09 décembre 2010
Le Triomphe Annoncé De La Gouvernance Mondiale
Manifester ? C’est dépassé ! Retirer son argent des banques ? C’est irresponsable ! Internet ? Une poubelle ! Râler, geindre, se plaindre, gueuler, pétitionner, ah ça ira, ça ira ? C’est un mal français. A les entendre, nous ne sommes rien. On ne comprend rien. On ne compte pour rien … Enfin ! Ouvrez les yeux ! C’est plié, fini, terminé, qu’ils nous chantent. Depuis belle lurette. Rendez-vous à l’évidence. Rendez-vous tout court.
Quoi qu’on dise ou fasse, c’est égal, c’est pisser dans un violon, c’est de l’ordre du folklore à leurs yeux, un pet de lapin. Et puis dites, qu’ils ajoutent, vous qui critiquez les banques, haro, haro, les spéculantes, mais vous, qui êtes-vous ? Des consommateurs, pardi ! Autrement dit, vous êtes dedans. Vous faites partie de la chaîne, du système, vous ne pouvez pas vous en extraire. Or donc, caltez, trissez, retournez marner, suffit maintenant, la « gouvernance mondiale » est en marche ! Oui, « mondiale ». Ils l’ont dit ! Les pays, les nations, tout ça c’est fini. Soldé. Balayé. Qu’est-ce que vous croyiez ? Que vous alliez faire tomber le système, voire l’ébranler, avec vos peccadilles, vos Cantonades ! Mais Tudieu, n’avez-vous pas encore pigé, que le système, c’est comme Sega, c’est plus fort que toi.
Vider les banques ; bande d’irresponsables, va ! Qui en paierait le prix ? Les pauvres, les classes moyennes ! Voilà ce qu’ils nous disent ! En jouissant. Ah ! ah ! bande de cons ! Vous pensiez tsunamer les Goldman Sachs, et ses sous-fifres d’Europe, BNP, LCL et tutti quanti, eh bien non, ce sont vos semblables que vous torpillerez, noierez. Autrement dit : niqués vous êtes, dix fois, cent fois, au cube, au carré, quoi que vous fassiez, vous l’aurez dans l’os jusqu’au trognon, et bien profond.
Mondiale, la « gouvernance » est mondiale. Quant à l’Internet, rêvez pas, on va le museler, mondialement itou, on va lui faire la peau, le véroler, on va la vider ta « poubelle », te la normaliser et recta. C’est dans les tuyaux. C’est prévu.
Et puis, c’est bien sympathique, n’est-ce pas, vos petites rebellions, mais les gens, les vrais, ceusses du quotidien, ils ne vous suivront pas, jamais. Abrutis de télévision, de jeux, de divertissements, étranglés par les crédits, la société de consommation, celle que nous avons, pas à pas, pierre par pierre, échafaudée, pour que, justement, ils ne lèvent pas le petit doigt, bien sages, bien conciliants ; et quand bien même ! Les gens ! C’est ingrat, ça pense qu’à soi ; au front, ça monte pas, jamais ! ça préfère rester chez soi, à regarder passer les révolutions, celles que nous tuons dans l’œuf ; ils bougeront pas leur cul, les gens, croyez-nous, jamais ils ne vous suivront, dans vos appels, vos pétitions, vos cris, votre tintamarre, on s’est arrangé pour, le périmètre est bouclé. Et ce qui est formidable, c’est qu’on peut leur faire avaler n’importe quoi ; facile ! Et pourquoi ? Parce que les médias, c’est à nous ! Les banques, itou ! La Loi, idem ! Tout, on contrôle tout, de A jusqu’à Z. Même le langage, c’est nous. En deux temps, trois mouvements, on fait de vous des archaïques, des passéistes, des bien-pensants, des bobos, des droitsdelhommistes, des idéologues, des privilégiés même, du genre qui crachent dans la soupe ! Tout, tout est bon pour vous décrédibiliser, on pourrait même – et d’ailleurs, nous l’avons déjà fait – vous faire passer pour terroristes, totalitaires, fascistes, mais oui !
Rien, il ne vous reste rien ! Sinon, cette parodie de démocratie : les élections ! Mais là, pareil, c’est plié, bouclé, plus de gauche, plus de droite, Sarkozy, DSK, c’est du kif, la différence étant d'ordre bassement cosmétique.
Que du mondial, une « gouvernance mondiale », horizontale. Orwellienne.
