04 décembre 2009
Selon Que Vous Serez Hortefeux Ou Valentin Et Ce Qu’Il Est Urgent De Savoir
Oh, mais qu’est-ce que j’apprends ? Et comme je suis fort étonné ! Alors comme ça, de Longuet à Pancher (“profondément choqués”) en passant par une pièce rapportée (Éric Besson) voici donc qu’à L’UMP l’on s’indignerait et réclamerait même des sanctions, suite aux propos tenus à Verdun (au sortir d’un débat sur l’identité nationale) lundi soir (le 30 novembre) par le sieur André Valentin, maire UMP de Gussainville (Meuse) propos jugés, par ces notables de l’UMP, “racistes” et “xénophobes” ? Mais qu’est-ce qui leur arrive, qu’est-ce qui les prend tout à coup ? M’enfin, les gars, vous déconnez ou quoi ?
Non pas que je conteste le diagnostic de ces caciques, oh non, simplement je ne vois pas grande différence, dans le fond, entre les propos tenus lundi soir par monsieur Valentin et ceusses tenus le 5 septembre dernier à Seignosse (Landes) par messire Hortefeux. En effet, quelle différence peut-il bien y avoir entre la landaise :
“Quand il y en a un ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes”
Et la meusienne :
“Il est temps qu’on réagisse parce qu’on va se faire bouffer ! (…) Y’en a déjà 10 millions, hein ? Alors faut bien réfléchir ! 10 millions que l’on paye à rien foutre !”.
Certes, la forme diffère, l’une étant plus crue, mais le fond (de pensée) est strictement identique ; c’est même – si j’puis me permettre - kif-kif ! Juste, dans la seconde, la meusienne, il y a un bonus ! Le p’tit truc en plus ! Or donc, non seulement "ils" sont “beaucoup”, “10 millions” (le bonus) mais aussi “on les paye à rien foutre” (le p’tit truc en plus) ! Depuis Verdun, et par des mots bien tranchés, monsieur Valentin n’a fait, en somme (bien que de la Meuse) que prolonger les propos estivaux de messire Hortefeux ! Non ? … Or, et à moins que ma mémoire rame ou défaille, je ne me souviens pas qu’il y ait eu à l’époque, réactions outrées et indignées venues de quelques barons du Mouvement dit Populaire, bien au contraire ! Ce fut même l’inverse que l’on entendit : allons, mais quel mauvais procès faisait-on au ministre de l’Intérieur, lui raciste ? Non, mais vous n’y pensez pas ! Brice, on le connaît, il ne mange pas de ce pain-là, il est honnête et droit, bel et grand serviteur de la nation, aimant profondément l’Auvergne et le second degré, alors cessez, je vous prie, cette polémique qui n’a pas lieu d’être, qui vire à la calomnie et même, au lynchage, oui messieurs, au lynchage caractérisé, non mais quelle honte, et comme Internet n’est que poubelle ! D’où mon étonnement, de les voir aujourd’hui tomber à bras raccourcis sur ce pauvre monsieur Valentin qui ne fait que dire tout haut ce que Brice Hortefeux pense-même-pas-tout-bas ! Y aurait-il - mais je n’ose le croire - différence de traitement selon que vous fussiez ministre régalien de la République et mini-Moi de sa majesté républicaine ou maire d’une commune de 40 habitants, maire depuis 2002 seulement ? Est-ce cela qu’il faut entendre ?
