09 février 2012
France Lepénisée
Quand je me mis, mercredi, à la rédaction du billet linké en queue de ce cliché rendu noir & blanc, je ne pouvais décemment pas imaginer que le lendemain, le site d’un quotidien en ligne allait, dans le seul souci de faire le buzz – buzz uniquement destiné à écouler le maximum, si ce n’est la totalité de son édition-papier version magazine – allait disais-je, lever le voile sur deux immondes saloperies, deux propositions d’un « personnage » que, le 6 mai 2007, le peuple français eût grand tort de désigner, par la voie du suffrage universel, président de notre République.
Je répugne tant à citer son nom que oui, je m’empare du mot gaullien de « personnage ». C’est en effet par ce terme, afin de ne jamais le nommer, que, six jours avant le second tour de la présidentielle 1965, le Général de Gaulle qualifiait celui que les électeurs de ce pays avaient choisi de lui opposer, via le scrutin du 5 décembre.
Bref.
Jamais donc, je n’aurais pu imaginer que cet autre « personnage » irait jusqu’à braconner sur des terres si peu républicaines, ô combien extrêmes, de natures à mettre en péril la paix sociale, voire même la paix civile, en proposant aux citoyens de ce pays, en cas de réélection, un premier référendum sur les chômeurs et un second sur le droit des étrangers.
Cependant, une fois passé le choc et sa nausée, je dois en convenir : ces deux propositions ne sont, en définitive, qu’une suite affreusement logique, au billet que je rédigeais hier.
En fait, c’est juste une épouvantable accélération. Due à un phénomène électoral.
C’est en quelque sorte une validation complète, assumée, revendiquée, de la lepénisation.
La lepénisation, ce n’est ni un mythe, ni une chimère. C’est une réalité. Ou, pour reprendre le terme exact employé par la candidate de ce parti d’extrême-droite qu’est le Front national, c’est :
« structurel ».
De fait, puisque c'est devenu structurel, et que de surcroît tout le démontre, le temps n’a plus vraiment d’importance. 2012, 2017 ?
A moins que…
Ce « à moins que » sur lequel je m’attelais mercredi.
Je vous en soumets la lecture, tout en y ajoutant deux commentaires qui me sont venus en découvrant les malodorantes propositions référendaires dudit « personnage » :
1 – Le 22 mars 1988, quand François Mitterrand annonça que « Oui ! », il était candidat à sa propre succession, il justifia, en ces termes, sa décision :
« J’aperçois un risque pour le pays ».
Vingt et quatre années plus tard, ce risque est monstrueusement de retour. Et vous en connaissez parfaitement le nom.
2 – Je ne suis pas sûr que chacun se rende bien compte vers quelle effrayante campagne nous nous dirigeons désormais.
Sur ce, le billet en question est, comme je l’indiquais en liminaire, en lien sous ce noir & blanc.
22:31 Écrit par Philippe Sage dans Il Est Trop Tard | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : front national, lepénisation, france lepénisée, claude guéant, nadine morano, brice hortefeux, christian vanneste, andré valentin, chantal brunel, brigitte barèges, droite populaire, jean-marie le pen, marine le pen, extrême droite française, 28 ans du fn, petites phrases, dérapages, racisme ordinaire, propos de comptoir, qui va se lever ?, référendum sur les chômeurs, référendum sur le droit des étrangers |
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01 mars 2011
Le Remaniement Régalien De M. Sarkozy Formidablement Acclamé Par Tous Les Peuples Arabes En Route Vers La Démocratie Et La Liberté
Et soudain, à Benghazi, Tunis ou Alexandrie, des milliers d’hommes et de femmes, et même des enfants en bas-âge, surgirent de nulle part, criant leur joie, leur reconnaissance et scandant en chœur le nom d’un homme, un seul : Nicolas Sarkozy !
Alors qu’en France, le remaniement régalien d’une envergure « sans précédent » annoncé peu après 20 heures, ce dimanche 27 février de l’an 11 par le Président de la République Irréprochable, Nicolas Sarkozy, n’avait suscité que commentaires désabusés de la part de la classe politique ou sarcasmes venant de la communauté journalistique, dans les pays arabes en « route vers la liberté » ce remaniement était unanimement salué.
« C’est magnifique ! confiait ce tunisien à notre envoyé très spécial, inouï ! Sarkozy, votre président, nous a compris, entendus ! » avant de se jeter dans une foule en délire.
Mêmes scènes de liesse dans la capitale égyptienne, où la Place Tahrir était à nouveau envahie par des dizaines et millions de cairotes extatiques, ainsi qu’à Tobrouk où des régiments de libyens improvisaient une danse bariolée et frénétique ... « C’est vraiment ce que nous attendions, un Longuet, un Juppé, un Guéant ! Qu’Allah bénisse Sarkozy de les avoir nommés ! Ce sont des hommes d’expérience, des right men à la right place ! Plus rien, désormais, ne sera comme avant ! » nous assurait, exalté, cet habitant de Tripoli.
Tout à leur joie, ils n'étaient que fort peu à évoquer Michèle Alliot-Marie ou Brice Hortefeux : « C’est du passé, n’en parlons plus ! Regardons devant ! Et souhaitons bon vent à Madame Marie (sic) qui aura bien à faire à Saint-Jean-de-Luz » pouvait-on entendre.
