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22 février 2012

2012 : Les Jeux Sont Faits Et Tout Le Monde Le Sait !

T’en souvient-il, de ce discours rouleau-compresseur, celui du 14 janvier 2007, au Parc des Expositions de Paris ? Celui où l’impétrant osa, par onze fois, nous dire : « J’ai changé » !
Tu le revois, le film, calibré à l’image-seconde près, vendu clé en mains à des médias dociles, et ce décorum quasi obscène, cette démesure qui, fallait-il être aveugle pour ne point le voir, annonçait haut et fort, le quinquennat d’une oligarchie, et pas la moins vulgaire, soi-dit en passant.

sarkozy c'est fini,les jeux sont faits,le cirque médiatique,présidentielle 2012,la fin du sarkozysme,l'ump menacée d'un séisme en 2012,sarkozy tente de sauver les meubles,chronique d'une défaite annoncée,2012 est terminé depuis 2010,le jeu médiatique,les éditocrates,storytelling 2012C’est bien là que, ledit 14 janvier 2007, celui qui voulait « tous les niquer » a tué le match.
Tout observateur à qui on ne la fait pas le savait pertinemment [1]. Et pourtant ! On tenta, et comment, de nous faire croire que non, allons, cette présidentielle n’était pas jouée. Et d’ailleurs regardez, comme il grappille et engrange dans les sondages, le béarnais ; François Bayrou. A tel point qu’un hebdomadaire ne reculant devant rien claironna en Une grasse de caractères :
Et Si C’était Lui ?
...
Ben voyons !

Et quand, comme prévu, le centriste plafonna, englué dans une mare à 18 et quelques pourcents, que diantre nous agitèrent-ils sous le tarin ?... Mais la menace d’un autre 21 avril, bien sûr ! Je peux en témoigner, de l’effet, garanti, car trois jours avant le premier tour (19 avril 2007) c’est un Hollande inquiet qui, marinant dans le studio radiophonique, saisit l’occasion d’une pause, un écran publicitaire, pour s’enquérir du fait de savoir si nous pensions qu’il n’y aurait pas, par hasard, péril en la demeure Royal. Ce à quoi, coquins et farceurs, nous lui répondîmes : « Méfiance ! Car effectivement, on l’estime entre 13 et 15, mais qui sait s’il ne serait pas plutôt à 17, voire 18, le Jean-Marie ! ». Et devinez quoi ? C’est aussi ce que redoutait notre corrézien. [2

Ah, ce qu’on ne ferait pas, n’est-ce pas, pour garder le citoyen en haleine, quand ce n’est pas lui faire peur. Ce qu’on ne ferait pas, en vérité, pour vendre du papier, meubler l’antenne avec de faux débatteurs estampillés « experts » [3]. Mais comprenez une chose, simple :  si vous le dites, que c’est fini, que l’affaire est pliée, que le vainqueur on le connaît, et là dès janvier, mais vous salopez votre business ! Vous faites quoi pendant les trois mois qui restent ? Du canevas ? Vous mettez l’écharpe du Barbier aux enchères sur e-Bay ?

Or donc, il n’y avait pas la moindre raison qu’ils ne nous refassent pas la même et en couleur.
Passe encore le match à quatre, qui, convenons-en, était, vu le contexte, la conjoncture, le merdier quoi, assez crédible, il y a encore un gros mois. Et puis, c’était une figure inédite. Donc passionnante. Je veux dire : éminemment bankable ! Rendez-vous compte ! Qui, de François Bayrou, Marine Le Pen ou Nicolas Sarkozy, sera choisi pour affronter François Hollande au second tour ? Mazette, mais quel suspens ! Et surtout, quel audimat ! Quel tirage ! On s’acheminait vers du « sans précédent » à tous les niveaux ! Avec du 21 avril à l’endroit comme à l’envers, n’en jetez plus, c’est trop bonnard !

