24 avril 2012
Image De La France Forte Qui, Droit Dans Ses Bottes, Y Croit !
D'après Le Figaro, "Nicolas Sarkozy [est] convaincu de pouvoir l'emporter".
En léger différé, voici la réaction d'un poids-lourd de l'UMP (intronisé jadis, "Le meilleur d'entre nous", par un certain Jacques Chirac), hier, lundi 23 avril 2012, sur RTL...

19:42 Écrit par Philippe Sage dans Le Choc Des Photos | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : france forte, sarkozy convaincu de pouvoir l'emporter, présidentielle 2012, second tour de la présidentielle 2012, alain juppé, rions pendant les heures sombres de notre histoire |
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01 mars 2011
Le Remaniement Régalien De M. Sarkozy Formidablement Acclamé Par Tous Les Peuples Arabes En Route Vers La Démocratie Et La Liberté
Et soudain, à Benghazi, Tunis ou Alexandrie, des milliers d’hommes et de femmes, et même des enfants en bas-âge, surgirent de nulle part, criant leur joie, leur reconnaissance et scandant en chœur le nom d’un homme, un seul : Nicolas Sarkozy !
Alors qu’en France, le remaniement régalien d’une envergure « sans précédent » annoncé peu après 20 heures, ce dimanche 27 février de l’an 11 par le Président de la République Irréprochable, Nicolas Sarkozy, n’avait suscité que commentaires désabusés de la part de la classe politique ou sarcasmes venant de la communauté journalistique, dans les pays arabes en « route vers la liberté » ce remaniement était unanimement salué.
« C’est magnifique ! confiait ce tunisien à notre envoyé très spécial, inouï ! Sarkozy, votre président, nous a compris, entendus ! » avant de se jeter dans une foule en délire.
Mêmes scènes de liesse dans la capitale égyptienne, où la Place Tahrir était à nouveau envahie par des dizaines et millions de cairotes extatiques, ainsi qu’à Tobrouk où des régiments de libyens improvisaient une danse bariolée et frénétique ... « C’est vraiment ce que nous attendions, un Longuet, un Juppé, un Guéant ! Qu’Allah bénisse Sarkozy de les avoir nommés ! Ce sont des hommes d’expérience, des right men à la right place ! Plus rien, désormais, ne sera comme avant ! » nous assurait, exalté, cet habitant de Tripoli.
Tout à leur joie, ils n'étaient que fort peu à évoquer Michèle Alliot-Marie ou Brice Hortefeux : « C’est du passé, n’en parlons plus ! Regardons devant ! Et souhaitons bon vent à Madame Marie (sic) qui aura bien à faire à Saint-Jean-de-Luz » pouvait-on entendre.
Même son de cloche concernant l’ancien ministre de l’Intérieur et de l’Immigration, l’auvergnat de souche Brice Hortefeux : « On ne va pas en faire un fromage comme on dit chez vous ! Laissons la justice de votre pays faire son travail ! Cette justice qui a la chance d’être bien plus indépendante que la notre ! » glissait, ébaubi, ce résident de Sousse.
Oui, quel grand paradoxe ! Mais quel contraste avec la morosité et le cynisme français ! Alors que pléthore de commentateurs chevronnés, dont les compétences ne sont plus à démontrer, glosaient à n’en plus pouvoir sur ce remaniement, ne croyant pas une seconde qu’il était la conséquence directe de « l’immense bouleversement » se produisant « de l’autre côté de la Méditerranée » (comme l’avait martelé le Chef de l’Etat) mais plutôt une façon de maquiller, assez grossièrement, voire piteusement, les débarquements de M. Hortefeux et de Mme Alliot-Marie, dans les pays arabes « en route vers la démocratie » on ne boudait pas son plaisir.
« Vous avez l’esprit tordu, nous expliqua cet étudiant tunisien. Vous voyez le mal partout ! Evidemment que ce remaniement est une conséquence directe de ce qui se passe actuellement dans mon pays, ainsi qu’en Libye, en Egypte, cela ne fait aucun doute ! Votre président a pris la juste mesure des évènements … Longuet, Guéant, Juppé, c’est plus qu’une réponse, c’est un espoir formidable ! Cela signifie que votre président nous a entendus ! Enfin, nous allons pouvoir travailler main dans la main ! Et ... si M. Longuet veut des timbres de Tunisie, je serais ravi de lui faire un prix (de gros) ! » ..
Ah ! quel merveilleux peuple ! Que ça doit lui faire chaud dans son cœur, à Nicolas Sarkozy, de constater que quelque part, dans le monde, des gens modestes le comprennent et l’acclament. Ne cherchent pas midi à quatorze heures. Se réjouissent comme il se doit d’un remaniement taillé pour eux, pensé pour eux, afin de mieux les « accompagner », les « aider à réussir » à « ne pas sombrer dans la violence », à ne pas cheminer bêtement (vu qu’ils ne sont pas assez entrés dans l’Histoire néolibérale) « vers des dictatures pires encore que les précédentes » ... et surtout à rester chez eux, même si ça tourne super mal, ne pas migrer en Europe, et tout particulièrement en France, où ils pourraient demander l’asile politique ... Parce que la France, elle peut pas « accueillir toute la misère du monde » … Certes, « elle doit savoir en prendre fidèlement sa part », surtout quand on sait que pendant des décennies entières, elle a fermé les yeux « sur les dictatures précédentes », se foutant alors comme d’une guigne du sort des tunisiens, des égyptiens et des libyens … Mais … mais oublions le passé ! n’est-ce pas ... ces heures sombres de notre Histoire ! Remisons par devers nous notre chafouinitude légendaire, et reconnaissons, au regard de la liesse incommensurable qu’a saisi « les peuples arabes », suite à l’annonce du remaniement régalien de M. Sarkozy, que nous sommes des pleutres, des jamais-contents, des cyniques et des gros méchants, bref, que nous nous sommes plantés, sans doute par antisarkozysme maladif ; oui, reconnaissons que ce remaniement est une bénédiction pour ces opprimés se libérant, parce que, voyez-vous, si ça n’était pas le cas, ils ne manifesteraient pas aussi bruyamment leur allégresse et leur reconnaissance à l’endroit, comme à l’envers, de Nicolas Sarkozy.
« Nul n’est prophète dans son pays ! » aimerait conclure ce libyen qui prête à rire (et non Tharir, vu que c'est pas son périmètre).
« Sans doute ... Mais toi, tu restes dans le tien ! ... T’avise surtout pas de traverser la Méditerranée, mon pote ! ... Quoi qu’il arrive ! ... Même le pire ! .. Mais t’inquiète, on t’envoie derechef quelques militaires made in OTAN et deux trois médicaments génériques pour panser tes futures blessures ».
Vive la République, vive la France, et … la Révolution, tant qu’elle passe pas la Méditerranée. Il va de soi.
15:08 Écrit par Philippe Sage dans Amusons-Nous ! | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : remaniement, allocution de nicolas sarkozy, pays arabes, michèle alliot-marie, brice hortefeux, claude guéant, alain juppé, la joie du peuple arabe, le peuple arabe acclame sarkozy, fake, faux reportage, troisième degré, humour |
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18 décembre 2010
Un Boulevard (De Plus) Offert Au Front National
« On ne réconciliera les Français avec la politique que si les hommes politiques sont irréprochables.
Irréprochables dans leur comportement personnel.
Irréprochables dans leur comportement politique. ».
[Nicolas Sarkozy – Discours au Futuroscope de Poitiers – 26 janvier 2007]
Or donc, pour la seconde fois en six mois, M. Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, de l’Outre-Mer, des Collectivités territoriales et de l’Immigration, a été condamné par la justice.
La première fois, le vendredi 4 juin 2010, pour « injure non publique envers un groupe de personnes à raison de leur origine, en l’espèce les personnes d’origine arabe, le 5 septembre 2009 » ; la seconde, le vendredi 17 décembre 2010, pour « atteinte à la présomption d’innocence » (de David Sénat).
Dans tout pays dit démocratique, et quand bien même M. Brice Hortefeux ferait-il appel de ces condamnations, qu'il aurait dû remettre au Premier ministre sa démission. En d’autres termes, M. Brice Hortefeux ne devrait plus être au gouvernement depuis le 5 juin dernier.