La seule révolution, c’est la nôtre. Nous sommes en train de l’achever, en beauté, ah le beau travail, de la belle ouvrage ! Tout est aboli ou quasiment ! La culture y compris ! Regardez vos héros, ceusses que le peuple idolâtre, d’où qu’ils viennent désormais ? De la téléréalité ! La médiocrité au sommet, vénérée, achetée, promue, encouragée ! Que du people ! Et ça marche ! Z’ont même investi par quintaux les salons du Livre, c’est dire, comme on vous l’a salopée, la culture ! Atomisée ! Standardisée. De la pornographie, voilà ce que nous en avons fait. Le mieux-disant culturel, tu peux te le carrer où je pense, citoyen. Et du reste, les gens, les vrais, les laborieux, s’en foutent, n’en veulent pas, de ta culture ; les élites, ils les vomissent désormais ! Tout ce qu’ils veulent, les gens, c’est la paix par la sécurité. A n’importe quel prix ! Même celui de leurs libertés les plus élémentaires.
La sécurité et la culture, c’est pas compatible.
Il n’y a plus que des esclaves et nous ! C’est irréversible. Inéluctable. Regardez les grecs, les portugais, les espagnols, les irlandais, comme on te les a matés ! Et pourquoi ? Parce qu’il n’y a plus de grecs, de portugais, d’espagnols ou d’irlandais ! C’est fini, terminé ! Mondiale ! La « gouvernance » est mondiale ! Alors manifestez si ça vous chante, pétitionnez, geignez, râlez, ouvrez-là, mais oui ! bloguez, postez, épuisez-vous, de toutes les façons, vous voterez, n’est-ce pas ? et pour qui ? Pour un représentant de la « gouvernance mondiale ». Pas pour un autre. C’est écrit.
Et quand bien même, un accident, un soubresaut, tiens donc ! les gens, d’un coup, avec vous se rebelleraient, par les urnes, ah ça ira, ça ira ! Peu nous chaut ! Souvenez-vous, le Traité pour une Constitution Européenne ! Comme on vous l’a bien fait bouffer, en loucedé, par derrière, via Lisbonne, et hop-là !
Niqués, dix fois, cent fois, au cube, au carré ! Cocus, vous êtes ! Cocus, vous resterez ! Des consommateurs de notre système ! Et ça, vous n’y pouvez rien. Vous ne pouvez pas vous en passer. Y renoncer. Accros que vous êtes, pourris, gâtés, même endettés, jusqu'à la couenne, vous en voulez encore et toujours. Vous êtes le système, vous êtes dedans, que vous le vouliez ou non.
Un peu de commerce équitable pour amuser la galerie, du discount pour les gueux (oh ! low cost !), de l’économie verte pour les autres, du dentifrice pour toutes les dents de la planète, et zou ! Le besoin, c’est fantastique ! On est champion dans ce domaine ! On le crée, à foison, et de plus en plus vite ; numérisation, robotisation, miniaturisation, gadgets, pour hommes, femmes, enfants, seniors, pauvres, riches, cadavres, impotents, et joyeux Noël ! ... S’il y a une solidarité et une seule, c’est celle-là : celle du consommateur ! Et c’est nous qui l’avons construite. Indestructible. Comme nos banques, nos lois, nos publicitaires (ah ! les braves gens) notre « gouvernance mondiale » ! Elle arrive, elle est déjà là, bien installée.
Tout, on a tout racheté : les biens publics, les acquis sociaux, tes hôpitaux et même ta Police ! Le monde, ton petit monde, péquenot, on l’a privatisé. Patiemment. Et demain, c’est ta Sécurité Sociale qui y passe ! Et tu moufteras pas, c’est certain. Comme pour les retraites, dans le cul, la balayette !
Le discours, les arguments, sont prêts, imparables, et les mutuelles, affutées.
Rien, il ne vous reste rien. Sinon vous plier, demain, après-demain, peu importe, le temps joue pour nous.
Vous, nous le savons, un jour, vous lâcherez l’affaire, fatigués, éreintés, c’est couru, c’est l’évidence. Dans le rang, vous rentrerez. Pis ! Vous cracherez sur la jeunesse, la dénigrerez, comme vos parents, comme tous les pauvres gens, les perdants, vous tuerez, à votre tour, aigris, leur rêves, leurs illusions, leurs combats.
Ça, itou, c’est écrit. C’est comme ça. C’est nous !
