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01 décembre 2011

Cinq Erreurs Se Sont Glissées Dans Cette Mauvaise Photo. Sauras-Tu Les Retrouver, Oh-là-là, Oh-là-là ?

TNS-Sofres-novembre-2011.jpg

La réponse est : ICI

23 juin 2011

Pour Aphatie, 15 Candidats, C’est : « Inadmissible ! »

Furibard, qu’il est Aphatie. Hors de lui… Pour de vrai ? On sait pas trop. Tant ce Grand Journal de Canal+ [1] est moins une émission politique qu’un divertissement. Du show, avec un gentil public qu’applaudit… [Passons]… Mais qu’est-ce donc qui le met dans cet état, Aphatie ? Qu’est-ce qui suscite son ire, le fait considérablement grimper dans les aigus ?... Eh bien, c’est une nouvelle candidature à l’élection présidentielle. Celle de Christine Boutin.

Inadmissible.jpgSi Christine Boutin est candidate à la présidence de la République c’est parce que – dixit – « la situation de la France [l]’oblige ».
« Très fort ! » Ironise Aphatie (rires du public)
Puis il enchaîne : « Quelles sont les chances de Christine Boutin d’être élue présidente de la République ?... Nulles ! Zéro !... En 2002, elle a fait 1,9% des voix [2] ! Zéro chance d’être élue présidente de la République !... Mais elle s’en moque ! Parce que Christine Boutin, elle ne veut pas être présidente de la République, elle veut être candidate à la présidence de la République… C’est pas la même chose. On voit la différence ».

On voit la suite, surtout.
Et elle ne tarde pas.

Dans un festival de gestes, le voilà qui dresse la liste des candidats potentiels pour la présidentielle 2012.
Frédéric NihousIl s’en fout lui, d’être président de la République ! C’est pas son problème ! »), Philippe PoutouJe connais son score à lui : 0,0005% »), Jean Pierre ChevènementEt voilà ! Un de plus »), Jean-Luc Mélenchon, François Bayrou, Dominique de Villepin, Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan, Nathalie ArthaudÇa va pas peser lourd, ça non plus ! Mais on s’en fout ! ») etc., etc.
Au total, Jean-Michel Aphatie dénombre quinze candidats pour la prochaine présidentielle.
Et ça l’énerve copieux :
« Vous savez ce que c’est ça ? Demande-t-il. C’est n’importe quoi !... N’importe quoi !... Une grande élection dont dépend le destin du pays (…) c’est inadmissible !... Ne devrait être candidat que ceux qui ont envie d’être président (…) Ceux qui ont la possibilité de l’être ».

Ce qui, d’après lui, réduirait le nombre à cinq postulants [3].

Bien.

On pourrait saluer cette colère. Après tout, il y a comme du « bon sens paysan » dans ce qu’il dit.
Une présidentielle, ce n’est pas une législative.
Sauf que… si le mode de scrutin des législatives était différent, je veux dire si elles n’étaient pas, comme les présidentielles, au scrutin majoritaire à deux tours, mais à la proportionnelle, alors – peut-être – n’aurions-nous pas pour les présidentielles, pléthore de candidats.
Qui, effectivement, ne sont là QUE pour faire exister leurs courants, leurs clubs ou leurs partis.

Oui, on pourrait saluer cette colère, sauf que… Elle n’avait qu’un objectif : nous recauser du 21 avril 2002.

« Le 21 avril 2002, nous dit Aphatie, il y avait seize candidats ! C’est le 1er tour de l’histoire de l’élection présidentielle, depuis que cette élection existe, où il y a eu le plus de candidats : seize ! (…) On se dit que : puisqu’il y a seize candidats, chaque citoyen va trouver quelqu’un qui lui plaît ! Et donc que la participation va être formidable !... Eh bien c’est aussi le 1er tour (…) où il y a eu le plus d’abstention : 28,4 % d’abstention ! 11 698 000 français n’ont pas été aux urnes le 21 avril 2002… Pourquoi ?... Parce qu’ils se sont dit c’est le bordel ! C’est la cacophonie ! (…) Du coup à vingt heures, on a eu ceci... »

Et de nous remontrer Pujadas annonçant un second tour opposant Jacques Chirac à Jean-Marie Le Pen.

