07 février 2011
La Révolte De La Chair [Ou L'Afrique Vue Du Ciel]
Et je me demandais – pas vous ? – ce qu’il en advenait de la Côte d’Ivoire. Avec tout ce ramdam.
Ah ! la hiérarchie de l’info, comme c’est édifiant … Or donc, qu’en est-il de Gbagbo, de Ouattara ? … Du pion de jadis et du pion de demain ? .. Car, c’est bien de cela dont il s’agit, n’est-ce pas ? .. De pions. That’s the point.
Oh ! je dois vous le dire, mauvais comme je suis, teigne, salopard, je me réjouis. Me voilà, aux anges. Même de la mort, peu me chaut. C’est que dites, Tunisie, Egypte, ça tangue, ça vacille, même que ça chie dans son froc.
Faut voir les tronches, six pieds de long, de large, qu’ils affichent, nos stratèges. Agitant, comme convenu, prévisibles qu’ils sont, la « menace » : l’is-la-mis-me … Non ? Vraiment ? … Je serais (presque) tenté de dire : et alors ? … On ne peut pas tout prévoir, n’est-ce pas ; voilà tout.
Oui, je suis hautement cynique, mais j’en suis l’enfanté ; du cynisme. Et d’ailleurs, j’en remets une couche : non, nous ne sommes pas tous des Tunisiens, pas plus des Egyptiens ou des Palestiniens, nous sommes, avant toute chose, nous autres occidentaux, les enfants (assis, courbés, bien obéissants) du cynisme. Faut-il l’être pour donner dans l’excursion aérienne de type touristique au-dessus d’un pays se soulevant … Voilà un signe qui ne trompe pas. Tout un symbole. Et dire que ce sont les mêmes qui nous assuraient vouloir « moraliser le capitalisme » .. Vous ne voyez pas le rapport ? Entre un jet privé – dont on se fout royalement, soi-dit en passant ; le point est ailleurs – et le merdier dans lequel nous voilà rendu ? … Pourtant, c’est du limpide. Ça crève les yeux …
… Reprenons le fameux : « L’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire » (donc on peut le survoler, voyez, en jet privé, quand bien même serait-il à feu et à sang).
Ça n’était point un effet de manche ou de style. L’esprit tout décati, bouffi, gâté, pourri, paresseux même, y aura vu comme un relent de la coloniale, comme du racisme épouvantable. Au minimum, une insupportable condescendance (ce qui est un fait, au demeurant).
Fallait pousser plus loin. Tant un terme se détachait. Posait problème, comme l’on dit. Et ce terme, c’était (et reste) : l’Histoire. Mais laquelle ? De quelle Histoire était-il question ? Qui en décide ? Qui l’impose ? … C’est gaudriolant mais il me semble que les Tunisiens (« A Qui Le Tour ? » fanfaronnait Libération considérant donc l’affaire comme un jeu – cynisme, toujours) et les Egyptiens viennent de répondre. A leur façon… Pour faire court, ils nous ont dit, peu ou prou :
« Allez vous faire foutre ! Vous et votre Histoire ! On n’en veut pas (plus) de votre Histoire ! Elle est pourrie, votre Histoire ! » …
… Et nul ne peut dire où ça « nous » conduira.
Oh, ça jacte, ça cause, ça rotative, et bla, et bla, et bla, entre ici Barbier, explique-nous donc comment elle va désormais se danser, l’Histoire ! Mais rien, ils n’en savent rien. Ni Barbier, ni Adler, ni Attali, ni personne. Nada ... Comment voulez-vous qu’ils voient (ou entravent) quelque chose, eux qui n’avaient déjà pas vu venir la « crise » ? Ni même, jadis, la Chute du Mur ? Ni rien. Zéro.
Pourtant, c’est comme pelote de laine qui se défait, lentement, mécanique quasi magnifique, logique, mathématique … Mais revenons à nos moutons. Lesdits pions.