Même son de cloche concernant l’ancien ministre de l’Intérieur et de l’Immigration, l’auvergnat de souche Brice Hortefeux : « On ne va pas en faire un fromage comme on dit chez vous ! Laissons la justice de votre pays faire son travail ! Cette justice qui a la chance d’être bien plus indépendante que la notre ! » glissait, ébaubi, ce résident de Sousse.
Oui, quel grand paradoxe ! Mais quel contraste avec la morosité et le cynisme français ! Alors que pléthore de commentateurs chevronnés, dont les compétences ne sont plus à démontrer, glosaient à n’en plus pouvoir sur ce remaniement, ne croyant pas une seconde qu’il était la conséquence directe de « l’immense bouleversement » se produisant « de l’autre côté de la Méditerranée » (comme l’avait martelé le Chef de l’Etat) mais plutôt une façon de maquiller, assez grossièrement, voire piteusement, les débarquements de M. Hortefeux et de Mme Alliot-Marie, dans les pays arabes « en route vers la démocratie » on ne boudait pas son plaisir.
« Vous avez l’esprit tordu, nous expliqua cet étudiant tunisien. Vous voyez le mal partout ! Evidemment que ce remaniement est une conséquence directe de ce qui se passe actuellement dans mon pays, ainsi qu’en Libye, en Egypte, cela ne fait aucun doute ! Votre président a pris la juste mesure des évènements … Longuet, Guéant, Juppé, c’est plus qu’une réponse, c’est un espoir formidable ! Cela signifie que votre président nous a entendus ! Enfin, nous allons pouvoir travailler main dans la main ! Et ... si M. Longuet veut des timbres de Tunisie, je serais ravi de lui faire un prix (de gros) ! » ..
Ah ! quel merveilleux peuple ! Que ça doit lui faire chaud dans son cœur, à Nicolas Sarkozy, de constater que quelque part, dans le monde, des gens modestes le comprennent et l’acclament. Ne cherchent pas midi à quatorze heures. Se réjouissent comme il se doit d’un remaniement taillé pour eux, pensé pour eux, afin de mieux les « accompagner », les « aider à réussir » à « ne pas sombrer dans la violence », à ne pas cheminer bêtement (vu qu’ils ne sont pas assez entrés dans l’Histoire néolibérale) « vers des dictatures pires encore que les précédentes » ... et surtout à rester chez eux, même si ça tourne super mal, ne pas migrer en Europe, et tout particulièrement en France, où ils pourraient demander l’asile politique ... Parce que la France, elle peut pas « accueillir toute la misère du monde » … Certes, « elle doit savoir en prendre fidèlement sa part », surtout quand on sait que pendant des décennies entières, elle a fermé les yeux « sur les dictatures précédentes », se foutant alors comme d’une guigne du sort des tunisiens, des égyptiens et des libyens … Mais … mais oublions le passé ! n’est-ce pas ... ces heures sombres de notre Histoire ! Remisons par devers nous notre chafouinitude légendaire, et reconnaissons, au regard de la liesse incommensurable qu’a saisi « les peuples arabes », suite à l’annonce du remaniement régalien de M. Sarkozy, que nous sommes des pleutres, des jamais-contents, des cyniques et des gros méchants, bref, que nous nous sommes plantés, sans doute par antisarkozysme maladif ; oui, reconnaissons que ce remaniement est une bénédiction pour ces opprimés se libérant, parce que, voyez-vous, si ça n’était pas le cas, ils ne manifesteraient pas aussi bruyamment leur allégresse et leur reconnaissance à l’endroit, comme à l’envers, de Nicolas Sarkozy.
« Nul n’est prophète dans son pays ! » aimerait conclure ce libyen qui prête à rire (et non Tharir, vu que c'est pas son périmètre).
« Sans doute ... Mais toi, tu restes dans le tien ! ... T’avise surtout pas de traverser la Méditerranée, mon pote ! ... Quoi qu’il arrive ! ... Même le pire ! .. Mais t’inquiète, on t’envoie derechef quelques militaires made in OTAN et deux trois médicaments génériques pour panser tes futures blessures ».
Vive la République, vive la France, et … la Révolution, tant qu’elle passe pas la Méditerranée. Il va de soi.
15:08 Écrit par Philippe Sage dans Amusons-Nous ! | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : remaniement, allocution de nicolas sarkozy, pays arabes, michèle alliot-marie, brice hortefeux, claude guéant, alain juppé, la joie du peuple arabe, le peuple arabe acclame sarkozy, fake, faux reportage, troisième degré, humour |
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14 septembre 2010
Campement Licite
Il y a des campements illicites et … d’autres qui ne le sont pas.
Ainsi, le 10 décembre 2007, jour anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, le grand démocrate Mouammar Kadhafi installait, pour quelques poignées de jours, son campement en plein Paris, dans les somptueux jardins de l’Hôtel Marigny (ainsi que vous pouvez le constater, ébau-
bis, sur la photo sous-jointe) avec l’aval de sa majesté Sarkozy et de ses valets gouvernementaux tels Hortefeux, Besson ou le truculent Kouchner qui, dit-on, à l’époque, aurait eu la louable intention de
« faillir » démissionner si et seulement si Rama Yade avait osé le faire avant de se raviser et noyer son chagrin dans le Rom .. Rhum.
