08 mai 2012
Hollande, Le Président Le Moins Bien Elu Après Pompidou
Je pourrais me la péter. Grave. Ne serait-ce que pour avoir commis ce billet, en date du 29 septembre 2010… Ah, on n’était pas bezef, à l’époque, à croire en ce Hollande ! Ils étaient tous, les fous, derrière Dominique Strauss-Kahn. Et, comme de bien sûr, quand il tomba, ils se rangèrent, comme des moutons qu’ils sont, derrière le nouveau favori des sondages : François Hollande.
C’est à ce moment précis, que je le quittai. Pourquoi ? Tout simplement parce que je ne le reconnaissais plus. Mais je crois aussi, et très sincèrement, que la chute de DSK, a bouleversé ses plans. Sa stratégie. Ce n’était plus le même match. Et donc, peut-être, quelques temps, ce n’était plus le même homme.
Je ne regrette pas d’avoir été dur, voire outrancier. Quelqu’un a cru bon, hier, me rappeler que j’avais prétendu que François Hollande ne serait pas « le prochain ». C’est vrai... Mais c’est oublier le contexte, les circonstances. Et la colère... Ecrire qu’il ne sera pas « le prochain » signifiait, en creux, qu’il serait juste « le suivant ». Ni plus, ni moins.
Il y eut, tout de même, reconnaissons-le, un moment, désagréable, où le PS, et – plus étonnant pour moi – François Hollande, firent preuve d’arrogance. Il était urgent, à un petit niveau, le mien, de l’écrire, même avec hargne.
Nonobstant, il est compliqué sur Internet de faire comprendre, aux uns, aux autres, cette chose simple : on a le droit, et même le devoir, de rectifier un candidat, quand bien même se rapprocherait-il de vos convictions, quand il déconne, quand il est de mauvaise foi, quand il ment. Ce n’est pas pour autant qu’on vire sarkozyste (ou pire). Au contraire ! C'est se rendre utile. Me semble-t-il...
C’est, à ce propos, un peu désespérant. On aurait pu espérer qu’Internet offrît une autre perspective, que ce fût le lieu pour échanger des idées, débattre, progresser. Or, il n’en est rien. C’est encore une affaire de supporteurs, d’empoignades, un camp contre un autre, et peu importe alors la vérité, les enjeux... Internet est aussi aveugle que le monde dit réel. Aussi épuisant. Je dirais même – et c’est un comble – qu’il est déconnecté de la réalité, celle des gens, de tous les jours.
Nous, internautes, bouffeurs de politique, nous ne sommes rien d’autre que des bourgeois, des privilégiés. D’une certaine façon. Des épargnés. Pas sûr que nous en fassions quelque chose de bien constructif. Rien ne l’est quand on vit avec des œillères. Accrochés, quoi qu’il se dise, quoi qu’il arrive, qui à son rocher de droite, qui à son rocher de gauche. Et j’en passe !
Bref, je n’ai aucun problème, et n’en aurai jamais aucun, à souligner positivement telle proposition, qu’elle vienne d’un camp ou d’un autre. Peu me chaut qu’on me traitât, en retour, de ceci, de cela. La belle affaire ! Je ne suis pas un partisan, et ne le serai jamais.
Quant à la gauche, celle que j’aime, elle n’est pas prête de resurgir. D’avoir pignon sur rue. Si tant est qu’un jour, un seul, elle l’ait eu. La gauche, ce n’est même pas Mélenchon. La gauche, dans ce pays, elle n’existe plus. Depuis longtemps. Celui qui ne sait pas cela n’a, alors, rien compris au monde qui l’entoure, et à celui qui se radine.
Quoi qu’il en soit, depuis dimanche, nous avons un nouveau président.
Je crois connaître, un peu, l’homme. Je le sais honnête. Mais ça ne suffira pas. Il faudra bien du talent, et bien du courage, pour panser ce pays.
Déjà.
Ensuite de quoi, le plus dur commencera.
Le plus dur, vu le contexte ; vu, aussi, le faible score réalisé. Car en tenant compte des blancs, des nuls et de l’abstention, François Hollande ne réunit que 39,084% des inscrits. Seul, Georges Pompidou, en 1969, aura fait moins bien (37,51%). Voilà qui devrait, normalement, inciter les uns, les autres, à la plus grande des modesties. Itou, à la prudence.
Quant au reste, il est : ICI
00:56 Écrit par Philippe Sage dans Libéralisme De Gauche, Présidentielle 2012 | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : françois hollande président, 6 mai 2012, hollande président le moins bien élu depuis pompidou, le plus dur commence, internet lieu de désespérance |
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01 mai 2012
De La «Drôle de Campagne» à «La Bataille de France» En Passant Par Pétain

"Chacun l’aura noté, le climat de cette campagne de second tour est lourd.
Douloureux.
Et quoi qu’il se passe dimanche soir, il laissera des traces.
Comme si c’était tout un pays qu’il fallait, demain, panser et repenser.
Nonobstant, la tournure que prend cette campagne ne me surprend guère.
Elle m’attriste, profondément, ça oui, mais elle ne me surprend pas.
Tant ça vient de loin. Tant c’était déjà là.
Mais par où commencer ?
Peut-être par ce que je notais, en décembre dernier, et qui me déplus fortement.
Je n’en fis pas état alors, me disant, à tort, qu’il ne fallait pas lui apporter plus d’importance que ça.
Que ce n’était là qu’une maladresse.
Une bêtise.