Nous qu’avons la chance de vivre en belle démocratie, propre, irréprochable, nous sommes citoyens. Elisant maires, députés, présidents et tutti (Balkany compris). Ça est un progrès considérable, n’est-ce pas, d’avec la royauté, où nous n’étions que sujets, serfs et vassaux. Pauvres assujettis … On y a gagné. En épanouissement. Même qu’y a pas plus heureux et libres que nous autres au monde. Pas vrai ? ..
... Mais, dans une contrée (et comme elle est « nombreuse » !) où le dirigeant n’est autre qu’un pion (Gbagbo, Ben Ali, Moubarak, etc.) placé là par le Nouvel … l’ex-Nouvel Ordre Mondial, pour ne point contrarier la bonne marche en avant – L’Histoire, à vrai dire - dudit Ordre, son ultralibéralisme farouche, dévorant, jamais rassasié … dans ces contrées, comment appelle-t-on les … ? Qu’y a-t-il en dessous d’un pion, je veux dire ? Qui sont-ce ? … Vu d’avion, il semblerait que ça n’était pas grand-chose, proche du rien même, juste de la chair destinée, via le pion (s’engraissant), à entrer dans l’Histoire façonnée, organisée, salée et poivrée par un Système et un seul, le même pour tous mais au seul profit d’une poignée.
Poignée faisant et défaisant telle contrée, telle monnaie, tel régime, telle pensée, etc.
Une poignée téléportant (loin de chez elle) la guerre par-ci, le carnage par-là (aux noms de la liberté et de la démocratie, cela va de soi).
Monnayant et négociant via ses pions, processus de paix par-ci, processus de prout par-là.
Qui a été assez fou pour croire que cette Histoire, cette entourloupe de première, tiendrait la distance ?
Tant qu’il y avait des régimes communistes certifiés au carré, bien militaires, bien goulagant (même que ça nous donnait comme un côté humain, à nous autres, ceusses de l’Ouest ... nous qu’on aurait jamais fait un truc aussi dégueulasse, n’est-ce pas ?) ; oui, tant qu’y avait du bon gros communiste de compète (qui mange les enfants ..) pour faire mumuse avec l’Axe du Bien, ça usinait, mais dès lors qu’y a plus …
… Cet Ordre Mondial bankstérisé comme jamais, mais il s’est vu trop beau, le mignon ! Prenant, de plus en plus et aveuglément, la planète pour un Monopoly doublé d’un Stratego ... Mais quand le pion se fait bouter par la chair, puis un autre (« A Qui Le Tour ? » s’en amusent donc les rigolos) et que cette chair elle dit, on ne veut pas d’un autre de vos maudits pions, on veut la liberté, celle de choisir notre destinée, et votre Histoire, votre Système, votre Pensée, nous n’en voulons pas ! Que se passe-t-il ? … Oh ! Barbier, tu réponds-tu ?… Gaffe à la « menace », dis-tu, ainsi que tes congénères ... L’Islamisme ! … C’est une éventualité. Y’en a d’autres, ceci dit. Plus réjouissantes … Mais que veux-tu : « On ne fait pas d’omelette sans … » …
Fallait y penser avant. Voilà tout ... Idem pour la « crise » (du reste, y'a comme un lien ... Non ?)
Le pauvre, l’affamé, le « 1 dollar par jour » (soit la majorité peuplant cette planète) c’est une proie. Si cet Ordre Occidental avait eu pour but de réduire la pauvreté, par un système plus juste, plus humain, plus solidaire, t’aurais pas des problèmes en « misme », puisque pas (ou peu) de proie(s) .. Réjouis-toi, en attendant, que la Chine rachète ta dette.
Dieu sait (Ou Allah, si ça vous fait tellement plaisir – après tout, je comprends, il faut bien vendre du papier, et puis, la peur, c’est fédérateur) où la Révolte de la Chair (nous) conduira.
