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02 janvier 2012

Les Vœux De P’tit Vieux Du Candidat Hollande

Mais où est passé François Hollande ? Cet homme plutôt fringuant, pugnace, étonnant même, celui de 2010.
Il est vrai, qu’à l’époque, y’avait du coriace, de l’adversaire. Et de taille. Un rival nommé DSK.
Il avait hâte, on le sentait, le député de Corrèze, d’en découdre avec l’écrasant favori, le grand manitou du FMI. 
Et puis non ; le destin, le sort, que sais-je encore, l’en auront privé.
Depuis c’est une ombre. Qui fait peine à voir. Comme ici, dans ses vœux. De p’tit vieux.





Tout est souffrance dans cette vidéo. L’homme. Le décor. Les gestes. Tout est mécanique. Emprunté. Mollasse. C’est à se suicider... Et puis rien ; rien ne nous emporte, rien ne nous soulève. Ni ne nous transporte, tant c’est statique. Désincarné.

On a envie, la rage nous prenant, de le secouer, fort, cet immobile, de lui crier :
« Mais bouge ! Vis ! Fous-toi en rogne ! Gueule ! Sors de là ! Habite l’espace ! Et le temps... Si tout est crise, injustice, maltraitance, incohérence, alors tape du poing, saisis la caméra, bouffe-là, et entre donc, en nous, plutôt que de rester là, à réciter, ânonner, qu’on dirait un étudiant, déjà trop vieux, déjà refait. ».

L’espérance ça s’incarne. Ça s’habite. C’est un mouvement. Pas un plan fixe.

Et puis ce ton. Forcé. Hésitant… Mais bon sang, il a peur ? C’est elle qui le bouffe, ma parole ! Tétanisé, qu’il est cet homme-là. Vaincu d’avance… Où qu’il est le désir ? Où est la force ? Le caractère, le bien trempé ?...

Ah, ça manque de tout. De souffle. De hargne. De grandeur. Mais c’est quoi ce petit corps malade, à la renverse, ce Mitterrand du pauvre ? C’est quoi cet enfant, ce débutant débitant des platitudes, les yeux rivés sur un prompteur ? Sommes-nous un prompteur ?... Non, nous sommes le peuple, le souverain, et c’est nous, et nous seul, qu’il faut regarder, au fond des yeux, du cœur, des tripes. C’est nous qu’il faut bouleverser, convaincre, et transfigurer.

Il faut se salir, mecton, y aller, se mettre à nu ; à poil le candidat normal !... Mais non, regarde-le, dans ses frusques, mal dégauchi, c’est un récitant, c’est une dissertation, indigente, sans relief, sans couilles même. Il faudrait être fou, ou vraiment désespéré, pour suivre cet homme-là.

Oh, garçon, c’est la guerre ! Réveille-toi ! Tu dis que tu vois les doutes, que tu entends les colères, mais là, dans cette vidéo, ça ne se voit pas, ça ne s’entend pas. Si vraiment tu voyais, entendais, ça transpirerait, ça crèverait l’écran ! Mais non. Rien. C’est plat. Vide et fadasse. Au ralenti...

On dirait un pantin tenu par des fils. Un ventriloque. Un Tatayé. Ça fait peine. Ce p’tit vieux. Ces vœux formatés, en boîte. C’est du discount, du low-cost, de la bonne année à la petite semaine. Ça ne respire pas la santé. Celle de fer. C’est du poussif, à ce point, que c’en devient repoussant. Tant avec cet Hollande, 2012, ça sent la lose...

Et ça voudrait s’adresser à la jeunesse ? Mais elle va fuir, ta jeunesse, se tirer à perpète ou une balle dans la tête. Parce qu’à te voir, sans vie, sans rien, c’est tout ce qui lui reste. Si la cause, celle de la jeunesse t’intéresse, monte plutôt une assoce, une 1901 ; mais Président, oublie, c’est trop grand pour toi, tu vas crouler sous le poids, te noyer, et nous avec.

Oh, c’est pas que les autres y fassent mieux. Matez donc le Villepin, ça vaut son pesant. De grotesque. Voyez comme il est entouré de momies, respectant scrupuleusement parité, diversité et tout le bataclan ; si c’est pas de la mise en scène, tout aussi statique, j’veux bien être pendu. Mais c’est pas une raison. Pour faire pire encore.

La France en avant, rafraichissez-moi le cassis, c’était bien Hollande ? Eh ben regarde-là, ta France en avant, elle bouge pas. Elle fait du surplace sur un écran. Pas de vie. Pas de fougue. Pas de bras. T’es chocolat, avec ce type-là. Y’a rien. Que le néant.

Ça vous y cause de redressement, et c’est courbé. Plié. Etriqué.
Ça vous invite au changement, et c’est immobile. On a comme envie de foutre le camp. De casser ce foutu écran. Et l’homme qu'est dedans.

