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16 avril 2012

L’Etonnante Inquiétude Du Citoyen Jean-Michel Aphatie

Jean-Michel Aphatie est «inquiet»... Et si il l’est, écrit-il le 13 de ce mois d’avril 2012, c’est parce que «cette campagne ne sert pas à grand-chose». Les grands sujets, les périls, immédiats ou lointains, qui nous menacent, les errements de nos dirigeants successifs, etc., aucun de ces points n’est sérieusement abordé, disséqué, débattu.

Quoi que l’on pense, a priori, de M. Aphatie, il me semble difficile, sur ce constat, de lui donner tort. A moins, bien sûr, d’être un partisan, un militant, un supporteur, bref un aveugle et sourd, un embrigadé jusqu’au cul. Ceci étant, il n’est pas inopportun de se demander, après lecture de cette prose lucide, à quoi il sert, Aphatie ! Et avec lui, un certain journalisme français.

AphatieCar après tout, dans cette campagne de premier tour, les candidats, grands ou petits, seront venus exposer leurs programmes, leurs idées, leurs projets ; partout. Je veux dire : dans tous les médias. N’était-ce pas l’occasion rêvée pour les placer face à leurs contradictions, leurs insuffisances, parfois même leurs mensonges ? N’était-ce pas le moment, enfin, de leur poser les bonnes questions, et de s’y tenir ? J’entends par "s’y tenir", faire fi des diversions, des sourires connivents, de la petite phrase qui noie le poisson, de ces figures de style qui ravissent les imbéciles. "S’y tenir" signifiant : faire son métier. Celui de journaliste. Vaille que vaille. Et quoi qu’il en coûte.

Seulement voilà, nonobstant le fait que cela impliquerait que ledit journaliste oubliât, le cas échéant, l’annonceur, l’actionnaire, ou l’industriel qui l’emploie, il conviendrait itou qu’il traitât d’égale façon chaque candidat. Or, et très manifestement, d’Aphatie à Elkabbach en passant par Cohen, on se complaît à être dur avec les présumés faibles, beaucoup moins avec les supposés forts. Ce qui n’est pas (bien qu’outrés, ils le nient) chose nouvelle. Au contraire ! C’est une triste constante.
Le problème, voyez-vous, c’est que, cette complaisance ça prend de la place, pour ne pas dire trop de place. De fait, il n’en reste pas lerche pour aborder l’essentiel. Comme l’avenir d’un pays. En déclin.
Alors après, venir s’étonner, comme Aphatie, que, dans cette campagne présidentielle, «les grandes choses n’y prennent pas une grande place» c’est l’hôpital qui se fout ouvertement de la charité.

Oh j’entends bien que tous ces journalistes et autres éditocrates (Duhamel, Joffrin, Barbier, etc.), pour beaucoup starifiés, militent pour une présidentielle à l’américaine. Soit : deux candidats principaux (UMP, PS) et un troisième (Modéré) pour tenir la chandelle. Pour eux, ne devraient pouvoir se présenter à ce scrutin, dit majeur, que ceux qu’ont véritablement une chance d’être élus.
Qui ne l’a pas encore compris ?
Mais dix candidats, non ; ça les emmerde. Pis : ça désacralise la présidentielle. Ca la folklorise, qu’ils disent... Doit-on comprendre que si effectivement, nous n’avions à choisir qu’entre trois candidats (et non : trois options) ces journalistes feraient alors leur métier ?
Permettez-moi d’en douter.