Toujours est-il que la prochaine présidentielle (oui « Retour en France ! » comme dit, à tout bout de champ, le présumé journaliste) sera, dans ce contexte, follement amusante ... Vrai, c’est toujours un plaisir d’avoir à choisir entre Pepsi et Coca. Si tant est que la marque soit, d’ici 15 mois, toujours bankable.
Allez savoir …
16:49 Écrit par Philippe Sage dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : egypte, tunisie, afrique, pays arabes, révolutions, occident, islamisme, libertés, démocratie, dictature mondiale, a qui le tour ? |
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07 janvier 2011
Les Oiseaux [De L’Indignation Et Du Nouvel Ordre Mondial]
[1ère Partie] ... Aux anges, que j’étais, quasi ému. Quand je l’ai vu, dis, le sujet : la pluie. Même que j’ai gardé le document, comme un trophée, une relique ... Attends, que je te le sorte. Bouge pas .. Voilà .. C’est du polycopié certifié .. Mercredi 4 mai 1977 .. à 8 heures 30 … Durée : 2 heures .. Coefficient (Section C) : 3 .. Un texte d’Alain. Très court. 13 lignes … « Sous La Pluie » qu’ils l’avaient intitulé .. Un extrait de Propos Sur Le Bonheur qu’il était précisé, souligné .. Aucune hésitation, dis, d’emblée, hop ! la deuxième proposition, que j’ai prise : « Décrivez, en une page au plus, une rue sous la pluie » … Comme ça fusait ! j’avais qu’à les égarer, mes lampions, les laisser partir, divaguer, et tout, je revoyais tout, la solitude, les carreaux, le ciel, tout ... Combien que j’ai eu ? … La note ? Le nougat. Je sais pas. Un concours que c’était. Les notes, ils les donnent pas. Jamais. T’es reçu, 8 sur 100, ou tu l’es pas. C’est tout. Après tu pars, tout tu quittes, tes vieux, ta petite sœur, ta chambre, tout ... Parce que la pluie, tu l'as saisie. Tu sais pas, pourquoi, d’où ça vient, c’est comme ça. A peine quinze piges, et c’est la pluie. C’est elle qui te la fait galoper, l’imagination ; elle qui t’emmène, loin. Plus jamais revenir …
Aujourd’hui, c’est pas, c’est plus la pluie.. Non .. C’est des oiseaux qui tombent du ciel .. Par centaines .. Des oiseaux .. Bordel … Des piafs …
Où que j’en étais ? .. Ah oui .. L’indignation. Le Nouvel Ordre Mondial. L’oiseau de malheur ..
On peut bien faire les marioles, les indignés, les Mélenchon, qu’est-ce que ça changerait ? Ils nous ont déloqués, plumés, petit à petit, patiemment, tout, ils nous ont tout enlevé ! Même la démocratie. Il n’en reste plus rien. Une urne. Et des mots crasseux pour l’emplir .. Voilà à qui, à quoi, ils l’ont réduite, la démocratie. A Séguéla. A Tapie. Autant dire un dégueulis, un simulacre, je dirais même une dictature (le Nouvel Ordre Mondial, que ça s’appelle, affirmatif ! Où, paraît-il, le chinois est heureux de palper des nèfles ! J’t’en foutrais, salopard ! vendu ! loufiat !) une dictature, disais-je, et avec notre bénédiction, s’il vous plaît, tellement qu’on a rien dit, qu’on a laissé faire, filer, fainéants d’endettés qu’on est !
Faudrait-il que le peuple, tous les peuples crèvent de faim ? Tous sans exception, à l’unisson, pour que ça s’indigne, se révolte, y foute la feu … Et quand bien même, il n’est pas certain qu’elle naîtrait alors, qu’elle surgirait enfin, comme un poing, énorme, gigantesque, celle par qui tout est possible, celle avec et par qui tu renverses tout, banquiers, fumiers, bonimenteurs, régimes et montagnes comprises : la solidarité ... Sans elle, comme elles sont orphelines, la révolte, l’indignation ; sans elle, la solidarność, point de salut … Que de la pluie, noire. Une pluie d’oiseaux tout occis, crounis, kaput !
