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04.01.2010

De La Neige A Grenoble ? Un Evènement "Sans Précédent" !

On Air.jpgDans les expressions journalistiques florissantes, dont on ne sait d’où elles viennent et pourquoi, pour quelles obscures raisons, surtout, elles se propagent à vitesse-lumière à tout le corps présumé déontologique de cette éminente (et, paraît-il, indépendante) profession, il en est une qui commence sérieusement à me casser les arpions, l’expression : “sans précédent”.

Or donc, aujourd’hui, période d’immédiateté forcenée, de buzz irréfléchi (ah, le beau pléonasme que v'là !) et autres cancers de l’information véritable, pour le journaliste lambda tout évènement, quel qu’il soit, du plus petit au plus grand, devient : “sans précédent”.
Il n’est pas anodin, bien évidemment, de spécifier tel que je le fais les mentions d’immédiateté et de buzz, ces vipères, vecteurs de sensationnalisme merdeux, attrape-couleuvres, tant elles sont désormais mamelles de l’information, ce qui, en l’occurrence, et je m’en excuse, car c’est faiblesse de jouer ainsi avec les mots, oui c’est faiblesse tant il est grave et sérieux le sujet, ce qui en l’occurrence, disais-je, pourrait expliquer que l’information, celle que l’on nous délivre au nom de ces saintes-mamelles, dans la forme comme dans le fond, va de mal en pis.

Passe encore pour un attentat, tel que, par exemple, ceux du 11 septembre 2001, dont on peut dire - car qui oserait prétendre le contraire ? - qu’ils sont “sans précédent” ! Ou de se retrouver encombré de millions de vaccins qu’on tente piteusement de refourguer ici ou là, imbécile et consentante victime d’un principe de précaution, splendide exemple de l’incompétence crasse de nos dirigeants, ceux-là même qui, hier, tançaient sans modération l’angélisme ou la naïveté de leurs adversaires, les voici enfarinés par les mêmes maux ; de la peur que sans cesse, ils inoculent au peuple, les voici arroseurs arrosés, jean-foutre en vérité, et pour l’éternité ; là oui, c’est “sans précédent”. A tous les niveaux. C’en est même effrayant.
De ceux-là, de “sans précédent”, j’en m’en accommode, je veux dire, j’en comprends l’usage, il est justifié. Mais quand - on y revient - elle se propage à tous faits, ladite expression, je m’encolère, il suffit ! y’a pas, faut le dénoncer, arrêter cette fumasse, cette comédie, qui, ça va, je l’ai bien saisi, tend à faire valoir tout évènement comme prodigieusement intéressant, comme (dans la plupart des cas) bigrement anxiogène.

Ainsi, témoin de cette dérive, ce lundi 4 janvier, sur France Info, 11h45, le journaliste nous annonçant qu’à Grenoble, il était tombé vingt centimètres de neige, et que c’était “sans précédent … depuis 2005”.

Avouez, qu’il fallait oser la balancer, celle-ci ! Faut la noter. Bien l'encadrer. Dans le genre, ça fait office de modèle ! Ca vaut son pesant. Le télégraphiste, l’a pas dit que c’était, par exemple et raisonnablement, une première depuis 4 ans, mais “sans précédent” … Y’a symptôme, moi j’dis !
Que la neige tombe, en janvier, à Grenoble, ancienne hôte des Jeux Olympiques d’hiver, pour sûr, ça n’étonnera personne ! Qu’il en tombe vingt centimètres, non plus ! En rien, cela ne constitue un évènement digne d’intérêt, je veux dire, au point de le faire mousser. Seulement vois-tu, avec le dernier joujou journalistique, l’expression “sans précédent”, tu peux monter en neige la plus merdouilleuse des informations. La présenter comme inédite. Comme du jamais-vu ! Depuis … 2005. C’est bien cette précision-là “depuis 2005” accolée au “sans précédent”, et pour un tel sujet, qui repousse les limites du grotesque et, autant le dire, du foutage de gueule caractérisé.
De la dérive.

On me dira, va savoir, que je chicane, je cherche noise pour pas grand chose, que ça ne vaut pas l’article, allons, n’y aurait-il pas d’autres et bien plus préoccupants sujets (le No Sarkozy Day, par exemple ? – Ah, mais j’ironise, voyons, je me gausse, et à raison, de ces troufigneurs de mouches qui croient, les roufions, jouir d’une quelconque influence, alors que non, ballepeau, que nib, mais cependant s’en paluchent, s’onanisment par communiqués dérisoires, risibles, ou, comme justement dit ici : ineptes. Non ! Quand je cause préoccupations, j’entends :) chômage, précarité, taffer jusqu’à 70 balais, assurance maladie trissante, déficits abyssaux, ah le bel héritage que nous léguons à nos très chers descendants, par égoïsme, si turlupinés que nous sommes par notre présent, étriqué, mesquin, l’immédiateté bon sang ! et rien alentours, et qu’ils crèvent les autres, ceusses du Sud et ceusses de demain, qu’ils en marnent, quelle importance, nous, on l’aura eu notre part ; d’accord ! les sujets qui font urgence, c’est pas ce qui manque, mais est-ce une raison, suffisante, légère, pour négliger le reste ? Et notamment, comment “LE” journaliste nous informe, de quelle façon et dans quels termes, où, faut-il le préciser, tout est pesé, à la virgule près, bref, où rien n’est innocent ?
Car je pris Grenoble, mais j’aurais pu, tout aussi bien, prendre un affaiblissement, une chute, un dispositif, des économies, un trou, une décision, c’eut été la même prose : toutes désormais, j’exagère à peine, sont, deviennent, des informations “sans précédent”. Et si on ne le relève pas séance tenante, bientôt, le soleil se levant nous sera présenté comme un évènement “sans précédent .. depuis hier” !
Oui, si devant tant de bêtises (je devrais dire : de désinformation, tant nous la frôlons par distorsion linguistique) on se tait, on fait comme si, ma foi, ça n’avait point d’importance, alors qu’il s’agit de l’essentiel, de l’aigu, informer en bonne et due forme le concitoyen, alors demain, il n’y aura plus d’information digne de ce nom. Car à considérer que tout est “sans précédent” cela équivaut à (nous) dire que tout est sensationnel. Tout est nouveau ! Tout est matière à scoop ! Mais au final, à l’arrivée : tout est discrédité. Bafoué. Dénaturé. Tout devenant ignominieusement égal. Le taux de chômage galopant comme vingt centimètres de neige à Grenoble un 4 janvier. Ou une “vague” de suicides.

