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02 septembre 2009

Hamon, Ta Gauche Bat De L’Aile

Aile Etait Une Fois ...

Benoît Hamon, dit-on, c’est “L’aile gauche du PS”. C’est comme une étiquette. Un code-barres. Un titre. Honorifique. Comme “L’Idole des Jeunes” ou “Le Roi de la Pop”. Et rien n’y fait. Pas même le temps qui passe. Ad vitam aeternam tu restes “L’Idole des Jeunes” (même vieux) ou “Le Roi de la Pop” (même mort).
Mais “L’aile gauche du PS”, est-ce que ça peut résister au temps ? Surtout, au sein du .. PS ?
De ce PS.

Je l’aime bien, Benoît Hamon. Je le voudrais sincère. Je veux dire vraiment ancré à gauche. J’étais heureux, moi, de le voir postuler, en novembre dernier, au poste de Premier secrétaire. Je me disais, enfin, ça y est, une page peut se tourner, une bien lourde, celle des Royal, des Hollande, et même la Mitterrandienne avec toute sa clique de Jack Lang. Exit, aussi, Delanoë. Allez, ouste, du balai !
J’en rêvais.
Je ne sais s’il s’est fait balader, manipuler, toujours est-il que cette affaire a bien mal tourné, l’a fallu recoler. Ça sentait mauvais. En vrai, à plein nez, ça puait l’exécution. Écarteler Royal, coûte que coûte, la clouer une bonne fois pour toute. Et comment ?
En s’associant.
Mais pas après le vote des motions. Avant. Martine et Benoît, main dans la main, depuis le début. Eux qui se connaissent (si) bien. Tu présentes ta motion, moi la mienne, ensuite de quoi, l’ami de Jospin, le Bertrand, nous rejoindra. C’était couru d’avance. Sauf pour les militants. Et pan dans la gueule ! Et donc, recolage. Pas beau l’avion.
Va savoir, c’est peut-être là qu’il a pris un (premier) coup dans l’aile, Benoît. Son aile gauche.
Parce que, au fond, ils y ont cru, les militants, à cette candidature Hamon. Et pas qu’un peu. A 22,6% (plus que Fabius – soutenu par Hamon - aux Primaires en vue de la présidentielle 2007) ! Près d’un quart ! Un quart le désirait comme Premier secrétaire, manifestait clairement leur besoin (et leur manque) de gauche au sein de ce Parti.
Ça doit en foutre un coup, non, Hamon ? T’attendais pas, hein ?

C’est ardu, brutal, la politique. C'est tout plein de fausses victoires. Amères. Et les mains, faut les mettre, dans la merde. Accepter transactions, tractations, compromissions. Se dire, se convaincre que c’est obligé, passager. Demain, ça ira mieux. Retomber sur ses pieds. Redéployer ses ailes. A nouveau dire “non” ! Et l’emporter. A gauche. Comme le 29 mai 2005.
Alors on y va. On y retourne. Sur les plateaux de télévision. Dans les maisons de la radio. On y croit. On est hilare. Moqueur, un peu. Voilà même qu’on se permet un doigt.
Mais le journaliste, lui, n’a qu’une question, une seule à lui poser. Elle commence par Olivier. Et finit par Besancenot. En gros : “Qu’est-ce tu fous là, Benoît ? Pourquoi qu’t’es pas au NPA ?”.
Ça doit être usant, à la longue, de se faire traiter de petit Besancenot du PS, quand on est préposé au courrier. Celui de Madame Aubry. Celui d’une gauche qui n’est pas dans l’aile, mais dans le Mollet.
C’est un drôle de métier, oui, que celui de porte-parole. Surtout quand ce n’est pas vraiment la sienne. A tel point, qu’elle n’a pas droit de cité, qu’on l’entend à peine, sur une liste reléguée troisième, aux Européennes. Benoît Hamon, lui qui rêvait, parait-il, d’Armée de Terre, se retrouve dans celle de “taire”. Taire son aile. La gauche. Et faire semblant d’être heureux. De La Rochelle, par exemple. En attendant mieux. Mais quoi ?

Les belles années passent vite …” Slamait Ferré.
Ces années où joyeux, le camarade Benoît houspillait un ministre de l’éducation, le priant "de vaquer" à d’autres occupations.
Ces années où plein d’espoir, il repensait la gauche, tout en haut des petiots, les MJS. Puis, plus tard, adoubé par les "pères peinards", la lancer, la belle, la Nouvelle Gauche. Nouvelle, parce que deux “L”, c’est mieux qu’une. Or, aujourd’hui, où est-elle ?
Envolée, la jolie. Partie.
Bonjour Madame Aubry ..

Aaaah, elle l’aime bien, Martine, son Benoît. Tu penses ! Quelle chance d’avoir à ses côtés celui qui représente “l’aile gauche” d’un Parti qui, doucement, mue vers le Centre. Et pis, il est bien plus beau que le Besancenot ! Plus utile, surtout. Convertible. On s’en sert de cette aile, mais pas trop, dès fois qu’elle s’userait. Or, s’user, c’est tromper ..

…. Mais combien de temps ? Combien de temps ça va durer ? Est-ce que, comme “L’Idole des Jeunes” ou “Le Roi de la Pop” ça peut résister au temps, une “aile gauche du PS” ?
Sans Mélenchon.
Sans Larrouturou.
Sans Filoche.
Sans plus aucun partisan dans son propre camp.
Sans aucun autre mandat que celui de porter une parole qui n’est pas vraiment tout à fait la sienne ?

Ne serait-il pas grand temps, Benoît, de le prendre enfin, cet envol, loin du PS, à gauche toute, avant qu’à terre, cette armée te cloue ; avant qu’ils te la plument et te la bouffent, ton aile ?

23 novembre 2008

Comment "Ils" Ont Vaincu Marie-Ségolène Royal

Avant de développer le comment, retour sur ce qui s'est passé hier, samedi 22 novembre 2008.

Car, hier, il s'est passé quelque chose d'important, voire de définitif, tant on a vu, enfin, une vraie différence entre Martine Aubry et Marie-Ségolène Royal.
Elle est criante, cette différence.
Et foutrement intéressante.
Quoi qu'on pense de l'une comme de l'autre, je veux dire de Martine et de Marie-Ségolène.


Angela Aubry/Martine Merkel

Or donc, hier, samedi 22 novembre 2008, c'est Martine Aubry qui s'est exprimée la première.
Il était un peu plus de dix-huit heures.
Et d'où a-t-elle fait sa déclaration ?

De la rue de Solférino ?

Non.

De sa mairie de Lille ?

Non, plus.

Non, elle a choisi de s'exprimer depuis l'Assemblée Nationale.
Là, où l'on débat, où l'on vote, où l'on s'oppose, là où l'on se bat.
Tout un symbole, et il est fort.
Et moi, je dis bravo !
Bien joué, en tous les cas.

Son discours ?

Il fut simple, modeste, direct.
En l'écoutant et la regardant, c'est marrant, je pensais à Angela Merkel.

Martine Aubry serait-elle ou sera-t-elle notre Angela Merkel française ?

En attendant, c'est parfait, rien à dire, c'est du solide, le lieu, les mots, rien n'est laissé au hasard.
Quant aux journalistes présents, ils ont été conviés pour assister à la déclaration, pas pour poser des questions.
On n'est pas là pour polémiquer.
Rajouter de l'huile sur le feu.

Benoît Hamon, lui qui la veille appela à voter pour la mère de Lille, où est-il à ce moment-là ?
Eh bien, il est sur le terrain.
Avec les postiers qui manifestent.
Le message est on ne peut plus clair : avec Martine, nous sommes déjà en action.
Nous sommes de retour, près du peuple, nous les socialistes !
Du moins, peut-on le voir ainsi.
Martine se bat à l'Assemblée, Benoît dans la rue, c'est parfait ... en matière de communication !
De là, à le croire, à le prendre pour argent comptant, c'est une autre paire de manche ...


Blanche Comme Neige ...

Deux plus heures tard, à vingt-heures, c'est au tour de Marie-Ségolène Royal de s'exprimer.
Et d'où fait-elle sa déclaration ?

De Melle ?

Non.

De l'Assemblée Nationale ?

Non plus.

Non, elle a choisi TF1, répondre aux questions de Claire Chazal, continuer à alimenter la polémique.
TF1, étrange comme symbole ..
Mais il y en a un autre.
Cela faisait combien de temps que la Dame de Melle n'était pas apparue vêtue de blanc ?
Ce blanc qui signifie pureté.
Eh bien, je vais te le dire : depuis l'élection présidentielle de 2007.
Ainsi donc, c'est tout ce qu'elle a trouvé, Marie-Ségolène !
Aux présumées fraudes électorales, elle oppose sa présumée pureté.
Ben voyons !

Tu vois, mine de rien, il y a un monde entre Martine Aubry et Marie-Ségolène Royal.
Et je préfère, et de loin, le premier.

Or donc, comment ont-ils vaincu Marie-Ségolène ?

Tout a été parfaitement orchestré.
Je veux dire que oui, bien sûr que oui, la stratégie, et depuis le début, était celle du "Tout Sauf Ségolène".
Seulement voilà, il ne fallait pas que ça se voit.
Sinon, les militants auraient d'emblée pris fait et cause pour la Présidente de la Région Poitou-Charentes.
Hamon, Delanoë, Aubry, tous était unis, dès le départ, pour la dégommer.

Ils savaient qu'ils n'avaient aucune chance en lui opposant une seule candidature.
Celle de Bertrand Delanoë.
Ils savaient aussi que Benoît Hamon n'avait aucune chance de passer le premier tour.
Mais cette candidature, celle de Hamon, était pourtant nécessaire !
D'abord parce qu'il fallait un nouveau visage pour donner aux militants une image, celle du renouvellement du Parti.
Ensuite, parce qu'il était important de faire vivre dans cette élection, l'aile dite gauche du même Parti.
Voilà l'explication de la candidature de Benoît Hamon, adoubée par les éléphants.

Hamon, qui donc n'avait aucune chance de passer le premier tour, ne pouvait ensuite appeler à voter Delanoë pour le second.
Car, ça n'aurait pas été cohérent !
L'aile gauche ne pouvait en aucun cas inviter ses militants à reporter ses voix sur un homme qui s'est déterminé comme libéral et socialiste !
La candidature de Bertrand Delanoë - soutenue en plus par Jospin et Hollande, soit repoussante pour beaucoup -  ne suffisait donc pas dans la stratégie du "Tout Sauf Ségolène".
D'où la candidature de Martine Aubry, pilotée de main de maître en loucédé par, encore et toujours, les éléphants.

Ensuite c'est un jeu d'enfants et de dominos.

Delanoë, battu, se retire et appelle à voter pour la motion de Martine Aubry.
Le "Tout Sauf Ségolène" est en marche, mais il est atténué, caché, ce "TSS", par le maintien de la candidature de Benoît Hamon.
Oui, il était, dans cette stratégie déguisée du "TSS", impératif qu'il ne se retire pas de la course, Benoît, sinon, les ficelles devenaient bien trop grosses et les poutres dans la paille du voisin, apparentes ...

Certes, et chacun le savait, jamais Hamon ne se serait rallié à Marie-Ségolène. Impossible, car là aussi, incohérent.
Il était clair, qu'il appelerait à voter Aubry.
Ainsi, c'est en procédant en plusieurs étapes, soit de ralliement en ralliement, mais des ralliements d'une logique et d'une ligne politique incontestable - ce que je nomme le jeu de dominos - que le "Tout Sauf Ségolène" a été admirablement masqué.
Du grand art.
Et d'où, aussi, la colère de Marie-Ségolène Royal, et le fait qu'elle consteste le résultat du scrutin.
Sauf que, en vérité, c'est moins le résultat qu'elle conteste que la stratégie utilisée pour la dégommer.
Comme elle ne peut pas s'offusquer de ce "TSS" rondement mené, alors elle le masque, à son tour, en accusant ses adversaires de fraudes et de triches

Pourtant, il ne l'est pas contestable, le résultat.
42, 30 ou 53 voix de retard, peu importe !
Pour gagner une élection, il suffit d'obtenir une voix de plus que son adversaire.
Une et une seule suffit.
Point barre.

Il n'y a pas de tricheries, pas de fraudes, peut-être, sûrement, des inexactitudes.
Elles ont été corrigées.
Il serait sage, désormais, de saluer le vainqueur.
De reconnaître sa défaite.
Oui, il serait urgent, Madame Royal, de reconnaître votre défaite, quand bien même ce mot vous fait horreur, comme vous nous l'avez montrés, le 6 mai 2007, en refusant de prononcer ce mot, défaite, promettant même à vos militants de les emmener vers d'autres .. Victoires !

Mais cette fois, c'est fini, Madame.
Vous avez bel et bien perdu.
Et même si je peux comprendre votre colère, votre amertume, tant la stratégie pour vous abattre est évidente, tant oui c'était bien le "Tous Sauf Vous", il n'en reste pas moins que vous avez perdu et puis c'est tout.
Sachez le reconnaître.

Ayez au moins, à défaut d'idées ou de programme, du panache !

20 novembre 2008

Militant, Fais Pas L'Con ! Vote Hamon !

Mercredi 19 Novembre 2008

Regarde comme elle est belle, cette image.
Deux hommes en chemise.
Épuisés.
Deux hommes qui n'en peuvent plus.

Un journaliste, Jean-Pierre Elkkabach, et le dernier des socialistes, Benoît Hamon.

Tu le vois, le regard du journaliste, comme il semble désolé ; même que c'en est étonnant, quand on le connaît.
Et Benoît Hamon, tu le vois ?
On dirait qu'il va se lever, partir, ou taper du poing sur la table ; celle d'Europe 1.

Deux hommes dans la vile campagne.
La boueuse, la merdeuse, cette campagne de Reims, festival de bouses, vacheries d'éléphants mal planqués derrière une souris, la Martine ; éléphants s'accrochant comme des moules à leur putain de rocher, indécrottables irresponsables, tous coupables, de Lang à Hollande en passant par Jospin, Delanoë, Fabius, ils sont là, les malfrins, refusant de passer la main, préférant l'habiller d'une dague afin d'occire une mauvaise foi pour toute la prêcheuse de Melle ; la Royal !
Se rendent-ils compte, ces Jean-Foutre, qu'aveuglés par leur haine, leur soif de revanche, ce n'est pas Marie-Ségolène qu'ils enterrent, mais le Socialisme.
C'est leur Parti qu'ils estourbissent !
J't'y foutrais, bordel de vache, des tatanes à ces charognards !
j't'y foutrais, tonnerre de cul, des ramponneaux à ces sangsues, ces fossoyeurs du Parti Socialiste.

Regarde !

Mais regarde-donc, comme elle est belle, cette image !
Comme elle te réclame et t'appelle, militant du Parti agonisant.
Comme elle t'invite à la réflexion.
Comme elle t'entraîne loin de Martine et de ses sempiternels éléphants, de Marie-Ségolène et de sa pauvre ambition présidentielle.

Mais comment ?

Comment peux-tu, te faire rouler continuellement dans la pire des mélasses ?
Quand ce n'est pas celle des sondages, c'est celle des discours fumasses, parodies fadasses de Jaurès et de Blum.
Combien de temps, encore, vas-tu te laisser abuser par tant de roueries, par tant de fumisteries, militant du Parti agonisant ?

Regarde !