Mais entrons dans le vif."
La suite : ICI
A lire, itou : La référence à Philippe Pétain par Alain Garrigou [Les Blogs du Diplo]
09:19 Écrit par Philippe Sage dans La Tristesse, Présidentielle 2012 | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : la drôle de campagne, la drôle de guerre, la bataille de france, germanophobie, europe à la schlague, merkel comparée à bismarck, sarkozy comparé à daladier, sarkozy comparé à pétain, sarkozy comparé à laval, sarkozy accusé de collaboration, radio londres sur twitter, mélenchon appelle à la résistance, occupation, collaboration, nazisme, fascisme, quand la campagne dérape, la france malade de son histoire, un peuple et un pays à reconstruire, présidentielle 2012, une campagne malsaine |
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23 avril 2012
Comment Ils Ont Tué Mélenchon !
15:19 Écrit par Philippe Sage dans Présidentielle 2012, Récit | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : jean-luc mélenchon, front de gauche, le nouvel observateur, laurent joffrin, l'express, christophe barbier, le monde, libération, la presse dite de gauche, 22 avril 2012, la victoire du front national, la gauche éliminée du premier tour de la présidentielle, ils ont tué mélenchon |
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20 avril 2012
Lettre Au Peuple Mélenchon

« Dis-toi que tu n’as pas fait tout ce chemin pour, dimanche, te coucher.
Te résigner. Au vote utile.
Souviens-toi de ce que disait le Général.
Que nous étions, paraît-il, des veaux.
Et pose-toi cette question :
Qui, dans cette élection, le veau tue-t-il ? »
La suite : ICI
©Photo : Moland Fengkov [Paris Bastille, le 18 mars 2012]
17:06 Écrit par Philippe Sage dans Présidentielle 2012 | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : place au peuple, peuple de gauche, jean-luc mélenchon, front de gauche, présidentielle 2012, 22 avril 2012, mélenchons votons !, le vote utile est une fumisterie |
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16 avril 2012
L’Etonnante Inquiétude Du Citoyen Jean-Michel Aphatie
Jean-Michel Aphatie est «inquiet»... Et si il l’est, écrit-il le 13 de ce mois d’avril 2012, c’est parce que «cette campagne ne sert pas à grand-chose». Les grands sujets, les périls, immédiats ou lointains, qui nous menacent, les errements de nos dirigeants successifs, etc., aucun de ces points n’est sérieusement abordé, disséqué, débattu.
Quoi que l’on pense, a priori, de M. Aphatie, il me semble difficile, sur ce constat, de lui donner tort. A moins, bien sûr, d’être un partisan, un militant, un supporteur, bref un aveugle et sourd, un embrigadé jusqu’au cul. Ceci étant, il n’est pas inopportun de se demander, après lecture de cette prose lucide, à quoi il sert, Aphatie ! Et avec lui, un certain journalisme français.
Car après tout, dans cette campagne de premier tour, les candidats, grands ou petits, seront venus exposer leurs programmes, leurs idées, leurs projets ; partout. Je veux dire : dans tous les médias. N’était-ce pas l’occasion rêvée pour les placer face à leurs contradictions, leurs insuffisances, parfois même leurs mensonges ? N’était-ce pas le moment, enfin, de leur poser les bonnes questions, et de s’y tenir ? J’entends par "s’y tenir", faire fi des diversions, des sourires connivents, de la petite phrase qui noie le poisson, de ces figures de style qui ravissent les imbéciles. "S’y tenir" signifiant : faire son métier. Celui de journaliste. Vaille que vaille. Et quoi qu’il en coûte.
Seulement voilà, nonobstant le fait que cela impliquerait que ledit journaliste oubliât, le cas échéant, l’annonceur, l’actionnaire, ou l’industriel qui l’emploie, il conviendrait itou qu’il traitât d’égale façon chaque candidat. Or, et très manifestement, d’Aphatie à Elkabbach en passant par Cohen, on se complaît à être dur avec les présumés faibles, beaucoup moins avec les supposés forts. Ce qui n’est pas (bien qu’outrés, ils le nient) chose nouvelle. Au contraire ! C’est une triste constante.
Le problème, voyez-vous, c’est que, cette complaisance ça prend de la place, pour ne pas dire trop de place. De fait, il n’en reste pas lerche pour aborder l’essentiel. Comme l’avenir d’un pays. En déclin.
Alors après, venir s’étonner, comme Aphatie, que, dans cette campagne présidentielle, «les grandes choses n’y prennent pas une grande place» c’est l’hôpital qui se fout ouvertement de la charité.
Oh j’entends bien que tous ces journalistes et autres éditocrates (Duhamel, Joffrin, Barbier, etc.), pour beaucoup starifiés, militent pour une présidentielle à l’américaine. Soit : deux candidats principaux (UMP, PS) et un troisième (Modéré) pour tenir la chandelle. Pour eux, ne devraient pouvoir se présenter à ce scrutin, dit majeur, que ceux qu’ont véritablement une chance d’être élus.
Qui ne l’a pas encore compris ?
Mais dix candidats, non ; ça les emmerde. Pis : ça désacralise la présidentielle. Ca la folklorise, qu’ils disent... Doit-on comprendre que si effectivement, nous n’avions à choisir qu’entre trois candidats (et non : trois options) ces journalistes feraient alors leur métier ?
Permettez-moi d’en douter.