Oui, j’en doute, car rien, absolument rien, pas même ce temps de parole, il est vrai contraignant, ne les empêche, aujourd’hui, de mettre sur la table, les vrais enjeux, les grands périls. Avec ceux qui, demain, auront (eu) à gérer le pays. En l’occurrence, Sarkozy et Hollande. Or, ils ne le font pas. Ils pratiquent l’interview sans douleur. Prenant grand soin de ne point parler de sujets qui inquiètent, fâchent, ou tout simplement interrogent. Ils préfèrent causer de petites choses sans importance. Comme le nom du futur Premier ministre. Des conséquences éventuelles de tel fait divers sur la campagne. D’un « off », d’une rumeur, d’un ragot. Parfois, aussi, de gestuelle ou de col roulé.
Mais de la dette, des déficits, comment les résoudre, très concrètement, allez-y, expliquez-nous ! Et le chômage ? Inverser la courbe ! Fort bien ! Mais comment ? Vos mesures, quelles sont-elles ? Jamais ! Ou en survol.

A aucun moment, ils ne rebondissent. Quand bien même le candidat proférerait le plus gros mensonge, la mesure la plus irréalisable, la promesse la plus démagogique. Alors que, quand c’est Mélenchon, Le Pen, Dupont-Aignan, Poutou, Arthaud, Cheminade, et même Joly, alors là, c’est la curée ! Le grand jeu ! Là, ça relance, ça rebondit, et même parfois, ça fait « son » journaliste... J’en veux pour preuve Anne-Sophie Lapix. Que ne s’est-on pas ébaubi, notamment sur le Net, de la pâtée qu’elle a mise à Le Pen, en matière économique. Certes… Mais elle n’a fait, là, que son métier de journaliste. S’en ébaubir, c’est très étrange, et, à la fois, symptomatique. Cela me fait penser à ces passagers applaudissant, allez savoir pourquoi, le pilote au seul motif qu’il ait réussi à poser sur la piste, l’Airbus dans lequel ils sont sanglés... Ben là, c’est pareil ! On applaudit une journaliste qui n’a fait que son travail... Le problème, c’est qu’elle ne le fait pas avec tout le monde. Tout comme Aphatie. Et tous les autres. Ces mêmes qui se plaignent, aujourd’hui, que cette campagne n’aura pas servi à grand-chose.

Mais si elle n’a pas servi à grand-chose, c’est aussi parce que les journalistes n’ont pas fait leur boulot. Ils n’ont pas posé les bonnes questions. Ils n’ont pas abordé les vrais sujets. Ils sont restés à la surface des choses. Ils l’ont joué facile, peinard, paresseux. Car oui, c’est facile de mettre un "petit", un Poutou, en défaut, ou de le maltraiter. Mais un Sarkozy, un Hollande, et même un Bayrou, non, ils s’y refusent ! Et il y a une raison à cela. A cette évidente différence de traitement.
Imaginez un journaliste – que dis-je ! TOUS les journalistes ! – reprenant Sarkozy sur tel sujet, Hollande sur tel point (et ce ne sont pas les sujets et les points qui manquent) comme ils le font pour les autres, insistant jusqu’à obtenir une réponse, mais une vraie, ou, dans le pire des cas, un terrible embarras, un abracadabrant bafouillage, voire un silence qu’en dirait bien long ; mais alors, vers qui l’électeur se tournerait-il ? Mettre en défaut un Sarkozy, un Hollande, et même un Bayrou, allez savoir si ça ne profiterait pas au Front de Gauche, au Front national, ou à ces "petits" qu’ils méprisent au point qu’avant l’égalité totale des temps de parole, ils ne daignaient les recevoir (Ainsi Joly, scandaleusement recalée par "Des Paroles Et Des Actes").

Voyez comme tout Concorde, jusqu’à Vincennes. Parce qu’ils militent pour une cause, le bipartisme, alors ils le protègent. Jamais ne le bousculent. Alors que tout, absolument tout est disponible, notamment sur Internet : les contradictions, les mensonges, les errances, les flous, les outrances. Les programmes y sont passés au tamis, en matière de dette, de déficit, de croissance, de chômage. Sans la moindre concession. Sans l’once d’une partisanerie. Et ce ne sont pas des hurluberlus qui en font état, mais des économistes, par exemple, des philosophes, des scientifiques, et même, des journalistes ! Des journalistes, un peu moins médiatiques que M. Aphatie, c’est vrai. Beaucoup moins stars. Et moins tenus par quelques actionnaires, annonceurs ou autres richissimes industriels. Ils ne font pas le "kéké" dans une émission de divertissement ["Le Grand Journal de Canal+"] où depuis toujours, le politique est tourné en dérision, où la futilité est la règle d’or.