D’autant plus quand l’homme qu’a été élu le 6 mai 2007 par le peuple français a promis maintes fois qu’avec lui, vous verrez, probité, honnêteté et morale, seront les trois mamelles de son quinquennat, même qu’il ne transigerait pas, ah ça non ! finis les petits arrangements d’antan, les connivences, les amitiés, le fait de prince, ce qui s’applique au citoyen lambda devra s’appliquer dorénavant aux ministres de la République ; et pourquoi ? Parce que c’est ainsi que l’on réconciliera « les Français avec la politique » !
Voilà la rupture ! Entre ici « La France d’Après », celle des « braves et honnêtes gens », voici venue l’ère des Irréprochables !
Ça avait de l’allure, n’est-ce pas, ça portait beau et fier. Et puis, quel bel argument ! Parce que, voyez-vous, si jamais moult promesses devaient se heurter à la réalité économique, qu’il nous serait demandé des sacrifices, comment aurions-nous pu les refuser, puisque expliqués, disséqués, pédagogés, par des honnêtes gens, des Irréprochables ? C’eut été se montrer fort ingrats, teigneux, indécrottables.
Las, ce n’était donc que paroles, fumée et autres attrape-couillons ! De la vaseline, de l’entubage, du troufignolage. Et j’en vois qui rigolent, se frottent les paluches, engrangent des voix potentielles, pas à pas, tranquillement ; j’en vois qui vont tirer profit, et comment, de cette traîtrise de plus, de ce mensonge de trop, d’autant plus qu’ils se vantent, eux, d’être vertueux, et du côté de la Loi ; oui, bien sûr, qui d’autre que le Front National pourrait se repaître de cette non-rupture ? Croyez-vous qu’il va se gêner ?
Oui, je sais, Jean-Marie Le Pen, les tribunaux, c’est sa seconde tribune. On l’y a vu plus d’une fois. Et pas pour du « détail », non ! mais du lourd, de l’outrance, du « à vomir », de la saloperie ! et ne me parlez pas de son verbe, celui qu’on vante à son sujet, c’est de l’ampoulé, de l’académique, ça pue le dictionnaire, le bachot ! c’est de l’épate, du rien ... Le socle politique étant devenu si médiocre, il n’était point difficile de se faire passer pour littéraire ... Littéraire mon cul ! Idem pour François Mitterrand !
Mais y’a plus de Jean-Marie Le Pen, fini ! Désormais c’est Marine, dont on s’aperçoit, comme c’est cocasse, que c’est bien la fille de son père ! Evidemment, qu’elle l’est. Depuis le début, depuis toujours. Et dans les grandes largeurs. La dédiabolisation – pure invention des journalistes – c’est du flan.
Bref, si l’on voulait renflouer l’électorat du Front National, on ne s’y prendrait pas autrement. C’en est même suspect. Eminemment.
Et devinez quoi ?
Le Président de la République Irréprochable, à en croire Le Figaro, il est « content » ; pis : « il s’amuse du désordre du camp d’en face » qui règnerait, royal, chez les socialistes ... Il ferait mieux de se préoccuper de l’ordre qui monte. Mais pensez-vous ! Tellement « Il est convaincu d’avoir fait le bon choix (…) en embarquant Alain Juppé » dans le gouvernement « qui, sinon, aurait été vexé comme un pou ».
Voilà où qu’on est rendu ! C’est miséreux ..
... Alain Juppé .. Condamné à quatorze mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité, le 1er décembre 2004, par la Cour d’Appel de Versailles pour « abus de confiance, recel d’abus sociaux, et prise illégale d’intérêt » dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. Comme Irréprochable, on fait mieux ... D’autant plus si on ajoute, qu’en première instance, le 30 janvier 2004, le tribunal correctionnel de Nanterre avait estimé que cet homme, Alain Juppé « investi d’un mandat électif public (avait) trompé la confiance du peuple souverain » (il était alors condamné à 18 mois de prison avec sursis et dix ans d’inéligibilité).
