07 mars 2012
Tartuffe !

« Nous allons créer un impôt sur les bénéfices minimum pour les grands groupes en France, les groupes du CAC 40, parce que j'ai découvert quelque chose qui n'est pas normal, c'est qu'ils maximisent les avantages fiscaux et une partie d'entre eux ne payent pas du tout d'impôt. »
[Nicolas Sarkozy – Des Paroles Et Des Actes – Mardi 6 mars 2012]
Cinq ans pour « découvrir » ce que tout le monde sait depuis belle lurette, c’est-y pas se foutre du monde, « candidat du peuple » ?
Tartuffe !
19:31 Écrit par Philippe Sage dans Prenez-Nous Pour Des Cons !, Présidentielle 2012, Sarkozysme | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy a fait une étonnante découverte, total n'a jamais existé, et le molière est attribué à, tartuffe, la comédie de l'imposteur, prends-nous encore pour des cons !, présidentielle 2012 |
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16 février 2012
Adieu, Monsieur Sarkozy !
Et encore, je me suis retenu. J’aurais pu charger la barque, quitte à donner dans l’outrance. Ça n’aurait pas été, ceci étant, immérité. Tant c’est bien lui et lui seul, l’homme, Nicolas Sarkozy qui suscite, est en cause. Rien que d’autre que lui. Une attitude, un style, une dérive.
Peu importe son bilan, l’économique, on s’en moque. Depuis quand est-ce un marqueur ? Allons ! Ne soyons mesquins, ni même hypocrites. Remisez donc vos chiffres, vos courbes, vos comptes d’apothicaires, c’est grotesque ! Voulez-vous que je vous ressorte, et avec grande jouissance s’il vous plaît, les bilans de Giscard, de Mitterrand ou de Chirac ?
Oh je sais bien, chacun selon son camp, chacun avec ses œillères, sa petite mentalité de supporteur, trouvera matière à s’enorgueillir. Mais c’est foutaises, et c’est marre ! La vérité c’est que depuis quarante ans nous sommes écrasés, saignés, sacrifiés. Je vous cause des classes populaires et moyennes. Pas de ceux qui, se disant de gauche, n’ont pour seul souci de posséder, comme le voisin, le dernier gadget de feu Steve Jobs. Ne vous étonnez point que ceux-là en pincent pour un candidat qui s’en va rassurer les pleins aux as de la City.
Or donc le bilan, quand bien même serait-il atterrant, n’est pas le point déterminant. Non, c’est l’homme, Nicolas Sarkozy, qui pose problème.
Et ça n’a pas été « une mince affaire » que de l’expliquer en un seul billet limité en nombre de signes et caractères.
Avant de vous le soumettre, j’aimerais y ajouter ceci : les publicitaires, les vendeurs d’espaces, et comme de bien sûr les éditocrates, durant les pauvres semaines qui nous séparent du scrutin, vont tenter de nous faire croire que l’affaire n’est pas pliée. C’est leur métier que de maintenir un semblant de suspens, que de tenir le citoyen en haleine, voire de l’inquiéter. Mais, la vérité, c’est que c’est fini. On sait qui va gagner. Faut pas nous raconter d’histoires, nous prendre pour des benêts. En nous ressortant le Balladur, le Jospin, etc.
Ceci étant, j’ajoute et affirme qu’il n’y a pas de désir d’Hollande. C’est juste une question de contexte. Et qu’il l’emporte de 15 ou 10 points le 6 mai prochain n’a, au fond, que peu d’importance. L’ampleur ne signifiera, en aucun cas, désir.
Tout comme il n’y aura pas de nouveau « 10 mai ». Comme on ne manquera pas de vous le dire. Juste nous retrouverons, espérons-le, un peu de hauteur. Dans la fonction. Un peu de culture, aussi.
Mais pour le reste, oubliez ! Le 6 mai, ce n’est pas la gauche qui arrive au pouvoir. C’est juste un camp qui en déloge un autre. Rien d’autre que cela... Bref, ça n’a pas grand intérêt. Sinon, pour des supporteurs qui n’ont de la chose politique, qu’une vision étriquée, pour ne pas dire égoïste et vulgaire. Et se foutent comme de leur dernier smarphone du sort des classes moyennes et populaires.
Sur ce, voilà le billet en question : CLIC !
17:21 Écrit par Philippe Sage dans Sarkozysme | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, sarkozysme, 10 ans de sarkozysme, 2012 ou le rejet du sarkozysme, il n'y a pas de désir d'hollande, le 6 mai ne sera pas le 10 mai, présidentielle 2012, la fin du sarkozysme |
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22 septembre 2011
Et Si F. Hollande, J-M Le Pen & N. Dupont-Aignan Avaient Vu Juste ?
La Sarkozie, comme d’aucuns la nomment, est en train de vaciller.
Après le sulfureux Ziad Takieddine, deux proches, pour ne pas dire deux amis (voire deux « frères ») du président de la République viennent, coup sur coup, d’être mis en examen : Thierry Gaubert et Nicolas Bazire. La justice s’interrogeant sur le financement de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur, la fameuse de 1995, qui, l’on s’en souvient, avait copieusement déchiré la droite dite traditionnelle.
Vu comme c’est barré, on ne devrait pas tarder à (r)avoir des nouvelles du trésorier de campagne d’Edouard Balladur, un certain René Galy-Dejean. Peut-être même que seront entendus d’autres personnages-clés comme : Jean-Paul Davin, Valérie Bernis, Jean-Pierre Labro, etc.
Et bien sûr, quid de la bande des quatre, le fameux comité de campagne d’Edouard Balladur, comité constitué de : François Léotard, François Bayrou, Charles Pasqua (toujours dans les bons coups) et… Nicolas Sarkozy.
