27 octobre 2011
Eléments De Langage Destinés Au Candidat Du Parti Socialiste Souhaitant Vaincre Le Candidat Sortant Par Temps De Crise(s)
« A quoi sert une élection, sinon à juger le bilan d’une politique, et, puisqu’il s’agit d’une élection présidentielle, à juger le bilan d’un homme (…) Juger ce bilan, du candidat sortant, je le ferai honnêtement ».
« Pouvait-il faire mieux ? Ne le pouvait-il pas ?... Était-il entraîné dans un cycle de crises économiques qui frappent toutes les sociétés capitalistes, et particulièrement l’Occident ? Il n’y pouvait peut-être rien ! »
« Simplement, je me poserai la question : est-ce qu’il va recommencer ? »
« La hausse de prix ! Ça frappe beaucoup de gens, hein ! Des gens simples qui n'ont pas beaucoup de moyens (…) Un million sept cent mille chômeurs, c’est-à-dire : un million trois cent mille de plus qu’au jour de son élection ; c’est beaucoup !... Un commerce extérieur en déficit de 60 milliards (…) Un déficit budgétaire accumulé, pendant ces sept ans, de 211 milliards (…) Une dette extérieure de 120 milliards ; c’est beaucoup !... 100 000 entreprises disparues récemment (...) Je veux dire simplement que ce n’est pas contestable, ça : c’est vrai ! »
« [Je lui dirai :] Est-ce que vous ne pouviez pas faire autrement pour défendre les intérêts de la France à l’extérieur ? (…) Êtes-vous sûr que la France, qui est un grand pays, a toujours rempli son rôle ? »
« Ce qui est évident c’est que, élu Président de la République, je changerai un certain nombre de choses. En particulier dans le cadre des relations du Président de la République, du gouvernement, du Parlement ; dans les relations du Président de la République et des citoyens ; tout en étant très volontaire pour préserver la charge de la fonction et la remplir entièrement. Je voudrais qu’on en revienne à des mœurs, disons plus … Un peu plus démocratiques ! »
[François Mitterrand, Cartes Sur Table, 16 mars 1981]
23:33 Écrit par Philippe Sage dans Amusons-Nous !, Devoir De Mémoire[s] | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : françois mitterrand, françois hollande, valery giscard d'estaing, nicolas sarkozy, 2012 un remake de 1981 ?, similitudes 1981 et 2012, crise économique, crise financière, crise sociale, crise du capitalisme, le bilan d'un homme, dette, déficits, intérêts de la france, relations du président avec le parlement, relations du président avec le gouvernement, relations du président et des citoyens, république exemplaire, république irréprochable, un autre président, une autre politique, la candidat sortant, cartes sur table, jean-pierre elkabbach, alain duhamel, 10 mai 1981, 6 mai 2012 |
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10 août 2011
Les Marchés Paniquent ? Mais Si Tu Savais Comme Je M’En Fous !
Quand pour t'offrir une semaine de vacances, tu contractes un crédit, tu peux te dire, raisonnablement, que tu viens de franchir un palier. Même si tu raques en trois fois.
C’est sale temps.
Tu te demandes comment se fait-il. Où t’as péché…
Alors quoi, trimarder, toute l’année, ne suffirait pas à prendre, l’été venu, du bon temps ?
T’aurais donc pas les moyens de te faire la belle vie, rien que sept petits jours ?
Tu reluques tes fiches de salaire, ce que tu palpes, net, le mois, et tu t’insultes !
C’est pas Dieu possible, glandu !
Mais tu te démerdes comme une brêle, ou quoi !
Enfin, ce salaire, qu’est au-dessus du SMIC, c’est quand même pas la misère !
Où qu’il passe ce pognon ?
Tu refais les comptes, consciencieusement, avec des lignes, des colonnes, stylo quatre couleurs, et très vite, ça te saute à la gueule :
l’essentiel part dans des charges dites incompressibles.
Loyer, eau, gaz, électricité, téléphone, bagnole, bouffe, impôt sur le revenu, impôts locaux…
Sinon, ces cigarettes, dont tu ne peux te passer.
Aussi, un restaurant de temps en temps ; un cinéma, rarement ; quelques DVD pour te distraire ou t’épater ; et voilà, le compte est "bon".
Et donc, rien, pas un rouble vaillant pour foutre le camp, au soleil.
