17 décembre 2011
Vidéo-Cadeau De Noël : Mais Qui, En 2012, Sera Le 3ème Homme ?
A chaque présidentielle, on nous parle d'un troisième homme.
Pourquoi ?
On n'en sait rien.
Quoi qu'il en soit, gagnons du temps, en tentant de trouver celui de 2012.
Histoire de passer Noël tranquille ...
... Ou pas.
18:03 Écrit par Philippe Sage dans Amusons-Nous !, Présidentielle 2012 | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : rions avec le troisième homme, qui sera troisième homme en 2012 ?, présidentielle 2012, à quoi sert un troisième homme ?, jacques chaban-delmas, jacques chirac, raymond barre, edouard balladur, lionel jospin, françois bayrou, marine le pen, dominique de villepin, nicolas sarkozy, françois hollande, choc pétrolier, crise mondiale, rions avec 2012 |
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13 novembre 2011
Le Terreau, Ou Comment Il Grandit, Le National-Populisme
Tout est là, en fait. Réuni... Le terreau, les conditions, la conjoncture. Une crise qualifiée de « sans précédent »... « Sans précédent » parce que, tous autant que nous sommes, celle de 29, je veux dire la crise de 1929, on l’a pas connue, éprouvée, on ne sait pas ce que c’est, ce que ça fait, comment ça vous détruit.
Mais quand bien même, il y a l’Histoire. Elle parle l’Histoire. D’aucuns disent qu’elle se répète. Et que, si elle se répète, c’est parce que l’homme est ainsi fait. Et qu’il n’a pas de mémoire. Ou ne veut pas y faire appel. Parce que, voyez, la mémoire c’est plombant, fort encombrant. C’est fait de guerres et de ruines, d’holocaustes et de génocides, de misère et d’abandon. Ça emmerde le monde, la mémoire.
Le monde et les gens.
Les gens, vous comprenez, ils veulent vivre tranquilles. Ils veulent pas d’histoires, les gens. Ils veulent se divertir. Et si possible, rester en bonne santé. Le reste, c’est pas leurs affaires. Ils veulent pas savoir. Ou alors, ils disent que : « C’est comme ça, on peut rien y faire ».
C’est un cancer, cette phrase-là, qu’aurait dépassé le stade terminal. C’est pire encore que de toujours remettre à demain. Parce que dans cette phrase-là, y’en a pas, de demain. Y’a même pas de présent. Y’a rien. Même pas de la vie. Quand on est en vie, qu’on désire, on ne dit pas :
« C’est comme ça, on peut rien y faire ».
Quand on dit cela c’est qu’on est déjà mort. Ça veut dire qu’on a lâché la rampe. Et donc, qu’on peut tout vous faire, comme, par exemple, rogner votre salaire, diminuer votre pension, vous demander de travailler jusqu’à plus soif.
Si on (politiques, économistes, médias, etc.) vous fait comprendre que « C’est comme ça ! », qu’il n’y a pas d’autres solutions, aucune véritablement, sinon des farfelues, des utopistes, des frontdegauchistes, pas adaptées au monde « ouvert » dans lequel, tous, nous évoluons, alors c’est possible d’en arriver là : rogner, diminuer, raboter, détricoter ce que d’autres avant nous avaient, de haute lutte, conquis.
Or donc, oui, ensemble, tout devient possible, à la condition qu’ensemble, tous, nous convenons que: « C’est comme ça, on peut rien y faire ».
Si les gens, ils avaient vécu celle de 29, ou, au moins, y avaient porté quelque intérêt, ne serait-ce qu’en se plongeant dans l’Histoire, celle qu’est là pour témoigner, rappeler, alerter ; oui, s’ils avaient un tantinet visité cette Mémoire, alors ce serait différent.
Peut-être…
Je dis « peut-être » parce que rien ne permet de l’affirmer. D’autant que l’Histoire se répète. Pas toujours par méconnaissance ou désintérêt, mais – comme je l’ai dit, si banalement – parce que l’homme est ainsi fait. Et ni le progrès, ni la science, ni la beauté, ne sont parvenus à le changer. Il n’a pas bougé, d’un iota… Il croit en l’homme providentiel. C’est un fait certain. Et c’est logique de surcroît. Quand on admet que « C’est comme ça, on peut rien y faire » alors, on est prêt à confier son destin à n’importe qui… Un sauveur…
Oui, les gens pensent, véritablement, que quelqu’un va venir les sauver. L’Histoire est remplie de sauveurs, n’est-ce pas ? Qui, pour certains, se sont révélés être des sanguinaires, des tortionnaires, des salopards de première, des monstres sans pareil et non « sans précédent » puisqu’après eux, d’autres encore, toujours, sont venus, et portés, dans la plupart des cas, par le peuple lui-même. Le peuple sans Mémoire. Celui qui ne veut pas d’histoires.