A ne pas la dénoncer, cette dérive (qui n’est pas orpheline, il y en a tant et tant d’autres du même acabit, et qui poursuivent le même but : transformer tous faits – même divers, ici d’hiver – en évènement, au détriment, il faut le croire, de ceux réellement dignes d’intérêt) à ne pas s’insurger contre cette prolifération à vau-l’eau de “sans précédent” (également notable, et à foison, chez la classe politique, au même titre que les expressions fourre-tout : “sans tabou” et “sans a priori”) nous aurons, demain, prochainement, déjà, une information dévitalisée, désossée, au sens premier, insensée. Là, est le danger. Il n’est pas, lui, “sans précédent”. A la seule condition de le combattre, maintenant.

04.07.2009

En Finir Avec Jean-Pierre Pernaut

50% de Part De Marché

Pernaut, je sais, ce serait peine perdue. Et alors ? Faire comme s’il n’existait pas ? Se dire que ça n’a aucune importance, que ce n’est pas grave ?
Cette attitude qui consiste à dire pour presque tout et à tout bout de champ “ce n’est pas grave !” – comprendre qu’il y a plus grave que “ça” .. – présente un danger, c’est qu’au final, plus rien ne semble grave. Tout est minimisé. Réduit.
Moi, je refuse la “ce-n’est-pas-grave-attitude”. Tout comme je refuse de faire comme si le “JT'” de Jean-Pierre Pernaut n’existait pas. On ne peut ignorer un "journal" dont la part de marché atteint régulièrement les 50%, ce qui signifie que, à cette heure-ci, un français sur deux regardant la télévision s’envoie du Pernaut. On pourrait dire, tant pis pour eux, c’est leur problème, sauf que, c’est surtout tant pis pour nous, c’est avant tout notre problème, tant cette masse impressionnante de gens désinformée et/ou privée d’informations réelles, c’est de la chair à canon pour les prochaines élections.
C’est bien joli de se plaindre, de dire qu’on n’en peut plus du Sarkozy, du Lefebvre et du Guaino, qu’aux élections prochaines on leur fera la peau, il faut bien comprendre que si, le peuple est mal informé, conditionné, “Pernaut-isé”, tu n’auras pas, par les urnes, la peau de Sarkozy-Lefebvre-Guaino.
Voilà pourquoi il est essentiel, primordial de se battre pour une information de qualité, la réclamer, toujours et encore ; voilà pourquoi il ne faut pas dire que Pernaut, ça n’a aucune importance, que ce n’est pas grave ; voilà pourquoi il faut monter au créneau, et tous les jours s’il le faut, pour en finir avec Jean-Pierre Pernaut.

Mais que les choses soient bien claires : que Pernaut soit picard et de Droite, je m’en fous. A la limite même, tant mieux (pour lui) ! Tout comme je me fous que Duhamel soit centriste. Ça ne me choque pas, moi, qu’un journaliste ait des opinions (et une conscience) politiques. Au contraire ! Je les encourage ! A partir du moment où le journaliste conserve son indépendance, je veux dire qu’il n’entretienne avec le politique aucune connivence.
Le problème c’est comment l’information est donnée, délivrée. Et laquelle.
Comment l’information est traitée et/ou maltraitée. Et pourquoi celle-ci plutôt qu’une autre.

Or donc, voyons à quoi elle ressemble, voyons si seulement elle existe, l’information, chez Pernaut.

Nous sommes jeudi. Le 2 juillet 2009 - Je précise que j’aurais pu tout aussi bien prendre le “JT” de la veille ou du lendemain, tant ils sont isocèles.

Un peu moins de soleil, mais de la chaleur et des orages ..”
C’est par ces mots que Pernaut ouvre son "journal". C’est le titre principal. C’est l’info. Une carte météo.

Et puis notre coup d’œil désormais quotidien à la météo de VOS plages ..
C’est donc le titre second. Après la météo générale, celle de TA plage.

ET DONC D’ABORD, ces orages qui ont été TRÈS violents, hier, dans l’Ouest (…) Des sortes de mini-tornades (…)”
Et voici le premier reportage. Nous sommes en Loire-Atlantique. Un peuplier est mort. La population est sauve. Une dame dit : “On avait peur !”. Alors on nous montre des pompiers. On pense à Groland. Les reportages de Vincent Marronnier.
On ne comprend pas très bien, ces images. Leur nécessité. Qui ça peut intéresser. On cherche, mais on ne saisit pas l’urgence. Est-ce qu’un peuplier mort qui effraie une dame serait plus important qu’une armée tirant sur la foule ?

Des orages impressionnants aussi en Espagne, nous dit Pernaut (…) Les grêlons, on le voit sur ces images, étaient parfois gros comme des balles de golf. EN MÊME TEMPS, il continue à faire très chaud sur la quasi-totalité des régions françaises ..

On ne pige pas ce : “en même temps”. Qu’est-ce qu’il vient faire là ? Quel est le lien ? C’est absurde ! .. “Madame Potillon, est-ce que vous voulez boire quelque chose ?” demande une infirmière. Nous sommes dans une maison de retraite. “Les Provinces Du Nord”. Suzanne s’est équipée d’un ventilateur. Qu’elle coupe la nuit.
Mitterrand, lui, veut nous couper Internet. Et rapidement. La loi Hadopi 2. Mais ça, on en parle pas chez Pernaut. Pourtant, la transition aurait été impeccable : “Si Suzanne coupe son ventilateur la nuit, EN MÊME TEMPS, Frédéric Mitterrand, tout frais ministre de la Culture ..”. Mais non. Dommage. Surtout pour le “tout frais”. Il aurait pu amener le reportage suivant “traitant” de “la canicule” ..

”Dans le Midi, la canicule aussi, jusqu’à 35 degrés dans l’Hérault où y’a DÉJÀ beaucoup de vacanciers, et c’est pas facile de se rafraîchir ..”

Il a l’air de rien comme ça, ce lancement. Pourtant, il est lourd de désinformations et de sous-entendus.
Désinformation, car la canicule dont nous parle Pernaut n’existe pas. Juste, il fait chaud. Or, ce terme “canicule” est précis, délimité. Mais Pernaut s’en fout. Il a décrété que c’était la "canicule" et pis c’est tout. Ce qui aurait pu être la première véritable information de ce journal est une information fausse.
Pour le reste, “où y’a déjà beaucoup de vacanciers” c’est vu de la fenêtre de Pernaut. Rien ne prouve que ce soit réellement des vacanciers. Ça peut être des autochtones. Et puis “beaucoup” ça veut dire quoi ? En fait, Pernaut ami des régions, fait du “bruit”, sous-entend que malgré la crise, le français part “DÉJÀ” en vacances. Tout va bien, quoi ! Quantités d’études prévoient le contraire, mais Pernaut n’en a rien à péter. Il veut faire passer un message positif. Irréel. Déconnecté.

Et c’est alors que survient l’impensable.
Il est 13h07.

On repartira tout à l’heure dans les régions, mais d’abord, LE RESTE de l’actualité, et d’abord, BIEN ÉVIDEMMENT, les suites de la terrible catastrophe aérienne aux Comores, la jeune rescapée, la seule rescapée a été rapatriée ce matin à Paris (…) Cette jeune fille de 13 ans et demi …

Or donc, pour Pernaut, “cette jeune fille de 13 ans et demi” (en fait, elle aura 13 ans le mois prochain ..) c’est un "RESTE" de l’actualité.

[ … Silence religieux et dans la foulée, méditation transcendantale poussée .. ]

Bon, “EN MÊME TEMPS”, c’est pas faux : Bahia, c’est effectivement tout ce qu’il “RESTE” du crash de l’Airbus A310.
Mais que veux-tu, quand tu n’écris pas ton journal, tant il est flagrant qu’il ne l’est pas (“Mais D’ABORD, le reste de l’actualité, et D’ABORD ..”) voilà le genre de parallèle fâcheux (Bahia, seule rescapée, considérée comme un “reste” …) et fort peu élégant qui te pend au nez.
Nonobstant le fait que c’est elle, Bahia, qui aurait pu faire l’ouverture du journal, et non un peuplier mort de Loire-Atlantique.

Sachez que cet après-midi, Nicolas Sarkozy présidera une cérémonie INTER RELIGIEUSE d’hommage aux 152 victimes dont 66 français, VOUS LE SAVEZ ce sera à la mosquée de Paris et EN MÊME TEMPS la justice française a ouvert une information judiciaire contre X …

Est-il bien utile de commenter cette phrase ? Est-ce un journaliste qui nous parle ou un stagiaire ? Que veut dire ou sous-entend ce “vous le savez (ce sera à la Mosquée de Paris)” par exemple ? Est-il bien certain que Nicolas Sarkozy se rend à cette cérémonie pour la “présider” ?

Quoi qu’il en soit, son “EN MÊME TEMPS la justice française a ouvert une information judiciaire contre X” lui permet de faire enfin une transition qui tient la route, vu que suit l’actualité judiciaire avec, non pas les dix prévenus comparaissant devant le tribunal de Pontoise (Villiers-le-Bel) mais un “Tribunal de Pontoise sous TRÈS haute protection”.
Puis, on apprend qu’il y aurait (comme dans l’automobile traitée hier) des "signes" de reprise dans l’immobilier  :
Les baisses de prix dans l’immobilier semblent se calmer (???) et ces baisses (décidément, il n’écrit pas son journal, c’est clair) ont entraîné une petite reprise des transactions UN PEU PARTOUT, ça dépend BIEN SUR des régions et des villes !

On note le souci de la précision chez Pernaut, marqué par ce “un peu partout”. Ça veut dire quoi, c’est où “un peu partout” ? On ne sait pas. Mais lui, non plus. Encore une fois, il décide que voilà, ça repart "un peu partout" dans l’immobilier. C’est du même ordre que les vacanciers DÉJÀ nombreux dans le Midi. C’est une "info Pernaut". Confirmée nulle part.

On repart à l’étranger maintenant ..

On repart ? .. Ah oui ! C’est vrai qu’on y a fait un tout petit tour (10 secondes à tout casser) en début de "journal". L’Espagne et ses "grêlons gros comme des balles de golf".

.. Avec toujours une grande confusion autour des obsèques de Michael Jackson ..

Et ce sera presque tout pour l’étranger. Le Honduras, l’Iran, la Corée du Nord, la zone Euro qui vient d’atteindre son taux de chômage le plus haut depuis 10 ans, et même François Fillon en visite à Bagdad, ça n’est pas digne d’intérêt pour Pernaut. Pour les 6 millions et quelques de personnes qui le regardent ..
Presque tout, disais-je, car il “restait” ceci :

Toujours à l’étranger un mot de l’épidémie de grippe porcine ..

On ne comprend pas bien ce “Toujours à l’étranger” ... Cette grippe ne touche-t-elle pas aussi la France ?
N’est-ce pas plutôt une pandémie qu’une “épidémie” ?
Une grippe A/H1N1 qu’une grippe “porcine” ?
En dix mots seulement, Pernaut vient de commettre trois erreurs. On peut dire que “c’est pas grave”, je sais, mais non ! On peut dire aussi que ça suffit ! Que y’en a marre.
Même si, je le concède, ce journal n’est pas le pire qu’il ait présenté. C’est vrai. Il est même sans intérêt. Et alors ? Il faut s’en foutre ? Faire comme s’il n’existait pas ? Se dire “c’est pas grave” que des millions de citoyens, d’électeurs soient mal informés, désinformés, qu’on les déconnecte sciemment de la réalité et ce quotidiennement ? Que ça ne prête pas à conséquences ?

Ne pas vouloir comprendre ou admettre qu’une élection (y compris la majeure, la présidentielle) se joue ou peut se jouer justement par un mauvais traitement de l’info, chez Pernaut comme ailleurs, c’est accepter d’être asservi.
C’est aussi accepter la mort de la démocratie.
Or moi, je refuse de la voir mourir (même si elle est déjà bien atteinte).
Voilà pourquoi il faut monter au créneau, tous les jours s’il le faut, écrire, alerter, se mobiliser, se battre, tout faire pour que ça cesse ; en finir avec Jean-Pierre Pernaut.

03.06.2009

Lundi Soir, Un Avion Abattu Par La Foudre Est Localisé Par Tf1

Bernard Schabbert Est Circonspect ...

Grave et vêtue de blanc, ce lundi 1er juin 2009, 19h59, Laurence Ferrari ouvre le JT de TF1, nous annonçant que “la plus grande catastrophe aérienne française s’est déroulée cette nuit aux larges des côtes brésiliennes. Un vol Air France transportant 228 personnes a sans doute été foudroyé au dessus de l’Atlantique en traversant une zone orageuse. A son bord une majorité de passagers français, 61 au moins, des brésiliens, des allemands, ainsi que 15 membres d’équipage.” [1]

Ça commence plutôt mal, ce journal. Avec notamment ce : “a sans doute été foudroyé”.
En effet, ce lundi 1er juin, 20 heures, rien n’indique que c’est la foudre qui pourrait être la cause de ladite catastrophe (c’est ainsi que Tf1 a sobrement intitulé ce journal : “Catastrophe Aérienne”).
Cela fait 16 heures que cet avion a disparu et on ne sait toujours pas pourquoi, comment et . Et pourtant, d’emblée, Laurence Ferrari désigne assez clairement la foudre comme principale responsable (ainsi que les conditions climatiques qui ont “sans doute joué un rôle déterminant !” dira-t-elle à 20h13.)
La foudre et la météo seront les deux chevaux de bataille d’explication de Madame Ferrari à cette catastrophe, et ce, malgré les doutes (timidement) émis par certains consultants en plateau ou ex-pilotes de ligne.

