06 juin 2010
“Le Capitalisme Est Une Saloperie”
Certains diront, mais enfin, mon cher monsieur, vous tombez de l’arbre ? Vous débarquez ou quoi ?
Que vous dire ?
Que c’est bien possible. Après tout ! Seulement voilà, je ne connaissais pas cet homme-là : Franck Lepage (photo). Je l’ai découvert, il y a quoi ? Une semaine, tout au plus, via Bénédicte Desforges [*]. Une vidéo. Un passage. Et j’ai eu envie d’en savoir plus. Et, autant vous le dire, je n’ai pas été déçu. Je dois même vous avouer que depuis Loïc Wacquant (et Noam Chomsky) je n’avais entendu discours aussi brillant.
Or donc, Franck Lepage. Dont vous trouverez un CV pour le moins sommaire à cette adresse. Franck Lepage, disais-je, de 2006 à 2009, s’est produit sur scène. Mais, ce n’est pas un spectacle, un one-man-show, ou du théâtre. Non. Du tout. C’est un travail. Une pensée. Un constat. L’essentiel de ce travail, du moins celui auquel, je veux, ici, faire référence, est dans son intégralité, si vous le souhaitez, et comme je vous le recommande, disponible sur Internet. Il est là.
Lors de ce travail, Franck Lepage nous parle de culture, d’Education nationale, de capitalisme, de fascisme, de salariat (de Shoah, même), et des mots qu’on “nous a volés”. Les mots, comme vous le savez, sont importants. Ils ne sont pas, jamais innocents. Nous sommes, depuis bien longtemps, et dans une contraction, et dans une falsification des mots. Et, comme de bien entendu, les médias, entre autres, sont, qu’ils le nient ou pas - peu importe, puisque c’est une réalité - le relais de cette contraction, de cette falsification, de ce vol. Ce que nous pourrions nommer l'Orwellisation de la société. Elle est marche, et depuis belle lurette.
Dans la vidéo que je vous propose, extrait du travail remarquable de Franck Lepage, tout commence par un plan de tomates. Et l’on se dit, mais c’est quoi, ça ? Où va-t-on ? Non mais, franchement .. Et puis, très vite, on comprend, on saisit, et ça s’emballe, et ça ne s’arrête plus. D’aucuns parleront de performance, de démonstration. A ceux-là, je leur dis, non, ni performance, ni démonstration. Certes, et tant mieux, ce que nous dit Franck Lepage, est tout à fait discutable. En tous les cas, il amène à une réflexion, et, si on daigne prendre le temps, à des commentaires. Pourvu, qu’ils soient éclairés, avisés, argumentés. C’est le moindre qu’on puisse attendre à la lecture de ce travail-là.
Je disais donc, tout commence avec un plan de tomates, et hop, voilà que surgissent Sarkozy, la culture, la gauche, le fascisme, le système, le capitalisme, la Shoah, Malraux, le gaullisme, le communisme, etc.
En précisant, et c’est important, que bien souvent, vous l'avez noté, l'on évoque le clivage droite-gauche ; ou plus précisément, certains, en s’exprimant, dans les médias essentiellement, prétendent le dépasser, ce clivage. En réalité, c’est complètement faux. Ils sont, et restent, partisans. Or ici, et c’est là – j’allais dire : le miracle !- oui, c’est là le miracle – allez, je l’ai dit – Franck Lepage, lui, dépasse totalement le clivage droite-gauche. Il est ailleurs. Il est avec nous. Encore, faut-il accepter de l’entendre.