Ça, la gauche ? Mais c’est à crever !
A ce point, qu’on en regretterait presque Jospin, c’est dire la misère ! C’est dire le boulet.
Ah ! Mais il passera pas l’hiver, cet homme-là. Il va se faire rétamer. Rectifier. Si la vie le prend pas avant le fameux printemps ; si la fougue, la hargne, et même la colère ne l’empoignent pas ; il va rester là. Figé dans cette vidéo, triste et désolante.

Si rien ne vient l’habiter, le saisir, il va jaunir, déjà que. On dirait un p’tit vieux. Engoncé dans ses vœux. Une France à l’arrêt. Sur le côté. Qui pue le renfermé, la retraite.
Et la gauche morte.



Ajout du 4 janvier
:

Après la vidéo, la lettre.
D'où ce billet ravigotant :
Les 110 Jours Les Plus Longs Du Candidat Hollande

17 décembre 2011

Vidéo-Cadeau De Noël : Mais Qui, En 2012, Sera Le 3ème Homme ?

A chaque présidentielle, on nous parle d'un troisième homme.
Pourquoi ?
On n'en sait rien.
Quoi qu'il en soit, gagnons du temps, en tentant de trouver celui de 2012.
Histoire de passer Noël tranquille ...
... Ou pas.





 

13 décembre 2011

« La Vérité ? C’est Dégueulasse ! »

Plus-Rien.jpgEcoutez-les, ces crabes d’anesthésistes, tous, ils nous promettent tous, la Vérité.
Ils se nomment Sarkozy, Hollande, Bayrou, Villepin.
La Vérité, c’est leur crédo soudain, le mot-clé, un sésame.
J’t’en foutrais, moi, des lignes et des lignes, à faire, et refaire, de Vérité.

Et puis d’abord, quelle Vérité ?

T’as vérifié la date, celle de péremption, citoyen-candidat ?
Tu devrais, et fissa, tant ta Vérité, elle sent.
Elle est à dégueuler, TA Vérité.
A nous donner l'idée de retourner vers les oiseaux.
Fussent-ils de malheur.

Le développement est à lire : ICI


« Il paraît que la Vérité est aux toilettes/Et qu'elle n'a pas tiré la chasse ?/La Vérité, c'est dégueulasse ! » [Léo FerréNight And Day – LP : Il N’y A Plus Rien - 1972]


podcast

01 décembre 2011

Cinq Erreurs Se Sont Glissées Dans Cette Mauvaise Photo. Sauras-Tu Les Retrouver, Oh-là-là, Oh-là-là ?

TNS-Sofres-novembre-2011.jpg

La réponse est : ICI

14 avril 2011

Dominique de Villepin, Héritier de Thomas Paine

Thomas Paine ! Ah que voilà un homme à la destinée incroyable. Considéré comme l’un des pères fondateurs des Etats-Unis d’Amérique. Proclamé citoyen français en août 1792, puis, dans la foulée, élu député du Pas-de-Calais.
Auteur des Droits de l’Homme, attaché viscéralement aux valeurs de la République, il considérait que « sans revenu » il n’y avait « point de citoyen ».
« Sans un minimum de ressources », déclarait-il, en 1792, à l’Assemblée nationale « le nouveau citoyen ne peut vivre pleinement les principes républicains de liberté, d'égalité et de fraternité ».

Thomas-Payne.jpgEt, c’est bien cette idée, révolutionnaire, que Dominique de Villepin reprend aujourd’hui en proposant ce qu’il nomme « un revenu citoyen. C’est-à-dire la garantie donnée à chaque citoyen qui n’a aucune ressource de pouvoir disposer de 850 € ».
En contrepartie, ledit citoyen « doit s’inscrire sur les listes électorales » et « voter de façon obligatoire ».
Qui plus est, tous les citoyens – sans exception – seront, dans le projet présenté par Dominique de Villepin, imposables. Selon leurs revenus.
L’homme de République Solidaire – solidaire n’étant pas là, un vain mot – prône donc le retour à un welfare state (avec des services publics dignes de ce nom).
Mais il y ajoute une valeur essentielle, celle de dignité.

Comment ne pas y souscrire ?

Alors bien sûr, je les entends déjà, ceusses qui vont nous parler « d’assistanat ». C’est même déjà fait... Ainsi, Daniel Garrigue, le porte-parole démissionnaire de… République Solidaire et député de Bergerac qui, dans le quotidien Sud-Ouest, déclare que ce concept de « revenu citoyen » lui « semble plus tenir de l’assistance que d’une vraie politique d’insertion ».
Il est vrai, M. Garrigue, que les différentes politiques d’insertion menées jusqu’ici, par tous les gouvernements, ont été couronnées, comme chacun le sait, d’un succès époustouflant. Une vraie réussite (cf : RMI, RSA, etc.) !
Quant à Hervé Algalarrondo du service politique du Nouvel Observateur, il évoque quant à lui « une proposition un petit peu ronflante ».
C’est toujours intéressant de constater qu’un hebdomadaire (supposé) classé « à gauche » qualifie de « ronflante » une « proposition » qui fut portée il y a peu, par les Verts (aux municipales 2001) par le Parti Communiste Français ou par le courant Utopia du Parti Socialiste. La seule différence c’est qu’il s’agissait d’un Revenu d’Existence et qu’il n’était pas de 850, mais de 1000€ [1]. Nonobstant, le principe était rigoureusement le même. Car inspiré, lui aussi, de Thomas Paine.
D’autre part, ce concept [2] a déjà été testé, et avec bonheur, au Brésil et en Alaska.