Le jour, M. Aphatie, où vous ferez votre métier, où, quel que soit le responsable politique qui viendra sur votre plateau, ou dans votre studio, vous poserez les bonnes questions, aborderez les vrais sujets, à l’impartialité, à la déontologie, plutôt que de les laisser roupiller dans un blog qui ne fait de mal à personne, alors, peut-être, votre inquiétude sera recevable.
Si cette campagne, comme vous l’écrivez, se situe «assez loin de la vérité», c’est aussi parce que vous vous situez délibérément, et avec une constance qui, ô combien, vous discrédite, très loin de ce que l’on nomme : le journalisme.


NB : Le billet «inquiet» de M. Aphatie

05 décembre 2011

Aux Chiottes, Le Vote Utile !

Et c’est reparti. Pour le grand numéro de la pensée dominante. Ah ça ! On va en bouffer, matin, midi et soir. Faut dire qu’ils sont affutés, prêts à en découdre, limite haineux, assurément suffisants et arrogants. Ils se nomment Aphatie, Barbier, Giesbert, Duhamel, Elkabbach, et j’en passe. Pendant cinq mois, interminables, ils vont nous vendre un match, et un seul : Sarkozy/Hollande. Et tous les moyens seront bons. Même les plus mauvais. Surtout, les plus mauvais.

Commercial.jpgOr donc, l’orchestre a déjà entonné son foutu tintamarre. Crise mondiale ou pas, peu importe, la partition reste la même : le bipartisme.
Peu leur chaut, que le peuple ait des velléités, des envies, un désir, ils s’en moquent. Eux qui,  en 2005, et de concert, enclumaient pour le « Oui ».

Des laquais ? Des valets ! Non ! Des courtisans. Des qui en croquent. Et copieusement. Vous le leur signifiez, et ces impétrants s’insurgent, pathétiquement, clamant qu’ils sont journalistes, déontologues, invoquant ribambelle de mots grossiers, auxquels ils n’entravent que pouic : populisme, fascisme et tutti. On la connaît, la chanson. Des années qu’ils nous la sifflent…

… Tenez ! Cette affaire, celle du 21 avril, eh bien, ils y étaient pour nib ! Ah, c’était pas eux ! N’avaient rien fait ! Sinon, leur métier... Ils auront des mois durant, dans un élan remarquable, enchaîné éditos, sujets, débats sur un thème et un seul, l’insécurité, mais non, c’est pas eux ! Ils n’auront fait, disent-ils, que couvrir une campagne. Preuve en est pourtant, éclatante, n’est-ce pas, qu’ils se couchent, qu’ils obtempèrent, sourdement, aveuglément... Des courtisans, vous disais-je. Obséquieux. Pyromanes. Se drapant derrière un alibi, fallacieux : le journalisme. Jean-foutre, va ! Imposteurs ! Commerciaux ! Qui jamais ne s’excusent, ou reconnaissent une faute... Les avez-vous déjà entendus faire amende honorable ou quelconque mea culpa ? Mais jamais ! Ça aussi c’est signifiant. De ce qu’ils sont.