Avant de vous laisser tranquillement, observer, écouter, penser cette vidéo (et les deux suivantes, en liens ci-après) et dans le seul souci d’aiguiser votre appétit, voici quelques extraits choisis :
”Il faut désormais que chaque individu ait la liberté de se faire exploiter où il veut, quand il le veut (…) Très vite (…) ce système fabrique des inégalités qu’il faut rendre légitime, acceptable, et donc, c’est l’école qui sert à ça (…) L’école est le système qui vous fait croire que votre place dans la hiérarchie sociale est le résultat de votre mérite scolaire ou de votre bonne volonté culturelle (…) L’école reproduit les inégalités (…) Vous avez 1% en 1945 de fils d’ouvriers à l’université. Vous avez 1% de fils d’ouvriers, en 2005, à l’université (…) Le théorème de l’excès de culture ( …) c’est d’expliquer que, contrairement à ce qu’il se raconte partout, les gens ne manquent pas de culture, ils ont trop de culture par rapport à ce que le système leur autorise d’exploiter (…) La seule vraie crise, c’est la crise salariale.”
Franck Lepage - “Incultures”
Je vous laisse en liens, comme précisé en amont, la suite de ce travail :
1 - “Vous n’aurez bientôt plus les mots pour penser négativement le capitalisme”
2 - “Le capitalisme est une saloperie”.
Ce qui m’amène à cet ajout, tiré de ces deux vidéos linkées. Que je soumets, là encore, à votre réflexion :
”Le management est la doctrine de l’exploitation. Quel était le mot le plus employé dans les ouvrages de management dans les années 60 ? Le mot : Hiérarchie. Quel est le mot le plus employé dans ces ouvrages de management à partir des années 90 ? .. Non .. Le mot “Hiérarchie” n’existe plus. Zéro citation. Non, le mot le plus utilisé, désormais, c’est : Projet ! Projet est LE mot de la doctrine capitaliste. On ne peut rien faire contre ça ! Vous pouvez combattre la hiérarchie, mais, si elle s’appelle : Projet ; vous n’allez quand même pas emmerder des ouvriers qui se réalisent comme créateurs dans le cadre d’un projet (…) Vous êtes persuadés que TOUT LE MONDE doit avoir des projets. Votre banque vous demande quels sont vos projets. Vous devez avoir un projet de vie parce que vivre ne suffit plus, manifestement. Et donc, cette saloperie de mot transforme tout ce qui bouge en marchandise sans que nous nous en rendions compte. Projet veut dire : produit (…) Le capitalisme est une saloperie (…) Il nous fait le défendre quand nous croyons l’attaquer et il utilise pour cela l’artifice d’un langage de pacotille, un langage de verroterie, de camelote, qui nous fait le désirer (…) Nous ne faisons que reproduire des rapports de domination en croyant faire le contraire (…) Mesdames et messieurs, on nous a volés des mots ! Nous allons droit dans le mur avec la plus grande générosité” [Franck Lepage]
[*] Bénédicte Desforges a publié le 4 mars 2010 "Police, Mon Amour" (Anne Carrière Eds)
21:57 Écrit par Philippe Sage dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (41) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : franck lepage, incultures, capitalisme, crise du salariat, l'école reproduit les inégalités, le mot projet, doctrine du capitalisme, le capitalisme est une saloperie, prenez-nous pour des cons ! |
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09 mars 2009
Or Donc, La France Est Un Pays De ….
![]()
Avant de répondre à cette effrayante question, il me semble d’utilité publique de rappeler que s’il y a un type dans cette foutue blogosphère qui croit malin en ces temps de “crise-dont-nous-sortirons-plus-forts-que-nous-y-sommes-en...” de donner constamment dans le mauvais esprit, la dérision au carré et la “déclinitude” à tout-va, c’est bien moi.
Bien évidemment, ma pov' mère qui s’est saignée aux quatre veines pour que je devienne ingénieur des ponts-et-chaussées ou cadre supérieur encravaté dans une entreprise leader sur le marché, ne le sait point.
Je veux bien être un sale con, mais y’a comme qui dirait des limites.
Or donc, la France est un pays de quoi ?
Vu de ma fenêtre, j’aurais dit de pharmaciens, tant elles pullulent à chaque coin de rue, ces échoppes où, va savoir pourquoi, pour attirer le chaland, on place en devanture une fesse, une cuisse ou une redoutable paire de seins en photos. Et géantes si possible.