Vous ne mourez pas pour vos idées. Jamais.
Or donc, nous avons gagné.
17:51 Écrit par Philippe Sage dans Crise Financière | Lien permanent | Commentaires (75) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gouvernance mondiale, la victoire du libéralisme, le triomphe des marchés, les banquiers rois du monde, le peuple est mort, fin de la démocratie, dictature, totalitarisme, société de consommation, un monde de consommateurs, orwell, privatisation du monde, liquidation de la culture |
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08 décembre 2008
Selon Que Vous Serez Un Dictateur Africain Ou Nord-Coréen ...
"... Il doit partir !"
Qu'il a dit, aujourd'hui, M'sieur Sarkozy.
Et la communauté internationale, elle est d'accord avec lui.
Mais QUI doit partir ?
Robert Mugabe.
Le Président du Zimbabwe.
Tu me diras, il est grand temps de s'en préoccuper vu le sale état dans lequel se trouve l'ancienne Rhodésie du Sud et la lente agonie du Zimbabwéen moyen.
Ça date pas d'hier, c'te affaire !
Alors, pourquoi la communauté internationale se réveille-t-elle, aujourd'hui ?
Hein ?
Mais non, c'est pas parce que c'est bientôt Noël ! ... T'es con ou quoi ?
C'est parce que, ce lundi 8 décembre 2008, nous fêtions le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme !
Voilà pourquoi !
Pour l'anecdote, l'an dernier - et tu vas voir comme c'est super drôle - pour le cinquante-neuvième anniversaire, la France .. M'sieur Sarkozy accueillait à l'Elysée, tapis rouge déployé, un certain Colonel Kadhafi, qui comme chacun le sait est le meilleur ami des droits de l'homme ..
Or donc, il faut attendre un jour anniversaire pour monter sur ses grands chevaux d'occidental pur et chaste, mais, le reste du temps, soit 364 jours à l'année (hors bissextiles) on s'en fout, mais d'une force, de ce qui s'passe au Zimbabwe, si tu savais !
Mais là, tu comprends, entre deux coupes de Cristal Roederer et quelques ignobles macarons, c'est la fête, on s'embrasse, on mate la robe trop sexy de la Carla et on entonne un "Happy Birthday to yoOOOuu, les Droits de l'hoOOOOomme !" avant de se dire que merde, oh les mecs, faudrait comme qui dirait marquer le coup ..
... Trouver un symbole, un ennemi de ces droits de l'homme (que la France est la première à respecter, bien sûr ...), un sanguinaire de première, un vieux de préférence, un qui n'en aurait plus pour très longtemps (à vivre), histoire de s'attirer le moins d'emmerdements possibles (d'autant plus que c'est bientôt Noël ...) et c'est ainsi que cette année, c'est tombé sur Mugabe.
C'est vraiment pas de chance pour toi, Robert !
En même temps, j'vais pas être bégueule, c'est pas une mauvaise chose que de lui demander de partir, de laisser son peuple (mourir) tranquille, même si j'aurais préféré que M'sieur Sarkozy soit plus offensif en se fendant d'un retentissant :
"Casse-toi pauvre con !"
Oui, j'voudrais pas être bégueule mais ...
1 - Va faire comment la communauté internationale pour le déloger, Robert ?
2 - Et pourquoi QUE Robert, d'abord ?
Non parce que, il n'y a pas QUE lui qui affame et opprime son peuple !
Y'en a plein d'autres !
Non ?
Ce que j'veux dire, c'est que quitte à fêter DIGNEMENT (et sincèrement) l'anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, autant faire les choses bien, et demander à TOUS CEUX qui affament et oppriment leur peuple de partir.
Je pense, par exemple, à Kim Jong-il, dictateur bien sénile de la Corée Du Nord.
Mais aussi, à Hu Jintao, l'actuel président chinois - Ben quoi ? C'est bien un dictateur, non ? Alors ...
Raoul Castro, il est pas mal aussi dans son genre.
J'suis pas certain qu'en Haïti, ce soit bien isocèle non plus.
On va peut-être éviter de parler de l'Iran, de la Syrie ... (C'est bientôt Noël - qui rime avec ? - après tout ..)
Enfin-bon-bref, c'est pas les dictateurs qui manquent sur cette putain de planète à qui "on" pourrait, comme à Robert, demander de partir.