Nonobstant, puis-je dire cependant, au nom de la démocratie et de la sacro-sainte liberté d’expression, que je me réjouis et ô combien de ces propos, qu’ils viennent de l’UMP-d’en-haut, ou de l’UMP-d’en-bas ? De cette parole libérée, celle que l’on qualifie, aussi, de décomplexée. Oui, je m’en réjouis, car ainsi nous savons. Comme dirait l’autre, nous sortons, mon colon, de l’hypocrisie. Enfin, la v’là, la transparence ! Mais n’allez pas croire que l’UMP ait le monopole des “dérapages” verbaux. Si vous saviez ce qu’ils disent les autres, certains socialistes et des plus bourgeois, dans ce qu’ils croient encore être leur intimité, vous en auriez des haut-le-cœur ! Ils vous expliqueraient, comme le Brice, que voyons c’est pour de rire, c’est de l’ordre de la boutade ou de la blagounette, on ne le pense pas, hein, on f’sait juste que plaisanter ! Mais non, oh que non, ils ne plaisantent pas : ils (le) pensent. Vraiment. Pour certains. La seule différence, c’est qu’ils n’osent pas le dire trop fort parce qu’ils (se) croient être de "gauche". Gauche et propos racistes, tu comprends, ça ne va guère ensemble, ainsi qu’on nous l’apprît. Foutaises ! Ce temps-là est révolu ! Il est urgent de le savoir ! Comme il est urgent de ne plus parler de “dérapages” ! A d’autres, le coup du “dérapage” ! Dérapage, ça signifierait que, bof, c’est pas grave-grave, c’est juste un accident, l’a pas fait exprès le gars, ses paroles auront, comme qui dirait, dépassé sa pensée ! Mon cul, ouais ! Valentin, en son for intérieur, il pense ce qu’il dit. Et Hortefeux, itou. (re)Qualifier leurs propos de “dérapages” c’est insulter leur intelligence. C’est les traiter comme des gamins. Ils sont honnêtes, bordel à cul ! Oui, honnêtes ! Et d’ailleurs, voyez quand on leur demande de s’expliquer, de se justifier, comme ils bafouillent et s’empêtrent, même qu’on aurait pitié ! Ainsi, ce Valentin qui, pour réfuter tout racisme, nous sort le refrain, le connu, tu sais :
“Je ne suis ni raciste, ni xénophobe, m'dame ! La preuve : j’ai des amis algériens et marocains !”.
Ben voyons ! Comme si le racisme ou la xénophobie s’arrêtaient à la seule France ! M’enfin, des algériens racistes ou des marocains xénophobes, ça se trouve aussi, monsieur Valentin ! Je ne dis pas que vos amis le sont, mais vous, qu’en savez-vous ? Oui, qu’en savez-vous puisque vous prétendez que vos propos ne sont pas plus racistes que xénophobes, ce qui signifie, donc, que vous ne savez pas ce que c’est, le racisme, la xénophobie ? Alors, comment pouvez-vous savoir, nom de Dieu et en toute bonne foi (permettez ces termes osés, puisque vous vous dites "chrétien") si vos amis (ou qui que ce soit) le sont, ou pas ?
Or donc, disais-je, je me réjouis de cette libération, que dis-je, de cette véritable explosion de la parole, car ainsi, nous savons ! Nous savons que ce n’est point fantasme ou vue de l’esprit. C’est une réalité. C’est un état. Une certaine vision de la France qui s’exprime. Et de plus en plus.
On aurait pu penser, naïfs, que cela ne concernait que "le comptoir" (comme dirait Besson), eh bien non, ça gangrène de partout. En haut, comme en bas. Partout !
Comme si, vois-tu, ce à quoi le peuple a dit non, à hauteur de 82,21%, le 5 mai 2002, s’était finalement installé, doucement, pernicieusement, depuis, non pas le 6 mai 2007, mais bien avant. Et pourquoi pas, dès 2002. Il n’y a qu’à se pencher sur certaines lois votées, quelques décrets, et autant de prétendus dérapages proférés, pour s’apercevoir qu’il est passé, oui, le Front National. Il est urgent de le savoir.
Il est urgent de se réveiller.
Quant à monsieur Valentin et les éventuelles sanctions évoquées, est-ce bien nécessaire de rappeler ici quel sort connut, naguère, le député UMP Christian Vanneste, et ce qu’il (en) advint par la suite ? Ou quel est celui, aujourd’hui, chez les "présumés" socialistes, de Georges Frêche ?
