05 mai 2011
Yes, We Kill !
Il y a parfois, dans un Journal Télévisé, des actualités qui se télescopent, font écho, interrogent. Oh ! bien sûr, on ne peut pas les mettre sur un même plan. Notez-le bien... C’est juste une superposition. De mots. De témoignages.
Un bidouilleur des images et du son, un as du fake, en ferait son affaire.
Mais entrons dans le vif…
Or donc, Oussama Ben Laden, nom de code « Geronimo » [1] abattu d’« au moins une balle dans la tête » et ce sont des centaines et centaines d’américains qui, tels des supporteurs victorieux de je-ne-sais-quel-sport-collectif, déferlent dans les rues de New-York et Washington, manifestant leur joie, hurlant à tue-tête : « USA ! USA ! ». Beaucoup tiennent à préciser que, d’habitude, ils ne se réjouissent pas de la mort d’un homme, oh non, sauf que là… Ce n’est pas un homme comme les autres, vous comprenez, c’est LE terroriste, le « cerveau » (présumé) des attentats du World Trade Center. Puis de conclure, comme leur Président, que « Justice est faite ». Formule reprise, curieusement, par Nicolas Sarkozy…
Ces images, nous les avons tous vues. Ces mots, nous les avons entendus.
Et cette conclusion, récurrente :
« Justice est faite ».
La justice c’est donc ça : abattre un homme « qui n’était pas armé » [2] ?
J’allais dire : comme un chien.
Un chien d'indien (cf : Geronimo).
Mardi soir, cet « assaut » faisait encore la Une du JT de France 2. Pendant un long quart d’heure… Deux actualités plus tard [3] David Pujadas enchaînait sur « un drame » survenu dans la journée à Marseille :
« Un adolescent de quinze ans a été tué par balles lors d’une tentative de cambriolage dans une société de gardiennage »… Il se prénommait Antoine… On nous apprend que c’est « un homicide qui révolte le voisinage ».
Ladite « révolte » est illustrée par des témoignages. En voici les principaux :
« Je ne pense pas que ce soit une raison pour qu’on abatte quelqu’un (…) Parce que c’est pas tuer quelqu’un, ça : c’est abattre quelqu’un », « On ne peut pas tuer les gens comme ça », « Là, on est dans une époque de western… ».
Et c’est là que j’ai tilté. Que j’aurais aimé être un bidouilleur du son et des images, un pro du fake. Mettre dans la bouche de ces américains vociférant, les mots du « voisinage » révolté :
« On ne peut pas tuer les gens comme ça ».
- Pourquoi vous ne pouvez pas « tuer les gens comme ça » ?
- Mais parce que nous sommes les Etats-Unis d’Amérique ! La première démocratie du monde ! Vous rendez-vous compte de l’image que nous renvoyons avec cet « homicide » ? Quel message ?
- Mais vous auriez préféré quoi ?
- Mais qu’on le capture ! Qu’il y ait un procès. Parce que c’est ça, la Justice. Vous comprenez ?
- Je comprends… Mais pourtant votre Président assure que « Justice [a été] faite » !
- Eh bien, il faudrait que notre Président change son logiciel. Et comprenne que ça fait belle lurette que nous ne vivons plus à l’époque du « western »…
- Vous n’êtes donc pas content d’avoir Custer comme Président ?
- J’aurais préféré un Prix Nobel de la Paix.
- Mais il l’est…
Je sais. Vous allez me dire – malgré la précision en liminaire – que je mets sur un même plan deux faits qui n’ont aucun rapport. Un terroriste (assassiné), et un gamin de quinze ans (abattu)... Je maintiens que non. Mettez ça sur le compte d’une absurdité. Et cette absurdité porte un nom : le JT. Un foutoir invraisemblable. Sorte de fast-food indigeste (pléonasme) vulgaire et ô combien indécent de l’information…
… Non, c’est juste un télescopage. Foutrement intéressant. Jouissif, même… Vous ne trouvez pas ? Que ça fait écho, que ça résonne (et raisonne) ce : « On ne peut pas tuer les gens comme ça » ?
Voyez, c’est ce « Justice est faite » qui, depuis lundi matin, me turlupine. Ce n’est pas, pour être très clair, ma conception de la Justice.
Oui, Ben Laden était un terroriste. Et alors ? Les Etats qui se disent « démocratiques », s’érigent en modèle du monde, allant même jusqu’à prétendre qu’ils représentent le « Bien » [4] ne peuvent pas se comporter de cette façon. Comme des snipers. De jeux-vidéos... Quels que soient les crimes perpétrés par ceux qu’ils « traquent »... Quant à ces manifestations de joie, elles étaient insupportablement indécentes, indignes d’un peuple dit : civilisé. Mieux aurait valu le silence. Total.
Il ne s’agit pas de Morale, il s’agit de savoir ce que nous voulons (et d’être conscient de l’image que nous renvoyons). S’il est vrai que les Etats « démocratiques » souhaitent ardemment servir de référence (aux pays arabes, notamment, ceusses qui font présentement leur révolution), alors cette exécution est une erreur. Tout comme ce qui s’est passé ensuite, je veux dire l’abracadabrante « immersion du corps ». [5]
Dire au monde entier que toute cette « opération » aurait à voir avec la Justice, et le répéter, encore, toujours, sachant que c’est un modèle, un référent qui le dit, est une incitation à, non pas, « rendre la justice », mais à « se faire justice ». Ce qui n’est pas du tout la même chose.
Les mots ont un sens. Les actes, itou. Celui-ci aura des conséquences (lourdes).
Et l’on peut bien me rétorquer qu’un procès eût été très compliqué, suscité bien des réactions (y compris violentes) il aurait, à la réflexion, mieux valu. Parce que, au terrorisme, on ne peut pas répondre par une autre barbarie. Il n’y a pas d’autre choix qu’une réponse qui ait à voir avec la Justice, au sens noble du terme. Sinon, ne nous présentons plus comme des « modèles de démocratie ». Et ne nous étonnons, surtout pas, que « chez nous », des hommes prennent un fusil pour « se faire justice » croyant « la rendre ». Car le danger est là. Pas seulement à l’extérieur. Il a des conséquences, aussi, à l’intérieur.
Bref, nous n’avons pas fini d’en baver.
D’avoir de gros problèmes de « voisinage ».
Et – quitte à faire dans l’imagerie nordiste – de sanglantes « Little Big Horn » en perspective.
[1] Geronimo ! Décidément, ces américains n’en ratent pas une ! M’est avis que ce qu’il reste d’indiens sur le sol américain, doit être ravi d’apprendre qu’on les considére comme des terroristes de catégorie une... Au regard de leur Histoire et de ce que les « américains » en ont fait, c’est un « nom de code » pour le moins déplacé, voire foireux. Si ce n’est : proprement scandaleux.
[2] C’est du moins ce que John Brennan (conseiller de Barack Obama pour l’antiterrorisme) aura fini par lâcher : que Ben Laden « n’était pas armé ».
Rappelons que c’est le même qui, quelques heures après « l’assaut » affirmait qu’Oussama Ben Laden était « armé » et que, de surcroît, s’était servi d’une femme comme « bouclier humain ».
C’est encore John Brennan qui nous assure (le mardi 3 mai 2011) que « si nous avions eu la possibilité de le capturer (Ben Laden) nous l’aurions fait ».
Or donc, nous en concluons que « capturer » un homme « qui n’était pas armé », manifestement, c’est impossible… Même pour les meilleurs.
[3] Les deux actualités concernaient le rapatriement des huit corps français victimes de l’attentat de Marrakech avec une déclaration solennelle (et particulièrement pasquaïenne : « Les terroristes ne nous terroriseront pas ») de Nicolas Sarkozy (avec en bonus, une larme plein écran de son « épouse ») et les boîtes noires du vol Rio-Paris.