Parler « d’assistance » ou « d’assistanat » c’est bien là, l’argument de ceux qui ne souhaitent pas une République plus juste, celle qui garantit : liberté, égalité, fraternité.
C’est aussi, et surtout, l’argument de ceux qui ne font pas confiance au citoyen. Lui trouvant tous les maux (mais ils doivent être, eux, des modèles de vertu, je présume), tous les vices.
Sans oublier, le dernier argument, l’enclume, qui consiste à diviser les citoyens, soit d’un côté ceux qui se lèveraient tôt et iraient au turbin, et d'un autre ceux qui toucheraient ce revenu d’existence et resteraient, comme de bien sûr, tranquillement chez eux... Quelle triste, étriquée vision du citoyen ! Mais comme elle est facile à distiller dans les esprits... Et dire que ceux qui colportent ces nauséabonderies, sont, faut-il les croire, les hérauts de la réforme. Sauf que, leurs réformes sont uniquement dictées par les lois du marché, et peu leur chaut le coût social qui en découle ; il n’entre jamais dans leurs calculs. Pourtant ce coût est énorme, et nous le payons tous (délocalisation, chômage, délinquance, alcoolisme, etc.).
Oui, ce sont eux qui n’ont cesse de nous dire que « le monde bouge » mais refusent obstinément de « bouger avec lui » en nous refourguant toujours et encore les mêmes recettes, éculées (emplois jeunes), inefficaces (plan emplois seniors), vouées à l’échec (« travailler plus pour gagner plus »).

Or, la vérité, c’est que dans ce monde-qui-bouge, le plein-emploi, c’est fini. Terminé. Et depuis lurette.
Comme l’expliquait en 2005 [3] l’économiste Henry Lombard :
« Le travail n’est pas un bien, mais une ressource. Plus la population augmente, plus la ressource augmente, plus le travail est abondant. Mais pas l’emploi. Ainsi, une machine qui remplace un homme supprime un emploi – donc un salaire – mais pas le travail à effectuer. Ce n’est donc pas le travail qui se raréfie. C’est l’emploi ».
C’est d’autant plus vrai, six années plus tard.
Or donc, il nous faut trouver des alternatives. Créer une nouvelle société, une nouvelle génération de salariés.
Et ce « revenu citoyen » peut y contribuer. Parce qu’il permettra à chacun de nous de mener à bien ses projets. De construire. Car il aura le temps pour le faire... Et puis, chose importante, essentielle, il pourra (qu’il soit étudiant, chômeur ou précaire) avec ce « revenu citoyen », se loger.

Pourquoi penser qu’avec un tel revenu – d’existence – le citoyen se « laisserait vivre » ?
Pourquoi ne pas imaginer, qu’au contraire, conscient de ses droits et de ses devoirs, il n’aurait pas plutôt le désir de s’inscrire – ou de s’insérer, puisque tel est le verbe qu’on nous sert – réellement dans une société plus équitable, plus digne, plus… solidaire ?
Car tel est le mot-clé, le pivot, celui que nous avons oublié : solidarité. C’est à partir de cette notion qu’a été créée la Sécurité Sociale.
Le « revenu citoyen », fonctionnerait exactement sur le même principe.

Reste à savoir dans quelle société nous voulons vivre.
Celle-ci, où les inégalités progressent, et avec elles, le repli sur soi, l’individualisme, la défiance, le soupçon, la peur même.
Ou alors une société plus fraternelle, plus équitable, plus libre, et dans laquelle la notion de dignité humaine serait notre centre de gravité. Où le mot « citoyen » signifierait enfin quelque chose de concret.

C’est un vrai choix de société que nous propose Dominique de Villepin. Il est étonnant que ce soit lui, et non le PS qui nous le soumette. Car, outre le fait qu’il soit Républicain, ce programme, du moins une grande partie, aurait dû nous venir de ce Parti qui se prétend être « à gauche » et l’est de moins en moins. Trop occupé à courir derrière l’UMP, jusqu’à oublier ses fondamentaux, voire : les renier.
Et voyez-vous, je préfère un Villepin qui nous (re)fait Paine, que ce PS qui fait peine (à voir comme à entendre).



[1] C’est du moins, la somme que préconisait (en 2005) Yann Moulier-Boutang, professeur en sciences économiques et directeur de la revue Multitudes.