Bon c'est vrai que Robert et son Zimbabwe, économiquement, géostratégiquement, pour nous, c'est pas très intéressant.
Voire pas du tout.
Y'a rien, là-bas.
Alors que la Chine ..
C'est bien pour cela qu'on lui demande A LUI, Robert, de partir et pas aux autres.
Faut quand même pas déconner.
Les droits de l'homme, oui, mais pas au point de se fâcher avec des dictateurs qui nous achètent des tas d'Airbus, de TGV - demain d'AGV - et tout ce qui s'en suit.
Et si je disais pour conclure :
"Les droits de l'homme ? ... Mon cul, ouais !"
Tu m'en voudrais ?
22:25 Écrit par Philippe Sage dans Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : robert mugabe, declaration universelle des droits de l'homme, zimbabwe, nicolas sarkozy, dictature |
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12 août 2008
Bonne Nuit, Peuple De France !
Or donc le dalaï lama est en France pour douze longs jours mais son altesse Carlabrunesque, Monsieur Nicolas Sarkozy, ne le rencontrera pas.
Sinon sa femme.
Les mauvaises langues prétendent que c'est la Chine (un pays de plus en plus populaire .. surtout pour les industriels occidentaux que les scrupules n'étouffent guère) c'est la Chine, disais-je, qui dicterait l'agenda de notre bien-aimé Président, en clair, il lui aurait été fermement ... gentiment demandé de ne point recevoir en son palais Elyséen le sieur Lama afin de ne point ternir une amitié florissante .. désintéressée, entre la Chine et ce pays pittoresque qu'est le notre, la France.
Non mais vous déconnez ou quoi, les mauvaises langues ?
Avez-vous oublié que Monsieur Nicolas n'est pas homme à se laisser dicter quoi que ce soit par qui que ce soit ?
Que si on lui chatouille un peu trop les arpions, il te demande de descendre si t'es un homme, un vrai ?
Crois-tu, espèce de sale gauchiste, que notre Nicolas se plierait aux exigences chinoises, lui, qui courageusement, t'envoie balader le premier insolent par un retentissant et formidable :
"Casse-toi pauvre con !"
Oh certes, le Président Jintao, en bon chinois qui se respecte, lui a très probablement dit à notre Nicolas :
"Touche-moi pas avec tes Droits de l'Homme !"
Mais c'est pas grave-grave ...
Ménard ou Cohn-Bendit s'en occuperont des Droits De L'Homme.
Non ?
Et Kouchner, tu dis ?
Mais laisse-donc Bernard tranquille !
Il a d'autres chats à fouetter, comme se mettre en quatre, si ce n'est en huit, pour que Géorgiens et Russes cessent de s'envoyer des missiles à la face.
Du Monde.
Le Monde qui s'en fout bien de l'Ossétie Du Sud trop occupé à applaudir les exploits olympiques de Monsieur Phelps et lyncher comme il se doit, l'ingrat, celle qu'il vénérait il y a moins d'un an encore, Laure Manaudou.
Oui le Monde s'en branle du Caucase, le Monde est cruel, égoïste, injuste, mais ça n'est point une nouveauté.
Au passage, on saluera le timing Géorgien : déclencher, avec le feu vert de l'administration Bush, un conflit en pleine période de Jeux Olympiques, c'est du grand art !
Ou du grand guignol quand ensuite, George Walker Bush Junior en rajoute s'indignant de la riposte Russe, demandant même que cela cesse !
N'empêche que, la fenêtre de tir était osée, mais parfaite si l'on considère que le Monde et son Armada de caniches .. de journalistes préféreront toujours traiter des Jeux que de nous expliquer les enjeux Caucasiens.
Quel cynisme, quel chef d'oeuvre !
Mais revenons à nos moutons ...
Or donc, toi le bobo meublé Ikea du salon en passant par tes chiottes, tu estimerais que si notre bien-aimé président ne reçoit pas le dalaï lama ce serait parce que nos "amis" chinois lui aurait fortement déconseillé de le faire ?
Lui rappelant quelques contrats juteux en bas desquels il manquerait encore le sésame, la précieuse signature.
Mais qui es-tu pour mettre en doute l'intégrité et l'indépendance d'esprit de notre Président ?
Et puis, oh ! Crois-tu que nous sommes les mieux placés pour donner des leçons d'humanité aux autres quand tu vois l'état de nos prisons et la façon dont nous traitons le clandestin, le sans-papiers, dans nos centres de rétention que le monde entier nous envie, y compris la Chine ?
