01 septembre 2011
A Propos D'Antisémitisme, Et De La Low-Cost, Sud Radio
J’étais au volant de ma voiture. Quand c’est tombé, ce lundi 22 août, peu avant 8 heures du matin, sur Sud Radio.
Je l’ai donc vécu, en direct.
Robert Ménard, c’est vrai, a tout de suite réagi. Mais il était déjà trop tard, c’était passé à l’antenne, comme on dit.
Des propos brefs, tenus par un auditeur (Christian), sans aucune ambiguïté possible : DSK, l’argent, les juifs…
Connaissant l’arrière-boutique radiophonique, et précisément celle-ci, et de surcroît, ayant très vite compris quel ton, quelle couleur, cette station voulait donner à son antenne pour bien marquer son arrivée à Paris, je n’ai pas été étonné. Je savais que ça arriverait. Eh bien voilà, ça n’a pas traîné...
La suite est à lire : ICI
NB : Merci B pour le détournement© du claim Sud Radio.
19:31 Écrit par Philippe Sage dans Je M'Excuse Mais Merde !, Opinion | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sud radio, robert ménard, eric mazet, antisémitisme, radio low-cost, populisme, michel cardoze, mathieu quetel, jean-eric valli, bertrand de villiers, la nausée, l'audience à tout prix, inculture, mise à pied, sanction du csa, dirigeants jamais sanctionnés, politique d'antenne, rmc, radio courtoisie |
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10 avril 2011
Journaux Télévisés : Ces Agressions Dont On Parle Et Celles Dont On Ne Parle Pas
Nous sommes samedi. Le 9 avril 2011. Sur France 3.
C’est le 19/20 présenté par Catherine Matausch.
Après la présentation des titres [1], cette édition s’ouvre avec un reportage sur un « tronc humain » trouvé par « un promeneur », « reste d’un corps » qui « pourrait être » celui de Laëtitia Perrais.
Puis, surgit un second sujet qui ne figurait pas dans les titres…
Sujet qu’est introduit comme-ci par la présentatrice du 19/20 :
« C’est la consternation à Villeurbanne, près de Lyon, où vraisemblablement parce qu’il était juif, un étudiant qui ne portait aucun signe distinctif a été violemment agressé par des jeunes du même âge. Une enquête de Sylvie Cozzolino et Jean-Eric Gay ».
Nous apprenons que l’étudiant en question se prénomme Jérôme, qu’il s’est fait agresser « en bas de son immeuble (…) jeudi dernier (…) à quelques centaines de mètres » d’une « école juive » dont il venait de sortir.
Des témoins racontent que « deux/trois personnes cagoulées (…) ont demandé s’il était juif (…) il a dit oui et ils l’ont agressé ; ils l’ont frappé avec un pistolet [2] et ils lui ont tiré dessus ».
Puis c’est un « petit groupe » de jeunes de la communauté juive qui « témoigne de [leur] quotidien » :
« On avait nos kippas sur la tête et ça nous insulte, ça nous tape, ça nous met des gifles (…) donc, euh, c’est inadmissible ».
Le commentaire précise alors que « l’an passé, 400 plaintes ont été déposées pour acte antisémite en France ».
Avant de laisser la parole à un représentant de la Licra [3] :
« Nous constatons, partout, notamment, donc, dans les banlieues populaires, dans les lieux sensibles, une prégnance, donc, de l’antisémitisme, auprès des jeunes, qui amène notamment des enfants juifs, de plus en plus souvent, à déserter l’école de la République pour des raisons de sécurité, et donc, aller se réfugier dans des écoles, euh, religieuses ou communautaires ».
Retour sur plateau où Catherine Matausch nous apprend que « Jérôme est sorti de l’hôpital encore sous le choc » et que « l’enquête a été confiée aux policiers de la sureté départementale » [4].