Leur credo : le vote utile. Utile pour qui ?... Le peuple ?... Pensez-vous ! Le peuple, c’est pas leurs oignons. Et puis ça sent, le peuple. Ça refoule. Ça n’a rien de raisonnable et de raisonné... Internet, ce déversoir à les en croire, en est la preuve... Oui, ces gens-là n’aiment pas Internet. Ils y sont itou, certes, mais pour une seule raison : l’investir, le coloniser, le mater. Imposer leurs idées, leurs vues, leur loi. Et que vive le Triple A ! Ça les fait jouir, ça, le « AAA ». Et la dette, alouette ! Y’a bon les réformes néolibérales… Ah ! Peuple imbécile, tu ne te rends pas compte de la chance que t’as, inouïe, de nous avoir, nous, les éditocrates, nous t’éclairons, te guidons, vers la seule voie possible, le bipartisme. La Sarkollanderie… Ce ne sont pas des journalistes, non ! Ce sont des éducateurs. De la meute, la politique bien comme il faut, celle qui dépasse pas, droite dans ses bottes, molle dans sa gauche, ils sont les chiens. De garde.
Et si nous les condamnions à la niche, les toutous de l’oligarchie, et à perpète, s’il vous plaît ? Vulgairement : et si nous leur foutions au derche pour de bon ?

Non mais c’est quoi, ces façons de traiter tout ce qui n’est point Hollande ou Sarkozy. C’est quoi ces manières de faire ? Ce mépris insupportable... Avez-vous entendu Aphatie soumettre Eva Joly à la question ? Pascale Clark se gausser de Philippe Poutou ? Les avez-vous entendus les sommer de dire, séance tenante, pour qui ils voteront au second tour ?.. Bayrou, ça ne les intéresse QUE pour cette raison : pour qui le Béarnais va-t-il appeler à voter le 6 mai ? Le reste, ils s’en caguent... Mélenchon, pareil. Alors le rebelle, tu vas te ranger derrière Hollande, hein ? Mais dis-le, bordel, que tu vas le faire ! Tu te crois malin, Voltaire, avec ton Front de Gauche ? Mais tu vas te coucher, une fois avril passé, n’est-ce pas ? Allez, crache-le, renégat !... Quant à Le Pen, avec morgue, ils te la dépiautent, et lui assènent que, petite, ne sais-tu pas que sans alliances, t’es refaite ! Car ainsi fonctionne le scrutin. Majoritaire à deux tours… Deux tours ? Merci de nous le rappeler. Tant on aurait fini par croire, à vous entendre seriner Sarkozy /Hollande, Hollande/Sarkozy, qu’il n’y en avait qu’un.

Oui, il y a deux tours. Et c’est une chance. Qu’il va falloir saisir. Cette fois... Après tout, un sondage ne nous apprend-il pas que 47% des Français ne veulent ni de Sarkozy, ni de Hollande ! Eh bien : chiche ! 53% c’est pas de la gnognotte. C’est un socle. Tenons-le ! Un premier tour c’est pas fait pour les chiens. De garde. C’est fait pour que le peuple s’exprime.

Aux chiottes, le vote utile ! Il n’est brandi que pour (nous) culpabiliser. Du reste, on nous le fait bien savoir, on nous le ressort et ressert à intervalles réguliers, la menace, celle d’un 21 avril bis ou à l’envers ! Argument à la noix ! Foutaises ! Enculerie ! Le 21 avril, c’est l’échec d’un homme : Jospin. Point barre. Sa campagne était indigente, à côté, nulle, zéro. Ce n’était point la faute des autres, de Chevènement, Taubira, non ! C’était juste Jospin, les français n’en voulaient pas, voilà tout.
Au passage, je rappelle que Le Pen avait lui aussi, un concurrent : Mégret. Ça ne l’a pas empêché d’être au second tour, que je sache ? Quant à Chirac, il avait cinq concurrents sur sa droite ! Ça ne l’a pas vraiment handicapé non plus.

Alors remballez vos 21 avril à la con. Après tout, c’est à Hollande et Sarkozy d’être les plus convaincants possibles. Si tel n’est pas le cas, c’est eux seuls qui en seront responsables. Pas le peuple. Ou alors, finissons-en avec cette élection, supprimons-là, si la voix du peuple ne vous sied pas ! Si elle vous gêne tant. Confions-là à des professionnels de la politique, des énarques, des qui savent. Pourquoi pas, après tout ! Etant donné que cette présidentielle est devenue, avec le temps, un vulgaire concours de personnalités, une affaire de supporteurs, bornés, obtus ; considérant de surcroît que c’est moins un président que nous élisons mais une image médiatique, or donc faussée, oui, débarrassons-nous de cette mascarade. Et fissa !