Mais reprenons.
14:18 Écrit par Philippe Sage dans Il Est Trop Tard, Politiquement Très Incorrect | Lien permanent | Commentaires (29) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : extrême droite européenne, poussée de l'extreme droite, la crise favorise la montée des extrêmes, repli sur soi, national populisme, front national, marine le pen, présidentielle 2012, le terreau, crise mondiale, paupérisation des peuples européens, le renoncement au socialisme, la victoire des marchés, le triomphe du néolibéralisme, du rôle des médias, guerre en iran, la guerre comme moyen de sortir de la crise, crise de 1929, quand l'histoire se répète |
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07 novembre 2011
Le Peuple, Cette Mauvaise Graisse
Hier encore, il n’en était pas question. Vous pensez ! Si la Grèce sortait de l’euro, mais c’est toute l’Europe qu’en pâtirait. Pis : on en crèverait. Tous ! Comme dans un film de Steven Soderbergh, nous assisterions, impuissants, à la « contagion ». L’effet domino. Après la Grèce, ce serait l’Italie, puis l’Espagne, le Portugal, et rien, ni personne, alors, ne pourrait l’endiguer. Jusqu’à ce que…
Jusqu’à ce que cet homme, Papandréou [1] sans, dit-on, en avertir ses partenaires européens, émit une idée : consulter son peuple, les Grecs... A propos de quoi ? Personne ne le savait, mais d’emblée ce fut une levée de boucliers. D'irresponsable, de traître même, on le rebaptisa. Et, ce qu’il y a de remarquable, c’est qu’il le fût et par les politiques, et par les médias-laquais !
Non mais rendez-vous compte ! A son pays souffreteux, étranglé, à la dérive, « on » (Europe, FMI et tutti) venait au secours, en échange, faut-il le préciser, de réformes et autres mesures que même un Reagan, une Thatcher, jadis, n’auraient jamais osé mettre en place, tant ils se seraient attirés noises, courroux (une révolution sans doute, du genre grand format), et ce Grec, fade, si ce n’est insignifiant, nous chiait dans les bottes en voulant s’enquérir du fait si, par hasard, son peuple, aurait un avis sur la question ! Mais quel ingrat ! Mais quel salaud !
Alors, d’un coup, net, les discours changèrent.
La Grèce ? Mais on peut s’en passer ! Et je vous dirais même mieux : si elle sortait de la zone euro, ce serait pas plus mal. Tellement c’est un boulet…
Non mais, vous savez combien ça pèse, la Grèce, Madame ? 2% du PIB de la zone euro !
Ah, ce 2% du PIB, il fit le tour des plateaux de TV, de radio, « ils » s’étaient refilé le mot. Politiques, économistes, éditorialistes, s’en donnaient à cœur joie. Cette Grèce qui, hier encore, était essentielle, cruciale, devint en une journée, un misérable petit pays de merde, un pays de tricheurs, de fraudeurs, de truqueurs, de fainéants même.
Les Grecs veulent la jouer solo, quitter la zone euro, revenir à leur monnaie ridicule ? Eh bien, soit ! Qu’ils crèvent, entendait-on ! D’autant que nos peuples n’y seraient pas opposés. Vous les avez entendus, n’est-ce pas, les Français, les Allemands, rouspéter, c’est chose connue, ils le disent, et tous les jours : « Pourquoi devrions-nous payer pour sauver la Grèce ? ». Et comme ce sont, les Grecs – je vous l’ai dit, à desseins – des tricheurs, des truqueurs, des fainéants, pensez ! Là, pas besoin d’avoir recours à quelconque référendum, la cause est entendue.