Il va sans dire – qui oserait le contester ? – que ce genre d’agression est épouvantable. Ceci étant, on peut aussi se demander, calmement, sereinement, comment les journalistes sélectionnent leurs sujets. Je veux dire pour quelles raisons, à quels titres, décident-ils en comité de rédaction de traiter d’untel et pas de tel autre.
En effet, comment expliquer qu’aucun Journal Télévisé n’ait daigné rendre compte de cette expédition d’un « commando d’une vingtaine d’individus » qui, le dimanche 3 avril dernier, « s’est attaqué au Cinéma Espace Saint-Michel (Paris) », cinéma qui diffusait « Gaza-Strophe, Palestine » le documentaire de Jamir Abdallah et Khéridine Mabrouk, expédition au cours de laquelle le projectionniste fut frappé [5] ?
Ce « commando » de la LDJ (Ligue de Défense Juive) a, en outre, promis de revenir pour « brûler le cinéma » !
Qui plus est, ce « commando » tentera de récidiver [6], deux jours plus tard, le mardi 5 avril, devant La Péniche Cinéma.
Pardonnez-moi – comme dit à tout bout de champ, Yves Calvi – mais je ne comprends pas ce qui motive les journalistes de nos « JT » à mettre en lumière telle agression « vraisemblablement » raciste et pas telle autre... Et j’irai même plus loin : qu’est-ce qui m’amène donc à penser que si le « commando » en question venait des « banlieues populaires » et qu’il s’était attaqué à une salle de cinéma diffusant un film glorifiant Tsahal, cela aurait fait un « excellent sujet », voire même la Une du JT ?
Alors je sais, du moins je me doute, que mes interrogations, que j’estime parfaitement légitimes, vont déclencher – peut-être – d’autres interrogations (aussi épouvantables que l’agression dudit Jérôme).
Par exemple : serais-je antisémite, par le plus grand des hasards ?
Ou simplement antisioniste.
Ce qui revient au même, dorénavant, vu que tout être critiquant la politique d’Israël, ou des actes menés par des militants sionistes, comme ceux perpétrés contre deux cinémas de la capitale, donc portant atteinte à l’ordre républicain, est derechef, classé dans le rang des antisémites (ainsi dernièrement, des gens fort respectables, comme Alain Badiou et Eric Hazan).
Or, il ne s’agit nullement de remettre en cause, de quelque façon que ce soit, l’utilité informative du reportage du 19/20 en date de samedi, pas même les propos qui y sont tenus, pas plus que la réalité de cette agression, il s’agit d’autre chose.
D’équité, pour être précis.
N’y avait-il pas 1’36 [4] de libre entre les 3 et 6 avril pour rendre compte de ce qui s’est passé, et qui est tout aussi « inadmissible » que l’agression de jeudi dernier à Villeurbanne, lors des projections de ce documentaire (unanimement salué par la presse) traitant de l’opération « Plomb Durci » sur Gaza, documentaire qui, sous la pression d’associations, se voit trop souvent déprogrammé (ainsi l’an dernier sur la chaîne France O, et plus récemment à Evry, commune administrée par le socialiste Manuel Valls) ?
Bref, quel est donc la, ou les raisons, qui conduisent nos « JT » à taire certains faits et à en privilégier d’autres, alors que « vraisemblablement », ils sont, peu ou prou, de même nature ?
[1] Ces titres étaient au nombre de cinq :
Affaire Laëtitia : un corps humain retrouvé.
Côte d’Ivoire : la vie redémarre.
Carrefour : la bataille des hypers.
Vu de : au cœur de Fessenheim.
Fondation Pinault : Eloge du doute.
[2] Le commentaire nous apprendra que les « agresseurs » étaient munis d’un pistolet à grenailles.
[3] Il s’agissait de Patrick Kahn, de la Licra Rhône-Alpes.
[4] Le tout, lancement, reportage, et reprise, aura tenu 1’36 de ce 19/20.