Mais non.
Alors quoi ?
La France serait un pays de quoi ?
De fonctionnaires ?
D’artisans ?
De mousquetaires ?
De fainéants ?
Non plus.
Non, car si tu as bien suivi le déroulé de l’affaire, celle qui nous préoccupe au plus haut point, et qui, curieusement n’est pas la suppression du juge d’instruction (alors qu’il y aurait là, matière à s’interroger, voire à s’insurger !) ni l’interdiction de ce que l’on nomme “Open Bar” (dans quoi va-t-on noyer son chagrin et son licenciement sec, entre amis consentants, désormais, alors que c’est nous, les gueux, qui trinquent ?) mais la "crise-qui-vient-d’ailleurs", tu auras noté que l’Etat (c’est-à-dire : les manants que nous sommes ...) via son Chef suprême nous aura expliqué que notre économie étant en danger, il convenait de la sauver.
Ensuite de quoi, il faudrait refonder (et moraliser, si nécessaire, mais surtout s’il reste un peu de temps et que d’aucuns s’en souviennent) le Capitalisme.
Or donc, je repose la question : La France est un pays de … ?
Eh bien oui, et ça fait froid dans le dos : un pays de banquiers et de constructeurs automobiles.
Rien d’autre que cela.
Ainsi donc, une économie de type Capitaliste, une économie férocement Libérale, ne tiendrait que par ces deux piliers-là :
Les banques et l’automobile.
Si ça n’était point le cas, alors pourquoi les sauver eux ?
Oh je sais, le plan de relance est plus étoffé, mais entre nous, à côté des banques et de l’automobile, ça n’est que peccadilles !
Les banques, l’automobile et leurs esclaves satellites, c’est donc cela le cœur du système économique (mondial) ?
C’est ainsi qu’il fonctionne ?
Sans ces deux piliers-là, il s’écroulerait donc, ce système ?
Ca ne tiendrait qu’à cela ?
Tu sais quoi ?
Je serais révolutionnaire, je le noterai.
En rouge, il va de soi.
[Quand je te disais que j'étais un sale con ..]
22:05 Écrit par Philippe Sage dans Crise Financière, Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : plan de relance, crise financière, capitalisme, libéralisme, banques, automobile |
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18 décembre 2008
Rions Un Peu Avec Nos Amis Les Banquiers !
"Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat.
Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison, et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquise.”
[Thomas Jefferson – 1802] [*]
20:56 Écrit par Philippe Sage dans Amusons-Nous !, Crise Financière, Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bernard madoff, capitalisme, système pyramidal, crise financière, bce, banque de france |
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13 octobre 2008
La Crise En Un Coup De Gueule
[Lundi 13 Octobre 2008 - Toulouse FM]
14:41 Écrit par Philippe Sage dans Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : crise financière, pays pauvres, faim dans le monde, cynisme, capitalisme, ultra-libéralisme |
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04 octobre 2008
Où Qu'Il Est Notre Pognon ?
Or donc, badaboum, c'est la crise financière, la récession avant la dépression, adieu Pierrette et le pot au lait, les belles promesses de campagne, tel que, par exemple, au hasard, le "plein emploi" pour l'an 2012.
Si tu me le permets, j'aimerais m'arrêter sur le dernier terme, celui de "plein emploi".
Vu de ma fenêtre, le "plein emploi" - et tu vas voir comme c'est d'une impitoyable logique - c'est zéro chômeur.
"Plein emploi", pour moi, ça veut dire que tout le monde il a du boulot.
Ben non.
C'est pas ça, en fait.
Le "plein emploi" c'est 5% de chômeurs .. de demandeurs d'emploi, pardon ! - c'est plus positivement chic que chômeurs, tu comprends ! C'est comme de dire "les plus démunis" plutôt que de dire "les pauvres" ... Surtout dans un pays riche, puisque sixième puissance mondiale (à crédit) !
Ça en dit long sur le "système", non ?
