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27 octobre 2011

Eléments De Langage Destinés Au Candidat Du Parti Socialiste Souhaitant Vaincre Le Candidat Sortant Par Temps De Crise(s)

16-Mars-1981.jpg« A quoi sert une élection, sinon à juger le bilan d’une politique, et, puisqu’il s’agit d’une élection présidentielle, à juger le bilan d’un homme (…) Juger ce bilan, du candidat sortant, je le ferai honnêtement ».

« Pouvait-il faire mieux ? Ne le pouvait-il pas ?... Était-il entraîné dans un cycle de crises économiques qui frappent toutes les sociétés capitalistes, et particulièrement l’Occident ? Il n’y pouvait peut-être rien ! »

« Simplement, je me poserai la question : est-ce qu’il va recommencer ? »

« La hausse de prix ! Ça frappe beaucoup de gens, hein ! Des gens simples qui n'ont pas beaucoup de moyens (…) Un million sept cent mille chômeurs, c’est-à-dire : un million trois cent mille de plus qu’au jour de son élection ; c’est beaucoup !... Un commerce extérieur en déficit de 60 milliards (…) Un déficit budgétaire accumulé, pendant ces sept ans, de 211 milliards (…) Une dette extérieure de 120 milliards ; c’est beaucoup !... 100 000 entreprises disparues récemment (...) Je veux dire simplement que ce n’est pas contestable, ça : c’est vrai ! »

« [Je lui dirai :] Est-ce que vous ne pouviez pas faire autrement pour défendre les intérêts de la France à l’extérieur ? (…) Êtes-vous sûr que la France, qui est un grand pays, a toujours rempli son rôle ? »

« Ce qui est évident c’est que, élu Président de la République, je changerai un certain nombre de choses. En particulier dans le cadre des relations du Président de la République, du gouvernement, du Parlement ; dans les relations du Président de la République et des citoyens ; tout en étant très volontaire pour préserver la charge de la fonction et la remplir entièrement. Je voudrais qu’on en revienne à des mœurs, disons plus … Un peu plus démocratiques ! »





[François Mitterrand, Cartes Sur Table, 16 mars 1981]

16 octobre 2011

Allo Maman Bobos, Ou : Les Indignés

Or donc, c’était la première « journée planétaire » des Indignés, n’est-ce pas …
Comment dire ?
Oh, c’est délicat, voyez.  C’est que, je m’en voudrais de déranger. De dénoter. Vulgairement : de faire chier.
Mais tout de même. Ca me chatouille, gratouille, depuis le début de cet étrange « mouvement ».
Tous ces gens assis. Sagement. Je dois dire que ça m’impressionne. Non, vraiment. Je suis ébouriffé. Sur le cul.
Je m’étonne juste que Pierre Arditi n’en fut toujours pas. Il y serait, je crois, comme un poisson dans l’eau. Nickel.

Indignés.jpgNonobstant, et ironie mise à part, venons-en au fait : ces Indignés, les avez-vous vus ?
Je veux dire, leur(s) profil(s). Qu’on nomme, communément : le statut social.
Avez-vous l’impression, par exemple, qu’il s’agit, là, de gens qui souffrent, qu’en bavent des ronds de chapeau ?

De gens dans la plus grande des détresses, complètement broyés par le « système » ?
De gens sur qui l’injustice saloparde, et ô combien capitaliste, aurait vidé de leur home, de leur taf, de leur sang même ?
De ceux que Claire Chazal, avec son air pincé du XVIème, appelle pudiquement :
« les plus démunis ».

Oh bien sûr, l’on pourrait émettre cette terrifiante hypothèse :
Comme les médias sont LE système, qu’ils y participent, qu’ils sont laquais-complices jusqu’au trognon, alors ces chiens galeux de journalistes se feraient, chère M'dame Dugenou, un sale plaisir de nous montrer, dans nos écrans plats, QUE des Indignés (assez) propres sur eux, que l’on dirait sortis de quartiers aisés, ou approchant ; bref, de périmètres relativement épargnés par cette putain de crise ; et nous cacheraient donc, les enfoirés de leur mère nantis de leur carte de presse, et délibérément (je veux dire : dans l’unique but de discréditer ce « mouvement ») les souffreteux, les exclus, les prolos vociférant.
En d’autres termes, les véritables victimes du monde de la finance, des marchés, du néolibéralisme et tutti.
Cela, vous le savez, se nommerait : complot.

Sauf que, pour qui aurait eu l’extravagante audace d’aller constater sur place (ou Puerta Del Sol, pour plus d’exotisme) que nenni !
Pas l’ombre de la queue d’un complot.
Du tout.

A bien y regarder, en ce « mouvement », Indignés, point d’ouvriers, de prolos, de chômeurs (ou alors deux ou trois), d’exclus, de virés, de délocalisés, de pauvres, et même de classes populaires. Comme on le constate, chaque jour que Hessel fait, sur nos écrans rapla-plats.
Pas la queue d’un vrai estourbi par ladite crise, les méchants banquiers, l’écrasant système.
En un mot, comme en cent : que des individus vivant pas si mal que ça. Or donc, qui ne connaissent pas (vraiment) la crise. Qui l’ont pas éprouvée. D’un gramme TTC. Rien.