[5] Le projectionniste en question a déposé plainte.
[6] « tentera » car la police présente sur les lieux les en empêchera.
18:58 Écrit par Philippe Sage dans Opinion, Télévision, Piège à Cons | Lien permanent | Commentaires (31) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : antisémitisme, acte antisémite, licra, ligue de défense juive, journaux télévisés, agression raciste, gaza-strophe, militants sionistes, déprogrammation de gaza-strophe, plomb durci, inéquité des jt, sujets traités par les journalistes, frilosité des jt |
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26 mars 2011
Front National : Va Falloir Se Mettre Au Travail, Les Gars !
Elle est partout, la Marine. Presse, radio, télé, du jamais vu... De loin, comme ça, on pourrait se dire qu’ils veulent la tuer, tu vois ; je veux dire médiatiquement, trop de Le Pen tuant la Le Pen !… Bon sang, mais c’est bien sûr, qu’on s’écrie ! Ils l’invitent, tous, sur les plateaux, jusque Radio J, jusque dans l’impensable quoi, la surexposition au cube, jusqu’à ce qu’on en puisse plus. Qu’elle nous sorte par les yeux, les pores, tout. Qu’elle devienne repoussoir. Ah ! que c’est terriblement bien joué ! Que c’est finaud de chez intelligent.
Mais non. Y’a pas de finaud. Y’a pas d’intelligence. Y’a que du lourdaud. Du cocu de première. A chaque fois, c’est la même, en long, large, elle te les rétame tous. Une véritable exécution.
Dézingué l’Aphatie, rectifié l’Elkabbach, désossée la Chabot. Tous, elle les retourne tous... Et pourquoi ? Parce qu’ils sont pétris de certitudes, de dédain, de dégoût. Parce qu’ils bossent pas, surtout. La fleur au fusil, qu’ils y vont. De fait, c’est un massacre. Une boucherie. Et la donzelle, elle repart, à chaque fois, avec de nouveaux électeurs dans « sa besace ». Les doigts dans le nez. Sans rien faire. Ou quasi.
Elle déroule, UMPS par-ci, UMPS par-là, c’est du velours, du sur-mesure, et vas-y qu’elle cogne, toujours au même endroit, qu’elle enclume, et y’en a pas un pour la renvoyer dans ses cordes, d’où elle vient, d’où elle est et restera, soit pour parler crûment : à l’extrême droite… Française, monsieur, l’extrême droite Française !... C’est pas de la gnognotte, ça, dis, pour qui connaît l’Histoire, qui s’est fadé tous les dégueulis du père Destouches (de souche), de Bagatelles à l’Ecole en passant par Les Beaux Draps. C’est cette France-là, mon pote. Affirmatif. Mais crois-tu que les présumés finauds, les supposés intelligents, lui mettraient ça dans les chicots ! Que nenni ! Ça louvoie, ça pose des questions de mollasson, ça croit pouvoir piéger la fifille au pépère, mais rien du tout !... Oh, ça lui cherche bien, des fois, des relents d’antisémitisme de type héréditaire, mais sur la pointe des pieds ; y savent pas s’y prendre les mal dégourdis.
Pourtant, tout, ils ont tout, les preuves, les dossiers, les éléments. Y’a qu’à lire. La presse d’extrême droite, celle qui soutient très activement le Front National. Les Rivarol, Flash, Nations Presse Hebdo, La Voix Des Français, Le Choc Du Mois, Minute, Présent, et j’en passe, jusqu’à la Courtoisie de Radio, c’est de l’édifiant. Du brut de chez brut : qu’on y cause de lobby juif, de francs-maçons, de révolution nationale, de la « race blanche », comme jadis chez les Brasillach, les Maurras, la même prose, le même combat.