Mais puisque, une fois encore, nous devons y retourner, aux urnes, cette portion congrue, grotesque,  dévoyée, de la démocratie, alors votons en masse pour notre candidat(e), pour NOS idées, pour UN projet, selon notre désir, nos convictions. Sonnons la mobilisation générale pour le premier tour. Ne nous laissons pas plumer, voler. Ne cédons pas aux sirènes du vote utile que des publicitaires déguisés en journalistes nous vendent comme du Coca-Cola. N’écoutons pas ces donneurs de leçons qu’ont pignon sur rue Bayard ou François 1er. Qui vont faire les beaux chez Calvi. Qui depuis des décennies nous assomment des mêmes mots, des mêmes virgules. Du même mépris.

Non messieurs Aphatie et Compagnie, il n’y a pas que Hollande, Sarkozy. Il y a d’autres choix. D’autres voies. Choix et voies que vous traitez et recevez si mal. Avec dédain ou condescendance. Mais continuez comme ça ! Et vous l’aurez la colère, elle s’exprimera comme jamais, dans les urnes, le 22 avril prochain. Oui, ne changez rien, persistez dans cette attitude et cette courtisanerie, et ce sera un raz-de-marée. Vous serez désavoués.  Et comment !
Oh, je sais, encore vous ne ferez la leçon, car ce n’est point la dignité, l’honneur, l’éthique qui vous gouvernent, mais voyez, on s’en tamponnera copieux le coquillard. Nous serons tout à notre jouissance. Car oui, le peuple, aussi, à droit de jouissance. Ne vous en déplaise. C’est même un devoir en un tel contexte.

Au derrière qu’on va vous le mettre ! Et grand format. Pour toutes ces années où vous nous avez mal parlés, mal considérés, considérablement méprisés. Nous ferons de ce 22 avril 2012 un nouveau 29 mai 2005. Un NON retentissant.
Pour le premier tour de cette nouvelle présidentielle, cruciale, ne votons pas utile ! Ça c’est bon pour les soumis, les poltrons, les assis ! Votons selon nos convictions ! Et en masse !

 

27 octobre 2011

Eléments De Langage Destinés Au Candidat Du Parti Socialiste Souhaitant Vaincre Le Candidat Sortant Par Temps De Crise(s)

16-Mars-1981.jpg« A quoi sert une élection, sinon à juger le bilan d’une politique, et, puisqu’il s’agit d’une élection présidentielle, à juger le bilan d’un homme (…) Juger ce bilan, du candidat sortant, je le ferai honnêtement ».

« Pouvait-il faire mieux ? Ne le pouvait-il pas ?... Était-il entraîné dans un cycle de crises économiques qui frappent toutes les sociétés capitalistes, et particulièrement l’Occident ? Il n’y pouvait peut-être rien ! »

« Simplement, je me poserai la question : est-ce qu’il va recommencer ? »

« La hausse de prix ! Ça frappe beaucoup de gens, hein ! Des gens simples qui n'ont pas beaucoup de moyens (…) Un million sept cent mille chômeurs, c’est-à-dire : un million trois cent mille de plus qu’au jour de son élection ; c’est beaucoup !... Un commerce extérieur en déficit de 60 milliards (…) Un déficit budgétaire accumulé, pendant ces sept ans, de 211 milliards (…) Une dette extérieure de 120 milliards ; c’est beaucoup !... 100 000 entreprises disparues récemment (...) Je veux dire simplement que ce n’est pas contestable, ça : c’est vrai ! »

« [Je lui dirai :] Est-ce que vous ne pouviez pas faire autrement pour défendre les intérêts de la France à l’extérieur ? (…) Êtes-vous sûr que la France, qui est un grand pays, a toujours rempli son rôle ? »