Ah, les malfrats ! Les gros dégueulasses. Certes, on les sentait un tantinet gênés aux entournures. C’est que, voyez, consulter le peuple, ça à voir avec ce qu’on nomme : démocratie. C’est embêtant, tout de même... Cette outrée levée de boucliers pourrait faire passer l’idée que cette entité, l’Europe, serait comme qui dirait l’ennemie des peuples, soit : antidémocratique. Confère ce qu’il advint du 29 mai 2005. Comme on te l’a gravement niqué le peuple français.
Comment faire pour contrecarrer cette idée, la noyer ? Faire vite, très vite oublier, que consulter le peuple, « c’est irrationnel et dangereux » !
Facile ! On va te refourguer la même rhétorique que l’on déverse en temps de grèves syndicales. Même que c’est de la rhétorique qui fonctionne très bien auprès de la masse. Y’a qu’à voir chez Pernaut (en fait, chez tout le monde)
Or donc :
« 11 millions de Grecs qui prennent en otage 320 millions d’européens, vous trouvez ça démocratique ? » [2].
Et les journalistes, ces valets, d’acquiescer, bien sûr. En boucle, qu’il est passé cet argument. Une merveille ! Du bel ouvrage, vraiment. Bravo messieurs !
Oh bien sûr, un homme sensé, sage, posé, bref celui qu’on n’invite surtout pas dans les médias (dont le métier est de dramatiser un fait jusqu’à l’excès, non de faire preuve de pédagogie) aurait eu vite fait d’expliquer que de référendum Grec, il n’y aurait pas. Jamais. Qu’il s’agissait, là, de politique intérieure grecque. Mais qui se soucie de ce qui se passe, réellement, en Grèce ?
Personne !
Ces journaux français qui se croient malin, ils titrent « le chaos », mais le chaos, en Grèce, bande de rigolos, ça fait belle lurette qu’il existe pour de vrai. C’est un bordel sans nom, la Grèce. Et nous n’y sommes pas pour rien. Ah ça non !
Nous subirions le même traitement, nous, les Français, salaires abaissés, retraites divisées, tout bradé, sacrifices toujours, mais je donnerais cher pour voir, alors, dans quel état, il serait notre pays. Et dans les rues, et à l’Assemblée ! Si nous ne crierions pas à l’injustice !
Et si, par-dessus le marché, on nous traitait de tricheurs, de fraudeurs, de fainéants, ah oui, je voudrais bien voir, tiens, si nous laisserions dire et faire. Peut-être que oui, finalement, tellement nous ne sommes plus rien. Que des loquedus. Des sans-couilles. Avec, nonobstant, 8 millions de pauvres, dont, pour bonne partie, des travailleurs. Mais là itou (comme quoi, y’a pas de hasard) tout le monde s’en fout. Chacun pour sa gueule. Y’a pas que les Grecs qui peuvent crever, nos pauvres aussi. C’est pareil. Ça participe du même esprit. Lamentable. C’est pas nous, c’est les autres. Toujours les autres.
Mais quelle mascarade, quand on y pense ! Un jour la Grèce, essentielle à la zone euro, le lendemain, une chiure. Du balai ! On peut s’en passer. Alors que, ce sont les mêmes, exactement les mêmes qui nous assuraient que, mon Dieu, si la Grèce tombait, alors ce serait horrible, grosse catastrophe, car ensuite, oyez, oyez, patatras l’Italie, puis l’Espagne, le Portugal, et donc, un jour, inévitablement, argh ! La France. Comme pour le H1N1, nous allions tous mourir.
D’un sens, on comprend mieux. Ce qui nous permet de survivre par temps de crise mondiale « sans précédent », de nous en tirer (pour l’instant), ce sont ces petits pays, n’est-ce pas, sur lesquels on se fait la cerise, via prêts assortis de taux d’intérêts aux pourcentages cetelemisés. On les revolvent à crédit. Ils font rempart en quelque sorte, bouclier, contribuent à nous épargner. Or donc, ils doivent, c’est un ordre, une injonction, se sacrifier, pour nous. Coûte que coûte. Pour pas qu’on vive, un jour, ce qu’ils subissent.
C’est ça, mon pote, la solidarité européenne.
C’est comme une guerre, en fait. Les pauvres, au front. Les riches, non.
Organise-t-on un référendum pour demander aux pauvres s’ils veulent y rester, au front ? Non, bien sûr que non !...
