22 août 2010
Rien [Ou Si Peu]
Tu vas voir, qu’à ce train-là, ils vont nous le ratiboiser et pas qu’à moitié, le pays, et avec lui, les esprits ou ce qu’il en reste. Ah, ça décanille sec, ça élague, ça démantèle, quelle maestria ! Non, vraiment, j’en suis baba (aux Roms ...) ! Bravo les gars ! C’est du grand art ! Bettencourt et sa clique, Woerth et son cloaque, finis ! Adios ! ... Quant au pouvoir d’achat, la France d’après, celle qui se lève tôt – tu t’en souviens, dis ? – cette France de propriétaires et du plein-emploi, niquée ! Oubliée ! ... Parce que, sais-tu quoi ? Tu n’es pas en « sécurité » ! Pas assez ! Et si tu crois l’être, on va t’enfoncer dans le crâne, et à coup de massue s’il le faut, que non, bordel de merde, « tu-n’es-pas-en-sécurité » ! T’as compris ? ... Et qu’on s’amuse à dire le contraire et vlan ! Te voilà relégué dans la division des « bien-pensants » ! ... Hein ? ... Quoi ? ... Que dis-tu ? ... C’est quoi un « bien-pensant » ? Mais j’en sais foutre rien, mon pote ! Logiquement, c’est l’inverse d’un « mal-pensant » ! Non ?
Or, donc, il ne faut pas, c’est exclu, dans cette France-là, « bien penser » ! Et d’ailleurs, il ne faut plus penser. Du tout ! Si tu penses, qui sait ? Demain ou après-demain, tu t’en irais, peut-être, péter un truc, une vitrine, une école, un système ... Une caténaire ... Police-menottes-prison pour ta pomme, ah comme il va morfler le sale mec, l’ultra-gauchiste ! Terroriste, va ! ... Alors non, ne pense pas malheureux ! Evite ! Prends ta dose quotidienne de Drucker, de Reichmann, de Dechavanne. Bouffonne-toi l’existence ! Ivre-toi de téléconne ! Icône donc les Pujadas, les Chabot, les Chazal et autres Ferrari ! Ça c’est de l’info, coco ! Made in Guéant from Elysée ! Son taff à cet ostrogoth, c’est de filer chaque jour que Sarkozy fait, un os à ronger. A l’AFP ! A Reuters ! Au JT ! A tutti quanti qui se prétend journaliste ! Et ensuite, c’est la curée ! Haro sur le Rom ! Le musulman ! Le pas-de-chez-toi ! Le métèque ! Ce scélérat, ces crapules qui veulent ta peau, ton blé, ton boulot ! Mais si ! ... Vois comme ils sont armés jusqu’aux dents, et pas de la petite dent de lait ! Ah ça non ! De la bonne grosse dent, aiguisée et finement ! Qui sait, s’ils n’iraient pas jusqu’à bouffer nos gosses ! Oui, comme autrefois, les communistes ! C’est de la même espèce, de la même race, sans foi, ni loi, des parasites dont il faut, manu-militari se débarrasser et pour quoi ? Pour ton bien, ton bien à toi, et celui de la nation ! Nation chérie, allons enfants de la patrie ! Il faut expulser ces malfaisants, et plus vite que ça ! ... Parce que, bien évidemment, tu es d’accord ! Nous sommes TOUS d’accord ! La preuve, c’est qu’on ne dit rien ! Que dalle ! Notre cul, on le bouge pas ! Affalés chez nous, à pondre des textes, du kleenex, à regarder passer les trains et quelques putains d’avions, ceusses qui raccompagnent « dignement » (oui « dignement » car je te rappelle que la France n’est assurément pas un pays de sauvages ; on accueille et on expulse avec le maximum d’humanité, nom de Dieu !) ces brutes, ces racailles, ces miséreux qui menacent notre tranquillité, le « vivre ensemble ». Le nôtre, bien entendu ! Ça, tu l’as bien compris ! « Vivre ensemble » certes, mais pas avec n’importe qui ! En tout cas, pas avec « eux » ! La France, elle est aux Français ! Aux français d’abord ! Les autres : dehors ! ... Sacré programme, n’est-ce pas ? ... J’irais même jusqu’à dire que c’est foutrement « bien pensé » ! A croire que là-haut, dans ce qu’on nomme assez judicieusement « le château » on se fait et copieux des infusions vendéennes, De Villiers dans ta boule à thé ! On se shoote au Le Pen ! Même que, on doit sniffer du Mégret, des lignes de Bruno, ça c’est de la came de compète, MNR certifié ! Y’a pas mieux sur le marché ! …