Ben si.
Considérer que le "plein emploi" c'est 5% de sacrifiés, ça te donne une idée du cynisme qui nous gouverne ou nous écrase, c'est selon.
Mais à part ça, Nicolas, comme tu ne cesses de nous le répéter : "Y'a pas de fatalité !" [rires]
Précisons que ce chiffre de 5% est très relatif, je veux dire qu'il ne reflète nullement la réalité sur le terrain, puisque n'est répertoriée dans les statistiques qu'une seule catégorie de demandeurs d'emploi, ceusses qui recherchent un contrat à durée indéterminé.
Les autres ne sont pas comptabilisés.
Ce qui veut dire que tu peux doubler de moitié ce chiffre et estimer le "plein emploi" à non pas 5 mais 7,5% de la population active, et encore, je suis gentil.
Mais revenons à nos moutons, les moutons étant, comme toujours, nous autres, les citoyens.
Que nous dit-on ?
Que c'est la criiiiiise, qu'il faut sauver le "système", qu'il en va de nos emplois, de notre pouvoir d'achat, de notre avenir, celui de nos enfants, quoi ! - oui, l'enfant est souvent cité dans ces cas-là, ce que j'appelle un chantage à l'émotion, une prise d'otage ...
Et comment faire pour sauver le "système" ?
Nicolas nous l'a dit à Toulon :
Par "l'effort" et le "travail".
Bien.
Sauf que, y'a une question à laquelle personne n'a encore répondu :
Où qu'il est passé le pognon ?
Je m'explique.
A les entendre, les uns et les autres, nos banques qui, nous disaient-ils encore la semaine dernière, sont à l'abri, voire sûres - Elles le sont tellement qu'un Jérôme Kerviel peut, à lui tout seul avec la bénédiction de sa direction, faire exploser la Société Générale - pourraient bénéficier d'un plan de sauvetage, à l'image de ce qui se passe aux Etats-Unis - le Plan Paulson, qui serait inefficace d'après un Prix Nobel - plan qui ressemble farouchement à une nationalisation déguisée de type socialiste, si ce n'est quasiment Marxiste (je me marre !) et consistant à filer du blé aux établissements bancaires afin qu'ils ne mettent point la clé sous la porte ou se fassent bouffer par un concurrent étranger.
Mais comment une banque peut-elle donc se retrouver sans pépettes ?
Imaginons un truc énorme, qu'elles aient par exemple joué avec notre pognon - car c'est bien notre pognon que l'on trouve dans une banque, non ? - et qu'elles se soient plantées, les crétines !
Genre, elles auraient investi quelque part - mais où ? - et badaboum, le "quelque part" où qu'elles auraient misé le blé, se casse la margoulette.
Ou pire, se tire avec le magot ..
C'est ce qu'on appelle un mauvaix choix.
Dans une entreprise lambda, la tienne comme la mienne pour être clair, les types qui font des mauvais choix, ils deviennent quoi ?
Eh ben, ils sont virés.
Pour faute lourde.
Donc pas d'indemnités, pas d'Assedic, plus de bras, t'es chocolat !
Pas dans ce monde-là où l'on te remercie généreusement par un pot "ça comme" se concluant par un "zoli" parachute doré.
Mais passons.
Ce qui nous intéresse, c'est le pognon qui a été misé.
Il ne s'est pas envolé tout de même !
Il est bien passé "quelque part", je veux dire, quelqu'un, ou un ensemble de quelqu'un (ou de malfaiteurs - tiens ça rime avec Traders !) a raflé la mise.
Non ?
Alors il est où ce pognon ?
En Chine ?
En Inde ?
Mais il y a une autre possibilité :
Cet argent, en fait, n'existe pas.
Il est virtuel.
Pour mieux comprendre, prenons une table de Poker.
Autour de cette table, trois types (un russe, un chinois, un pakistanais ..) et un écureuil.
L'écureuil, pas de bol, c'est pas son jour.
Il perd.
Et il perd gros.