Eh bien voilà, t’as compris pourquoi, ça leur faisait si peur, cette histoire de référendum. A « eux », et (paraît-il)… aux Marchés. Qu’il ne faudrait surtout pas oublier. Mais comment le pourrait-on, puisqu’on nous le dit, répète : « Désormais l’Italie est dans le collimateur des spéculateurs » ?
Les spéculateurs, ceux qu'ont contribué, très activement, à couler la Grèce. Certes, elle était bien endettée, et donc vulnérable, cette Grèce. Mais quel pays (de la zone euro, en l’occurrence) ne l’est pas ?
Reste à savoir quel est l’intérêt – c’est le cas de le dire – de s’attaquer ainsi, et violemment (c’est une guerre, je le redis) aux pays endettés. Quel est le but recherché ? Et pourquoi il ne faut surtout pas que les peuples s’en mêlassent… Hormis pour payer la facture, il va sans dire.
Le peuple, ce coupable idéal, cette mauvaise graisse, qu'il convient de tondre, et plus encore, au mépris de tout, y compris de la démocratie.
Or donc, aujourd'hui les Grecs, et demain, bientôt, tous les européens. Tous !
[1] Doit-on rappeler que, comme Zapatero, Papandréou est ... socialiste. Et que, comme TOUS les socialistes européens, il aura, sans moufter, mis en place des réformes d'une dureté rarement égalée, et dictées, avant tout, par les Marchés et pour la gloire des Marchés.
Nous assistons donc, aussi, à une déroute (et une trahison, surtout) totale des différents partis socialistes européens (le PS français, y compris) qui courbent l'échine, comme des lâches, devant le diktat néolibéral.
[2] Pitoyable diatribe entendue lors d'une édition de C Dans L'Air, et tenue par un dénommé Christian Saint-Étienne. Cet ennemi du peuple, et grand adorateur d'un néolibéralisme plus qu'effréné, est professeur titulaire de la Chaire d'Economie industrielle au Conservatoire National des Arts & Métiers.
11:32 Écrit par Philippe Sage dans Crise Financière, Il Est Trop Tard | Lien permanent | Commentaires (29) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : grèce, papandréou, zone euro, sortie de l'euro, référendum grec, effet domino, contagion, europe, fmi, bce, merkozy, moteur franco-allemand, les marchés ont gagné, austérité, rigueur, récession, crise européenne, crise mondiale, 29 mai 2005, la capitulation des socialistes européens, peuple grec, peuple européen, le peuple va payer, l'europe n'est pas une démocratie |
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13 septembre 2011
D’Un Effondrement, L’Autre
Or donc, nous fûmes pilonnés. Ce dimanche 11 septembre 2011. Commémorations ici, commémorations là, partout, impossible d’y échapper.
Un flot d’images insupportables. Des analyses et des commentaires assommants.
Avec, comme de bien entendu, la sempiternelle question, crétine, inutile, futile :
« Où étiez-vous le 11 septembre 2001 ? » et des cons finis pour oser y répondre !
Et je vous fais grâce des conspirationnistes et autres complotistes. Dont on se fout comme de l’an 40. L’essentiel, comme toujours, étant ailleurs.
Car, tout de même, c’est extravagant, n’est-ce pas ? Ahurissant, au point que ça en deviendrait hautement comique, pour qui serait d’un cynisme sans bornes.
Non mais, vous rendez-vous compte ? Nous avons revécu, parfois en temps réel (cf : France Info) les attentats du 11 septembre, nous avons revu ces tours s’effondrer, en long, en large, en travers, pendant toute une journée. Ces tours qui symbolisaient la toute-puissance des Etats-Unis d’Amérique, la finance, le capitalisme décomplexé.
Ça ne vous gratte pas un peu, là ?
Vous ne vous dites pas, tiens, c’est curieux, mais y’a quelque chose qui coïncide, qui fait écho ?
Ah ! Mais non pardi, voyez, non ! C’est une commémoration ! On cherche pas, on diffuse ! En boucle. Et vas-y que je t’annonce, dix ans après, l’échec d’Al Qaïda, mais que, gaffe, le terrorisme n’est pas vaincu, il ne faut pas la baisser, la garde !
Baisser la garde, non, mais diffuser encore, toujours, ces tours s’écroulant, ça oui ! Et sans rien voir, sans rien comprendre, sans faire un rapprochement, osé, certes, mais tout de même !