« Ça c’était inutile ! Assène Aphatie. Ça ne représentait pas la société française. Ça ne voulait rien dire… Le 1er tour de l’élection présidentielle par sa masse de candidats a été faussé, et ça fausse, du coup, le second tour. »

On comprend dès lors ce qui motive la colère de Jean-Michel Aphatie.
C’est moins le nombre de candidats que ses conséquences : un taux abstention « inadmissible » pour une telle élection et… le Front National au second tour.
Et, ce qu’il veut nous faire comprendre, en réalité, c’est que nous courons droit à un second 21-avril avec autant de candidats. 
Et de préconiser, à l’avenir, de passer de 500 parrainages à « 1000 » voire « 2000 ».

Mais a-t-il raison ?
Dans les faits.
Observe-t-on une abstention plus grande dès lors que le nombre de candidats est élevé ?
Et inversement, un taux de participation plus fort avec un nombre de candidats réduit ?

Eh bien, pas vraiment.

Si l’on fait exception de la première, celle de 1965 [4] parce que justement c’était la première, effet de nouveauté, donc enthousiasme, curiosité et tutti, les deux élections qui – outre 1965 – ont mobilisé le plus d’électeurs sont celles de 1974 et de 2007.
Or, dans les deux cas, il y avait 12 candidats (on est donc, selon Jean-Michel Aphatie, pas loin de la « cacophonie » et du « bordel ») au premier tour.
Soit, le plus grand nombre de participants après celle de 2002.

Or donc, malgré le nombre, et des candidats qu’Aphatie jugerait certainement inutiles ou farfelus (comme Guy Héraud, Jean-Claude Sebag, Bertrand Renouvin, Emile Muller ou Alain Krivine en 1974 ; Frédéric Nihous, Gérard Schivardi, voire José Bové et Arlette Laguiller en 2007) les électeurs se sont rués vers les urnes.
Pourquoi ?
Eh bien parce qu’en 1974, comme en 2007, nous avions à choisir un nouveau président.
Contrairement à 2002 où Chirac remettait son titre en jeu, et où, de surcroît, son adversaire principal était son Premier ministre (Lionel Jospin).

Voilà pour les chiffres bruts.
Ils infirment les propos tenus par Aphatie…

Et d’autant plus, si on y ajoute le 1er tour de 1969, où le nombre de candidats n’était pas « cacophonique » mais riquiqui (7, le plus petit nombre après 1965) et où, pourtant, nous avons enregistré le deuxième plus grand taux d’abstention (22,41%).
C’est quoi ce « bordel » à l’envers, Jean-Michel ?
N’oublions pas le troisième plus mauvais 1er tour en matière de participation, celui de 1995, où il n’y avait que... 9 candidats (21,62% d’abstention).
Dans ces deux cas, là itou, nous avions à choisir un nouveau président. Ce qui pourrait être en contradiction avec ce que j’avançais concernant 1974 et 2007. Sauf que… Cela tient aussi à la personnalité desdits candidats.
En 1969, l’offre n’était pas très alléchante (Pompidou, Poher, Duclos, ça fait pas rêver).
Et en 1995, après le renoncement de Delors, et les divisions de la droite (Chirac/Balladur) nous n’avions pas un choix de grande qualité, ni d’une clarté évidente.

Nonobstant, et à la décharge d’Aphatie, nous sommes, concernant 2012, effectivement dans un cas de figure, peu ou prou, similaire à celui de 2002 ; c’est-à-dire avec un président qui va remettre son titre en jeu.
Donc oui, avec 15 candidats, le risque d’un taux d’abstention supérieur à la moyenne est possible. Et, il favoriserait, sans nul doute, Marine Le Pen.
Mais c’est bien parce que nous sommes dans ce cas de figure, que la théorie d’Aphatie tient la route.
Etant donné qu’en 1974 et 2007, un nombre de candidats élevé (douze c’est quand même beaucoup, voire certainement trop) n’a pas impacté le taux de participation. Au contraire !
C’est donc moins le nombre de candidats, que la configuration (et les enjeux) qui prime.
Car dès qu’il s’agit de choisir un nouveau président, soit quand l’actuel ne se représente pas (ni le Premier ministre), et que de surcroît les personnalités sont fortes ou attractives (Sarkozy/Royal en 2007, Mitterrand/VGE en 1974) le nombre n’est, apparemment, pas un problème.

En conclusion, Aphatie a tort sur les chiffres bruts.
Mais il raison sur la configuration.
Oui, pour 2012, un nombre élevé de candidats peut nous conduire à un nouveau 21-avril [5].

Pour le reste, est-il « inadmissible » que quinze candidats concourent à l’élection présidentielle ?

