13 octobre 2010
LOL ! La Jeunesse Est Dans La Rue !
Non mais, qu’est-ce que j’apprends ? Dites-moi que je rêve ! Le « jeune » a rejoint en grand nombre le cortège des manifestants, ceusses qui ne veulent point de la réforme des retraites de ce gouvernement d’ultra-droite ? Moi qui croyais que le gros kiff du « jeune » c’était d’organiser des apéros géants, de skybloguer ou de faire marrer la France entière avec un No Sarkozy Day, pardonnez-moi – comme dirait Yves Calvi – mais LOL, mdr, et gifs animés par la même occasion ! Ah ça, j’avoue, j’en suis bien ébaubi ! Non, vrai, c’est la meilleure de l’année ! Même que, tiens, vous me la copierez !
Alors oui, je sais, mon Kikou-LOL, tu vas m’envoyer, recta, dans les gencives que tiens donc ! ma prise de position due à mon étonnement baba, cette ironie en liminaire que t’as parfaitement saisie, et comme c’est curieux, voire éminemment suspect pour un « gauchisssse » de mon espèce, me range illico et presto dans le camp des néocons, n’est-ce pas, mais si tu veux bien prendre deux ou trois minutes de ton temps Biactol, je m’en vais t’expliquer ce qui m’escagasse le ciboulot, mon « jeune ».
Je ne vais pas te demander si par hasard tu serais pour une retraite par répartition, capitalisation, à la carte, combien d’annuités, quid de la décote et tout le merdier. Sans parler de la pénibilité. Si t’es dans la rue, que tu bloques des bahuts, c’est que t’es au jus. T’as potassé copieux le dossier ! T’es calé, mon Kikou ! T’as même pas besoin qu’une marionnette catho de Poitou-Charentes vienne te pousser au train en te stridant : « Tous ensemble/Tous ensemble/Ouais ! ».
Moi-même quand j’avais 15 ou 16 piges, la retraite, ça me travaillait sévère, itou. Même que je ne pensais qu’à ça. A ce point que mes vieux m’ont délocalisé dans un internat pour me refaire l’éducation. Mets-toi à leur place ! Un adolescent qui cause, matin, midi et soir, de sa retraite future, ça les a fait flipper grave. Ils se sont dit que j’avais le singe ou un truc du genre. Voire, que les sages-femmes s’étaient gourées à la maternité quand fut venu le temps de refiler la viande fraîche alias Bibi ! Bref, que j’étais pas des leurs, y’avait comme erreur sur la marchandise ! Comment se faisait-il que ce chiard, il ne parlât QUE des retraites alors que les autres, ceusses de son âge bête, y faisaient les cons au mieux, signaient des pétitions pour la liberté, les droits de l’homme, défendaient pauvres, opprimés et sans-papiers, au pire (oui, mes darons étaient farouchement sarkozystes avant l’heure) ... Ah oui, comme je te comprends « mon jeune », tant comme toi, j’ai dû convaincre un monde incrédule, celui des adultes courbés, serviles et lâches, que mon combat n’était point instrumentalisé par je-ne-sais-quels gougnafiers de gauche molle. Même que j’ai poussé le curseur jusqu’à plus soif, démontrant par A+B et intégrale de mes fesses, que si on continuait sur ce chemin, y’a une affaire qu’allait nous tomber sur le paletot, du genre subprimes : Parfaitement, mon Kikou ! Moi, Philippe Sage (c’est mon vrai blaze, j’donne pas dans l’anonymat crapuleux, nouveau symbole de la démocratie et de la liberté d’expression triomphantes) j’avais par mon engagement sincère et précoce, entrevu l’inéluctable, la crise qui nous mine et ronge, l’actuelle, celle qui permet à un gang de jean-foutre de faire passer tout un tas de lois, ô combien liberticides. Tu vois où ça y mène d’être préoccupé dès les premiers poils pubiens par l’angoisse, celle d’une retraite pas certaine ?
Oui, je sais, là, tu te dis que très ouvertement je me fous considérablement de ta gueule d’ange. J’aurais dû, c’est vrai, y ajouter des LOL, des mdr ou des ptdr ... Nonobstant, c’est pas faux ... Sauf que, c’est pas moi qu’ai commencé, mon Kikou. C’est toi, qui te fous ouvertement de la nôtre. En nous faisant croire que tu manifestes CONTRE la réforme des retraites de ce gouvernement d’ultra-droite. Que les retraites, ça te cause un gros souci. Que c’est ça, TA priorité.