Sans oublier Edouard Balladur, lui-même.
Personne ne peut dire comment va évoluer cette « fable grotesque » dans les mois prochains. Quelle(s) incidence(s) elle aura sur la campagne présidentielle qui s’annonce. Le temps de la justice, on l’a assez rappelé lors de l’affaire DSK, n’étant pas le même que le temps du politique.
Et puis, il y a le passé, avec son lot conséquent d’affaires qui font pschitt. L’immunité que l’on brandit, qui protège. Tant et si bien que certains, au bout du compte, s’en tirent avec une relaxe.
Nonobstant, et sans préjuger de quoi que ce soit, l’ancien conseiller et porte-parole de campagne d’Edouard Balladur qu’était Nicolas Sarkozy, itou aussi son ministre (de la Communication), est dans de sales draps. En bien mauvaise posture. A ce point, qu’un énorme coup de théâtre est tout à fait possible, comme : renoncer à briguer un second mandat.
Cette éventualité, celle de la non-candidature de Nicolas Sarkozy en 2012, trois hommes politiques l’ont verbalisée. Et ce, bien avant que de Karachi l’on remontât, par rétrocommissions (confirmées en novembre 2010 par Charles Million au Juge Van Ruymbeke), au financement de la campagne d’Edouard Balladur.
Fanfaron, Jean-Marie Le Pen affirme qu’il l’a toujours dit. Mieux : qu’il est le seul à l’avoir dit. Ce qui est faux.
Le premier à avoir publiquement formulé cette hypothèse, c’est François Hollande. C'était le 18 avril 2010 dans le quotidien Le Monde daté du 19 avril 2010.
Ce qui est intéressant dans les explications fournies par Hollande, à cette époque, c’est qu’il évoque l’entourage de Nicolas Sarkozy (« ... des entourages qui ont fini par se détruire de l'intérieur.»).
Il y ajoute un parallèle entre les parcours de Giscard et Sarkozy (« Je suis frappé par l'analogie entre la fin du 'giscardisme' et celle du 'sarkozysme'. Tous les deux avaient brandi la rupture, brisé des codes, pratiqué l'ouverture »), un parallèle qui fait flores actuellement. Plus d’un an après.
Mais c’est le terme employé par François Hollande qui retient l’attention :
« Je n'exclus plus que Nicolas Sarkozy soit contraint de renoncer ».
La contrainte.
Or, ce n’est pas la crise économique qui pourrait en être une, ni un bilan, mais bien un scandale, une affaire d’Etat retentissante. Nous y sommes presque.
Hormis François Hollande, il y eut donc : Jean-Marie Le Pen.
C’est après avoir rencontré Nicolas Sarkozy à l’Elysée que le président d’honneur du Front national a fini par être convaincu que celui qui avait siphonné son électorat en 2007, ne remettrait pas le couvert en 2012. Il en fit part, lors d’une conférence au CFJ, en octobre 2010. En s’appuyant sur des confidences qui, en réalité, n’en étaient pas vraiment ; il s’agit juste d’un discours récurrent de Nicolas Sarkozy [*]. Beaucoup, en effet, ont entendu ce refrain qui se chante, grosso-modo, ainsi :
« Je suis président de la République, mais je pourrais tout aussi bien faire autre chose ».
Le Pen en aura déduit que, ma foi, il n’y tenait pas tant que ça. Depuis, il affirme qu’il a toujours dit que Nicolas Sarkozy ne se représenterait pas.
Enfin, il y a Nicolas Dupont-Aignan.
C’était sur LCI, en mars dernier :
« Je suis convaincu que Nicolas Sarkozy ne pourra pas être candidat… ne sera pas le bon candidat pour l’UMP ».
On note, là encore, la force des termes « ne pourra pas être candidat ».
Nous sommes, une nouvelle fois, dans l’hypothèse d’une contrainte.
D’autres, sous couvert d’anonymat, parfois ministres ou secrétaires d’Etat, plus souvent députés, et plus précisément de la majorité, ont évoqué, itou, une telle éventualité. Mais il s’agissait, dans la plupart des cas, d’un souhait. Alimenté par une côte de popularité et des sondages inquiétants. Ceux-là pensaient juste que Sarkozy n’était pas le meilleur candidat pour réprésenter leur camp en 2012. Ceux-là rêvaient de Fillon, de Juppé, voire de Copé. Et pensaient, surtout, à sauver leurs sièges et les privilèges qui vont avec...
Et puis, à signaler aussi, certains éditorialistes.
N’en reste pas moins que désormais, ainsi que le pronostiquèrent publiquement François Hollande, Jean-Marie Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan, un renoncement de Nicolas Sarkozy pour 2012 est tout à fait possible.
Si cela devait arriver, voilà qui nous promet, et une guerre sans merci à l’UMP, et une campagne présidentielle particulièrement pourrie. Pourrie, parce qu’après l’affaire DSK, ce scandale-là (Karachi, conjugué au financement de la campagne d’Edouard Balladur) risque fort de rebattre totalement les cartes, et bien malin qui pourrait dire celui (ou celle) qui en serait le premier bénéficiaire.
17:18 Écrit par Philippe Sage dans Sarkozysme | Lien permanent | Commentaires (50) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ziad takieddine, thierry gaubert, nicolas bazire, nicolas sarkozy, edouard balladur, charles pasqua, charles millon, rené galy-dejean, jean-paul davin, valérie bernis, jean-pierre labro, donnedieu de vabres, françois léotard, françois bayrou, fable grostesque, scandale d'etat, affaire karachi, financement de la campage d'edouard balladur, sarkozy pas candidat en 2012, sarkozy renonce à 2012, françois hollande, jean-marie le pen, nicolas dupont-aignan, sarkozy le nouveau giscard, juge renaud van ruymbeke, rétrocommissions |
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08 juillet 2011
Rendez-nous, Nicolas Sarkozy !