Te voilà loquedu, réduit à passer par un organisme de crédit.
Je sais ce que tu vas me dire : quand on n’a pas les moyens, on prend sur soi.
Bref, les vacances, on s’en passe. Se promettant de faire mieux l’an prochain… Et pis tiens, à ce sujet, reprends-les, tes comptes, doit bien y avoir des coupes à faire.
Déjà, arrête de fumer. C’est mauvais pour ce que tu as…
Limite tes trajets en bagnole.
Consomme un peu moins.
Es-tu sûr que ton forfait internet soit bien indispensable ? N’y en a-t-il pas un de plus adapté à tes petits moyens ?
Idem pour ton téléphone portable. Et si tu passais à la carte ?
As-tu vraiment besoin d’aller au restaurant, même si c’est que deux fois le mois ; ne serait-ce pas aussi sympâââ de dîner chez soi, avec des bougies, par exemple, pour faire dimanche ?
Quant au cinéma, t’as bien des potes qui te prêteront le film, dès qu’il sortira en DVD ! Du reste, cette télévision, LCD, es-tu certain qu’il n’y avait pas moins coûteux, et tout aussi performant ?
Etc.
Oui, vu comme ça, j’aurais eu, peut-être, quelques euros disponibles, pour décarrer au soleil.
Pas très loin, or donc en France, mais c’eut été possible.
Ceci étant, et nonobstant, tu veux que je te dise ?
J’ai déjà pensé à tout ça. Et finalement, j’en ai conclu que non.
Non, je ne peux pas et ne veux pas faire de "coupes".
Je ne veux pas me faire chier, vivre comme un rat crevé pendant 358 jours pour espérer partir une minable semaine dans un endroit qui, de toutes les façons, sera gorgé de monde.
Plus question, comme une fois, une seule dans ma chienne de vie, d’appeler Monsieur Cetelem pour me barrer au soleil.
Tant pis. Des vacances, j’en prendrai pas.
Et ça fait six ans que c’est ainsi.
Avec, dans l’intervalle, ce que les gens de la télé, des sociologues, des psychologues, des intronisés spécialistes de tout poil, nomment curieusement des : « accidents de la vie ». Comprendre : du chômage. Avec ce que ça implique : des petits boulots que t’acceptes, sans moufter, ou presque, sinon, c’est radiation. Exclu de la société. Et viens pas pleurer ! Tu passerais pour un profiteur, un parasite qui vit sur le dos des autres.
Alors tu comprendras, sans nul doute et fort aisément que, quand j’apprends que la bourse dégringole, chute onze jours de rang, que paraît-il ça panique, ici et là, que des ministres sont sommés d’interrompre leurs vacances pour tenter de rassurer les investisseurs, ça ne me fait ni chaud, ni froid.
Parce que moi, ça fait six ans que je chute.
Déclassé.
Et que tout le monde s’en fout.
Tout comme le monde se fout, itou, de savoir que celui qui va (encore) payer les pots cassés de ces messieurs, c’est moi (et toi, gagnant pas des mille et des cents).
Mais au moins, c'est fini, j’ai plus, moi, un seul crédit à la noix sur le dos.
Ce qui n’est pas le cas de mon pays.
Pour qui on marne.
A ce propos, le premier, là-haut, qu'oserait me dire que ce serait ma faute s’il est en faillite, mon pays, sous-entendant, populeusement, que j’aurais pas assez turbiné, fourni, sacrifié, je lui pète sa sale gueule.
Si jamais, ça m’était reproché, même doucement, je t'assure que je ne passerai pas par la case indigné, moi. J’irai direct à l’étape suivante.
Est-ce assez clair ?
Parce que, faudrait tout de même pas, demain dit d’austérité, venir chatouiller les arpions d’un mec qui trime correct, et qui voit plus le soleil...
01:05 Écrit par Philippe Sage dans Je M'Excuse Mais Merde ! | Lien permanent | Commentaires (49) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : crise financière, crise économique, crise sociale, crise mondiale, krach boursier, plan d'austérité, récession, le capitalisme est une saloperie, dettes des états, déficits, précarité, petites gens, tout faire péter, aux chiottes l'indignation, déclassement, petits boulots |
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15 octobre 2010
Ne Rien Lâcher ! [C’est Aujourd’hui Que 2012 Se Gagne !]
Enfin !