Manque de bol, cette hypothèse s’éloigne. A en croire les sondages. Bayrou racornit, Le Pen rame [4] et de fait, il reste quoi, à se mettre sous la dent ? Un bon vieux match droite/"gauche". Et hop, vendu ! C’est parti, mon Kiki ! Du Hollande/Sarkozy en veux-tu, en voilà ! En suppositoire, matin, midi et soir... Et v’là qu’on les re-convoque, les fameux experts... Et si Sarkozy-ceci, et si Sarkozy-cela ! C’est que, dites, il est redoutable, cet homme-là. En campagne, c’est un guerrier ! Dieu sait, dans un pays laïc, ce dont il pourrait être capable pour, à l’arrivée, faire la nique au favori ; sur le poteau, le coiffer...
... Vous croyez que je déconne ! Du tout ! Même Attali, il le dit que, ouh-là, gaffe M’sieur Elkabbach, avec Sarkozy, on ne sait jamais, ajoutant, sans rire, qu’il a, ce candidat sortant, « de grandes chances d’être réélu » ! Oui, vous avez bien lu : « de grandes chances » !
C’est bien mon petit Attali, tu joues le jeu. Mes amitiés à toute la bande. Celle du Siècle !

Peu leur chaut que le Sarkozy qu’ils évoquent n’est plus que l’ombre de lui-même.
Peu leur importe que cet homme a, depuis lurette, intégré l’idée de la défaite et que son seul but soit, présentement, de sauver les meubles. Comprendre : éviter une explosion de l’UMP. En assurant sa place au second tour.[5]

Ils ont pourtant, comme beaucoup, noté qu’à Annecy, puis Marseille, l’homme ne parlait plus comme ce 14 janvier 2007, au futur ou au présent, mais à l’imparfait ou au passé composé... Oh non, ce n’est pas un détail, ne croyez pas cela, c’est au contraire d’importance première. Certes, l’homme n’est plus vierge d’Elysée, en la matière il a un passé, lourd et signifiant, mais de là à employer l’imparfait ! Quelle faute !... Allons ! Le peuple, aussi "sot" (le mot favori de Sarkozy) fut-il, n’accordera jamais, en majorité, suffrages à celui qui conjugue la France au passé, quand bien même en irait-il de son bilan ! C’est le futur, c’est le présent, les deux temps majoritaires d’une présidentielle. Même la référence suprême de Sarkozy, le modèle, or donc François Mitterrand, en 1988, c’est encore vers l’avenir qu’il se tournait, c’est au futur qu’il nous causait.

Mais il faut vendre du papier. Il faut maintenir l’audimat. Coûte que coûte. Deux mois encore. Deux mois à nous vendre un match, et, je vous en fais le pari, un « troisième homme » reprenant, comme par magie, du poil de la bête, et, je le suppute, dans la dernière ligne droite, la menace d’un second 21 avril. Tout faire pour ne pas tuer l’intérêt du citoyen. Le tenir. Jusqu’au bout. Avec des hypothèses à n’en plus finir. Y compris, les plus farfelues.

Pourtant qui ne le sait pas ! Qu’elle est jouée cette présidentielle. Depuis deux ans. Au bas mot. Un président sortant battu successivement par Martine Aubry, puis DSK (écrasé, je devrais dire) puis par François Hollande (laminé, serait le terme plus adéquat), un président abordant une telle échéance avec de surcroit une cote de popularité aussi faible, mais enfin, il n’a pas l’ombre de l’ombre d’une chance de gagner ce combat. Tout le monde le sait. Sarkozy compris.... Pour paraphraser Copé : on va pas se mentir, les mecs ! Et la comparaison avec Giscard ne vaut même pas. Giscard, au moins, il eut, un temps, les sondages pour lui.

A moins d’un évènement fâcheux dont la nature m’effraie d’emblée, comme un attentat, une guerre, ou une pandémie planétaire, rien, mais vraiment rien, ne peut changer la donne. Cette présidentielle est morte. Tout ce qui (nous) reste, c’est du verbe. Pas celui convenu, obséquieux, des « experts », non ! Celui de Mélenchon. Il l’aura animée, et de belle façon, cette campagne. Il mérite bien son score à deux chiffres. Il nous aura, le temps de quelques meetings, rendu fierté et dignité. Il nous aura réconciliés avec la chose politique. C’est déjà pas mal. Tant on en aura connues, des présidentielles à l’esbroufe, à la roublardise, à la « je vais tous les niquer ».  Lui, au moins, Mélenchon, il ne nous aura pas trop pris pour des cons.