Alors, je sais.
L’on me dira, mais vous faites chier à la fin, ce n’est pas parce que la crise, on la vit pas, pas vraiment, qu’on n’a pas le droit (et le devoir) de s’Indigner, sans compter, qu’avec nous, ou grâce à nous, demain, prolos, chômeurs, exclus, classes populaires, etc., vous verrez, nous rejoindrons. Ou, au minimum, nous soutiendrons. Moralement.
C’est pour eux, Monsieur-le-donneur-de-leçons, qu’on s’Indigne. C’est pour eux, qu’on se bat. C’est pour eux, qu’on « tralala ».
Nous sommes, itou, les 99%. Le contesteriez-vous, oh-là-là, oh-là-là ?

J’entends.
Mais, quitte à être vraiment très chiant, voyez, je n’y crois pas une microseconde.
Vos manifestations, sages, propres, dites Indignés (alors que c’est Révoltés qu’il conviendrait d’être) sont celles, je le maintiens, des quartiers épargnés. Celles des confortables. Celles des « Allo Maman Bobos ». Ni plus, ni moins.
Il est pas loin, le Café de Flore, mon Indigné.
Et d’ailleurs, je ne vois pas, chez vous autres, Indignés, le début d’un représentant de ces quartiers dits « sensibles ».  Les Abandonnés de la République. Ils n’y sont pas. Curieux, non …

En vérité, vous distrayez.
Vous distrayez (et amusez) les politiques, les banquiers, les marchés, et tout ce merdier qui s’en bat les couilles de votre Indignation polie. Certains ne manqueront pas, nonobstant, de vous récupérer, fissa. Et vous opinerez. Recta.

La seule voie : c’est la Révolte. Le Feu !
Avec tous les exclus, les prolos, les chômeurs...
Tant que vous ne les intégrerez pas, vous passerez au minimum pour de gentils organisateurs, au max, pour une bande de Charlots.

La misère, vous ne savez pas ce que c’est. Sinon, croyez-moi, ça se verrait. Même sur un écran putassier.
Les morts de faim, les désespérés, on les reconnaît de loin.
Y’en a même qui s’immole(nt).
Mais de ceux-là, le monde Indigné s’en fout.
N’est-ce pas ?

10 août 2011

Les Marchés Paniquent ? Mais Si Tu Savais Comme Je M’En Fous !

Quand pour t'offrir une semaine de vacances, tu contractes un crédit, tu peux te dire, raisonnablement, que tu viens de franchir un palier. Même si tu raques en trois fois.
C’est sale temps.
Tu te demandes comment se fait-il. Où t’as péché…
Alors quoi, trimarder, toute l’année, ne suffirait pas à prendre, l’été venu, du bon temps ?
T’aurais donc pas les moyens de te faire la belle vie, rien que sept petits jours ?

Eté-1971.jpgTu reluques tes fiches de salaire, ce que tu palpes, net, le mois, et tu t’insultes !
C’est pas Dieu possible, glandu !
Mais tu te démerdes comme une brêle, ou quoi !
Enfin, ce salaire, qu’est au-dessus du SMIC, c’est quand même pas la misère !
Où qu’il passe ce pognon ?

Tu refais les comptes, consciencieusement, avec des lignes, des colonnes, stylo quatre couleurs, et très vite, ça te saute à la gueule :
l’essentiel part dans des charges dites incompressibles.
Loyer, eau, gaz, électricité, téléphone, bagnole, bouffe, impôt sur le revenu, impôts locaux…
Sinon, ces cigarettes, dont tu ne peux te passer.
Aussi, un restaurant de temps en temps ; un cinéma, rarement ; quelques DVD pour te distraire ou t’épater ; et voilà, le compte est "bon". 
Et donc, rien, pas un rouble vaillant pour foutre le camp, au soleil.
Te voilà loquedu, réduit à passer par un organisme de crédit.

Je sais ce que tu vas me dire : quand on n’a pas les moyens, on prend sur soi.
Bref, les vacances, on s’en passe. Se promettant de faire mieux l’an prochain… Et pis tiens, à ce sujet, reprends-les, tes comptes, doit bien y avoir des coupes à faire.

Déjà, arrête de fumer. C’est mauvais pour ce que tu as…
Limite tes trajets en bagnole.
Consomme un peu moins.
Es-tu sûr que ton forfait internet soit bien indispensable ? N’y en a-t-il pas un de plus adapté à tes petits moyens ?
Idem pour ton téléphone portable. Et si tu passais à la carte ?
As-tu vraiment besoin d’aller au restaurant, même si c’est que deux fois le mois ; ne serait-ce pas aussi sympâââ de dîner chez soi, avec des bougies, par exemple, pour faire dimanche ?
Quant au cinéma, t’as bien des potes qui te prêteront le film, dès qu’il sortira en DVD ! Du reste, cette télévision, LCD, es-tu certain qu’il n’y avait pas moins coûteux, et tout aussi performant ?
Etc.