Et alors, me dira-t-on, il a payé ! Et cher ! Et n’a-t-on pas vu par le passé autres condamnations à gauche et autres improbables retours ? Et la seconde chance, qu’en faites-vous ? La seconde chance, quand on a « trompé la confiance du peuple souverain » en tant qu’élu de la Nation ? Dans une République Irréprochable, ça n’existe pas.
Et les condamnations de jadis, celles des adversaires, on n’en fait pas état. Puisqu’il y a rupture. Puisqu’on se présente et s’affirme comme le héraut d’une ère politique nouvelle ! Trahir cette promesse, c’est se discréditer, perdre son autorité.
« Comment les hommes politiques pourraient-ils avoir une autorité s'ils ne donnent pas l'exemple ? S'ils ne sont pas irréprochables ? »
[Nicolas Sarkozy – Discours à Perpignan – 23 février 2007]
Oh ! bien sûr, il y a le peuple. C’est à lui que Nicolas Sarkozy doit penser. Ce sans-mémoire. Ce peuple qui crie au « tous pourris » mais une fois les élections venues, leur apporte tous les suffrages ! ... Ainsi Juppé, quand il vint se représenter le dimanche 8 octobre 2006 à la mairie de Bordeaux ! Réélu avec 55,24% des suffrages exprimés. Cette municipale anticipée n’avait certes pas passionné les électeurs, abstentionnistes (qu’ont bien tort, comme souvent) à hauteur de 55,18%, mais le fait est qu’il a retrouvé « la confiance du bordelais souverain » qu’il avait pourtant bel et bien trompé. Bon peuple ! Bon veau !
Aussi Balkany ! Condamné (en mai 1996, puis en janvier 1997) pour les mêmes motifs, réélu par les « braves gens » de Levallois-Perret en 2001. Election invalidée par le Conseil d’Etat ! Peu importe, on en refait une, et zou, rebelote, élu les doigts dans le nez. Et dans la foulée, il retrouve un siège à l’Assemblée nationale !
Et Dassault ! Et tant d’autres. Voilà qui doit ravir l’homme de l’Elysée. L’Irréprochabilité, c’est le peuple qu’en décide, doit-il se dire. Et comme le peuple est veau, qu’il populise au bistrot mais se parjure dans l’urne, au fond, pourquoi ne pas continuer comme avant ! On lui donnera à becqueter de la sécurité, de l’identité nationale, au peuple bêlant, vinassé, lobotomisé par la télé, abruti de réseaux sociaux, bref que des tartignolleries qui n’engagent à rien, et voilà. Ni vu, ni battu.
Eh bien, faites messire ! Oubliez donc votre République Irréprochable ... mais ne l’aviez-vous pas oubliée dès votre élection en nommant, le 18 mai 2007, via votre collaborateur de Matignon, Alain Juppé au ministère de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables, puis en maintenant André Santini, secrétaire d’Etat chargé de la Fonction Publique auprès du ministre du Budget alors qu’il était mis en examen pour « détournement de fonds publics, faux et prise illégale d’intérêt » ?
Entre autres ..
Cette faillite de l’Irréprochable, ce manquement, cette trahison, fera les affaires du Front National. Ce faux-vertueux, ce défenseur d’une idée morte, la Nation, ce parti bourgeois qui n’a que faire des souffrances du peuple, mais capitalise dessus, à grands coups d’équations putassières, d’arguments démagogiques, de propositions farfelues, inapplicables ; ce va-t-en-guerre, misant à n'en plus gerber sur la misère intellectuelle, la déliquescence des esprits, la pauvreté du débat politique, et l’inconséquence du paysage médiatique.
Mais au fond, et tout bien pesé, quelle importance, n’est-ce pas ? Puisque c’est râpé, fini, résolu, on y va droit, au chaos (mondial). Alors tant qu’à liquider le peu qu’il restait, liquidez-donc, votre altesse ! De toute évidence ce n’est pas la dignité qui vous étouffe, ni même la morale ! oui, la morale ! Vous en parliez, si je ne m’abuse ! ... Et de vouloir l’injecter dans le capitalisme (foutaises ! C’est évidemment impossible !) comme dans le bipède politique (mais vous y avez renoncé) ... Sans doute pariez-vous sur la stature, les épaules, le paraître : Vous, DSK, ma foi, ça ne peut pas ne pas passer un premier tour ! c’est du solide, ça envoie le bois ... Vous vous trompez. Et qu’on ne me parle pas d'un « 21 avril à l’envers ». C’est du charabia. De la prose misérable de journaliste. Du reste, le peuple s’en moque de vos « à l’envers ». Il n’a pas de mémoire.