Il faut nonobstant concéder qu’un campement libyen a quand même plus de gueule qu’un campement de barbares du voyage, et qu’en outre, il ravit les riverains bling-bling du 8ème arrondissement parisien
particulièrement friands d’exotisme à condition, bien entendu, que celui-ci ne dépassât point la semaine.
10:46 Écrit par Philippe Sage dans Amusons-Nous !, Le Choc Des Photos | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : circulaire du 13 septembre, circulaire du 5 août, démantèlement de camps, campements illicites, mouammar kadhafi, hôtel marigny, brice hortefeux, eric besson, bernard kouchner, rama yade, 10 décembre 2007, racisme d'état, discrimination |
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01 septembre 2010
Août Sécuritaire En 140 Caractères
« J’avoue/J’en ai/Bavé/Pas vous/Mon amour »
Va savoir pourquoi, j’ai c’te strophe du Gainsbourg dans le cassis. Putain de mois d’août ! C’qu’on en a bavé ! Sans amour … Ah c’que ça a cogné, désigné, expulsé, tant et tant que, me semble-t-il « De l’été c’est la fin/Les fleurs ont perdu leurs parfums » et la France son a-Rom ..
J’avoue, j’ai pas eu le cœur à … Souvent, je fis banquette, regardant pendant des heures entières, hébété, le vent caresser ou fouetter les feuillages, ceusses qui peuplent cette fenêtre, au premier, ma tanière. J’aurais bien fait la grève, de quoi, je ne sais pas, de tout ; m’extraire tant le dégoût me submergeait … Sale temps ! Et peu nous chaut, visiblement, qu’à des années d’ici, ils se traînent et meurent, au Pakistan. T’es pas bien né, faut croire, le pakistanais, t’aurais dû te faire haïtien en loucedé ou touriste friqué, indonésien, là, tu l’aurais eu ton pognon, ta médecine, de quoi survivre jusqu’au prochain carnage maritime.
Eté moisi jusqu’au trognon, chasse aux Roms, à l’étranger, déchu de sa nationalité, taïaut, taïaut, ça y fait la Une des journaux, sans plus que ça révulser le populo ; quant aux jeunots, balle-peau ! Jeunesse de merde, va ! Qu’est-ce que tu fous, où t’es ? Ah bordel à chien, je connus d’autres temps où ladite jeunesse t’aurait investi la rue en moins de deux et pour moins que ça ! Mais je l’ai dit et le redis : nous ne sommes plus rien, pas même des français … Que faire avec ce merdier ? En rire devient presque déplorable. Et pourtant … Le rire, vois-tu, cette cicatrice, rend la vie plus supportable. Ça vous y met une grimace, triste, sur votre discours haineux, sécuritaire, celui avec lequel vous faites front (national) et promettez, demain, de nouveaux boucs-émissaires.
Or donc, les voici, les grimaces, celles d’août. Les bavantes. Que des tâches sur notre drapeau. Et quelques babioles ..
16:48 Écrit par Philippe Sage dans Entracte | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : roms, déchéance de nationalité, brice hortefeux, dominique de villepin, français ou voyou, trésorier de l'ump, pacte delanoë chirac, bst, l'auvergnat quitte l'ump, andré vingt-trois, stigmatisation, racisme d'état, expulsions de roms |
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25 juin 2010
Sarkozy (Enfin) Plébiscité Par Le Peuple Français
Voilà un sondage qui devrait redonner du baume au cœur au chef de l’Etat, d’autant plus en cette période morose où l’Equipe de France désole et encolère nos concitoyens, le chômage va galopant, les scandales pullulant sans qu'on sache à qui ça profite, et où triomphent les manifestants de tout poil.
Selon un sondage H1N1 réalisé pour le quinzomadaire à géométrie variable Qu’il est bon de rire parfois quand toute l’économie d’un pays est grippée, à la question :
“Selon vous, quel est l’humoriste politique le plus insolent actuellement en France ?”
Les français ont placé M. Sarkozy en tête des huit personnalités proposées.
Avec 31% des voix (score identique à celui qu’il obtint lors du premier tour de la présidentielle 2007) Nicolas Sarkozy devance très largement Brice Hortefeux (19%) et Manuel Valls (15%).
Les français ont certes apprécié les boutades du Ministre de l’Intérieur (“Quand il y en a un ça va, c’est quand il y en a plusieurs qu’il y a des problèmes”) ou du trublion du Parti Socialiste (« Belle image de la ville d'Evry… Tu me mets quelques blancs, quelques whites, quelques blancos… ») mais pour la plupart des sondés, rien ne dépasse les “Je n’ai pas été élu pour augmenter les impôts”, “Je serai le président du pouvoir d’achat”, “Au nom de quoi récupérer les électeurs du Front National, c’est mal ?”, “Casse-toi, pov’con !” ou encore le fameux “La France, on l’aime ou on la quitte” de M. Sarkozy.