Mais où est-il passé, n’est-ce pas, notre omni, notre hyper-président ! Celui qui, chaque jour, faisait la Une des quotidiens, des hebdomadaires, des mensuels, du monde quoi ! … Où qu’il est notre flambeur, notre décomplexé, portant plainte ici, invectivant là ? Où est-il, l’homme du Guilvinec, du Salon de l’Agriculture 2008 ; aussi celui qui, fiérot, épaules gigotantes au possible, nous assurait qu’avec Carla « c’est du sérieux ! » ?... C’est que dites, à la réflexion et tout bien pesé, cet homme-là, il nous manquerait… Presqu'un tantinet… Non ?
14:06 Écrit par Philippe Sage dans Amusons-Nous !, Sarkozysme | Lien permanent | Commentaires (17) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, bling-bling, rolex, yacht, fouquet's, nicolas et carla, louxor, wolfeboro, epad, kadhafi, obama c'est mon copain, infirmières bulgares, arche de zoé |
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03 juin 2011
Sevran, Seine-Saint-Denis, Symbole De L’Echec Du Sarkozysme
Or donc, Sevran, commune en ruine de Seine-Saint-Denis, administrée depuis dix années par le dénommé Stéphane Gatignon. Qui n’en peut plus, et depuis lustres, de réclamer de l’aide. Présentement des « casques bleus »… Faut dire que dorénavant, à Sevran, ça se canarde à l’Uzi. En plein jour. Pour des histoires de came. C’est à croire que le Plan Marshall promis par le candidat Sarkozy en mars 2007 [1] a échoué, et dans les grandes largeurs. A moins que…
A moins que, de Plan Marshall [2], il n’y a pas eu. Jamais.
Ou alors, des clopinettes. Une misère d’euros.
Et, sporadiquement, pour faire genre, épater la galerie médiatique, l’envoi d’escadrons armés jusqu’aux dents, méchamment sapés à l’américaine, le toutime survolé par un hélico – qui, va savoir, diffuse du Wagner – bref, déploiement copieux des forces dites de sécurité, coucou v’là la République, qui, comme de bien sûr, rentre au bercail une fois les caméras de télévision éteintes.
En guise de Plan Marshall, t’as donc un plan com’.
Et pis, c’est tout.
Ah bien sûr, si en 2002, le ministre de l’Intérieur, un certain Nicolas Sarkozy, n’avait pas supprimé la police de proximité [3] peut-être – c’est pas sûr, mais tout de même : peut-être – que nous n’en serions pas là. En Seine-Saint-Denis.
Oui, si de façon permanente, des ilotiers avaient pu continuer à patrouiller dans le périmètre, mais pas que (la police c’est aussi un lien social, quand c’est bien fait) et de surcroît pas des bambins sortis de l’école, des types solides, avec une expérience du terrain, allez savoir si Sevran serait à ce point insecure.
Certes, un Plan Marshall, digne de ce nom, ne se limite pas (qu’)à une présence policière.
C’est, avant toute chose, une volonté politique, d’ordre économique ET social, dont le but est de réduire drastiquement (à défaut d’éradiquer) les inégalités (de toute nature) ; inégalités et injustices qui sont sources de tous les maux : chômage, alcoolisme, suicide, violence, délinquance, etc.
Autrement dit, c’est de l’ambitieux. Et de l’ambitieux qui coûte cher. Visiblement : trop... Que voulez-vous ! On ne peut à la fois sauver les banques, l’industrie automobile ET les banlieues. Faut bien comprendre que les retraites-chapeau, les stock-options, les parachutes dorés, les paradis fiscaux, le bouclier fiscal, c’est autrement plus rémunérateur, voyez-vous, que le devenir des gueux de tous les Sevran de l’hexagone. Que les quartiers populaires, qui ne le sont pas vraiment, populaires, dans l’opinion publique. Ceci expliquant cela.
Sauf que, le candidat Sarkozy nous avait promis la rupture.
Même qu’on allait voir ce qu’on allait voir ! Ah, ça ne se danserait pas comme lors des trente dernières années, où en matière de politique de la ville, on a fait n’importe quoi – ce qui est vrai, nonobstant ! On va t’y remettre de la République et des services publics. Des écoles, fussent-elles de la « deuxième chance ». Emplois et « formation pour tous les jeunes de nos quartiers » afin que personne « ne soit laissé de côté, pour que chacun puisse tenter sa chance ».
Sur le papier, ç’avait de l’allure. Et puis, ça répondait, d’une certaine façon, aux « évènements » de l’automne 2005.
On se disait que le gars Sarkozy avait pris la mesure.
Eh bien non. Du tout.
Mais qui ça pourrait étonner ?
Quand bien même avait-il seriné « J’ai changé... » et par onze fois lors de son discours du 14 janvier 2007.
Sarkozy n’a pas changé.
C’est toujours celui qui nous dit, fanfaron, dans une forêt de micros et de caméras :
« Vous en avez assez, hein ? Vous avez assez (sic) de cette bande de racailles ? Eh bien on va vous en débarrasser ! ».
Non seulement il ne « les » en a pas « débarrassés » mais il a copieusement augmenté le problème par son « immobilisme ». Soit, en continuant une politique absurde et vaine. Qui ne s’attaque pas, concrètement, aux sources de la délinquance et tutti.
Qui plus est, il poursuit (via Alliot-Marie, Hortefeux puis Guéant) ce qu’il entreprit quand il était ministre de l’Intérieur, une politique bêtement répressive, ponctuelle, ô combien médiatique, de celle qu’épate les gogos, mais qui ne résout rien, bien au contraire.
Il n’y a pas de répression sans prévention. D’économique sans social. De fermeté sans générosité.