Oh ! on en cause de solidarité, on la rupine plutôt, on nous la vend et vante, by « épisode neigeux », by inondations, la terre et tout son tremblement, 3,2,1, partez ! Oyez, oyez ! Ce sont les soldes du cœur ! Donnez donc, braves gens, les aimables, c’est l’heure, y’a du record dans l’air !.. Regardez, voyez comme ils sont solidaires, n’est-ce pas, les français dans ces moments-là … Ces moments-là, oui. Et encore ! C’est du montage télévisuel, du préfabriqué radiophonique, de l’épate médiatique, faut pas se leurrer .. Une fois les micros fermés, les caméras caltées, tout le monde y rentre chez lui, s’enferme, à double, triple-tour, se protège.
Il l’a bien noté, son altesse fanfaronnante. Le Sarkozoïde. C’est le mot-clé de ses vœux de la 2011 : « protéger », « protection ». Huit fois qu’il l’a écrémé. Au subjoncprout de l’imparfait … Sarkozy, le « protecteur » … Vous me la polycopierez ! .. C’est la meilleure de l’année. Et dire qu’elle ne fait que commencer ! … Ça promet.
Des mots, j’entends, que des mots ! attrape-nigauds ! pas à nous, on marche pas, pas deux fois ! On n’en veut plus de cet homme-là, l’Atlantiste, l’Otaniste, gérant, ô combien comptable, du Nouvel Ordre Mondial …
... Des mots, certes. Mais comme ils résonnent. Positivement... Allez donc la prendre, la température, vous en serez tout édifiés. Comme ça en quémande de la vidéosurveillance à gogo, du scanner puissance X, du contrôle au facies, de la fouille au corps, au cul, partout ! Ah, protégez-moi, messire, s’il vous plaît, mes petites économies, ma petite maison, mon petit travail .. Boutez-moi ces Roms, ces musulmans, hors de là, hors de tout … Et ça se dit fier d’être français … Les poltrons ! ..
Un peuple gai, joyeux, imaginatif, il s’en balance de la protection d’icelui : il vit.
Or, c’est l’évidence, ça crève les yeux, nous ne vivons plus. Bouffés, rongés que nous sommes par la peur, qu’implore protection, assistance. Et qui dit peur, dit : pas de solidarité. Aucune. Zéro. Ou alors au clairon médiatique, et de la comptée, de la mesurée : Haïti, oui ! Vendée, oui ! Myopathes, aussi ! Mais Pakistan, jamais ! Pas conforme, trop musulmane .. Cher, que ça va se caguer, cet abandon, ce mépris. A la bombe. Thermonucléaire. Bactériologique. Même qu’on l’aura pas volée ... Nous, les laborieux, à qui l’on a tout pris, pensée, raison, acquis, salaires, espérance de vie, sans que l’on bronche, ni l’oreille, ni la queue, abrutis que nous sommes de télévision, cette salope, vecteur principal, omniscient, du Nouvel Ordre Mondial ; la télévision, cette endormisseuse, la décervellisante, tueuse dans l’œuf de toute révolte, de toute indignation. Comme des cochons, qu’elle nous traite et considère. Du bétail microtrottoirisable. Malléable. Ajustable …
Faut l’éteindre. L’autodafer. Avant qu’elle fasse de nous autres des oiseaux morts. Nous qui, déjà, ne vivons plus. Morts de peurs. Nous plaignant de tout. D’insécurité organisée, orchestrée, marketée par le Nouvel Ordre Mondial. De calembredaines abracadabrantes.