Enfin bref, Sarkozy c’est fini. Et tout le monde le sait.
Le reste, c’est du show, rien qu’un petit spectacle médiatique.
Sans grand intérêt.


[1] La bonne preuve c’est que, aujourd’hui, tous autant qu’ils sont, en conviennent que c’est le 14 janvier 2007 qu'elle s’est jouée, la présidentielle précédente. Mais se sont bien gardés de le hurler sur les toits, il y a cinq ans. Pour les raisons que vous devinez.

[2] Ah les sondages à la con qui circulent sur le Net à quelques encablures d’un premier tour, à commencer par ceux des RG ou autres, ils ont beau être bidons, ils trouveront toujours preneurs. Politiques, comme citoyens-moutons.

[3] C’est-à-dire ceux, toujours les mêmes, qui élucubrent, sur les plateaux de C Dans L’Air, Mots Croisés, sur les chaînes d’infos en boucle telles i>télé, BFMTV, LCI, ou, comme de bien entendu, à la radio, de France Inter à RTL, en passant pas Europe 1 et RMC.
Pour certains, ça fait trente ans que ça dure. Si ce n’est pas quarante ! Et autant de livres inutiles.

[4] Et si elle rame, Le Pen, c’est avant tout de sa faute. Quand on pointe à 24% en mars 2011, et qu’on n’en fait rien, c’est qu’on est mauvais.
Déjà, quand on prétend représenter les « invisibles » ou les « oubliés » on parle sur un autre ton. On ne fait pas des sketches (en chanson, ou en brandissant un ridicule carton rouge) à la télévision. N’importe quel candidat à la présidentielle, même le plus petit, le comprendrait.
Un exemple : souvenez-vous du Sarkozy d’avant l’automne 2006 ! C’était un aboyeur. Il parlait fort. Et puis, tiens donc, la présidentielle approchant, il change de ton. Il s’est mis à parler doucement... Je vous cause de ses prestations médiatiques. Pas de ses meetings. Ah, là c’est différent ! Là, on peut invectiver, hausser le ton ; mais pas à la télévision.
C’est ce que n’a toujours pas compris Marine Le Pen... C’était aussi un travers de Mélenchon, jusqu’à peu. Mais vous avez noté le changement. Désormais, lui aussi, réserve ses outrances pour les meetings. Mais à la TV, il est dorénavant plus posé... Parce qu’un type qui gueule tout le temps, qui parle fort, ça épuise les gens. Et surtout : ça le discrédite. Ce n'est pas parce que le gens en ont marre qu’il faut parler comme eux. Ce n’est pas ça, les représenter. Au contraire !

[5] Lire : C’est Cuit Pour Sarkozy Et Il Le Sait

 

28 novembre 2011

Non Monsieur Hollande, Vous Ne Serez Pas Le Prochain

Et voilà. C’est reparti comme en 1995. Ou comme en 2007. Et allez savoir si ça ne finira pas comme en 2002 ; mal. Oh bien sûr, pour le moment, il ne semble pas y avoir péril en la demeure. François plane encore dans les sondages. Mais je crains que ça ne dure point. Que le soufflé retombe. Lentement. Mais sûrement. Et là : adieu Berthe. Terminus pour le PS.

Jospin II.jpgPourtant ça se présentait bien, voyez. Mais ça, c’était du temps où DSK était le champion du PS. Qu’il écrasait tout. Et la primaire. Et la présidentielle. Dans cette configuration, le député de Corrèze, il était à son aise. Dans la peau qui lui sied : celle du challenger. Il était, ce brave homme, téméraire, loser magnifique, qu’allait s’opposer au Big Boss, le grand manitou du FMI, DSK et toute sa clique. Je m’en pourléchais d’avance… Ah, me disais-je, c’est une chance ! Enfin (peut-être) nous allons y avoir droit, au socialisme. Enfin, oui, nous aurions le choix.
Hollande représentait, alors, une alternative. Une possibilité. Une île.

