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13 février 2012

Vie & Vicissitudes D’Un Chômeur

Peu importe, me semble-t-il, la profession que j’exerce. Peu importe, car nous sommes (désormais) soumis, peu ou prou, aux mêmes règles, celles qui, petit à petit, se sont imposées, celles inhérentes à un monde que l’on nous vend et vante à longueur de journées, un monde qui ne connaît plus qu’un seul mot : compétitivité. Ce mot est d’une extrême importance car il aura bouleversé totalement les conditions de travail des salariés (conditions, dont on ne parle quasiment jamais) quand ce n’est pas la « valeur travail » elle-même. Et ça ne vaut pas que pour le secteur privé. Ainsi, en matière de Police – par exemple – il est moins demandé de « protéger et servir » que de « faire du chiffre ». Il en va des bonnes statistiques de la délinquance.

Impayable.jpgPeu importe donc mon métier (quand bien même y serais-je profondément attaché), en vingt-sept années de CDD [1] je connus trois fois le chômage.
Les raisons ?
Elles sont toutes différentes.
Un changement de direction (et donc, comme souvent dans ma profession, d’équipes), la cessation d’activité d’une entreprise, et enfin, un « choix de vie » [2].

Il est primordial, à ce stade, de dire noir sur blanc que, au-delà des raisons, l’entrée dans le monde du chômage est particulièrement déprimante, pour ne pas dire brutale. Vous pouvez être le plus motivé de la terre, le plus enthousiaste, le plus volontaire, il n’y a rien à faire, quelque chose finit par vous rattraper... Vous pouvez faire le fier, fanfaronner, en pariant à qui veut bien l’entendre que d’ici un mois, allez peut-être deux, vous aurez réintégré le monde du travail, assez vite, vous comprenez que votre nouveau statut, celui de demandeur d’emploi, est une entrave. Vous n’êtes plus vu, entendu, perçu comme vous l’étiez quand vous aviez un emploi... Pourtant, vous avez un parcours, des compétences, une expérience à faire valoir... Oui mais voilà, il y a eu un « accident » dans ce parcours. Et c’est bien pour cela que je précisais : « au-delà des raisons », parce qu’une fois chômeur, elles n’entrent pas en ligne de compte. Ou très rarement.

En d’autres termes, aux yeux de l’autre (l'employeur potentiel notamment) vous devenez, d’une certaine façon, en partie responsable de cet état.
Si vous êtes au chômage, c’est que vous avez « fauté » ou « mal anticipé »
.
Et donc, qui sait, et malgré votre CV, peut-être êtes-vous un élément sujet à poser des problèmes dans une entreprise. Peut-être n’êtes-vous pas malléable, pour ne pas dire corvéable à souhait. Peut-être avez-vous « trop de caractère ». Peut-être même, portez-vous malheur ! Etc.
Bref, vous auriez manqué à quelques règles bien néolibérales, et en particulier à la première de toutes : la sacro-sainte compétitivité. Au nom de laquelle, tout doit être sacrifié. Le salarié, en premier.

Ce que je veux dire c’est que, après la blessure (quand ce n’est pas l’humiliation), qui existe, qui est bien réelle (qui n’a pas reçu, un jour, une lettre de licenciement ne peut en connaître la juste mesure) qui a certes à voir avec quelque chose qui nous est personnel, mais aussi commun à tous (l’amour-propre, par exemple) vont se succéder des moments éprouvants, des moments où vous allez devoir prendre énormément sur vous, et, le temps passant, finissez par saisir, très concrètement, ce que signifie l’expression : « faire profil bas ».
Vous pouvez être armé d’une volonté de fer, être un bonhomme, j’en connais peu qui échappe à cette spirale. Bref, à ce qui, inexorablement, vous tire par le bas... Six mois de chômage et vous n’êtes plus la même personne : vous doutez de vous-même, de votre parcours, de vos compétences, de votre expérience. Et si, en fait, vous ne valiez rien ?...

Chacun comprendra, alors, que parvenu , il vous est d’autant plus difficile de retrouver un emploi. D’où le terme de : « spirale ».

