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14 mars 2009

Et Si Marie-Ségolène Avait Vu Juste ?

Surtout Avec Un Président Comme Nicolas Sarkozy !

Ne crois pas que ça me fasse plaisir. Ne crois pas non plus que si c’était à refaire, je voterais pour la Présidente de la Région Poitou-Charentes tant, à l’époque, trop importantes étaient ses insuffisances, et surtout, trop éclaté et pas assez de Gauche était le Parti censé la soutenir.
Or donc …

Or donc, t’en souviens-tu de ce vendredi 4 mai 2007 ?

Nous sommes sur RTL, la candidate d’un PS dispersé (et déjà battue dans les sondages, 45,5% au dernier pointage) est l’invitée de Jean-Michel Apathie.
Il est 7h50.
L’entretien va durer 10 minutes, il va provoquer une ultime polémique (de campagne).
Elle sera violente.
Violente car aux railleries habituelles accompagnant les déclarations de la dame de Melle, s’ajoutera une accusation d’irresponsabilité.
Et pourquoi ?
Parce que ce jour-là, Marie-Ségolène Royal sous-entendra que les quartiers populaires pourraient basculer dans “la violence” et “la brutalité” si Nicolas Sarkozy était élu.

Apathie : c’est vous ou le chaos, Ségolène Royal ?

Marie-Ségolène Royal : Ce n’est pas ce que je dis, mais il y a quand même quelque chose de vrai dans cette vision des choses ..


Ça n’est pas, comme tu le vois, Marie-Ségolène qui utilise le mot “chaos” – et d’ailleurs, elle le réfute – mais c’est pourtant ce terme fort, qui lui vaudra d’être accusée d’irresponsabilité, d’être soupçonnée de vouloir mettre le feu aux poudres en incitant à la révolte. Ce qui, avec le recul, me semble “disproportionné”. Tout du moins démesuré quand on examine à la loupe sa “vision des choses”.

Quelle est cette vision des “choses” ?

Il faut remonter dans l’entretien, précisément au repère 6’15”, quand elle déclare vouloir “lancer une alerte” :

Marie-Ségolène Royal : Ma responsabilité, aujourd’hui, c’est à la fois de lancer une alerte par rapport aux risques de cette candidature et par rapport aux violences et aux brutalités qui se déclencheront dans ce pays ; tout le monde le sait, mais personne ne le dit, il y a une sorte de tabou …

Apathie : Il y aura des violences si Nicolas Sarkozy est élu ?

Marie-Ségolène Royal : Je le pense ..


Si nous nous arrêtons là, on peut effectivement penser que, se sachant battue, Marie-Ségolène abat une (dernière) carte pour le moins douteuse, si ce n’est pathétique.
Si nous n’allons pas plus loin dans cet entretien (ce que firent nombre d’observateurs) alors oui, on peut en conclure (hâtivement) qu’elle lance moins une alerte qu’un appel en direction, notamment, des quartiers populaires.
Or, il s’agit bien d’une alerte. D’une inquiétude.
Il suffit de lire la suite :

Marie-Ségolène Royal : Je le pense .. Si un candidat ne peut pas se rendre dans les quartiers populaires sans susciter des mouvements qui le contraignent à être encadré par plusieurs centaines de policiers ..

STOP !

Nonobstant le fait qu’elle n’évoque QUE les quartiers populaires (où Nicolas Sarkozy ne se rend plus, d’ailleurs .. ) que se passe-t-il aujourd’hui ?
Notamment et récemment au Salon de l’Agriculture.
Eh bien, il se passe exactement ce que Marie-Ségolène Royal avait dit ce 4 mai 2007 : on voit un Président protégé par une armée de policiers (et de militants) afin de prévenir tout débordement.
A première vue, l’on pourrait trouver ça “normal” sauf que ce n’est pas une protection, mais une "surprotection".
Et s’il y a "surprotection", c’est qu’il y a crainte : celle d’une agression, physique ou verbale.
Pourquoi cette crainte ?
D'où vient-elle ?

Mais poursuivons …

Marie-Ségolène Royal : … Je pense en effet qu’il a créé dans le Parti .. Dans le pays, et en étant uniquement à la tête d’un Parti, parce qu’il reste aujourd’hui Président de l’UMP, ce qui ne s’était jamais vu depuis le début de la Vè République ..

