertrand Delanoë, et, peut-être, mais ça m'étonnerait fort, Marie-Ségolène Royal.
Ça m'étonnerait, oui, car je te fais le pari qu'elle perdra la présidence de la région Poitou-Charentes aux Régionales de 2010, et cette défaite scellera définitivement ses ambitions présidentielles.

Choisir Martine Aubry, c'était à vrai dire, géostratégiquement, leur seule option, bien qu'un choix par défaut.

Passons sur le cas Marie-Ségolène, ils la détestent.
Et pis d'abord, ils pensent, et à raison, qu'elle n'a aucune chance de décrocher le poste de premier secrétaire.
Ils se réjouissent déjà de sa mort politique.
Alors à quoi bon s'en soucier.

Restait Bertrand Delanoë.
Comment l'empêcher au vu de sa côte de popularité d'emporter le morceau ?
Eh bien, c'est simple !
Ils t'ont dit que les militants ne referaient pas deux fois la même connerie, sacrer un homme sur sa côte de popularité, comme ils le firent en novembre 2007 en portant leurs suffrages sur Marie-Ségolène, par les sondages convaincus de ses réelles chances de battre Nicolas Sarkozy dans la course à l'Elysée.
Qu'il valait mieux, dans l'intérêt du Parti ne point sacrer un champion des sondages (en réalité un "présidentiable" redoutable pour "eux") mais un homme raisonnable - toi, en l'occurrence - désintéressé, juste soucieux de remettre un peu d'ordre dans la "famille", d'être un arbitre, mais un arbitre n'ayant pas oublié l'année venue (2012) qui l'a aidé (Fabius, DSK) à conquérir le leadership du Parti.

Et tu les as crus ?

Tu es effrayant de naïveté, Pierre ..

Et ils l'ont TRES bien saisi.

A tel point qu'ils continuent en t'envoyant Montebourg pour - c'est son job - arrondir les angles, comme par exemple, j'en mettrais mes deux mains à couper, te proposer une place pour le moins enviable au sein du prochain bureau politique dont Martine Aubry sera la Thatcher en chef.

Et, comme de bien entendu, grand naïf que tu es, tu ne sauras refuser.

Bonne nuit, Pierre ...

... Et, Adieu, les socialistes !

 
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