Le PS et la gauche en général seraient bien inspirés de se saisir de ce dossier. De faire la démonstration de l’inefficacité de Nicolas Sarkozy en la matière. Ce que Ségolène Royal n’avait malheureusement pas fait lors de la campagne présidentielle 2007, alors que déjà, le bilan de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur était un échec camouflé par des coups médiatiques et des chiffres Bauerisés.
Cette fois, il conviendrait que la gauche appuie là où ça fait mal. Tant c’est un boulevard. Qu’il ne faudrait pas laisser au Front National [4]
Il est urgent que la gauche, outre la critique, le constat, fasse des propositions concrètes, chiffrées. Qu’elle nous décrive ce que sera sa politique de la ville, en formant le vœu qu’elle saura se montrer ambitieuse, ferme et généreuse.
Or donc, en s’attaquant prioritairement aux sources des maux, et non uniquement à leurs conséquences.
[1] « Si je suis élu je mettrai en œuvre un grand plan Marshall de la formation pour tous les jeunes de nos quartiers, pour qu'aucun ne soit laissé de côté, pour que chacun puisse tenter sa chance, pour que chacun ait un emploi. » [Nicolas Sarkozy – 18 mars 2007 – Discours du Zénith]
La candidat Sarkozy promettra à nouveau un Plan Marshall pour les banlieues, le 2 avril 2007, à l’occasion d’une conférence de presse sur son projet présidentiel, puis le 13 avril 2007, à Meaux, où il interpellait Yves Jégo :
« Cher Yves Jégo, je ne veux plus une politique de la ville, je veux un plan Marshall pour les banlieues. Un plan Marshall qui s'adresse à tous ceux qui veulent créer de la richesse et des emplois, à tous ceux qui veulent bénéficier d'une formation pour trouver du travail. Parce que le plan Marshall que je propose ne concernera pas seulement les immeubles et les murs, mais aussi et surtout les hommes et les femmes de bonne volonté. »
[2] En réalité, le Plan Marshall promis fut soldé en février 2008. Soit : avant la crise.
[3] « Plus que jamais, la police de proximité fait défaut. Contrairement à ce qui est plaidé, préconisé, annoncé, vidéosurveillance, drones (!), etc, plus la situation s’envenime et plus une police de proximité serait nécessaire. Ou plus exactement l’état d’esprit qui animait cette orientation. La police, c’est par définition de la proximité. Dès lors qu’on fait une partition des missions policières, c’est de la politique.
Et c’est en partie pour cela que les relations police/population n’ont cessé de se dégrader.
La police se trouve au cœur de la réalité des effets de la férocité sociale, économique, et la délinquance. Même s’il se trouve aujourd’hui des idéologues pour affirmer qu’il n’y a pas de lien entre la délinquance et la précarité… » [Bénédicte Desforges – 13 décembre 2010]
[4] Lors des dernières cantonales (mars 2011) on a pu observer une poussée du FN dans les banlieues.
Concernant Sevran, le candidat frontiste se classa second au premier tour avec 22,92% des suffrages exprimés (abstention : 70,19%).
Il devançait les candidats du PCF (22,15%) et de l'UMP (12,38%).
20:08 Écrit par Philippe Sage dans Opinion, Sarkozysme | Lien permanent | Commentaires (47) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sevran, stéphane gatignon, seine-saint-denis, banlieues, quartiers populaires, police de proximité, bilan de nicolas sarkozy, plan marshall, politique de la ville, précarité, délinquance, front national |
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25 février 2011
Nicolas Sarkozy Ou La Politique De La Terre Brûlée
Oui, bien sûr, ces sondages qui se succèdent, l’un, l’autre, quotidiens, assommants, photos d’un instant, il conviendrait de ne pas y prêter attention, ou du moins, pas plus qu’ils n’en méritent, puisque, justement, ils ne sont qu’instantanés, au sens cliché du terme … Et pourtant … En s’y penchant, tête froide, reposée, on entrevoit quelques hypothèses. Et, peut-être, aussi, une incroyable stratégie.
Or donc, au lendemain d’une enquête TNS-Sofres/Le Nouvel Observateur/i>télé [1] nous indiquant que, si le second tour de la présidentielle avait lieu « aujourd’hui », Nicolas Sarkozy serait battu et par DSK, et par Martine Aubry, et par François Hollande, et par Ségolène Royal, voilà que l’institut CSA (avec BFMTV, RMC et 20 Minutes) complétait le tableau en nous en apprenant une bien copieuse :
Nicolas Sarkozy serait le seul, à droite, à devancer Marine Le Pen au premier tour de cette même présidentielle.
Ni Jean-Louis Borloo, ni François Fillon, pas même le candidat déclaré de 2017, Jean-François Copé, ne seraient en mesure de la distancer. Pis, en ce qui concerne Borloo et Copé, la présidente du Front National leur « mettrait » respectivement 6 et 7 points dans la vue.
Il faut aussi préciser que, dans ces deux enquêtes, Marine Le Pen oscille entre 17,5 et 19%.
Compte tenu de la marge d’erreur (une fourchette de + ou – 3) cela nous donne 14,5% en hypothèse basse, 22% en hypothèse haute.
Comme dit le camarade journaliste, c’est « sans précédent ». Jamais, le Front National n’a été crédité, dans des sondages, et pour une présidentielle, d’un score aussi élevé. Jamais !
Alors oui, et encore une fois, ce ne sont que des instantanés. Tout peut basculer. Cela dit, tout de même … 22%, c’est inédit !
Mais allons plus loin ….
