13 février 2010
Et Si C’Etait La Guerre Qui Nous Pendait Au Nez …
Or donc la Grèce. Faillite. Panique ! Après l’Islande, ô Reykjavik que tout le monde a déjà oublié ! Et demain, qui d’autres ? L’Espagne ? Le Portugal ? Le Luxembourg ? Non, j’déconne, pas le Luxembourg, c’est là qu’elles sont, les thunes.
Ohé du bateau, où qu’elle est l’Europe, la politique, et le monde, FMI et tutti quanti ! Pourquoi diantre, je songe ainsi à Attali ? Le Jacques-qu’a-dit :
“C’est soit l’inflation, soit la guerre !”.
Pourquoi, aujourd’hui, triste, désolé, citoyen perdu, dépassé, je ne vois comme avenir, que la guerre ?
Or donc, ils défilèrent, les fonctionnaires grecs. En nombre et en colère. Quoi ? Alors comme ça, c’est eux, n’est-ce pas, qu’allaient devoir faire des sacrifices ? Eux qu’allaient devoir se serrer la ceinture ? Mais pourquoi nous, demandaient-ils ? Sommes-nous les responsables de cette bérézina, de cette déroute ? Mais bon sang, ce n’est pas à nous de payer ! Vous entendez ? Pas à nous !
Oui, je sais, on le connaît ce refrain. On les a vus, ces mêmes cortèges, ici, en France, et ailleurs. Et toujours la même question :
“Pourquoi nous ? Hein ? Pourquoi ce serait à nous de payer ?”.
L’âge de la retraite, à reculer. Le dimanche, sacrifié. Travailler, travailler .. Eponger, oui ! Ecoper, souquer, marner, turbiner encore, et toujours, et pour quoi ? Pour qui ? Qui osera leur dire que leurs interrogations ne sont pas légitimes ? Qui osera leur dire qu’ils n’ont pas raison ? Jusqu’où ira le cynisme ? Combien de temps encore, eux, nous, et tous les autres, supporteront de payer, de leur sueur, de leur temps, de leur vie, pour les erreurs, les errements, les dérives, dont ils ne sont en rien, ou si peu, responsables ? Il est où, il est quand, le point de rupture ? Celui de non-retour ? Combien de licenciements, de mises au banc de la société, de vies brisées, faudra-t-il encore souffrir au nom du “vivre ensemble”, de la solidarité (nationale), au nom d’un système qui nous broie, nous enchaîne, jamais ne nous considère, jamais ne nous élève ? Est-ce du populisme, ou que sais-je encore, que de l’écrire ? Est-ce simpliste, démagogique, boboïsant ? Ou vulgaire ?
Ce le serait, si je désignais, comme ça, en pâture, quelques traders. Non ?
L’affaire est bien plus complexe, bulles récurrentes, éclatantes, bombes économiques qui balaient, soufflent, quantité de salariés, lentement, infernal jeu de dominos, comme un virus qui se répand, patiemment, et détruit, détruit, détruit .. Quant à ceux qui restent ? … Ah, eh bien ceux-là, on leur demande d’être raisonnables, compréhensifs, d’en mettre un coup, allez quoi, les coudes il faut se serrer, ensemble, et de la crise, plus forts, nous sortirons ! Vous verrez ! Vous en serez “récompensés” ! … Comment … ? … Qu’est-ce que tu dis … ? Tu as parlé de : récompense ?
Suis-je donc un chien ? … C’est ça ? … Ou un enfant, attardé, pour que tu t’adresses à moi en ces termes ?
Je ne travaille pas pour être récompensé, Monsieur, je travaille pour vivre, je fais de mon mieux, je voudrais être heureux, je suis prêt à bien des sacrifices pour cela, ah oui, mais, et quand bien même cela pourrait-il te paraître désuet, ou comme un concept dépassé, je tiens plus que tout à ma dignité !