Et nous voilà terrassés par tant d’aveuglement, je dirai même, par tant de nombrilisme. D’auto-soi.
Ah ! L'Occident, c’est formidable ! D’infantilisme (et de vanité).
Pourtant, ça crève les yeux, non ?
D’un côté, ces tours s’effondrant, commémorations ; et de l’autre, un système agonisant, présentement.
Rien à voir ?
Va savoir !
On commémore, et dans le même temps, ça s’effondre encore, toujours. Les banques, le CAC, la finance, la zone euro et tutti, tout un système qui part en sucette, et personne pour arrêter, freiner, cette chute continue, cet autre effondrement. Qu’ils appellent, ces impuissants pyromanes : la crise !
Mais remballe-là, ta crise ! Ce n’est pas une crise ! C’est bien plus grave que ça !
Et d’ailleurs, de ta crise, en France, on en a pas encore vue la couleur, pas vraiment.
A part quelques exposés, des malchanceux, dont la majorité se branle, tant qu’elle peut conserver son iPhone, son iPad, son iMac. Allons ! Si nous connaissions la crise, ça se saurait ! Y’aurait du monde dans les rues ! 15% de chômage TTC ! TVA au carré ! Ca gueulerait, ça geindrait, peut-être même que ça s’écharperait. Déjà qu’en temps de blocage de raffineries, on sort le knife à la station du coin pour un petit litre d’essence, alors tu penses, si tu crevais la dalle, qu’on te sucrât tes prestations sociales et tout le toutim, qu’on te réservât le même sort de chiens galeux qu’aux Grecs, ça y ferait un sacré ramdam !
Non, on n’a pas vu. Rien. La crise, elle ne nous a pas touchés. Mais ça vient. L’effondrement est en marche, permanent. Les tours jumelles, à côté, c’est de la roupie de sansonnet. Tant les victimes se compteront par millions. Peu seront épargnés…
Et vois-tu, c’est assez extraordinaire, d’en faire des caisses de ce 11 septembre, du gospel et des larmes, (à l’émotion les occidentaux, rien qu’à l’émotion !) et ne pas voir que, dans le même temps, c’est tout un monde qui s’effondre. En direct ! Tous les jours !
Ah, ça par exemple ! Mais, nom de Dieu, ce qu’il faut être aveugle, sourd, ou fou complet ! Pour ne pas dire : salopards, incapables, cyniques véritables.
L’Occident, cette chose suffisante, arrogante, peuplé d’égoïstes, de citoyens gâtés, indifférents et insensibles à la pauvreté qui la cerne, cette pauvreté qu’elle a générée, l’Occident s’écroule, comme dix ans auparavant, deux foutues tours.
Il y a, là, dans cet aveuglement commémoratif, j’avoue, quelque chose de fascinant.
Dimanche, j’ai vu autre chose que des tours s’effondrer. J’ai vu tout un système, une idéologie, une économie, s’écrouler.
Dix ans après.
Et ça ne fait que commencer…
14:01 Écrit par Philippe Sage dans Je M'Excuse Mais Merde ! | Lien permanent | Commentaires (25) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : 11 septembre 2001, 11 septembre 2011, système capitaliste, effondrement du capitalisme, commémorations, le début de la fin, zone euro, krach boursier, fin de l'euro, chute du dollar, crise mondiale, faillite de la grèce, dettes, déficits, politique d'austérité, plans de rigueur, tours jumelles, wtc, ground zero, la mort du capilatisme, nouvel ordre mondial, les dix ans du 11 septembre |
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10 août 2011
Les Marchés Paniquent ? Mais Si Tu Savais Comme Je M’En Fous !
Quand pour t'offrir une semaine de vacances, tu contractes un crédit, tu peux te dire, raisonnablement, que tu viens de franchir un palier. Même si tu raques en trois fois.
C’est sale temps.
Tu te demandes comment se fait-il. Où t’as péché…
Alors quoi, trimarder, toute l’année, ne suffirait pas à prendre, l’été venu, du bon temps ?
T’aurais donc pas les moyens de te faire la belle vie, rien que sept petits jours ?
Tu reluques tes fiches de salaire, ce que tu palpes, net, le mois, et tu t’insultes !
C’est pas Dieu possible, glandu !