Tout d’abord – et même si nous sortons du sujet - le lapsus : “Je pense, en effet, qu’il a créé dans le Parti ..
Certes, elle anticipe, puisque, effectivement, elle a l’intention d’en parler, du Parti ; mais de celui de Nicolas Sarkozy. Pas du sien.
Il n’en reste pas moins que ce “Je pense, en effet, qu’il a créé dans le Parti” est intéressant, tant on sait, et plus encore aujourd’hui, que Nicolas Sarkozy a des admirateurs au sein du Parti Socialiste : Kouchner, Lang, Allègre (même si ce dernier a rendu sa carte) ...
Et puis surtout, Besson. Incroyable prise de guerre. Et cette prise de guerre "a créé dans le Parti", la zizanie, jusqu’à gripper la machine Royal, l’handicaper lourdement dans sa course à l’Élysée.
D’ailleurs, c’est sûrement à Besson qu’elle pense.

Ensuite, et là nous revenons au sujet (“Et Si Marie-Ségolène Avait Vu Juste”), effectivement Nicolas Sarkozy n’aura pas, durant sa campagne, lâché la Présidence de l’UMP. Et il ne l’a toujours pas fait.
La preuve, il se rend à ses congrès, y fait des discours. Il semble même être, parfois, plus Président de l’UMP que celui de tous les français.
Du jamais vu sous la Vè République.

Marie-Ségolène Royal : Je pense, en effet, qu’il y aura des tensions très fortes dans le pays parce qu’il a multiplié les provocations et les violences verbales en particulier à l’égard des quartiers populaires ..

STOP !

Certes, une nouvelle fois, elle cite les quartiers populaires. Bien calmes actuellement. Mais Crise aidant, et avec elle, chômage augmentant, on risque fort de voir dans les mois qui viennent, une exaspération poindre dans ces quartiers dits populaires. D’autant plus que le Plan Banlieue est plus un gros foutage de gueule que le Plan Marshall prévu. Et ça va commencer à se voir avec cette Crise.
Certes, disais-je, elle ne parle que des quartiers populaires, mais peu importe, puisque les violences verbales et les provocations de Nicolas Sarkozy existent encore.
Qui a déclaré :
”Aujourd’hui, quand il y a une grève en France, personne ne s’en aperçoit !” ?
Qui a littéralement insulté les chercheurs ?
Qui a humilié les magistrats ?
C’est bien cet homme-là : Nicolas Sarkozy.
Et pour quels résultats ?
Des tensions de plus en plus vives, de plus en plus fortes.
Et ça ne fait que commencer.

Et j’ajouterai qu’en temps de crise, quand on demande au peuple d’être solidaire, uni, quand on lui dit que le seul chemin qui vaille, c’est celui de l’effort, de la justice, du refus de la facilité, alors on ne le provoque pas en s’offrant non pas deux jours de vacances au Mexique, mais deux jours payés par un milliardaire aux mœurs discutables.

Marie-Ségolène Royal : … Et je crois en effet que cette candidature est dangereuse, et c’est pourquoi je demande aux électeurs de bien réfléchir pendant ces deux derniers jours de campagne ..

Apathie : Si Nicolas Sarkozy est élu, il le sera démocratiquement. Les violences, si elles existaient, seraient illégitimes. Nous sommes d’accord ?

Marie-Ségolène Royal : Mais il faut se demander pourquoi il en suscite autant ! Je crois qu’il en est aussi responsable !


Tu as noté l’incroyable remarque de JM Apathie ? .. A partir du moment où un homme est élu démocratiquement, toute manifestation violente à son égard serait considérée comme “illégitime”.
Ça veut dire quoi, ça ?
Que si cet homme, élu démocratiquement, provoque son peuple, l’insulte (“Casse-toi, Pauvre Con !”) voire l’humilie (magistrats, enseignants, chercheurs ..) il serait “illégitime” que le peuple, excédé, bascule dans la violence ?
Certes, la violence est condamnable (pour aller vite …) mais peut-on affirmer pour autant qu’elle est illégitime ? Ou puisse l’être ?
C’est méconnaître l’Histoire, monsieur Apathie.
Certaines violences furent salutaires et permirent à quelques peuples opprimés de retrouver leur dignité. Même en Démocratie.
Mais passons, tant sur un tel sujet, un billet n’y suffirait pas.