Même du temps, qu’on s’en plaint. De la pluie. Ma jolie …
[3ème Partie]
18:10 Écrit par Philippe Sage dans Il Est Trop Tard | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : indignez-vous !, nouvel ordre mondial, sarkozy le protecteur, pluie d'oiseaux morts, jacques séguéla, bernard tapie, dictature mondiale, tueuse de démocratie, télévision piège à cons, les chinois sont heureux, les peuples sont peureux, organisation de l'insécurité, régime de la peur |
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05 janvier 2011
Les Banksters [De L’Indignation Et Du Nouvel Ordre Mondial]
C’est ni l’âge, ni l’hiver, non, c’est l’os. On l’a dans l’os et pis c’est tout, et pis c’est marre. Y’a plus d’issue. Le périmètre est bouclé, Chérie, c’est pas qu’on a rien vu, c’est juste qu’on a laissé faire, par fainéantise. Par lâcheté. C’est fini. Comme qui dirait. Y’a plus que le chaos qui vaille. Vivement qu’il se radine.
En attendant, faisons pas dans l’amphigourique, n’est-ce pas, c’est pas l’heure, c’est pas le temps, faut causer simple et cru pour s’attirer la sympathie des masses, jacter, à l’emporte-pièce, apocopes, aphérèses, au truisme, à l’équation, la mathématique, celle que le peuple comprend, derechef, sans se creuser la tête … Y’a pas plus fainéant du caberlot que celui-ci, le peuple. Il gobe tout. Recta. Alors s’indigner … Vous pensez ! …
Cher monsieur, sauf le respect que je vous dois, vous êtes bien aimable, attendrissant, bien urbain, mais s’indigner, c’est trop tard. C’est fini. Elle est pliée, l’histoire, résolue, depuis belle lurette, depuis lustres. Ils ont tout pris, monsieur, se sont servis, y’a plus rien, et nous, qu’on a laissé faire, même qu’on a pas moufté, rien, zéro. Moins que tout, moins que cons, que nous sommes ... S’indigner maintenant, alors qu’ils nous ont vidés, dépecés, ficelés, lavés, essorés, formatés, enrôlés, désossés, encore une fois, cher monsieur, vous êtes bien gentil … voilà, c’est le terme, l’adéquat : gentil … Mais c’est trop tard. Terminé. Le pognon, c’est eux qui l’ont. Le grisbi. Pas touche ! La finance, la banquière, la Reine-Mère, celle qui fait tourner le monde, le Nouvel Ordre Mondial, celui qui assujettit, esclavagise, ratiboise, décommunise, qu’instaure une pensée et une seule, une culture et une seule, une langue pas plus, il a gagné, triomphé, et l’on n’y peut plus rien. C’était avant, très avant, qu’il fallait s’indigner, protester, dans toutes les rues du monde, dire non, prendre les armes même … mais dorénavant, c’est trop tard, monsieur. On a laissé filer, crétins, endormis, fainéants, lâches, soumis, larbins, serviles ! alors de s’indigner, maintenant, que tout est fini, de quoi aurait-on l’air, monsieur ? De rien … De clowns et pis c’est tout. De paquets de viandes.
On a trop regardé passer les trains, ceusses du pognon, sans broncher. Notre pognon, de surcroît, monsieur ! Le nôtre, c’est certain, affirmatif ! Pourquoi voulez-vous qu’on s’indigne ? Même pour le Madoff, on a rien dit. Rien ! Et pour tous les autres, pareil. Ou si peu … A table, le soir, dans un bistrot, petite indignation confortable, qui n’engage à rien, qui soulage, et le lendemain, on retourne au chagrin, pour 1100€ le mois .. Et encore, je suis large .. Vous savez combien ça palpe un Madoff ? … 200, 500, 1000 fois ce qu’on gagne, monsieur ! L’aurait fallu s’indigner dès 5 fois, voyez. Si vous dites rien, bougez pas le doigt, l’oreille, pas même la queue, que vous laissez faire, dès 5 fois, y’a plus à s’indigner.