Quoi que vous croyiez ? Que le Front refilé à une « mère de famille », ça y deviendrait, par je ne sais quel miracle ultra-catholique, de la bonne petite droidroite radicale mais fréquentable !... Du tout !... L’extrême droite, ça reste l’extrême droite. Allez donc demander au Buisson, il en vient, il en connaît l’esprit, les recoins. Comme Michel de Rostolan, Yvan Blot, Jean-Yves Le Gallou, Bruno Mégret. Demain Vanneste, Ciotti, Jérôme Rivière et compagnie... Si ça tourne à l’eau de boudin pour l’agonisante, la suicidaire, l’UMP shootée au Sarkophage, en 2012, ça je te l’affirme, ils vont pas, deux fois, se faire prier, ces foutus laïcs, pour aller pointer chez Front.
T’as tout le Club de l’Horloge qu’est sur les dents, prêt à basculer. Recta.
Et avec eux, les anciens d’Occident, du GRECE, ceusses du Parti de la France.
Pourquoi crois-tu qu’ils reprennent à tirelarigot, un à un, petit à petit, comme des moins que tout, tous les arguments du Front, d’Hortefeux à Guéant en passant par dame Brunel ? Parce qu’entre ces types-là, ceux de l’UMP et le Front, c'est une feuille de papier à cigarettes qui les sépare. Pas plus.
Mais crois-tu que ces sagouins de journalistes ils te mettraient au (sale) parfum ? Qu’ils t’affranchiraient ?... Penses-tu ! Ça fait mumuse avec la Marine, ça se croit malin, ça explose l'audience, les compteurs, mais ça fait son lit, bel et bien, à la Marine… Et sais-tu quoi ? Ce sont les mêmes qui, l’an prochain, viendront te dire qu’il faut faire barrage au Front National, no pasaran, sursaut républicain et tout le merdier ! Comme en 2002 !... T’en souvient-il ? De ce « NON » en Une de Libération ? De ce JT de Tf1 du PPDA, en date funeste du lundi 22 avril 2002, où, d’un air grave, il t’annonce qu’il va, lui et sa rédaction, t’expliquer ce que c’est vraiment que le Front National ? Et qui c’est, ce Jean-Marie Le Pen ?... Jean-foutre, va ! que ne l’as-tu pas fait avant, sombre commercial de l’empire Bouygues !
Eh bien, c’est reparti !... Comme en 40, que j’ai envie de dire.
Ah, puis faut voir comment qu’ils l’accueillent la Marine, les Calvi, les Chabot, les Denisot et consorts. Qu’on y voie bien la pince à linge sur leur nez. Qu’on pige bien que c’est pas leur tasse de thé. Ça la rembarre, la coupe, taisez-vous, mais taisez-vous donc, Madame Le Pen ! Ça fait dans le « mais bien sûr ! », le « ben voyons ! », ça goguenardise, hausse des épaules, mais à part ça ? Nib !
Sauf que, l’auditeur, il le voit itou. La différence de traitement. Et ça lui plaît moyen. Vois-tu. Même que ça le renforce dans son choix. Que si c’était possible, en 2012, c’est pas un bulletin estampillé Marine qu’il y mettrait dans l’urne mais deux. Juste pour les faire caguer.
C’est frontalement qu’il faut la prendre, la bourgeoise (car c’en est une ! elle sort pas de la cuisse du peuple, faut pas se méprendre, ça nous vient des beaux quartiers, cette affaire… la misère : elle connaît pas ! Elle a pas idée de ce que c’est). Pas faire son chichiteux, son journaliste de salon. Son confortable. Faut la mettre au pied du mur, calmement, patiemment, à l’usure. Sans dédain. Sans dégoût. Faut les bosser les dossiers, faut se sortir les doigts comme on dit, et fissa.
Que fout-elle à l’AEMN, auparavant l'Euronat, la péronnelle, soit avec les pires xénophobes d’Europe, des racistes avérés, certifiés, si elle n’est pas d’extrême droite ?