Là encore, elle a raison, Marie-Ségolène Royal ! .. En effet, Nicolas Sarkozy n’est-il pas (en partie) responsable des violences et des tensions qu’il suscite ?
Est-il “illégitime” de se poser la question ?
Quand on se penche sur les épisodes du Guilvinec, du Salon de l’Agriculture 2008, et quand bien même il fut soit insulté (ce qui est le lot de tout Président de la République, voire de tout élu) ou repoussé, n’ajoute-t-il pas de l’huile sur le feu en répondant à l’insulte (“C'est toi qui a dit ça ? Ben descends un peu le dire ! Descends si t'as ..”) ?
Or, et comme il le disait à Marie-Ségolène Royal lors du débat d’entre les deux tours : “Pour être Président, il faut être calme !
Ce qu'il n'est pas, tant il sort trop souvent, en privé comme en public, de ses gonds ("Casse-toi, pauvre con !")

Oui, Nicolas Sarkozy a sa part de responsabilité dans les manifestations d’humeur, parfois violentes, à son égard. Il ne fait rien pour apaiser les “choses”. Et le voilà, désormais contraint de s’encadrer d’une armée de policiers à chaque déplacement. A renoncer à se rendre en Guadeloupe. Ou dans les quartiers populaires. Ou sur un stand de pêcheur.
Et quand ça gronde ou siffle trop fort, il déplace un préfet et un chef de la police.

Va-t-il, demain, déplacer le peuple français si celui-ci manifeste haut et fort son mécontentement ?

Apathie : Il n’y a pas de violences, encore, aujourd’hui !

Marie-Ségolène Royal : Non mais, il y a des violences verbales. Il y a une attente très tendue dans un certain nombre de quartiers, on le sait ! Il a encore récemment, lors de son dernier meeting à Bercy, utilisé un certain nombre de propos qui ne sont, je crois, pas dignes d’un candidat à la présidence de la République ! En tout cas, qui ne sont pas conformes aux valeurs Républicaines. Lorsqu’il parle de LIQUIDER mai 68, lorsqu’il dit qu’il va REFORMATER les français, lorsqu’il fait applaudir le mot Kärcher, je pense qu’il flatte ce qu’il y a de plus sombre dans l’être humain ..

Apathie : C’est vous ou le chaos, Ségolène Royal ?


Personne ne peut dire quelle attitude aurait eu Marie-Ségolène Royal face à cette Crise. Si elle aurait pris des mesures dès juillet 2007 avec la bande-annonce de ce que nous subissons aujourd’hui : les Subprimes. Car je maintiens que c’est là, en juillet 2007, qu’il fallait agir, anticiper, tant gouverner, c’est prévoir.
Personne ne peut dire non plus, ce qu’il en aurait été avec François Bayrou.

Mais, ce qui est probable, au vu de la personnalité de celui que le peuple a porté au pouvoir à 53,06% HT, c’est que nous observions, effectivement, des manifestations (fortes) de violences, dûes au désespoir, à la souffrance, mais également dûe, en partie, au comportement du chef de l’État.

90 200 emplois de détruits pour le seul mois de janvier, Total, Continental, un patron séquestré, des locaux occupés, c’est l’année de tous les dangers.

Et avec un Président tel que Nicolas Sarkozy, parfois méprisant, souvent provoquant, verbalement, le danger est encore plus grand.

Marie-Ségolène avait donc vu juste.

13 mars 2009

Quelqu’un Nous Avait Mis En Garde, Pourtant …

Qui Es-Tu ?

Mais qui ?

Je te le dirai demain [Samedi 14 mars en milieu d'après-midi] ..

En attendant, tente de deviner via les commentaires .. [A gagner : une poupée Vaudou de Nicolas Sarkozy et/ou une reproduction miniature de Carla Sarkozy en peluche véritable]


Indice : cette mise en garde date du 4 mai 2007.

23:05 Écrit par Philippe Sage dans Amusons-Nous ! | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : 4 mai 2007 | | |

 
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