[2] Proposé et ardemment défendu par des économistes, philosophes ou sociologues comme Yoland Bresson, Henry Lombard, Philippe Van Parijs (Belgique), Klauss Offee (Allemagne) ou Keith Roberts (Angleterre), etc.
A ceux-là, on pourrait, je crois, et sans se tromper, y ajouter Pierre Bourdieu.

[3] Propos recueillis par le quotidien Libération pour son supplément du jeudi 10 novembre 2005 intitulé :
« 30 Idées Pour Réveiller La Gauche ».

Quelques éléments pour approfondir la notion de « revenu d’existence » ou « revenu citoyen » :
- A l’origine du revenu garanti : Thomas Paine [...]
- Le Revenu d’Existence : utopie ou nécessité ? [...]
- AIRE : Association pour l’Instauration d'un Revenu d’Existence [...]
- Le droit au revenu [...]
- Etablir un revenu d’existence par Didier Hassoux [...]
- Yoland Bresson : « Le Revenu d'Existence sera au centre du débat en 2012 » [...]

20 novembre 2010

Tu Le Vois, Le Croc De Boucher, Dans Ces Yeux-Là ?

Rien A Foutre.jpg



Non, parce qu’il est énorme, ce croc-ci.
C’est même pas un croc, d’ailleurs, c’est une « arme de destruction massive ».
Ce mec va tout faire péter.
Et tu sais quoi ?
« Je me marre ! ».
Oh que oui …
… Tant que les loups se bouffent entre eux, moi, je me bidonne, ô combien !

Il était écrit que l’épisode balladurien porte-parlé par messire Sarkozy devait, un jour ou l’autre, être soldé et copieusement.
Et pour une seule raison : ne pas payer.
Ni par les uns, ni par les autres (y compris M. Bayrou ..)

Entretuez-vous, messieurs !
Tirez(-vous), les premiers !

Cela dit, petit PS de pacotille, pauvre misère, ne te réjouis pas trop vite, tu vas morfler aussi.
Et tu sais pourquoi, n’est ce pas ?

07 novembre 2010

Ce Que Dominique de Villepin Ne Nous Dit Pas




Que les choses soient bien claires, je ne suis pas en train de tourner casaque, virer de toque, mais le fait est que : constatant comme cet homme, M. de Villepin, « le spectacle pitoyable de la vie politique française » à en avoir la berlue (sconi) j’aurais bien du mal à ne pas approuver ce qu’il assène (avec rictus qu’en rappelle un autre), quand bien même pour le paraphraser (remember le CPE) :

« J’entends ce que dit Dominique de Villepin, mais j’entends aussi ce qu’il ne dit pas ».

Et ce qu’il ne dit pas, nous le savons tous, c’est qu’il fut Premier ministre de la République (31 mai 2005/15 mai 2007), en d‘autres termes, il eut à constituer un gouvernement, et dans celui-ci, il y avait, si je ne m’abuse, et tout du long, un homme qu’il vilipende aujourd’hui : Nicolas Sarkozy. Et la fonction qu’il occupait était hautement régalienne.
M. de Villepin est donc, d’une certaine façon, responsable « d’un des problèmes » qu’il dénonce, étant donné qu’il n’a rien fait pour tenter de nous l’éviter.

Or donc, jamais il ne nous fera avaler, même par un langage châtié, qu’il découvre seulement aujourd’hui, ou depuis trois années, que Nicolas Sarkozy n’était pas taillé pour la fonction, voire que c’était un danger pour notre pays.
Dominique de Villepin est en partie, oui, responsable de la « parenthèse » ouverte le 6 mai 2007, il y a, d’une certaine manière, contribuée.
Oh bien sûr, Sarkozy ayant pris à la hussarde (en 2004) L’UMP créée par Chirac et destinée à mettre sur orbite présidentielle son « fils préféré », Alain Juppé, il eut été difficile de l’empêcher de concourir, nonobstant, en le privant d’une tribune aussi exposée que celle de l’Intérieur, d’une fonction ministérielle quelle qu’elle soit, il lui aurait compliqué la tâche.

Vivre Ensemble.jpgCes deux hommes ont travaillé « ensemble » et si tout est devenu impossible, impossible à vivre dans le sens où l’amoindrissement de notre pays touche les classes sociales les plus fragiles (la « France qui se lève tôt »), et que rien n’est fait pour les en soulager, au contraire ! M. de Villepin porte une part de responsabilité dans ce qui constitue être moins une « parenthèse » qu’un naufrage. Du Yacht au Guilvinec, en passant par le Salon de l’Agriculture, le Fouquet’s, L’Epad et autres foucades fiscales, et tant d’autres épisodes qui nous font honte tant ils sont la marque évidente de la vulgarité, du mépris, quand ce n’est pas de la haine, rien dans ces trois années n’aura contribué à nous donner fierté, courage et dignité.

Jamais M. de Villepin ne nous fera croire qu’il ne savait pas qui était M. Sarkozy.