19:38 Écrit par Philippe Sage dans Politiquement Très Incorrect | Lien permanent | Commentaires (20) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : andré valentin, maire de gussainville, on va se faire bouffer, payés à rien foutre, propos racistes et xénophobes, débat sur l'identité nationale, la victoire du front national |
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13 novembre 2009
Dialogue Avec Mon Identité Nationale Qui M’En Apprend Des Vertes Et Des Fort Peu Catholiques
- A quoi penses-tu ? [*]
- Je ne pense pas. Je me pose des questions.
- Lesquelles, de questions ?
- Pffffff ..
- A ce point ?
- Oui.
- Mais, par exemple …
- Eh bien, par exemple, je me demande si j’ai, à un moment, ou à un autre, cultivé la haine de moi.
- “Cultivé”, dis-tu ?
- Oui.
- Tu ne trouves pas que le terme est un peu fort ?
- Il n’est pas de moi.
- De qui est-il ?
- De Nicolas Sarkozy ..
- Qui est Nicolas Sarkozy ?
- Je ne sais pas. Personne ne sait.
- Dans Wikipedia, ils disent qu’il est président de la République française.
- Parfois, Wikipedia se trompe.
- Sans doute. Mais là, comme erreur, ce serait énorme.
- Plus c’est énorme, plus ça passe !
- C’est pas Jacques Chirac qui avait dit ça ?
- Si. Ou à peu près ..
[ … un ange déguisé en juge d’instruction passe … ]
- Et, tu as une réponse à cette question ? Je veux dire, as-tu réellement le sentiment d’avoir cultivé la haine de toi ?
- Oui … Enfin, il m’est arrivé, oui, de me haïr.
- Quand ?
- Quand, je ne sais pas exactement ! A certains moments. Tu sais, quand tu te traites de tous les noms parce que t’as agi comme un con, alors que tu savais pertinemment ce qu’il fallait faire et que tu ne l’as pas fait.
- Et, ça se cultive, "ça" ?
- Non. C’est un moment. C’est tout. C’est passager. Pénible, mais passager.
- Alors, si c’est aussi passager que tu le dis, pourquoi Nicolas Sarkozy parle-t-il de la culture de la haine de soi – à ton avis ?
- Je n’en sais rien. En même temps, avec lui, tout devient possible, non ?
- A condition d’être ensemble, oui … Mais … Une idée comme ça … Peut-être ne parle-t-il pas du “moi” ainsi que tu l’entends, mais d’autre chose …
- Ah oui ? … Et de quoi ?
- Il me semble – enfin, c’est une connaissance, un politologue pour ne rien te cacher, qui m’en a touché deux mots – qu’il parlerait plutôt de ton autre moi. Le pays qui t’habite. De la France, quoi ! Ainsi quand il évoque ceux qui “cultivent la haine de soi” il faudrait comprendre qu’ils cultivent, en réalité, la haine de leur pays ; ici, la France.
- Mais je ne suis pas mon pays !
- Peut-être voudrait-il que tu le sois. Que nous le soyons tous.
- Que nous ne formions plus qu’un, c’est ça ?
- Eh bien, c’est ce que l’on pourrait comprendre, oui.
- Mais c’est impossible !
- J’inclinerais à penser comme toi, mais ..
- Mais quoi ?
- … Mais dans la religion chrétienne, n’est-ce pas – et ce, dès notre première raie sur le côté - ce que l’on nous apprend : que nous ne formons qu’Un. Que c’est l’Amour qui fait que nous ne formons plus qu’Un. Ne sommes-nous pas, ami, mon frère, le sang et le corps du Christ ?
- Je crois que tu divagues copieux et prends Sarkozy pour un curé de terroir.
- Pour un curé, je ne sais pas, mais … Le discours auquel tu te références, qui – pardonnez-moi, mon Dieu ! - te turlupine et te pose questions, où l’a-t-il prononcé ?