Que faisait-elle, de même, avec les autres d’ITS (Identité, Tradition, Souveraineté) même qu’on y trouvait la fifille Mussolini ?
A quand un reportage sur les fêtes du Front, saucisson, pinard, avec bien en évidence, des ouvrages de révisionnistes, ah que voilà de la lecture qu’est sans la moindre ambigüité !
La dédiabolisation, c’est de l’attrape-couillons, un énorme, immense piège à cons.
Or donc, va falloir se mettre au taf, les mecs. Nous montrer le visage du Front. Ce qu’il est vraiment, et restera toujours : un parti d’extrême droite. Avec tout ce que ça trimballe de nauséabond.
Tu vas te bouger, mon journaliste, et plus vite que ça ! Ranger ton Grand Journal ridicule, grotesque, pipolisant, finie la grosse rigolade ! et te mettre au turbin. Tu vas pas bricoler comme en 2002, soit attendre le mois d’avril de l’an prochain pour faire ta pleureuse, ton donneur de leçons, avec l’air bien compassé, et nous chanter l’air du « front républicain » à balles deux. Parce que cette fois, sache-le, ça ne marchera pas.
Alors : au boulot !
23:09 Écrit par Philippe Sage dans Devoir De Mémoire[s], Opinion, Télévision, Piège à Cons | Lien permanent | Commentaires (63) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : marine le pen, front national, extrême droite française, antisémitisme, xénophobie, racisme, club de l'horloge, zéro journaliste, révolution nationale, occident, extrême droite européenne, révisionnisme, peste brune |
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20 février 2011
Christian Jacob, Pierre Lellouche & DSK [Ou Bien Des Raisons De Se Faire Du Mouron]
Il aura suffi qu’Anne Sinclair fasse part d’un souhait "personnel" pour que deux sous-subalternes de l’UMP en déduisent presto que son mari sera candidat aux Primaires, donc à la présidentielle 2012, et tirent sans sommations et à balles réelles sur le Directeur Général du FMI. Ce qui, au passage, donne une idée du caniveau dans lequel une certaine classe politique s’apprête à nous plonger si jamais, Dominique Strauss-Kahn décidait, effectivement, de concourir.
Or donc, dimanche 13 février, Christian Jacob (président du groupe UMP à l’Assemblée nationale et député-maire de Provins) estimait, gros sabots aidant, que DSK ne correspondait pas à « l’image de la France rurale (..) la France des terroirs et des territoires ».
Et où qu’il a dit ça, notre « paysan » ? … Sur Radio J .. Une radio de la communauté juive sise à Paris.
Ah si, la précision est d’importance, car aucun animateur ou journaliste de Radio J n’aura rebondi sur cette appréciation de Jacob. Aucun ne lui aura fait remarquer, par exemple, que ce qu’il venait de dire pourrait être, ouh-là-là, considéré comme de l’antisémitisme primaire.
En revanche, les socialistes Benoît Hamon, Pierre Moscovici et Jean-Christophe Cambadélis, en ont vu, eux, de l’antisémitisme, et du « très moisi », décelant même dans les propos de Christian Jacob une « rhétorique de l’extrême-droite d’entre-deux-guerres ». Et de citer Pétain, Maurras, Déroulède et toute la clique.
C’était oublier la question posée au député-maire qu’était :
« DSK, c’est le candidat des bobos ? » !
Alors certes – mais ça n’est pas un scoop – Jacob est un balourd de première, un parfait godillot, un politique sans envergure, mais de là à lui trouver de l’antisémitisme, même sous-jacent, faudrait quand même pas pousser Jaurès et Blum dans les orties ! … Il est évident que dans sa pauvre réponse, Jacob faisait uniquement (et maladroitement) référence au statut social de DSK, et rien d’autre.