« Ce qui est évident c’est que, élu Président de la République, je changerai un certain nombre de choses. En particulier dans le cadre des relations du Président de la République, du gouvernement, du Parlement ; dans les relations du Président de la République et des citoyens ; tout en étant très volontaire pour préserver la charge de la fonction et la remplir entièrement. Je voudrais qu’on en revienne à des mœurs, disons plus … Un peu plus démocratiques ! »





[François Mitterrand, Cartes Sur Table, 16 mars 1981]

08 février 2009

Sarkozy, Héraut De L’Immobilisme Et Du Boneto

24 heures avant le grand numéro de Boneto de Nicolas Sarkozy, Le Figaro.fr posait à ses internautes, cette question :

Finies les hausses de 172% ?

Etrange, non, d’autant plus dans un pays où depuis le 6 mai 2007, nous sommes invités à travailler plus pour gagner plus.

Cette question, en vérité, est tout sauf innocente.
Si elle est posée, c’est qu’elle est d’actualité ou va prochainement l’être.
Poser cette question, c’est préparer le salarié à ce sacrifice, le conditionner.
Sous-entendu :

Tu sais que c’est la crise, tu as vu dans ta télé ces gens qui par milliers viennent de perdre leur emploi, ou les autres qui se retrouvent au chômage partiel, tu ne veux pas que ça t’arrive, n’est-ce pas ? Or tu sais que les bons de commande de ton entreprise fondent comme neige au soleil, que les banques qui doivent prendre le relais, assurer la pérennité de ta boîte, se font plus que tirer l’oreille, comme tu l’as constaté dans le troisième  reportage du “Face à La Crise” de jeudi soir ; tu le sais ça ? Alors, tu préfères quoi ? Conserver ton emploi en acceptant une baisse de salaire ou rejoindre les 45 000 nouveaux chômeurs enregistrés au mois de décembre dernier ?

Or donc, ils sont, si l’on en croit Le Figaro.fr, 45,52% à répondre oui.
Enorme !
Demain, ils seront plus.
Préparés, conditionnés, donc piégés.

Étonnant, à ce propos, que Guy Lagache n’ait pas rebondi sur ce qui était le plus préoccupant de ce fameux reportage n°3 de jeudi soir : ces petits entrepreneurs se plaignant du fait que les banques ne jouaient pas le jeu !
Pourquoi n’a-t-il pas relancé Nicolas Sarkozy sur ce point alors qu’il est crucial, alors que nous savons pertinemment qu’après les banques, l’industrie automobile, demain les compagnies aériennes, ce sont les PME/PMI qui vont manger chaud, même que ça va être une hécatombe, même que c’est déjà le cas (les sous-traitants dont on parle à peine et pourtant …).
Pourquoi, alors que le chef de l’État avait commencé son allocution en nous expliquant que si le Gouvernement avait décidé de sauver les banques, c’était pour sauver notre économie, nos emplois ?

Si je te dis que c’est Alain Duhamel, et non pas Guy Lagache, qui devait questionner le chef de l’État sur ses questions-là, tu comprends mieux que le grand numéro de Boneto auquel nous avons assisté jeudi soir, n’était pas seulement dans les diverses (et trop nombreuses) propositions mises sur la table en vue de la réunion du 18 février, mais aussi dans la répartition des tâches confiées aux quatre “présumés” journalistes présents sur le plateau.
En clair : les dés étaient pipés.
Et si Guy "Brushing" Lagache ou Duhamel s’amusaient à sortir des clous Élyséens, alors, le chef de L’État se tournait vers ses deux caniches, Laurence Ferrari et David Pujadas, qui coupaient direct l’herbe sous le pied des deux impertinents, dont un.
Car Lagache renonça bien vite, alors qu'Alain Duhamel, lui, tenta de se rebeller, en presque criant, excédé :

Bon, j’peux la poser ma question ?