Derrière ce trio, on trouve ensuite Patrick Balkany pour l’”ensemble de son œuvre” (avec seulement – et c’est une surprise – 10% des voix) Jean-François Copé (notamment pour cette déclaration qui a beaucoup plu : “Moi vivant, il n’y aura pas d'augmentation de la redevance” et son combat acharné contre la Burqa) qui fédère, sur son seul nom, 9% des français (de bon augure pour 2017, l'objectif de M. Copé).
Ferment la marche, le ministre de l’Immigration, Eric Besson (7% – une vraie déception au regard du travail accompli par ce brillant "collaborateur") et deux humoristes particulièrement caustiques et sans concessions de la station de service public, France Inter : Philippe Val (5%) et Jean-Luc Hees (4%). Ces deux derniers (c’est le cas de le dire, puisqu’ils le sont dans ce classement – ô insolence, quand tu me tiens !) boutant hors du classement (réalisé l’an dernier à la même époque troublée) l’imitateur Laurent Gerra et le sénateur Charles Pasqua.
Un sondage qui a le mérite de remettre “les pendules à leur place” (comme dirait joyeusement un autre humoriste proche du pouvoir, j’ai cité : Johnny Hallyday) puisqu’on ne trouve aucune trace de Didier Porte ou de Stéphane Guillon.
On comprend dès lors leur éviction.
En effet, ils n’auront su s’adapter à cette “nouvelle insolence” qui fait fureur dans notre pays, une insolence qui, si elle conduit, parfois, au tribunal, n’en reste pas moins unanimement plébiscitée par nos compatriotes.
De fait, Hees & Val, en remerciant les deux “pseudo” humoristes devenus plus "tyrans" que drôles tellement ils se sont “coupés des réalités du rire d’aujourd’hui” n’auront, en définitive, fait que contenter (et répondre aux attentes de) leur auditorat, qui, faut-il le rappeler, est le premier actionnaire des radios de service public.
Reste à savoir si M. Sarkozy, nouveau champion de l’insolence en politique, serait prêt à assurer chaque matin, à 7h55 et sur France Inter, une chronique humoristique.
Le Parti Socialiste par la voix de son porte-parole, Benoît Hamon, a immédiatement réagi à cette éventualité, arguant du fait qu’il y aurait là “conflit d’intérêts, étant donné que le Président de la République est le principal actionnaire de la chaîne de service public”.
Ce à quoi, Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP, a rétorqué qu’il fallait “renvoyer les socialistes d’où ils venaient, soit au pays des Tristus”. Puis il a ajouté : “Ca tombe bien, ça rime avec Fabius”.
Voilà qui devrait sans doute permettre au sémillant Lefebvre d’intégrer ce classement des “humoristes politiques les plus insolents de France” la saison prochaine.
NB : Ce sondage réalisé auprès d’un échantillon de 1001 personnes pas tellement représentatives de la population a été effectué avant que le chef de l’Etat annonce la fin de la “Garden Party” et qu’un membre de son service d’ordre ne gifle un journaliste de France 3.
17:08 Écrit par Philippe Sage dans Amusons-Nous ! | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, brice hortefeux, patrick balkany, jean-luc hees, philippe val, humoriste politique, l'insolence en politique, didier porte, stéphane guillon, fake, parodie, amusons-nous |
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26 avril 2010
Pour La Déchéance Des Droits Civiques Du Sieur Hortefeux
Or donc, le ministre de l’Intérieur, de l’Outre-Mer et des Collectivités territoriales, le dénommé Brice Hortefeux, par une lettre envoyée à M. Besson, ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire, demande à ce que L.H., 35 ans, compagnon de la fameuse “conductrice en niqab” soit déchu de sa nationalité française acquise en 1999.
Pour quelles raisons ?
On ne sait pas.
Et d’autant moins quand on lit la “lettre” du ministre dont voici un extrait :
“Selon les informations dont je dispose, cet individu appartiendrait à la mouvance radicale du tabligh et vivrait en situation de polygamie, avec quatre femmes dont il aurait douze enfants. Au demeurant, chacune de ces femmes bénéficierait de l’allocation de parent isolé.”
Vous noterez que les faits reprochés sont tous au conditionnel :
“appartiendrait”, “vivrait” “aurait”, “bénéficierait”.
Or donc, rien n’est avéré.
C’est ce que confirme, en outre, le procureur de la République de Nantes.
Nonobstant, M. Eolas dans son billet du dimanche 25 avril 2010, démontre et de fort belle manière que de polygamie, y’a pas. Tant il est difficile “d’être bigame” en France.
Pour qui s’est déjà marié, ce qui est mon cas, je peux vous assurer que les formalités à remplir sont telles, qu'il est impossible de l’être deux fois. Alors quatre, vous pensez !
Quant aux autres raisons avancées (appartenance à un mouvement, fraude aux aides sociales) par M. Hortefeux, là encore M. Eolas, par un rappel de la loi, stricte et précise, nous indique qu’aucune n’entre dans les conditions de l’article 25-1 du code civil.
Alors c’est quoi ce pastis ?