Que s’est-il passé à bord du vol AF 447 ? poursuit Laurence Ferrari. La foudre a-t-elle réellement pu abattre cet avion de ligne A 330 ? La zone traversée était-elle particulièrement dangereuse ? Nous tenterons de répondre à ces questions avec Bernard Schabbert, spécialiste de l’aéronautique et avec tous nos envoyés spéciaux sur le terrain [2]. Nous consacrerons évidemment l’essentiel de ce journal à cette information."

Mais laquelle d’information ? La disparition d’un Airbus (mot tabou qui n’a pas été prononcé en ouverture de ce journal) ? La foudre qui a “abattu” (terme fort, terme de guerre) [3] l’avion de ligne, ce qui relève plus de la spéculation que de l’information ?

Le journal commence et déjà Laurence Ferrari modère, nuance ses propos introductifs, puisqu’elle nous dit désormais que le vol AF 447 “a disparu dans des conditions mystérieuses.

Ah !

Si c’est mystérieux, alors ça voudrait dire qu’on ne sait rien ! C’est le propre même du mystère, non ?
Ne serait-ce donc plus la foudre, oh la la, comme indiqué en ouverture du journal qu’aurait eu “sans doute” la peau de l’A 330 ?
Que de rebondissements, Mon Dieu, en si peu de temps ! C’est passionnant !

Il semblerait, oui, que ce soit moins sûr, la présentatrice nous précisant cette fois que l’avion “n’a plus donné de nouvelles peut-être après avoir été frappé par la foudre !
Nous ne sommes donc plus dans le “a sans doute été foudroyé” mais dans le “peut-être”.

En moins de deux minutes cet Airbus a été (sans doute) foudroyé, puis abattu (par la foudre), et enfin, (peut-être) frappé (par la foudre).
Foudroyé, abattu, frappé. [4]

Il faudra attendre 7 minutes et 15 secondes après le début du JT pour que Laurence Ferrari nous donne sa source :
Selon Air France l’avion aurait été foudroyé en plein vol (ah donc c’était une info Air France ! Pourquoi ne pas l’avoir dit en début de journal ??) mais cela n’est bien sûr qu’une hypothèse PARMI D’AUTRES !

Comment ça : ”Bien sûr” ??
Il n’a pas lieu d’être, ce “bien sûr”, vu qu’en ouverture de journal il est dit que l’avion “a SANS DOUTE été foudroyé” !
Comment pouvait-on se douter alors que (“bien sûr !”) il ne s’agissait là que d’une hypothèse … parmi d’autres !

On comprend alors que ce JT est monté comme un polar. Pour nous tenir en haleine. C’est du Agatha Christie Live. Avec Laurence Ferrari en Miss Marple.
On vous a dit que c’était la foudre ? Excusez-nous, on enquêtait à voix haute ! En fait, c’était une hypothèse. Mais (élément nouveau qui scotche le téléspectateur) : une hypothèse … parmi d’autres !

Oh la la .. Mais quelles sont ces autres hypothèses ?

T’inquiète, elles arrivent !
Miss Marple nous envoie un reportage où, sur les bords de la Seine (et pourquoi pas l’Hudson ..) un ancien commandant de bord d’Air France (Gérard Feldzer) nous en torche trois.
La première : collision avec un autre appareil ! Vite expédiée ! Vu qu’aucun autre avion n’est porté manquant. On oublie.
La seconde : un attentat ! Une bombe à bord de l’avion. “C’est déjà arrivé !” Nous dit Gérard ...
... Aaaah !!!….
La troisième : la foudre, encore elle ! Qu’en pense-t-il ce Gérard-des-bords-de-Seine ? Eh ben, il est circonspect, le Gérard. "Aucune perte d’appareil à déplorer jusqu’ici à cause de cet unique phénomène !" nous dit-il. Ça n’a jamais été démontré, insiste-t-il. Par contre (un journaliste l’a-t-il relancé pour qu’il s’attarde sur cette foudre plus que sur les deux autres hypothèses ? – Puis-je me permettre de considérer cela comme une quasi certitude ? … ) Par contre, précise-t-il, en détruisant les radars ou aides au pilotage, elle peut, la foudre, entraîner une réaction en chaîne, le pilote se retrouve alors comme un aveugle, ne se rend compte de rien, et il ajoute : “Toutes les hypothèses sont ouvertes à ce niveau-là !” (Contente, Madame Ferrari ?)
Mais il précise bien que toutes les études extrêmement rigoureuses des incidents et catastrophes aériennes montrent presque toujours un enchaînements de causes : météo, humaine et technique.
Comprendre que non, la foudre ne peut pas être la seule responsable.

Mais nous verrons que Laurence Ferrari fera fi de cette précision importante s’entêtant à creuser l’hypothèse fournie par Air France : la foudre.

Et … si c’était l’A 330 ?

A 20h09, TF1 (se) pose doucement la question : et si l’A 330 .. Mais non ! Un reportage nous explique que l’avion venait d’être révisé (on voit, à l’image, des homme sérieux examinant un appareil) que le rapport automatique d’anomalies au sol et en temps réel aurait fait apparaître “le” problème, comme une défaillance des moteurs.
Seule certitude : une défaillance du circuit électrique a toutefois était signalée dans une zone de "fortes turbulences" (ah la météo qui revient ..).

Donc non, ce ne peut pas être une défaillance de l’A 330. Ni du pilote qui était TRÈS expérimenté. Dixit TF1. Allez zou : Hypothèse écartée !
On n’attaque pas Airbus, Madame .. [5]
Pas touche à Airbus !

Et l’attentat, alors ?
C’est déjà arrivé !” qu’il a pourtant dit Gérard.
Eh bien .. On en restera là.
Pas question de suivre cette piste ..
Étonnant non ?

Et donc ?

Et donc on rappelle que l’avion est passé dans un zone de “fortes turbulences” et … qu’il faudra des mois, voire des années pour déterminer les raisons du crash et encore ! Cela suppose l’examen par les enquêteurs d’éléments de l’épave (ah .. épave ! …  terme important ..) comme les enregistreurs de vol, qui restent à localiser dans l’immensité atlantique.

Et on remet ça avec c'te foudre.
Il est presque 20h10.
Laurence Ferrari met le turbo :

Alors autre question ce soir, la foudre, on vient de le voir (???) pourrait être à l’origine de cette catastrophe de l’Airbus (c’est la première fois que le mot Airbus est prononcé, mais comme on vient de le laver de tous soupçons …) de l’Airbus A 330 SELON Air France (désormais, on insiste bien sur le fait que c’est “selon” Air France ...) c’est un risque permanent pour les avions de ligne (…) mais les pilotes les plus expérimentés (sous-entendu, comme celui du vol AF 447, donc …) rappellent que la foudre ne peut être la seule cause de la catastrophe aérienne (ah, il semble que Laurence Ferrari ait compris que la foudre NE PEUT PAS être la seule cause .. Elle en aura mis du temps !) les appareil étant conçus pour résister à ces décharges électriques. Explications de Christine Chapelle et Laurent Delsol ..