A ce point que le voilà sans thunes.
Plus rien dans ses caisses.
Que fait-il ?
Eh bien au lieu de quitter la table, il demande à ses partenaires de jeu de lui faire crédit.
Les autres se concertent et, finalement, accordent à notre écureuil puant le pigeon la possibilité de continuer la partie, mais de la continuer, donc, à crédit.
Soit de jouer avec de l'argent qu'il n'a pas.
Seulement voilà, notre écureuil continue de perdre.
Jusqu'à épuiser totalement son crédit.
Rebelote - ce qui est moyen dans une partie de Poker ...
Il demande à ses partenaires, s'il serait à nouveau possible de "se refaire".
Cette fois, la réponse est non.
Dans un film de Martin Scorsese, les types lui donneraient 48 heures pour réunir l'énorme somme qu'il a perdue, sinon, l'écureuil il se retrouvera tout décédé au fond d'un coffre de bagnole.
Sauf que nous ne sommes pas dans un film.
Mais dans un "système".
Et dans ce "système", l'écureuil se tourne vers l'Etat.
Et l'Etat que fait-il ?
Il allonge le pognon.
Mais quel pognon, vu que les caisses de l'Etat sont - parait-il - vides ?
Ben le notre de demain.
Alors que l'écureuil a déjà tout cramé celui d'hier à cette table de Poker.
Et c'est là que nous en revenons à cette bonne petite phrase de Nicolas :
Refonder le capitalisme - c'est "le système" en question, chéri(e) - passe par "l'effort" et le "travail".
C'est donc en trimant comme des malades, en nous tuant à la tâche, que nous allons sauver l'écureuil qu'a dilapidé notre fric.
Ce même écureuil qui nous a refusés un crédit de type immobilier, il y a quelque mois de cela, sous le prétexte que notre dossier n'était pas assez solide, genre t'es en CDD, va mourir, le gueux !
Ce même écureuil qui nous a noyés de recommandés, nous intimant l'ordre de combler et fissa notre découvert.
Ce même écureuil qui nous a conseillés d'investir ici ou là, afin qu'il puisse ensuite, faire son intéressant à une table de poker avec notre artiche.
Eh bien moi j'dis :
1 - Non, je ne veux pas aider cet écureuil !
2 - Je pisse à la raie de cet écureuil !
3 - Qu'il aille se faire mettre, et profond, cet écureuil !
Tu vois, on nous explique que le capitalisme connaît quelques ratés, qu'il a un peu déconné, mais qu'il est chouette au fond de lui-même ce capitalisme, car c'est LE SEUL système possible.
Eh bien moi, je dis non.
Non, ce n'est pas le seul système possible.
Doit y en avoir un autre, un qui ne serait pas une table de Poker où les gars ils s'amusent avec notre pognon, et qui l'ayant perdu, continuent à s'éclater avec du flouze qu'ils n'ont pas avant de nous en quémander via l'Etat pour remettre ça, un peu plus tard, une fois l'orage passé.
Car ils remettront ça, les renégats, vu qu'il faudra bien rembourser le créancier ; ici, l'Etat.
Voilà c'que j'dis.
Je dis qu'on nous prend pour des cons de compétition.
Et qu'en l'occurrence, on a le droit ET le devoir de dire non, et d'ajouter : allez vous faire enculer !
Sinon, juste une autre question :
Les Russes, y devaient pas quitter la Géorgie ?
Non, parce que je remarque que, crise financière aidant, plus personne n'en parle.
Et enfin, la cerise sur le pâté :
On nous prépare un retour de Dominique De Villepin au Gouvernement - en remplacement de Lagarde ?
Tu n'es pas sans savoir que Villepin, c'est pas vraiment l'ami de Sarkozy, bien au contraire.