... Ah, bordel ! Mais qu’est-ce t’as donc dans le cervelet ? Tu ne la vois donc pas la manip’ ? L’entourloupe ? La fumisterie ? Tu crois qu’après tout ce ramdam, tu seras plus en « sécurité » qu’hier ? Non ! Bien sûr que non ! Parce qu’il y aura toujours un bouc émissaire ! Te bile pas, va, on t’en trouvera, et à la pelle ! Ils te les désigneront ! Et comment ! Et tu marcheras, comme aujourd’hui ! ... Applaudissements ! ... Parce que dès qu’on te cause de « sécurité » tu plonges et recta ! Tu ferais n’importe quoi pour te sentir EN « sécurité » ... Et ils le savent ! Peu leur chaut que la première des sécurités ce soit un emploi ET un toit ! Pourvu que ça ramène de l’électorat ! Du tondu, du meuh-meuh, du qui regarde le doigt, jamais la Lune ! Un doigt qui pue, tellement il se l’est gratté, le cul ! ... Oui, tu verras, y’aura toujours un salopard d’étranger, né sur ton sol français, qui mettra en péril TA « sécurité » ... Y’a bon le filon ! ... Aujourd’hui le Rom, hier encore le musulman, comme jadis, tu te souviens, le juif ! ... Et pendant c’temps-là, où qu’il passe, le pognon ? Tu te la poses, cette question ? Parce que du pognon, sais-tu, y’en a ! A foison ! La France, c’est pas le Bengladesh, mon pote ! C’est un pays qui respire le blé, l’artiche, les pépettes, mais toi, moi, on n’en verra pas la couleur ! Et tu sais pourquoi ? ... Parce que pendant qu’on expulse, qu’on raccompagne, qu’on rafle, le pognon, lui, il circule. Elle est là, l’entourloupe ! La fumisterie ! Et voilà comment on se fait mettre, et bien profond ! ... Quoi, la crise ? .... QUELLE crise ? ... Mais ça fait 30 ans qu’on est en plein dedans ; TRENTE ANS ! Et tu crois que le pognon, il s’est fait la malle dans cet intervalle ? Bien sûr que non ! Même que t’as un indice : les salaires ... Pas les nôtres, Dugland ! Non, ceux de nos dirigeants, les compétents, plein les fouilles qu’ils s’en mettent ! Ah, ils doivent se marrer, et grassement, quand leurs poteaux, ceusses du « château » nous remettent le sketch bien huilé de la « sécurité » ! Doivent se taper sur les cuisses, les mecs ! Tiens, j’suis même prêt à parier qu’ils appellent le Woerth pour le convier à la fête ! Le Woerth, le Santini, le Balkany, l’Estrosi, enfin bref, toute la bande ! Tout le gang ! ... Et donc ?
Et donc rien !
RIEN !
Continuons comme ça, restons bien sages, chez nous, à nous offusquer mollement, à ne RIEN foutre, à laisser faire. Continuons à marcher du pied gauche – paraît que ça porte bonheur – dans la merde « sécuritaire ». Continuons à faire semblant de ne pas comprendre. De ne pas voir. Laissons-les ratiboiser ce pays, ce fantôme, le peu d’esprit qui l’habite. Après quoi, rien, définitivement, il n’y aura plus RIEN.
Pas même l’idée du chaos.
23:00 Écrit par Philippe Sage dans La Tristesse, Politiquement Très Incorrect | Lien permanent | Commentaires (35) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : roms, expulsions, démantèlement de camps de roms, affaire bettencourt-woerth, argument sécuritaire, la france d'après, la théorie du bouc émissaire, salaire des grands patrons, quelle crise ?, la france de sarkozy, la victoire du front national, le chaos, il n'y a plus rien |
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08 août 2010
« Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté ... »
Alors comme ça, un sondage estival ferait comme du chambard, non mais regardez-moi ça, une (grande, immense) majorité de français approuverait les différentes « mesures de lutte contre l’insécurité » déroulées ces dernières semaines par ceusses dont « la seule ambition est d’assurer la protection des honnêtes gens » [Brice Hortefeux, Le Parisien/Aujourd’hui En France, dimanche 1er août 2010] par ceusses, itou, qui sont en charge dudit dossier, celui de « notre sécurité » depuis juin 2002, soit huit bonnes années pleines ! Diantre ! Mais est-ce véritablement une surprise ?
