La une des lecteursTous les blogsles top listes
Envoyer ce blog à un amiAvertir le modérateur

20 mars 2009

Ce Danger Qui [Peut-être] Nous Guette

Elephant De Gus Van Sant

Il n’est jamais bon de réagir à chaud sur l’actualité, d’autant plus quand elle est lourde.
Il faut toujours laisser le temps à la réflexion avant de, peut-être, commettre un billet, ou s’en dispenser.
Seulement voilà, cela fait bien dix jours que ça me taraude.
Très précisément, depuis le 11 mars dernier, jour où, Tim Kretschmer, ce jeune allemand de 17 ans dont on dit qu’il était “tranquille” et “très ordinaire” a pénétré dans un collège près de Stuttgart, ouvert le feu, abattant au total quinze personnes avant de, plus tard, se suicider.
Ce n’est pas la première fois qu’une telle tuerie se produit.
Et rien.
Je veux dire, aucune explication rationnelle, même si des spécialistes parlent de “rage existentielle face aux inexplicables injustices de la vie”, de “dépression suicidaire”, de souffrances sourdes, de solitude, de repli sur soi, de mal-être, un manque de reconnaissance.

Et alors ?

Et alors, ce matin, dans le centre de Lyon, un homme armé d’une carabine à plombs, a tiré sur des femmes allant chercher leurs enfants à l’école.
C’est tout frais. Je sais. Trop sans doute pour en parler, déjà. D'autant plus qu'au moment où j'écris ce billet, on n'en sait pas plus. On ne sait rien.

Mais ça me taraude, ne me quitte pas.

Et quand bien même, n’y aurait-il aucun rapport entre ce qui s’est produit ce matin à Lyon et le 11 mars dernier en Allemagne, ou, le 20 avril 1999 dans le lycée de Columbine, qu’il y a là, tout de même, matière à réfléchir.
Voire, à s’inquiéter.

Oh bien sûr, des sociologues, des thérapeutes et consort viendront, à coup sûr, dans les jours prochains, sur quelques plateaux de télévision (“C Dans L’Air” par exemple ..) viendront, disais-je, pour tenter de (nous) donner un début d’explication, tout en nous invitant à la plus grande prudence, soit à ne pas tirer trop hâtivement des conclusions, privilégier la réflexion à l’émotion.
Certes.

Mais je me disais, la période étant difficile, et les mois qui s’annoncent particulièrement rudes, pour ne pas dire douloureux, oui, je me disais que voilà (peut-être) un autre et effrayant danger qui nous guette.
Tant on se sait jamais, tant on ne peut savoir jusqu’où la souffrance peut conduire un être.
Et quand j’entends que dorénavant l’on parle non plus de perte d’emplois, mais de DESTRUCTION d’emplois – expression particulièrement violente – sans faire un quelconque rapprochement, juste une projection – ce que je me suis toujours interdit de faire sur ce blog – je m’inquiète.
Je m’inquiète d’autant plus quand je constate qu’à la souffrance actuelle, celle qui s’exprime, qui appelle, qui invective, on répond par un quasi mutisme.
Ou par des provocations malvenues [cf : Madame Parisot].
Il est dangereux de ne pas répondre à cette souffrance.
Il faut y répondre et concrètement.
Sinon, un jour (peut-être) lasse de n’avoir pas été entendue à sa juste mesure, elle se taira, cette souffrance.
Et il n’y a pires souffrances que celles qui se taisent.
Puis grandissent, en silence.

Voilà ce que je voulais dire.
De ce danger qui [peut-être] nous guette.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu