04 mai 2010
Tu Devrais Aller Lire Ceci ..
Extrait :
"La police nationale est subséquemment de plus en plus considérée par la population, et jusque dans les rangs de certains de nos collègues les plus inexpérimentés, comme une force étrangère à la population, qu’elle devrait « mater » et non protéger" ..
Ici : l'avant, le pendant, et l'après.
Merci de prendre le temps, camarade(s) ..
Zik bonus :

01:44 Écrit par Philippe Sage dans Devoir De Mémoire[s] | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : police, population, république, citoyenneté, droits, devoirs, justice, bénédicte desforges |
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03 mars 2010
“Police, Mon Amour” de Bénédicte Desforges
Or donc, trois ans après “Flic - Chroniques de la police ordinaire”, Bénédicte Desforges nous revient avec “Police, Mon Amour – Chroniques d’un flic ordinaire”.
Après le recto, le verso.
Et ça prend aux tripes, ça secoue, deux tons, gyrophare, pas de héros, que des regards.
Une mémoire.
Qui émeut, ébranle et balaie tous les derniers clichés ou autres idées reçues sur un métier, celui de gardien de la paix. Ces flics en uniforme dont on ne parle jamais. Ceusses qui patrouillent avec un gros “Police” dans le dos, les voici ! Et c’est pas du Julie Lescaut, du Navarro, abracadabrantesques séries “policières” sorties de l’imagination pénible de quelques scénaristes de troisième division, non ! Là c’est du brut, et de décoffrage ; c’est du réel. Et dont personne ne sort indemne. Pas même elle, pas même Bénédicte Desforges.
“Police, Mon Amour” n’est pas la suite de “Flic”. Mais son aboutissement. Oh certes, on retrouve ce style, percutant, précis, à la virgule et au “poing” près ; ces “scènes”, ces “images”, ces “sons” qui se succèdent avec juste ce qu’il faut de mots, toujours les bons, ciselés, imparables ; oui, comme dans “Flic” elle va droit à l’os, Bénédicte, et pourtant quelque chose a changé, dans le ton, le regard, encore et toujours le regard. Il nous bouleverse, souvent. Nous déstabilise et nous déshabille. Voilà même qu’on se reconnaît, au détour d’une page, cet automobiliste, ce “sale con”, celui qui s’en fout, qui grille tout ce qu’il peut, celui qui ne sait pas, ne connaît rien de l’horreur, du désespoir, de ce drame survenu sur l’A86, cette femme, son bébé, ce gardien de la paix qui hurle, impuissant, putain aidez-moi ! Oui, cet automobiliste, on l’a tous été, au moins une fois.
La route, ses accidents, terrifiants, cela fait partie du quotidien peu réjouissant d’un gardien de la paix. Comme garder une rue, déserte, toute une journée durant. Attendre. Compter les pavés. Funambule. Les fleurs, regarder pousser ou effeuiller, “un peu, beaucoup, à la folie”. Et puis, attendre encore. Un cortège présidentiel, qui jamais ne viendra. Ou alors pas de ce côté-là. Mais voilà que, déjà, ça repart, et pas qu’un peu, deux tons, gyrophare, un braquage, un différend familial, un suicide ; la routine ? Même pas ! On a beau avoir du métier, en avoir vu des “scènes”, des “images”, elles ne sont jamais les mêmes, tout le temps elles vous surprennent et vous cueillent. Y’a de quoi rendre carte, insigne et pétard, tant la brutalité est féroce, l’ingratitude est constante, et maigre, si maigre, la reconnaissance.