Alors de deux choses l’une, « jeune » : soit t’es vraiment instrumentalisé, et c’est moche. Soit t’es monté à l’envers. J’opte pour cette seconde solution. Parce que, vois-tu, il se trouve que, pendant que tu faisais ton mariole, mardi, ton gouvernement, dans le saint temple laïc de l’Assemblée nationale à 294 voix contre 239, faisait passer une énième loi contre l’immigration. Et pas une petite. Avec – entre autres – comme dégueulasseries, extension de la déchéance de nationalité, durcissement de l’obtention de la carte de séjour pour les étrangers malades, modification terrifiante de la procédure judiciaire administrative d’expulsion (de sans-papiers, de miséreux ou de Roms, par exemple) sanctions pénales pour ce que les amis de M. Besson nomment les « mariages gris », et il était moins une avant qu’ils ne remettent en cause le droit du sol ! ... Ce que je veux dire, c’est que depuis sept ans, ton pays, la France, applique pas à pas, même pas sournoisement, et un à un, quelques articles en bonne et due forme venus tout droit du Front National et toi, tu bouges pas ton cul ? Mais si la jeunesse de ce pays, celle qui traditionnellement monte au créneau, et comment ! sur des sujets aussi graves, ne moufte pas, quelle est donc cette jeunesse, sinon une jeunesse à balle deux ? Une égoïste au carré, une déficiente du cervelet qui voit pas plus loin que le bout de son nez !
Où étais-tu pendant que la clique Hortefique chassait du Rom pendant l’été ?
As-tu seulement protesté, même mollement, au son du cor du discours de Grenoble ?
Quand je pense que pour moins que ça, les lois Debré (1997), ça pétitionnait à tout va, ça s’insurgeait, criant à la lepenisation, et qu’aujourd’hui, ça ferme son clapet et nous ferait croire que ça en aurait à caguer de sa retraite ? Non mais, vous vous foutez du monde, les « jeunes » ?
Quand une jeunesse ferme sa gueule, laisse faire, qu’elle ne lève pas le moindre petit doigt, ne se mobilise pas, jamais, contre de telles lois honteuses, d’autant plus que c’est la cinquième en sept ans, alors que c’est d’elle, sur ces sujets précis, que devraient venir la colère, le refus, le chambard, elle n’a alors aucun autre droit que de continuer à la fermer, à filer doux, jeunesse carton-pâte, juste bonne à kikouler, facebooker, apérotiser ou noSarkozyder.
Sur ce, veuillez agréer, « jeunes » de ce pays, mes mdr les plus LOL, tant je ne vois pas ce que vous mériteriez d’autre(s), en tous les cas, pas la moindre considération. Et basta !
Ajout du vendredi 15 octobre : Lis ça !
Ajout à cet article : Sarko ne récolte que ce qu'il a semé !
15:18 Écrit par Philippe Sage dans Politiquement Très Incorrect, Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (25) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : lol, mdr, ptdr, kikoulol, réforme des retraites, les lycéens sont dans la rue, loi contre l'immigration, déchéance de nationalité, droit du sol, mariages gris, chasse aux roms, discours de grenoble, france ta jeunesse fout le camp |
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28 août 2010
Nous Ne Sommes Plus Rien [Pas Même Des Français]
Se taire. S’enterrer. Plus bouger. Fermer les volets. Et le reste, tout ce qui vocifère et martèle. Laisser faire et crier, asséner formules creuses (« La France n’a pas vocation à … »). Regarder l’été nous fuir, doucement, comme dégoûté, désolé. Par des sondages, crétins et grossiers, chassé.
L’été s’en va, et comme il a raison ! De lui-même il s’expulse et nous dit : « Je suis un Rom, et vous merde pour l’éternité ! » ..
Oh, comme j’aimerais que l’hiver le plus rude, s’abatte sur cette terre de France, qu’on en bave et crève, pandémie de froid, de gel et de congères. Que feraient-ils, alors, nos ténors ? Enverraient-ils l’armée ou des escadrons entiers de BST mater les frimas ? … Hein ? … Quels seraient leurs mots, leurs slogans ? « La France n’a pas vocation à accueillir tous les hivers du monde » ?
Oui, puisque rien n’est possible, puisque tout nous indiffère, alors l’hiver, la nuit, totale et entière, et basta le pays des Lumières ! Foutez-moi tout ce merdier à la bougie ! Renvoyez-nous au moyen-âge ! Et plus vite que ça !
« La France n’a de leçons à recevoir » dis-tu ? Dans ce cas, suivant les pointillés, coupons-là, et hop ! A la baille ! Et vogue la galère, le radeau ! Tant nous ne méritons pas le mur que d’aucuns nous prédisent, mais un naufrage, immense, en noir et blanc … « Plutôt blanc » glavioteront les « de souche » qui, soyez-en certains, jusque dans la tempête et les enfers, les poumons gorgés d’eau, de sel et de déchets, ne sauraient d’avis diverger, puisqu’ils sont invariables, invariablement sots. Des fous, des gredins, voilà ce qu’ils sont ! La lie et le déshonneur ! Coulez-moi « ça » par le fond avec dans les haut-parleurs, du Zemmour et du Dantec. Et bon débarras ...