Une « parenthèse » ! C’est bien faible comparé à ce que nous endurons, monsieur ! Ça ressemble plutôt à des crochets. De la tenaille.
Vous parlez des trois ans qui viennent de s’écouler, mais les dix-huit mois que nous allons subir encore, c’est du ferme, pas du sursis.
Et la campagne présidentielle qui s’annonce promet d’être la plus brutale et la plus basse, voire la plus indigente de toute la Vè République.

Je vous rejoindrais presque, voyez-vous, sauf que, nous ne sommes pas dans le « divertissement » ; le « divertissement » ce sont les médias qui l’organisent, par des Unes, du storytelling et du buzz dont ils (se) font l’écho.
Nous, M. de Villepin, les citoyens, les laborieux, on morfle, et copieux !

J’entends ce que vous dites, les mots que vous employez, j’aurais aimé, en vérité, qu’ils viennent de la bouche d’un homme de gauche, avec la même force, le même charisme (car vous en avez) mais que voulez-vous, à gauche, on se fade des Mélenchon, des Valls, des Royal, des Collomb et des Aubry (et Besancenot aux abonnés absents) ça manque d’étoffe tout ça, de profondeur, de hauteur. En ceci, oui, « la vie politique française » est « pitoyable » ; Si en plus on y ajoute des Morano, des Bertrand, des Lefebvre, des Balkany ou des Vanneste, c’est même plus un « spectacle » c’est du bernardtapisme ! Ah, il a de sales beaux jours devant lui, le populisme !

Mais pour n’avoir rien fait, rien anticipé, de cette « parenthèse », quand vous aviez les moyens, et comment ! de le faire, vous êtes M. de Villepin également responsable de cette « tâche de honte sur notre drapeau ».
Et venir aujourd’hui, comme hier, la dénoncer, même de fort belle manière, c’est, pardonnez-moi, l’hôpital qui se fout de la charité.
Bref, c’est nous prendre, encore une fois, comme ceusses qui sont actuellement au sommet de ce pays, pour des cons de compétition.

Sur ce, veuillez agréer tout le merdier habituel, et bonne nuit, monsieur.


Ajout du dimanche 14 novembre 2010 [On N'est Pas Couché - France 2 - Samedi 13 novembre 2010]

01 septembre 2010

Août Sécuritaire En 140 Caractères

Twitter Août 2010.jpg« J’avoue/J’en ai/Bavé/Pas vous/Mon amour »

Va savoir pourquoi, j’ai c’te strophe du Gainsbourg dans le cassis. Putain de mois d’août ! C’qu’on en a bavé ! Sans amour … Ah c’que ça a cogné, désigné, expulsé, tant et tant que, me semble-t-il « De l’été c’est la fin/Les fleurs ont perdu leurs parfums » et la France son a-Rom ..

J’avoue, j’ai pas eu le cœur à … Souvent, je fis banquette, regardant pendant des heures entières, hébété, le vent caresser ou fouetter les feuillages, ceusses qui peuplent cette fenêtre, au premier, ma tanière. J’aurais bien fait la grève, de quoi, je ne sais pas, de tout ; m’extraire tant le dégoût me submergeait … Sale temps ! Et peu nous chaut, visiblement, qu’à des années d’ici, ils se traînent et meurent, au Pakistan. T’es pas bien né, faut croire, le pakistanais, t’aurais dû te faire haïtien en loucedé ou touriste friqué, indonésien, là, tu l’aurais eu ton pognon, ta médecine, de quoi survivre jusqu’au prochain carnage maritime.

Eté moisi jusqu’au trognon, chasse aux Roms, à l’étranger, déchu de sa nationalité, taïaut, taïaut, ça y fait la Une des journaux, sans plus que ça révulser le populo ; quant aux jeunots, balle-peau ! Jeunesse de merde, va ! Qu’est-ce que tu fous, où t’es ? Ah bordel à chien, je connus d’autres temps où ladite jeunesse t’aurait investi la rue en moins de deux et pour moins que ça ! Mais je l’ai dit et le redis : nous ne sommes plus rien, pas même des français … Que faire avec ce merdier ? En rire devient presque déplorable. Et pourtant … Le rire, vois-tu, cette cicatrice, rend la vie plus supportable. Ça vous y met une grimace, triste, sur votre discours haineux, sécuritaire, celui avec lequel vous faites front (national) et promettez, demain, de nouveaux boucs-émissaires.

Or donc, les voici, les grimaces, celles d’août. Les bavantes. Que des tâches sur notre drapeau. Et quelques babioles ..

Rentre Chez Toi 18 08 2010.jpg
Les Déchus 02 08 2010.jpg
Boulets 24 08 2010.jpg

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29 janvier 2010

Clearstream : Point De Vue Du Spectateur

Clearstream.jpgFacile, mais pourquoi s’en priver, n’est-ce pas, considérons que si le procureur de la République de Paris, le dénommé Jean-Claude Marin, interjette appel de la décision du tribunal de grande instance de Paris, c’est qu’il considère, qu’il est convaincu, que Dominique de Villepin a monté un énorme bateau.
Et l’on ne saurait avoir le pied plus marin que Jean-Claude.