Faut-il avoir les nerfs en acier trempé, une solidité à toute épreuve, et de l’humour, une sacrée bonne dose d’humour, aussi ! Parfois il éclate, complètement, pleine page, et ça fait du bien ! Ah, ce ministre de l’Intérieur qu’un collègue prend, en toute bonne foi, pour un acteur célèbre et zozotant ! Cette escapade à Londres ou encore cet attaché parlementaire prétendant que “tout le Parlement va aux putes”, que “la France entière se fait tailler des pipes”, un attaché parlementaire aux jambes étranges … Ça vous distrait des macchabées, carbonisés, éventrés, des chaussures qui saignent ou de ces têtes qui ressemblent à des pizzas. Du poids des corps. Et de celui des insultes. Ah, si encore le gardien de la paix pouvait compter sur sa hiérarchie, mais non ! Cette hiérarchie travaillée, obnubilée par le rendement, le “chiffre”, ou par un détail insignifiant, déplacé, à ce point que c’en est obscène. Plus encore que les “scènes”, les “images” et les “sons” que croise et se fade quotidiennement le gardien de la paix. Prolétaire de la rue. Prolétaire jusqu’au bout.
Oh bien sûr, il s’en trouvera quelques uns pour dire que, oui, bon, c’est bien joli tout ça, mais enfin, cette police-là, c’est avant tout celle de Bénédicte Desforges ! Une police rêvée, parce qu’humaine, trop humaine ! Non mais attendez, à la lire, on en viendrait à l’aimer, la police ! Convenez que tout de même, c’est un peu fort de café !
Sauf que, ce n’est pas une police rêvée, c’est juste une police qui s’en va. Qui a vraiment existé. Mais qui s’en va. Petit à petit. Une police qu’on démembre, qu’on désosse, qu’on brade. C’est cela qu’il faut lire, entre toutes ces lignes ; c’est cela qu’il faut comprendre, le danger qui nous guette, un avenir qu’a une sale gueule, Minority Report, police privée, où tout le monde en prendra pour son grade. Cette police, celle des Anciens, est en train de disparaître, et nous ne faisons rien. Assis sur nos canapés, confortables, regards vissés sur cette putain de télé. A préférer des Julie Lescaut ou des Navarro, quand ce ne sont pas les héros tristes et fatigués du cinéma éthéré d’Olivier Marchal.
Voilà pourquoi ce livre (d'une belle littérature) est essentiel, urgent, un livre magistral, celui d’une femme qui aura tout donné, et qui, au final, la mort dans l’âme, sur la pointe des pieds, au matricule réduite, a quitté bien plus qu’un métier ; un amour. Eternel. Mais perdu.
”Police, Mon Amour – Chroniques d’un flic ordinaire” de Bénédicte Desforges [Anne Carrière Editions] sort en librairie le jeudi 4 mars 2010. [274 pages – 17,10€]
17:20 Écrit par Philippe Sage dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (44) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bénédicte desforges, flic, police, police mon amour, chroniques d'un flic ordinaire, anne carrière editions |
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18 août 2009
Qu’Est-Ce Que Tu Vas Faire De Moi ?
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J'suis qu'un p'tit mec sans importance.
Qui se branle sur l'Internet.
Qu'éjacule des points, des guillemets, des virgules.
Et vas-y que j'me pignole le cassis, jusqu'à ce que, par à-coups, elles giclent, les garces, en paraboles fadasses et métaphores de pétasses.
Les apocopes, les aphérèses, toutes ces grognasses, j'te les fais reluire, moi, j'te les astique, et copieux.
J'suis qu'un foutriquet qui s'croit fertile de l'imagination, un écrivaillon du pénible qui s'répand, se vautre et s'étale en geignarderies, en regarde comme j'ai mal, au cœur comme au cul.
J'suis qu'un malfrin qui s'croit malin, qui fait dans l'épate al dente, la bite au poignet, turgescent de l'égo, décalotté du cervelet, bandant de suffisance, et dans le falzar, la présomption d'un jean-foutre.
J'suis qu'un baba qu'a viré bobo, un va-nu-pieds, un vagabond, un prisonnier de l'inutile, un solitaire de pacotille qui s'envoie sa bibine avant que la rosée s'radine.
J'suis qu'un taciturne, handicapé verbal, orphelin de la glotte, une vache limousine qui s'émeut quand, sans mots dire, elle les voit passer ; les trains, ceux du bonheur.
J'suis qu'un sniper de Blog, qui mitraille et balance des comm' à la con et se fait agonir comme un péquenot.
Ah le joli ramponneau qu'il s'est pris le cul-terreux !
Comme il s'est fait gravement estourbir, le morveux !
J'en ai le cœur qui bagotte.
Tellement c'est bien fait.
Pour ma gueule.
Faut pas lui chatouiller les arpions, à la dame, sinon, elle t'envoie paître, à jolis et grands coups de tatanes.
C'est tellement bon, que j'en redemande !
Oh oui, vas-y, refous-moi z'y une trempe, colle-moi un aller sans retour, botte-le moi l'arrière-train.
Vrille-les moi, mes baveries.
Atomise-les, mes calembredaines.
J'suis qu'un petit mec sans importance.
Qui se branle sur l'Internet.
Qu'éjacule des points, des guillemets, des virgules.
Et pourtant.
Et pourtant, j'en rêve, j'en pète, de m'y introduire dans votre tatouée parenthèse.
J'me f'rai belle, tu verras, et par-devers moi, remiserai, paraboles et métaphores, ces pétasses fadasses issues de mon imagination pénible.
Ouais, moi le nourrisson, j'veux bien téter du bonheur, tâter de la peau lisse, tutoyer vos courbes, les bouleverser de maladresse.
Quand bien même, le saviez-vous, un homme heureux ne peut-être, en définitive, qu'un "mâle heureux".
Alors, dis-moi, maintenant que t'en sais plus, sur ce mec, ce bobo qu'a mal, mal.
C'te écrivaillon à la petite semaine qu'à le réveil bougon mais qui en pince pourtant, qu'aurait même comme le béguin et des envies de train.
Ouais, maintenant que t'en sais plus sur le mondain qui fait sa rebelle de jour, sa diva de salon, dis-moi :
Qu'est-ce que tu vas faire de moi ?

16:16 Écrit par Philippe Sage dans Entracte | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bénédicte desforges, philippe sage, toulouse, saint-maur-des-fossés, eternité |
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19 juillet 2009
Le Flash-Ball Entre Quatre Yeux
Discussion à bâtons (et matraques) rompus à propos d’une arme « non-létale » nommée « flash-ball » entre Bénédicte Desforges, lieutenant de police, et Philippe Sage, gauchiste free-lance.
PS : Avant d'entrer dans le vif (un œil perdu suite à un tir de flash-ball) et considérant que cet entretien sera rendu public, allons-nous procéder comme Martine (Aubry) et Manuel (Valls) soit nous tutoyer allégrement tout en nous gratifiant à tout va de « Ma chère Bénédicte » et de « Mon cher Philippe » ou restons-nous à distance réglementaire, s’il en est ?
BD : Puisqu’il nous faut commenter l’actualité avec dérision et mauvaise foi, que je te vois bien parti dans cette voie, et que je suis en mesure – j’ai déjà le doigt sur la détente - de tirer en-deçà de la distance règlementaire, je veux bien prendre le rôle du flic qui tutoie systématiquement. Ça te va ?
PS : Disons que je prends le risque de t’accorder ma confiance, aveugle il va de soi.
Or donc, dans la matinée du 8 juillet dernier, à Montreuil, sur ordre de la préfecture de Seine-Saint-Denis, une quinzaine de personnes (des squatteurs) sont évacués des locaux d’une ancienne clinique. Apparemment, sans heurts, ni brutalités. Le soir même, une trentaine de personnes organise un dîner qualifié de festif (trois immenses tables de gnocchi) sur la voie publique. Ils protestent « pacifiquement » contre la fermeture du squat et l’expulsion de ses occupants. La police intervient. Cinq personnes ont été touchées « toutes au dessus de la taille » par des tirs de flash-ball. L’une d’elles, Joachim Gatti, a perdu un œil …
Ce que je ne comprends pas, dans ce cas précis, c’est l’utilisation du flash-ball. En quoi, se justifie-t-elle ?
19:08 Écrit par Philippe Sage dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (44) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : flash-ball, joachim gatti, montreuil, police, igpn, igs, bénédicte desforges |
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