Oh bien sûr, on peut jaser sur la méthodologie, tout comme sur les items, plus orientés, directifs, ce serait bien difficile ! Quand tu veux les faire cracher au bassinet, m’sieur le sondeur (indépendant, cela va de soi, n’est-ce paaaas …) tu mets le paquet, mon saligaud ! … Nonobstant, qui s’est penché sur les détails du sondage en question ? M’est avis qu’ils sont peu nombreux ! Tiens donc ! Auraient-ils comme les j’tons d’y trouver une vérité qui dérange ? Quelque chose qu’il faudrait taire ? Pourtant, c’est bigrement intéressant ces « détails » …
Ah, j’en conviens, ça fait mal au cœur et au cul ! Mais c’est écrit, là, noir sur blanc, y’a pas à tortiller tellement ça jure, allez donc voir, faites l’effort ! Ces français qui sont encore plus majoritaires que les autres à approuver des deux mains, déchéance de nationalité, vidéosurveillance à tirelarigot, démantèlement de camps illégaux (quand je te disais que l’affaire était orientée, balisée) de Roms, répression au carré si ce n’est au cube et autres réjouissances d’un autre temps, ce sont des ouvriers, des artisans, des commerçants, des employés et des chefs d’entreprises (PME), bref, ce que l’on nomme les « classes moyennes » !
Et personne ne le dit ? Comment se fait-il ? …
Oh oui, là encore j’en conviens, ce n’est pas un scoop ! Ça fait belle lurette que nous le savons, même qu’on n’a pas attendu un 21 avril, ni le prochain, ah ça non ! Et Sarkozy en a bien (in)conscience [*] ! Alors vlan, il remet le couvert ! Oyez, oyez, « honnêtes gens » je vous ai compris ! Vous en aurez pour votre argent ! C’est moi, le gars de la Marine, ne vous y trompez pas ! Et Rocard a beau dire qu’il le « paiera cher » c’est même pas sûr tant ce troupeau, tu l’enfarines et copieux, avant de le tondre par le pouvoir d’achat, lui vanter les vertus du travail ! Facile ! C’est un électorat que tu trimballes à ta guise ! Suffit de sortir l’artillerie lourde, et le voilà qui exulte ! Pis : il se défoule, libération de la parole comme jamais, la honte, c’est pas ça qui l’étouffe, du moment que tu lui promets la sécurité ! Quand bien même cela ferait huit ans - je l’ai bien précisé - que tu lui chanterais le même refrain, les mêmes lois et décrets, c’est kif-kif, il en redemande ! Pourquoi s’en priverait-il, alors, ce président ? Qu’est-ce qu’il en a faire des conséquences, du bruit, des odeurs ? Rien ! Du moment que la gauche, enfin, ce qu’il en reste, est de nouveau kaput, infoutue de réagir, de contrer, gauche mollassonne, sans relief ..
Reste à savoir, jusqu’où il ira, cet homme-là ! C’est que, dis, la recette est bonne ! A merveille, elle fonctionne ! Alors pourquoi pas, demain, allez hop, quitte à ratisser dans les grandes largeurs, un référendum sur le code de la nationalité ou sur l’immigration ! N’est-ce paaaaaaas ? Pourquoi pas, non plus, en finir avec le regroupement familial ? Quant au droit du sol, ma foi, faut voir ! Le droit du sang, si ça se trouve, ça leur irait très bien, à ces « braves gens » ? Ou la peine de mort pour les pédophiles ! C’est bon ça ! Ça ramène du bétail, bon sang ! Voyez, c’est pas les propositions à venir qui manquent, y’aurait même plutôt l’embarras du choix ! Et peu nous chaut que le New York Times nous fasse la leçon ! Ces cochons d’américains ! Mais qu’ils balayent donc devant leur porte ! C’est bien ça, que j’ai cru entendre ? C’est pas que je sois pro-américain primaire, ah ça non ! Faut pas pousser, non plus ! Mais tout de même, cette phrase, celle de Thomas Jefferson, je la donnerais à réciter chaque jour à tous les citoyens de France et d’ailleurs :
« Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en sécurité, tu ne mérites ni l’une, ni l’autre. »
Vous m’en ferez cent lignes. A la main. Et au quotidien. Vos prières et autres foutaises, vous me les remisez au diable, en lieu et place, vous méditerez chaque soir, sur cette phrase, ce qu’elle veut dire, son sens.