Vous aviez là, l’occasion, et pas qu’une fois, trois, voire quatre, de démontrer, à défaut d’autre chose, que vous incarniez, avec autorité, une rupture. Ne l’honorant pas, par Hortefeux, Juppé, Santini, etc., donc « en trompant la confiance du peuple souverain » vous donnez de la voile, comme jamais, au Front National. Dont on dit, je sais, qu’il ne passera pas, c’est pas envisageable, comme en 2002, vous verrez, il y aura un sursaut, dit Républicain. Penser ainsi, c’est oublier que huit années (une éternité) ont passé. Les données ne sont plus les mêmes … Or donc, une « dérive » est possible.
Et de cette « dérive » vous en serez, en grande partie, responsable.
« On ne fait dignement de la politique que pour servir. Oui, je crois profondément comme Georges Pompidou que le peuple ne devrait avoir devant lui que des hommes politiques sincères et humains. La crise de la politique serait alors résolue. Pour atteindre ce but, il faut juste un peu de morale. Un peu de morale que tous les hommes politiques s'appliqueraient à eux-mêmes avant de faire la leçon aux autres. Un peu de morale qui consisterait à s'appliquer à soi-même les règles de comportement que l'on voudrait voir appliquer par les autres. La dignité de la politique, le respect qu'elle devrait inspirer, la confiance dont elle a besoin ont été ébranlés parce que pendant trop longtemps, à gauche comme à droite, beaucoup de responsables politiques ont pris la détestable habitude de prôner pour les autres des sacrifices qu'ils étaient absolument incapables de s'imposer à eux-mêmes. Parce qu'ils ont pris la détestable habitude d'imposer aux autres des obligations qu'ils ne s'imposaient pas à eux-mêmes. Je ne veux faire la leçon à personne. Mais je veux rompre avec cette dérive qui n'est pas seulement une dérive de la politique. » .
[Nicolas Sarkozy – Discours à Clermont-Ferrand – 27 avril 2007]
16:48 Écrit par Philippe Sage dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (24) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : brice hortefeux condamné, république irréprochable, alain juppé, patrick balkany, andré santini, présomption d'innocence, injure raciale, prise illégale d'intérêt, abus de biens sociaux, front national, marine le pen, la france d'après, marcel dassault |
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23 mars 2009
Le Retour Des Meilleurs D’Entre Eux
Or donc, on me gausse, on me moque, des pierres on me lance, mais peu me chaut, je maintiens le cap et d’avis ne varie pas, ce que j’écrivais le 27 mai 2008, je le maintiens, mieux, à nouveau je le couche sur ce blog :
Alain Juppé et Laurent Fabius pourraient bien être les deux acteurs principaux de l’élection présidentielle de 2012.
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Sauf que, le 27 mai 2008, la Crise n’avait pas encore montré le bout de son sale nez (quand bien même lors de l'été 2007, elle avait prévenu de son arrivée par ce que j’appelle sa bande-annonce : la crise des Subprimes).
Je veux dire que cette Crise, qui est loin d’avoir dit, hurlé ses derniers maux, renforce cette (folle) hypothèse dans la mesure où les dégâts seront tels qu’elle va, c'est certain, redistribuer les cartes et les rôles politiques.
Alors j’entends, ici ou là que Besancenot pourrait, bien involontairement, en tirer “profit” – c’est d’ailleurs ce qu’escompte l’actuel locataire de l’Élysée dans sa stratégie mitterrandienne de Droite, celle visant à réduire le Parti Socialiste, tout comme le gisant de Jarnac atrophia le RPR avec l’épouvantail Le Pen – ou que le béarnais Bayrou pourrait apparaître comme le recours le plus crédible, la “chienlit” économique lui donnant à rebours raison dans l’argumentaire prévisionnel qu’il développa lors de sa campagne présidentielle de 2007, oui, Bayrou enfin, tant il fait figure d’homme raisonnable, sensé, la parfaite incarnation du bon père de famille, et, par extension, celui de la Nation, ce fantasme bien français.