… Si l’on dissèque consciencieusement ces deux enquêtes, en y appliquant la marge d’erreur, on s'aperçoit que celui (le seul) qui laisse(rait) véritablement Marine Le Pen à distance, c’est DSK [2]. Ce qui ne doit pas ravir l’aile gauche du PS .. Mais enchanter toute la presse de droite qui, depuis des mois, nous abreuve de sondages désignant DSK comme étant, et de très loin, le meilleur candidat pour le Parti Socialiste [3].
Rien de nouveau, me direz-vous .. Non, mais ce qui l’est, ce sont (donc) les scores du Front National dans ces différents sondages …
Et s'ils étaient révélateurs d'une stratégie politique ? D’un choix totalement assumé. Par un homme, et un seul : Nicolas Sarkozy.
En effet, alors que tout part à vau-l’eau (est-il vraiment utile d’y revenir ?) que « les merdes volent en escadrille », quel thème va nous être prochainement proposé pour faire l’objet d’un grand débat national :
La place de l’islam en France !
Et pourquoi ?
A priori, parce qu’on (dixit Sarkozy) ne peut laisser Marine Le Pen s’emparer, seule, de ce sujet.
Rappelons, pour les étourdis, que c’est elle qui a dégainé, en décembre dernier, en comparant « les prières de rue » des musulmans à une « occupation ».
En apprenant la tenue d’un tel débat, Marine Le Pen s’est réjouie. Et doublement, quand elle sut que ce pourrait être, aussi, un des thèmes central de la future campagne de Nicolas Sarkozy ... Cette réjouissance est compréhensible : car c’est bien suite au débat sur l’identité nationale que le Front National (qu’on nous avait présenté comme moribond après la présidentielle 2007) a repris du poil du suffrage lors des Régionales 2010.
C’est à se demander, tel Dominique de Villepin, à quoi joue Nicolas Sarkozy ? ... Même celui qui fut son conseiller politique pendant la campagne présidentielle 2007, le sieur Devedjian, se fend d’une tribune pour dénoncer un débat « inutile et dangereux ». Le même Devedjian qui, le 28 mars 2007, se gourmandait des incidents de la Gare du Nord, estimant que, je le cite :
« Cette affaire, c’est bon pour Nicolas : ça remet l’insécurité au cœur de la campagne »
Faut croire qu’à l’époque, Monsieur Devedjian ne trouvait aucun inconvénient à ce que son champion exploitât un fait divers à des fins purement électoralistes.. Faut croire, surtout, que depuis, bien de l’eau a coulé sous les ponts, un autre Sarkozy (Jean) s'étant radiné, mort de faim, sur le territoire de Patrick Devedjian ...
Or, c’est bien, itou, à des fins électoralistes, qu’aujourd’hui, Nicolas Sarkozy veut (via Copé, placé à la tête de l'UMP) ce débat sur l’islam. Il sait (d’autant qu’il en a eu la démonstration avec les Régionales) qu’il tient là un sujet qui peut maintenir le Front National à un niveau élevé ... Mais, ça n’est pas uniquement dans le but de mettre des bâtons dans les roues du Parti Socialiste (qui sait très bien le faire tout seul). Oh non ! C’est aussi pour faire le vide dans son propre camp ! Eviter de se retrouver dans la même configuration qu’en 1995 avec un duel fratricide Balladur/Chirac.
Car, en effet, tout se délitant, et comme rarement sous une présidence, c’en est même affolant, qui nous dit qu’un ténor de l’UMP (excepté Villepin que Sarkozy méprise, au point qu'il ne le considère pas comme un concurrent direct pour 2012) ne serait pas tenté, et fort légitimement, d’y aller ? Estimant qu’il aurait plus de chances que Nicolas Sarkozy de l’emporter en 2012 (François Fillon, par exemple, ou même : Alain Juppé). Ou, tout du moins, de défendre au mieux, les couleurs de son parti.
Bref, Sarkozy est-il vraiment le mieux placé à droite ?
Eh bien, voyez-vous, le sondage CSA du jeudi 24 février nous apporte une réponse : non, il n’est pas le mieux placé pour l’emporter en 2012, mais oui, il est le mieux placé, à droite, pour … battre Marine Le Pen au premier tour ! Il est le seul rempart de son camp face au Front National. Ni Fillon, ni Copé, ni Borloo, ni personne, ne seraient en mesure de le contrer sur ce terrain. De fait, cela tue dans l’œuf toute autre candidature à l’UMP !
Il est évident que Nicolas Sarkozy, même en mauvaise posture dans les sondages, y compris dans sa côte de popularité, ne renoncera pas, jamais, à briguer un second mandat. Parce qu’il croit qu’il pourra, comme en 2007, envers et contre tout, reconquérir son électorat, même ric-rac ; qu’il pourra une autre fois, allez hop, siphonner les voix du Front National. Et c’est pourquoi, il revient (et reviendra encore) chasser sur ses terres, avec ce débat sur la place de l’islam en France (et quoi d'autre, demain ?) ... Mais à la différence de la campagne précédente (qu’il commença dès juin 2002 sur le thème de la sécurité, puis en mordant, pour masquer son bilan en la matière, sur des thèmes chers aux extrêmes) il le fait AUSSI, pour écarter définitivement toute possibilité de candidature au sein de l’UMP. Cadenasser la sienne. La protéger. Tout en – mais ça va de soi – compliquant la tâche du candidat PS (hanté par le spectre du 21 avril).
C’est cela que j’appelle : la politique de la terre brûlée.
Oui, je sais, ça paraît insensé, tant ce choix politique est éminemment dangereux (et contesté – ce n’est pas un hasard – au sein même de l’UMP) mais .. C’est Nicolas Sarkozy ! Il est ainsi. Pour lui, ce serait une humiliation que de ne pas « y aller » une seconde fois, de devoir renoncer. D’aucuns, des Républicains, des Gaullistes, y verraient, du panache, mais lui non.