Après trois ans de yachting, de jogging, de bling-bling, puis de kidnapping, de forcing, de pressing, BING ! Est venue l’heure du grand warning !
Tous les mensonges, tous les sophismes, toutes les contre-vérités, relayés sans vergogne par des laquais, des sous-fifres, voire mêmes des anciens barons du mitterrandisme, sont enfin contestés dans les rues, les raffineries, les ports, et demain, j’espère, sur les routes avec le grand retour de Tarzan-le-camionneur !
Tous ceux qui se sont engraissés, et copieux, pendant ces trois années, vont manger sévère, et peut-être bien, jusqu’à leur golden-parachute et leur retraite-chapeau !
Ce n’est pas uniquement une réforme qu’est rejetée, mais une politique insupportable, frayant avec les idées d’extrême-droite, caressant les puissants, protégeant les délinquants en col blanc.
Trois ans comme rarement la France en a vécu sous la Vè République, celle qu’on nous annonçait « irréprochable » ! Irréprochable, mon cul ! Car nous, nous pouvons le dire, le crier, le hurler, nous ne sommes pas des hommes ou des femmes politiques, usant de mots techniques, technocratiques, policés et complices. Nous, nous sommes le peuple ! Notre langage n’est pas châtié, et il le sera d’autant moins tant que nous serons chassés ! Chassés du travail, chassés du territoire, chassés de nos usines ! On en a assez avalé des couleuvres. Des « Travailler plus pour gagner plus » ! Des « Nous sortirons plus forts de la crise que nous y sommes entrés ».
Nous ne travaillons pas plus pour gagner plus, nous sommes de plus en plus esclavagisés, corvéables à souhait, précarisés. Et ceux qui sortent plus forts de la crise, ce sont les puissants, les décideurs, les dominants. En réalité, ils se servent de la crise pour atomiser nos droits acquis chèrement, liquider les aides sociales, l'accès aux soins, pour faire passer les lois les plus liberticides, pour nous rendre plus serviles que nous ne l’étions déjà, abrutis de télé-crotte, écran de la propagande, diffuseur de bonheur à balles deux, lobotomie quotidienne, et n’en déplaise à Montebourg, il n’y a pas que TF1 à pointer du doigt, mais l’ensemble, ou quasiment, des programmes du PAF !
Mais pif, prends ça dans ta face, elle est finie, terminée la comédie ! Il ne faut rien lâcher ! Il faut qu’ils la mordent, et pas qu’un peu, la poussière. Nous ne payerons pas ! Ce n’est pas à nous, les salariés, les laborieux, les classes plus que moyennes de raquer pour les erreurs et les errements d’une minorité. Ce n’est pas à « La France qui se lève tôt » de marner plus qu’elle ne marne. Du fric, des thunes, de l’oseille, il y en a. Nous le savons ! La France est le troisième pays (au monde) d’asile des millionnaires ! C’est dire si des ressources, y’en a. Ça regorge, ça déborde ! Et qu’on ne vienne pas nous dire que si leur était demandé de contribuer à l’effort national, ces fortunés prendraient le maquis. Pour aller où ? A d’autres ! C’est des baveries. De l’enfumage !
Oui, il y a des solutions pour financer le régime des retraites. Et demain, l’assurance-maladie ! Mais celles qu'on nous vend et avance ne sont ni justes, ni même honnêtes.
Alors, il ne faut rien lâcher ! Qu’on soit lycéens, étudiants, salariés, chômeurs, exclus, et même retraités, il faut dire « non ! » quitte à bloquer tout ce qui peut être bloqué. Parce que, durant trois ans, à la « France qui se lève tôt » on lui a mentie. On l’a trahie et abandonnée. Et qui plus est, parce qu’il fut appliqué, pas à pas, un à un, une partie non négligeable du programme de l’extrême-droite, il est de notre devoir de ne rien lâcher !
C’est aujourd’hui que 2012 se gagne. Aujourd’hui ! Pas demain.
Ajout du 19 cotobre : Le débat continue sur Agoravox [224 contributions]
15:06 Écrit par Philippe Sage dans Je M'Excuse Mais Merde ! | Lien permanent | Commentaires (31) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : grève générale, blocus, réforme des retraites, acquis sociaux, nous sommes le peuple, la france qui se lève tôt, une république irréprochable, la france est un pays riche, propagande télévisée, laquais, extrême-droite, esclavage, crise économique |
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