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14 avril 2009

Nicolas Sarkozy, Le Président Qui Parle Mal La France

Cet Ouvrage Est Etranger à Nicolas Sarkozy

Nicolas, qu’est notre chef de l’État, y jacte pas comme les Présidents d’autrefois, style De Gaulle, Giscard ou Mitterrand, soit avec joliesse et tout le tralala, non, y t’cause comme le populo, même que bientôt, j’veux dire à c’tarif-là, tu verras, Nicolas, il nous lâchera un gros “ta mère !” de compétition.
Du genre :

Si y’en a qu’ça les démange d’augmenter les impôts, ta mère ! Mais qu’y s’gênent pas !

Ta race, j’déconne pas, ça va finir par survenir, comme la misère qui, au jour d’aujourd’hui, s’abat grave sur le peuple !
Non mais ‘gade comme y s’meut et comme y cause !
On dirait Jean-Claude au bistro qu’aurait tout bouffé un Tony Montana au p’tit déjeuner !

Tu sais quoi ?

A la différence de M’sieur Jaurès, le même Jaurès que Nicolas il a fait référence pendant sa campagne et tout, à la différence de M’sieur Jaurès qui disait qu’un homme d’État y d’vait pas parler comme le peuple, question de distance, tu vois, de respect, Nicolas y doit s’dire en lui-même que si y parle mal la France, y s’ra plus proche des gens. Y s’ra comme eux, comme nous, quoi ! Et que comme ça, ben, le peuple des gens il le comprendra mieux à Nicolas.

Enfin, y s’dit ...

Ça doit être trop bien étudié, c’te affaire ! Y’aurait comme du coaching qui vient de ta mère … de loin, que ça m’étonnerait pas.
Parce qu’il a pas tout l’temps causé d’la sorte, Nicolas.
Fut un temps où y savait encore c’que c’était qu’un passé simple, un temps où, dans sa bouche, les français c’étaient pas des gens mais des français, quoi !
En fait, c’est quand y s’est retrouvé Ministre de l’Intérieur, en 2002, après Le Pen au s’cond tour, quoi – ... parce que sans Le Pen au s'cond tour de la 2002, Nicolas, à l’heure actuelle, y pointerait sa race au Pôle Emploi ... - qu’son français à Nicolas y s’est tout barré en schweppes.
C’est là qu’il a viré les négations (“J’ai pas été élu ...” au lieu de : “Je n’ai pas été élu ...”) d’son discours comme j’fais là en torchant c’billet.
Là, itou, qu’il a viré des tas d’lettres dans les mots, et vas-y que j’t’y foute des apocopes et des aphérèses à volonté et sans modération.
Ça doit faire plus France-qui-souffre, tu vois !
J’veux dire d’parler comme il parle, d’y dire “toubib” au lieu de “médecin” ou “boulot” au lieu de “travail”.

Nonobstant, si j’peux m’permettre ce barbarisme linguistique, nonobstant disais-je, y’en a qu’y disent que c’est un peu beaucoup la honte d’avoir un Président de la République qui cause comme ça. Que ça nous y fait du tort au niveau de l’international. Que c’est pas digne de la fonction. Même qu’ils ajoutent que, quand on est le Président de tous les gens .. de tous les français de l’UMP, on s’doit de bien parler la langue, surtout quand on impose, via m’sieur Besson, aux étrangers, de la maîtriser correct avant d’élire domicile et de taffer sur notre sol ! Qu’on doit vouvoyer le citoyen et pas l’tutoyer, que le citoyen, c’est pas un copain, et la preuve par douze que le citoyen il est pas tellement un copain que, dès fois, y lui dit “Touche-moi pas !” à Nicolas, même que ça l’énerve trop et qu’y répond : “Casse-toi, pov’con !” tout pareil que Jean-Claude du bistro quand on l’emmerde.
Comme y dirait Nicolas : “Chu pas persuadé qu’y z’ont raison ces gens-là !” mais bon, quand j’mate c’te vidéo, ta mère, j’avoue que c’est un peu la honte quand même qu’y soit not’président avec un langage de la sorte.
J’me sens trop sali.
Dans ma langue.

Tu sais re-quoi ?

J’redoute l’jour où Nicolas y va franchir le point de non-retour, le jour où qu’y va dire qu’au jour d’aujourd’hui "les gens" d’ce pays y croyent que, ou qu’y voyent que, et malgré que.
Ta race, c’jour-là, j’me casse loin d’ici, j’t’assure ! Me casse en attendant que ça s'tasse, et non pas parce que la France j’l’aimerais plus, mais parce que, attends, Nicolas, c’te fois, y torturerait trop fort la langue d’mon pays, celle de La Boétie, de Victor Hugo, de Rimbaud, de Balzac, Camus, icelui de la Princesse de Clèves, quoi !
Y’a quand même des limites à jacter pour de faux comme le populo, merde !
Y’a quand même une tenue à s’donner quand on est le Président de la France, ‘tain !
Même Georges Marchais qu’était communiste de catégorie trois, y causait pas aussi mal !

Ceci dit, qu’il me soit permis d’lui donner un conseil, à Nicolas.
Pour qu’y fasse encore plus peuple.

Le jour où, au lieu de dire :

J’ai téléphoné au Premier Ministre ..

Nicolas, y nous enverra un :

J’ai appelé à François Fillon !”

Alors ce jour-là, Nicolas, tu s’ras vraiment des nôtres !

Mais, putain de toutes les mères d’ce pays, faites que ce jour, y n’arrive jamais !

 
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