Eh bien alors, c’est du flan. De la comm’. Un clin d’œil grossier aux électeurs du Front National qu’ont déserté le camp sarkozyste dès les européennes 2009, et plus encore lors des dernières régionales. C’est l’incompétence d’un représentant de l’Etat, un coup politique pathétique, vulgaire, ridicule.
Oh, il n’est pas le seul, à se vautrer dans l’indigne, messire Hortefeux ! Frédéric Lefebvre, qui n’en rate jamais une, ne s’embarrasse guère de la présomption d’innocence (pas mal pour un membre récent du barreau) en déclarant :
"La déchéance de la nationalité est une étape essentielle avant l'expulsion de cet individu, extrémiste, qui bafoue les droits des femmes sur notre sol et arnaque notre système social”.
Définitivement, monsieur Lefebvre est une insulte à la République, une honte majuscule !
Mais comment est-il possible qu’un tel homme ait, dans une démocratie, de telles responsabilités ? Combien de temps, encore, va-t-on accepter d’entendre des politiques “bafouer” (pour le coup, là, c’est un fait) les droits les plus essentiels sur la place publique ? Proférer des ignominies, voire des saloperies caractérisées ?
C’est donc ça, la France ?
Et ça viendrait, par dessus le marché, nous donner des leçons de civisme, de droits et de devoirs ?
Ceci étant, rappel pour rappel, en voici un autre. Et bien gratiné.
En juin 2009, M. Hortefeux (alors ministre du Travail) était candidat aux élections européennes sur la liste UMP Massif Central.
En troisième position.
Pourquoi n°3 et pas tête de liste ?
Vous allez voir, c’est croustillant.
Il l’a même carrément avoué sur Europe 1, le mardi 9 juin 2009 :
«Si j'avais voulu exercer des responsabilités au Parlement (européen), j'aurais été candidat tête de liste»
Et pourquoi cet aveu abracadabrantesque ?
Parce que voyez-vous, il a été élu, le malheureux. Par le peuple. Souverain.
Seulement voilà, ça ne l’arrange pas. Ça le contrarie, ce pauvre homme. Lui, il tient à rester au gouvernement, voyez ! Y’a un poste (tant convoité et espéré) de ministre de l’Intérieur au bout ..
Or, parmi les engagements pris par l’UMP devant les électeurs lors de cette élection, il y en avait un qui disait ceci :
Les candidats de la Majorité Présidentielle s’engagent à être présents au Parlement européen à Strasbourg et à Bruxelles. Ils s’engagent aussi à être présents dans leur région où ils tiendront des permanences régulières.
Non seulement Hortefeux s’y assoit copieusement dessus, mais en outre, il s’assoit sur le vote citoyen. La démocratie, en l’occurrence. Et là, on n’est plus au conditionnel. C’est un fait.
Or donc, voilà un homme, un haut représentant de la Nation, un de ceusses qui doit montrer l’exemple, d’autant plus dans une “démocratie irréprochable’, qui accepte de participer à une élection, mais … juste pour faire “joli”. C’est dire sa conception de la démocratie. Détestable. Qui relève du calcul. De la politique bassement politicienne. C’est dire le dégoût qu’il peut inspirer. Tant son mépris est grand.
Et c’est le même qui, et toujours au mépris de toutes lois, de toute justice, de toutes règles, réclame une déchéance de nationalité ?!?
Dis, M. Hortefeux, vous ne vous foutriez pas un tantinet de nos petites gueules, par hasard ?
Et si, nos petites gueules, rapport à votre attitude aux dernières européennes, réclamaient la déchéance de vos droits civiques, une inéligibilité que j’estime, moi, plus qu’amplement méritée ?
16:31 Écrit par Philippe Sage dans Je M'Excuse Mais Merde ! | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : déchéance de nationalité, brice hortefeux, conductrice en niqab, polygamie, eric besson, frédéric lefebvre, hortefeux refuse de siéger au parlement, foutage de gueule, on nous prend pour des cons, déchéance des droits civiques |
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24 décembre 2009
Aphorismes Et Périls – Tweets 2009
16:15 Écrit par Philippe Sage dans Entracte | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mur de berlin, h1n1, michael jackson, thierry henry, jean et nicolas sarkozy, ségolène royal, jean-louis borloo, benoît xvi, raymond domenech, afghanistan, grenelle, brice hortefeux, twitter |
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24 juin 2009
Fillon IV
Depuis mardi soir, “Fillon IV” est une réalité.
Le pitch est d’une simplicité sans nom : un homme (Nicolas Sarkozy) et son équipe ont pour mission de passer au Napalm les retraites, la sécurité sociale, et les derniers acquis sociaux d’un peuple condamné au chômage.
Ils devront également préparer le terrain dit des “Régionales”, en prévoyance de l’échéance connue sous le nom de code "2012 Now !” en jouant sur la peur, le fantasme des bandes sur-armées menaçant la République monarchique, en éradiquant les dernières poches de molle résistance offertes par une ridicule poignée de présumés socialistes et un ou trois centristes, et en privilégiant, enfin, sans qu’ils s’en doutent mais à desseins, les bolchéviques du NPA, les ultra-nationalistes du FN, et le reliquat écologique prétendu victorieux de juin 2009.