Un Proglio, z’êtes au courant, combien ça se met dans les poches, l’année ? … 200 fois notre pain dur. Voire plus ... Oh, il présente bien Proglio. Itou Bolloré, Lagardère, Bettencourt, Arnaud, Dassault, Servier, Bouygues, Rothschild, Puech, Guerlain, Louis-Dreyfus, c’est de l’intelligence. Ça se monnaye, l’intelligence. Les hautes études. La roublardise. Faut croire … Mais 500, 600, 1000 fois notre malheur, c’est de la disproportion. Ça est pas normal, ça est pas justice.
Mais que voulez-vous le peuple, tous les peuples, ça marche aux boniments, tu lui dis « travail », « mérite », « récompense », il plonge. Et deux fois. Et encore. Et toujours. Y voit pas l’embrouille, l’entourloupe. L’endormi. Recroquevillé sur ses petits acquis de pauvre, ses RTT riquiquis, ses vacances à crédit, sa sociale sécurité … On lui fait comprendre, à l’enclume, que c’est cadeau, c’est sacrifice, la collectivité, la solidarité, trime, trime, mon coco, et tais-toi, renégat ! Et savez-vous quoi ? Il obtempère. Soumis … C’est misère, n’est-ce pas ? Pendant que Madoff et consorts, ils t’assèchent et se bâfrent, 1000 fois, 3000 fois ! Et nous qu’on dit rien.
La vérité, monsieur, c’est lorsque les Lehmann, Bettencourt, Servier, et tous les autres, ils s’emplument, c’est nous qui paye les déficits. Sans mots dire. Comme des glandus. Comme des grecs … Et l’on nous parle de solidarité ? Solidarité, mon cul ! Nous sommes solidaires de qui, de quoi ? Mais des Madoff, des Rothschild, des Dassault, de la finance, du Nouvel Ordre Mondial. Voilà, l’histoire. C’est nous autres, qui les engraissons, copieux. On a dit oui, monsieur. Par renoncement. Par lâcheté. Par fainéantise …
Quelques jours, on s’acharne sur un Ribéry. C’est crétin, un Ribéry. C’est pas Proglio, voyez … Proglio, c’est intelligent. C’est raffiné. Mais Ribéry .. D’où qu’y sort ? Alors que c’est idem. C’est pas une affaire de Proglio, de Ribéry. C’est une question de disproportion. Dans les deux cas … Qu’on soye intelligent ou crétin, qu’on vienne des beaux quartiers ou de la merde, y’a pas à tortiller, 500 fois, 1000 fois, 3000 fois, c’est même plus de l’indécence, c’est notre faute … Fallait dire non, dès 5 fois ! ... Faire une distinction entre un Proglio et un Ribéry, c’est discrimination. Ça a pas lieu d’être. Les coupables, c’est nous ! Parce qu’on a rien dit. Laissé faire. Embobinés. Trimballés. Etriqués.
Alors s’indigner, dès lors que tout est plié, terminé, que le Nouvel Ordre Mondial avec sa langue, sa pensée, sa dictature, est bel et bien installé, adoubé de surcroît par tous les régimes de la planète, Iran et Chine comprises, vous n’y pensez pas, monsieur ! C’est trop tard. C’est fini. A moins de prendre les armes. Lourdes. Un carnage. Le chaos. Voilà ce qu’il nous reste. Rien d‘autre. Et pis c’est tout.
[2ème Partie]
17:12 Écrit par Philippe Sage dans Il Est Trop Tard | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : indignez-vous !, stéphane hessel, il est trop tard, nouvel ordre mondial, la finance, les banquiers, esclavagisme, salaires des grands patrons, solidarité mon cul !, pensée unique, dictature mondiale, la mort des peuples, il n'y a plus rien |
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