Je tenais à préciser tout cela, car j'ai noté que, bien souvent, ceux qui parlent de chômage, plus particulièrement ceux qui prétendent que « du travail, y’en a ! », ou alors que « quand on n’a pas de travail, il ne faut pas faire le difficile, et prendre ce qui vient ! », ceux-là n’ont jamais connu le chômage. Ils ne savent pas ce que c’est… J’en ai même rencontrés me confirmant que, eux ? Mais jamais ils n’y avaient été ! Ajoutant illico que, jamais ! Ils n’y seraient un jour ; comme si, on pouvait l’éviter... Comme si nous l’avions cherché.  Et moi, le premier.
Ce sont les mêmes qui estiment que le chômeur est un « assisté ». Parce qu’ils l’imaginent vautré dans un canapé, indemnisé. Ils pensent que si on l’indemnisait moins, voire plus du tout, il se bougerait le cul, le chômeur. Ignorant, ou faisant mine d’ignorer, que : l’indemnisation est sujette à moult paramètres et qu’elle n’est pas éternelle.

Je vais vous faire un aveu : j’ai secrètement rêvé, qu’un jour, ils fussent à leur tour, chômeurs, et qu’ils en goûtent tous les désagréments, toutes les humiliations, et aussi, tous les renoncements. Peut-être comprendraient-ils, enfin, comment il se fait qu’il pût y avoir des chômeurs de longue durée (comme je le fus)…

Bref, lorsque vous perdez votre travail, et quelle qu’en fût la raison, vous changez de statut. En d’autres termes, vous changez de division. Vous rétrogradez. Et pas de Ligue 1 à Ligue 2 ! Non ! Vous descendez directement en CFA2. C’est un fait.
C’était vrai en 1990, ça l’était en 1998, et tout autant en 2009. Nous en venons à mes trois périodes de chômage... Si la perception du chômeur n’aura quasiment pas varié, en revanche, sa prise en charge, elle, est différente. Et c’est là, un des points.

En 1990, comme en 1998, assez rapidement, on me proposa de suivre une formation. Comme de surcroît, j’étais demandeur, je les abordais avec enthousiasme, et aussi, plein d’espoirs... Est-il utile de préciser que ce n’est pas le chômeur qui s’en acquitte (je parle du coût - ou alors dans certains cas, et dans des proportions plus ou moins raisonnables) mais l’Etat.
Il me semble, ne serait-ce que pour l’avoir vécu, qu’une grande partie des demandeurs d’emploi, pour ne pas dire une belle majorité, ne demande pas mieux que de suivre une formation. Et c’est d’autant plus logique que, suite à une perte de travail mal vécue (sentiment d’injustice, amour-propre qui en a pris un sale coup, humiliation personnelle également, etc.) se former pour en découvrir un autre, de travail, et donc d’univers, c’est une façon de tourner la page. Se laver. Repartir à zéro.

Seulement voilà, alors qu’en 1990 comme en 1998, c’était envisageable pour la plupart, figurez-vous que ça ne l’est plus aujourd’hui. Et ce n’est pas tant dû à la fusion ANPE/ASSEDIC (qui n’est pas une mauvaise idée – sur le papier) qu’à une affaire de pognon.

J’ai pu l’éprouver, puisque cette fois (2009/2011), c’est moi qu'insistais pour suivre une formation, indiquant même celles qui me paraissaient les plus adéquates ; mais il me fut (très aimablement) répondu que lesdites formations étaient attribuées au compte-goutte. Que de surcroît (vu mon profil) je n’étais pas prioritaire. Même après plus d’un an de chômage. Et même si, à mon âge, il était particulièrement difficile de réintégrer le monde du travail.