Oui, vu comme ça, j’aurais eu, peut-être, quelques euros disponibles, pour décarrer au soleil.
Pas très loin, or donc en France, mais c’eut été possible.

Ceci étant, et nonobstant, tu veux que je te dise ?

J’ai déjà pensé à tout ça. Et finalement, j’en ai conclu que non.
Non, je ne peux pas et ne veux pas faire de "coupes".

Je ne veux pas me faire chier, vivre comme un rat crevé pendant 358 jours pour espérer partir une minable semaine dans un endroit qui, de toutes les façons, sera gorgé de monde.
Plus question, comme une fois, une seule dans ma chienne de vie, d’appeler Monsieur Cetelem pour me barrer au soleil.
Tant pis. Des vacances, j’en prendrai pas.
Et ça fait six ans que c’est ainsi.
Avec, dans l’intervalle, ce que les gens de la télé, des sociologues, des psychologues, des intronisés spécialistes de tout poil, nomment curieusement des : « accidents de la vie ». Comprendre : du chômage. Avec ce que ça implique : des petits boulots que t’acceptes, sans moufter, ou presque, sinon, c’est radiation. Exclu de la société. Et viens pas pleurer ! Tu passerais pour un profiteur, un parasite qui vit sur le dos des autres.

Alors tu comprendras, sans nul doute et fort aisément que, quand j’apprends que la bourse dégringole, chute onze jours de rang, que paraît-il ça panique, ici et là, que des ministres sont sommés d’interrompre leurs vacances pour tenter de rassurer les investisseurs, ça ne me fait ni chaud, ni froid.
Parce que moi, ça fait six ans que je chute.
Déclassé.
Et que tout le monde s’en fout.

Tout comme le monde se fout, itou, de savoir que celui qui va (encore) payer les pots cassés de ces messieurs, c’est moi (et toi, gagnant pas des mille et des cents).
Mais au moins, c'est fini, j’ai plus, moi, un seul crédit à la noix sur le dos.
Ce qui n’est pas le cas de mon pays.
Pour qui on marne.

A ce propos, le premier, là-haut, qu'oserait me dire que ce serait ma faute s’il est en faillite, mon pays, sous-entendant, populeusement, que j’aurais pas assez turbiné, fourni, sacrifié, je lui pète sa sale gueule.
Si jamais, ça m’était reproché, même doucement, je t'assure que je ne passerai pas par la case indigné, moi. J’irai direct à l’étape suivante.
Est-ce assez clair ?

Parce que, faudrait tout de même pas, demain dit d’austérité, venir chatouiller les arpions d’un mec qui trime correct, et qui voit plus le soleil...

15 septembre 2010

Sonarkozy [Eldoradio/Refais Le Monde]

Sarkozy Balayé Par La Crise.jpgIl y a deux ans, jour pour jour, un (lundi) 15 septembre, la banque d’affaires américaine Lehman Brothers « était sacrifiée (dixit le site du Figaro) par les autorités américaines ».

Cette
faillite incroyable marquait le début de la crise financière que, paraît-il, aucun économiste digne de ce nom n’avait vue venir.

Pourtant, un an plus tôt, lors de l’été 2007, un évènement aurait dû, me semble-t-il, alerter lesdits économistes, mais aussi, les gouvernants les plus éminents : la «
crise des subprimes ».
Une telle catastrophe – car c’en est une, et copieuse – ne pouvait pas ne pas avoir de conséquence(s) sur l’économie mondiale tant les banques étaient, dans ce « montage (foireux) » (celui des « subprimes ») parties prenantes jusqu’au trou de cul.

Mais croyez-vous, véritablement, qu’ils n’ont rien vu venir ?

Si c’était le cas, alors pourquoi durant sa campagne présidentielle de 2007, puis lors de
sa conférence de presse du 8 janvier 2008, Nicolas Sarkozy, aurait-il appelé à une « moralisation du capitalisme » ?
Pourquoi, s’il ne savait rien de rien, et bien avant que la crise nous tombe sur le paletot, cet homme aurait-il déclaré :

« Tout ne peut pas être abandonné à un capitalisme financier livré à lui-même » ?
(8 janvier 2008, itou)

Or donc, oui, ils avaient pleinement conscience que ce Meccano pouvait s’effondrer, mais, peut-être, se disaient-ils que, va savoir, il restait une chance d’éviter le pire.

Il n’y en avait aucune.
Mais ils l'ont saisie, quand même, à notre grand malheur (jamais le leur) ...

Ceci étant, soyons aimables (c'est un anniversaire, dois-je vous rappeler ...) : comment auraient-ils pu remettre en cause, et préalablement, un « système » qu’ils défendent et nous vendent quotidiennement non comme le « meilleur », non comme le « moins pire » mais comme « le seul et unique viable » ?