[4] A partir du moment où tu définis un « Axe du Mal » c’est que tu te places (et considères) dans le camp du « Bien ». N’est-ce pas…
[5] Il y eut, jadis, un autre corps, en cendres, qui fut « immergé ». Il s’agit de celui d’Adolf Eichmann. Mais lui, fut « capturé » et jugé. Je veux dire que dans ce cas, la Justice put faire son travail. Ce qui, d’une certaine façon, éclaira l’Histoire. Alors que là…
17:11 Écrit par Philippe Sage dans Devoir De Mémoire[s] | Lien permanent | Commentaires (29) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : oussama ben laden, barack obama, geronimo, navy seals, john brennan, exécution de ben laden, justice est faite, rendre justice, se faire justice, corps immergé, lutte contre le terrorisme, civilisation |
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31 mars 2010
Mais De Quoi, Ou De Qui, Rient-Ils ?
02:17 Écrit par Philippe Sage dans Le Choc Des Photos | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, barack obama, moralisation du capitalisme, le monde c'est rigolo, et nous ? |
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18 décembre 2009
Copenhague Ou La Victoire De L’Imparfait
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Or donc voilà, à Copenhague, il l'a dit le président des États-Unis. Barack Obama veut un accord !
C'est une bonne nouvelle, non ?
Sauf que, monsieur "Yes We Can" se contenterait d'un accord même "imparfait".
Imparfait ?
Pardonnez-moi, mais je trouve que l'imparfait se conjugue mal avec notre futur ...
16:21 Écrit par Philippe Sage dans La Tristesse | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sommet de copenhague, barack obama, un accord imparfait, arnaque à copenhague, réchauffement climatique |
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02 février 2009
De L’Irresponsabilité Selon Nicolas Ou Selon Barack
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Barack a beau être, dixit Nicolas, un “copain”, ils n’ont cependant pas la même définition du mot : irresponsable.
Et pis d’abord, ça veut dire quoi : irresponsable ?
Prenons un Robert de base, rendons-nous à la page 625 et lisons :
Irresponsable : 1 Qui devant la loi n’est pas responsable, n’a pas à répondre de ses actes. Les aliénés sont irresponsables. 2 Qui se conduit sans assumer de responsabilités, sans envisager les conséquences …
Bien.
Voyons maintenant qui est “irresponsable” selon Nicolas et selon Barack.
21:57 Écrit par Philippe Sage dans Crise Financière, Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : barack obama, nicolas sarkozy, irresponsabilité, sud, syndicats, crise financière, moralisation du capitalisme |
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23 janvier 2009
Ah C’Que Tu Es Drôle, Marie-Ségolène !
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Ah mon ami, sur la vie de ma mère .. de Noël Mamère, je te le jure, ça m’a pris comme une envie de pisser, me suis dit que trop c’était trop et que, chevalier blanc cassé, j’allais m’armer de mon plus beau clavier pour défendre, bec et ongles, la Marie-Ségolène.
Oui, mon ami, et je te prie de me croire, je voulais m’extraire de la meute bêlante de ces blogueurs à la petite semaine qui, tels des chiens de catégorie une - dépassant dans l’ignominie ceusses cités par François Mitterrand lors de l’inhumation de Pierre Bérégovoy - se jettent, morfalous, sur les continuelles dépêches pour, en quelques mots haineux et mal branlés, torcher leur fiel sur la Dame de Melle !
Ces Jean-Foutre de blogueurs qui ne prennent jamais le temps de vérifier, de leurs sources, quelconque véracité, qui n’attendent même pas les justifications de leur(s) victime(s), tant ils ne pensent qu’à publier et fissa, "buzzer" toujours et encore, afin de, les sombres fats, se retrouver cités à “con paraître” en page lambda d’une serviette, écho du torchon qui leur sert de cerveau, l’opportuniste et déjà mort Vendredi.
Or donc, j’avais dans l’idée de prendre la défense de cet éléphant femelle qu’est la Marie-Ségolène, même que, je l’avais là, “chevillé au corps”.
Je voulais prouver que oui, et n’en déplaise au journaliste du Monde visiblement hermétique au comique poitevin et charentais réunis, que Marie-Ségolène était toute remplie d’humour, à défaut d’autre chose.