Ne serait-ce que parce que c'est lui, Villepin, qui a dézingué copieux tous les Balladuriens après l'élection de Jacques "La Fracture Sociale"Chirac en 1995, Balladuriens dont fait toujours partie Nicolas, sans compter qu'en 2005/06, il a tenté, ce félon de Dominique, de tuer la candidature présidentielle du même Nicolas via l'affaire Clearstream - ah c'est peut-être dans ce genre d'établissement qu'il est notre blé ..
Et donc, tu te dis, c'est pas Dieu possible que Nicolas accepte cet homme-là, ce Néron, dans SON gouvernement.
Oui, mais c'est l'unité nationale, vois-tu.
Que ne ferait-on pas au nom de l'unité nationale !
Mais c'est pas tout.
Devine ce que l'on apprend en lisant la presse numérique du jour ?
Que dans l'affaire Clearstream, en c'qui concerne Dominique Galouzeau De Villepin, on s'achemine vers .. un non-lieu !
T'as compris ?
Oui, je sais, nous devions être dans une démocratie irréprochable.
Mais comme je te le disais en ouverture de ce billet, badaboum, c'est la crise financière, adieu Pierrette et le pot au lait, les belles promesses de campagne ..
Dernière minute qui va te ravir, te donner du baume au coeur, tant, je sais, tu te réjouis du bonheur d'autrui :
D'après i>télé, au salon de l'auto, les concessionnaires de voitures de luxe se frottent les mains.
Leurs caisses à 500 000€ se vendent comme des petits pains.
Tu vois qu'il est bien passé quelque part.
Notre pognon.

A lire aussi sur le même sujet : "Touche Pas Au Grisbi, Salope !"
Et dans la rubrique "Je Me La Pète Trop Grave", voilà ce que j'écrivais, il y a 407 jours, le 24 août 2007, dans Refais Le Monde, La Préface :
Après Les Cents Jours, Les Jours Sans ?
18:27 Écrit par Philippe Sage dans Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : crise financière, capitalisme, banques, plan paulson, spéculation, traders, sarkozy |
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22 septembre 2008
C'Est Maman Qui Va Être Contente !
Maman, elle nous disait toujours à ma soeur et moi, que nous n'avions surtout pas à nous plaindre, parce que nous, les jeunes, on n'avait pas connu la guerre !
Alors, du haut de nos 5 et 7 ans, on lui répondait à maman que ben tant mieux ! Parce que la guerre, c'est moche, que ça fait pleurer les femmes et que ça tue des tas de gens, bref qu'on était vachement contents, de ne pas la connaître, la guerre.
Ma pauvre mère, elle haussait les épaules, et, faisant fi de nos protestations, nous servait des salsifis, même que c'était à cause d'eux, les salsifis, qu'on se plaignait ma petite soeur et moi, qu'on aurait préféré des frites ou des coquillettes.
Alors maman, elle nous disait que si c'était la guerre, eh ben nous serions bien heureux, croyez-moi les enfants, d'en manger des salsifis, qu'en temps de guerre on ne mange pas ce qu'on veut mais ce qu'on trouve et que c'est rarement des frites ou des coquillettes.
- Ouais mais c'est pas la guerre, là, maman, je lui faisais remarquer. C'est mai 68 !
Ma mère, elle soupirait, me rappelait pour la énième fois qu'on ne disait pas "ouais" mais "oui", mais comment on t'a élevé à la fin ? Qu'elle aimerait bien savoir ce qui se passe dans mon école pour que je profère des âneries à longueur de journées, que décidément tout se perd, les valeurs comme le respect, notamment celui des anciens, et que, bon sang de bonsoir, ce qu'il nous fallait à nous les jeunes, ce serait, oui, une bonne guerre ! Que ça nous remettrait les idées en place et pas qu'un peu !
Puis, elle ajoutait trois ou quatre immondes salsifis dans mon assiette et nous assurait que la guerre, ça n'a pas que des mauvais côtés, que par exemple, ça réglerait le problème du chômage parce que, ensuite, quand la guerre serait finie, eh bien il faudrait tout reconstruire, que ça donnerait du boulot à tout le monde et pour un sacré bout de temps.