Dès lors, quand François Fillon nous apprend qu’actuellement « seuls 10% » des demandeurs d’emploi sont en formation, ça ne me surprend pas. Mais ce qu’il omet de préciser – or, c’est le plus important – c’est que si ce chiffre est ridiculement bas, ce n’est pas parce que les chômeurs ne veulent pas suivre une formation, mais parce qu’il n’y a pas de budget « alloué à » !
Il est très important de le dire, car encore une fois, celui qui pense déjà que les chômeurs-ceci, les chômeurs-cela, pourrait être trivialement conforté dans son opinion pour le moins primaire, celle qui consiste à affirmer, bêtement, que non seulement le chômeur est un « assisté » mais qu’en plus, c’est une feignasse.

Si vous y ajoutez la proposition du candidat Sarkozy, consistant à consulter le peuple quant aux droits des chômeurs, ça commence à faire beaucoup. 
Beaucoup trop.
Car, que l’on prenne le peuple, ou une partie de celui-ci, pour un veau sans cerveau, c’est pas nouveau ; mais qu’on le consultât (et par temps de « crise sans précédent » en plus !) en alimentant l’idée que le chômeur est un « assisté », un « feignant », voire même un « fraudeur », et qu’en plus, le salopard, il refuserait de se former, c’est sans nom !

Quand on veut combattre le chômage, on met le paquet. Et le paquet : c’est du pognon.
Proposer au demandeur d'emploi, une formation ? Je suis d’accord. Mais alors qu’ils y mettent les moyens ! Au lieu de désigner le chômeur comme un « cancer » de notre société.

L’autre vérité, c’est que : comme y’a pas de formation, ou si peu, les demandeurs d’emploi travaillent à perte. Ce que j’ai fait. Quelques heures par mois. A des taux horaires incroyablement bas. Parfois, via des contrats que je n’avais jamais vus jusqu’ici : « à la journée » (Nos « amis allemands » connaissent bien ce phénomène …). Mais on prend. Et sans barguigner.
Ça ne suffit certes pas pour « sortir » de Pôle Emploi. Mais ça permet de maintenir un taux de chômage inférieur à 10% (en période électorale, c'est pas de refus...). En réalité, nous sommes bien au-dessus.

Le paquet, ça veut aussi dire du personnel qualifié, et en nombre, à Pôle Emploi.
Moi, j’ai eu de la chance. Je suis tombé sur une petite structure, habitée par une équipe compréhensive, humaine et compétente. Mais j’ai vu, aussi, ces moments où ils étaient débordés. Complètement. Parce que pas assez nombreux, et aucune solution à offrir. Déjà que, en temps normal, y’en avait pas…

Je ne dis pas qu’en 1990 ou 1998, je n’ai pas été témoin des mêmes symptômes. D’autant qu’en février 1998, nous étions au-delà des 10% de chômeurs. Mais il me semble, j’en suis même certain, que concernant la question de la formation, c’était sans comparaison.

J’ajoute, cependant, que la formation n’est pas une fin en soi, ou la solution-miracle.
Car après, il y a l’employeur et son bon vouloir. Et, je me souviens qu’en 1990, comme en 1998, il préféra, cet employeur, recruter un profil ayant un cursus plus solide, ou ayant déjà une expérience en la matière, que ma pomme sortant de formation certifiée conforme. Sans doute considérait-il qu’icelle n’était pas suffisante, incomplète, ou que j’étais encore trop vert.
Donc la formation oui, mais il faut qu’elle soit béton, reconnue et valorisée. Sinon, c’est de l’argent foutu en l’air (mais payant électoralement, car ça permet de réduire le taux officiel de chômage en France).
En d’autres termes former pour former, non ! Former efficacement, oui !

Vous comprendrez alors, l’absurdité de consulter le peuple sur une telle question.
Vous comprendrez que c’est d’un cynisme rarement atteint, et que, ce dont nous avons besoin, avant tout, c’est de pédagogie, d’explications, d’informations.
Et que, plutôt que de dresser « ceux qui se lèvent tôt » contre « ceux qui ont perdu leur boulot » (et qu’on désigne, ignominieusement comme des « assistés ») il convient, quand on est un républicain, un démocrate, un homme de bonne volonté, de rassembler son peuple, et d’en appeler à la solidarité.