- Dans le Vercors.
- Oui. Mais, plus précisément ?
- A la Chapelle-en-Vercors.
- Et dans Chapelle-en-Vercors, il y a ?
- Chapelle … Et … Tu penses que c’est fait exprès ?
- Je pense que Nicolas Sarkozy sait ce qu’il fait et d’où il le fait. Y a-t-il plus bel ou plus adéquat endroit qu’un village nommé Chapelle pour vanter "nos cathédrales, expression du génie français" ou rappeler "ce que notre morale laïque doit aux leçons de l’Église catholique" ..
- Oui, enfin, Chapelle-en-Vercors, c’est avant tout un haut lieu de la Résistance.
- C’est vrai. Mais rapporté à aujourd’hui, et puisque Nicolas Sarkozy l’a choisi, ce lieu, minutieusement, en connaissance de cause et pour servir cette cause, cela devient un lieu de résistance à quoi, à qui ?
- Je sais pas .. Je vais dire une connerie, je crois ..
- Dis-là .. Ce ne sera pas ta première ..
- Comme tu es charitable … La burqa ?
- La burqa ! Voilà ! Voilà LE prétexte, LA connerie, justement, du moment. LE chiffon qu’on agite. Il y en eût d’autres .. Souviens-toi de ces musulmans qui égorgeaient des moutons dans leur appartement !
- Et pourquoi pas nos fils et nos compagnes pendant qu’on y est ?
- Ben oui, pourquoi pas ..
- Tu plaisantes, là, j’espère ..
- J’aimerais.
- Comment ça, t’aimerais ?
- Tu ne comprends donc pas ?
- Non.
- Mais enfin, c’est pourtant limpide. La France et l’Islam, ça va pas ensemble, et c’est depuis une chapelle qu’on te le dit. Tu comprends ? … C’est, te fait-on comprendre, le musulman qui cultiverait la haine de la France, "ce pays où la femme est libre". C’est lui qui menacerait notre identité "singulière et plurielle". C’est encore lui (et personne d’autre, n'est-ce pas ...) qui précipiterait le pays dans le "communautarisme". Voilà le message ! Voilà pourquoi identité nationale est très étroitement liée à immigration et intégration sur l’intitulé du ministère de monsieur Besson, ex-député PS de la Drôme - où git le Vercors - soit dit en passant. Voilà ce qu’il nous est donné à entendre … Quand bien même, on te ferait aussi passer l’idée que, un bon musulman, français et fier d’être auvergnat, c’est possible ! Il suffirait qu’il ne soit pas nombreux, et qu’il vive, mange et s’habille comme un chrétien.
- Comme un français, tu veux dire ?
- Décidément, tu ne comprends rien, ou ne veux pas comprendre. N’as-tu donc pas encore saisi que pour Nicolas Sarkozy, français, chrétien, c’est pareil – pour ne pas dire : kif-kif ! Ça ne fait qu’Un. C’est indivisible ! C’est NOTRE identité nationale. Et il n’y en a pas d’autre ! D’où la chapelle. D’où, depuis elle, l’appel à résister à tout ce qui la menace.
- Mais pourquoi proposer d’en débattre alors ?
[ ... un Judas de la Drôme passe ... ]
- Ça ne va pas ?
- Non. Pas très bien. Je crois que là, pour le coup, avec tout ce que tu viens de m’apprendre, j’ai la haine.
- Peut-être que celle-ci vaudrait la peine d’être cultivée. Non ?
- Ma foi …
[*] Comme Nicolas Sarkozy - ou Dieu - mon identité nationale me tutoie …
17:14 Écrit par Philippe Sage dans Politiquement Très Incorrect, Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (31) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : la chapelle-en-vercors, débat sur l'identité nationale, sarkozy et l'identité nationale, sarkozy et la laïcité, à force de cultiver la haine de soi, sarkozy et le communautarisme |
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