Oh bien sûr, je n’étais pas dupe, j’ai de la mémoire, je n’ai pas oublié que François, il a tout voté, et des deux mains, s’il vous plaît : Maastricht et tutti. Et, concernant le fameux Traité pour une Constitution Européenne, comme Jospin, comme Royal, il fut un fervent défenseur du « Oui ». Alors que Mélenchon, non... Mais, le temps passant, les alliances allant, venant, et puis aussi, la solitude, tant de paramètres, la crise notamment, la mondiale, bref, je pensais que cet homme, Hollande, avait pris la mesure. Qu’il l’avait fait, pour de vrai, cette fois, l’inventaire.

J’avoue, je me suis trompé. Et dans les grandes largeurs.

Nonobstant, qu’on ne s’y trompe pas. L’homme est brillant. Si loin de cette image que d’aucuns lui collent. Des ignorants pour la plupart. Des paresseux, il va de soi. De ceux qui gobent les images médiatiques, sans jamais en vomir. Des perroquets. Des inutiles.
Oui, je l’affirme et le maintiens, François Hollande est un homme politique de qualité. Ni Flanby. Ni transparent. Redoutable, assurément... Mais peu importe. Ce serait une perte de temps que de le démontrer par A+B. Et puis, désormais, ça ne sert plus à rien. L’affaire étant entendue. Hollande a rompu. Le socialisme, vous n’en verrez pas la queue. Rien. Zéro...
Autant le dire, c’est un gâchis. Et il est, ce gâchis, impardonnable et scandaleux.

Ce DSK, mazette ! Il nous aura bien pourri la vie. Et, si ça se trouve, c’est loin d’être fini. J'vous le dis, on n’est pas à l’abri d’une révélation bien embarrassante. Pour le PS, exclusivement. Mais n’anticipons pas. Laissons le temps, cet acide, faire son œuvre… 
Toujours est-il que, tant qu’il était là, DSK, il y avait un espoir. Et cet espoir, c’était François. Car il était l’opposant. Il était l’anti-DSK déclaré... Et puis, boum, patatras, le grand argentier se fait salement serrer... Comme disent les journalistes, ces gens qu’ont tellement d’imagination qu’ils emploient toujours les mêmes mots, toujours les mêmes expressions, « les cartes sont rebattues ».
D’une certaine façon, oui. Mais pas pour le meilleur. Non : pour le pire. Car, brutalement délesté de son adversaire, François, alors, se perd. Il erre comme une âme en peine... Que dire ? Que faire ? Qui affronter, désormais, sur le terrain des idées ?... Aubry ? Laissez-moi rire !...
C’est plus une primaire, le grand beau match pour la présidentielle, non, c’est un congrès du PS qui se dessine. Une histoire de motions. Ni plus, ni moins. Il ne reste plus qu’à habiller cette affaire, la maquiller, pour que ça ne se voie pas trop, que l’illusion soit parfaite.

DSK, ou plutôt la chute de DSK, a tué Hollande. Net. C’est à partir de ce point, mai/juin 2011, que tout part en vrille. Que l’homme se rétracte. Retrouve ses mauvais réflexes de premier secrétaire. Qu’il remise par devers lui son socialisme. Non pas qu’il était flamboyant, son socialisme, faut pas pousser non plus ; le PS, on le sait, le socialisme, c’est plus sa tasse de thé depuis lurette. C’est d’ailleurs la raison essentielle, principale, de ses échecs successifs aux dernières présidentielles. Dix-sept ans que ça dure. A croire qu’ils sont aveugles et sourds. Ou pétris de trouille.

Orphelin de l’homme qu’il rêvait d’affronter, Hollande se délite. D’une certaine façon, Aubry, n’a pas eu tort, en employant cette expression, vacharde, mais qui fit mouche, celle de « gauche molle ». Certes, c’était comme qui dirait l’hôpital qui se foutait de la charité, tant, tout bien pesé, à quelques détails insignifiants près, Aubry, c’est la même crémerie, les mêmes ficelles, la même politique : c’est du fade. Et si peu de gauche.

