20 juin 2011
Pourquoi Marine Le Pen Ne Sera Pas Au Second Tour De La Présidentielle…
Instinctivement, je me suis dit : « Mais qu’est-ce qu’il raconte ? »... Lui qui, d’habitude, est réputé pour son flair. Politique… Flanqué de son conseiller à qui on ne la fait pas, le redoutable Buisson... Oui, je me suis dit, épidermique, Nicolas Sarkozy, sur ce coup-là, il est à côté. De la plaque… C’est à se demander à quoi ça (lui) sert d’avoir « cinq ou six cerveaux parfaitement irrigués »... Ou alors, c’est de la méthode Coué de compétition. De l’auto-persuasion…
Et puis, non.
Il se pourrait bien qu’il ait raison…
Mais entrons dans le vif...
Dans le quotidien Le Monde en date du jeudi 31 mars 2011, les journalistes Raphaëlle Bacqué et Arnaud Leparmentier nous rapportent une réflexion présidentielle qui, a priori donc (et comme je le supputais en liminaire), semble déconnectée de la réalité. L’actuelle.
La voici :
Malgré les sondages, le président refuse de croire à la présence de la présidente du Front National au second tour : « le 21 avril 2002 a vacciné les français » a-t-il récemment assuré à l’un de ses visiteurs.
« Le 21 avril 2002 a vacciné les français »…
Mais comment peut-on affirmer une chose pareille ?... Enfin, depuis 2002, bien de l’eau et une crise (« sans précédent ») ont coulé sous les ponts… Des élections intermédiaires (qui sont autrement plus significatives que n’importe quel sondage) ont démontré que le Front National s’était considérablement remplumé... Qui plus est, partout en Europe, on observe, dans les scrutins, une percée de l’extrême-droite… Nonobstant, la zone euro semble partir à vau-l’eau. Y’a comme du roulis. Et pas des riquiquis… Sans compter le slogan "UMPS" qui fait flores et… Les « déçus du sarkozysme ». Or qui sont-ils ? Je veux dire, quels sont ceux qui pourraient être déçus de la politique menée par Sarkozy sinon ceux qui, en 2007, lui ont apporté moult suffrages ? Et dans ceux-là, les « siphonnés ». Ces électeurs ayant voté Le Pen père en 2002. Séduits en 2007 par un ministère de l’Immigration et de l’Identité Nationale, et quelques saillies comme : « La France, on l’aime ou on la quitte ».
Bref, en un mot comme en cent, il y aurait tant et tant de raisons de croire, oui, à la présence du Front National au second tour de la présidentielle de l’an prochain. Un nouveau 21-avril.
Alors, qu’est-ce qui peut bien conduire Nicolas Sarkozy à ne pas y croire ? A cette piqûre de rappel…
La réponse est simple : ce sont les sondages.
Ce sont eux, les sondages et leurs instituts qui, paradoxalement, pourraient « éliminer » Marine Le Pen.
Et pourquoi ?
Eh bien, parce que le 21-avril, pardi !
Ce n’est pas un fantasme le 21-avril, vu que c’est déjà arrivé.
« Un coup de tonnerre » même que c’était.
Et toute la théorie de Sarkozy est construite là-dessus : parce que les français l’ont vécu, ils feront en sorte de ne pas le revivre.
Et QUI peut les aider à ne pas le revivre ?
Les sondages, messire !
Imaginons…
Nous sommes à une semaine du 1er tour. Et plusieurs instituts de sondage nous affirment que Marine Le Pen pourrait être au second tour. Ce qui signifie qu’un des deux partis dominants, PS ou UMP, n’y serait pas.
Que croyez-vous qu’un électeur de droite ou de gauche fasse dans cette éventualité ?
Eh bien, il va voter « utile ».
Plutôt que de donner sa voix à Borloo, Villepin ou Boutin, d'aucun va reporter son suffrage sur Sarkozy (quand bien même, en serait-il un « déçu »). Et de l’autre côté, quelques-uns s’apprêtant à donner du bulletin à Mélenchon, au NPA ou à LO, se rabattront in-extrémis sur le candidat du PS.
Et la raison est évidente : aucun des deux camps n’acceptera que son champion soit éliminé dès le 1er tour… Qui voudrait (re)vivre cette humiliation ?