Alors, pour être sûr d’être LE candidat, l’incontournable, l’unique rempart de son camp contre le Front National, il détruit par le feu toute velléité, toute autre éventuelle candidature de l’UMP.
Voilà ce que nous indiquent les derniers sondages (notamment le CSA). Un billard à moult bandes. Meurtrier ... Loin, en tout cas, de ce que l’on appelle : l’intérêt général. Mais est-ce une surprise, dès lors que nous connaissons l’homme de l’Elysée (et son équipe resserrée) ? Quand, au cours de son mandat, s’est-il une fois, une seule, soucié de l’intérêt général ?
00:22 Écrit par Philippe Sage dans Sarkozysme | Lien permanent | Commentaires (78) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, marine le pen, front national, débat sur la laïcité, place de l'islam en france, stratégie politique, présidentielles 2012, sondages 2012, politique de la terre brûlée, patrick devedjian, siphonner les voix du fn, la stratégie du fou, électoralisme |
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10 février 2011
Ennemis «Jurés» Des Magistrats Et De La Justice
Ah ! ça par exemple ! Qui l'aurait cru ? Non mais lisez donc : deux tiers des français soutiennent les magistrats. Et c'est « exclusif », qu'on nous assure... C'est magnifique, non ? ... Les sondages. Oui, car c'en est un. Bichonné (via Internet) par l'institut BVA (du 8 au 9 février 2011) ... En attendant que l'OpinionWay vienne le modérer dans les grandes largeurs. Comme souvent .. Les sondages ! c'est de la température, de l'anale, ça vaut pas tripette. Le citoyen eut été consulté un 24 janvier, et la musique n'était pas la même. Là, c'était la curée, l'hallali. Y'avait qu'à traîner sur le Net, justement, dans les pires recoins de ses forums, c'était édifiant. Les juges, les magistrats, le citoyen voulait tout bonnement les pendre. Ou quasi.
Et puis, ça veut dire quoi : deux tiers des français soutiennent les magistrats (qui ne sont plus que 32% chez les « sympathisants » de droite, c'est à noter en gras et rouge) ? Concrètement ? ... Qu'ils vont itou manifester ? Se joindre au mouvement ? Afin d'aider la Justice à obtenir ENFIN les moyens « de faire son travail » (comme dit le politique) ... Ou rester cul assis en attendant que ça (se) passe ? Avant de, plus tard, au prochain drame, dire et redire pis que pendre de la magistrature ... Ces citoyens, les plus impatients d'investir nos tribunaux en tant que jurés populaires, ce n'est sûrement pas un sondage qui va les effacer. Ils sont bel et bien là. Ignorant tout de la réalité du monde judiciaire. Pis : ne voulant rien savoir, constamment dans le déni. Pourtant cette réalité est incontestable, même qu’elle est chiffrée, publiée, lisible et visible par tous. Pour qui veut bien s’en donner le temps ..
Or, il est là le hic : le citoyen-justicier, le futur juré populaire, ne prend pas le temps de s’informer correctement. Et Sarkozy le sait bien. C’est, pour lui, pain béni, porte ouverte à toutes les fenêtres. Il profite, abuse jusqu’à l’outrance de l’ignorance, ignorance sur tout ce qui concerne l’Etat. De son fonctionnement, ô combien complexe au demeurant …
… De la Police, de la Justice, notre juré futur, il n’en connaît rien, extrêmement rien ! Que la surface ! Et encore ! … Ce qu’il en sait, se résume à du ouï-dire, de la petite vue personnelle, du « bon sens » … ah ! ce « bon sens » qui remplace tout : raisonnement, analyse, intelligence …
… C’est terrifiant, ceci étant, de noter que ce juré populaire si en demande de sécurité, de pépèritude, n’ait pas le début de l’idée d’aller chercher, de lui-même, des informations véritables afin de se forger l'opinion. Ce doit être trop fatiguant, je présume.
A croire que notre futur juré est un assisté. Du cerveau. Une feignasse. Haineux du fonctionnaire.
Dès lors, quand le matamore, surfant sur la vague – écœurante – de l’émotion, désigne un coupable nommé Justice, il exulte … Salauds de magistrats ! Tony Meilhon, c’est de leur faute ! Faut réprimer … Comment ? .. Ils protestent ? Se foutent en grève ! Mais pour qui se prennent-ils ? ... Peu lui chaut à ce tribunal du « bons sens populaire », que la Justice réclame depuis lustres des moyens humains, financiers, pour mener à bien sa mission, il veut pas le savoir ; c’est trop facile, bien « commode » de se refugier derrière cet argument, récurrent : les moyens … La belle excuse ! Quand on veut, on peut, voilà son crédo.
Et pis y’a Outreau. Qu’on lui remet dans le cassis. « Dysfonctionnements » et tutti.
Ah, que j’aimerais qu’on lui donnât une charge de travail équivalente, on le verrait à l’œuvre, tiens, notre juré de demain !
S’il était un tant soit peu honnête, il le reconnaîtrait, sans barguigner, qu’on ne lui accorde pas les moyens d’accomplir sa mission. Il serait même, et fissa, le premier à s’en plaindre :
« Mais monsieur, comment pouvez-vous me dire que mon travail n’est pas satisfaisant, alors que vous savez pertinemment que pour le mener à bien, il faudrait que nous soyons cinq ou six, or je suis seul ! Ce n’est pas faute de vous l’avoir dit, chiffres à l’appui .. ».
Qui n’a pas vécu pareille situation ? ..
Je serais curieux, au passage, de connaître la réponse de « monsieur » ... Ne vous aurait-il pas, par hasard, rendu responsable du « manquement » ? Et si c’est le cas, ne l’avez-vous pas vécu comme une injustice ? … Ne trouvez-vous pas qu’il n’y a pas loin de ce « monsieur » à … Sarkozy ? Même procédé. Même politique. Même bouc-émissaire.