Le scénario est signé Nicolas Sarkozy. D’après nos sources, il est daté du 22 avril 2002.
Les dialogues sont d’Henri Guaino et de Claude Guéant. Avec l’aimable participation de M. Brice Hortefeux et la contribution désintéressée de M. Eric Besson.
La musique n’est pas de Richard Wagner, mais de Didier Barbelivien [*].
L’affiche de cette apocalypse des droits sociaux est la suivante :
![]()
Bonne chance !
Vous en aurez besoin …
[*] “Quand j’entends du Barbelivien, j’ai envie d’envahir l’Élysée.” [Bernard-Henri Allen]
PS : Sinon, au cinéma, mercredi 1er juillet, sort : "L'âge De Glace 3" ...
00:35 Écrit par Philippe Sage dans Amusons-Nous !, Tchi-Tcha ! | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : fillon iv, apocalypse now, nicolas sarkozy, henri guaino, brice hortefeux, claude guéant, eric besson, didier barbelivien |
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23 mai 2009
Ministère De L'Education Et De La Répression Nationale
![]()
Nous sommes le vendredi 15 mai 2009. A Fenouillet. Une petite bourgade tranquille située au nord de Toulouse.
Le temps est inhabituellement gris pour la saison …
[ … Oui, à ce stade de la narration, je dois te préciser un truc super important : le texte de ce billet est à la mode “Christophe Hondelatte” … ]
… Mais il est en rien responsable, ce temps gris, maussade, du drame qui va se jouer, dans quelques instants, au sein même d’une classe de cinquième. Une classe tout aussi tranquille que cette cité de Haute-Garonne.
Une classe de cinquième du collège François-Mitterrand.
La veille, le jeudi 14 mai 2009, un élève de 13 ans, un élève jusqu’ici sans histoire, que l’on dit timide, un peu réservé, tout aussi tranquille que cette ville tranquille du Sud-Ouest, a été sanctionné par sa professeure de mathématiques.
Une heure de colle.
Un devoir qu’il n’aurait pas rendu.
Qui ?
Qui aurait pu soupçonner, se douter un seul instant, une seule seconde, que le lendemain, le vendredi 15 mai 2009, cet enfant de 13 ans viendrait à commettre l’irréparable : poignarder avec un couteau de cuisine celle qui la veille l’avait sanctionné pour un devoir non rendu ?
- Xavier Darcos, vous étiez, à l’époque, Ministre de l’Éducation Nationale !
- Absolument !
- Vous souvenez-vous quelle a été votre réaction lorsque vous fûtes informé du geste de ce gosse ?
- Fûtes ?
- Oui … Du verbe être … Je fus, tu fus, il fut, nous fûmes, vous fûtes …
- Ah .. Très bien .. Eh bien, je .. Comment dites-vous déjà ?
- Fus ..
- […] .. Eh bien je fus embêté … Comment expliquer le geste de cet enfant ?
- Et vous l’expliquâtes comment ?
- Si vous me le permettez, Monsieur Hondelatte, j’aimerais, avant de répondre à votre question, replacer les choses dans leur contexte. En 2009, nous avons dû, avec courage et détermination, affronter une nouvelle forme de délinquance. Celle des cages d’escalier, celle des caïds entraînant des bandes, des gangs même, à caillasser et sans vergogne les véhicules des forces de l’ordre, allant même jusqu’à leur tirer dessus avec, vous vous souvenez, des armes lourdes, des armes de guerre, et puis, celle qui, jusqu’ici, stationnait à la sortie de nos écoles, avant de s’y introduire, comme ce vendredi 15 mai, un couteau de cuisine à la main. A partir de là, Monsieur Hondelatte, il n’était plus question d’expliquer, mais d’agir.
- Et vous agissez en instaurant, dans un premier temps, à l’entrée de tous les collèges et lycées de France, des portiques de détection de métaux !
- Absolument.
- Pourtant, malgré cet ingénieux système, la violence - pardonnez ce mauvais jeu de mots - redouble. Comment l’expliquez-vous ?
- Encore une fois, Monsieur Hondelatte, permettez-moi de replacer les choses dans leur contexte. Nous avons, et vous vous en souvenez, dû batailler contre ce que j’appelle les archaïsmes corporatistes de certains syndicats d’enseignants minoritaires.
- Et majoritairement à gauche !
- Bien entendu ! Ils se sont opposés à l’installation de ces portiques, et parfois violemment, une violence que nous avons unanimement condamnée à l’époque, une opposition qui, d’autre part, n’avait aucun sens car, et vous vous en souvenez, d’après un sondage OpinionWay publié par Le Figaro, 99% des français étaient favorables à l’installation de ces portiques.
- Le fait est, Monsieur Darcos, que ces portiques n’arriveront pas à endiguer la violence. Au contraire ! C’est alors que vous proposez, en collaboration avec Monsieur Estrosi, tout frais ministre de l’Intérieur [1] d’installer, au sein de nos collèges et lycées, non pas un policier référent, mais une brigade toute entière.