Mais regarde-donc, elle parle toute seule, cette image, et tu ne voudrais point l'entendre ?
Tu ne voudrais pas voir ce qui crève les yeux, un journaliste, et pas des plus amicaux à ton endroit, et qui pourtant, contemple, attristé, désolé, le dernier des Mohicans, le Benoît Hamon, ultime rempart, véritable et flamboyant représentant du Socialisme, le vrai, le pur, celui de proximité, celui du peuple, le populaire !
C'est lui, Benoît, ton espoir, celui de faire de ton Parti, un Parti de combattants.

Ecoute !

Ecoute-le, le Benoît.
Le son de sa voix.
Ferré qu'il est, il reste et restera Hamon.

- Qui ramènerait la paix au PS ? demande Elkkabach
- Moi ! Répond fermement Benoît.

Il reste et restera Hamon.

- Je cite Ségolène Royal, dit Elkkabach : il y aura de la discipline et de l'autorité. Ces disputes de cour d'école, avec moi, ce sera fini.

On dirait qu'il va se lever, partir, ou taper du poing sur la table ; celle d'Europe 1.
Mais non, il répond, Hamon :

- Encore faut-il que la maîtresse d'école soit vertueuse pour que l'autorité soit respectée dans la classe.

Mais quelle leçon !
Dans sa voix.
Benoît.

Hamon, impétueux garçon, en rajoute une louchée, au cas où, t'aurais pas pigé, imprimé le message, toi, le militant qu'est sourd, hormis aux sondages putassiers et aux discours frelatés.
Il ajoute, Benoît, frondeur, amusé, à son tour dagué :

- En général, la conviction est plus utile que la règle ...

Puis, assassin, mais bien :

- ... Et l'instruction, aussi.

Alors, mon militant, qu'en dis-tu ?

Vas-tu porter à la tête de ton Parti, la vacuité, celle de l'esprit et des idées, ou s'il en est une, d'idée, c'est juste une ambition personnelle, dévorante, celle qui rêve, obsédée, d'Elysée, et dans cette gloutonne ambition, peu importe la santé de ton Parti ! Il peut bien crever, ton Parti, puisqu'il ne sera plus qu'une rampe de lancement !

Vas-tu porter à la tête de ton Parti un conglomérat de renégats, de comploteurs, quand ce n'est pas de malfaiteurs, ceusses qui, depuis des décennies, se disputent, minables, pathétiques, l'héritage de François Mitterrand, sans avoir le quart du dixième de son talent ?

Ou alors, vas-tu faire le choix difficile, mais nécessaire, celui de la rénovation, de la reconstruction, celle que tu attends, que tu espères, celle qui te conduira demain, en 2016 ou 20, car tel est le prix à payer, vers la victoire ?

En d'autres termes, fais pas l'con, ni ton mouton, militant !
Vote Hamon !


15:43 Écrit par Philippe Sage dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : benoît hamon, marie-ségolène royal, martine aubry, parti socialiste | | |

11 novembre 2008

Le Congrès De Reine

... Qui Vous Mets Dans Le Caca !

Or donc, c'est elle, Marie-Ségolène Royal, qui a les cartes en mains.

Et d'ailleurs, voici qu'à nouveau Martine (Aubry) et Bertrand (Delanoë) lui donnent du "Ségolène" alors qu'il y a moins d'une semaine, ils parlaient de "Ségolène Royal", de "Madame Royal" ou se contentaient d'un très laconique "Elle".

Ce retour de "Ségolène", à vrai dire, ressemble comme deux gouttes d'eau à celui, dédaigneux, des Primaires puis de la campagne présidentielle.
Il n'est pas amical.
Du tout.
Tant jamais elle ne fut "aimée" par les poids-lourds du PS, le fameux appareil.
Pour eux, Marie-Ségolène est une hérésie, ils considèrent même que c'est la pire chose qui pouvait arriver à leur Parti, un Parti agonisant depuis la mort de François Mitterrand.
Seulement voilà, les militants en ont décidé autrement, et l'on ne peut se couper de la base.
A moins de quitter le Parti, comme récemment Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez.