Bien.

Ceci étant, je suis comme beaucoup, comme la majorité des “gens”, un simple spectateur. De cette affaire dite “Clearstream” je n’entrave que quick, ou pas énorme, pour ainsi dire. Et je ne suis pas un homme de Droit. Simple spectateur, disais-je, ni plus, ni moins. Mais tout de même. Il y a quelque chose qui ne va pas … Non ? … Qu’est-ce qui ne va pas ? .. Comment dire ? .. Est-ce que le mot “détournement” serait le mieux approprié ? .. Je vais m’en expliquer, et comme le disait le chef de l’Etat lors d’une psychothérapie de groupe télévisée : “Corrigez-moi, si j’me trompe !” mais, au départ, nous avons des listings, listings bidons (c’est avéré), estampillés Clearstream, et sur lesquels on trouve des noms, (r)ajoutés, des noms qui ne devraient pas y être ... Par exemple ? .. Eh bien, oui, celui de Nicolas Sarkozy ! ... Mais pas que ! ... Egalement – l’aurait-on oublié ? - ceux de messieurs Fabius, Chevènement, Madelin, Pasqua (père et fils), Dominique Strauss-Kahn, Edwy Plenel .. Entre autres. Y’en a une jolie ribambelle. Une belle brochette, dites-moi !
Toutes ces personnes se sont portées “partie civile”. Vrai ? …. Jusque là, on comprend. Ton nom se retrouve sur un “faux”, calomnies ! tu portes plainte ! ... Et alors ? ..

Eh bien alors, au final, nous nous retrouvons avec non plus une affaire dite “Clearstream” mais avec un affrontement Sarkozy/Villepin ! .. Nonobstant le fait que ces deux personnages se haïssent ce qui, d’un point de vue médiatique, est – comme l’on dit - bankable, hyper-vendeur quoi, réduire le procès à ce duel ne nous éloigne-t-il pas de l’essentiel ?
C’est pourquoi j’évoquais le terme : détournement.

Certes, on peut dire qu’il est dû, en partie, ce “détournement”, aux deux protagonistes, ne serait-ce que par leurs déclarations publiques (“Je suis là par la volonté d’un homme, je suis là par l’acharnement d’un homme : Nicolas Sarkozy !” – Dominique De Villepin) ou soit-disant privées (le fameux “croc de boucher”) oui, ils ont contribué, d’une certaine façon, c’est indéniable, à focaliser l’attention sur eux. Que les médias les suivent sur ce terrain, ma foi, ça n’étonne guère, mais jusqu’à en oublier l’essentiel, ça, c’est fâcheux. A mon sens.
L’essentiel, et toujours du point de vue du spectateur, c’est quoi ?
N’est-ce pas, par exemple, espérer que du procès, sortira, à défaut de la vérité toute crue, au moins une explication quant aux listings. A quelles fins ont-ils été établis ?
Or, nous n’en savons toujours rien !
Sinon, que M. Gergorin en serait l’instigateur et M. Lahoud, l’exécutant. Mais, et encore une fois, quel était le but poursuivi ? N’est-ce pas cela qui nous intéresse ? Et qui devrait intéresser TOUTES les parties civiles ?

En tous les cas, jeudi 28 janvier 2010, ça n’avait pas l’air d’intéresser (ou pas plus que ça) le monde médiatique qui se concentrait sur la relaxe de M. de Villepin, sur son éventuelle candidature à la présidentielle 2012 (ce dont on se fout, c’est pas l’heure, c’est pas le moment, sans compter qu’en deux ans, il peut se passer tant d’imprévus) mais pire encore, aucun journaliste, aucun intervenant, sur aucun plateau radio ou télé ne considéraient comme plausible, ou plutôt raisonnable, tenable, une interjection en appel du Parquet ! “Trop risqué !” disaient certains. “Ce serait perçu comme de l’acharnement (sous-entendu de la part de Nicolas Sarkozy)” avançaient d’autres. Mais le pompon, c’est l’ami Cayrol qui l’a tiré, dans l’émission C Dans L’Air, quand il nous expliqua, mine complice, que M. Sarkozy avait, quelque part, envoyé un message au Parquet en signifiant son intention de ne pas faire appel de la décision du tribunal. Par la même, Roland Cayrol nous a suggérés, que le Parquet était “aux ordres”, ou tout au moins, susceptible de suivre l’avis du président de la République, bref, qu’il n’était pas souverain, indépendant, et tout le bataclan.

Eh bien, Jean-Claude Marin vient de prouver le contraire.