Mais tu te démerdes comme une brêle, ou quoi !
Enfin, ce salaire, qu’est au-dessus du SMIC, c’est quand même pas la misère !
Où qu’il passe ce pognon ?
Tu refais les comptes, consciencieusement, avec des lignes, des colonnes, stylo quatre couleurs, et très vite, ça te saute à la gueule :
l’essentiel part dans des charges dites incompressibles.
Loyer, eau, gaz, électricité, téléphone, bagnole, bouffe, impôt sur le revenu, impôts locaux…
Sinon, ces cigarettes, dont tu ne peux te passer.
Aussi, un restaurant de temps en temps ; un cinéma, rarement ; quelques DVD pour te distraire ou t’épater ; et voilà, le compte est "bon".
Et donc, rien, pas un rouble vaillant pour foutre le camp, au soleil.
Te voilà loquedu, réduit à passer par un organisme de crédit.
Je sais ce que tu vas me dire : quand on n’a pas les moyens, on prend sur soi.
Bref, les vacances, on s’en passe. Se promettant de faire mieux l’an prochain… Et pis tiens, à ce sujet, reprends-les, tes comptes, doit bien y avoir des coupes à faire.
Déjà, arrête de fumer. C’est mauvais pour ce que tu as…
Limite tes trajets en bagnole.
Consomme un peu moins.
Es-tu sûr que ton forfait internet soit bien indispensable ? N’y en a-t-il pas un de plus adapté à tes petits moyens ?
Idem pour ton téléphone portable. Et si tu passais à la carte ?
As-tu vraiment besoin d’aller au restaurant, même si c’est que deux fois le mois ; ne serait-ce pas aussi sympâââ de dîner chez soi, avec des bougies, par exemple, pour faire dimanche ?
Quant au cinéma, t’as bien des potes qui te prêteront le film, dès qu’il sortira en DVD ! Du reste, cette télévision, LCD, es-tu certain qu’il n’y avait pas moins coûteux, et tout aussi performant ?
Etc.
Oui, vu comme ça, j’aurais eu, peut-être, quelques euros disponibles, pour décarrer au soleil.
Pas très loin, or donc en France, mais c’eut été possible.
Ceci étant, et nonobstant, tu veux que je te dise ?
J’ai déjà pensé à tout ça. Et finalement, j’en ai conclu que non.
Non, je ne peux pas et ne veux pas faire de "coupes".
Je ne veux pas me faire chier, vivre comme un rat crevé pendant 358 jours pour espérer partir une minable semaine dans un endroit qui, de toutes les façons, sera gorgé de monde.
Plus question, comme une fois, une seule dans ma chienne de vie, d’appeler Monsieur Cetelem pour me barrer au soleil.
Tant pis. Des vacances, j’en prendrai pas.
Et ça fait six ans que c’est ainsi.
Avec, dans l’intervalle, ce que les gens de la télé, des sociologues, des psychologues, des intronisés spécialistes de tout poil, nomment curieusement des : « accidents de la vie ». Comprendre : du chômage. Avec ce que ça implique : des petits boulots que t’acceptes, sans moufter, ou presque, sinon, c’est radiation. Exclu de la société. Et viens pas pleurer ! Tu passerais pour un profiteur, un parasite qui vit sur le dos des autres.
Alors tu comprendras, sans nul doute et fort aisément que, quand j’apprends que la bourse dégringole, chute onze jours de rang, que paraît-il ça panique, ici et là, que des ministres sont sommés d’interrompre leurs vacances pour tenter de rassurer les investisseurs, ça ne me fait ni chaud, ni froid.
Parce que moi, ça fait six ans que je chute.
Déclassé.
Et que tout le monde s’en fout.
Tout comme le monde se fout, itou, de savoir que celui qui va (encore) payer les pots cassés de ces messieurs, c’est moi (et toi, gagnant pas des mille et des cents).
Mais au moins, c'est fini, j’ai plus, moi, un seul crédit à la noix sur le dos.
Ce qui n’est pas le cas de mon pays.
Pour qui on marne.
A ce propos, le premier, là-haut, qu'oserait me dire que ce serait ma faute s’il est en faillite, mon pays, sous-entendant, populeusement, que j’aurais pas assez turbiné, fourni, sacrifié, je lui pète sa sale gueule.