OK d'ac, pas loin de chez nous, une certaine Madame Merkel n'a pas rechigné, elle, à recevoir le dalaï lama.
Mais du coup, et bien fait pour elle ! Madame Merkel ne put se rendre à la splendide cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques Chinois !
Selon le bon principe asiatique qui dit :
"Pas de bras, pas de chocolat !"
Que dis-tu ?
C'est elle qu'avait, de son plein gré, décidé de ne pas se rendre à cette cérémonie ?
Moui ...
Mais elle n'est QUE chancelière de l'Allemagne, alors que notre Nicolas est Président de l'Union Européenne, mon pote !
Ça implique bien d'autres compromissions .. obligations, comme ménager la chèvre et le chou.
Reste à savoir, je sais, qui joue la chèvre.
Allons soyons sérieux, et recouvrons nos esprits.
C'est un faux procès que tu fais à Nicolas.
Nicolas qui nous a dit, souviens-toi :
"Je ne vous mentirai pas. Je ne vous trahirai pas."
N'est-ce pas joli ?
On dirait du Jack Lang ("Socialiste, je suis ; socialiste je resterai !") !
Rappelle-toi également, que le soir de sa victoire, le 6 mai 2007, c'est aussi Nicolas qui, extatique, déclama :
"Je veux lancer un appel à tous ceux qui dans le monde croient aux valeurs de tolérance, de liberté, de démocratie et d’humanisme, à tous ceux qui sont persécutés par les tyrannies et par les dictatures, à tous les enfants et à toutes les femmes martyrisés dans le monde pour leur dire que la France sera à leurs côtés, qu’ils peuvent compter sur elle."
C'est émouvant, non ?
[Et d'autant plus aujourd'hui ...]
En entendant cela, il se sentit tout ravigoté le Tchétchéne.
Mais aussi, le Tibétain.
Le Tibétain tyrannisé par le régime Chinois.
Le Tibétain représenté par le dalaï lama.
Celui que Nicolas ne peut rencontrer, si ce n'est donc sa femme, alors qu'il séjourne douze longs jours sur notre sol.
Terre bénie des Droits de l'Homme.
Mais, je présume que c'est reculer pour mieux sauter !
Voilà tout !
C'est une stratégie qui, c'est vrai, je te le concède bien volontiers, me laisse pantois.
Je veux dire celle qui consiste à fêter l'Avent avec le Colonel Kadhafi, la Fête Nationale avec le président Syrien et les Jeux Olympiques avec le régime Chinois.
Belle brochette, non ?
C'est vrai, nous pourrions nous en indigner, mais au nom de quoi ?
D'une éthique ?
D'une morale ?
Allons, c'est fini tout ça !
Ne crois-tu pas, camarade, qu'il est temps de grandir, de se comporter en adulte, responsable et pragmatique ?
Que ce n'est pas se prostituer que de serrer la main aux dictateurs de ce Monde, mais (tenter de) sauver notre économie du marasme, et reporter à l'an prochain quelques délocalisations prévues pour demain.
Alors que, le dalaï lama, il a quoi ?
A nous vendre ?
Et surtout, à nous acheter ?
La paix de l'âme ?
Tu crois que c'est la paix de nos âmes qui va faire bouffer nos ouvriers ?
Alors, tu vois bien qu'il a raison notre Nicolas de faire des courbettes .. des risettes en talonnettes aux dictateurs et aux tyrans.
C'est pour notre bien à tous.
C'est pour sauver NOS entreprises.
Et, s'il y a le temps, quelques emplois.
Pas tous.
Mais comme dit le dicton Chinois :
"On ne fait pas d'omelette aux pousses de bambou, sans casser des oeufs !"
Bien sûr, c'est vrai, comme toi, je l'avoue, j'ai honte.
Et je me dis que ça ne fait que commencer.
Qu'elle va aller grandissante, cette honte.
Mais, tu sais, c'est comme pour tout, on finit par s'habituer.
Même à avoir honte.
Oui, même à "ça", on finit par s'y faire.
Il suffit de fermer les yeux, allumer ta télé et prendre du Xanax, matin, midi et soir.
Bonne nuit, peuple de France !
18:06 Écrit par Philippe Sage dans Mauvaise Foi | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dalaï lama, nicolas sarkozy, angela merkel, géorgie, russie, chine, dictature |
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