Comme le dit si bien Didier Porte dans sa tribune-vidéo du 18 février 2011 :
« Si on n’a pas le droit de faire remarquer que DSK, natif de Neuilly-sur-Seine, est pété de thunes et qu’il n’a peut-être pas le profil idéal pour nous faire oublier le quinquennat bling-bling dont la France va sortir exsangue sans se faire taxer d’antisémitisme » où va-t-on ?
Ensuite de quoi, Porte (en pleine forme) démontrera fort drôlement que les amis de Christian Jacob, soit les membres du gouvernement et son président ne sont, pas plus que DSK, des représentants de « La France des terroirs ». Et il en tirera la conclusion (que je partage) que le sieur Jacob est moins un antisémite qu’un « gros bourrin ».
Ceci étant, attention ! Car si à chaque boulet de l’UMP balargué sur DSK, le clan socialiste hurle à l’antisémitisme, non seulement ça va être particulièrement pénible, mais surtout, se révéler contreproductif. En d’autres termes, ça finira par jouer contre DSK (s’il est candidat).
C’est bien ce que pensait faire Pierre Lellouche (sous-ministre en charge du commerce extérieur qui va pas bien), lundi 14 février sur Radio Classique (et i>télé), « jouer contre DSK ». Et en utilisant, peu ou prou, le même angle d’attaque que Christian Jacob. Soit en présentant DSK comme le candidat des « bobos ».
Et de le dépeindre joyeusement comme « un grand bourgeois » incarnant « la gauche ultra-caviar ».
Ajoutant qu’il était « totalement déconnecté de la souffrance des gens dans nos usines (…) complètement déconnecté de la réalité du pays » …
... Ce que pensent, itou, certains membres du Parti Socialiste, mais aussi, le tribun de gôôôôche, Jean-Luc Mélenchon, ce Mélenchon que Lellouche, lors d’une édition de Ripostes (France 5) en date du dimanche 5 avril 2009 traitait de « pov’type » regrettant que l’on ne fût plus au XIXème siècle, auquel cas, il l’aurait « convoqué en duel » et l’aurait « flingué » … Carrément !
C’est vous dire s’il rigole pas, Lellouche.
Seulement voilà, notre belliqueux (pro-américain quoi qu’il arrive, pro-Otan, pro-guerre en Afghanistan, en Irak, etc. – nous avons donc là, un belliqueux de type aveugle) dans son flingage de DSK, a également tiré une énorme balle (un missile sol-sol plutôt) dans les deux pieds de son camp. Sans doute, parce qu’il s’est laissé emporter par son élan, ou – et c’est plus probable – parce qu’il est, comme Jacob, un politique de quatrième division [1].
Il est à ce propos, assez incroyable que personne – à ma connaissance – ne l’ait relevé ! Pourtant, c’est assez croustillant ! C’est même du … caviar !
En effet, M. Lellouche en plein milieu de son portrait au vitriol se crut finaud en ajoutant que le Directeur Général du FMI « pourrait être un parfait candidat de droite ».
Tiens donc .. Mais comme c’est intéressant.
Car, si l’on reprend les arguments de M. Lellouche, « un parfait candidat de droite » mais c’est quoi ?
Eh bien c’est « un grand bourgeois totalement déconnecté de la souffrance des gens dans nos usines (…) complètement déconnecté de la réalité du pays ».
N’hésitez pas à faire tourner. Et copieux .. C’est une information (une confirmation, plutôt). Et elle est sacrément importante.
Bien entendu, comme nous sommes bien élevés, nous remercions chaleureusement Pierre Lellouche. Tellement, il donne à la « France qui souffre » des arguments en béton (armé – puisqu'il aime ça, la guerre) pour ne voter ni Sarkozy, ni DSK, en 2012.
Blague à part, ces deux séquences politiquement pauvres (entre ad personam et ad hominem) nous donnent quelques indications, assez inquiétantes, sur la campagne présidentielle qui se radine.