Or donc, voilà Hollande qui nous la joue raisonnable, crédible, et surtout : prudent. Moins je me mouille, mieux ça sera. D’autant que l’industrie sondagière est avec lui... Ah, ces sondages, mais quel cancer ! On ne dira jamais assez, à quel point, ils sont les ennemis du débat politique, des idées, de la démocratie. Mais passons… Et entrons dans le vif. C’est-à-dire, à ce qui, inéluctablement, va conduire, cet homme, François Hollande, à la défaite. Une de plus.

Pour quelle(s) raison(s), dites-moi, le peuple français, accorderait, dans sa majorité, suffrages au candidat du PS ?
Si c’est pour se débarrasser de Sarkozy, c’est trop court. Je veux dire : c’est insuffisant. Et d’ailleurs, ça ne suffira pas.
Pourquoi (pour être plus clair) le peuple enverrait-il à l’Elysée un homme qui ne représente pas une alternative, mais juste : l’alternance ?

Mais le peuple s’en moque de l’alternance, Monsieur ! Lui, ce qu’il veut, c’est une autre politique.
Ce que veut le peuple, c’est une alternative, vraie, réelle. C’est un homme, une équipe, qui se lèvent, fièrement, et disent « non » ! Non à la finance et son diktat, non aux banquiers, non à ce système injuste qui nous broie, qui fait de nous des numéros, des moins que rien.
Ce que veut le peuple, c’est le changement, et en profondeur.

Nous ne voulons pas un Zapatero, un Papandréou, de ces socialistes de pacotille qui ont plié sous la loi des marchés, ont fait subir à leurs peuples des plans d’austérité, que même un Reagan, que même une Thatcher, n’auraient jamais osé appliquer !
Nous voulons que la France soit le fer de lance du « Non » et de la Résistance !
Nous voulons que la France soit le premier pays d’Europe à proposer une autre réponse. Pour une autre vie.
Et parce que vous n’êtes pas cette réponse, Monsieur Hollande, parce que, tout comme vos camarades Zapatero, Papandréou, vous n’êtes pas socialiste, Monsieur Hollande, vous ne serez pas le prochain Président de la République Française.

Pourtant, vous aviez un boulevard devant vous. Une chance même. Elle porte un nom : la crise. Car oui, c’est une chance. C’était l’occasion, ou jamais, de porter sur le devant de la scène, haut et fort, de nouvelles idées, de nouveaux projets, une alternative.
Mais non, vous restez engoncé dans votre centre. Etriqué. Mimant Mitterrand ; François malheureusement, pas Danielle !
Mais si vous l’aviez fait, l’inventaire, alors vous sauriez !
Si vous aviez pris la mesure, alors, vous sauriez !
Mais non, vous n’avez rien travaillé, rien compris. Rien entendu.

Mais Monsieur, si Jospin a perdu en 1995, puis en 2002, ce n’est pas à cause de Chevènement, de Taubira, c’est juste que les Français n’en voulaient pas. Et vous savez pourquoi ? Parce que la politique qu’il portait, le projet qu’il défendait, n’étaient pas socialiste. Parce que, comme vous, il a joué au centre. Et Royal, c’est pareil. Dix-sept ans que ça dure. Avec une gifle, une monumentale, le fameux 21 avril... Jamais, n’est-ce pas, vous n’avez compris, véritablement, ce qu’il s’était passé cette année-là ? Le pourquoi. Or, c’est du limpide. C’était un cri. Un appel. Vous nous avez abandonnés, que ça disait…

Vous savez, les types de droite (Sarkozy, par exemple) ils sont vraiment de droite ! Et c’est pour ça qu’ils gagnent les présidentielles.
Mais vous, les socialistes, le peuple le voit bien, que vous n’êtes pas vraiment de gauche. Il sait, le peuple, du moins il a une idée, de ce que c’est le socialisme. C’est précis comme terme. Comme doctrine. Comme concept. Politiquement, économiquement, socialement, ça fait sens. Le peuple, c’est peut-être une masse, la plèbe infâme, n’est-ce pas, mais faut pas lui raconter des salades. Il préfèrera toujours voter pour un type qui est vraiment de droite que pour un type qui se dit de gauche, mais qui ne l’est pas vraiment. Logique, non ?... Eh si !... Parce que : un type de gauche qui n’est pas vraiment de gauche, c’est quand même, un peu, un type de droite, non ?
Alors autant voter pour l’original, vous ne trouvez pas ?