- Oui. Je voudrais, si vous me le permettez, saluer au passage le courage et la détermination de Monsieur Estrosi, avec lequel, je tiens à le dire, j’ai travaillé la main dans la main. Et dans un seul souci : assurer la protection de nos enfants.
- Vous fîtes même plus que travailler la main dans la main, Monsieur Darcos, puisque vos ministères fusionnèrent pour donner naissance à celui, unique, de l’Éducation Nationale de L’Intérieur. Pourtant, là encore, c’est un échec, et la violence en milieu scolaire passe du double au triple. Comment l’expliquez-vous ?
- Avant toute chose, Monsieur Hondelatte, je tenais à dire que, je ..
- [ Fus ]
- .. Que je fus, très marqué par cet échec. Profondément meurtri par ce drame qui, vous vous en souvenez, a bouleversé la France entière. Ce drame épouvantable et – comment dire ? – inexplicable !
- Vous faites allusion à cette tuerie, terrible tuerie du 6 mai, dans cet établissement scolaire et jusqu’ici tranquille des Hauts-de-Seine, le collège Nicolas Sarkozy ?
- Oui. Nous avons tous été TRÈS profondément secoués par ce .. Ce drame. Mais comment l’expliquer ?
Comment l’expliquer ?
Eh bien, telle est la question qui hante tous les esprits. Une question qui reste, au jour d’aujourd’hui, sans réponse.
Mais, peut-être, que le nouveau Ministre de L’Éducation Nationale de L’Intérieur, des Maisons de Correction, des Prisons pour Mineurs et des Tests ADN pour Nourrissons, saura, quant à lui, la trouver.
C’est du moins tout le moindre mal que nous souhaitons à Monsieur Éric Besson, qui hier encore, déclarait qu’il mettrait tout en œuvre, et même au-delà, pour lutter contre ce qu’il nomme l’ultra-violence à l’école.
[ … Christophe Hondelatte s’éloigne dans la nuit noire, puis, inexplicablement, se retourne ..]
Quant à ce collège tranquille de Fenouillet, il fut débaptisé en mars 2010.
Il se nomme désormais : Centre de Rééducation Fermé Brice-Hortefeux.
Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour un nouveau numéro de : “Faites Entrer l’Inexplicable !”
Nous tenterons d’expliquer, puisque telle est notre vocation, et dans la plus grande indépendance d’esprit, pourquoi après quatorze années de Sarkozysme, cette ultra-violence qui ravage notre pays [2] est, bien évidemment, la conséquence directe de vingt années de socialisme, vingt années de laxisme en matière de sécurité, vingt années que nous n’avons pas fini de payer.
Bonsoir !
[1] Parce qu'elle ne cautionnait pas les propositions de Xavier Darcos, Michèle Alliot-Marie démissionna et fut remplacée par Christian Estrosi au poste de Ministre de l'Intérieur ; Christian Estrosi qui, dès la rentrée 2009/2010, fit installer des portiques de détection de métaux dans les établissements scolaires dits sensibles et créa parallèlement des Unités Spéciales de Police chargées de réprimer la violence en milieu scolaire.
[2] “Mes chers compatriotes, je veux vous le dire ce soir : la France sortira plus forte de cette violence qu’elle n’y est entrée. Cette violence, inacceptable, qui ronge nos écoles, nos collèges et nos lycées ! Mais je veux dire, aussi, que la France résiste mieux à la violence que nos voisins ! Et pourquoi ? Parce que nous n’avons pas commis d’erreur ! Parce que nous n’avons pas cédé à l’immobilisme ! A la pensée unique ! Parce que nous avons toujours eu le souci d’agir immédiatement pour le bien de vos enfants ! Qu’aurait-on dit de moi, si je n’avais rien fait, si, comme je l’entends ici et là, mais pas besoin de vous faire un dessin, vous savez de qui ça vient, toujours les mêmes, si j’avais perdu mon temps, et le vôtre, à chercher une explication à cette violence ! Si je l’avais fait, que croyez-vous qu’il se serait passé ? Eh bien j’vais vous le dire ! La violence n’aurait pas redoublé, mais quadruplé ! La culture de l’excuse, c’n’est pas ma religion. J’n’ai pas été élu pour rester les bras ballants, à rien faire, comme certains de mes prédécesseurs. J’ai été élu pour agir.
Mes chers compatriotes, les tests de dépistage de la délinquance que nous mettrons en œuvre dès le mois de février prochain, dans nos maternelles, mais aussi dans nos crèches, nous permettront de lutter efficacement contre l’ultra-violence. D’y mettre un terme dans les plus brefs délais. J’en prends ce soir, ici même, et devant vous, l’engagement. Je ne vous abandonnerai pas. Vive la République ! Vive La France !”