Voyez alors les sourires de hyènes des deux toutous de sa majesté, et plus fort, un Nicolas Sarkozy ignorant totalement l’éditorialiste de RTL, et continuant avec délectation à s’adresser à ses valets.
Le lendemain, dans le Grand Journal de Canal+, Alain Duhamel avouera qu’il n’aurait jamais dû y aller, que ça n’était pas comme ça que ça devait se passer.
Traduire : “Je me suis fait couillonner !

Plus fort, hier soir, chez Ruquier, ni Zemmour, ni Naulleau, n’émettront la moindre critique sur la désolante prestation de Pujadas lors de ce “Face à La Crise”, Pujadas pourtant venu faire la promo d’un livre intitulé :
Vous Subissez Des Pressions ? – Dans Les Coulisses Du 20 Heures” [Édition Broché].
Soit sur les éventuelles connivences entre les politiques et les journalistes.

Ça veut dire quoi ?

Eh bien ça veut dire que sur France 2 on ne critique pas un journaliste présentant le JT de … France 2 (Daniel Schneidermann est bien placé pour le savoir …).
Ca veut dire que les "snipers" à la petite semaine que sont Zemmour et Naulleau n’ont pas les mains aussi libres qu’ils voudraient nous le faire croire.

Pauvre Pujadas pris à partie, jeudi soir, sur le nouveau mode de nomination du futur Président de France Télévisions - nouveau mode qui selon un Sarkozy plus avocat que Président serait un progrès car “nous sortons de l’hypocrisie” - finit par dire oui, c’est vrai, vous avez raison, Philippe Guilhaume (ancien Président de France Télévisions) s’est fait bien virer le 18 décembre 1990 par ... François Mitterrand.
Or, à cette époque, Pujadas ne connaît pas la maison, celle de France-Télévisions, vu qu’il est reporter pour … TF1 !

Jeudi soir, nous avons assisté à la défaite du journalisme. Pas une question pertinente, encore moins qui fâche.
Pourtant, il y avait de quoi faire le boulot.
Quand par exemple, Nicolas Sarkozy dit que son objectif c’est que notre pays entre dans la crise le plus tard possible pour en ressortir le plus tôt (ça s’appelle “jouer la montre” .. Venant d’un type pété de Rolex, ça n’a rien d’étonnant ..)
Comment se fait-il qu’aucun journaliste ne lui ait fait remarquer que nous sommes déjà entrés dans la crise, sinon comment expliquer huit mois consécutifs de hausse du chômage ?

Quand aussi, le chef de l’État annonce la fin de la taxe professionnelle pour 2010, et qu'il en donne le coût : 8 milliards.
Alors qu’il s’agit en réalité de 28 milliards.
Comment se fait-il qu’aucun journaliste ne lui ait demandé d’où il sortait ce chiffre fantaisiste ?
Comment se fait-il que personne n’ait dit que cette suppression de la taxe professionnelle ne serait jamais compensée par une taxe carbone, et que donc, ce sont les collectivités locales qui en supporteraient le coût, cela induisant logiquement une augmentation drastique des impôts locaux, ce qui va d’autant plus plomber notre pouvoir d’achat ?
Comment ne pas y voir, dans cette suppression de la taxe professionnelle (qui est peut-être envisageable, voire souhaitable, mais pas en pleine tempête, bordel !) une manœuvre électorale en vue d’un deuxième mandat présidentiel.
Car QUI administre 22 régions sur 26 ?
Les socialistes !
Le Gouvernement aura toute latitude pour dire ensuite : “Voyez, ces socialistes, ils augmentent vos impôts locaux !

