30 avril 2009
Au PS Et à L’UMP, Ne Nous Fions Pas
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Il n’a pas l’air comme ça, François Fillon, avec ses airs de chien battu, mais quand il aboie c’est du genre sidérant. D’autant plus qu’il jappe dans le vide.
Mais de quoi s’agit-il, à la fin ?
Il s’agit de cette (déjà triste et consternante) campagne européenne à laquelle le citoyen ne semble prêter pas plus d’attention que cela [1] alors que son coup d’envoi n’en peut plus d’être donné par les partis présumés dominants.
Et donc, hier, c’est l’UMP qui sonnait le branle-bas de combat en opinant moins de l’Europe que du chef, le sien en l’occurrence.
Mais à qui la faute, si ce n’est au Parti Socialiste ?
Ben si !
Excuse-moi comme dirait Marie-Ségolène Royal, mais c’est bien le PS qui, souviens-toi, a invité les électeurs que nous sommes à sanctionner le gouvernement le 7 juin prochain ! Comme si on avait que ça à foutre !
Et quand bien même le ferions-nous, ça changerait quoi ? A notre quotidien ? Tu crois peut-être qu’en sanctionnant Sarkozy – qui, quoi qu’il arrive, est encore là pour trois ans - et son orchestre, nous vivrons mieux ?
Et puis, ça veut dire quoi d’appeler l’électeur à se rendre aux urnes (européennes) pour sanctionner une politique (nationale) ?
On ne vote pas pour sanctionner, on vote pour un projet !
Si projet (européen) il y a, bien entendu.
Or, il n’y en a pas.
Pas plus à l’UMP qu’au PS.
Au PS, parce que ce parti est à la dérive, qu’il ne sait toujours pas s’il doit officiellement se "social-démocratiser", se "social-libéraliser" ou se "social-socialistiser". Non parce qu’il manque d’un leader naturel comme le prétend François Hollande (qui en le disant avoue, dans le désert sidéral qui l’entoure, qu’il se considère comme tel) mais parce qu’il a peur, à terme, de disparaître électoralement (je parle d'une non-qualification au second tour de la prochaine présidentielle) en osant faire un choix. L'assumer, surtout.
Et pour masquer cette trouille et son inconsistance, il appelle au "vote sanction". Ce qui est le pire des choix, mais dans son pauvre cas, le seul possible.
Le pire des choix car tout bénef pour l’UMP, et pourquoi ?
Parce que l’UMP n’est jamais aussi redoutable dès lors qu'il s’agit de parler de politique nationale. Alors qu’elle est friable, prenable, faillible, quand on l’amène à causer d’Europe.
C’est à croire que nous avons les socialistes les plus bêtes du monde !
Du coup, il avait beau jeu, hier soir, le Fillon de taper sur Aubry, Royal et le PS en général. De dénoncer un “vide sidéral”.
Sauf que, il le fit avec une arrogance et une mauvaise foi sidérantes.
Ce que je m’en vais te démontrer sur le champ :
“Vous n’en trouverez pas un (des partenaires du Parti Socialiste en Europe) pour célébrer les 35 heures ou pour célébrer la sur-administration de l'économie, ou pour célébrer l'augmentation sans limite des dépense publiques.” qu’il a dit le sarthois.
C’est-y pas se moquer du monde que de tancer le PS sur l’augmentation sans limite des dépenses publiques quand on fut le premier à s’en émouvoir en tant que Premier ministre ?
Je te rappelle que c’est Fillon qui nous annonça que l’État était en situation de faillite et qui, depuis, laisse allègrement filer et sans moufter, ces mêmes dépenses publiques. Au point qu’elles sont aujourd’hui abyssales.
”Ils sont les seuls (le PS) à vouloir de cette Europe socialiste !” a-t-il péroré le précaire de Matignon.
Arrête de nous prendre pour des benêts de compétition, François, et ne prête pas au PS ce qu’il n’a jamais voulu (ni tenu) !
Où as-tu entendu que le PS voulait d’une Europe socialiste ?
Et puis d’abord, quel socialisme ?
Celui d’Aubry ? De Royal ? De Delanoë ? De Fabius ? De DSK ? De Hollande ?
Six visions différentes non pas du socialisme (y’en a pas chez eux, ou plutôt : y’en a plus !) mais d’un présidentiable.