Si en 2002, les sondeurs nous avaient placé Jean-Marie Le Pen au second tour, vous pensez vraiment que Jospin aurait été « éliminé » dès le 1er tour ?... Allons ! Bien sûr que non ! Il y aurait eu une mobilisation pavlovienne de l’électorat de gauche en faveur du Premier ministre ! Des électeurs pensant voter Taubira ou Chevènement (voire : Mamère, Hue, Besancenot, Laguiller), auraient tourné casaque. Et sans états d’âme.
D’autre part, et même si, à un an de l’échéance, les sondages ne valent pas tripette, quand en mars dernier, une enquête en ligne effectuée par l’institut Harris Interactive donnait – et pour la première fois – Marine Le Pen présente au second tour dans tous les cas de figure, qu’a-t-on observé les semaines suivantes ?
Eh bien, ce qu’on peut considérer comme un « vote utile virtuel ». Et vlan ! Dans les enquêtes qui suivirent, Marine Le Pen rétrogradait. Pour se retrouver en position de « troisième homme ».
Alors bien sûr rien ne dit que cet effet de « vote utile » jouera l’an prochain.
Et puis, l’électeur est libre de son choix, non (Ah ! Ironie quand tu me tiens !) ?
Il fait ce qu’il veut avec son bulletin, une fois dans l’isoloir.
Il s’en moque bien des sondages, le citoyen… N’est-ce pas ?...
… J’entends, c’est curieux et marrant à la fois, d’aucuns qui en doutent… C’est intéressant... Les sondages, grand dieu dans un pays laïc, feraient-ils une élection ?
Telle est la question.
Quoi qu’il en soit, Nicolas Sarkozy, lui, le croit.
Et pour une fois – comme quoi tout devient (mais un peu tard) effectivement possible – je serais tenté de lui donner raison.
18:02 Écrit par Philippe Sage dans Présidentielle 2012 | Lien permanent | Commentaires (100) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sondages 2012, vote utile, 21 avril, le 21 avril a vacciné les français, le théorème de sarkozy, marine le pen au second tour, de l'importance des sondages, les sondages changent la donne, 21 avril à l'endroit, 21 avril à l'envers, la peur du 21 avril |
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26 mai 2011
Le Pays Joyeux Des Blogueurs De « Gauche »
Vingt et quatre blogueurs ont publié une lettre [1] à destination des responsables de la gauche…
Considérant que Nicolas Sarkozy est « un redoutable adversaire en campagne électorale » et que Marine Le Pen « sera vraisemblablement au second tour », ils invitent les partis de gauche à « dépasser [leurs] clivages et les rivalités d’appareils » afin « de travailler ensemble à une plateforme commune et à la désignation d’un candidat unique pour toute la gauche »… Initiative qu’on pourrait saluer, qualifier un peu hâtivement de sympathique – voire de : naïve – mais qui, surtout, à la réflexion, fait fi d’une réalité électorale, structurelle, propre à la présidentielle.
Or donc : « un programme, un candidat… et la victoire en 2012 » !
C’est fantastique ! Je signe tout de suite. Pour cette victoire virtuelle. Ce conte de fées. Ce scénario angélique. Et comme ce serait chouette, non ? De voir, unis, bras dessus, bras dessous, le PS, le Front de Gauche, les Verts, le NPA, Lutte Ouvrière et le Schivardi de l’année, s'en aller défier le Sarkozy et la frontiste, scandant à tue-tête :
« Tous ensemble ! Tous ensemble ! Ouais ! ».
Mais, allez savoir pourquoi, le refrain qui me vient direct au ciboulot, serait plutôt :
« Voici venu le temps des rires et des chants/Dans l'île aux enfants/C'est tous les jours le printemps/C'est le pays joyeux des enfants heureux... ».
Nonobstant le fait que cet appel sent la pétoche à plein nez, celle de voir le candidat du PS se ramasser dans les grandes largeurs dès le premier tour (se « jospiner » en quelque sorte), un traczir semblant trouver sa source dans le fait que Marine Le Pen « sera vraisemblablement au second tour » - mais j’y reviendrai – il pose tout de même un énorme problème qu’est celui du second tour.
En effet, si nous avons un candidat unique représentant TOUTE la gauche pour cette présidentielle 2012, où va-t-il, ce malheureux, trouver d’autres voix pour l’emporter au second ?
Sont-ce les électeurs pénistes qui par haine délirante de Sarkozy, vont d’un seul homme, reporter leurs suffrages du premier tour sur sa brave personne unifiée ? Sont-ce les falots Centristes ? Les chasseurs et autres pêcheurs ? Les souverainistes de sieur Dupont-Aignan ? Croyez-vous ?