Oui, j’en doute, car rien, absolument rien, pas même ce temps de parole, il est vrai contraignant, ne les empêche, aujourd’hui, de mettre sur la table, les vrais enjeux, les grands périls. Avec ceux qui, demain, auront (eu) à gérer le pays. En l’occurrence, Sarkozy et Hollande. Or, ils ne le font pas. Ils pratiquent l’interview sans douleur. Prenant grand soin de ne point parler de sujets qui inquiètent, fâchent, ou tout simplement interrogent. Ils préfèrent causer de petites choses sans importance. Comme le nom du futur Premier ministre. Des conséquences éventuelles de tel fait divers sur la campagne. D’un « off », d’une rumeur, d’un ragot. Parfois, aussi, de gestuelle ou de col roulé.
Mais de la dette, des déficits, comment les résoudre, très concrètement, allez-y, expliquez-nous ! Et le chômage ? Inverser la courbe ! Fort bien ! Mais comment ? Vos mesures, quelles sont-elles ? Jamais ! Ou en survol.
A aucun moment, ils ne rebondissent. Quand bien même le candidat proférerait le plus gros mensonge, la mesure la plus irréalisable, la promesse la plus démagogique. Alors que, quand c’est Mélenchon, Le Pen, Dupont-Aignan, Poutou, Arthaud, Cheminade, et même Joly, alors là, c’est la curée ! Le grand jeu ! Là, ça relance, ça rebondit, et même parfois, ça fait « son » journaliste... J’en veux pour preuve Anne-Sophie Lapix. Que ne s’est-on pas ébaubi, notamment sur le Net, de la pâtée qu’elle a mise à Le Pen, en matière économique. Certes… Mais elle n’a fait, là, que son métier de journaliste. S’en ébaubir, c’est très étrange, et, à la fois, symptomatique. Cela me fait penser à ces passagers applaudissant, allez savoir pourquoi, le pilote au seul motif qu’il ait réussi à poser sur la piste, l’Airbus dans lequel ils sont sanglés... Ben là, c’est pareil ! On applaudit une journaliste qui n’a fait que son travail... Le problème, c’est qu’elle ne le fait pas avec tout le monde. Tout comme Aphatie. Et tous les autres. Ces mêmes qui se plaignent, aujourd’hui, que cette campagne n’aura pas servi à grand-chose.
Mais si elle n’a pas servi à grand-chose, c’est aussi parce que les journalistes n’ont pas fait leur boulot. Ils n’ont pas posé les bonnes questions. Ils n’ont pas abordé les vrais sujets. Ils sont restés à la surface des choses. Ils l’ont joué facile, peinard, paresseux. Car oui, c’est facile de mettre un "petit", un Poutou, en défaut, ou de le maltraiter. Mais un Sarkozy, un Hollande, et même un Bayrou, non, ils s’y refusent ! Et il y a une raison à cela. A cette évidente différence de traitement.
Imaginez un journaliste – que dis-je ! TOUS les journalistes ! – reprenant Sarkozy sur tel sujet, Hollande sur tel point (et ce ne sont pas les sujets et les points qui manquent) comme ils le font pour les autres, insistant jusqu’à obtenir une réponse, mais une vraie, ou, dans le pire des cas, un terrible embarras, un abracadabrant bafouillage, voire un silence qu’en dirait bien long ; mais alors, vers qui l’électeur se tournerait-il ? Mettre en défaut un Sarkozy, un Hollande, et même un Bayrou, allez savoir si ça ne profiterait pas au Front de Gauche, au Front national, ou à ces "petits" qu’ils méprisent au point qu’avant l’égalité totale des temps de parole, ils ne daignaient les recevoir (Ainsi Joly, scandaleusement recalée par "Des Paroles Et Des Actes").
Voyez comme tout Concorde, jusqu’à Vincennes. Parce qu’ils militent pour une cause, le bipartisme, alors ils le protègent. Jamais ne le bousculent. Alors que tout, absolument tout est disponible, notamment sur Internet : les contradictions, les mensonges, les errances, les flous, les outrances. Les programmes y sont passés au tamis, en matière de dette, de déficit, de croissance, de chômage. Sans la moindre concession. Sans l’once d’une partisanerie. Et ce ne sont pas des hurluberlus qui en font état, mais des économistes, par exemple, des philosophes, des scientifiques, et même, des journalistes ! Des journalistes, un peu moins médiatiques que M. Aphatie, c’est vrai. Beaucoup moins stars. Et moins tenus par quelques actionnaires, annonceurs ou autres richissimes industriels. Ils ne font pas le "kéké" dans une émission de divertissement ["Le Grand Journal de Canal+"] où depuis toujours, le politique est tourné en dérision, où la futilité est la règle d’or.
Le jour, M. Aphatie, où vous ferez votre métier, où, quel que soit le responsable politique qui viendra sur votre plateau, ou dans votre studio, vous poserez les bonnes questions, aborderez les vrais sujets, à l’impartialité, à la déontologie, plutôt que de les laisser roupiller dans un blog qui ne fait de mal à personne, alors, peut-être, votre inquiétude sera recevable.
Si cette campagne, comme vous l’écrivez, se situe «assez loin de la vérité», c’est aussi parce que vous vous situez délibérément, et avec une constance qui, ô combien, vous discrédite, très loin de ce que l’on nomme : le journalisme.