Travailler ne me fait pas peur, je ne veux pas, simplement, travailler la tête baissée. Je ne veux pas payer des pots que je n’ai jamais cassés ! Pourquoi moi ? Pourquoi nous ? Qu’avons-nous fait ? Ou pas fait ? Avons-nous compté nos heures, y compris les supplémentaires ? Ne nous sommes-nous pas levés, chaque matin, courant à droite, à gauche, ici, ou là, écoles, crèches, et vite un train, un bus, une auto, les bouchons, que de bouchons, pour honorer notre contrat ? Que fallait-il faire de plus ? Bosser les jours fériés ? Etre plus variable d’ajustement que nous le sommes devenus ? Accepter une baisse de salaire ? Mais va donc te faire voir chez les Grecs, Monsieur, et là, oui, pour le coup, je donne dans la vulgarité !
Il est un fait, c’est pas moi qui l’invente, crise ou pas crise, c’est toujours à nous qu’on demande des efforts, du temps, des sacrifices. Mais, cette fois, ô nouveauté, l’on nous assure que ça ne nous coûtera pas un centime ! Promis ! Juré ! … Ah oui ? … Serais-tu donc magicien, Monsieur ? Ou thaumaturge ? Ou juste, un fieffé menteur ?
L’argent, il circule, on le sait, mais il prend le périphérique. Nous, on en voit pas la couleur. Nous, on nous y fait miroiter de l’Euromillion. De la loterie. Attrape-gogos, impôts déguisés, pièges à pauvres de nous. Et rien d’autres.
La vérité, c’est qu’elle ne cesse de s’abattre, petit à petit, sur les petits, la crise. Elle creuse, toujours, et encore, les inégalités. Elle (nous) divise. Tant elle fait peur. Tant on veut pas la choper ! Préserver ce qu’il nous reste. Un travail, une famille, des amis. Recroquevillés, que nous sommes, honteux, affreusement égoïstes. Désolés de l’être.
La crise appauvrit, précarise comme on dit, et c’est là, le danger. Les délaissés, les oubliés, les abandonnés, de plus en plus nombreux, bientôt (déjà ?) majoritaires, on le sait bien (et je ne parle même pas des émeutiers de la faim, des futurs réfugiés climatiques, etc.) perdu pour perdu, finissent un jour, c’est certain, par se tourner vers qui leur promet une revanche, et peu leur importent alors sa couleur, brune, rouge, orange ou religieuse. Le malheur est fédérateur, aveugle et sourd. Mais à qui la faute ? Hein ? Qui en portera la responsabilité ?
Oui, ça pue la guerre. Civile, sociale, mondiale. Elle est de plus en plus inévitable. Cette façon, nauséabonde, de désigner des boucs-émissaires, et non les coupables de notre malheur, est un signe avant-coureur.
Cette impuissance européenne. Cette inquiétude américaine. Cette paranoïa mondiale. Ce tout-sécuritaire. Tout est là. Tout est réuni. Tout est prêt. Et la Chine triomphante. En surface.
Le monde s’écroule, je veux dire : le capitaliste sauvage, le libéral effréné, l’immoralisable, car il est bien tard, trop tard, de vouloir, ou de faire mine de vouloir, le moraliser. Les dégâts sont innombrables. Pas réparables. Pourtant, c’est vers nous qu’on se tourne, une fois de plus, et allez ! Courage ! Mettez-y un coup ! Un coup de plus ! Récompense ! Récompense ! Nib, oui ! C’est foutu ! La maison brûle ! Islande, Grèce, Espagne, Portugal. Et l’Afrique ! Et tant d’autres ! Haïti ! Ils sont trop nombreux ! Trop ! Ça déborde. La misère. Le fossé. C’est pas à nous de payer. Non ! Vous vous trompez ! Une fois encore. Une fois de trop. Ça me fait mal, de l’écrire, de le dire. J’en ai froid dans le dos. Mais je ne vois pas d’autre issue que celle-ci, non, je ne vois pas comment elle pourrait être évitée, et qui voudrait ou pourrait l’éviter.