Et voilà de biens impressionnantes images de foudre, y’en a partout, et vas-y que je te frappe des avions qui continuent leur vol comme si de rien n’était.
Sur ce document amateur, nous précise-t-on, on voit CLAIREMENT que la foudre ne perturbe pas le décollage de cet avion.” (Merci, on n’est pas aveugle !)
On nous rappelle qu’aucun avion n’a été détruit par la foudre et uniquement par la foudre, et le porte-parole du Syndicat National des Pilotes de ligne vient confirmer que la foudre seule ne peut faire exploser (c’est la première fois qu’on parle d’explosion – détail très important !) un avion. De mémoire de pilotes, jamais la foudre n’a mis hors d’usage tous les calculateurs d’un appareil, c’est uniquement la combinaison avec d’autres phénomènes comme un orage de grêle par exemple (Aaaah, une nouvelle piste météo pour Miss Ferrari : la grêêêêêle ! Chouette !) qui peut entraîner la chute d’un avion.

A ce stade du JT, il semble établi que la foudre n’est pas la cause, ou la seule cause, de l’accident.

C’est alors qu’enfin Laurence Ferrari se tourne vers son consultant aéronautique (Le fameux Bernard Schabbert qui poireaute depuis près d’un 1/4 d’heure) rappelle que “donc, on le voit, la foudre ne peut pas être la seule explication (On note le “ne peut pas” alors qu’en début de JT cet avion avait, de la bouche de la même Ferrari, “sans doute été foudroyé”) qu’est-ce qui a bien pu se passer, selon vous dans cet avion ?

Il y a peut-être eu quelques petits problèmes techniques sur l’avion.” Ose Bernard Schabbert !

Aaaaah !

Miss Ferrari va-t-elle rebondir sur cette nouvelle hypothèse, celle évoquant ENFIN un problème peut-être inhérent à l’avion ?
“Bien sûr” que non !

Alors, Schabbert lui tend la perche en ajoutant :

30 avions sont passés dans ce coin du ciel et sont bien passés .. Et puis là … !

Mais rien à faire, Miss Ferrari reste sur son hypothèse foudroyante :

Alors Bernard, qu’est-ce qui a pu se passer pour le pilote quand une décharge d’électricité comme de la foudre - “Euh …” tente Bernard, mais en vain, rien n’arrête une Ferrari - y’a plus de commandes électriques ? Qu’est-ce qu’il fait le pilote dans ces cas-là ?"

Non … “ dit Bernard

Réponse apparemment absurde, mais pas tant que ça, c’est juste une autre tentative de Bernard pour que Ferrari elle arrête avec c’te foudre !

Non, il répond donc notre Bernard, en général quand y’a la foudre, ça fait un grand flash, c’est très spectaculaire (…) mais c’est à peu près tout ! (…) Après l’avion continue de fonctionner tout à fait normalement et là, quelque chose s’est produit qui fait qu’en quelques secondes, ou une dizaine de secondes au maximum, cet avion n’était plus un avion, il a .. Alors, parler d’explosion (c’est la deuxième fois dans ce JT qu’est évoquée l’hypothèse d’une explosion) en vol, c’est sans doute prématuré, mais c’est le genre de chose qui a très bien pu se produire !

Là, Laurence Ferrari devrait logiquement rebondir, lui demander ce qui aurait pu, selon lui, provoquer une explosion en vol. Mais non plus !
Non, elle dit :

Il aurait pu planer, continuer à voler un certain temps ..” (Quel rapport avec ce que vient de dire Bernard ? – En fait, Ferrari fait allusion à cet A 330 d’Air Transat qui, en 2001, moteurs coupés, a réussi à se poser en planant pendant 20 minutes – voir [5])

Bien sûr (On sent Bernard, las .. résigné ..) Mais s’il avait eu ce genre de problème qui l’aurait conduit à planer, à descendre, l’équipage aurait envoyé des messages (..) et donc, on aurait su ce qui se passait.

Il semble évident que notre consultant en aéronautique croit à l’explosion en vol. Mais Ferrari reste sur la foudre. Pis, elle ne l’écoute pas [6] vu qu’elle enchaîne en lui demandant s’il aurait été possible que cet avion amerrisse au milieu de l’Atlantique (Là, elle nous refait l’Hudson ..). Or, c’est exclu puisque Bernard vient de lui dire que dans ce cas, l’équipage dans la descente, longue descente, aurait eu le temps d’envoyer un message de détresse. D’ailleurs, de plus en plus las, il le lui rappelle ..

Restez avec nous Bernard .. On le voit les conditions météos (On le voit ?? .. C’est comme le “bien sûr” de tout à l’heure, ce “on le voit” vient de nulle part !) ont sans doute joué un rôle déterminant ..

Ah … La foudre ne marche pas ! Eh ben pas grave ! On va accuser la météo et ses "turbulences" !
Et voilà que Miss Ferrari nous donne un nouvel élément : le "pot au noir".
Suit un reportage où l’on nous explique que ce “pot au noir” est une zone blanche où l’avion perd tout contact radar pendant 2 ou 3 heures. Pour continuer à informer de sa position, l’appareil émet un signal radio très haute fréquence toutes les 1/2 heures, mais pour le pilote il est impossible d’avoir une conversation normale avec le sol pour signaler un problème technique ou un changement de trajectoire.

Que veut-il nous dire, nous faire comprendre ce reportage ? … Hein ?

Alors les conditions météos étaient-elles particulièrement défavorables …” fait mine de s’interroger Laurence Ferrari (Alors qu’avant le reportage, les conditions météos avaient sans doute joué un rôle déterminant !)

… Evelyne Dhéliat, bonsoir ! Est-ce que, OUI OU NON, y’avait des orages particulièrement violents qui pourraient expliquer la catastrophe ?

Evelyne Dhéliat esquisse un recul, du genre qui veut dire :
Mais qu’est-ce que tu me racontes, là, Lolo ?

Ben … (emmerdée, Evelyne ?) .. Il y en avait, bien évidemment, mais pas plus que d’habitude !

Tout est dit dans ce “pas plus que d’habitude”. Sauf que, Evelyne, joue la bonne élève Tf1, esprit maison quoi, et conclut :

Mais il peut y avoir aussi le problème de givre (Ah, c’est bon, ça ! Après la grêle de tout à l’heure !) givre qui se dépose sur les ailes de l’avion et qui l’ALOURDISSE considérablement ..