Faut dire que ma mère elle l'a connue la guerre, vu qu'elle est née après le Krach de 1929, plus précisément en 1933, quand Franklin Delano Roosevelt pour sauver les banques et pas les pauvres, il a décidé d'une nouvelle politique qu'il a nommé le "New Deal" pendant qu'en Allemagne un petit moustachu, par les urnes arrivait au pouvoir et s'apprêtait à mettre l'Europe à feu et à sang, même que les américains ils ont mis cinq ans à réagir, cinq interminables années avant de venir nous libérer, mais c'était pas à cause du petit moustachu, mais des Russes - une bande de communistes de catégorie une menaçant copieusement l'empire capitaliste - ces Russes qui, aux yeux des américains, commençaient à prendre un peu trop d'importance dans cette guerre, à croire que, si les Russes ils n'avaient pas existé, ben les américains, ils seraient restés chez eux nous laissant crever la bouche ouverte ou pire, faire allemand première langue tout le restant de notre vie.
C'est peut-être pour cela, et les conflits qui suivirent, l'Indochine, l'Algérie, que ma mère, elle en parlait souvent de la guerre.
Lui trouvait des vertus.
Pourtant, à Oran, elle a vu de ses yeux vu ce que ça faisait la guerre sur le corps humain ; elle a vu l'horreur, maman ; un cinéma exploser et dégueuler des bras et des jambes, des membres déchiquetés dont on n'arrivait même pas à savoir à qui ils appartenaient !
Faut croire ça ne l'a pas dégoutée pour autant, maman, alors que Adrian Cronauer dans "Good Morning Vietnam" si, lui ça l'a marqué à vie, quand il a vu la même chose, à la seule différence que c'était un restaurant au Vietnam.
Mais bon, c'est un film, et ma mère elle disait que les films c'est n'importe quoi, que la guerre c'est pas du cinéma, pas de la rigolade, même si elle riait tout ce qu'elle savait quand la télévision diffusait "La Grande Vadrouille", le film où on ne parle jamais de Pétain, des milices et de la collaboration.
C'est à elle, donc, ma mère, que je pensais l'autre semaine, et hier aussi, lorsque je me penchais sur les nouvelles du Monde où l'on évoquait, tiens donc ! Le Krach de 1929, rapport à la noyade de Lehman Brothers (bien moins drôle que les Marx Brothers) que c'était la même histoire, kif-kif bourricot quoi ! Grosso-modo un système bancaire qui fait ce qu'il veut avec ses cheveux, prend ton blé pour spéculer et te pisse à la raie.
Sauf que cette fois, les américains du gouvernement ils n'ont pas attendu quatre ans comme en 1929 pour prendre des mesures, ils ont fait les gros yeux et la morale libérale aux établissement bancaires et ensuite, ils leur ont prêté des centaines et des centaines de milliards de dollars en leur faisant jurer-cracher qu'ils n'avaient pas intérêt à recommencer leurs conneries sinon ça allait barder pour leur matricule, même que je me suis dit ça alors ! Nous vivons sur une planète bien étrange, une planète où quand les banques sont malades, on leur file tout plein de pognon, alors que quand ce sont les pauvres qu'agonisent, non.
Nous vivons sur une planète où l'on sauve les banques, pas les pauvres.
Par exemple : la Louisiane.
Je pensais surtout que dix ans après le Krach de 1929 - que l'on compare donc à la faillite actuelle mais en pire - c'était la Guerre Mondiale et qu'ensuite, je veux dire une fois la guerre finie avec son cortège immense de morts et pour certains abrutis, de détails de l'Histoire, l'économie s'en portait mieux, voire mieux que jamais.
C'est d'ailleurs ce qu'il disait hier, dimanche, dans l'émission "Ripostes", le Monsieur qu'a une tête d'oiseau et qui est super intelligent.
Le Monsieur qui s'appelle Jacques Attali et qu'avait, en décembre 2006, senti le Krach actuel venir.