Non, je ne vois rien d’autre que la guerre. Oui, elle nous pend au nez. Comme jamais.
19:17 Écrit par Philippe Sage dans Anticipation, Crise Financière, La Tristesse | Lien permanent | Commentaires (112) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : crise economique mondiale, précarité, pauvreté, observatoire des inégalités, c'est pas à nous de payer, boucs-émissaires de la crise, l'inflation ou la guerre, ça pue la guerre, moralisation du capitalisme |
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25 septembre 2008
Et Voilà Que Nicolas Sarkozy Veut Passer La Racaille Financière Au Kärcher !
Bon d'accord, il n'a pas traité les spéculateurs, les grands patrons ou les banques de "racailles".
On ne s'adresse tout de même pas à ceusses qui tiennent le monde par les couilles (d'où les cours de ... la Bourse !) comme on s'adresse aux "sauvageons" qui "glandouillent" en bas des cages d'escalier d'un ghetto déserté par les Services Publics, abandonné par l'État.
Mais tout de même, depuis Toulon ..
Pourquoi Toulon, d'ailleurs ?
Parce que c'est un symbole militaire, comprendre que l'heure de la mobilisation a sonné ?
Ah Sarkozy et ses symboles à balle deux ..
Mais tout de même, disais-je, depuis Toulon, cet homme qui dit nous devoir la vérité - oui mais laquelle ? - a décrété que y'en avait marre à la fin, que ça suffisait bon sang de bonsoir, qu'il était temps de "refonder" le Capitalisme, le "moraliser", "le remettre à l'endroit".
Le refonder, mais comment ?
Par "l'effort et "le travail", il a dit M'sieur Sarkozy.
Tu comprends ce que cela veut dire ?
A ton avis ...
QUI travaille ?
A QUI demande-t-on toujours et tout le temps de faire des efforts ?
A Noël Forgeard ?
Eh non.
Et donc, tu l'as pigé, cette crise économique mondiale, c'est toi, c'est moi, c'est nous qu'allons l'éponger en travaillant encore plus.
En l'occurrence, il ne s'agit donc pas d'effort, mais de sacrifice.
C'est cela dire la vérité aux français, parler d'effort alors qu'il s'agit de sacrifice.
Mais les Noël Forgeard qui s'en mettent plein les fouilles, alors ?
Eh bien M'sieur Sarkozy prend l'engagement de pondre une loi avant la fin de l'année afin de mettre un terme aux parachutes dorés SI les entreprises concernées ne prennent pas les mesures qui s'imposent.
Voilà donc pour la moralisation du Capitalisme.
Sauf qu'il y a un petit problème.
Le problème c'est qu'il nous l'avait déjà promis lors de sa conférence de presse du 8 janvier dernier :
"Le capitalisme financier, je n’ai pas cessé de le répéter, a besoin d’être moralisé. Il ne peut s’accorder avec une économie de rente, de parachutes dorés et de spéculation. Quand j’ai voulu ouvrir ce débat, je me souviens du scepticisme qui a prévalu. Je me souviens avec quelle ironie cette initiative a été accueillie par certains. Je constate que depuis la crise des crédits immobiliers il y a moins de scepticisme. Beaucoup de pays se rallient désormais à l’idée que les choses ne peuvent plus continuer ainsi, que les valeurs fondamentales du capitalisme sont celles de l’effort, du travail, de l’entreprise et non celles de la spéculation, de la rente ou de l’aubaine, et qu’à travers les marchés financiers, l’actionnaire ne peut pas décider tout seul de la marche de l’économie (...) La France prendra cette année de nouvelles initiatives pour moraliser le capitalisme et notamment lors de la présidence française de l’Union Européenne qui débutera le 1er juillet."
Qu'a-t-il fait en ce sens depuis le 1er juillet ?