Se taire. S’enterrer. Plus bouger. Fermer les volets, les écoutilles et les clapets. Au diable vos fadaises (« Ça suffit ! ») vos Universités d’Eté, c’est l’hiver, c’est mort et c’est tant mieux ! Laissez ! Laissez-les faire ! Puisqu’ils vous le disent et répètent, ils « ne font qu’appliquer la loi » comme d’autres, autrefois. Mais n’allez pas le leur rappeler, ils ne s’en souviennent pas, ils n’étaient pas nés, ça n’a rien à voir ! Vous perdriez votre temps. De « bien-pensants » vous seriez, fissa, relégués au statut peu enviable de « munichois ». Tu vois, c’est cuit, râpé, mais tu le savais, n’est-ce pas ? Si, tu le savais que l’Histoire n’est qu’un éternel recommencement. Il suffit d’une crise, et zou, on remet le couvert, l’immonde ! Sauf que, nous n’en sommes qu’à l’entrée, tu vas morfler, et copieux, quand viendra le plat de résistance ! Oui, je sais, qu’il est fort mal approprié, de par les circonstances, ce mot-là : résistance ! Morte qu’elle est, la belle ... Dépecée, et ce n’est qu’un début ! Tout, ils oseront tout ! Et jusqu’au trognon ! La peur, ça les connaît ! Pour nous la foutre, ils sont champions ! Et ça marche à tous les coups ... Alors pourquoi s’en priver ! … Quelle misère ! … Mais quel est donc ce peuple, de quel cerveau est-il doté, en a-t-il un, lui qui se prend pour Attila ?
« Dans une France socialiste/Je mettrais ces fumiers debout/A fumer le scrutin de liste/Jusqu’au mégot de mon dégoût » [*] et le goulag, Pépé ! Le goulag ! Ça leur ferait les pieds ! Peut-être même que ça leur donnerait des idées. A la noix, à la con, mais des idées !
Se taire. S’enterrer. Plus bouger. Regarder les trains, ceusses de la mort, passer, la nôtre, et l’hiver ... Regarde comme il est chouette, cet hiver ! Tu pourras bien le décréter, le couvre-feu, mon Hortefeux, il n’en aura cure ! Lui, tu ne pourras pas l’arrêter ! Pas plus l’expulser ! Il est là et pour longtemps ! Vidéosurveille-le, si ça t’amuse ! Injurie-le, traite-le de ce que tu veux d’ « Auvergnat » de « voyou » de « crapule », tu ne risques rien ! Ni condamnation, ni peine, ni amende ! Quant à le réguler, Nicolas, n’y pense même pas ! Il est sourd, plus encore que Liliane ! Envoie-z-y donc l’autre benêt, celui qui nous les brise de Nice, nous chanter son refrain : « Eté ou hiver, il faut choisir ! » .. Trop tard, malandrin ! Cet hiver ne nous quittera pas. Il est, désormais, notre drapeau national ! Notre pavillon à hisser sur le radeau que vous nous avez destiné, reste de France, pauvre de nous.
L’avait raison, Léotard - pas Philippe, François. Oui, « Ça va mal finir ». Mais comme c’est long et tuant ... Alors finissons-en, vraiment ! Laissez ! Laissez-les faire ! Taisons-nous ! Enterrons-nous ! Ne bougeons plus ! Comme hier, comme avant-hier, comme souvent ! Car, qu’avons-nous fait, hein ? Pour éviter « ça » ? Nous sommes-nous battus ? Même pas ! Regarde ! Les rues sont désertes, les grèves non-reconductibles, les pétitions atones, les protestations muettes, or, donc, nous sommes complices, nous sommes d’accord ! Complices des expulsions et des rafles ... D’accord pour les foutre dehors, eux et les suivants ...
Or, donc, complices et d’accord, nous ne sommes plus rien. Pas même des français. Surtout pas, des français ..
Et comme on ne peut être et avoir été, alors qu’advienne l’hiver.
Et nous enterre.
[*] Extraits de “Ils Ont Voté” [Léo Ferré]
17:07 Écrit par Philippe Sage dans Anticipation, La Tristesse, Sarkozysme | Lien permanent | Commentaires (68) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : une tâche de honte sur notre drapeau, roms, régime de vichy, français de souche, discours de grenoble, rafles, la france n'a pas vocation à, la france n'a pas de leçons à recevoir, présidence sarkozy, racisme d'état, ça va mal finir |
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