[Vœux de Nicolas Sarkozy, Président de la République, du Parlement et de France Télévisions – Samedi 31 décembre 2011, 20h00]
14:00 Écrit par Philippe Sage dans Anticipation | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : installation de portiques de détection de métaux, policier référent dans les écoles, un élève de 13 ans poignarde sa prof de maths, tests de dépistage de la délinquance, xavier daros, eric besson, christian estrosi, brice hortefeux, nicolas sarkozy |
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27 avril 2009
Quand Je Te Disais Que Le Risque Révolutionnaire N’Existe Pas
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Que n’ai-je entendu à propos du billet précédent ! Qu’il était épouvantablement pessimiste [*] que diantre, ça passerait mieux avec de la vaseline .. de l’humour, que les révolutions sont toujours le fait d’une avant-garde pas celui du “plus grand nombre” [oui da, mais depuis y’a cette salope de télévision propagandiste qu’a tissé sa toile et ses paraboles dans chaque foyer fiscal et te ventile façon puzzle toute avant-garde pré-naissante digne de ce nom ou t’en présente des proprettes que le moucheron-citoyen gobe à tire-larigot] que je file un mauvais coton, que jadis j’étais bien plus rigolo et que tiens, j’dis ça, j’dis rien, mais pour te refaire la cerise, pourquoi que t’irais pas voir le dernier spectacle de Franck Dubosc …
Alors que les choses soient bien claires amigo : moi, j’veux bien déconner tout ce qui s’en suit, même pérorer que la révolution, mais oui mon colon, bien sûr que c’est possible, que tu vas voir c’que tu vas voir, les saligauds y vont en bouffer de notre colère, et sus aux agences immobilières, haro sur le banquier, t’are ta gueule, et pas qu’à la récré, messieurs Total, Continental et L’Oréal, ouais, moi j’veux bien, sauf qu'y a comme un os dont je vais de ce pas te dégrossir la couenne.
Or donc, il fut traité par ici de cette émission de propagande gouvernementale qu’est le “A Vous De Juger” de Mâhâme Chabot.
Lors de cet immense foutage de gueule, un très vieux monsieur sous assistance respiratoire de type sarkozyste et nommé Hortefeux nous expliqua qu’il ne serait pas très raisonnable d’y faire une grève générale, fut-elle limitée à 24 heures.
Et pourquoi donc disait-il cela, la personne âgée ?
Eh bien parce que dans la première partie de ladite émission de propagande, un responsable d’une centrale syndicale que manifestement Mâhâme Chabot prenait pour un “zozo”, prévint que si le gouvernement restait sourd (et à la fois inébranlable) aux revendications exprimées par le peuple souffreteux qui, par millions, s’apprêtait à fouler le pavé du 1er mai, alors il proposait, notre syndicaliste, que le pays observe une grève générale (public-privé) d’une durée de 24 heures.
En l’occurrence cette proposition (qui à titre personnel me ravissait à un point que tu peux imaginer) émanait de Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière.
Et ce soir-là, ses deux compères, Bernard Thibault (CGT) et François Chérèque (CFDT) n’émettaient pas la moindre objection. Ils ne le pouvaient de toutes les façons pas, car il était bien entendu qu’il était hors de question d’apparaître divisé aux yeux des téléspectateurs, auquel cas, ils donnaient des points ça comme au grand patronat “délocalisateur” et "licencieur".
Or voici qu’aujourd’hui, l’un d’entre eux - mais tu n'vas pas être surpris, c’est toujours le même ! - François Chérèque de la triste CFDT nous déclare qu’il n’en est pas question, que ça va pas non Jean-Claude, que cet appel à la grève ne réglera pas les problèmes.
Tiens donc !
Cette petite musique m’en rappelle une autre. Celle de M’sieur Hortefeux, par exemple. Qui jeudi dernier dans “A Vous de Juger” avait quant à lui déclaré qu’une grève générale cela ne résout rien.
T’avoueras quand même, que de voir Chérèque et Hortefeux sur la même ligne, ça fout considérablement les boules de compétition.
Comme tu pourrais tout aussi bien me dire que Chérèque on s’en tape copieux le coquillard, qu’il a pas une gueule d’avant-garde mais de jaune congénital, que c’est pas lui qui va nous empêcher de nous y foutre en grève générale, voire plus si affinités.
Peut-être.
Mais il n’en reste pas moins que le front syndical a déjà du plomb dans l’aile avant même le grand raout du 1er mai, et que ça, c’est tout bénef pour le MEDEF et ses amis haut perchés, y compris ceusses de notre gouvernement.
Bref que le risque révolutionnaire qu’évoquait – et c’est ça qu’est super drôle – non pas un dangereux gauchiste-de-sa-mère mais un notable à particule, vient de se prendre un vilain pruneau dans le dos, si ce n’est dans ses plus nobles fondements.
Alors tu peux bien dire et regretter que ces derniers temps je sombre dans un pessimisme de fort mauvais aloi et qu’il serait bienvenu de reprendre ce petit ton badin qu’était jadis le mien, tu vois bien que le temps ne s’y prête guère, et qu’il convient de rester sacrément vigilant sinon, c’est sans vaseline que, dans ton cul, les mécréants vont te dessiner un avenir qui sentira moins la rose que le fumier.
[*] “Un pessimiste c’est celui qui attend la pluie ; moi, je suis déjà mouillé.” [Léonard Cohen]
18:29 Écrit par Philippe Sage dans Je M'Excuse Mais Merde ! | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : une grève générale ne résout rien, françois chérèque brise le front syndical, brice hortefeux, arlette chabot, le risque révolutionnaire n'existe pas, grève générale de 24 heures |
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