Car enfin, comment pourrait-elle en être dépourvue, elle qui vécut des décennies auprès de François Hollande ?
Non, mon ami, ce n’est pas de vivre auprès de François qu’est drôle, c’est que l’homme EST drôle.
Et que l’homme rigolo ne pourrait vivre plus de six semaines et demi auprès d’une femme qui ne l’est point.
C’est marqué dans la Bible.
Oh je sais c'que tu vas me balancer, cette légende qu’on nous rabâche et narrant, peu ou prou, que François Hollande est un homme super drôle ne sont que calembredaines et autres foutaises.
Que nenni, je te rétorque !
Ca n’est point légende, mais vérité.
Et je m’en vais te le prouver ...
15:56 Écrit par Philippe Sage dans Amusons-Nous ! | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ségolène royal, barack obama, obama m'a copiée, bfm tv, françois de la brosse, jean-françois copé, humour |
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05 janvier 2009
Obama : Motus Et “Bush Cousu”

Tu te souviens de cette histoire d’Ossétie Du Sud en août dernier ?
Le timing était parfait.
La Géorgie profitant du fait que le Monde avait les yeux tournés vers les J.O. Pékinois avait lancé (avec la bénédiction de l’administration Bush ?) une offensive dans cette région séparatiste, encerclant en deux coups de cuillères à pot la capitale, Tskhinvali, provoquant l’ire et une intervention armée des Russes, suscitant une émotion (“sans précédent !” il va sans dire ..) de la Communauté Internationale, exacerbant le volontarisme à tout crin et désormais légendaire(ment ridicule) de notre Chef d’État …
... Puis, enfin, voyant que cela tournait au vinaigre, une réaction claire et nette des États-Unis :
"J'ai dit que j'étais profondément inquiet devant la réaction disproportionnée de la Russie et que nous condamnons fermement les bombardements en dehors de l'Ossétie du Sud.” [George W. Bush Jr – 11 Août 2008]
Et là, tu me dis :
Mais quel rapport avec la Bande de Gaza où les morts se “Hamas” à la pelle ?
Ben le timing !
J’te rappelle que le 10 février prochain auront lieu, en Israël, des élections législatives anticipées qui vaudront leur pesant de cacahuètes.
Là aussi, d’une certaine façon, c’est d’une “guerre sans merci” dont il s’agit.
Mais surtout, l’État Hébreu a profité d’une fantastique fenêtre de tir offerte par cette bizarrerie toute américaine qui consiste à élire un “nouveau” Président (un 4 novembre) pour ne l’investir que deux mois et demi après (le 20 janvier prochain).
Durant ce laps de temps conséquent, assez grand en tous les cas pour mener une opération militaire d'envergure (assurément planifiée de longue date) que veux-tu que ça lui foute à Bush et à son administration sur le départ, qu’Israël pilonne Gaza, femmes, enfants et civils compris ?
Rien.
D’autant plus qu’ils sont d’accord, et même que c’est avec grand amusement qu’ils observent notre excité de service, notre si volontaire Nicolas Sarkozy, se faire inviter à bouffer, tenter en deux jours de jouer les pompiers de service, ce qui ne sert à rien, vu que les lances, les tuyaux, les dévidoirs, les échelles et les haches, ce sont les américains qui les ont.
C’est eux qui contrôlent le périmètre, si tu préfères.
Ah là, contrairement à la "réaction" Russe d’août dernier, pour la Maison Blanche, celle d’Israël n’est pas disproportionnée – et pourtant, elle l’est. [*]
Cette fois, la "violence n'est pas inacceptable" ...
Et puis, pas question de soutenir le Conseil de Sécurité proposant un cessez-le-feu. Au contraire, on s’y oppose.
De toutes les façons, à quoi cela servirait-il vu qu’Israël ne respecte pas les résolutions de l’ONU (242 à ce jour) ce que, soit-dit en passant, la Communauté Internationale, États-Unis d’Amérique compris, ne tolérerait pas d’un quelconque autre pays que ce soit !
