La une des lecteursTous les blogsles top listes
Envoyer ce blog à un amiAvertir le modérateur

28 mai 2010

[Rions Avec Les] Retraites : Il Va Falloir Vivre Moins Longtemps

Ils avaient le sourire, hier après-midi, sur le perron de l’Elysée, Bernard Thibault et François Chérèque. Cependant, ils se refusaient à prononcer le mot de “victoire”, même si, pour le secrétaire général de la CGT, il y a “incontestablement, des avancées” et qu’un “premier pas a été fait”. Nonobstant, c’est un tournant important dans les concertations sur le dossier des retraites, pierre angulaire du quinquennat de M. Sarkozy, et surtout, une issue pour le moins inattendue ; reste que, pour les salariés le “prix risque d’être lourd à payer” concédait pour sa part le secrétaire général de la CFDT.

Une Etroite Collaboration.jpgC’est donc jeudi, suite au succès de la journée d’action interprofessionnelle, que tout s’est joué. Le ministre du Travail, Eric Woerth, convoquait les partenaires sociaux où “tout a été mis sur la table” et, précise-t-il, “sans tabou”. Une réunion de travail qualifiée de “cordiale” et de “constructive” par les syndicats, au sortir de laquelle, il fut acté qu’on ne toucherait pas "au “dogme” de la retraite à 60 ans.

Nous avons toujours dit, explique M. Woerth, qu’à un problème démographiquel’allongement de l’espérance de vieconvenait une réponse démographique. Nous n’avons pas changé de position. Simplement, nous avons entendu les français. Ils ne souhaitent pas un report de l’âge légal de la retraite. Il nous fallait donc trouver une autre solution, de type démographique, et nous l’avons trouvée”.
Ce sera donc un abaissement progressif de l’espérance de vie des français.
Une mesure choc, sans précédent, dont les modalités restent à définir.
Il faut notamment, déclarait Bernard Thibault, mettre en place la reconnaissance de la pénibilité. On ne peut pas, en effet, baisser de la même façon l’espérance de vie d’un cadre ou d’un ouvrier !

”La baisse de l’espérance de vie de nos compatriotes était inévitable”

Les concertations ne sont pas terminées” confirmait Arnaud Robinet, secrétaire d’Etat national de l’UMP chargé du dossier des retraites. “Rien n’est tranché” ajoutait-il. Précisant qu’”aucune décision n’avait été prise sur le niveau auquel serait abaissé l’espérance de vie des français” même si, déjà, on évoque une baisse de deux ans à compter du 1er janvier 2011, et de 5 à l’horizon 2020.

La baisse de l’espérance de vie de nos compatriotes était inévitable” a pour sa part martelé Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP. Quant à ceux qui dénoncent un recul du gouvernement, M. Bertrand rappelle que celui-ci s’est “engagé, depuis le début, à discuter sans tabou, avec les partenaires sociaux. A quoi aurait servi la concertation, si le gouvernement avait annoncé d’emblée ses choix ? A-t-il demandé. Il n’y a donc pas de recul, il y a simplement un gouvernement à l’écoute des français qui sait prendre ses responsabilités”.

Du côté du Parti Socialiste, M. Strauss-Kahn a été le premier à réagir. Depuis le siège du FMI, il a réitéré ses propos tenus, le 21 mai dernier sur le plateau de l’émission “A Vous De Juger” (France 2) :
Comme je l’avais dit ce soir-là, dès lors qu’on arrive à vivre cent ans, si on veut continuer à avoir la retraite à 60 ans, il faut bien trouver des ajustements. Baisser l’espérance de vie faisait effectivement partie de ces ajustements.” Ajoutant, au passage, qu’il se "félicitait que M. Sarkozy n’ait finalement pas touché à cette grande avancée sociale (la retraite à 60 ans – N.D.L.R.) qu’avait, en son temps, décidé le président Mitterrand.
En revanche, Martine Aubry a tiré à boulets rouges sur le gouvernement, dénonçant “une mesure injuste” et promettant “de rétablir l’espérance de vie des français en 2012, si les socialistes revenaient au pouvoir”. Quant au porte-parole du PS, Benoît Hamon, il a estimé que “les masques étaient tombés” fustigeant l’attitude ”irresponsable” des syndicats, allant même jusqu’à parler de “trahison”. “Qui nous fera croire, qu’il y a là une quelconque justice sociale ? Déclarait M. Hamon. Qui nous fera croire que baisser l’espérance de vie des salariés est une mesure équitable ? Et qui nous fera croire que les cadres et les ouvriers seront égaux devant l’abaissement de l’espérance de vie ?”.