Dans un monde ou prime la compétitivité, avant tout ; avant le travail, sa nature ; avant les compétences, avant le mérite, avant les salariés eux-mêmes ; dans un monde où seul compte le chiffre, il convient de ne point en rajouter, mais bien au contraire, d’apaiser les tensions comme les souffrances ; à moins que

… A moins que le but, soit de déchirer, et à desseins (électoraux), la société française, de tuer à moyen terme ce modèle social qui nous a sauvés de bien des maux (combien compterions-nous de pauvres aujourd’hui, sans notre modèle social ?) et de faire de ce pays, anciennement des Lumières, une ombre.


[1] Un seul CDI. Pour près d’une centaine de CDD. Et parmi ces derniers, un avatar qui pullule, de plus en plus, et fort malheureusement : Le Contrat à Durée Déterminée d’Usage.

[2] « Choix de vie », oui. Parce qu’il n’y a pas QUE le travail dans… la vie. Ou plutôt, que vaut-il, le travail, si parallèlement vous foirez votre vie privée, ou passez à côté ?
Or donc, il peut arriver, oui, que vous privilégiiez votre vie. Ce n’est pas une décision difficile. C’est une évidence qui s’impose. Et c’est heureux.

NB : J’ajoute que, très souvent, lorsque vous retrouvez un travail, après tant de mois à en chercher, vous acceptez un salaire moindre que celui que vous touchiez avant votre période de chômage.
Dans le cas où vous connaissez plusieurs périodes de chômage, comme ce fut mon cas, vous devinerez que la perte est plus importante encore… C’est, faut-il le croire, le prix à payer.
Eh oui, même la précarité, ça vous coûte
Alors quand j’entends d’aucuns, des ignorants, des perroquets, baver sur les chômeurs, oui, il me prend à souhaiter qu’ils endurent le même parcours...

 

06 mars 2011

Prière De Ne Point Accorder La Moindre Importance Aux Sondages Qualifiant Marine Le Pen Pour Le Second Tour De La Présidentielle

Les sondages ? A les entendre, ils n’ont aucune valeur ! Pensez, à quatorze mois de l’échéance, comment pourrait-on leur accorder le moindre crédit ! Et puis, qu’ils ajoutent, on ne connaît même pas les candidats ! Qui de DSK ou d’Aubry ? … De Nicolas Hulot ou d’Eva Joly ? .. Et Villepin, Morin, Borloo, que feront-ils ? On n’en sait rien ! Or donc, toutes ces projections, c’est bien mignon, ça distrait les gogos, ça fait vendre du papier, couler de l’encre et tutti, mais attendez que la campagne commence, avec les concurrents véritables, et là, on verra bien qui tirera son épingle du jeu !

Autruche.jpgY’en a même qui vous diront que c’est du pipeau, ces sondages ! Une manipulation grand format de l’opinion. N’y prêtons pas la moindre attention, d’autant plus que, penchez-vous sur les élections précédentes, et vous verrez, comme ils se sont bien plantés, les sondeurs ! Souvenez-vous, Bayrou, il était où, en 2006 ! A 6, 7 ou 8% ! Et il a fini à combien ? Alors, c’est-y pas une preuve que c’est du grand n’importe quoi de sonder à quatorze mois d’une élection ? …

… Une preuve, je sais pas .. Ce que je sais c’est que Bayrou a terminé troisième, comme prévu, laissant Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal en découdre, et que ce duel, les sondeurs nous l’avaient annoncé durant toute l’année 2006 ... En vérité, il y eut bien peu de retournements de tendances. En 1995. Chirac, loser, fini, est revenu du diable vauvert, formidable compétiteur, exit le favori, le Balladur. Et 2002, bien sûr .. 2002, toujours … Casse-tête pour le sondeur, le sondé répugnant (alors) à lui dire qu’il escomptait voter Le Pen .. Voilà. C'est tout. C'est peu.

Alors quoi ? .. Alors, nous avons trois noms qui se détachent : Dominique Strauss-Kahn, Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy. L’une est candidate (quasi) déclarée. Les deux autres, c’est pour juillet, c’est pour l’automne.
Du côté de l’UMP, on fait bloc, y’a pas de recours paraît-il, « Sarkozy est le meilleur candidat possible » … Il semble exclu (d’autant plus quand on connaît l’animal politique) qu’il « ne remette pas son titre en jeu ».
Concernant, le PS, il est exact que l’issue soit plus incertaine. Nonobstant, les sondages donnent un avantage plus que conséquent à DSK, dès lors (sans jeu de mots) il serait vraiment étonnant que :
1 – Il n’y aille pas.
2 – Que les « sympathisants de gauche » ne le désignent pas en octobre prochain. Pourquoi, en effet, prendraient-ils le risque d’envoyer à la présidentielle un socialiste qu'aurait moins de chances que lui de pouvoir l’emporter ?… 17 ans qu’ils attendent ça. 17 ans !

Nous avons donc trois noms, trois évidences qui se détachent. Et ils ont beau dire les sondages-ceci, les sondages-cela, à quatorze mois, c’est un fait. Et ça ne bougera pas. Personne ne viendra contester ce trio … A moins que François Hollande ne revienne, tel un autre corrézien, du diable vauvert .. Ce qui changerait la donne. Considérablement. Mais convenons-en, ses chances de venir troubler le jeu, sont infimes. Et comme c’est dommage .. Mais passons ..
… DSK, Sarkozy, Le Pen .. Voilà le choix, plus que probable. Avec, pour le moment, un FN a (bien) plus de 20% … Mais pas d’emballement ! Tout doux ! Allons ! à quatorze mois, ça ne veut rien dire ! … Vraiment ? .. Tiens donc ! .. Comme les temps changent, n’est-ce pas ? .. Alors que c’est une première, même sondagière, alors qu’en 2002, Le Pen père est parvenu par la voix des urnes démocratiques jusqu’au second tour d’une présidentielle, alors que, alors que .. Eh bien non ! Non, ne vous inquiétez pas, c'est juste une photo, un instant ; bref, c’est pas grave ..
… Moi je dis que c’est de l’autruche ! De la politique de l’autruche ! C’est n’avoir pas conscience d’une réalité. D’un ras-le-bol qui monte, et qui monte fort, depuis lustres .. Et c’est ce que traduisent ces enquêtes successives. C’est plus qu’une tendance.
Faut-il être aveugle et sourd pour ne pas le voir !
Cette présidentielle ne se jouera pas sur des projets, mais sur un rejet, un désaveu. Terrible.
Oui, cette fois, le FN est à prendre au sérieux, et tout de suite, pas demain ! Mais comment ?
Oui comment, alors que ni au PS, ni à l’UMP (les deux partis dominants) on ne semble décidé à répliquer, à mettre les vrais sujets sur la table : l’emploi, la santé, l’éducation, le pouvoir d’achat.
Comment, alors que l’UMP s’entête à chasser sur les terres du FN, stratégie suicidaire, et pourquoi suicidaire ? Parce qu’au bout de neuf ans d’exercice du pouvoir, ils ne sont plus crédibles sur ces terres-là ! Vous ne siphonnerez pas deux fois les voix du FN, messieurs. C’est l’inverse qui va se produire ! …
Quant au PS, où est la dynamique ? Où est l’envie ? Où est la force ? Où est le candidat, l’indiscutable ? … Caricaturé, qui plus est, ce PS par l’UMP, en parti bobo, en parti du laxisme et de la compassion, héraut de l’assistanat ... ah ! que voilà des termes qui font écho et comment ! chez les électeurs du … FN ! Même tambouille, qu’ils se disent : UMPS ! bonnet blanc, blanc bonnet … Le concept UMPS prend corps, de plus en plus ..  On a donné, on a vu, UMP (jadis RPR), PS, à l’œuvre, trente, quarante ans que ça dure, alors pourquoi pas essayer autre chose ? Pourquoi pas Le Pen ? … Vierge, pure, non corrompue ...
Ils sont prêts, je vous dis. Comme jamais. Ah, tu vas la payer cash, copieux, bonbon, ta République Irréprochable inexistante, monsieur Sarkozy ! Tes frasques bling-bling et tout le toutim !