Moui .. Et alors ? L’avion est devenu trop lourd et plouf, il est tombé comme une merde ? C’est ça que tu veux nous dire, Evelyne ?
EnooOOOoorme !

Merci beaucoup Evelyne !” se borne à dire Miss Ferrari !

Démerdez-vous avec ça, quoi !

Il est grand temps alors de s’enquérir du fait de savoir où qu’il est passé cet avion !
Un reportage nous informe qu’on le cherche activement par les airs, via par exemple Atlantic 2, mais aussi par les mers avec notamment un chaland qui se nomme .. ( …. Ta-dam ! …) La Foudre ! (Ça ne s'invente pas et ça tombe super bien ..)

Et, comme c’est magique ! Juste après ce reportage, Laurence Ferrari nous annonce que, ça vient de tomber (il est 20h19) la zone a été localisée à mi-chemin entre les côtes brésiliennes et des côtes africaines.

D’où vient cette info ?
Ferrari ne nous le dira pas.

Sans transition, elle fait appel à un envoyé spécial qui fait le pied de grue devant le Quai d’Orsay. Il s’agit de Michel Scott. Et il ne semble pas plus étonné que cela que l’on ait déjà localisé l’appareil :

”(…) Sur cette dernière information, Laurence, ce n’est pas étonnant pour avoir discuté avec les responsables du ministère de la Défense (…) ils nous ont dit qu’avec un décollage à 14 heures, de cet avion Atlantic 2 (…) il devait être sur zone, quatre heures plus tard, c’est-à-dire vers 18 heures - 19 heures, heure française - et donc il n’était pas du tout impossible qu’effectivement peu avant le journal on ait pu localiser effectivement les DÉBRIS !

Les débris ? … Peu avant le journal ?!? … Comment, le 1er juin 2009, à 20h20, un envoyé spécial en direct du Quai D’Orsay peut-il confirmer une telle information et parler de débris ? [7]
Tf1 a-t-il anticipé ? Parié sur cette éventualité (débris, épave donc .. explosion possible !) noyant le poisson avec sa foudre et ses conditions météorologiques “particulièrement particulières” pour mieux amener ce “scoop” ?
Quid des familles des victimes regardant ce journal ? Imagine ce que cette info peut provoquer chez eux ? Comment la rédaction de Tf1 ne peut-elle pas être mise à l’amende pour cette info .. mensongère ? Mensongère, car ce mercredi, sur les débris repérés mardi soir, on reste encore prudent.

Par la suite, Laurence Ferrari se montrera moins affirmative, plus prudente [20h28] :
Bernard Schabbert, la zone où a disparu l’A 330 d’Air France a été a priori localisée ..

A priori, donc

Mais la suite vaut son pesant de journalisme !

Tout de même Bernard, nous sommes en 2009 ! Ça fait 16 heures que cet avion a disparu, on ne l’a toujours pas localisé … Ça parait hallucinant !

Ce qui est hallucinant, Laurence, c’est qu'il l’était a priori y’a huit secondes et l’était complètement y’a 8 minutes ! En direct dans TON journal !

A  20h41, Tf1 par le biais d’un résumé nous assurera que la zone de catastrophe a pu être localisée (mensonge, donc !) et que, ce soir … plusieurs experts doutent que la foudre évoquée par Air France soit l’unique cause de la disparition du vol (pourtant Madame Ferrari aura tout fait pour nous convaincre que c’était “ sans doute’ puis “peut-être'” la foudre qui …)

Et vous appelez ça un journal d’infos ? [8]

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02.04.2009

Nous, Les Méchants “Anti” [L’Autre Grand Scandale De C’te Crise]

Nous Sommes De L'Injustice, L'Antibiotique !

Or donc, ceusses qui, à Londres manifestaient, étaient des .. Anti-G20.
C’te bonne blague !
Sauf que c’est pas drôle, sauf que ça suffit, sauf qu’il y en a marre !

Marre de la désinformation.
Permanente.

Car, et c’est bien là, l’autre (triste et terrifiant) enseignement de cette "crise", le grand scandale :

Les médias, dans leur immense majorité, ne nous délivrent pas les bonnes informations.

Nous pourrions, si nous nous laissions aller à quelques coupables et complaisantes indulgences, les en excuser au motif de ..
… Au motif de quoi, au juste ?
Qu’ils ne seraient que de vulgaires télégraphistes de l’A.F.P. ?
Non.
Non, car c’est inexcusable.
Non, car ça suffit.
Non, car y’en a marre !

Ceusses qui manifestaient à Londres ne sont pas des “ANTI”, en l’occurrence ici, des anti-G20.

Alors pourquoi les présenter ainsi ?

Pour plusieurs raisons.

Deux principalement.

La première étant que le terme “anti” est un terme négatif pour l’opinion. Celle que donc, le média (dés)informe.
Par ce terme, le média disqualifie les manifestants. Les rendant même .. Antipathiques.
Par ce terme, il les présente comme des “jamais contents”, des “contre, quoi qu’il arrive”, en somme, des gueulards à la con.
Ils sont “anti” et puis c’est tout ! A la limite, on ne sait pas trop pourquoi. D’ailleurs, le média ne nous le dit pas. Se garde bien de nous le dire. Juste, il répète à l’envi qu’ils sont anti-G20. Ce qui n’a pas de sens. Mais justement ! C’est bien là le seul message que le média veut faire passer à l’opinion :
Être anti-G20, c’est absurde, c’est puéril, ça ne mène et ne sert à rien.

La seconde étant que ce terme renvoie à des Partis ou des organisations politiques : les altermondialistes, l’extrême-gauche, mais aussi l’ultra-gauche, les anarchistes, et tant qu’à faire, on n'est pas à une désinformation près, à des groupuscules, et de préfèrence violents. Des terroristes, quoi, et qui n’ont qu’un but et un seul : tout faire péter !
C’est pratique, n’est-ce pas ?
Ça fait peur aux gens.
Ça finit de disqualifier totalement les manifestants.

Oh bien entendu, je ne nie pas que dans ces manifestations on y trouvait effectivement des altermondialistes, des encartés aux diverses et variées extrêmes-gauche, et même des anarchistes.
Mais c’est mentir (à dessein) à l’opinion, que de dire que ce sont des manifestations anti-G20.

Et puis d'abord, existe-t-il un collectif officiel anti-G20 ?

La réponse est non !
Il n’existe pas.

La vérité c’est que les manifestations de Londres n'étaient pas CONTRE la tenue de ce G20 !
Elles étaient là pour réclamer aux 20, une autre politique économique.
Une économie plus juste, plus humaine, plus respectueuse de l’environnement.
Où as-tu entendu, dans quel média, que la principale revendication des manifestants de Londres, était de porter à 2% du P.I.B. mondial (au lieu du 0,5% actuel) la part consacrée à l’économie verte (créatrice de nouveaux emplois) à la lutte active contre le réchauffement climatique ?
Quel média l'a dit HAUT et FORT ?
Où as-tu entendu, dans quel média, que ce qui était demandé aux 20, par ces manifestations, c’était de faire preuve d’un peu plus d’humanité et de justice ?
En quoi ces deux notions, humanité et justice, sont-elles des notions d’extrême-gauche, anarchistes, altermondialistes ou … terroristes ?

Non, les manifestations de Londres n'étaient pas, comme TOUS les médias le diffusèrent, des manifestations anti-G20.

Alors pourquoi les présentaient-ils ainsi ?
Je t’invite à y réfléchir et fissa.
Tant c'est urgent, important.

Cependant, bon comme le pain bi, à l'instar de Julien Lepers et son indécrottable “Question Pour Un Champion”, je te donne un “indice chez toi”.

Les manifestations des 29 janvier et 19 mars de cette année, nous ont été “vendues” par ces mêmes médias comme des manifestations … anti-crise !
Foutaises !

Tu la vois bien, la manœuvre ?
C’est la même.
Car, il est absurde, je veux dire, ça n’a pas de sens de manifester CONTRE la "crise", puisqu’elle est là ! Puisqu’on ne peut y échapper !

Et d’ailleurs, dans les cortèges de janvier et de mars, personne ne criait ou hurlait : “A bas la Crise !”, “On ne veut pas de cette crise !” ou “Casse-Toi Pauvre Conne de Crise !”
Je le sais, j’étais présent le 19 mars à Toulouse.
Et les médias aussi.

Alors comment se fait-il ?


Dans les cortèges, il était question de salaires, on ne peut pas vivre avec “ça” !
Il était question de précarité. De chômage. De vies brisées.
Il était question d’un pouvoir d’achat promis et dont personne n’a vu, jusqu’ici, le début de la queue.
Il était question de ces entreprises qui délocalisent ET licencient alors qu’elles sont très largement bénéficiaires.
D’entreprises qui délocalisent ET licencient alors qu’elles ont été renflouées grassement par l’État.
Il était, là aussi, comme à Londres, demandé au pouvoir politique de prendre en compte les souffrances, de se montrer plus humain et plus juste.
Rien à voir avec un machin "anti-crise".

Alors y vois-tu plus clair ?
Comprends-tu désormais pourquoi le média nous désinforme et dans quel but ?
Lui, le quatrième pouvoir.
Celui qui se prétend libre et indépendant de tous les autres.
Alors qu’il ne l’est pas, libre et indépendant.
Et ne veut pas l’être.
Parce qu’il est d’accord.
Parce qu’il ne veut pas que ça bouge.
Surtout pas.

Et si un jour, nous descendions dans la rue pour réclamer une information digne de ce nom, une information reprenant à la virgule près, les revendications, les souffrances, les silences, je te fais le pari, que le média qualifierait ces manifestations d’anti-presse, d’anti-lui, d’anti-média, quoi !
Par ce terme “anti”, il nous ferait passer, encore une fois, pour de sombres crétins hostiles à l’information alors qu’en réalité nous demanderions d'être VÉRITABLEMENT et JUSTEMENT informés.

En vrai, nous ne sommes pas des “Anti”.
Ni de méchants “Anti”.

En vrai, nous sommes des antilopes.
Sauvages et fières de l’être.

En réalité, au mensonge, celui diffusé quotidiennement par les médias, nous sommes ...

... L’antidote !

13.01.2009

Or Donc, Qu’Avons-Nous à Craindre De La Guerre à Gaza ?

Ceci N'Est Pas Une Résolution De L'ONU

Non, tu n’as pas le droit de faire appel à un ami égyptien, ni demander l’avis du public (ici, l’impotente et impuissante communauté internationale) ni demander le 50/50 (vu que le rapport des forces entre les belligérants ne l’est pas) ni switcher cette putain de question (de toutes les manières, t’es encerclé sale terroriste, va !) pas même balancer sur mon domicile d’occidental repu une bombe au phosphore vu que c’est interdit par “les lois de la guerre” (comme l’a dit hier soir à “Mots-Croisés” ce cornichon soupirant de Kouchner) étant donné que je suis un civil et que t’as pas le droit de faire usage de ce genre de dégueulasserie issue de la science barbare si un ou des civils tels que moi se trouvent dans le périmètre de ta Tsahal guerre, pour ne pas dire de ton massacre, voire de ton génocide.

Or donc, je répète la question :

Qu’avons-nous à craindre de la Guerre à Gaza ?

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07.01.2009

D’Après Cette Carte, A Ton Avis, Qui Est L’Agresseur ?

C'Est Où La Palestine ?

Source : Le Monde Diplomatique [Carte En Version PDF]


En ce qui concerne le traitement du “conflit” par nos médias, un traitement que dans un billet précédent je qualifiais d’unilatéral, voici la démonstration qu’il l'est avec ce nouvel article épatant d’Acrimed :

Médias En Guerre

Quelques extraits pas piqués des hannetons :

”la plupart des médias ont présenté les bombardements comme une réponse à la rupture de la trêve par le Hamas. Or, de l’aveu même de quelques-uns de ces médias, la trêve n’a jamais vraiment eu lieu : non seulement les premières ruptures militaires sont venues de l’armée israélienne, mais le gouvernement israélien n’a jamais respecté les conditions de cette trêve, à commencer par la fin du blocus imposé à la population de Gaza (…) le blocus imposé à Gaza par le gouvernement et l’armée israéliens relève des actes (et même des actes de guerre) qui visent délibérément la population civile que l’on tente ainsi de désolidariser du Hamas. Le blocus, pendant 18 mois, a sans doute fait plus de victimes civiles (y compris de morts prématurées) que les tirs de roquettes. Dire cela, ce n’est en rien justifier la fin poursuivie et les moyens employés par le Hamas : c’est énoncer un simple fait (…)”


Autre élément :

Quand je faisais remarquer à un intervenant que cette “opération militaire” de l’Etat Hébreu – le seul Etat au monde à ne jamais respecter une seule des résolutions de l’ONU, 242 à ce jour - était disproportionnée,  mais aussi ne ferait que renforcer le Hamas – voire pire .. – voici un entretien particulièrement édifiant, très instructif, que Salah Adbel-Jawad (professeur d’histoire à Ramallah) a accordé au Monde.fr, lundi 5 janvier 2009 :

Les Israéliens s’illusionnent …..