Ceci étant dit, je vais te surprendre, mais cette opération “Plomb Durci” (Ils doivent s’éclater, comme des malades, les gars qui trouvent des noms à la con pour leurs opérations meurtrières) a au moins un mérite :
Pour tous les gros naïfs, les doux rêveurs, qui voyaient en Barack Obama un formidable espoir pour l’avenir de cette planète, qui pensaient oui, que cet homme et son incroyable charisme allaient changer la face du Monde, j’ose espérer que “a y est” vous êtes redescendus sur Terre.
Tant son silence est édifiant.
Pas un mot du nouveau Président américain sur cette boucherie qui, tu le verras, prendra fin juste avant son investiture.
Oui, je sais, Obama a déclaré qu’il n’y avait qu’un seul président des USA, en l’occurrence, jusqu’au 20 janvier, il s’appelle Bush.
Tu veux que je te dise ?
Ça s’appelle botter en touche.
Et de façon assez minable.
Ben si.
Tu veux peut-être que j'te rappelle toutes les affreuses gentillesses qu’Obama a sorties lors de sa campagne sur son futur prédécesseur ?
Et puis, concernant les attentats de Bombay, curieusement, là, il n’y avait pas un seul Président ! Il me semble bien qu’Obama se soit exprimé et assez fermement. Non ?
Et d’ailleurs, il s’exprime tous les jours.
Par exemple aujourd’hui, lundi 5 janvier 2009, il a annoncé une réduction d’impôts de 310 milliards de dollars.
Le 30 décembre dernier, il a fait part de son souci de ne laisser personne sur le bord du chemin … numérique, en proposant, notamment, d’équiper les bus scolaires en Wifi (on ne rigole pas, siouplait, les gens …) !
Le 21 décembre, il déclarait vouloir créer, en deux ans, 3 millions d’emplois aux États-Unis.
Et le 10, il nous annonçait que dans le cadre d’une main tendue au monde .. musulman, il ferait un discours "important" dans une capitale .. islamique.
Tu vois qu’il cause, quand il veut, cet Obama.
Mais là, non.
Et tu sais pourquoi ?
Parce qu’il est d’accord.
Parce qu’il mènera la même politique que Bush au Proche-Orient.
Parce que c’est avant tout, un américain, rien d’autre qu’un américain.
Son “Yes We Can !” n’était qu’un slogan publicitaire.
Tout comme “Ensemble, Tout Devient Possible !” en était un.
Or donc, le seul point positif de cette horreur que l’on nous dépeint unilatéralement sur nos télés occidentales, c’est qu’elle va surtout mettre du plomb (durci) dans la tête de ceusses qu’avaient pas encore percuté ceci :
Obama ne représente aucunement l’espoir, mais la continuité d’une politique.
Et d’ailleurs au fur et à mesure qu’elle se constitue, son équipe se révèle être plutôt bien ancrée à droite.
Yes We Can ?
Yes We Can, My Ass, oui …
[*] Je ne sais pas de quelles armes de destruction massive sont équipés les soldats du Hamas, mais apparemment, ils sont totalement dépourvus de défense anti-aérienne, t’as remarqué ? … Quant à leurs roquettes, elles datent de quand ? … J’espère, au moins, qu’ils ont des fusils à pompes, ou à défaut, des cutters en bonne et dûe forme pour les corps-à-corps sanglants qui se profilent, voire qui ont déjà lieu.
A Lire Absolument :
Construire L'Ennemi Par Mona Chollet
Les Vraies Raisons De La Guerre Par Johann Hari
Israël A Manqué Un Rendez-Vous Avec L'Histoire Par Ury Avnery
Les Sharoniards Par Plan B
Les Champs De Gaza N'Ont Jamais Existé par Viktor Dedaj
22:58 Écrit par Philippe Sage dans Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gaza, tsahal, hamas, plomb durci, george w. bush jr, barack obama, yes we can my ass |
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05 novembre 2008
Obamadeus !
Tout comme toi, tu sais, me suis demandé si je ne rêvais pas, et vas-y que je me pinçais, me giflais, me scarifiais presque !