Ne croyez pas que ce soit posture de ma part, je ne fais que reprendre l’argumentaire, à la virgule près, du même Sarkozy, copie-conforme de celui d’Obama, Merkel et consorts qui se résume grosso-modo ainsi :

« (N’ayez pas peur) C’est juste
une dérégulation du système, il n’y en a pas d’autre(s) possible(s) et nous sortirons de cette crise plus forts que nous y sommes entrés »

Trois ans plus tard (si l'on considère que les « subprimes » constituent le début réel et concret de la « crise ») nous (les classes moyennes et plus bas encore) y sommes encore et jusqu’au cou.

Mais pourquoi, n'est-ce pas, vous causer de tout cela alors que l’actualité s’est singulièrement déplacée depuis (débat sur l’identité nationale, chasse aux Roms et à la Burqa, déchéance de nationalité, etc.) ? – mais peut-être - subrepticement, j'y pense - que cette délocalisation de l’actualité ne soit point fortuite ; je veux dire qu’elle ait un but : nous faire oublier à tout prix que la principale préoccupation de « nos chers compatriotes » fut l’emploi.
Et avec, la santé (n’est-ce pas ce que nous souhaitons en premier à tout un chacun : la santé ?) et un toit.

Eh bien parce que la truculente et talentueuse équipe de
Sonar (Radio Nova) nous offrit le 6 janvier 2009 un détournement pour le moins croustillant des vœux 2009 de notre omniprésident (qui rétrécit) Nicolas Sarkozy, vœux (presque quasiment) consacrés à la « crise » qui venait, la salope, de s’abattre sur nos frêles épaules.

Un détournement qui vous en rappellera peut-être d'autres - par exemple et complètement au hasard - ceusses d’un dénommé Bruno Candida dont je vous recommande chaudement les exploits visibles
ici et (avec le recul c’est encore plus drôle et sinistrement prémonitoire)

Vous l’avez compris ce Sonar d’une finesse redoutable, au montage délicat, à l’habillage (musical) jouissif, est une façon comme une autre de fêter cet étrange anniversaire qu’est celui de la faillite totale d’un établissement qui fut le fleuron en terme de finances (et de capitalisme) de la présumée première puissance mondiale, la défunte banque d’affaires : Lehman Brothers, coulée corps et âme un
15 septembre de l’an 2008.



podcast



NB : La photo illustrant l’article suggère un Sarkozy tsunamé par la « crise » ou, à défaut, et pour les plus cyniques, la fameuse « France D’Après » que le même nous promit, avec force et conviction, mais ne pouvait séduire - on l'aura compris - que les sots, les ignorants et les gredins !

NB : Pour avoir un accès libre et gratuit à tout le site Eldoradio, inscrivez vous : ICI

10 mai 2010

Ils Sont Drôles Au Figaro, Non ?


Relève.jpg

Capture d'écran, Le Figaro.fr, lundi 10 mai 2011, 15h04

08 mai 2010

... J'ai Cru Voir L'Euro Miné ...

Ils sont ensemble. Marchent ensemble. Droit devant. Pâles. Mais ils marchent.
Or donc, ils sont en mouvement.
Ils font corps. A distance. Respectable. Protocolaire. Mais, cependant, ils font corps.
Et derrière eux, gardes. De ce corps ..
Tel est le message. Union. Corps. Droit devant. Mouvement.
Sauf que ..
... Leurs regards.
Ne vont pas dans la même direction.

Euro.jpg

14 mai 2009

Prions Avec Fillon

Ne Nous Fions Pas à L'Habit [Qui N'a Jamais Fait Le Moine]

Or donc, c’est en ce jeudi 14 mai de l’an 2009 que celui que nous considérerons moins comme le pote que l’apôtre de cet homme que nous prîmes, Dieu sait pourquoi, pour le nouveau messie du pouvoir d’achat, oui, c’est en ce jeudi 14 mai de l’an Neuf que ce vieux conservateur de François, nous avoua dans Le Figaro que, finalement, et tout bien dépensé, y’avait comme une énorme couille dans les écritures de Madame Lagarde, vulgairement que la croissance ne serait point négative à hauteur de 1,5 mais de 3%.
Que nous continuions notre descente à une semaine de l’Ascension.
Bref, que nous l’avons bien plus profond dans le fion que prévue par la voyante de Bercy, confortant par la même cette croyance populaire qui dit que : dans un pays n’allant pas croissant tout part en brioche ! Et d’autant plus quand l’église patronale, le sacro-saint MEDEF, envoie ses ouailles au paradis fiscal pendant que, dans le même temps, et à un train d’enfer, il multiplie les pains .. dans la gueule des salariés, ceusses que l’on prend pour des cons bénis.

Cependant (pour reprendre l’expression favorite de nos détenus) et quand bien même pleuvrait-il des cordes, il ne faudrait point, comme ces infidèles de Gauche, tordre le cou à la vérité, nous assure le moine de Matignon.
Notre pays, poursuit-il, est certes rongé par les vers de la crise, mais il résiste mieux que nos voisins.
Notamment l’Allemagne (-6% de croissance prévue pour cet an Neuf).
Un fait nouveau, tant il n’y a pas si longtemps, face à l’adversité, notre belle France n’était point réputée pour sa résistance.
Quant à ces Judas, ces irresponsables [1] nous dit Saint-François, facteurs de troubles, ceusses qui voudraient abattre notre Sainte République laïque par je ne sais quelle révolution bolchévique, ne les écoutez point, croyez plutôt en un capitalisme purifié, un tiers pour ton patron, un second pour tes actionnaires, un dernier pour quelques juteux investissements en Birmanie ou autre Slovaquie, et pour toi, mon souffreteux, une hostie. Tu l’as bien méritée après ce chemin, le seul qui vaille, celui de croix.