Ah, mais non, vous vous trompez, ce n’est pas notre liberté que nous sacrifions qu’ils disent, les « braves gens » ! Non ! Mais la liberté de quelques Roms, de sales polygames, de délinquants « d’origine étrangère » de la pire espèce ! Des tueurs de flics, messire ! De véritables parasites prêts « à égorger nos fils et nos compagnes » ! … Ah, mais quelle misère ! ... J’ai le regret d’écrire qu’il avait raison, le Général, quelle bande de veaux ! …
Mais leur liberté, c’est aussi la tienne, sagouin ! Assassin de la République ! Si tu la sacrifies, rien, tu ne mérites rien ! Ni liberté ! Ni sécurité ! Que dalle ! Sinon des camps, de travail ! Oui ! Tu verras ! On y viendra !
Enfin quoi ! Ouvriers, artisans, commerçants, employés et (petits) chefs, qu’avez-vous dans la caboche ? Ne voyez-vous pas qu’on vous entourloupe, gruge et balade ? Relisez donc le Code Pénal, tout y est, tout est là, croyez-moi, y’a de quoi turbiner ! Pas besoin de doubler les lois, tout ça, c’est que de l’effet d’annonce(s) ! … Tu veux quoi ? … Le port d’armes ? … Vivre dans une société fermée, cadenassée, filmée ? Et vivre, tout simplement vivre, t’y as pensé ? ….
Et qu’on ne me parle pas du Front National et son « candidat anti-système » ! « Anti-système », mon cul ! Ça marche avec, et comment ! Le Front National, c’est qu’un parti de bourgeois, que de la posture, n’en a rien à faire de ta misère, de tes tracas ! Jamais ce parti-là n’a pris la défense des « classes moyennes », jamais ! Jamais à ses côtés, quand elles se font remercier, jeter, délocaliser. Pas un mot, rien ! Que des gredins ! Du balai ! Allez ouste ! …
Non, c’est la gauche, qu’il faut réinventer, c’est elle qu’il faut ressusciter, la vraie, la généreuse, même si, c’est vrai, des Jaurès, des Blum, des Mendès, y’en a plus, fini, terminé, mais qu’importe ! Faut la secouer cette mollasse de gauche, la pousser au train, c’est à nous de le faire, en vertu du fait qu’il ne faut rien attendre, il faut prendre les devants, toujours, anticiper, bref, se comporter en citoyen, actif, volontaire, pugnace, et non en troupeau de vaches à sonder. L’heure a sonné ! Celle de regagner notre honneur et notre dignité !
Ne laissons pas des camelots, carriéristes et autres bonimenteurs (pathétiques, grotesques) nous berner à seules fins électorales ! Ne laissons pas ces « gens-là » petit à petit, insidieusement, nous confisquer au nom de sécurité (mais qu’est-ce donc, hein, que la sécurité ?) ce que nous avons de plus précieux : notre liberté ! Ne les laissons pas assassiner la République !
[*] Au fait, monsieur le président, elle est où, votre « politique de civilisation » ? Celle qui devait « remettre l'homme au coeur de la société » ? Cette politique promise qui devait « réhumaniser notre société » ? Et « mettre le changement indispensable au service de l'homme » ?
Nonobstant, n'avez-vous pas déclaré, le 6 mai 2007, soir de votre élection, que vous seriez le « président de TOUS les français » ? Or, donc, celui qui les rassemble, les unit, et non, celui qui les divise.
Souvenez-vous de votre allocution télévisée du mercredi 18 février 2009 où vous nous proposiez « le seul chemin qui vaille (...) celui du refus de la facilité ». Or, encore une fois, il n'y a rien de plus facile que de dresser les gens les uns contre les autres, rien de plus facile que de les opposer, les diviser. A contrario, il est bien plus difficile, mais bien plus noble, de les rassembler. C'est même le devoir d'un Chef d'Etat ... Auriez-vous finalement décidé de changer de « chemin », opter pour celui de vos prédécesseurs (dont vous n'avez cesse de nous démontrer leurs présumées insuffisances) soit celui de la « facilité » dans le seul but de servir, non votre pays, mais vos ambitions personnelles ?
18:08 Écrit par Philippe Sage dans Anticipation, Devoir De Mémoire[s], Opinion | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : lutte contre l'insécurité, déchéance de nationalité, démantèlement de camps de roms, vidéosurveillance, code la nationalité, immigration, liberté, sécurité, thomas jefferson, république, politique de civilisation, sarkozysme |
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