NB : Le billet «inquiet» de M. Aphatie
19:43 Écrit par Philippe Sage dans Prenez-Nous Pour Des Cons !, Présidentielle 2012 | Lien permanent | Commentaires (91) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jean-michel aphatie, aphatie est inquiet, aphatie se moque du monde, la défaite du journalisme français, jean-pierre elkabbach, christophe barbier, patrick cohen, anne-sophie lapix, laurent joffrin, jean daniel, nicolas demorand, alain duhamel, franz-olivier giesbert, les éditocrates, présidentielle 2012, les nouveaux chiens de garde, de qui le journalisme français est-il le nom?, ce qui est absent c'est le journalisme |
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11 avril 2012
Marine Le Pen, Idole Des Jeunes ?

On – en l’occurrence Le Monde – nous dit que les jeunes d'aujourd'hui
en pinceraient pour la plongée sous-Marine.
Ce qu'aimablement je conteste.
Chiffres (contradictoires) à l'appui :
ICI
17:17 Écrit par Philippe Sage dans Présidentielle 2012 | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : le monde, sondages, marine le pen, les 18-24 ans, institut de sondages csa, le jeune vote-t-il marine ?, pour qui le jeune vote-t-il ?, qui es-tu le jeune ?, aimes-tu les combats de gladiateurs ?, et mes fesses tu les aimes mes fesses ?, les jeunes votent mélenchon, les jeunes votent sarkozy, les jeunes votent hollande, les jeunes sont très cons |
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05 avril 2012
Et Le Vainqueur De La Présidentielle 2012 Est ...

... ICI !
19:57 Écrit par Philippe Sage dans Anticipation, Présidentielle 2012 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : le vainqueur de 2012, les jeux sont faits, ce n'est pas joly, ce n'est le pen, ce n'est pas bayrou, ce n'est pas cheminade, ce n'est pas poutou, ce n'est pas arthaud, mais alors qui est-ce ? |
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03 avril 2012
La Non-Campagne Présidentielle [Emmerdante Et Merdeuse A La Fois]
Il a raison Cohn-Bendit : « On s’emmerde » dans cette campagne. Elle nous cause pas, cette campagne. Jamais. C’est du meeting, en boucle, vendu clé en main à des médias serviles. Des interviews à la chaîne où le candidat déroule sans que jamais ne rebondisse le présumé journaliste. L’Aphatie de service. C’est un one-man-show permanent où, de ville en ville, inlassablement, le camelot scande toujours les mêmes mots, les mêmes répliques. Il n’y a guère que des militants, des supporteurs, étriqués et mesquins, pour jouir de cette affligeante comédie, se gargariser de la dernière petite phrase de leur petit tribun de pacotille.
Le chômage, la précarité, les boulots qui vous permettent à peine de croûter, les contrats scélérats, les inégalités salariales, le pouvoir d’achat, le grand désarroi, de tout cela, on ne parle pas. Ou alors, en incantations, à grands coups de « y’a qu’à/faut qu’on ». On la connaît, ta foutue chanson, aux couplets périmés. Alors t’étonne donc pas, qu’elle gagnât du terrain dans les sondages ; l’abstention.
Une vision de la société ? Y’a pas non plus. Pas l’ombre d’un croquis, pas même le début d’une esquisse. Que de l’esquive. Ou alors de l’halal-mon-cul et du Merah refroidi. Plongée sous-Marine garantie. Oyez, oyez ! Français de souche, le coupable de tous nos maux, on l’a trouvé, c’est formidable : c’est l’étranger ! Le basané, l’islamisé ! Faut le virer, par deux le diviser cet immigré, avant qu’il nous foute la République à genoux. Après ça, tu verras, on vivra meilleur, avec du taf pour tout le monde, payé rubis sur l’ongle...
Dis-donc, candidat-démagogue, tu nous prendrais pas, par hasard, pour des cons de compétition ?
Quant à l’international, c’est pas qu’on en parle pas, c’est qu’on en parle jamais. Pourtant ça déconne, à pleins tubes, comme rarement. La poudrière est au taquet. Tout est fin prêt. Les armes refourguées. Dassault, Lagardère, renfloués. Y’a pas à dire, ça sent le merdier. Avec ta petite ONU ankylosée. Et cet OTAN en emportant le vent mauvais... Mais quand t’es Français, de l’international, t’en as rien à caguer. Tu vis sur ton île, bordée d’Atlantique et de Méditerranée, et vivent les congés payés. Y’a plus qu’à bronzer. Et peu nous chaut qu’elle enclume, la Terre. Qu’elle s’assèche. Que disparaissent les espèces… Les espèces c’est comme les langues de nos ancêtres, c’est dans l’indifférence, qu’on les laisse crever. Nous, on cause plus qu’en 140 caractères. On est du genre primaires.
Et la dette, alouette ! Qui va la payer ? Dame Bettencourt ou ta pomme ? Sieur Proglio ou le prolo ? Qui va trimer plus que de raison pour combler l’abyssal dont en rien, ou si peu, nous sommes, nous les gueux, responsables ?... En un rien de temps, tu l'auras remarqué, on nous ferait passer pour des salopards d’assistés, bouffeurs de médicaments, fraudeurs patentés, chômeurs de papier. Après tout, n’est-ce pas ainsi qu’on nous a dépeint le Grec, l’Italien ? Alors, demain, pourquoi pas nous ?... La stigmatisation, enfonce-le toi profond dans le cervelet, c’est pas un concept qu’on réserve aux seuls étrangers. C’est valable aussi pour les syndiqués, les fonctionnaires, les grévistes, les sans-grades, les miséreux et tous les oubliés de l’Irréprochable, cette Ve agonisante… On s’embarrasse pas dans ce monde-là ! Faut dire aussi, que tant qu’il y aura des gogos, des trouillards de première, pour gober toute cette rhétorique de bazar, les oligarques de notre monarchie Républicaine auront de beaux jours devant eux. Et c’est pas via un raout à la Bastille où t’emprunte moins à Chavez qu’à de Gaulle et Malraux, que tu changeras la donne, camarade ! T’as beau avoir épluché à la virgule près une Histoire socialiste de la Révolution française n’est pas Jaurès qui veut, mon coco. Même si, j’en conviens, tu nous auras bien fait kiffer.