Il est vrai qu’il y a dans ce nombre quelque chose de ridicule, de grotesque, tant évidemment Nihous n’a aucune envie d’être président, ni même Boutin, pas plus que Poutou ou Arthaud.
Il est exact, oui, de dire que leurs chances sont « nulles ».
Qu’ils ne sont candidats que pour être candidat. Rien de plus.
Et que ce nombre porte atteinte à la présidentielle. En la désacralisant, d’une certaine façon.
Mais encore une fois, tant que les législatives n’offriront pas une dose de proportionnelle permettant à tous les courants d’idées (ou, du moins, une grande partie) d’être représentés à l’Assemblée nationale, nous aurons un nombre exagéré de candidats à la présidentielle. Tant pour eux, c'est une vitrine.



[1] Il s’agit de l’émission en date du mercredi 22 juin 2011.
Avec comme invité, Jean-Louis Borloo.

[2] En réalité, 1,19% des suffrages exprimés (et non 1,9% comme dit dans cette émission). Soit 339 112 suffrages. Il y eut bien plus faible que Boutin, cela dit.
Daniel Gluckstein, lors du même scrutin, ne fit que 132 686 voix.
Mais le recordman, c’est Guy Héraud qui, en 1974, ne mobilisa sur son nom que 19 255 bulletins soit 0,08% des suffrages exprimés.

[3] « Cinq candidats, ça, ça a un sens ! dira Aphatie. Et puis après, y’en a deux. Au 1er tour, on choisit. Et au second, on élimine. Mais un 1er tour à quinze candidats, ça n’a aucun sens ».
Cela pose tout de même une question : quelles seraient les étiquettes politiques de ces candidats ?
On le devine : un UMP, un PS, un Centriste. Mais quid des deux autres, Monsieur Aphatie ? Etant donné qu’on a très bien compris que vous n’êtes pas favorable à ce que l’extrême-gauche et l’extrême-droite se portent candidats à une élection « dont dépend le destin du pays ».

[4] C’est en 1965 qu’il y eût le plus petit nombre de candidats : six.
C’est aussi, le 1er tour qui a mobilisé le plus d’électeurs : seulement 15,25% d’abstention (4 410 465 français inscrits sur les listes électorales auront préféré aller « à la pêche »).
Mais encore une fois, c’était la première de l’Histoire.

[5] L’autre particularité du 21-avril c’est que pour la seule fois dans l’histoire des présidentielles, le candidat arrivé en tête du 1er tour, Chirac, était battu… par les abstentionnistes.
Ils étaient 11 698 956, alors que Chirac n’a mobilisé que 5 665 855 suffrages.
Pis : en additionnant le nombre de voix des deux qualifiés pour le second tour (Chirac/Le Pen) ce sont encore les abstentionnistes qui sortent vainqueurs. Du jamais vu ! Mais à qui la faute ?


09 juin 2010

Rions Avec Christine Boutin

18 000€.jpg



Fervente et dévouée, Mme Boutin est constamment en mission. Une mission qui est lui est chère. Très chère” [La Croix]

Je vais encore m’attirer les foudres de la classe politique, mais je trouve que le prix de ce livre n’est pas très catholique” [Georges Frêche]

Cela me fait penser subrepticement que ça fait une paye, voire plusieurs, qu’on n’a pas vu Mme Boutin en notre paroisse” [L’Abbé Théo]

Zemmour, vous êtes un rabat-joie ! Vous n’aimez rien de toute façon ! Moi je dis que ce livre, que je vous conseille de lire au pieu, est, tout comme Mme Boutin, impayable !” [Laurent Ruquier dans “On N’est Pas Couché” - France 2]

Il vous en prix” [Dieu]


[Christine Boutin : "Je ne suis pas celle que vous croyez (Je n'ai d'yeux que pour l'argent)" - First Thunes édition - 18 000€ le kilo]



CHANSON BONUS

podcast

[Dimitri From Paris - "Sacré Français (Je ne suis pas celle que vous croyez)" - 1996]

28 novembre 2008

Si C'est Pas Malheureux, Tout De Même, Ces Salauds De Pauvres Qui Meurent En Pleine Moralisation Du Capitalisme !

Pauvre France !

Oui, parce que si tu l'avais un peu oublié, je me fais un plaisir de te le rappeler, nous sommes donc en pleine moralisation du capitalisme ..