Oh oui, je sais, j’entends déjà, les intelligents, les suspicieux, les “faut pas nous prendre pour des cons” dire, mais bien sûr, tout ça c’est que vaste comédie, orchestre et compagnie, y’en a un qu’épluche les oignons, l’autre qui pleure, c’est juste une façon, plutôt habile, pour Nicolas Sarkozy de dire qu’il n’en est plus, que ce n’est plus son affaire, c’est pas moi, j’y suis pour rien, la preuve, j’ai dit que je ne souhaitais pas faire appel …
Ce qui m’amuse, c’est que ceux, innombrables, qui saluaient, jeudi, l’indépendance de la justice, sont quasiment les mêmes, qui, le lendemain, émettent des doutes quant à celle du procureur de la République de Paris qui, pourtant, n’a pas suivi le soit-disant appel du pied (selon, donc, Cayrol) du chef de l’Etat. Etonnant, non ?

Certes, Jean-Claude Marin est convaincu de la culpabilité de M. de Villepin. Il l’a dit. Et répété. Il a, en outre, réclamé sa condamnation. Mais, quel rapport avec Nicolas Sarkozy ? Je veux dire : en quoi la personne de Nicolas Sarkozy entre-t-elle en ligne de compte dans l’intime conviction de M. Marin ?
Si on prend le temps d’écouter attentivement le procureur de la République de Paris, lors de l’entretien qu’il accorda ce vendredi 29 janvier sur Europe 1, on entend quoi [*] ?
Qu’il estime que “tout n’a pas été dit dans cette affaire”. Et il précise bien (retour aux fondamentaux) que l’affaire en question, c’est Clearstream. Et non pas l’affaire Villepin, ou l’affaire Sarkozy/Villepin.
Si nous en revenons au point de vue du spectateur, n’avons-nous pas le même sentiment ? Que tout n’a pas été dit ? A commencer par l’essentiel : dans quel but, à quelles fins, ces listings ont-il été établis ? En rappelant que, sur lesdits listings, ne figurent pas QUE le nom de M. Sarkozy.
D’autre part, et parce qu’il a l’intime conviction que “tout n’a pas été dit”, en quoi sa décision d’interjeter appel – ce qui est son droit, de surcroît – est-elle sujette à suspicions ? Ou, pourrait être qualifiée d’”acharnement” ? Ne peut-on pas considérer que si “acharnement” y’a, c’est celui de (connaître) la vérité. De la faire émerger. Un peu plus. Parce que, oui, décidément, il manque quelque chose. L’essentiel.

Après, je sais, on peut tout imaginer, élucubrer, se faire plaisir, au nom, que sais-je, d’un anti-sarkozysme primaire, secondaire, tertiaire, bref, au nom d’une aversion qui finit par ressembler à un autre procès, aveugle et quotidien, lassant et contre-productif, et je le dis d’autant plus librement que je ne suis pas le dernier à m’y vautrer, et avec délice ; oui, quoi qu’on pense de Nicolas Sarkozy, de sa politique, de sa façon d’exercer le pouvoir, et quoi qu’on pense, également, de Dominique de Villepin, il est un fait : de l’affaire Clearstream on ne sait toujours rien, ou pas grand chose, ni le pourquoi du comment ; Gergorin, Lahoud, et pis c’est tout ! que des noms, mais des motivations, queue dalle ! Et ça, je trouve que ça mérite d’y revenir. Ça justifie l’appel. Point de vue d’un simple spectateur. D’un citoyen lambda. Qui se fout royalement de la haine qui anime deux personnages de la République. Car là, n’est pas la question. Ni l’essentiel.


[*] A noter que Jean-Claude Marin précise, et comme c’est important, qu’effectivement, il pourrait recevoir “des instructions” (du Garde des Sceaux, de l’Elysée) mais dans ce cas, elles devraient être “écrites”, “motivées”, et il devrait “les produire dans le dossier”.

26 avril 2009

Le Risque Révolutionnaire N'Existe Pas

Tu Es Servile, Complaisant, Peureux, Tu Es Un Esclave.

Or donc, celui qui, Premier ministre, lors des manifestations contre le CPE déclarait : “J’entends ceux qui manifestent mais j’entends aussi ceux qui ne manifestent pas.” (formule depuis reprise par son ennemi juré, Nicolas Sarkozy) or donc, disais-je, Dominique Galouzeau de Villepin nous explique que la colère qui s’exprime aujourd’hui est telle qu’il y a un risque révolutionnaire en France.

Eh bien tu sais quoi ?

Je me marre, me bidonne, vulgairement, je pouffe, et bien fort, car il n’y a aucun risque révolutionnaire dans ce pays, et quoi qu’il se passe demain, il n’y en aura pas. Jamais.
Tout ce que nous pourrons observer ce sont et seront des actes isolés de colère, comme des mises à sac, des séquestrations, des jacqueries en fait, peut-être autre chose, comme une vraie violence, celle qui dépasse tout, y compris la colère, mais de révolution, ou de soulèvement général, je te fiche mon billet que jamais nous ne le verrons.
Je dis même que c’est une cause entendue et qu’il n’y a pas à y revenir.

Le société est organisée de telle façon (et avec notre consentement) qu’elle tue dans l’œuf toute possibilité de rébellion, et ceux qui voudraient s’y risquer seraient, à court ou à moyen terme, désavoués par le “plus grand nombre”.
Car que veut-il ce “plus grand nombre” ?