Et j’allais oublier l’absence. De débats. Ah mais, comprenez-vous, il ne faut pas. C’est chasse gardée. Pour les seigneurs du second tour. C’est qu’ils ne jouent pas dans la même cour. Ah non ! Eux, ils sont côté jardin. Bien planqués. A l’abri. Pas question de ferrailler avec – comment qu’ils disent déjà ? – des "petits candidats". C’est indigne de leur statut… Chez ces gens-là, voyez-vous, on ne se mélange pas.
Certes, on prône à tirelarigot le « vivre ensemble ». Mais chacun chez soi.
On se présente comme le candidat du peuple, le rassembleur, le grand humaniste, mais y’a des limites.
On veut bien exposer ses idées, recyclées, mais en terrain conquis. Au Bourget, à Villepinte. Là où on vous applaudit, à tout rompre, quand bien même prononceriez-vous le mensonge ou la contre-vérité la plus énorme !... Ou alors, on défile chez l’Aphatie et l’Elkabbach. Là aussi, t’es peinard. Tu peux dérouler ton baratin, ils n’oseront jamais te reprendre. D’abord parce qu’il y a pas le temps, c’est minuté CSA, faut pas lambiner ; et qu’ensuite, ils sont pas payés pour ça. Ils sont comme Drucker. Ils font ta promo, gratis. On n'est pas chez Politis. Ça pointe pas au Monde Diplomatique, ce journalisme-là. Ça bâfre au Siècle, avec le Minc et toute sa clique et ça n’espère qu’une chose : que rien ne change. L’alternance, ils le savent bien, ç’a pas la gueule de l’alternative. Aucun danger. Alors, prière de ne pas déranger les futurs rois du Château.
Or donc rien. Aucun sujet majeur. Pas la moindre vision. Pas la queue d’un projet. L’essentiel n’est jamais abordé. Ni à bâbord. Ni à Babar. Mais qu’est-ce qu’on s’en fout, n’est-ce pas, puisque l’Hollande y va gagner ! Et toi, pauvre ami, tu prendras cette affaire pour un nouveau 10 mai. C’est dire, si on n’a pas le cul sorti des ronces... Non mais, rendez-vous compte ! On va expédier à l’Elysée, un type qu’aura rien dit, rien proposé, en tous cas rien de concret, que du symbolique. C’est pas pour des nèfles qu’il aura choisi le Bourget, cet homme-là. On aurait dû s’en douter, qu’il survolerait les problèmes plutôt que de les affronter, ferme, les pieds sur Terre... Même son adversaire, il n’ose le nommer. Il lui donne du « candidat sortant ». En mimant Mitterrand…
Eh, socialiste d’apparence, c’est pas parce qu’on cause avachi sur un pupitre qu’on a, pour autant, l’éloquence, le souffle et la roublardise d’un Tonton flingueur ! Et j’te passe le cynisme.
Alors, bien sûr, on peut arguer que c’est finement joué de la part du rouennais de Corrèze. Mais on peut aussi dire qu’à vaincre sans se mouiller, le triomphe annoncé a comme un goût de péril. Péril pour les gens de petite paie. Dont l’électorat douillet de l’Hollandréou se contrefout. Car voyez-vous, cet électorat-là, confortable et urbain, se moque du tiers comme du quart du désarroi d’autrui et n’a que pour seule ambition de ne surtout pas le rencontrer, de ne jamais le connaître. Mais c’est bien lui qui, pourtant, fêtera le 6 mai qui vient, et dans la plus maousse indécence, la petite revanche d’un parti de notables et d’embourgeoisés notoires.
Revanche sur des années de disette présidentielle ; revanche sur cette droite arrogante et bonapartiste dont, c’est à peine croyable, cette triste bande de sociaux-démocrates n’abrogera aucune réforme, aucune loi (ta retraite, tu te la paieras, et au prix fort) ; revanche enfin, sur cette humiliation suprême que fût le 21 avril 2002, mais qui, dis-toi bien, ne sera pas effacée pour autant, il y aurait même grande imprudence à le penser.
Bref, cette victoire ne sera pas celle du peuple, le besogneux, mais celle, vulgaire, d’un parti. On connaît la suite. On l’a déjà vécue. Mais comme on n’a pas d’estomac, et pas plus de couilles de surcroit, on y retourne. Preuve en est, que les Indignés d’en France, ça n’a jamais existé. Comme cette campagne. La présidentielle 2012. On n’en aura pas vu la couleur. Ils auront tout fait, jusqu’à l’innommable, pour l’éviter, les impétrants.
Pauvre campagne. Merdeuse et ô combien emmerdante. Qui jamais, ou rarement, se sera souciée de nous. Et du monde qui nous entoure. Parfois nous cerne...