Le présumé responsable du manquement, me semble aisément identifiable. Non ?
Oh que oui, qu’il l’est, identifiable ! Bientôt quatre années d’exercice du pouvoir pour Nicolas Sarkozy, et neuf pour l’actuelle majorité. Voilà un temps pour le moins appréciable, conséquent, quand on veut doter son pays (5ème puissance économique mondiale, faut-il le rappeler) d’une Justice digne de ce nom ; exact ou pas ?
Or, c’est un fait, le budget consacré à la Justice française est ridiculement bas : en 2008, il représentait 0,19% du PIB. Ce qui nous place au 37ème rang européen.
Nous avons, en France, 3 procureurs et 9,1 juges pour 100 000 habitants alors que la moyenne dans les pays du Conseil de l’Europe est respectivement de 10,4 et 20,6 !
Qui oserait contester ces données ?
Le gouvernement ? …
Il a beau dire, ce gouvernement, que tout doux ! ce budget a tout de même augmenté de 40% entre 2007 et 2011, il omet juste de signaler que la moitié a été allouée à l’administration pénitentiaire. Que l’inflation sur ladite période est équivalente à 16,5% … Faites donc les comptes ! L’augmentation que nous vend et vante le gouvernement est grotesque. Indigne. Elle n’est pas à la hauteur.
Pis encore : si l’on en croit la Commission Européenne Pour l’Efficacité de la Justice, le budget de la justice française proprement dite n’a progressé que de 0,8% entre 2000 et 2008.
Voilà les données. Elles ne sont pas de droite, de gauche, elles sont réelles … Tout citoyen peut y avoir accès, en toute liberté, il suffit de s’en donner la peine. Le temps.
Mais je comprends. Le crime est si abject qu’il faut un responsable, et sur le champ. Le juré populaire, excédé, le réclame .. Eh bien, ce sera la Justice. C’est elle qu’est « présumée coupable ». Avant même – avant même ! – qu’une enquête n’ait été menée ... On la désigne, comme fautive. Haro ! Haro ! Et le bouffi de ouï-dire, de qu’en dira-t-on, de « bon sens » d’acquiescer ! C’est qu’il la connaît, lui, la Justice ! Oui ! Oui ! Elle est au-dessus des lois ! Vous avez raison, « monsieur » Sarkozy ! On peut rien lui dire sans qu’elle monte sur ses grands chevaux, l’arrogante .. Et pis, c’est bien connu, y sont tous de gôôôche, ces magistrats ! Corporate ! Et bien payés, de surcroît ! …
…. Ah ! misère ! ... Ça voudrait (faire) la Justice, mais ça n’y connaît rien ! Ça ne s’y intéresse pas. Que de la surface ... Préjugés, a priori, émotions, voilà ce qui, sur ledit sujet, gouvernent une partie de la population, partie imposante qu'un sondage ne gommera pas de notre paysage.
Pourtant, tout est là, clair, limpide, chiffré. Disponible.
Si nos crevards de « justice » faisaient cet effort, pas si compliqué, de s’informer correctement, bref, s’ils se comportaient comme de vrais citoyens, le « présumé responsable du manquement » dudit dysfonctionnement, leur crèverait les yeux.
Mais notre « justicier populaire » est – faut-il le lire – un citoyen feignasse. L'ennemi juré des magistrats et de la Justice.
NB : Rappelons la phrase présidentielle qui provoqua l’ire des magistrats :
« Quand on laisse sortir de prison un individu comme le présumé coupable sans s’assurer qu’il sera suivi par un conseiller d’insertion, c’est une faute. Ceux qui ont couvert ou laissé faire cette faute seront sanctionnés, c’est la règle ».
Nous noterons, qu’une fois encore (après Colonna, Dominique de Villepin), le Chef de l’Etat, garant de nos institutions, porte atteinte à la présomption d’innocence en évoquant :
« le présumé coupable ».
Or :
« Toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées. (…) ».
Telle est la « règle ».
13:33 Écrit par Philippe Sage dans Je M'Excuse Mais Merde !, Opinion, Sarkozysme | Lien permanent | Commentaires (19) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : les français et la justice, la colère des magistrats, les jurés populaires, la france soutient ses magistrats, présomption d'innocence, le citoyen justicier, tony meilhon, dysfonctionnement, le budget de la justice en france, sarkozy et la justice, présumé coupable |
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02 décembre 2010
Te Souviens-Tu, Quand Sarkozy Annonçait Briguer Qu’Un Seul Et Unique Mandat ?
Or donc, voici ce qui fait le tour de l’Internet, y compris du Journal Télévisé.
Une nouvelle fanfaronnade de Nicolas Sarkozy.
Un bonbon à sucer.
Je cite :
«Je suis là pour deux mandats, pas plus», a lancé le président de la République à la trentaine de députés et sénateurs UMP qu’il recevait dans le salon vert de l’Elysée. «Après, ce sera la dolce vita», a-t-il ajouté.
Croustillant, non ?
On comprend que ça occupe copieux les rédactions. Tellement c’est énorme !
Tellement c’est Sarkozy, surtout.
Car, en vérité, tout ça, c’est de la com’. Du Sarko pur sucre.
L’aime bien, cet homme-là, donner aux « commentateurs » des os à ronger, tant il sait qu’ils vont mordre et plutôt deux fois qu’une. Que sa petite saillie va être diffusée auprès d’un public qui, disons-le tout net, est friand de ce genre de régalade. A la Gala ou Voici. Soit, bien loin de la « real » politique. L’a beau geindre, l’électeur, ce genre de tirade, c’est sa « came ». Et Sarko le sait bien, malin comme trois singes capucins qu’il est.