“Elle n’a pas dû sourire la Présidente de la région Poitou-Charentes en regardant à la télé aujourd’hui, Nicolas Sarkozy et José Luis Zapatero qui, comme c’est le cas depuis trois ans (?) travaillent la main dans la main [2]." il a dit aussi le monsieur qu’a la raie sur le côté.
Ah parce que la télé pour toi, François, c’est comme qui dirait parole d’évangile, c’est par elle que nous apprenons la vérité ?
[... Sifflement admiratif ... ]
Je savais que nous vivions dans un monde où l’image prime, où l’apparence est reine, mais entendre un responsable politique de premier plan le valider, permets-moi de le noter en rouge et le ressortir à l’occasion, par exemple quand un responsable politique se plaindra du fait que la télé raconte n’importe quoi, qu’elle lui attribue des propos qu’il n’a jamais tenus, qu’il menace même d’en virer la direction une fois élu. Ce qui est monnaie courante.
”Son mot d’ordre (à Martine Aubry) est de sanctionner le gouvernement. J’invite les français à ignorer ce flot de critiques qui masquent en réalité le vide sidéral des propositions du PS sur l’Europe." a martelé (comme disent les journalistes) le Premier ministre en sursis.
Nonobstant le fait que je partage donc ce constat (Le PS appelle à un vote sanction pour masquer le vide qui l’habite) il n’empêche que ton invitation tu te la gardes François, tant j’ignore si je veux et où je veux, comprendre amigo que je fais c’que je veux avec mes cheveux, alors arrête-z-y donc de me parler comme à un gosse de 7 ans et demi !
Parle-moi plutôt de ton projet pour l’Europe. Celui de l’UMP. Parce que je ne l’ai toujours pas entendu dans ses moindres détails. Moi ce que j’ai entendu hier soir, c’est Sarkozy-ceci, Sarkozy-cela, bref une célébration du sarkozysme, voire une invitation à plébisciter le 7 juin prochain, non un projet pour l’Europe, mais les deux ans à l’Élysée de Nicolas Sarkozy.
Donc une invitation à ignorer l’Europe et le flot de critiques qu'elle mérite.
Et même si c’est en partie la faute du PS d’avoir voulu faire de cette élection un référendum pour ou contre Nicolas Sarkozy (ce qui est stupide car une nouvelle fois, il est encore là pour 3 ans et ne compte pas surseoir à son mandat) l’UMP ne sort pas grandie en allant (sans le dire ouvertement, voire en le niant) sur ce terrain-là.
De fait, nous voici encore une fois privé d’un vrai débat sur l’Europe !
Mais est-ce bien étonnant ?
Je veux dire, est-ce que ça n’arrange pas les deux partis dominants d’éviter ce sujet-là, l’Europe ?
Car au fond, il doit bien y avoir une raison objective à ce que chaque fois que se radine une échéance européenne, UMP comme PS, réduisent cette élection à un enjeu national ?
Et si c’était dans le seul souci de garder leur leadership (national) ?
Autrement dit, est-ce que UMP comme PS ne seraient pas en matière d’élections européennes et en ces temps de grippe porcine, copains comme cochon ?
Et donc, je le dis et le redis : à ces deux partis, ne nous fions pas.
[1] Notons avec gourmandise que si le citoyen ne prête pas plus d’intention que cela à cette campagne, les instituts de sondage, eux, lui prêtent des intentions de vote. Ce qui, là aussi, est assez sidérant, tant l’Europe est absente du débat. C’est à se demander sur quelles étranges bases, le citoyen sondé fait son choix.
[2] Reconnaissons que François n'a pas tort quand il nous dit que depuis 3 ans (?) Sarkozy et Zapatero travaillent main dans la main. Ce doit être la raison pour laquelle, en données brutes, nous avons, aujourd'hui, quasiment le même nombre de demandeurs d'emploi : 4 millions pour l'Espagne et .. 3 696 100 pour la France [3 696 100 en prenant en compte les demandeurs d'emploi des catégories A, B C D et E, y compris ceux des départements d'Outre-mer ..]
00:25 Écrit par Philippe Sage dans Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : élections européennes du 7 juin 2009, vide sidéral, appel au vote sanction, deux ans de sarkozysme, l'umps est de retour, françois fillon |
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