Nos inquiétudes, nos désirs, nos rêves, ils n’en ont cure. Nous ne sommes que des mains qu’on frôle. Un corps électoral sur lequel, avec démagogie, on surfe. A qui l’on prie, de voter utile. De rentrer dans le rang. Celui qui mène à l’isoloir. Ensuite de quoi, vient le temps de « méprisance », où l’on nous conjure de faire silence. Cinq ans durant. Jusqu’à la prochaine campagne. Qui, pas plus que celle-ci, daignera compte tenir de nos doléances, encore moins de nos souffrances, tant ce qui n’a d’importance, c’est que : coûte que coûte et vaille que vaille, vive la République, et vive la France !
17:19 Écrit par Philippe Sage dans Prenez-Nous Pour Des Cons !, Présidentielle 2012 | Lien permanent | Commentaires (87) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : la campagne présidentielle n'aura pas lieu, françois hollande, nicolas sarkozy, les impétrants, la merdeuse campagne, les candidats de la méprisance, stratégie d'évitement, bagatelles pour une campagne, remballe donc ton vote utile, hollandréou, babar président, un pauvre concours de petites phrases, et le chômage ?, et la précarité ?, la campagne franco-française, la crise ? connaît pas !, le peuple ? connais pas !, présidentielle 2012, gauche molle, droite dure, votons mélenchons |
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10 mars 2012
N’Alimentons Pas Le Sacre Annoncé De François Hollande !
Cela fait désormais deux ans que dans tous les sondages, OpinionWay compris, Nicolas Sarkozy est battu, écrasé même, par le candidat du PS, dans les intentions de vote de second tour.
Il le fut, tour à tour, comme dans le même temps, par Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn et François Hollande. C’est du jamais vu pour un président sortant. Même le Chirac de 2002, avec toutes ses casseroles, son statut Guignol de « supermenteur », n’aura pas connu de telles projections, et sur un temps aussi lourd.
Alors on peut bien nous assurer, ici où là, que non, grand Dieu, tout n’est pas fini, que les jeux ne sont pas faits, à d’autres ! Evidemment que si, elle est pliée l’affaire ; évidemment qu’il est cuit, le Sarkozy. Il n’en reste pas moins qu’il serait fort dommageable que François Hollande remportât cette élection trop facilement, soit avec un écart trop grand.
Oh, j’entends ceux qui, déjà, protestent. Je connais leur refrain ô combien lassant : les sondages se trompent toujours !... Faux, je réponds ! Comment voulez-vous qu’ils se trompent étant donné qu’ils ne sont pas prédictifs ? Ils ne nous donnent pas le résultat d’une élection, en aucun cas ! Seulement le reflet de l’opinion à un "instant T". Rien de plus.
C’est du brut. Mais quid du net ?
Eh bien parlons-en !
Le net c’est la tendance, et c’est le temps qui la détermine. Plus elle s’inscrit dans le temps, plus elle dure, sans jamais mollir, faillir ou racornir, et plus elle indique un choix. Qui n’est pas forcément celui d’un président, pas même d’un futur, mais de ce qu’on ne veut plus. Or, quand durant deux années, et d’autant plus quel que soit l’adversaire lui étant soumis, aussi différent soit-il de profil comme de face ou de sexe, le président est systématiquement laminé, ça relève moins d’un désir (de l’autre) que d’un rejet (du président).
Et d’ailleurs, il suffit d’y regarder de plus près. Ce que peu font, et comme ils ont grand tort ! Tant c’est intéressant. Ainsi dans la dernière livraison Ifop, que découvre-t-on ? Eh bien que dans le cas d’un second tour opposant François Hollande à Nicolas Sarkozy, parmi les 56,5% affirmant qu'ils voteraient pour le candidat du PS, seuls 39% le feraient parce qu’ils souhaitent vraiment que François Hollande devienne "leur" prochain président de la République ; les autres, donc l’immense majorité (61%), pour empêcher une réélection de Nicolas Sarkozy. Et vous pouvez prendre tous les instituts, à quelques pourcents près, c’est la même chose.
Il n’y a donc pas de désir d’Hollande [1]. Juste un rejet de Sarkozy. L’envie, tenace, de s’en débarrasser.
De fait, ce n’est pas une présidentielle que nous vivons. Non : c’est un référendum. Grossier et primaire. Alors je comprends que certains, fort nombreux se réjouissent à l’idée de voir, enfin, Nicolas Sarkozy mordre la poussière ; pis : qu’il disparaisse à tout jamais de nos écrans. Bref, qu’il soit zappé de la vie politique française... Oui, je comprends, après toutes ces années, où rien ne nous fut épargné, du « Kärcher » à la « racaille », du Guilvinec au Salon de l’Agriculture 2008, du Fouquet’s à l’Epad, du discours de Dakar à celui de Grenoble, de Kadhafi à Bachar al-Assad ; et tous ces mensonges, et tous ces sophismes, et toute cette vulgarité. Cette façon détestable de parler au peuple français, de lui faire gober couleuvres sur couleuvres ; et cette Droite populaire, et cette Nadine Morano, sans oublier le fin du fin : Claude Guéant... Oui, y’a matière. Même que, si on pouvait, bordel ! on les effacerait de l’Histoire ces dix années-là, cette période "post-21 avril". Tant tout est là, dans cette date-là : le 21 avril 2002. Ah, l’inconséquence de nos responsables politiques, de l’UMP comme du PS d’ailleurs ! Ah, la sale course à l’échalote frontiste… Oui, je sais, ça a commencé bien avant, mais avouez que depuis 2002, on bat des records ! On a beau dire des Autrichiens, des Hongrois, mais entre nous, on ferait mieux de ne pas trop l’ouvrir.