Mais que serait un tel prêche, s’il n’y avait point de prophétie ! D’autant plus quand dans la mouise nous surnageons.
L’évêque de Matignon se plie volontiers à l’exercice et tel l’Oracle nous annonce qu’après l’été, sa course folle, il ralentira, le chômage.
L’adorateur du Temple, comprendre le journaliste du Figaro, aurait pu, en l’occurrence, faire remarquer à notre apprenti prophète, notre Moïse d’occasion, que deux lignes en amont, il admettait que nous n'avions aucune prévision suffisamment fiable sur le comportement des agents économiques pour savoir à quel rythme le marché de l’emploi continuera de se dégrader au cours de cet an Neuf.
Comme il aurait pu, aussi, lorsque Saint-François martela en ouverture de son sermon que les banques demeurent solides, l’informer que Natixis venait d’enregistrer une perte de 1,839 milliard d’euros pour le premier trimestre de l’an Neuf.
Si l’adorateur du Temple ne l’a point fait, c’est moins par déférence que par charité chrétienne, tant il sait, le valet, que son maître souffre atrocement du dos [2], ce qui, tu en conviendras, fait de lui un frère, puisque nous les manants, aussi, on en a, et sacrément, plein le dos.
Mais ça n’est rien comparé à nos futurs, enfants et petits-enfants, pour qui, si l’on en croit François, la messe est dite, vu qu’il nous le confesse : il accepte l’idée de vider les caisses vides de l’État en faillite, creuser encore et toujours plus le déficit, donc augmenter plus que pharaoniquement la dette de nos progénitures.
Là, pas besoin d’être prophète pour piger que, pour eux, même ensemble, rien ne sera possible !
Et si des impies, des réfractaires, terroristes de la pensée unique, archaïque, venaient à braire ou bêler que son altesse du Cap-Nègre avait pourtant promis que cette purification du capitalisme (via le sauvetage des banques) ne coûterait pas un seul centime d’euro aux français, il leur serait rétorqué qu’il était question des français d’aujourd’hui et non ceux d’après-demain !
Alors tais-toi donc, et comme les autres prends ta pelle pour, au nom du CAC, du bénéfice et du Saint-Patron, creuser le déficit et la tombe de tes enfants !
Amen !

Eh bien vois-tu, à ce prêche qui, socialement, humainement, apparaît pour le moins fort peu catholique, pour réponse, nous devrions nous hâter d’investir la rue en protestant.


[1] “(…) Chacun a compris que les manifestations et les grèves ne relanceraient pas l'économie et que les séquestrations des chefs d'entreprise pouvaient avoir des effets désastreux sur l'attractivité française et pour les salariés. À part quelques extrémistes qui défendent un autre modèle de société, tout le monde s'est comporté de façon responsable.” [François Fillon, Le Figaro, Jeudi 14 Mai 2009]

[2] ”(…) C'est vrai que j'ai eu mal au dos ! Mais parler de souffrance quand on exerce les fonctions qui sont les miennes et qu'on s'adresse à des Français qui connaissent des difficultés quotidiennes permanentes, c'est totalement indécent !” [Francois Fillon répondant à la question suivante : “En deux ans, qu’est-ce qui a été le plus dur à Matignon ? Votre mal de dos ou la cohabitation avec Nicolas Sarkozy ?” – Tu vois le niveau des questions et dudit entretien accordé ce jeudi 14 mai au Figaro]

23 mars 2009

Le Retour Des Meilleurs D’Entre Eux

Or donc, on me gausse, on me moque, des pierres on me lance, mais peu me chaut, je maintiens le cap et d’avis ne varie pas, ce que j’écrivais le 27 mai 2008, je le maintiens, mieux, à nouveau je le couche sur ce blog :

Alain Juppé et Laurent Fabius pourraient bien être les deux acteurs principaux de l’élection présidentielle de 2012.