Et alors ?

Alors on va débattre, même que c’est déjà commencé, de la laïcité, de la place de l’islam en France … C’est extraordinaire ! … Nous traversons, dixit, « la crise le plus importante depuis la Seconde guerre mondiale » (ce qui est exact) et tout ce que l’on trouve à faire c’est débattre de la place de l’islam en France !
Est-ce l’islam le responsable de la « crise » ?
Est-ce l’islam qui produit du chômage ?
Est-ce l’islam qui a creusé nos déficits publics ?
Est-ce l’islam qui a coulé la Grèce et l’Irlande ?
Est-ce l’islam qui a inventé le néolibéralisme, la mondialisation, la marchandisation à outrance, fait que ce monde ne parle plus que de « produits », d’ « objectifs à atteindre », de « résultats », reléguant le salarié à une variable d’ajustement, voire pis ?
Est-ce l’islam qui nous a promis qu’en travaillant plus on gagnerait plus ?
Quel rapport entre l’islam et la « crise » ?

Est-ce la laïcité, la réponse à la « crise » ? A nos souffrances ? Au chômage ? Au déclassement ? Au temps partiel imposé ?
Combien de temps, encore, allez-vous vous moquer de nous ?

Mais je m’emporte .. Veuillez me pardonner … Je sais, je sais très bien qu’il faut un coupable, un bouc-émissaire plutôt .. C’est ce que l’Histoire nous a appris .. C’est ce que le peuple oublie, toujours. L'Histoire … Eh bien, répétons-là .. En évitant consciencieusement d’aborder les vrais sujets, en évitant soigneusement de proposer de vraies solutions à nos problèmes, jetons-nous sur l’os qu’on (UMP/FN) nous donne à ronger, cette diversion politique, éminemment dégueulasse, incroyablement criminelle.
Et surtout, continuons à dire que les sondages, à quatorze mois de l’échéance, c’est pas sérieux. Et vous verrez .. Oui, vous verrez bien qui tirera son épingle du jeu.

28 août 2009

Branle-Pas-Bas De Combat Au Pôle Emploi !

Fermé Du Vendredi Midi Au Lundi, 9 Heures

Je me suis dit, crise n'aidant pas, qu’il ne fallait pas perdre de temps. Allez zou, devançons l’appel, hardi mon garçon, n’attends pas la fin de ton contrat (dimanche 30 août, minuit) prends ton téléphone et dans la joie, appelle cette “machine de guerre” mise en place par ton roi, celle qui te permettra de retrouver en deux temps, trois mouvements, du taff et de l’oseille, oui, volontaire et pugnace, appelle donc le Pôle Emploi !

Or donc, me voila, ce vendredi 28 août, 14 heures et quelques, composant frénétiquement le sésame, le 39 49.

C’est sur fond de musique guillerette qu’une voix standard et féminine m’annonce que le Pôle Emploi est à mon service, que ce numéro, le 39 49, est un numéro unique (waouh !) qu’il est réservé aux demandeurs d’emploi mais également aux employeurs. Sauf que, l’employeur on l’invite à se rendre illico-presto sur le site internet du Pôle Emploi. Bref, le 39 49 c’est uniquement réservé aux demandeurs d’emploi ..

”Veuillez appuyer sur la touche * de votre clavier téléphonique !”

Ce que je ne fais pas.
Par esprit de contradiction.

”Nous sommes désolés, votre poste ne nous permet pas de dialoguer avec vous !” m’informe la voix. Déconfite.

Je m’en veux. J’ai raté un truc. Énorme : dialoguer ! Moi, qu’aime tant ça, le dialogue. La preuve, je suis blogueur [… rires à gorge toute déployée ...] !

Tout en me traitant de tous les noms d’oiseaux migrateurs, je compose à nouveau le 39 49.
Re-musique guillerette, re-voix féminine (plus vagale que vaginale) et même invitation.
Cette fois, conscient de l’enjeu, j’appuie sur la fameuse touche *.

Elle (la voix ..) me remercie, puis me demande de taper le numéro de mon département.
Je m’exécute.