Avec un air de chien battu, il tentait de faire comprendre à nous autres les gueux et à Serge Moati - tu sais le Monsieur à lunettes pas possibles qui présente "Ripostes" sur France 5 en remuant tous ses bras et en parlant comme un acteur de théâtre qu'il n'est pas - Monsieur Attali disait que, il y avait des tas de similitudes entre 1929 et aujourd'hui, qu'il craignait fort qu'une des possibilités pour sortir de cette guerre économique sans merci, ni pitié, ni merde, c'était la guerre, mais la vraie, la moche qui fait pleurer les femmes et qui tue des tas de gens.
Qu'on pouvait encore l'éviter, cela dit, la guerre, à condition de ne pas faire entrer l'Ukraine et surtout la Georgie dans l'Otan, que si on le faisait, ça allait salement énerver les Russes, et pas que les Russes, mais que, malheureusement, disait Monsieur Attali, il semblerait que ce serait quand même le cas ; en décembre prochain, a-t-il précisé tristement.
Et peu importe que ce soit Obama ou McCain le nouveau chef de la police mondiale !
De toutes les façons, ce sera McCain, il a dit Attali, et donc adieu, veaux, vaches, cochons et tout ce qui s'en suit.
Moi, je le sais depuis longtemps que nous courons à la catastrophe, avachis, endormis, chloroformés que nous sommes par ce redoutable instrument (de propagande) censé divertir le peuple qu'est cette salope de pute : la télévision ; sauf que, ce qui nous pend au nez, je n'appelle pas ça la guerre, mais le Carnage, même que ça énerve considérablement tous mes amis quand je prononce ce mot de Carnage, mais désolé, je n'en vois pas d'autre.
C'est sûr que, le Carnage, ça ne va pas arranger cette histoire de réchauffement climatique, tu penses ! Balarguer des bombes thermonucléaires à tire-larigot ça va te le dérégler définitivement le climat et créer de nouvelles maladies bien dégueulasses ! Mais en même temps, ça fera turbiner l'industrie pharmaceutique, celle qui te pique ton blé et te pisse à la raie comme les établissements bancaires d'investissements !
Sans oublier que ma mère, elle te dirait que ça réglerait une bonne fois pour toute le problème Nord-Sud, vu que c'est le Sud qui va s'en prendre plein le groin, tant et si bien, qu'il n'y en aura plus, de Sud.
Donc, plus de pauvres.
Ben oui, vu que les autres de pauvres, ceux du Nord, ils seront morts à la guerre, partant du fait que le Riche est exempté de conflit.
Autant faire d'une pierre deux coups, non ?
Bon c'est sûr qu'il ne restera plus grand monde après cette Troisième Guerre Mondiale, ce Carnage indescriptible, mais comme maman dit, après y'aura du travail pour tout le monde, voire trop vu qu'on ne sera plus très très nombreux sur cette putain de Terre.
Et fort mal en point, de surcroît.
Sincèrement, j'espère qu'elle l'a vu, Monsieur Attali, Maman, hier, à "Ripostes" !
Tant elle a dû être contente d'apprendre qu'enfin son voeu allait être exaucé, que nous allions connaître une bonne petite guerre de derrière les fagots, nous les jeunes cons.
Que nous allions enfin en manger des salsifis et sans se plaindre, des salsifis par la racine, que ça nous y ferait les pieds et le reste, qu'on ferait un peu moins les malins.
Ouais, c'est maman qui va être contente, je me suis dit.
Même si, pour être franc, et totalement incorrect, je m'en fous, moi, que ce soit la guerre bientôt, la bien moche qui fait pleurer les femmes et tue des innocents.
Parce que je le savais déjà, qu'un jour, y'aurait le Carnage tellement on est trop des cons abrutis de télévision !

17:12 Écrit par Philippe Sage dans Politiquement Très Incorrect | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : guerre, economie, carnage, lehman brothers, capitalisme, ultra-libéralisme, attali |
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