Il est en un, tout de même, qui ne joue pas cette carte, celle de l'hypocrisie, de la camaraditude de façade, en donnant du "Ségolène" à Madame Royal ; c'est Benoît Hamon.
A mon sens, il incarne le futur de la Gauche moderne et socialiste.
Il est intelligent, brillant, talentueux, à l'aise en télévision comme derrière une tribune (du moins a-t-il fait d'énormes progrès) ne cède rien (pour le moment) et qui plus est, il est charismatique.
De tous les "quadra" (Montebourg, Valls, Peillon ...) il est de loin le meilleur.
Il représente, comme on se plaît à le répéter dans les médias radoteurs, l'aile Gauche du parti.

De fait, Marie-Ségolène représente la cuisse Droite du PS.

A croire que nous en serons toujours réduits à devoir choisir entre l'aile ou la cuisse ...

Ceci étant posé, je reconnais un certain talent à la Dame de Melle.
Je n'irais pas jusqu'à dire qu'il y a du François Mitterrand en elle (car ce serait insulter l'immense stratège qu'était l'homme cultivé de Jarnac) mais force est de constater qu'elle est habitée par la volonté ("On ne peut rien contre la volonté d'un homme." disait Mitterrand) une certaine pugnacité, assez remarquable d'ailleurs, et un sens politique certain.
Et c'est bien là, l'erreur des poids-lourds :
Avoir sous-estimé ce sens politique. Quasiment inné. Ou du moins, instinctif.
Le pire, c'est qu'ils la commirent deux fois, cette erreur.
D'abord pour la présidentielle 2007.
Puis aujourd'hui, pensant à tort, qu'elle était politiquement morte, la Ségolène.
Faut dire qu'ils ont tout fait pour, en reculant, via Hollande, la date du congrès de Reims, espérant que la ferveur quasiment religieuse du militant pour Marie-Ségolène s'estomperait avec le temps.
Ils se sont trompés.
Et raisonnablement, on ne peut attribuer cette seconde victoire (après celle des Primaires de novembre 2006) de Marie-Ségolène à ce que l'on nomme : la chance.
Non, il faut bien se résoudre à reconnaître qu'elle possède un vrai sens (du) politique, et en cela, son show au Zénith, quand bien même avait-il plus à voir avec un machin Chantal Goyesque, et qu'il fut moqué et gaussé, ici compris, aura pesé dans le vote des motions. J'en suis quasiment certain.
Tout comme ses apparitions médiatiques calculées au millimètre près.

Alors bien sûr, elle est désespérante de nullité derrière un pupitre ou sur un plateau de télévision, affligeante de vacuité dans ses propositions qui sont plus des incantations qu'autre chose, terrifiante de scoutisme et de mysticisme à la petite semaine, mais il n'en reste pas moins que par le biais des militants elle sera, si elle manoeuvre bien, la future reine du Congrès de Reims.
Et les autres, rincés, comme au Congrès de Rennes.

Pour elle, c'est la dernière ligne droite.

De toutes les façons, avec elle, la dernière ligne est toujours ... (à) Droite (Cf : son rapprochement entre les deux tours de la 2007 avec François Bayrou) et ses manoeuvres, adroites.

Mais le premier responsable, même indirect, du probable sacre de Marie-Ségolène, c'est bien François Hollande.
Il faudra, un jour, se pencher sur l'Histoire, sur cette décennie hollandesque, pour comprendre comment un homme aussi intelligent a pu se faire doubler sur sa Droite.
Comprendre comment et pourquoi celui qui devait être le candidat naturel des socialistes à la présidentielle 2007 a pu échouer de la sorte et entraîner son Parti vers, à priori, un Modem de gauche molle ("Le Centre, c'est une Droite molle" - François Mitterrand)
François Hollande est un homme et un tribun brillant, seul Laurent Fabius lui est supérieur, mais parce qu'il aura passé son temps à composer avec les courants plutôt qu'à les unifier, composer plutôt que d'imposer un leadership, il en aura oublié l'essentiel : ce qu'est le socialisme et que peut-il proposer, ce socialisme, dans un monde unilatéral depuis la chute du mur de Berlin..
Il ne faut pas s'y tromper, s'il s'est maintenu aussi longtemps à la tête du PS, c'est uniquement parce qu'il pensait avoir un destin présidentiel.
Et si, Marie-Ségolène conquiert la tête du parti, alors François Hollande pourra faire le deuil de ses ambitions nationales.