Alors on me dit les Centristes. A priori... Ne furent-ils pas 40% à se tourner vers Ségolène Royal au second tour de la 2007 (et autant vers Sarkozy : match nul, donc) ?
Certes. Mais :
1 – Ce ne fut pas suffisant.
2 – Le candidat de TOUTE la gauche rassemblera beaucoup moins de voix centristes que Ségolène Royal au second tour, car justement, il représentera TOUTE la gauche : Verts, mais surtout Front de Gauche (avec des communistes dedans), NPA, LO, notre Schivardi de l’année, soit des sensibilités qui rebutent notre centriste de base, tant on ne lui connaît pas des affinités trotskistes, pas même marxistes.
Bref, en un mot, comme en cent, où sont les réserves de voix, pour faire la différence au second tour ?
Car, voyez-vous, et quand bien même une présidentielle à seize candidats tiendrait plus du folklore que de la démocratie, la multiplication des candidatures, aussi bien à droite, qu’à gauche, permet aux deux qualifiés pour le second tour, d’aller « puiser » dans les voix des éliminés du premier. C’est d’ailleurs une des raisons poussant certains observateurs – et comme ils sont nombreux, itou – à nous assurer que la frontiste ne peut pas gagner la présidentielle, vu qu’elle est toute seule. Quelque part, elle représenterait une sorte de candidature unique (en son genre).
Alors, à moins que notre Casimir, alias le candidat unique de TOUTE la gauche, ne l’emporte dès le premier tour, je ne vois pas COMMENT sans réserve de voix, il peut battre Sarkozy au second.
A moins que, TADAAAAAM ! nous vivions un « 21-avril à l’envers », soit un duel Gauche/FN, et là, nous sommes d’accord, peu nous chaut alors les réserves de voix.
Sacré pari, cependant (Patrick Buisson, conseiller de sa Majesté sarkozoïde, ferait – dit-on – le même, mais dans l’autre sens...) !
Sacré pari, car rappelons que nos blogueurs rappellent – à juste titre – que Nicolas Sarkozy est « un redoutable adversaire en campagne électorale ». Ce qui est vrai. Et un « futur papa » qui le fera savoir, fort habilement, de surcroît. Sans oublier cette « affaire DSK » qu’il n’omettra pas de remettre au premier plan… De fait, le « 21-avril à l’envers », je n’y compterais pas trop.
Alors quoi ? Marine Le Pen. C’est elle qui (leur) ferait peur ?
C’est elle, oui, puisque nos aimables blogueurs nous disent, qu’elle « sera vraisemblablement au second tour ». Alors éliminons cette vraisemblablitude par une candidature unique ! Génial, non ?
Mais, qui nous dit qu’elle « sera vraisemblablement au second tour », sinon... certains sondages ? Ces sondages que nos mêmes blogueurs, dans la même lettre, qualifient de « volatiles » et de « pas fiables ». Ou quasi. Faudrait savoir !
La peur est bien mauvaise conseillère, tout comme les sondages quand on a trop les yeux rivés dessus.
Je passe, bien évidemment, sur l’invraisemblablitude d’une telle union. Juste dire, tout de même, que si elle n’est pas possible, ce n’est pas (seulement) en raison des « clivages » ou des « rivalités d’appareils » c’est aussi parce que nous avons (pour faire très court) d’un côté une sorte de libéralisme de gauche, une inscription assumée dans le « système », et de l’autre, un socialisme véritable. Et il est primordial que ces deux logiques, ces deux programmes, soient proposés aux électeurs de ce pays.
On peut espérer, bien sûr, je le comprends, qu’il n’y ait pas, comme en 2002, trop de candidats à gauche. Ceci étant, Jospin avait considérablement raté sa campagne et il est, en grande partie, responsable de son échec. Ce n’est pas Chevènement, Taubira, Laguiller, Mamère, Besancenot, Hue et Gluckstein qui ont directement « éliminé » Jospin. Ce sont les électeurs.
En démocratie, la moindre des choses, c’est que l’électeur puisse s’exprimer. Faire un choix. D’autant plus lors d’une présidentielle à deux tours et au scrutin majoritaire... Priver l’électeur de ce choix, l’amputer d’une certaine façon, aux prétextes que les autres compétiteurs sont « redoutables » ou seront « vraisemblablement au second tour » n’est pas anti-démocratique, non, c’est juste la manifestation d’une peur, et aussi, d’une envie de gagner à tout prix… A tout prix !