”Val-de-Marne !” fait un robot.
”Putain de robot, me dis-je en moi-même, un jour, ils nous boufferont l’caviar sur le dos ..”

Une nouvelle voix féminine prend le relais. Une du Val-de-Marne. C’est comme si j’étais passé de France 3 National à France 3 Régions. Profondes.
Bref, c’est du brutal.

“Bonjour, dit la dame sur un ton triste et fatigué. Nous vous informons qu’à compter du lundi 3 août (elle prend une grande respiration ..) il y a de nouveaux horaires. Tous les Pôles Emploi de l’Ile-de-France (nouvelle respiration lasse ..) et les services téléphoniques seront ouverts du lundi au jeudi de 9h à 17h et le vendredi de 9h à midi. Bonne journée !”

[ … Un ange désœuvré passe …]

Ai-je bien entendu ?
Se foutrait-on comme de l’an 40 et de la crue de 1910, que l’on puisse chômer en août ?

Je veux dire, dois-je comprendre que cette “machine de guerre” mise en place par notre gouvernement afin d’aider le gueux à retrouver fissa du travail (et à ne pas refuser plus de deux offres raisonnables d’emploi sous peine d’être radié ..) serait complètement fermée depuis ce vendredi midi et jusqu’à lundi, 9 heures ?
Dois-je comprendre qu’au bout du fil, il y a votre voix, Madame, mais aucun interlocuteur vivant, disponible, à mon service, 69 heures de rang ? EN PLEINE CRISE ? La pire qui nous “soye” tombée sur le paletot depuis un siècle ? Alors qu’on nous annonce 600 000 (voire 800 000) chômeurs de plus pour l’année 2009, que plus de 30 000 dossiers de demandes d’indemnisation sont déposés chaque jour, ce Pôle Emploi qu’on nous a vanté, vendu, présenté comme un outil qui – je cite Nicolas Sarkozy – devra s’adapter “aux besoins des demandeurs d’emploi et non pas l’inverse”, cet outil qui devait être “réactif”, “efficace” et bénéficier d’une mobilisation de “moyens considérables”, serait inaccessible, du vendredi midi au lundi, 9 heures ? C’est ça, leur “machine de guerre” ?

Dois-je nonobstant comprendre que, pendant ce gros laps de temps, ce long long week-end, je peux randonner, faire un tennis-ballon ou me gaver, sous le soleil, alangui, de mojitos sans risquer de me faire traiter de parasite ou de grosse feignasse ? 
Dois-je comprendre que le vendredi après-midi, j’ai piscine ?

Et quand je pense que dans le même temps, l’on demande à de pauvres gens, des précaires de la paie, de sacrifier leur dimanche.
Leur famille.
Ce qui s’appelle, sans doute, avoir le sens des priorités et de la mobilisation générale ….



PS : “Je n’ai pas été élu pour qu’on attende vingt ans de plus !” pérorait ce fanfaron de Nicolas Sarkozy, le 8 octobre 2007 à la Maison de l’Emploi de Mâcon, justifiant ainsi de l’urgence à fusionner ANPE et ASSEDIC.
Eh bien, moi, M. le Président, je n’ai pas 69 heures à perdre ...


02 mars 2009

Christine Lagarde : En Woerth Et Contre Tous !

Question à 100 milliards d’euros …

Rigole pas, manant, c’est avec ton pognon qu’on joue ..

Question à 100 milliards d’euros, disais-je :

Mais c’est quoi, au juste, le boulot de Mâhâme Lagarde ?

Comme c’est lundi, bon comme le pain (qu’a sacrément augmenté malgré une baisse conséquente du prix du blé, t’as remarqué ..) je joins à la question une photo de la dame …



Il Me Semble Que Lagarde Erre ..


… Sait-on jamais, s’il y a des physionomistes de compétition dans c’te blogosphère, ça pourrait les mettre sur une piste !

Emporté par mon élan, avec la photo, je t’offre trois propositions de type affriolantes :

A – Plante verte.
B – Voyante.
C – Ministre de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi.

Alors ?

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