Oui mais, il a (nous) déjà fait le coup. Et je m’en souviens. Ah ça oui ! Même que je m’étais dit, y’a grosse, énorme anguille sous roche.
Souviens-toi, Barbara, c’était un mercredi 28 juin 2006.
Le procédé était quasi le même.
Une vingtaine de privilégiés qu’on met dans la confidence ; en réalité, des godillots dont on sait qu’ils ne mettront pas vingt-quatre heures à diffuser la « bonne nouvelle ». L’os à ronger. Le bonbon à sucer.
Et je savais bien qu’un jour, ça me servirait, tellement je le connais l'animal politique, le petit futé de l’Elysée.
Je l’avais gardé sous le coude, au cas où il récidiverait.
Or donc, pour ceusses qu’auraient déjà oublié (sport national, n’est-ce pas, que le trou de mémoire) ce que c’est la com’ à la Sarko, voilà à quoi ça ressemblait :
Alors vois-tu cette histoire de « dolce vita » ces « deux mandats, pas plus », tout ça, c’est juste pour amuser la galerie, les journalistes et les nigauds. Ça vaut pas tripette.
Quand bien même ne pourrait-il pas, selon la Constitution, « faire plus » que deux mandats.
C’est uniquement pour se rendre sympathique auprès des uns, faire marronner les autres. Comme toujours.
Donner de la voile à sa cote de popularité branlante. Un peu, aussi.
Faire parler de lui, surtout.
Bref, c’est un piège à touristes, à badauds et autres gogos.
C’est gentil, m‘sieur, mais on a déjà donné.
Next please …

01:11 Écrit par Philippe Sage dans Devoir De Mémoire[s], Sarkozysme | Lien permanent | Commentaires (68) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, deux mandats pas plus, la dolce vita, storytelling, mais quel acteur !, piège à cons, pub gratuite, stratégie de communication, un seul mandat, aller dans le privé, sarko quel rigolo !, prends-nous donc pour des cons ! |
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29 novembre 2010
Petit Rappel Des Fondamentaux Du Sarkozysme à M. François « Oui-Oui » Baroin
« J’ai toujours pensé qu'une société transparente, c'était une société totalitaire. »
(François Baroin à propos des dernières révélations de Wikileaks – Europe 1 – 29 novembre 2010)
« Je veux remplacer l'opacité par la transparence. »
(Nicolas Sarkozy - 20 mars 2007)
« Notre démocratie n'a pas besoin d'une nouvelle révolution constitutionnelle. (…) nous devons changer radicalement nos comportements pour aller vers davantage d'impartialité, d'équité, d'honnêteté, de responsabilité, de transparence. »
(Nicolas Sarkozy - 14 janvier 2007)
« Nous devrons également rendre les relations entre les États plus transparentes. Il nous faut les débarrasser des réseaux d'un autre temps, des émissaires officieux qui n'ont d'autre mandat que celui qu'ils s'inventent. Le fonctionnement normal des institutions politiques et diplomatiques doit prévaloir sur les circuits officieux qui ont fait tant de mal par le passé. Il faut définitivement tourner la page des complaisances, des secrets et des ambiguïtés, notamment avec nos partenaires africains et arabes. »
(Nicolas Sarkozy - 28 février 2007)
« Je veux (..) changer les pratiques, les mentalités, et gouverner autrement autour de trois principes : la transparence, la culture du résultat, la concertation. »
(Nicolas Sarkozy - 2 avril 2007)
« La première conquête d'Internet, c'est l'ouverture de citadelles jusque là bien gardées. Chacun peut faire du journalisme à la place des journalistes. Chacun peut diffuser ses films à la place des majors d'Hollywood. Chacun peut mettre ses biens aux enchères, exposer ses travaux, afficher ses idées. Un nouvel espace de liberté d'expression s'est ouvert, avec la suppression de la barrière économique à la diffusion de masse des images, des textes ou des sons. Je ne le conçois pas comme une menace pour la démocratie, mais comme un avantage. »
(Nicolas Sarkozy - 12 décembre 2006)
« Cela étant dit, Internet est un extraordinaire instrument de démocratisation culturelle. »
(Nicolas Sarkozy - 4 avril 2007)
NB : nonobstant, je vous le concède, toute analyse profonde (comme une « gorge ») des notions fondamentales (dont une) de transparence ou de totalitarisme et desdites révélations de Wikileaks, révélations qui, outre leur aspect pathétiquement terrifiant, n’étonneront pas plus que ça le citoyen lambda qu’il fût du Nord, du Sud, d’Orient ou d’Occident.
Mais dois-je vous rappeler la signature de cet espace troufignollant :
L'actualité commentée (ou pas) avec subjectivité, dérision ET mauvaise foi.
15:37 Écrit par Philippe Sage dans Amusons-Nous !, Devoir De Mémoire[s], Sarkozysme | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : françois baroin, wikileaks, société transparente, société totalitaire, nicolas sarkozy, internet, démocratie, gorge profonde, diplomatie mondiale, liberté d'expression, journalisme, julian assange |
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17 novembre 2010
Cette Fois, C’est Officiel : Sarkozy A (Vraiment) Changé !
« Casse-toi, alors, pauvre con ! »
(samedi 23 février 2008 – Salon de l’agriculture)
« J’aurais d’ailleurs préféré qu’il restât. »
(mardi 16 novembre 2010 – Palais de l’Elysée)
01:15 Écrit par Philippe Sage dans Amusons-Nous !, Sarkozysme | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, casse-toi pauvre con, imparfait du subjonctif, remaniement, fillon 3, sarkozy dans le verbe, apprenons la conjugaison, sarkozy 16 novembre 2010, la défaite du journalisme, le show sarkozy, réélection 2012, opération de communication |
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