Alain Juppe par Asteggiano Laurent Fabius par Asteggiano


Sauf que, le 27 mai 2008, la Crise n’avait pas encore montré le bout de son sale nez (quand bien même lors de l'été 2007, elle avait prévenu de son arrivée par ce que j’appelle sa bande-annonce : la crise des Subprimes).
Je veux dire que cette Crise, qui est loin d’avoir dit, hurlé ses derniers maux, renforce cette (folle) hypothèse dans la mesure où les dégâts seront tels qu’elle va, c'est certain, redistribuer les cartes et les rôles politiques.
Alors j’entends, ici ou là que Besancenot pourrait, bien involontairement, en tirer “profit” – c’est d’ailleurs ce qu’escompte l’actuel locataire de l’Élysée dans sa stratégie mitterrandienne de Droite, celle visant à réduire le Parti Socialiste, tout comme le gisant de Jarnac atrophia le RPR avec l’épouvantail Le Pen – ou que le béarnais Bayrou pourrait apparaître comme le recours le plus crédible, la “chienlit” économique lui donnant à rebours raison dans l’argumentaire prévisionnel qu’il développa lors de sa campagne présidentielle de 2007, oui, Bayrou enfin, tant il fait figure d’homme raisonnable, sensé, la parfaite incarnation du bon père de famille, et, par extension, celui de la Nation, ce fantasme bien français.
Mais il en est un autre, bien plus tenace, bien plus ancré, qui, en période de durables tourmentes et de perte(s) totale(s) des repères sociaux-économiques, conduit l’électeur à se tourner vers des valeurs sûres, des hommes à poigne, droits dans leurs bottes, forts en tribune, des hommes comme Alain Juppé et Laurent Fabius.

Oh bien sûr, il est long et imprévisible, le chemin qui mène à 2012, et rien ne dit, aujourd’hui, qu’ils parviendront, ces deux ex "Premier ministre", à déjouer les pronostics, à éviter les pièges, à s’imposer comme une évidence au sein de leurs Partis respectifs – surtout Fabius.

Il est, cependant, un fait non acquis, mais fort probable : en 2012, les principaux objectifs fixés par Nicolas Sarkozy ne seront pas atteints.
Soit :

- Le plein emploi.
- Le retour du pouvoir d’achat.
- Une France de propriétaires.

Il pourra, c’est vrai, désigner la Crise comme première responsable de son “échec”, arguant, si et seulement si la reprise économique se fait sentir, que les mesures qu’il a prises pour la combattre, l’endiguer, nous protéger, étaient les bonnes.
Ce que je crois, c’est que ce seront les sondages d’opinion qui seront déterminants. S’ils sont catastrophiques, pourquoi prendrait-il le risque de quitter la scène politique sur une humiliation ?

Juppé, Fabius, omniprésents, comme par hasard (qui n’existe pas) ces derniers temps dans nos médias, cela paraît incroyable, et pourtant, ce ne serait, à mon sens, qu’un juste retour des choses. Une évidence qui surviendrait avec, simplement, quelques années de retard.
Car enfin, n’était-ce pas ces deux-là qui devaient en découdre un jour, une fois leurs “pères” disparus (Mitterrand) ou rangés des voitures (Chirac) ?

Ce sont les circonstances, les aléas de la vie politique qui auront contrarié leur destin. Certains parleront de justice. Elle est, en effet, leur point fatal et commun.

En 1995, ce n’est ni Delors, encore moins Jospin, qui auraient dû représenter le PS à la présidentielle.
Mais Fabius.
Seulement voilà, quatre ans auparavant, en avril 1991, éclate le scandale, celui du “sang contaminé”. Fabius est en première ligne. Dès lors (sans jeu de mots ..) il lui est impossible de se lancer, comme prévu, dans la course élyséenne. Il doit attendre que la justice rende son verdict. L’innocente.
Ce sera chose faite le 9 mars 1999. Ce jour-là, la Cour de Justice de la République le relaxe.
Mais ça ne suffit pas.
Pour le peuple, du moins une partie non négligeable, il reste indissociable de cette “affaire”. Il reste "coupable". C’est injuste, mais c’est ainsi. Le peuple pensant, à tort, et au mépris de toute justice, qu’il n’y a pas de fumée sans feu.
Or, et combien de fois faudra-t-il le rappeler, Laurent Fabius, dans cette “affaire”, a été re-la-xé !
C’est une décision souveraine, une décision importante, elle devrait être respectée par le peuple. Le peuple, celui que De Gaulle traitait de veau, serait pourtant le premier à exprimer son soulagement et sa gratitude si une Cour venait à rendre la dignité de son fils ou de sa fille. Pour son fils ou sa fille, oui, mais pour l’autre, non ! D’autant plus, si c’est un puissant à ses yeux. Pour le peuple, la justice est suspecte quand elle disculpe un puissant. C’est non pas du poujadisme, c’est de la crasse bêtise.
Quoi qu’il en soit, Fabius a vu le train des présidentielles (1995, 2002, 2007) lui passer sous le nez. Mais jamais, il ne renoncera.
Il sera là, en 2012.

En 2007, ce n’est pas Sarkozy qui doit représenter la Droite aux présidentielles.
Mais Juppé.
Car c’est bien le maire de Bordeaux qui fonde en 2002, cette machine de guerre électorale, l’UMP. Il en devient le Président. Sauf que, et il le sait, la justice l’attend. Depuis 1998. Les emplois fictifs.
La sanction tombe, en janvier 2004.
Un an d’inéligibilité, 14 mois de prison avec sursis, après appel. C’est fini. C’est râpé. Il ne peut plus être l’homme de 2007. Il rend tous ses mandats, s’exile au Québec. Et QUI prend, à la hussarde, les rênes de l’UMP ?
Nicolas Sarkozy !
Et justement !