La paix et la tranquillité.
Traduire : sa sécurité.

Et pour elle, cette sécurité (même illusoire, celle que te vend et te promet, matin et soir, ton gouvernement) il sera prêt à accepter jusqu’à perdre l’essentiel : sa liberté.
Ce qui, je le pense, est déjà fait.
Sinon, comme expliquer que “le plus grand nombre” soit tacitement d’accord pour vivre dans une société de plus en plus "fliquée", fichée, "radarisée", vidéosurveillée, "Hadopisée".
Cette dernière loi nommée Hadopi est d’ailleurs très significative ; car de quoi s’agit-il ?
De lutter contre les pirates - dont je fais partie, mais j'invite le législateur à venir constater l'énorme collection de DVD et CD légaux qui hantent mon terrier - ceux de l’Internet, ceux qui téléchargent illégalement dit-on, de la musique, des films, des jeux-vidéos ?
Bien sûr que non !
En vérité, Hadopi n’est pas faite pour cela. C’est un cache-nez. La véritable vocation d’Hadopi est de répertorier toutes les infos possibles sur chaque internaute via les fournisseurs d’accès. L’on me rétorquera que c’est déjà peu ou prou le cas, que de toutes les façons par Facebook ou toute autre plateforme équivalente, l’internaute est déjà classé, identifié, surveillé. Sauf que cette fois, il est question de légiférer, de valider une fois pour toute avec, ce qui est énorme, la complicité molle mais réelle des "providers", ce que j’appelle une loi liberticide.
Une telle loi, je parle de sa nature clairement liberticide, devrait provoquer à défaut d’un soulèvement général, une vive réaction, une opposition ferme et outrée du peuple. Dans sa majorité !
Mais comment veux-tu que cette opposition se manifeste quand ce même peuple a déjà accepté d’être "fliqué", fiché, "radarisé", vidéosurveillé ?
Comment veux-tu qu’il se soulève quand il pense (parce que c’est le message qu’on lui fait passer) que toutes ces lois ne sont votées dans un seul et unique but : le protéger ?

Quant à la colère (celle des Continental, des Molex et consort) qu’évoque Dominique Galouzeau de Villepin, celle qui naît du sentiment d’avoir été floué, trahi, humilié, puis abandonné, est-elle suffisante, assez grande, pour demain entraîner tout un pays ?
En d’autres termes, “le plus grand nombre” peut-il envisager de sacrifier ce qui lui reste, ce qu’il a peur de perdre, son semblant de liberté dans une société cadenassée qu’il a validée sans pratiquement broncher, pour ceusses qui viennent de tout perdre, ceusses qui vont plonger ?

La réponse est contenue dans ma question, elle est négative.

Jamais “le plus grand nombre” ne sacrifiera quoi que ce soit, fut-il précaire.
Jamais “le plus grand nombre” ne se sentira solidaire de ce qu’il redoute pour lui-même.
Parce que c’est fini, c’est râpé, il est conditionné, parce qu’il marche à la peur depuis trop longtemps.
Parce qu’il est servile.
Parce qu’il a été éduqué, embrigadé, lobotomisé (notamment par l’outil télévisuel).
Parce que, au fond, il préfère encore (vivre dans) un état totalitaire. Oui, tu as bien lu : un état totalitaire !
Tant il ne veut plus qu’une seule chose : qu’on assure sa sécurité. Pour elle, il est prêt à tout sacrifier. Et tout démontre qu’il a commencé à le faire.

Alors pourquoi veux-tu qu’il risque, demain, de perdre le peu (sa servilité en échange de sa sécurité) qui lui reste ? Au nom de quoi ? Et pour qui ?

Non, définitivement non, et n’en déplaise, il n’y a aucun risque révolutionnaire en France.
C’est une cause entendue et il n’y a pas à y revenir.


Pauvres gens misérables, peuples insensés, nations opiniâtres à votre mal et aveugles à votre bien ! Vous vous laissez enlever sous vos yeux le plus beau et le plus clair de votre revenu, vous laissez piller vos champs, voler et dépouiller vos maisons des vieux meubles de vos ancêtres ! Vous vivez de telle sorte que rien n’est plus à vous. Il semble que vous regarderiez désormais comme un grand bonheur qu’on vous laissât seulement la moitié de vos biens, de vos familles, de vos vies. Et tous ces dégâts, ces malheurs, cette ruine, ne vous viennent pas des ennemis, mais certes bien de l’ennemi, de celui-là même que vous avez fait ce qu’il est, de celui pour qui vous allez courageusement à la guerre, et pour la grandeur duquel vous ne refusez pas de vous offrir vous-mêmes à la mort (…) D’où tire-t-il ces yeux qui vous épient, si ce n’est de vous ? Comment a-t-il tant de mains pour vous frapper, s’il ne vous les emprunte ?
[Étienne de La Boétie - “Discours De La Servitude Volontaire”]

 
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