[Silence Poli]

Or donc, on s'émouvrait en haut lieu de la mort subite de sans-abri, alors que ici, , re-ici ou re-, on te pondrait, sans vergogne aucune, des arrêtés anti-SDF en veux-tu, en voilà ?

Or donc, on chasserait les SDF du centre de nos villes par décrets illégaux, parce que tu comprends, ça rebute le touriste blindé de pognon, les commerçants, les riverains, que ça gâche le décor d'une bourgeoise cité, que ça fait tâche de voir la misère mendier à nos pieds, et ensuite ça viendrait geindre ou s'indigner parce que le miséreux est mort ... dans un bois ?

Non mais dis-donc, de nos gueules, tu te foutrais pas un peu, mon Gouvernement ?

Or donc, on émettrait l'idée d'obliger le sans-abri à rejoindre un hébergement d'urgence, sous prétexte qu'il est inacceptable pour les pouvoirs publics de laisser mourir les gens en période de grand froid, alors que des sans-abri, il en meurt tous les jours, hiver comme été, printemps comme automne ...

Dois-je comprendre que, au-dessus de -6°C, c'est acceptable ?
De laisser mourir les gens.

Et puis, au nom de quoi, et de quel droit obligerais-tu un SDF à dormir dans une structure .. qui n'existe pas, ou qui n'est pas adaptée ?
Une structure dans laquelle, bien souvent, il est maltraité, quand ce n'est pas détroussé,
Une structure discriminante puisque, systématiquement, elle refuse le SDF aviné ou juste de mauvais poil.

Et puisqu'on en parle de ces centres d'hébergement, la Charte des Enfants de Don Quichotte, celle d'il y a déjà deux ans, celle de décembre 2006, Charte qui ne comportait que six articles, Charte ne demandant que le strict minimum, comme des locaux décents et à taille humaine, tu t'en souviens mon Gouvernement ou tu t'es torché avec ?

Ces Don Quichotte à qui la justice de mon pays a confisqué 200 tentes, comme elle a condamné le DAL à 12 000€ d'amende pour avoir installé, du 3 au 15 décembre 2007, un campement abritant des mal-logés et des sans-papiers.
C'était rue de la ... Banque.
Quelle ironie, non ?
Mais tu l'as constaté, dans mon pays, on préfère sauver les banques plutôt que de secourir les gueux, les pauvres, les miséreux.
C'est ce qu'on appelle, je présume, la moralisation du capitalisme !

Or donc, comment peut-on s'émouvoir ou s'indigner de la mort de sans-abri, et dans le même temps condamner les "Abbé Pierre" qui leur viennent en aide, fermer les yeux sur ces communes, bien plus nombreuses que l'on croit, qui par décrets bafouant les Lois de la République chassent le miséreux de leurs centres repus et cossus, et j'te parle même pas de celles qui pissent à la raie des 20% de logements locatifs sociaux que la Loi, dont ils se moquent, leur impose ?

Et pourquoi, encore une fois, s'en émouvoir et s'en indigner quand vient le temps des frimas alors qu'il en meurt toute l'année durant, des SDF ?

Vois-tu, mon Gouvernement a comme l'émotion et l'indignation saisonnières tout autant que sélectives.

Sélective, oui, car c'est le même qui s'émeut de la mort d'adolescents bien proprets lors d'un accident de cannyoning en Haute-Savoie, mais fait silence quand un petit garçon de douze ans, un enfant de sans-papiers, se jette, apeuré, du quatrième étage d'un immeuble picard.

Faut dire que ce Gouvernement qui se dit du côté des victimes a oublié de te préciser un point important : c'est que, à ses yeux, il y a des victimes qu'il considère moins que d'autres, elles ne sont pas toutes logées à la même enseigne - certaines, comme ici, ne sont même pas logées du tout - il y en a des nobles mais il y en a aussi des honteuses, elles sont facilement identifiables, ces honteuses, elles commencent toutes par "sans" :
Sans-abri, sans-papiers, sans domicile fixe, sans emploi ...
Ce sont les victimes d'un système économique, d'une orientation politique.
Or, qui décide d'un système économique et d'une orientation politique si ce n'est le Gouvernement, celui-là même qui, faux-jeton, outrecuidant, vient geindre le cuistre, s'émouvoir et s'indigner médiatiquement dans un but et un seul :
Faire diversion ! 
En clair, masquer ses inconséquences.



[Ce Billet Existe Aussi En Version Sonore : "Froide Est Ma Colère"]

 
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