Si l’on y ajoute un débat prochain sur la place de l’Islam en France, débat qui – si l’on en croit l’Elysée – devrait être un des thèmes de ladite présidentielle, plus toutes les péripéties abracadabrantes et récurrentes (Woerth, Hortefeux, Michèle Alliot-Marie ..) d’un gouvernement qu’on nous avait promis irréprochable, plus … nos 42 députés (signataires de la charte) de la Droite Populaire qui poussent au train du FN [2], je ne sais pas vous, mais moi, j’ai comme l’impression que nous courons droit vers un nouveau « séisme ». Je crains même que, si le niveau ne s’élève pas, et rapidement, les décombres soient plus importants qu’en 2002.
[1] Mais avons-nous actuellement, en France, des politiques de première division ? Pas sûr …
[2] Fut un temps, où tout membre de la droite, RPR ou UDF, prônant une alliance avec le FN, ou pis, la concluant, était exclu. Ainsi, en 1998, Jean-François Mancel (du RPR) pour avoir proposé un rapprochement avec le parti de Jean-Marie Le Pen ou – entre autres - Charles Millon (de l’UDF) pour avoir pactisé avec le FN. Ce temps-là est donc, semble-t-il, révolu.
A chacun d’en tirer ses conclusions …
14:43 Écrit par Philippe Sage dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (25) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : christian jacob, pierre lellouche, dominique strauss-kahn, la france des terroirs, politique du caniveau, antisémitisme, didier porte, le candidat des bobos, la gauche ultra-caviar, un parfait candidat de droite, place de l'islam en france, à quoi jouons-nous ?, le droite populaire |
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06 février 2010
Dérapages Verbeux : Antisémitisme Et Autres “Racisteries” !
Ça y est .. c’est fini, mort, kaput ! Et l’avait raison, avant l’heure, Nicolas Sarkozy, quand dans ses habits de candidat, faussement ingénu, il disait (de mémoire) :
“C’est quand même formidable, ça, mâme Chabot ? Alors on ne peut plus rien dire dans c’pays ?” ..
Ben non. T’es sous surveillance. Fliqué. Tout ce que tu dis est désormais disséqué, désossé, retenu contre toi. Un mot qui va pas, un seul, et hop, t’es le raciste, l’antisémite ou le xénophobe du jour. Ton nom, honni tout d’un coup, est livré aux chiens, fait le tour du Net, le Net qu’est pas la plus grande saloperie inventée par l’homme comme l’assénait le pathétique Jacques Séguéla, c’est l’homme ou ce qu’il fait du Net (ou d’autres choses) qu’est une immense saloperie.
01:14 Écrit par Philippe Sage dans Je M'Excuse Mais Merde !, Politiquement Très Incorrect | Lien permanent | Commentaires (103) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : racisme, antisémitisme, xénophobie, dérapages verbaux, paranoïa, valeurs de la gauche, bien-pensance, vertu à balle deux |
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29 décembre 2008
Est-Il Encore Possible De Critiquer Israël Sans Etre Automatiquement Traité D’Antisémite ?
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Or donc ce matin, dans une brève, ma camarade journaliste rappelle que les raids israéliens sur la bande de Gaza ont fait 300 morts, tout en précisant qu’aucun journaliste n’est présent sur le terrain vu que le périmètre leur est interdit.
La précision a son importance, non ?
Je t’invite même, entre bûche glacée et fines de claire, à analyser en toute bonne foi ce que cela implique …
Je la laisse terminer son flash, puis, reviens sur cette info, et, avec le cynisme qui m’habite, je dis que sur ces 300 morts, il y en a “un demi” du côté israélien.
Hors antenne, elle me demande si “ce demi” signifie qu’il y aurait, pour moi, 150 victimes du côté israélien.
Au regard que je lui lance, elle comprend que non.
Que je sous-entendais bien, haut et fort, qu’il n’y avait qu’une “demie” victime.
Alors, tordant du nez, elle dit :
”Libre à toi, si tu veux tenir des propos antisémites …”
Et voilà comment en deux coups de cuillère à pot, vous devenez subitement, aux yeux des autres, antisémite.
