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22 mai 2009

Devoir De Mémoire : L'Affaire (Claude) Allègre

Vendredi 22 mai 2009, 12h30, France Info :

C'est désormais acquis, Claude Allègre va faire son entrée au gouvernement. C'est Pierre Moscovici, son ami, qui vient de le confirmer.

Nonobstant le fait - et c'est une information de premier plan, tant elle est inattendue - que Claude Allègre ait encore un ami pointant au PS - dont il ne fait plus partie, Allègre, depuis plus de deux ans  - cette information méritait bien une piqûre de rappel, un devoir de mémoire, l'image d'un homme se faisant prendre la main dans le sac (à deux jours du second tour de la présidentielle de 2007) comme un péteux, un vendu, un moins que rien ...



Billet du 5 Mai 2007 [Refais Le Monde - La Préface]


Observez bien cet homme ...



Il nous tourne le dos.
En fait, il tourne le dos à Ségolène Royal.

Une caméra le suit.
Lui, il marche.
Il fait comme si elle n'était pas là, la caméra.
Il fait comme si, car il était prévu qu'il n'y en aurait pas de caméra.
C'est Nicolas Sarkozy qui le lui avait promis.
Sarkozy, l'homme qui ne trahit jamais.

Pourtant, elle est là, la caméra.
Dans cette ruelle, elle attendait l'homme, cet homme qui marche.
Il marche alors qu'il voudrait fuir, cet homme.
Ou alors, être invisible.

Déjà sortir par une porte dérobée, ça n'est pas très glorieux.
C'est encore pire quand on vous y surprend.
Alors il fait comme si, mais sa démarche est malhabile.
Il sent bien qu'il est piégé.

Comment s'en sortir ?
Peut-être se retourner ?
Comme on retourne sa veste ?

Alors, il se retourne.
Une première fois.
Mais c'est trop de souffrances.
Il se ravise.
Il reprend sa marche en avant.
On dirait qu'il va tomber, s'écrouler, tellement c'est humiliant.
Mais non !
Il se retourne encore, brusquement cette fois.
On dirait qu'il veut en découdre.
On dirait qu'il va frapper.
Est-ce un mot, un nom ("Espèce d'Eric Besson, va ?") qui lui a déplu ?
Il dit, la respiration difficile :

"Je suis venu voir François Fillon pour une interview !"

On dirait un petit garçon pris la main dans le sac qui cherche une excuse, une justification.

La voix lui répond :
"Pourquoi ne pas l'avoir rencontré ailleurs qu'au QG de Nicolas Sarkozy ?"

Les bras lui en tombent de désespoir.
Cette ruelle est désormais une impasse, la sienne.
Et sa réponse sonne comme un cri de détresse ou de honte.

"Mais parce qu'il m'a dit qu'il ne pouvait pas .."

Il a dit cela comme on dirait :
"Mais euh !"
Comme un môme.
Un môme qui a cru à ce qu'on lui a dit et promis : une porte dérobée, un ministère.

C'est par la porte principale qu'entre, veste sur l'épaule, Nicolas Sarkozy.
Il paraît allègre, Sarkozy.
Il le peut.
Il est content de son coup.
Il connaît le sort que l'on réserve aux traîtres.
Ce ne peut être que l'humiliation.
C'est fait.

 
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