Oui, justement, comme elle est intéressante, comme elle fait écho, la trajectoire de Nicolas Sarkozy. C’est même un cas d’école. Mieux, elle renforce l’hypothèse d’un (éventuel) retour de Juppé, comme de Fabius. Quand bien même les chemins ne seraient pas les mêmes, je veux dire que – pour le moment – ce n’est pas la justice qui freina l’actuel chef de l’Etat dans ses ambitions, mais des défaites électorales majeures.
En 1993, il devient Ministre du Budget et porte-parole du gouvernement Balladur. Le voilà sur orbite. En 1995, il choisit son camp : ce ne sera pas Chirac. Il préfère son “ami de trente ans", Edouard, qui en fait son porte-parole de campagne. Son nom circule quand on évoque celui du futur Premier ministre.
On connaît la suite.
Balladur ne passe pas le premier tour. Sarkozy endosse, à son corps défendant, l’image du traître. Il est presque mort politiquement. A lui, la traversée du désert.
Et comment en sortira-t-il, de ce désert ?
Par un un miracle : la dissolution de l’Assemblée Nationale, en 1997 ! C’est elle, dans sa débâcle, qui va lui permettre de revenir. A croire que ce type a le cul bordé de nouilles ! Lui, le pestiféré, devient Secrétaire National du RPR, puis, Président par intérim de ce même Parti. Quel incroyable retour, non ?
Mais il sera de courte durée.
En juin 1999, la liste qu’il conduit avec Alain Madelin aux Européennes se classe troisième, très loin derrière celle de Francois Hollande et à un poil de pourcent de celle emmenée par le tandem Pasqua/De Villiers. Ce n’est pas une défaite, c’est une déroute. A ce point, que le 14 juin 1999 – que je propose comme date de joie nationale et jour férié – Nicolas Sarkozy démissionne de son mandat de Président du RPR, de toutes responsabilités au sein du Parti “présumé” Gaulliste et .. se retire de la vie politique ! Pendant près de trois ans, il exercera son métier d’avocat.
C’est le 21 avril 2002, ce que l’on nomma un séisme politique, Le Pen au second tour de la présidentielle de 2002, qui va favoriser l’impensable : son retour en politique. Et il sera tonitruant.
Il devient le "Monsieur sécurité" du gouvernement Raffarin. Puis celui de son pire ennemi : Dominique De Villepin.
On connaît la suite : Chute de Juppé, prise de l’UMP, l’affaire est pliée.

Oui, elle est particulièrement intéressante la destinée de Nicolas Sarkozy. Un homme politiquement mort deux fois, et qui, en définitive, bénéficiant de circonstances abracadabrantesques en tire le maximum possible : l’Élysée.
Sa trajectoire démontre qu’en politique rien n’est jamais perdu, rien n’est jamais fini, démontre que oui, tout est possible, y compris l’improbable.
Et Laurent Fabius comme Alain Juppé ne l’ignorent pas.

Pourquoi voudrais-tu que ces deux hommes renoncent à leur destin ?

Rien, ni personne, ne les fera renoncer tant qu’il ne sera pas avéré qu’ils n’ont pas une chance de le réaliser.
Et cette chance, fut-elle ironie, c’est la Crise.
Ils sauront, tant ils sont brillants, intelligents, naturellement doués, non pas en profiter, mais patiemment, s’imposer comme deux évidences. Deux repères. Deux recours.
Car ils sont à ce jour, de leurs Partis respectifs, de (très) loin, les meilleurs.
Ils le savent.
Et sauront le faire savoir.

20 mars 2009

Ce Danger Qui [Peut-être] Nous Guette

Elephant De Gus Van Sant

Il n’est jamais bon de réagir à chaud sur l’actualité, d’autant plus quand elle est lourde.
Il faut toujours laisser le temps à la réflexion avant de, peut-être, commettre un billet, ou s’en dispenser.
Seulement voilà, cela fait bien dix jours que ça me taraude.
Très précisément, depuis le 11 mars dernier, jour où, Tim Kretschmer, ce jeune allemand de 17 ans dont on dit qu’il était “tranquille” et “très ordinaire” a pénétré dans un collège près de Stuttgart, ouvert le feu, abattant au total quinze personnes avant de, plus tard, se suicider.
Ce n’est pas la première fois qu’une telle tuerie se produit.
Et rien.
Je veux dire, aucune explication rationnelle, même si des spécialistes parlent de “rage existentielle face aux inexplicables injustices de la vie”, de “dépression suicidaire”, de souffrances sourdes, de solitude, de repli sur soi, de mal-être, un manque de reconnaissance.

Et alors ?

Et alors, ce matin, dans le centre de Lyon, un homme armé d’une carabine à plombs, a tiré sur des femmes allant chercher leurs enfants à l’école.
C’est tout frais. Je sais. Trop sans doute pour en parler, déjà. D'autant plus qu'au moment où j'écris ce billet, on n'en sait pas plus. On ne sait rien.

Mais ça me taraude, ne me quitte pas.