Quelques extraits soigneusement choisis :

”(…) Il y a une autre théorie. Elle dit qu'Israël cherche à renforcer le Hamas, à développer une situation où non seulement la bande de Gaza mais aussi la Cisjordanie seraient sous sa domination (…) Israël n'a jamais laissé les gens de Gaza vivre en paix. Il ne leur a jamais donné les moyens d'une véritable indépendance, économique et sociale, en ouvrant les points de passage. Avec le Hamas, dont on sous-estime le pragmatisme, Israël aurait pu négocier une tahdia (trêve) pour de longues années. Mais l'armée a voulu casser la tahdia. En attaquant au mois de novembre [l'armée israélienne avait mené, dans la nuit du 4 au 5 novembre 2008, un raid contre un tunnel creusé à proximité de la frontière avec Israël, qui a relancé les tirs et renforcé en représailles le blocus de Gaza], un mois avant la fin de la trêve, elle savait que le Hamas répondrait (…)”


Et pour finir, parce qu’il est bon de se documenter de façon pragmatique et sur des faits historiques plutôt que de lire un papier suintant la mauvaise foi signé par ce "présumé" philosophe qu’est André Glucksmann, voici un dossier complet sur le conflit israélo-arabe à imprimer d’urgence afin de pouvoir le lire à tête reposée et dans ses moindres détails :

L’Histoire Du Conflit Israélo-Arabe



Sinon, devine ce qui fait, aujourd’hui, la Une de nos médias bien-pensants …

… Je te donne un indice avec des témoignages glanés sur RTL, Europe1, I>télé …

J’ai pas mangé depuis ce matin (…) On ne le a pas vus depuis trois heures et demi (…) J’ai mis neuf heures avant de pouvoir rentrer chez moi (…) J’ai jamais vu ça ! Jamais vu ça !

Alors ?

Gaza, tu dis, avec cette école (de l'ONU) bombardée, 40 morts, et l’arrêt des "hostilités" durant trois heures ?


Perdu !


Non, nos médias ont fait leur Une sur … “Marseille paralysée” et les “naufragés de la route” ! – Ils n’hésitent pas à faire dans les titres grandiloquents, mais surtout ridicules, pour ne pas dire "disproportionnés", nos camarades journalistes "présumés" indépendants …

De la neige à Marseille, tu te rends compte !

Ah c’est quand même plus important qu’un ignoble massacre, un quasi génocide, plus important même qu’un Chef D’Etat annonçant la suppression du juge d’instruction (ce qui ravira son gang des Hauts-de-Seine ….) !

Mais j’y reviendrai dans un prochain billet sur cette suppression du juge d’instruction, une info (via toujours nos bons médias aux ordres) éclipsée par … [à suivre]

25.11.2008

Le Vent Du Sud-Est Est Un Dangereux Terroriste De L'Ultra-Gauche !

La Caténaire De La Guerre

Or donc, vendredi dernier (le 21 novembre 2008) v'là-t-y pas que ça recommence, boum patatras, dans le Var, une caténaire se barre en sucette, et 700 voyageurs plus connus sous l'appellation contrôlée de "usagers de la SNCF" se retrouvent bloqués près de cinq heures durant, qui dans un TGV, qui dans un TER, entre Marseille et Nice.

Selon les responsables régionaux de la SNCF, c'est le vent qui serait à l'origine de l'incident.

Le vent, tu dis ?

Mazette !

Il devait souffler comme un salaud pour démonter une caténaire !

Non parce que, il se trouve que j'y ai vécu six bonnes années dans le Sud-Est, et que le vent, celui qui rend "fada", je connais bien.
J'en ai vu souffler plus d'un.
Et j'peux te dire que quand il s'y mettait, c'était pas vraiment pour te caresser la joue mais pour te dévisser le cassis.
Pourtant, à ma connaissance, jamais une caténaire varoise n'a cédé au moindre Mistral, ni aux plus fortes et venteuses colères d'Eole.

En même temps, si ce n'est point le vent, qui cela pourrait être ?

Des "terroristes de l'Ultra-Gauche", comme ils disent ?

Mais non, imbécile, me dis-je subitement à moi-même, puisque le gouvernement de chez nous les a coffrés, passant outre et les doigts dans le nez (ce qui n'est pas très très poli) la présomption d'innocence, en se félicitant ouvertement de leur arrestation avant même qu'une enquête ait pu démontrer leur éventuelle culpabilité.
C'est ce qu'on appelle une République irréprochable, mon pote !

J'en conclue donc, un peu hâtivement certes, mais pas plus hâtivement que mon gouvernement quand il s'agit de communiquer fissa auprès du citoyen abruti de télé, que si ça n'est point un membre corrézien de l'Ultra-Gauche vu qu'il est à l'ombre, alors, et c'est d'une logique implacable, le vent du Sud-Est est à classer illico-presto dans l'Axe du Mal, soit en tant que dangereux terroriste affilié à l'Ultra-Gauche, sinon, il ne s'attaquerait pas, ce voyou du ciel, aux caténaires de notre admirable SNCF.

Mais, et comme c'est étrange, je n'ai toujours pas entendu Michèle Alliot-Marie s'empresser de rassurer la population apeurée ; non, je n'ai toujours pas entendu le Ministre de l'Intérieur nous assurer que tout serait mis en oeuvre pour arrêter cet anarchiste éolien, ce terroriste de l'Ultra-Gauche aux poumons d'acier, cette racaille, cette vermine de vent du Sud-Est qui, par son action directe, s'attaque sans vergogne et avec une rare violence aux biens publics.

Comme je n'entends plus rien, non plus, à propos des neuf (prétendus) pré-terroristes de cet Ultra-Gauche renaissante, je veux dire, rien quant à la progression de l'enquête, rien quant à leur éventuelle implication dans ce que TOUS les journalistes de ce pays (ils se donnent le mot ou y'a quelqu'un qui leur dicte ?) ont nommé "des actes de malveillance", rien quant à leur culpabilité.
Et, constatant ce silence, je me disais que, peut-être, va savoir, il traduisait, ce silence, un certain embarras du gouvernement, tant à ce jour, aucune preuve tangible n'est venue démontrer la culpabilité ou l'implication de ces neuf (présumés) pré-terroristes dans le sabotage de quelques caténaires que ce soit.

A croire que toutes ces histoires d'Ultra-Gauche qui fracasse de la caténaire en veux-tu, en voilà, ce serait du pipeau, pour ne pas dire ... Du vent !



* Ajout de dernière Minute :
Ce mardi 25 novembre 2008, à 13h30, France-Info a annoncé que, finalement, ce serait un TER roulant à vide qui aurait arraché accidentellement une caténaire.
Un TER !
Va falloir qu'on nous explique comment c'est possible !
A moins que ce soit un TER de l'Ultra-Gauche ...


* Article à lire absolument :
Tripatouillage Sur "L'Ultra-Gauche", En Direct Sur France Inter [Olivier Poche - ACRIMED]

 
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