A ce tarif-là, j’en viens à me demander, horrifié, si certains auditeurs n’auront pas vu en moi, un supporteur du Hamas, un fan du terrorisme, voire un nazi de catégorie une.
Je ne prétendrais pas que ma remarque était d’une grande finesse, c’était juste l’expression d’une colère rentrée, mesurée, d’un dégoût, et, aussi, je le reconnais sans barguigner, d’une certaine façon, une prise de position.
Car oui, je trouve, pour ma part, que la riposte israélienne est disproportionnée et j’assume pleinement ce que je ne dis plus, mais écrit.
Ce qui ne fait pas de moi, je crois, un antisémite.
Pas plus qu’un pro-palestinien.
Seulement voilà, en France, comme dans la plupart des pays occidentaux, avoir l’outrecuidance d’exprimer un avis désapprobateur envers l’Etat Hébreux fait automatiquement de vous un "antisémite primaire".
C’est insupportable.
A ce point insupportable que je dis : “Ca suffit !”
Et si j’osais, j’ajouterais : “Foutez-nous la paix !”
Y’en a marre de se faire traiter de tout et de n’importe quoi dès que l’on émet un avis qui ne va pas dans le sens occidental.
Y’en a marre de voir les associations bien pensantes porter plainte dès qu’un mot ou une virgule dépassent de Jérusalem.
Y’en a même plus que marre, y’en a plein le cul, bordel de merde !
Je présume, suivant la logique de certains loquedus, que le Parti Communiste Français qui “condamne les bombardements insensés des forces israéliennes sur Gaza”, que la LCR qui utilise le terme “assassinat” (en évoquant “des dizaines de civils, femmes et enfants...”) et les Verts qui estiment que “les moyens militaires employés par l’armée israélienne contre Gaza sont sans commune mesure avec les tirs de roquettes du Hamas.” sont tous trois des antisémites de la pire espèce, des suppôts de Satan, des officines à la solde du terrorisme.
Je présume qu’il vaut mieux, pour être tranquille, faire dans le consensus mou, l’hypocrisie sans nom, la lâcheté sans borne en faisant part comme Nicolas Sarkozy et son petit perroquet de Kouchner de sa “vive préoccupation”, ou comme cette pauvre Martine Aubry de “l’immense préoccupation du Parti Socialiste”.
Et je te passe, le porte-parole de l’UMP, Dominique Paillé qui tient à “exprimer sa très vive inquiétude”, Bayrou et “son immense souci”, la (na)palme d’or revenant à François Fillon qui “condamne avec la plus grande fermeté la reprise des tirs de .. roquette contre Israël.” quand bien même condamnerait-il, aussi, (mais plus modérément, n’est-ce pas …) “l’usage excessif de la force.”
Et dire que ce sont peu ou prou les mêmes qui "traitaient" Tony Blair de caniche quand il s’alignait sur la politique guerrière de George W Bush Jr !
Mais bon, comme le chantait Souchon : “C’est Comme Vous Voulez, Bêêê, Bêêê, j’ferai tout c’qui vous plaît, plaie !”
Et donc, moi itou, ce soir je tiens, comme un bon lèche-cul, à faire part de ma “très vive inquiétude, de mon immense préoccupation”.
Je sais, ça n’engage à rien, du tout, c’est juste parler pour ne rien dire, même que ça ne veut absolument rien dire, mais bordel de Dieu, au moins là, je ne risque pas d’être "traité" de ce que je ne suis pas : d’antisémite.
Ah, j'allais oublier :
"Vive la République, Vive la France !"
A Lire Absolument :
Joyeux Noël, Gaza !
20:51 Écrit par Philippe Sage dans Politiquement Très Incorrect, Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : israël, palestine, hamas, antisémitisme, politiquement correct, y'en a marre ! |
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