Mais comment, me diras-tu, Marie-Ségolène pourrait-elle ravir le poste de "premier secrétaire" et devenir par là même, la candidate naturelle du PS pour l'élection présidentielle de 2012 ?
Après tout, il suffirait que Martine Aubry et Bertrand Delanoë s'unissent, tentent même, suprême audace, de convaincre Hamon de les rejoindre, et bye-bye Ségolène !
Oui mais, ce serait prendre le risque de se couper des militants qui eux, ont plébiscité la motion de Gérard Collomb et de Ségolène Royal.
Certes, cette motion n'a remporté que 29% des suffrages, mais elle est arrivée en tête !

De fait, il n'y avait plus qu'un choix possible :
Refiler la patate chaude à la Présidente de la Région Poitou-Charentes en espérant qu'elle commette une erreur de type disqualifiant.

Et quelle est la nature cette patate chaude ?

Eh bien, d'abord reconnaître sa victoire, jusque même la flatter (faussement) et, ensuite, lui demander de proposer un nom de premier secrétaire qui mettrait tout le monde d'accord ...

Comme elle est futée, elle laissa ses lieutenants distiller quelques noms, tels Peillon, Rebsamen, allant même jusqu'à tolérer Dray prétendre que ce pourrait être lui.

Sauf que ...

Sauf que, c'est improbable.

Pourquoi ?

Parce que le militant, et même le corps électoral français, ne comprendraient pas que ce ne soit pas Marie-Ségolène qui soit la future première secrétaire.
Ensuite, parce que dans l'optique de 2012, nous assisterions à une cacophonie qui serait préjudiciable au PS.
En effet, chacun connaissant les ambitions présidentielles de la Dame de Melle (qui le soir du 6 mai 2007 promit d'emmener ses ouailles vers .. d'autres victoires) comment pourrions-nous accorder le moindre crédit à un premier secrétaire qui, de toute évidence, serait de paille ?
Une baudruche, quoi !
Sans compter que cela ferait l'affaire de l'UMP qui aurait beau jeu de pilonner ce premier secrétaire fictif, et donc, de plomber d'autant plus le PS.

Non, raisonnablement, et parce que c'est la cohérence même, ce ne peut être que Marie-Ségolène qui propose son nom pour le poste de chef du PS.

La seule question qui se pose désormais est la suivante :

Si Marie-Ségolène Royal est adoubée, le PS peut-il exploser ?
En d'autres termes, l'aile Gauche peut-elle quitter ce Parti pour en fonder un autre ?

Si tel était le cas, alors ce serait accepter de zapper la 2012.
Tant il apparaît impossible qu'un Parti de Gauche parvienne au second tour avec autant de postulants tels le PS, le NPA de Besancenot, le PC, Les Verts, Lutte Ouvrière, les altermondialistes, un nouveau Schivardi et ce que je nommerais le NPS (Hamon à sa tête).

Prendre ce risque, l'éclatement du PS, c'est viser 2016, et laisser Bayrou se dépatouiller avec Sarkozy en 2012.
C'est d'ailleurs ce qu'il escompte, Bayrou.
C'est même sa stratégie et/ou son espoir depuis la création du Modem : compter sur une division concrète et définitive du Parti Socialiste.

Or donc, voilà le grand paradoxe :
En cédant le leadership à Marie-Ségolène Royal, les militants, puis les poids-lourds résignés, vont, peut-être, réussir la rénovation de la Gauche mais à leurs dépens.
Sans eux, quoi !