Allons-allons me disais-je, réveille-toi mon ami, tout ceci n'est pas réel, pas Dieu possible, j'le crois ni ma mère, ni ma race !
Mais non-non-non, tout comme toi, je constatais que ben si, c'était pas un rêve, c'était vrai de chez pas faux.
What ?
Mais non, j't'cause pas de la victoire de Barack Obama !
Je le savais, moi, qu'il allait gagner.
Depuis longtemps, même.
Depuis when ?
Oh, à vol d'oiseau, depuis 2002.
Facile.
J'dis n'importe quoi ?
Ben oui.
Et alors ?
C'est pas moi qui ai commencé.
C'est Bernard-Henri Levy.
Bernard-Henri, il a dit qu'il avait rencontré Barack en 2004, alors que personne ne le connaissait, et qu'il avait bien senti, Bernard-Henri, que cet homme était le "JFK noir" de demain.
C'qu'il est trop fort ce BHL, tout de même !
Sauf qu'il nous l'a dit hier, mardi, soit la veille de l'élection d'Obama, sur un plateau télé.
C'est ballot.
Ben si !
Parce que tu vois, moi, si j'avais rencontré le "JFK noir" comme il dit, trop fier de ma découverte, j'aurais pas attendu quatre ans pour l'annoncer.
Tu me suis ?
Or donc, disais-je, ce matin, très tôt, me disais que c'était pas Dieu possible enfin ! Que, mazette, boudu et saperlipopette, je devais rêver tant ce que j'entendais me ravissait.
Tant surtout, je mesurais le chemin qu'ils leur restent à parcourir à nos petits, tous petits-petits-petits politiques français.
Car que se passe-t-il en France lorsque tombent, à 20 heures, les résultats d'une élection présidentielle ?
Eh bien, je vais te le dire :
Un truc pathétique.
Comme par exemple, Giscard, qui, battu par Mitterrand le 10 mai 1981, nous offre un piteux spectacle, une sortie théâtrale, dérisoire, pompeuse et pompante, concluant son pauvre discours par un "Au Revoir" ridicule.
A peine a-t-il salué le vainqueur, à peine lui a-t-il souhaité bonne chance, juste il invoqua "la providence", la seule selon lui, à pouvoir sauver notre pays du choix que par les urnes il s'était donné.
Comme aussi, plus près de nous mon Dieu, la Dame de Melle, la Marie-Ségolène, qui du bout des lèvres souhaita "au prochain président de la République - oui, elle n'a même pas cité son nom .. - d'accomplir sa mission au service de tous les français ..." avant de nous asséner un pénible discours, uniquement destiné à SES militants, SES supporteurs et SES électeurs, discours au bout duquel elle promettait de les emmener vers ... d'autres victoires !
Infoutue de reconnaître SA défaite, incapable de s'adresser à SON pays, juste bonne à continuer de prêcher auprès de SES ouailles.
Il n'en est pas de même aux États-Unis d'Amérique.
Où là, pardonne-moi de le concéder, mais c'est la grande classe.
Ainsi John McCain qui déclare que - je le cite :
"Cet échec est le mien, pas le vôtre !"
Puis il poursuit magistralement ainsi :
"Le peuple américain a parlé, et il a parlé clairement (...) C'est une élection historique (...) Je reconnais la signification particulière qu'elle a pour les noirs américains (...) Je lui promets - à Barack Obama - ce soir, de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour l'aider à nous faire traverser les épreuves qui nous attendent (...) Ce soir, je n'ai que de l'amour pour ce pays (...) Je souhaite que Dieu aide celui qui fut mon adversaire !"
Avoue que ça a de la gueule, non ?
Oh certes, ils ne se sont pas balancés que des gentillesses durant la campagne, mais c'est le jeu !
On ne gagne pas une bataille à grands coups de bouquets de fleurs !
Seulement, tu vois, quand la bataille est finie, qu'elle a livré le nom du vainqueur, eh bien, aux Stasunis, le vaincu lui rend hommage.