Pour le plaisir, je retiens ce moment, cocasse, où Sarkozy paraphrasa son ennemi, Dominique Galouzeau de Villepin quand, à propos de ceusses qui manifestaient le jeudi 29 janvier, il assura qu’il devait les entendre, puis ajouta :
Mais je dois aussi entendre ceux qui n’ont pas manifesté !
C’est exactement ce qu’avait déclaré Villepin lors des manifestations anti-CPE de mars 2005 :
J’entends ceux qui manifestent, mais j’entends aussi, ceux qui ne manifestent pas !
Que Nicolas Sarkozy reprenne le crédo d’un homme qu’il déteste, c’est d’une jouissive “cocassitude”, et ça l’est d’autant plus quand on se souvient qu’en loucedé, Sarkozy donnait raison aux … manifestants anti-CPE !
Sans doute, va savoir, est-ce pour cela qu’en toute fin d’émission, il dira :
J’ai le sens du ridicule !

Ce que je retiens, hormis le grand numéro de Boneto (Boneto rapport avec ce qu’il a mis sur la table, pléthore de pistes et/ou de propositions qui fait qu’au bout du compte, tu ne sais plus où est la carte maîtresse ..) c’est que, peu importe la crise, il faut que la France continue les réformes.
Pourquoi ?
Parce que, parait-il, Sarkozy a été élu pour ça.
Or donc, un volcan vient de s’éveiller, dégueulant sa lave sur le pays, et il va continuer, et que nous dit Sarkozy ?
Pas grave, faisons comme si de rien n’était, et continuons à bâtir.
Mais bâtir sur quoi ?
Des cendres !
C’est de l’inconscience totale.
Et c’est pourquoi, le héraut de l’immobilisme n’est pas celui que l’on te désigne.
Non, le héraut de l’immobilisme, c’est Nicolas Sarkozy.
Un homme qui ne change rien, qui reste sur son idée, qui maintient le cap, alors que tout s’écroule.

NB : Tant qu'à faire, quitte à se moquer de nous, la prochaine fois, allez-y franco : pour questionner Sarkozy, envoyez Chazal (la courtisane) et Pernaut (un type déguisé en journaliste). Et pis aussi Drucker, tiens. Vous y ajoutez un sketch de Bigard pour bidonner le blaireau, une "chanson" de Barbelivien pour vomir un peu, et clic-clac, l'affaire elle sera dans le sac. Mais là au moins, ce sera clair.

05 février 2009

L’Emission Où Nicolas Donna Raison A La Dame

Je Souhaite, Je Souhaite, Je Souhaite ...

90 minutes.

Pour une émission qui dura combien ?

7 minutes.

Quand Nicolas donna raison à la dame.

Celle qui représentait le français lambda : toi, moi, nous.

La dame du reportage.

Le premier de “Face à La Crise”, l’émission.

Il a dit, Nicolas :

Cette dame a raison !

Et quoi qu’elle a dit la dame ?

Elle a dit :

C’est pas nous qui sommes responsables de la crise, et pourtant c’est nous qui allons la payer !

Et donc, il a dit, Nicolas :

Cette dame a raison !

Voilà.

Au bout de 7 minutes, tout était dit.


[J’y reviendrai demain, vendredi, en détail, notamment sur le fait que ça ne va rien nous coûter - mais oui, mais oui ... - aussi sur le désopilant : “Le Nouvel Observateur, c’est ce journal qui disait que j’avais envoyé un SMS ?” pour évacuer le fait que ce serait, d'après le NouvelObs, des collaborateurs de l'Elysée qu'auraient filé des infos à Péan pour te ventiler l'arrogant Kouchner - tu portes plainte Bernard, sinon t'as l'air d'un con, un peu ... -  mais encore sur le fait que l'immobilisme c'est bien lui, oui, c'est Sarkozy et SURTOUT comment par des appels du pied, des yeux, des mains, Nicolas Sarkozy alertait Mâhâme Ferrari et M’sieur Pijadas – Oui, c’est asez cocasse, mais Nicolas il l’appelle Pijadas, Pujadas … – pour faire taire ou réduire le temps d’antenne d’Alain Duhamel, le seul à poser les bonnes - mais très théoriques - questions. Et d’ailleurs, ce n’est pas un hasard si Duhamel passa derrière Guy “brushing” Lagache, soit assez tard, donc quand l’audience baissait mécaniquement…]

 
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