Et, à bien y réfléchir, tant mieux !


"Un plébiscite, ça se combat !"
[Pierre Mendès France - Extrait de "Pour Préparer l'Avenir"]



NB : La nouvelle est tombée pendant la rédaction de ce billet : Ségolène sera candidate au poste de Premier Secrétaire !

07 novembre 2008

Et Depuis Reims Les Socialistes Nous Dirent : "Yes, We Can't !"

Ou Nuls Sont Les Socialistes, Plutôt !

Bon on commence par quoi ?

Par Marie-Ségolène qu'arrive en tête du vote des militants ?

Ben non.

Non-non.

On va commencer par le taux de participation des militants :
55% !

[Sifflement admiratif]

Ben dis-donc, ça l'air de les passionner les militants du PS ces histoires de motions !
Pour ne voter qu'à 55% !
C'est pas vraiment la France qui se lève "taux" ces gens-là ..

Tu veux que j'te dise ?

Ils seraient dégoûtés de leur parti, les militants, que ça ne m'étonnerait guère.
Mais crois-tu qu'un seul de ces éléphants égocentrés le remarquerait ou s'en inquiéterait ?
Ben non.
Ils sont étonnants de "désolitude" ces éléphants, non ?

Moi j'dis qu'avec un taux de participation aussi faible, vaudrait mieux ne pas trop la ramener, ni même pavoiser, faire profil super bas, raser les murs, voire se cacher dans un trou de souris.
Au moins, ce serait drôle !
Ben si !
Un éléphant qui se cache dans un trou de souris, avoue que c'est bien hilarant, ma foi !

Oui, moi j'dis qu'avec un taux de participation aussi ridicule, la seule chose à faire, c'est de se poser, et plus vite que ça, des questions. Et pas des petites. Des costaudes !
Parce que là, mine de rien, leur parti est en train de crever la bouche ouverte devant eux, mais non, ils continuent leur cirque.
Du coup Mélenchon, il s'est barré, et il a bien raison.
Me demande juste pourquoi Emmanuelli ne le suit pas plutôt que de perdre son temps à commenter un tel désastre.

Pour le reste, que te dire ?

Que ce parti n'est plus un parti de Gauche ?
Mais ça, tu le sa(va)is déjà !
Il suffit de lire les motions - prends un Prozac avant, sinon tu vas mourir dans d'atroces souffrances - de Royal, Delanoë et Aubry pour s'en rendre compte.
Soit nous avons un socialisme mou et Modem du genou genre scout avec Yannick Noah et Cali en première partie.
Soit un socialisme de type libéral vachement prononcé dont l'audace se résume à ne rien changer, vu que Hollande est dans le coup.
Soit un socialisme Deloriste, en clair, réaliste et pragmatique, de type chiant donc, pas emballant, sans espoir, une sorte de social-démocratie à la petite semaine du siècle dernier, poussiéreuse, avec pour décors (et Delors) des toiles d'araignée en veux-tu, en voilà,, mais cherche pas Spiderman, tant dans cette motion-là, on joue pas les super-héros. Au contraire !

La seule motion qui soit de Gauche, c'est celle de Benoît Hamon.
Et quand bien même créerait-il la surprise en obtenant plus que prévu, soit 19% des suffrages, il arrive loin derrière les trois autres.
Mais c'est pas fini !
Car ces 19% rapportés au taux de participation, ça nous y donne : 10,45%

Et donc, au parti dit Socialiste, ils sont 10,45% à être encore (un petit peu) de Gauche !

CQFD : ce parti n'est plus un parti de Gauche. C'est fini. C'est acté !

On espérait pas grand chose de toutes les façons, mais tout de même, on se disait, suite à l'euphorie démesurée que suscita l'élection de Barack Obama, que peut-être, emportés par cette vague, les militants nous feraient dans le "Yes, We Can !" même modeste.

Ben non.

Finalement ce fut :
"Yes We Can't !"

 
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