Quand verrons-nous ça en France ?
D'autant plus, pince-moi je rêve, que c'est tout aussi élégant et respectueux dans l'autre sens avec Barack Obama saluant un John McCain qui "a bataillé dur et longtemps au cours de la campagne, et il s'est battu plus durement et plus longtemps encore pour le pays qu'il aime. Il a enduré des sacrifices pour l'Amérique que la plupart d'entre nous ne peuvent même pas imaginer, et nous avons profité des services rendus par ce dirigeant courageux et altruiste".
Il ajouta qu'il félicitait également sa colistière, Sarah Palin, qu'il était impatient de travailler avec eux, puis s'adressant aux Républicains, il eut ces mots :
"Je n'ai peut-être pas remporté votre vote, mais je vous entends, j'ai besoin de votre aide, et je serai également votre président".
Ah c'est autre chose que Nicolas Sarkozy avec son "J'ai une pensée pour Madame Royal, je veux lui dire que j'ai du respect pour elle .. " qui suintait plus l'ironie qu'autre chose, ben tiens que le respect par exemple !
Mais attends, c'est pas fini !
Même George W Bush Jr a été impeccable.
Après avoir adressé ses félicitations à "Monsieur le Président élu !"
Il ajoutait :
"Quelle nuit superbe pour vous, votre famille et vos partisans (...) Je promets que cette transition se passera en douceur. Vous êtes sur le point d'entreprendre l'un des plus grands voyages de votre vie."
Alors bien sûr, je ne suis pas naïf comme le premier Jospin venu.
Je sais bien qu'il y a derrière cette symphonie de mots, quelques arrières-pensées inavouables, quelques rancoeurs, que oui, c'est aussi du théâtre, de la mise en scène, du dialogue cousu main pour faire passer le message au reste du Monde, que l'Amérique qui est super gentille, humaine et tout le tralala est de retour (alors que c'est pas gagné ..) mais tout de même, ça a une autre tronche que les pauvres discours égocentrés des vaincus comme des vainqueurs de nos Présidentielles à nous.
Et ils seraient bien inspirés, les Sarkozy, les Royal, et demain les Bertrand, les Copé, les DSK et même les Bayrou, de prendre de cette hauteur, de tendre vers cette élégance, se réjouir d'un scrutin, plutôt que de le détourner à leurs maigres profits, pensant déjà à prendre leur revanche au coup suivant.
Pour le reste, cette orgie d'images, toujours les mêmes depuis ce matin sur nos écrans de télévision, ces analyses à balle deux sur ce qui va se passer dans le Monde avec l'élection d'un afro-américain à la Maison-Blanche, et les déclarations élogieuses et dégoulinantes d'hypocrisie de nos politiques, me fatiguent, mais à un point !
Me demande même quand est-ce qu'ils vont oser nous balancer le "Imagine" de John Lennon, ces cons d'abrutis !
Obama est élu.
Tant mieux.
Mais surtout bonne chance.
Il en aura sacrement besoin.
Parce que oh ! Il ne faudrait tout de même pas oublier que Obama ou pas, l'avenir du Monde est aussi sombre qu'un requiem de Mozart.
PS : Et si on pouvait arrêter avec cette expression de "JFK noir" .. Tant elle est déplacée et grotesque ...

Et la palme du con qui n'hésite pas à repousser les limites est décernée à Roger Karoutchi, UMP et secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement pour cette déclaration à la con qui lui ressemble tellement il est très con et sans le moindre scrupule :
"La victoire d'Obama est celle de la rupture. En cela, elle rappelle celle de Nicolas Sarkozy en mai 2007".
Bravo mon pote, dans la récupération pire que dégueulasse et plus qu'outrancière, t'es du genre minablement imbattable.
L'image même des petits-petits-petits-petits zobs politiques de chez nous qu'on souhaite ardemment ne plus voir, ni entendre.
19:19 Écrit par Philippe Sage dans Politiquement Très Incorrect | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : barack obama, john mccain, george w. bush jr, personnel politique français, orgie médiatique |
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