Rien.
Etait-ce prévu dans l'agenda parlementaire ?
Non.
Il aura fallu que Lehman Brothers mette la clé sous la porte provoquant, comme le dit M'sieur Attali, un "tsunami financier", pour qu'il s'en souvienne.
Merci Lehman Brothers, j'ai comme envie de dire !
Tu noteras que dans la matinée, telle une bande-annonce Hollywoodienne du show Varois, Mâhâme Parisot aura pris les devants en priant ses ouailles d'arrêter de jouer les Noël Forgeard.
Mâhâme Parisot a épluché les oignons le matin, Sarko les a émincés le soir, et les gueux que nous sommes n'ont plus que leurs yeux pour pleurer !
Un grand classique.
Maintenant, il va falloir m'expliquer comment ça va se danser cette "moralisation du Capitalisme" tant les banquiers, les spéculateurs et les grands patrons font c'qu'ils veulent avec leurs cheveux et nous pissent copieusement à la raie.
Tant les discours politiques du type (vaguement socialiste qui ne dit pas son nom) de ce soir ça leur en touche une sans faire bouger l'autre !
Tu crois vraiment que c'est une loi qui va les arrêter, Nicolas ?
Attends !
A côté d'eux, le plus ingénieux des braqueurs de banques, c'est un petit joueur !
Oui, va falloir m'expliquer comment tu vas faire Nicolas, vu que le 8 janvier dernier, quand une journaliste te faisait gentiment remarquer qu'il y avait comme un souci de pouvoir d'achat en France, même que c'était notre principale préoccupation, que ça passait par une augmentation immédiate des salaires, tu lui avais répondue que tu ne pouvais tout de même pas demander aux patrons du privé de revaloriser nos émoluments, que ça n'était pas ton rôle, que l'Etat ne peut pas tout, et pis, Madame, je n'vais tout de même pas vider des caisses qui sont déjà vides !
Ce 8 janvier tu avouais ton impuissance !
Par quel miracle, ce ne serait plus le cas aujourd'hui ?
Pour finir, tu nous dis, ce soir, n'ayez pas peur épargnants, l'Etat garantira votre sécurité financière.
Mais comment ?
Puisque les caisses de l'Etat sont vides ?
Ah oui, c'est vrai, suis-je sot, tu nous l'as bien expliqué au tout début de ton exposé Varois :
Par l'effort et le travail - nous renflouerons par notre sueur les caisses de l'Etat pour garantir .. sauver le système financier français.
Ce que je nomme : un sacrifice.
Ta refondation du capitalisme .. de l'utra-libéralisme passe donc par l'ultra-sacrifice des salariés que nous sommes (4000 + 2000 suppressions d'emplois chez Renault, 25 000 chez Hewlett-Packard, HP qui vient de conforter sa place de numéro 1 mondial du PC ..) !
Elle est pas belle la vie ?
La vie dont la Bourse se fout.
Et Noël Forgeard, de la nôtre, aussi.

Rappel Rigolo :
Au mois d'août 2007, Christine Lagarde, qui n'est rien de moins que notre Ministre de L'Économie, déclarait :
"Je pense qu'on a le gros de la crise derrière nous !"
Et en bonus, ces deux déclarations de ce jeudi 25 septembre 2008 :
Sarkozy :
"La France peut sortir plus forte de la crise !"
George W. Bush :
"Toute l'économie américaine est en danger."
Question à 700 Milliards de Dollars :
Comment la France peut-elle sortir plus forte de la crise si l'économie américaine, dont nous sommes tributaires, est en danger, M'sieur Nicolas ?
C'est M'dame Lagarde qui écrit vos déclarations, M'sieur L'Président ?
21:04 Écrit par Philippe Sage dans Prenez-Nous Pour Des Cons !, Sarkozysme | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, noël forgeard, laurence parisot, george w bush, jacques attali, crise economique mondiale |
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