Si jamais, ça m’était reproché, même doucement, je t'assure que je ne passerai pas par la case indigné, moi. J’irai direct à l’étape suivante.
Est-ce assez clair ?
Parce que, faudrait tout de même pas, demain dit d’austérité, venir chatouiller les arpions d’un mec qui trime correct, et qui voit plus le soleil...
01:05 Écrit par Philippe Sage dans Je M'Excuse Mais Merde ! | Lien permanent | Commentaires (49) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : crise financière, crise économique, crise sociale, crise mondiale, krach boursier, plan d'austérité, récession, le capitalisme est une saloperie, dettes des états, déficits, précarité, petites gens, tout faire péter, aux chiottes l'indignation, déclassement, petits boulots |
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07 août 2011
Refais Le Monde Sur « Le Plus »
Y’a moins de points. De suspension. Encore moins, d’exclamation.
Moins de phrases, aussi. D’épanchements. De tiguidis égocentrés.
C’est un autre exercice. Auquel j’ai pas dit non.
Or donc, je fournis, depuis juillet, quelques articles (entre 4 et 6 au mois) pour le site « Le Plus » du Nouvel Observateur.
Ceci expliquant que, depuis quelques paires de semaines, par ici, ça roupille un tantinet.
Les articles proposés pour ce « Plus » devant être des originaux (condition non négociable) comprendre : pas un copié/collé de ceusses postés sur ce blog.
Ceci dit, le temps de prendre une vitesse dite de croisière, et y’aura à becqueter ici comme avant. 7 à 8 articles le mois, au bas mot. D’autant que la campagne présidentielle, que je pressens redoutable (négativement j’entends), va très certainement inspirer moult billets tapageurs, saignants, voire déprimants, quand ce n'est pas inutiles, que je réserve savoureusement pour Refais Le Monde Avant Que...
Non pas que pour « Le Plus » ce serait olé-olé, ou hors des clous, ceux de la bienséance, mais tant qu’à faire, autant jouer le jeu. Ce qui ne signifie pas que sur « Le Plus », j’en dis moins. Simplement n’appartenant, au fond et tout bien pesé, à aucune chapelle, aucun clan, aucun réseau, aucune droite, aucune gauche, je peux jouir de cela : trouver de l’épatant chez une Royal, de l’étonnant chez un Sarkozy, et l’écrire.
Je ne suis définitivement pas un militant, pas même un électeur. Un observateur, à la rigueur. Et qui trouve ça, cette position, drôlement amusante.
A la limite, c’est un temps, maussade, quasi médiocre, où il ferait bon, tiens donc, de se faire anarchiste. Et basta !
Bref, si le cœur t’en dit, ces autres publications sont perchées à cette adresse.
Dans un premier temps, au moins (ou tout au « Plus ») jusqu’au 31 décembre de cette belle foutue d’année.
Au menu – à ce jour dit du dimanche 7 août 2011 – Marie-Ségolène par deux fois, Sarkozy dans les pas d’un certain François (du moins, l’espère-t-il) Le Pen ça va de soi, itou un danger dont je parlais ici-même y’a deux ans et qu’a frappé la Norvège récemment, et à suivre, si tout va bien, un billet sur cette crise qu’en peut plus de rebondir, ce qui semble surprendre bon nombre de nos politiques, alors que, s’il y avait bien quelque chose de prévisible, d’inévitable, c’était que cette crise ne nous lâcherait pas comme ça. Même qu’on n’a pas fini de voir l’euro miné.
Mais de la crise, des marchés, et de comment ça nous est transmis et traité, j’y reviendrai cette semaine dans Refais Le Monde Avant Que…
Et je vous cause pas de la primaire, qu’était censée être celle de toute la gauche, et qui, à l’arrivée, ressemble plutôt à un indigeste congrès de libéraux déguisés en socialistes. Voilà qui ne vaut, en effet, pas plus d’un euro de participation.
C’est dire si je vais encore me faire des « amis » dans les jours prochains.
Mais, comme je m’en « lol », d’avance, tu le devines !
Sur ce : bonne chance !
20:12 Écrit par Philippe Sage dans Entracte | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : le plus, nouvel observateur, refais le monde, ségolène royal, nicolas sarkozy, anders breivik, jean-marie le pen, nouvelle chute des marchés, zone euro, crise mondiale, euro miné |
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