Mais il en est un autre, bien plus tenace, bien plus ancré, qui, en période de durables tourmentes et de perte(s) totale(s) des repères sociaux-économiques, conduit l’électeur à se tourner vers des valeurs sûres, des hommes à poigne, droits dans leurs bottes, forts en tribune, des hommes comme Alain Juppé et Laurent Fabius.
Oh bien sûr, il est long et imprévisible, le chemin qui mène à 2012, et rien ne dit, aujourd’hui, qu’ils parviendront, ces deux ex "Premier ministre", à déjouer les pronostics, à éviter les pièges, à s’imposer comme une évidence au sein de leurs Partis respectifs – surtout Fabius.
Il est, cependant, un fait non acquis, mais fort probable : en 2012, les principaux objectifs fixés par Nicolas Sarkozy ne seront pas atteints.
Soit :
- Le plein emploi.
- Le retour du pouvoir d’achat.
- Une France de propriétaires.
Il pourra, c’est vrai, désigner la Crise comme première responsable de son “échec”, arguant, si et seulement si la reprise économique se fait sentir, que les mesures qu’il a prises pour la combattre, l’endiguer, nous protéger, étaient les bonnes.
Ce que je crois, c’est que ce seront les sondages d’opinion qui seront déterminants. S’ils sont catastrophiques, pourquoi prendrait-il le risque de quitter la scène politique sur une humiliation ?
Juppé, Fabius, omniprésents, comme par hasard (qui n’existe pas) ces derniers temps dans nos médias, cela paraît incroyable, et pourtant, ce ne serait, à mon sens, qu’un juste retour des choses. Une évidence qui surviendrait avec, simplement, quelques années de retard.
Car enfin, n’était-ce pas ces deux-là qui devaient en découdre un jour, une fois leurs “pères” disparus (Mitterrand) ou rangés des voitures (Chirac) ?
Ce sont les circonstances, les aléas de la vie politique qui auront contrarié leur destin. Certains parleront de justice. Elle est, en effet, leur point fatal et commun.
En 1995, ce n’est ni Delors, encore moins Jospin, qui auraient dû représenter le PS à la présidentielle.
Mais Fabius.
Seulement voilà, quatre ans auparavant, en avril 1991, éclate le scandale, celui du “sang contaminé”. Fabius est en première ligne. Dès lors (sans jeu de mots ..) il lui est impossible de se lancer, comme prévu, dans la course élyséenne. Il doit attendre que la justice rende son verdict. L’innocente.
Ce sera chose faite le 9 mars 1999. Ce jour-là, la Cour de Justice de la République le relaxe.
Mais ça ne suffit pas.
Pour le peuple, du moins une partie non négligeable, il reste indissociable de cette “affaire”. Il reste "coupable". C’est injuste, mais c’est ainsi. Le peuple pensant, à tort, et au mépris de toute justice, qu’il n’y a pas de fumée sans feu.
Or, et combien de fois faudra-t-il le rappeler, Laurent Fabius, dans cette “affaire”, a été re-la-xé !
C’est une décision souveraine, une décision importante, elle devrait être respectée par le peuple. Le peuple, celui que De Gaulle traitait de veau, serait pourtant le premier à exprimer son soulagement et sa gratitude si une Cour venait à rendre la dignité de son fils ou de sa fille. Pour son fils ou sa fille, oui, mais pour l’autre, non ! D’autant plus, si c’est un puissant à ses yeux. Pour le peuple, la justice est suspecte quand elle disculpe un puissant. C’est non pas du poujadisme, c’est de la crasse bêtise.
Quoi qu’il en soit, Fabius a vu le train des présidentielles (1995, 2002, 2007) lui passer sous le nez. Mais jamais, il ne renoncera.
Il sera là, en 2012.
En 2007, ce n’est pas Sarkozy qui doit représenter la Droite aux présidentielles.
Mais Juppé.
Car c’est bien le maire de Bordeaux qui fonde en 2002, cette machine de guerre électorale, l’UMP. Il en devient le Président. Sauf que, et il le sait, la justice l’attend. Depuis 1998. Les emplois fictifs.
La sanction tombe, en janvier 2004.
Un an d’inéligibilité, 14 mois de prison avec sursis, après appel. C’est fini. C’est râpé. Il ne peut plus être l’homme de 2007. Il rend tous ses mandats, s’exile au Québec. Et QUI prend, à la hussarde, les rênes de l’UMP ?
Nicolas Sarkozy !
Et justement !
Oui, justement, comme elle est intéressante, comme elle fait écho, la trajectoire de Nicolas Sarkozy. C’est même un cas d’école. Mieux, elle renforce l’hypothèse d’un (éventuel) retour de Juppé, comme de Fabius. Quand bien même les chemins ne seraient pas les mêmes, je veux dire que – pour le moment – ce n’est pas la justice qui freina l’actuel chef de l’Etat dans ses ambitions, mais des défaites électorales majeures.
En 1993, il devient Ministre du Budget et porte-parole du gouvernement Balladur. Le voilà sur orbite. En 1995, il choisit son camp : ce ne sera pas Chirac. Il préfère son “ami de trente ans", Edouard, qui en fait son porte-parole de campagne. Son nom circule quand on évoque celui du futur Premier ministre.
On connaît la suite.
Balladur ne passe pas le premier tour. Sarkozy endosse, à son corps défendant, l’image du traître. Il est presque mort politiquement. A lui, la traversée du désert.
Et comment en sortira-t-il, de ce désert ?
Par un un miracle : la dissolution de l’Assemblée Nationale, en 1997 ! C’est elle, dans sa débâcle, qui va lui permettre de revenir. A croire que ce type a le cul bordé de nouilles ! Lui, le pestiféré, devient Secrétaire National du RPR, puis, Président par intérim de ce même Parti. Quel incroyable retour, non ?
Mais il sera de courte durée.
En juin 1999, la liste qu’il conduit avec Alain Madelin aux Européennes se classe troisième, très loin derrière celle de Francois Hollande et à un poil de pourcent de celle emmenée par le tandem Pasqua/De Villiers. Ce n’est pas une défaite, c’est une déroute. A ce point, que le 14 juin 1999 – que je propose comme date de joie nationale et jour férié – Nicolas Sarkozy démissionne de son mandat de Président du RPR, de toutes responsabilités au sein du Parti “présumé” Gaulliste et .. se retire de la vie politique ! Pendant près de trois ans, il exercera son métier d’avocat.
C’est le 21 avril 2002, ce que l’on nomma un séisme politique, Le Pen au second tour de la présidentielle de 2002, qui va favoriser l’impensable : son retour en politique. Et il sera tonitruant.
Il devient le "Monsieur sécurité" du gouvernement Raffarin. Puis celui de son pire ennemi : Dominique De Villepin.
On connaît la suite : Chute de Juppé, prise de l’UMP, l’affaire est pliée.
Oui, elle est particulièrement intéressante la destinée de Nicolas Sarkozy. Un homme politiquement mort deux fois, et qui, en définitive, bénéficiant de circonstances abracadabrantesques en tire le maximum possible : l’Élysée.
Sa trajectoire démontre qu’en politique rien n’est jamais perdu, rien n’est jamais fini, démontre que oui, tout est possible, y compris l’improbable.
Et Laurent Fabius comme Alain Juppé ne l’ignorent pas.
Pourquoi voudrais-tu que ces deux hommes renoncent à leur destin ?
Rien, ni personne, ne les fera renoncer tant qu’il ne sera pas avéré qu’ils n’ont pas une chance de le réaliser.
Et cette chance, fut-elle ironie, c’est la Crise.
Ils sauront, tant ils sont brillants, intelligents, naturellement doués, non pas en profiter, mais patiemment, s’imposer comme deux évidences. Deux repères. Deux recours.
Car ils sont à ce jour, de leurs Partis respectifs, de (très) loin, les meilleurs.
Ils le savent.
Et sauront le faire savoir.
20:11 Écrit par Philippe Sage dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : laurent fabius, alain juppé, crise financière, perspectives 2012, emplois fictifs, sang contaminé, destin politique |
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