Des leçons, on en a plus à donner. A personne.
Or donc, il va être élu, Hollande. Et ça ne me plaît guère. Je ne m’en réjouis pas, pour être clair.
Je ne l’étais pas plus quand François Mitterrand conquit le château un 10 mai 1981. Nonobstant, je reconnais que l’homme, Mitterrand, aura su, lui, susciter le désir, l’espoir, une force, vraiment.
Je m’en souviens très bien de tous ces gens, ceux du 10 mai, comme ils y croyaient. Persuadés, qu’ils étaient, que leurs vies allaient changer. Qu’enfin, justice leur serait rendue. Justice, c’est bien un mot de gauche, non ?... Je reconnais, oui, qu’il y avait, là, une vraie joie, palpable, presque tactile, ce 10 mai. Et puis, tout de même, les 39 heures, la cinquième semaine de congés payés (1982), la retraite à 60 ans (1983), toutes ces réformes votées alors que la France venait de connaître « la crise la plus grave que le monde ait connue depuis 50 ans » (Valéry Giscard D’Estaing – 2 mars 1981 – extrait de sa déclaration de candidature) ç’avait de la gueule. Ça ressemblait à une politique de gauche. Mais là…
Là, nous allons porter aux responsabilités des revanchards, des morts de faim. De ceux qui ne visent qu’une chose et une seule : le pouvoir. C’est juste un parti qui va prendre la place d’un autre. Lui régler son compte par la voie des urnes. C’est juste un clan qui fera la nique à l’autre.
Et d’ailleurs, regardez-les, lisez-les, observez-les ! Cette arrogance, comme ils ont du mal à la cacher. Ils ont tellement hâte d’y être. Enfin, ils vont pouvoir laver l’affront, pensent-ils, celui du 21 avril 2002.
Et que dire de leurs militants ou de leurs soutiens, notamment sur Internet, dans la jungle des réseaux sociaux et celle de l’agonisante et désolante blogosphère ! Comme ça relaie, moutons, sans se poser la moindre question, le dernier communiqué, la prochaine action, la plus petite vidéo. Comme ça s’acharne, telles des hyènes, sur la dépouille sarkozienne. Ah, je les vois déjà hurler, vociférer, brailler, le soir du 6 mai. Ils vous le diront, retenez bien, que voilà un nouveau 10 mai ! Vous verrez ! Rien que d’y penser, j’en ai la gerbe. Ce ne sera pas un nouveau 10 mai. Mais un mensonge grand format.
Cependant, il reste une quarantaine de jours. C’est suffisant. Pour enrayer cette mécanique. Oh, pas pour l’empêcher, je l’ai dit, c’est râpé, il a gagné le rouennais de Corrèze ! Non, mais pour faire en sorte, et de toutes nos forces, que cette victoire ne soit pas un triomphe. Car imaginez, qu’elle l’emporte, cette équipe-là, par 58 à 42, mais je vous le dis : dans ce cas, ils ne vont plus se sentir, les mecs. Ils vont se croire autorisés à tout, jusqu’à son exact contraire... L’arrogance qu’ils masquent à grand peine, présentement, pour le coup, avec un tel score, un plébiscite, elle va (nous) exploser (à la gueule)…
... Moscovici, et tous les anciens strauss-kahniens, vous allez apprendre à les connaître, quand plus aucun frein ne les retient... Et Montebourg. Ah, Montebourg ! Le nouveau Jack Lang ! Tout à fait le profil à vous sortir, grandiloquent, qu’il « est né socialiste et qu’il mourra socialiste » ! Quand je pense que des pauvres gens lui ont refilé 17 et quelques pourcents de suffrages lors de la "primaire citoyenne", c’est à pleurer ! Ils se sont fait berner, et dans les grandes largeurs ! Montebourg, l’aile gauche du PS, mais comment ? Comment on a pu en arriver là ?... Mais c’est une imposture, vous savez !... Qui s’en souvient de cet été 2006, où il trahit ses camarades du courant "Rénover Maintenant" [2] en soutenant, par pur opportunisme, la candidate des sondages, Ségolène Royal ? Et Hollande et Aubry, qui étaient soi-disant « les deux faces d’une même pièce », ô combien responsables de l’échec, celui du 21 avril. Et cette lettre ridicule adressée aux deux impétrants. Rien ne l’arrête(ra).
Oui, il reste quarante jours pour endiguer la vague. Celle qui va prendre l’Elysée, puis l’Assemblée. Après le Sénat. Les pleins pouvoirs... On parlait, naguère, d’un « Etat RPR » ? Eh bien, nous allons droit vers un « Etat PS » ! Ils étaient insupportables, les types de droite ? Soyez assurés que ceux-là, qui se prétendent de gauche, et usurpent depuis des décennies le terme de "socialiste", le seront tout autant !... Quoi, la justice sociale ? Vous rêvez ! Où est-elle dans le programme de M. Hollande ? Suffit-il, aujourd’hui, de déclarer que l’ennemi c’est la finance, pour être considéré derechef comme l’allié objectif des classes moyennes et populaires ?... Allons, ce sont des mots, ou des bons mots, qui ne valent pas bien chers en terre de Traders ; la City, par exemple…
Sarkozy défait, je suis pour ! Mais ric-rac. Histoire de leur rabattre, avant qu’il ne soit trop tard, leurs caquets. Une victoire raisonnable, et même, soyons fou ! difficile, avec pour commencer un premier tour serré. Ainsi, ils seraient au moins contraints et forcés de composer. De prendre en compte les diverses sensibilités ou aspirations exprimées par le peuple.
