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26 mars 2009

C’est Dans L’Aisne, Qu’Un Mauvais Coton, Nous Filons …

Qu'Est-Ce Qu'On Aurait Pas Dit Si Je N'Avais Rien Fait !

Et c’est en écoutant Christophe Barbier, le lendemain dans “C Dans L’Air”, que j’eus la confirmation que nos journalistes sont bien des perroquets, si ce n’est de vulgaires télégraphistes.
Car vois-tu, je l’ai suivi, de bout en bout, en direct sur la T.N.T., le discours non-explosif de Saint-Quentin.
Comme un crétin, je n’avais pas pris de quoi noter.
Or, très vite, une phrase attira mon attention. Elle traitait de l’impudeur. De la souffrance. Mais impossible de me la remémorer dans ses termes exacts – vivement que notre altesse mette en branle son plan Alzheimer, c’est moi qui te le dis ..
Alors, je surfais histoire de la retrouver.
Le Nouvelobs.com, le Figaro.fr, Liberation.fr, etc. tous, je les ai tous faits. Mais rien à faire. Cette phrase, je ne la retrouvais point. Cependant, je remarquais que TOUS, je dis bien TOUS, reprenaient les mêmes saillies du discours “sarkozien”.

Comment est-ce possible ?

Des sites si différents, parfois complémentaires – très utile, cette complémentarité, pour (d’habitude) recouper une info, la disséquer, et c’est bien là, l’un des réels avantages du soit-disant virtuel.

Et c’est donc Christophe Barbier qui, le lendemain du discours de Saint-Quentin, sur France 5, me fournit la réponse.
Elle est effrayante.

Il nous appris que le Président Sarkozy s’était emmêlé les pinceaux dès le début de son “speach”.
En effet, il ne devait pas dire :

Ce soir je veux poser des valeurs. Je veux rappeler des repères.

Mais :

Ce soir, je veux rappeler des valeurs. Je veux poser des repères.” [Ne cherche pas confirmation, le texte a été immédiatement corrigé sur le site de l’Elysée]

Ça veut dire quoi ?

Tout simplement que les principales rédactions de c’pays avaient reçu le discours en amont. Bien avant qu’il ne soit prononcé.
Or, il faut le savoir, quand une rédaction reçoit un texte (de Sarko, de Martine Aubry, de Bayrou, de qui tu veux, peu importe, ça marche pareil ..) certains passages sont surlignés, afin d’indiquer au journaliste ce qu’il doit communiquer - oui, tu peux aller vomir, si tu veux, ça mérite ..
Voilà pourquoi, dans la presse, tu trouves les mêmes résumés, les mêmes phrases-clef.
Il a beau jeu, ensuite, Sarkozy, de fustiger la pensée unique.

Dieu, que la presse est grotesque !
Ou soumise.
Et pourquoi ?
Pourquoi est-elle à ce point soumise ?

Je t’invite à y réfléchir.

Alors vois-tu, après "ça", quel intérêt y aurait-il à commenter ce non-évènement que fut le discours de Saint-Quentin ?
Il est vide.
Il est creux.
Il est victimaire, tout en notant, comme toujours, que chez Sarko, et c’est bien là l’insupportable, il y a les victimes dignes d’intérêts, et les autres.
Ce discours, tu vois, il est : malhonnête, déplacé, injuste.
Malvenu.

Il a raison Barbier : on n’alerte pas la République pour ne rien dire, du moins, que nous ne savions déjà. Il suffisait de se fendre d’un communiqué et Basta !
Là où je ne suis pas d’accord avec le directeur de l’Express, là où je diffère, c’est sur la ville choisie, celle de Saint-Quentin.
Il parle, Barbier, de choix septentrional. D’un potentiel écho au discours de Toulon. Mais, si j’peux me permettre, j’ai une autre proposition :
Saint-Quentin, parce que c’est dans cette ville, que le 25 janvier 2007, le candidat Sarkozy justifiait ses références à Jaurès, Blum, De Gaulle et consort. C’est ce jour-là qu’il s’adressa à la “France-Qui-Souffre”.
C’est cela qu’il voulait nous rappeler.
La souffrance qu’il n’aurait pas oubliée. Qu’il mesure. Qu’il entend. Même muette.
Il était là, l’écho.
A lui-même.

D'où, Barbier, le passé composé.

Voilà.
C’est tout.
C’est peu.

En fait, j’avais tout dit, hier.

Je rajouterai juste une "chose".
La seule annonce, véritable, que le chef de l’État nous a faite, et qui est la suivante :

La seule appartenance à une bande pourra être sanctionnée pénalement d'une peine pouvant aller jusqu'à trois ans de prison.

Quelle rapport avec la Crise ?

Eh bien je te renvoie (Ça va réjouir CSP – et tant mieux ! et dans un autre registre, Bénédicte ...) à cette vidéo de 1999 que j’avais choisie pour ouvrir Refais Le Monde en octobre 2006.
Elle traite de l’insécurité sociale. Et de son prolongement pénal.
Et l’on se rend compte aujourd’hui combien Loïc Wacquant avait raison.
Et combien ça va nous faire mal.
Sur ce point – et c’est bien le seul – Nicolas Sarkozy ne nous aura pas menti : oui, ça va nous faire très mal !
Même s’il utilise d’autres mots.
Ceux de la pensée unique qu’il prétend pourfendre.

 
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