Cela relève de l'aveuglement. Et d’une méconnaissance des mécaniques d’une telle élection. Qui fonctionne sur deux tours. Et non pas sur un.
Le dernier qui pensait qu’une candidature unique serait extraordinaire, un formidable signal envoyé au français, à ce point que ledit candidat unique, disait-il, pourrait être élu dès le premier tour, c’était : Nicolas Sarkozy... Son candidat : Balladur. Qui sera balayé au premier tour... Certes, il ne fut pas « unique ». Mais il n’en reste pas moins que, quand on connaît le paysage politique (plutôt droitier) de notre pays, parier sur une candidature unique de TOUTE la gauche, c’est assurément perdre en 2012. Car sans réserve de voix, tu t’arrêtes là... Ah, t’auras fait un super premier tour, mais le vainqueur dans cette configuration, c’est : Nicolas Sarkozy. Cinq ans de plus, et les doigts dans le nez ! Ah, comme on est loin du « pays joyeux » des blogueurs de « gauche »…
18:27 Écrit par Philippe Sage dans Amusons-Nous !, Libéralisme De Gauche, Présidentielle 2012 | Lien permanent | Commentaires (56) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : candidature unique de la gauche, appel des blogueurs, leftblogs, présidentielle 2012, scrutin majoritaire à deux tours, nicolas sarkozy, marine le pen, blogosphère, gauchosphère, libéralisme de gauche, l'île aux enfants, 21 avril à l'envers, 21 avril à l'endroit |
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09 mars 2011
La Peur Du « 21 Avril » Ou L’Impuissance Révélée De Notre Classe Politique
Et voilà ! Ça vacille, cède à la panique, déjà que ça n’allait pas fort dans les états-majors. Il aura suffi de quelques sondages et bam ! On appelle au « rassemblement » à gauche, au « vote utile » ; on petit-déjeune à droite avec le honni d’hier, on dragouille le centriste, et allez donc ! … La raison de toute cette agitation : la peur. Celle d’un « 21 avril » à l’envers, à l’endroit, total, définitif.
La peur, cette mauvaise conseillère.
Il est, à ce propos, intéressant, ô combien édifiant, de constater que cet argument, ce chiffon qu’on agite, la peur, est utilisé pour tout, ou à peu près tout. C’est assez révélateur de la société dans laquelle nous vivons. Cette peur est tellement présente, quotidienne, que désormais le seul projet politique qui nous est proposé c’est : nous protéger.
Nous protéger des « flux migratoires », nous protéger de la « mondialisation » , nous protéger de la « violence », nous protéger du « chômage », nous protéger de tout en fait ...
Fut un temps, l’on nous proposait plutôt un avenir, des perspectives, un chemin, des solutions. Bref, de quoi s’enthousiasmer, se projeter. Et même si ces promesses (de lendemains qui chantent) n’étaient pas honorées, pas toujours, qu’elles se heurtaient à une réalité économique, à l’imprévisible, à la guerre, elles donnèrent force, espoir, volonté. Elles libéraient les énergies, comme on dit. Celles vives du pays.
En renonçant à cette voie, celle d’un projet d’avenir, véritable, pour nous proposer un programme, et un seul, consistant à nous assurer « protection », le politique nous incite à l’apathie, nous ankylose, nous enferme, mais aussi, nous infantilise.
Nonobstant, en assurant qu’il (le politique) va « nous protéger », il confirme, au fond, que nos peurs sont fondées. Et s’il nous dit : « N’ayez pas peur ! » c’est parce qu’il n'a pour seule ambition que de se présenter comme notre protecteur.
En vérité, cette attitude, démontre l’impuissance de notre classe politique. Si elle en est réduite à nous assurer « protection » et rien d’autre, c’est bien là, oui, une preuve (de plus) de son impuissance.
Ce premier constat est déjà bien inquiétant, mais si en plus, cette même classe politique cède à la peur, alors nous courons droit vers le séisme annoncé.
Or donc, cette peur qui saisit la classe politique, c’est celle d’un nouveau « 21 avril ». Peu importe dans quel sens, endroit, envers, il faut « se protéger » de cette éventualité. Non pas « nous protéger », nous le peuple, d’un « 21 avril », mais « s’en protéger elle », ne pas en être l’une des victimes. Ne pas être le cocu, le Jospin de 2012.
On aurait pu espérer que la vague sondagière (contestable ou pas dans la méthodologie, peu importe) incitât les différents partis, notamment les deux dominants, PS et UMP, à répliquer sur le plan des idées, des projets. Mais là encore, il n’en fut rien. Autre preuve de leur impuissance. Nous eûmes droit à des « petites phrases », des accusations, c’est de la faute à Sarkozy, c’est en grande partie de la responsabilité des socialistes, bref, nous eûmes droit à des gamineries. C’est à la fois indigne et désespérant. Et ça fait « peur » surtout. Cercle vicieux. Dont, bien évidemment, profitera une nouvelle fois, Marine Le Pen.
Mais comment se traduit-elle, cette peur d’un « 21 avril » ?
Par la réduction de candidats à droite comme à gauche. En « simplifiant » l’offre politique.
A droite, on prie M. de Villepin de ne pas se présenter. On appelle les centristes (Morin, Borloo) à la raison. L’argument ? Moins il y aura de candidats à droite, et plus Nicolas Sarkozy fera le plein de voix au premier tour. C’est beau, non, les mathématiques modernes ? [1]
Mais c’est exactement la même chose à gauche. François Hollande, visiblement paniqué, appelle tous les jours au rassemblement de la gauche, dès le premier tour. Il milite pour une candidature unique. Souvenez-vous, 2002, martèle-t-il, Taubira, Chevènement, et pour quel résultat ? Ne rééditons pas cette erreur. Sauf que, ce n’était pas une erreur. C’est juste que Lionel Jospin a raté sa campagne. Mais allez expliquer cela à quelqu’un qui a peur ! A ce point, qu’il en oublie les électeurs. Tout comme la droite les oublie, aussi.
Ce n’est pas en réduisant le nombre de candidats, que l’UMP et le PS, contreront le Front National. Je serais même tenté de dire : au contraire !
Certes, pléthore de candidats ne signifie pas grand-chose. Ce serait même une plaie pour la démocratie. En effet, 16 candidats pour une présidentielle, ça n’est pas sérieux. Il ne s’agit pas d’élire un député ou un maire, bon sang ! mais celui va présider le pays pendant cinq ans. 16 postulants pour une telle fonction, ça n'est pas crédible. Tout comme, au passage, il ne peut y avoir pléthore de candidats pour une Primaire, fut-elle socialiste ! Deux (voire trois) me semble être le maximum. Au-delà, ça relève plus du cirque, de la téléréalité qu’autre chose [2].
S’agissant d’une présidentielle, il est normal, me semble-t-il, que les différentes sensibilités politiques fassent entendre leurs voix. Ainsi, les centristes, les souverainistes, les écologistes, l’extrême-gauche, l’extrême-droite, le PCF, le PS, l’UMP ... L’on me dira que certains sont compatibles, solubles, certes, mais ça, c’est l’étape suivante, celle du second tour.
M. Hollande et M. Sarkozy souhaiteraient-ils que nous fassions l’économie d’un premier tour, ou d’en réduire drastiquement l’offre, au seul motif que, mon dieu ! Marine Le Pen pourrait les devancer ? Est-ce ça, la démocratie ? N’est-ce pas plutôt une façon de la confisquer au peuple ? Et d’ailleurs, cette façon d’agir, que révèle-t-elle, sinon, outre la peur, une méfiance envers le peuple ? Un mépris, d’une certaine façon.
Là encore, c’est Marine Le Pen qui en tirera gros bénéfice.
Ce n’est pas par la peur qu’on vainc, c’est par le courage. C’est en proposant un avenir, un projet, un chemin. Fussent-ils difficiles.
Ce n’est pas en faisant peur, qu’on gagne le cœur du peuple, c’est en démontrant sa puissance, sa volonté.
Ce n’est pas en infantilisant « les gens » qu’on conquiert leur confiance, mais en les élevant, ou – comme ce fut dit trivialement – « en les tirant vers le haut ».
Le peuple ne veut pas d’un protecteur, il ne veut pas être protégé, il veut qu’on l’entende et qu’on le respecte.
Le peuple ne demande pas mieux qu’adhérer à un projet. La peur, n’en est pas un. A fortiori, « les peurs ». Et à trop jouer avec, il est évident, voire inéluctable, que la sanction sera terrible.
17:14 Écrit par Philippe Sage dans Il Est Trop Tard, Opinion | Lien permanent | Commentaires (37) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : 21 avril, 21 avril à l'envers, la peur d'un nouveau 21 avril, vote utile, candidature unique, déni de démocratie, impuissance des politiques, la peur moteur de la société, gouverner par la peur, présidentielles 2012, primaires 2011, nous protéger |
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