Parce que si c’est un sacre, alors, Adieu Berthe ! N’oubliez jamais que ce n’est pas un homme que vous portez au pouvoir, mais un appareil. Un parti. Une aberration. Avec, au perchoir, Ségolène Royal. Ça promet !
Ah, si encore ils étaient de gauche. Si y’avait dans leurs gènes, un peu de Jaurès, et même de Mendès, nous pourrions leur faire triomphe. Mais ces gens-là sont des libéraux, un peu moins brutaux, certes, que les droitards, mais des libéraux quand même, qui acceptent, et sans barguigner les lois du capitalisme, le diktat des marchés. Ceux qui s’en sortiront, on les connaît. Ce ne sont pas les travailleurs précaires, ni même les travailleurs tout-court, les besogneux j’entends. Mais ceusses de la classe assimilée supérieure. La génération des iPhone et des Ipad. Bref, celle qui ne manque de rien. Mais qui s’indigne de tout.
Alors éparpillez-vous, dispersez-vous, votez Mélenchon, Poutou, Arthaud, et même Bayrou si ça vous chante (Bayrou n’étant rien d’autre qu’un Hollande du Béarn) n’ayez pas peur, puisque de toutes les façons, c’est inscrit, dans les tendances et le temps, Sarkozy, ils n’en veulent plus, et c’est tant mieux.
Oui, parce que c’est fait, parce qu’on sait que la victoire ne peut plus leur échapper, vous qui pensiez, par peur de je ne sais quel 21 avril, par prudence ou discipline, voter comme ils disent, "utile", n’en faites rien. Faites vivre la démocratie, la diversité, la liberté d’opinion et de conscience. Ne concourrez pas au sacre annoncé. Déjouez-le ! Réduisez-le ! Humanisez-le !
[1] Comme il n’y avait pas plus un désir d’Aubry.
En revanche, c’était un tantinet différent avec DSK. Lui seul pouvait réunir sur son nom un vote d’adhésion. A tort ou à raison, une partie des citoyens le considérait comme un économiste solide, une valeur sûre. Et d’ailleurs, quand en juillet 2011, l’affaire du Sofitel présentant de plus en plus (comme il fut dit) des « zones d’ombres », à ce point que d’aucuns parlèrent de « complot » visant à écarter cet homme de la présidentielle, et qu’on évoqua alors, non sa réhabilitation, mais la possibilité d’un retour, comment alors réagit l’opinion ? Eh bien lui qui écrasait Sarkozy depuis des mois dans toutes les projections de second tour, le battait encore par 54 à 46 ! [Sondage BVA publié le 12 juillet 2011] ! Oui, malgré le Sofitel, en dépit des circonstances, deux mois après ce fameux 14 mai 2011, il était encore donné vainqueur !
[2] "Rénover Maintenant" était un courant créé par Arnaud de Montebourg. Courant issu du NPS. Lorsque le député de Saône-et-Loire annonça, en août 2006, qu’il soutenait la candidature de Ségolène Royal, plusieurs responsables locaux, adhérents de "Rénover Maintenant", s’en émurent.
Par voie de presse, ils dénoncèrent cet accord passé entre leur leader et la présidente de la région Poitou-Charentes :
« Nous n’acceptons pas que notre désir de Rénover Maintenant soit sacrifié au baromètre des sondages ou des arrangements entre amis ».
Et de réclamer, comme il était prévu, une candidature Montebourg (à la "primaire" des 9 et 16 novembre 2006) afin de porter leurs idées et valeurs.
Ils ne furent pas entendus. Montebourg, trop soucieux du sens du vent, n’en eut cure.
20:43 Écrit par Philippe Sage dans Je M'Excuse Mais Merde !, Libéralisme De Gauche, Présidentielle 2012 | Lien permanent | Commentaires (101) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : non au sacre de françois hollande !, non au vote utile !, etat ps, les arrogants, les revanchards, contenons le ps, les jeux sont faits, sarkozy est cuit, 21 avril 2002, 6 mai 2012, 10 mai 1981, arnaud montebourg, françois hollande, dominique strauss-kahn, martine aubry, ségolène royal, votez à gauche, jean-luc mélenchon, philippe poutou, nathalie arthaud, le ps est un parti libéral, le ps ne remet pas en cause le capitalisme, la victoire plutôt que le triomphe, équilibre des pouvoirs, la fin du sarkozysme |
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07 mars 2012
Tartuffe !

« Nous allons créer un impôt sur les bénéfices minimum pour les grands groupes en France, les groupes du CAC 40, parce que j'ai découvert quelque chose qui n'est pas normal, c'est qu'ils maximisent les avantages fiscaux et une partie d'entre eux ne payent pas du tout d'impôt. »
[Nicolas Sarkozy – Des Paroles Et Des Actes – Mardi 6 mars 2012]
Cinq ans pour « découvrir » ce que tout le monde sait depuis belle lurette, c’est-y pas se foutre du monde, « candidat du peuple » ?
Tartuffe !
19:31 Écrit par Philippe Sage dans Prenez-Nous Pour Des Cons !, Présidentielle 2012, Sarkozysme | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy a fait une étonnante découverte, total n'a jamais existé, et le molière est attribué à, tartuffe, la comédie de l'imposteur, prends-nous encore pour des cons !, présidentielle 2012 |
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