Et quand bien même, n’y aurait-il aucun rapport entre ce qui s’est produit ce matin à Lyon et le 11 mars dernier en Allemagne, ou, le 20 avril 1999 dans le lycée de Columbine, qu’il y a là, tout de même, matière à réfléchir.
Voire, à s’inquiéter.

Oh bien sûr, des sociologues, des thérapeutes et consort viendront, à coup sûr, dans les jours prochains, sur quelques plateaux de télévision (“C Dans L’Air” par exemple ..) viendront, disais-je, pour tenter de (nous) donner un début d’explication, tout en nous invitant à la plus grande prudence, soit à ne pas tirer trop hâtivement des conclusions, privilégier la réflexion à l’émotion.
Certes.

Mais je me disais, la période étant difficile, et les mois qui s’annoncent particulièrement rudes, pour ne pas dire douloureux, oui, je me disais que voilà (peut-être) un autre et effrayant danger qui nous guette.
Tant on se sait jamais, tant on ne peut savoir jusqu’où la souffrance peut conduire un être.
Et quand j’entends que dorénavant l’on parle non plus de perte d’emplois, mais de DESTRUCTION d’emplois – expression particulièrement violente – sans faire un quelconque rapprochement, juste une projection – ce que je me suis toujours interdit de faire sur ce blog – je m’inquiète.
Je m’inquiète d’autant plus quand je constate qu’à la souffrance actuelle, celle qui s’exprime, qui appelle, qui invective, on répond par un quasi mutisme.
Ou par des provocations malvenues [cf : Madame Parisot].
Il est dangereux de ne pas répondre à cette souffrance.
Il faut y répondre et concrètement.
Sinon, un jour (peut-être) lasse de n’avoir pas été entendue à sa juste mesure, elle se taira, cette souffrance.
Et il n’y a pires souffrances que celles qui se taisent.
Puis grandissent, en silence.

Voilà ce que je voulais dire.
De ce danger qui [peut-être] nous guette.

09 mars 2009

Or Donc, La France Est Un Pays De ….

Positive Attitude

Avant de répondre à cette effrayante question, il me semble d’utilité publique de rappeler que s’il y a un type dans cette foutue blogosphère qui croit malin en ces temps de “crise-dont-nous-sortirons-plus-forts-que-nous-y-sommes-en...” de donner constamment dans le mauvais esprit, la dérision au carré et la “déclinitude” à tout-va, c’est bien moi.
Bien évidemment, ma pov' mère qui s’est saignée aux quatre veines pour que je devienne ingénieur des ponts-et-chaussées ou cadre supérieur encravaté dans une entreprise leader sur le marché, ne le sait point.
Je veux bien être un sale con, mais y’a comme qui dirait des limites.

Or donc, la France est un pays de quoi ?

Vu de ma fenêtre, j’aurais dit de pharmaciens, tant elles pullulent à chaque coin de rue, ces échoppes où, va savoir pourquoi, pour attirer le chaland, on place en devanture une fesse, une cuisse ou une redoutable paire de seins en photos. Et géantes si possible.

Mais non.

Alors quoi ?

La France serait un pays de quoi ?

De fonctionnaires ?
D’artisans ?
De mousquetaires ?
De fainéants ?

Non plus.

Non, car si tu as bien suivi le déroulé de l’affaire, celle qui nous préoccupe au plus haut point, et qui, curieusement n’est pas la suppression du juge d’instruction (alors qu’il y aurait là, matière à s’interroger, voire à s’insurger !) ni l’interdiction de ce que l’on nomme “Open Bar” (dans quoi va-t-on noyer son chagrin et son licenciement sec, entre amis consentants, désormais, alors que c’est nous, les gueux, qui trinquent ?) mais la "crise-qui-vient-d’ailleurs", tu auras noté que l’Etat (c’est-à-dire : les manants que nous sommes ...) via son Chef suprême nous aura expliqué que notre économie étant en danger, il convenait de la sauver.
Ensuite de quoi, il faudrait refonder (et moraliser, si nécessaire, mais surtout s’il reste un peu de temps et que d’aucuns s’en souviennent) le Capitalisme.

Or donc, je repose la question : La France est un pays de … ?

Eh bien oui, et ça fait froid dans le dos : un pays de banquiers et de constructeurs automobiles.
Rien d’autre que cela.

Ainsi donc, une économie de type Capitaliste, une économie férocement Libérale, ne tiendrait que par ces deux piliers-là :
Les banques et l’automobile.

Si ça n’était point le cas, alors pourquoi les sauver eux ?

Oh je sais, le plan de relance est plus étoffé, mais entre nous, à côté des banques et de l’automobile, ça n’est que peccadilles !

Les banques, l’automobile et leurs esclaves satellites, c’est donc cela le cœur du système économique (mondial) ?
C’est ainsi qu’il fonctionne ?
Sans ces deux piliers-là, il s’écroulerait donc, ce système ?
Ca ne tiendrait qu’à cela ?

Tu sais quoi ?

Je serais révolutionnaire, je le noterai.

En rouge, il va de soi.


[Quand je te disais que j'étais un sale con ..]

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