Le-Cauchemar-Français.jpgNon Monsieur Hollande, vous ne serez pas le prochain. Comme Jospin, comme Royal, vous ne passerez pas. Et pour les mêmes raisons. Ou quasiment... Elle est pliée, l’affaire. Il reste trop peu de temps, pour tourner casaque, se faire socialiste. Mais ce sera votre faute. Pas la nôtre. Ah, ne venez surtout pas, au printemps prochain, nous faire la leçon, la morale, ou je ne sais quoi. Ce serait bien malvenu…

C’est le petit, le Nicolas, qui va rempiler. Cinq ans de plus, et allez donc !... Que voulez-vous que j’vous dise ?... Que ça me fait plaisir ? Du tout ! J'vous prie de me croire… Ceci dit, cette nouvelle défaite sera peut-être, et enfin, la bonne. Celle qui mettra un terme à ce parti qui se dit socialiste. Ce qui est, convenez-en, une imposture grand format… Ah, si seulement vous aviez eu ce courage, ou cette honnêteté, de débaptiser votre parti, de virer ce terme que vous usurpez depuis tant d’années, celui de socialiste, alors oui, ce serait différent. Qui sait, même, si vous n’auriez pas trouvé une majorité ! Mais là, vus le contexte, les enjeux, les souffrances, le dépit, le ras-le-bol, et surtout, considérant l’imposture, Zapatero, Papandréou, cette Internationale socialiste qui n’a de socialiste que le nom, non, vous ne passerez pas ! Parce que vous n’êtes pas une alternative. Or, c’est d’une alternative que le peuple français a cruellement besoin. Et l’Europe aussi.

Vous savez, Monsieur Hollande, pour moi, la politique, ce n’est pas une affaire de supporteurs. Je n’en ai cure de crier, bêtement, le 6 mai prochain « On a gagné ! » sous prétexte que je suis de gauche. Moi, ce que je veux, c’est gagner véritablement. Avec une politique de gauche. Pas un truc à la petite semaine, qui ajuste à la marge. Autant voter Bayrou, dans ces conditions, non ? Du reste, c’est bien ce que le PS est devenu, en réalité : un MoDem bis. Une petite chose sans envergure, sans moelle, sans fierté.

Qu’est-ce qui vous distingue, au demeurant, de Sarkozy ? Hormis la personnalité, et deux ou trois détails sans grande importance ; sans grande importance parce que ça ne changera rien à notre quotidien. Nous vivrons toujours aussi chichement, voire aussi mal.
Et puis, aussi, je voulais vous dire : ce peuple, celui du bas, vous l’avez définitivement abandonné, Monsieur. Il n’est pas venu voter, d’ailleurs, pour la primaire citoyenne. Y’avait pas lerche d’ouvriers, d’employés, n’est-ce pas ? Ce sont les cadres supérieurs qui votent pour vous, désormais. Les urbains. C’est ça la gauche ? C’est ça notre avenir ? C’est Jack Lang, encore ?... Ah non ! Non Monsieur, vous ne passerez pas. Vous ne serez pas le prochain. Profitez bien de cet instant, où les sondages vous font roi. Profitez, ça ne durera pas. Vous savez, les printemps sont parfois, souvent, meurtriers…

Allez donc vous faire cuire un œuf chez Terra Nova. Chez Fouks. Chez qui vous voudrez. On s’en moque. Mais vous ne passerez pas. Vous ne serez pas le prochain. Juste le suivant. Après Jospin et Royal. Quelle tristesse… Vous aviez, crise aidant, un boulevard pour qu’enfin, le socialisme naisse. Gâcher une chance pareille, une telle opportunité, c’est vraiment impardonnable, Monsieur.
Vraiment impardonnable.

 

 
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