Si les syndicats, CGT et CFDT en tête, ont regretté l'attitude affichée par M. Hamon et Mme Aubry, insistant sur le fait que "le point essentiel était de conserver la retraite à 60 ans et que ce point-là était obtenu", Frédéric Lefebvre, porte-parole de L’UMP, a immédiatement dénoncé l’”archaïsme, le sectarisme et l’irresponsabilité du Parti Socialiste” osant même dire que “pour être tranquille, je me demande si nous ne devrions pas d’emblée, abaisser drastiquement l’espérance de vie de certains dirigeants socialistes” [*]

Reste que cet abaissement de l’espérance de vie des français doit être validé par le Conseil Constitutionnel. Mais celui-ci ayant retoqué quelques lois précédentes, ou réclamé quelques modifications (HADOPI, Burqa ...) il est possible qu’il se montre plus conciliant sur ce dossier qui “engage l’avenir de nos enfants et la pérennité de nos régimes de retraites” (source anonyme)

On attend désormais la réaction de la blogosphère, qui, déjà, se tourne vers Maître Eolas, afin de savoir si cet abaissement de l’espérance de vie des français est compatible avec la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.


[*] D’après le Canard Enchaîné à paraître mercredi prochain, Nicolas Sarkozy aurait fait part de son agacement suite à la déclaration du porte-parole de l’UMP : “Ce Frédéric Lefebvre, la prochaine fois, que je le croise, c’est pas un “casse-toi pauvre con !” ou un “fais pas le malin !” que j’vais lui dire, mais : va mourir !” aurait-il confié à l’un de ses proches collaborateurs.

24 avril 2009

Que Savez-Vous De La Souffrance, Arlette Chabot ?

C’est en regardant “A Vous De Juger” hier soir sur France 2, que subitement j’eus envie de séquestrer quelqu’un.

Tellement c’était insupportable.


Une Emission De Sévices Publics

Deux sujets y étaient traités. :

- Le second “Sarkozy, Deux Ans Après” était, comme son titre l’indique, grotesque. C’est le genre de thème qui n’intéresse que le microcosme journalistique. Mais nous, vulgairement, on s’en branle.

- Le premier était en revanche - sur le papier - fort intéressant, puisqu’il était censé aborder le “où en est le dialogue social ?” à une semaine des cortèges de la Fête du Travail, dresser un état des lieux des propositions gouvernementales et syndicales alors que ici et là, encore et toujours, des usines ferment envoyant vers un Pôle Emploi fonctionnant de guingois, voire "dysfonctionnant" totalement, des milliers de salariés.

La logique, du moins la mienne, voudrait que lorsqu’on parle de dialogue social, on en fasse la démonstration. Je veux dire que l’on mette en présence et face à face (un ou) des membres du gouvernement et (un ou) des représentants syndicaux.
Mais cette logique, voire cette évidence, est totalement étrangère au média dominant qu’est l’outil télévisuel, car soucieux de rester dominant.

Or donc, Arlette Chabot reçut d’abord et ensembles Jean-Claude Mailly (Secrétaire général de FO) Bernard Thibault (Secrétaire général de la CGT) et François Chérèque (Secrétaire général de la CFDT) PUIS, donc sans les représentants pré-cités, le seul Brice Hortefeux, Ministre du Travail, des Relations Sociales, de la Famille, de la Solidarité et de la Ville (rien que ça, oui ..).
Nous étions là dans ce que j’appelle une configuration blog. A savoir que les représentants syndicaux postaient un billet, ensuite de quoi, Brice Hortefeux venait le commenter mais sans que ses auteurs puissent répondre ou sur-commenter, vu qu’ils étaient dépossédés de la modération de leur billet au profit de Brice Hortefeux et .. Arlette Chabot.

Quelle étrange conception du dialogue, non ?

Dans cette configuration, Arlette Chabot était moins une journaliste (mais l’est-elle encore ?) qu’une médiatrice. Encore que, quand on endosse ce rôle-là, celui de médiateur, on se doit d’être relativement neutre, rappeler objectivement, autant que faire se peut, à l’un les arguments des autres, j’entends par objectivement, le souci de ne point travestir, même légèrement, le moindre de leurs mots, ce qui, hélas, ne fut pas le cas.
Il sautait aux yeux que le ministre n’était pas traité par le "média dominant" de la même manière que les représentants syndicaux. Et d’ailleurs, et de façon très calme, mais sûrement bouillonnant à l’intérieur, Jean-Claude Mailly précisa à Madame Chabot qu’ils n’étaient pas, les syndicats, des “zozos”.

Que s’était-il passé pour que le secrétaire général de FO crut devoir préciser à cette dame qu’il n’était un “zozo”, mais un “homme responsable” ?

Il s’est passé que, alors que les trois représentants syndicaux dans un calme qui les honorait exposaient, et propositions, et arguments, Madame Chabot n’avait de cesse de leur demander si, oui ou non, ils cautionnaient les actes de “violences” auxquels s’étaient livrés certains salariés de Continental. Si, oui ou non, ils cautionnaient les séquestrations. Quand bien même, l’on pouvait comprendre, disait-elle, la colère de “ces gens-là”.
On voit bien, le but (putassier) recherché par la présumée journaliste.
Qui, en l’occurrence reprend le “on peut comprendre la colère, mais …” présidentiel.
Ce que recherche Arlette Chabot c’est l’aveu, le cautionnement, même à demi-mot, non pas d’une violence exprimée, mais de la violence. Donc, de disqualifier le représentant syndical. Et peu lui chaut, à Madame Chabot, que ce représentant soit, comme hier soir, une force de proposition et même d’apaisement. Elle ne l’entend pas. Ça ne l’intéresse même pas. Et sans cesse, elle pose SA question : “Oui, mais les violences, vous les cautionnez ?” et varie pour mieux y revenir : “Est-ce que vous les trouvez légitimes, ces violences ?”.

C’est là, devant cet acharnement, cette obscène insistance, que j’eus subitement envie de séquestrer quelqu’un.
Et ce quelqu’un porte un nom.
Il s’agit de Madame Chabot.

Que savez-vous de la souffrance, Arlette Chabot ? Celle des autres ?
Avez-vous souffert, une seule fois dans votre vie confortable, la moitié du quart de ce qu’ils souffrent ?
Ces gens-là” comme vous dites, ont été floués, trahis, abandonnés. Ils ont même, pour certains, accepté de travailler plus pour sauver leur usine, et malgré ça, on vient leur dire aujourd’hui, et il faut voir comment, avec quelle violence, Madame Chabot, que c’est fini, c’est terminé, circulez, y’a rien à voir, rien à négocier !
Que voulez-vous qu’ils fassent ?
Qu’ils se taisent ?
Qu’ils tendent l’autre joue ?
Qu’après s’être fait mettre et bien profond, ils disent : “Oh oui, encore !” ?
Et la dignité, qu’en faites-vous Madame Chabot ?
Savez-vous au moins ce que signifie ce mot-là : dignité ?
Voulez-vous en plus qu’on la leur vole, eux à qui on a déjà tout volé, ou presque ?

Vous dites qu’on (vous ?) peut les comprendre, mais vous ne les comprenez pas.
Car vous ne savez pas.
Vous ne savez rien.
Ni de la violence, ni de la souffrance.
Ni du désespoir, ni de l'humiliation.

En revanche, l’obscénité, la déférence, la connivence, ça oui, vous en connaissez un rayon, et un sacré, Madame Chabot !


 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu