La une des lecteursTous les blogsles top listes
Envoyer ce blog à un amiAvertir le modérateur

02 octobre 2012

Ils Vont Revenir, N'Est-Ce Pas ?

« Ils vont revenir ?
Oui.
Oh ! putain …
Tu l’as dit… »

Banksy, Flowers, MolotovTu les imagines, dis ? Tu les vois ? Avec leurs gueules. Pire : avec leurs mots. Et leur victoire. Totale. Définitive... Tu veux que j’te dise une chose, une seule : t’es pas prêt de la revoir, au pouvoir, ta putain de gauche. Du moins, celle que tu nommes : la gauche. Et tu sais pourquoi ? Parce que t’es un foutu clampin de mes deux… Tu dis appartenir à la gauche, parce que c’est cool, n’est-ce pas ? Parce que, ma foi, t’aimerais pas qu’on dise de toi, qu’en fait, t’es qu’un keum de droite. Eh bien j’vais te dire : t’es un vrai keum de droite. Pure... T’as tout bazardé. Les idéaux. Les luttes. Tes anciens poteaux. T’es qu’un escroc de lâche… Qui obtempère. Au clairon de l’appareil… Tu craches sur la gauche Tagada, celle des Mélenchon, des Arthaud, des Besancenot, des Poutou, et la Verte, alouette, mais t’as oublié un truc, mon garçon : c’est que cette gauche-là, elle ne fait que poursuivre un combat. Et tu veux que je te dise lequel ? Non, coco, c’est pas celui du PCF, de la LCR, ni même des trotskistes, des lambertistes ; de tout ce que tu méprises, en fait. Non, c’est juste celui du PS, celui de 1978. Celui qu’était, quand même un peu, du côté du peuple. Ou se disait, voulait, être de ce côté. Parce que des années de disettes. Parce que l’espoir. C’est l’espoir qu’était le mot-clé. Une merveille. Voilà l’histoire. Et quelle histoire !...

Mais tu ne la connais pas, l’Histoire. Du reste, ça te fatigue. T’es tellement flemmard. De tout. De l’esprit. En particulier. Toi, t’écluses, et tu fais le barbeau sur les réseaux sociaux. Tu craches sur la gauche de la gauche, de la gauche (ad lib). Parce que tu tiens, plus que tout, à quelque chose : Toi. Et ton petit confort. Ton petit chez toi. Tes petites affaires. Ton petit monde, factice. Ta misère. Ton déni. Et ton drame. Ton drame, ouais, nommé : Désir… Rien ne compte plus que ton égoïsme. C’est ce qu’il y a de plus grand, en toi. Au chaud, qu’il est, dans ta mesquinerie. 

Lire la suite

16 avril 2012

L’Etonnante Inquiétude Du Citoyen Jean-Michel Aphatie

Jean-Michel Aphatie est «inquiet»... Et si il l’est, écrit-il le 13 de ce mois d’avril 2012, c’est parce que «cette campagne ne sert pas à grand-chose». Les grands sujets, les périls, immédiats ou lointains, qui nous menacent, les errements de nos dirigeants successifs, etc., aucun de ces points n’est sérieusement abordé, disséqué, débattu.

Quoi que l’on pense, a priori, de M. Aphatie, il me semble difficile, sur ce constat, de lui donner tort. A moins, bien sûr, d’être un partisan, un militant, un supporteur, bref un aveugle et sourd, un embrigadé jusqu’au cul. Ceci étant, il n’est pas inopportun de se demander, après lecture de cette prose lucide, à quoi il sert, Aphatie ! Et avec lui, un certain journalisme français.

AphatieCar après tout, dans cette campagne de premier tour, les candidats, grands ou petits, seront venus exposer leurs programmes, leurs idées, leurs projets ; partout. Je veux dire : dans tous les médias. N’était-ce pas l’occasion rêvée pour les placer face à leurs contradictions, leurs insuffisances, parfois même leurs mensonges ? N’était-ce pas le moment, enfin, de leur poser les bonnes questions, et de s’y tenir ? J’entends par "s’y tenir", faire fi des diversions, des sourires connivents, de la petite phrase qui noie le poisson, de ces figures de style qui ravissent les imbéciles. "S’y tenir" signifiant : faire son métier. Celui de journaliste. Vaille que vaille. Et quoi qu’il en coûte.

Seulement voilà, nonobstant le fait que cela impliquerait que ledit journaliste oubliât, le cas échéant, l’annonceur, l’actionnaire, ou l’industriel qui l’emploie, il conviendrait itou qu’il traitât d’égale façon chaque candidat. Or, et très manifestement, d’Aphatie à Elkabbach en passant par Cohen, on se complaît à être dur avec les présumés faibles, beaucoup moins avec les supposés forts. Ce qui n’est pas (bien qu’outrés, ils le nient) chose nouvelle. Au contraire ! C’est une triste constante.
Le problème, voyez-vous, c’est que, cette complaisance ça prend de la place, pour ne pas dire trop de place. De fait, il n’en reste pas lerche pour aborder l’essentiel. Comme l’avenir d’un pays. En déclin.
Alors après, venir s’étonner, comme Aphatie, que, dans cette campagne présidentielle, «les grandes choses n’y prennent pas une grande place» c’est l’hôpital qui se fout ouvertement de la charité.

Oh j’entends bien que tous ces journalistes et autres éditocrates (Duhamel, Joffrin, Barbier, etc.), pour beaucoup starifiés, militent pour une présidentielle à l’américaine. Soit : deux candidats principaux (UMP, PS) et un troisième (Modéré) pour tenir la chandelle. Pour eux, ne devraient pouvoir se présenter à ce scrutin, dit majeur, que ceux qu’ont véritablement une chance d’être élus.
Qui ne l’a pas encore compris ?
Mais dix candidats, non ; ça les emmerde. Pis : ça désacralise la présidentielle. Ca la folklorise, qu’ils disent... Doit-on comprendre que si effectivement, nous n’avions à choisir qu’entre trois candidats (et non : trois options) ces journalistes feraient alors leur métier ?
Permettez-moi d’en douter.

Oui, j’en doute, car rien, absolument rien, pas même ce temps de parole, il est vrai contraignant, ne les empêche, aujourd’hui, de mettre sur la table, les vrais enjeux, les grands périls. Avec ceux qui, demain, auront (eu) à gérer le pays. En l’occurrence, Sarkozy et Hollande. Or, ils ne le font pas. Ils pratiquent l’interview sans douleur. Prenant grand soin de ne point parler de sujets qui inquiètent, fâchent, ou tout simplement interrogent. Ils préfèrent causer de petites choses sans importance. Comme le nom du futur Premier ministre. Des conséquences éventuelles de tel fait divers sur la campagne. D’un « off », d’une rumeur, d’un ragot. Parfois, aussi, de gestuelle ou de col roulé.
Mais de la dette, des déficits, comment les résoudre, très concrètement, allez-y, expliquez-nous ! Et le chômage ? Inverser la courbe ! Fort bien ! Mais comment ? Vos mesures, quelles sont-elles ? Jamais ! Ou en survol.

A aucun moment, ils ne rebondissent. Quand bien même le candidat proférerait le plus gros mensonge, la mesure la plus irréalisable, la promesse la plus démagogique. Alors que, quand c’est Mélenchon, Le Pen, Dupont-Aignan, Poutou, Arthaud, Cheminade, et même Joly, alors là, c’est la curée ! Le grand jeu ! Là, ça relance, ça rebondit, et même parfois, ça fait « son » journaliste... J’en veux pour preuve Anne-Sophie Lapix. Que ne s’est-on pas ébaubi, notamment sur le Net, de la pâtée qu’elle a mise à Le Pen, en matière économique. Certes… Mais elle n’a fait, là, que son métier de journaliste. S’en ébaubir, c’est très étrange, et, à la fois, symptomatique. Cela me fait penser à ces passagers applaudissant, allez savoir pourquoi, le pilote au seul motif qu’il ait réussi à poser sur la piste, l’Airbus dans lequel ils sont sanglés... Ben là, c’est pareil ! On applaudit une journaliste qui n’a fait que son travail... Le problème, c’est qu’elle ne le fait pas avec tout le monde. Tout comme Aphatie. Et tous les autres. Ces mêmes qui se plaignent, aujourd’hui, que cette campagne n’aura pas servi à grand-chose.

Mais si elle n’a pas servi à grand-chose, c’est aussi parce que les journalistes n’ont pas fait leur boulot. Ils n’ont pas posé les bonnes questions. Ils n’ont pas abordé les vrais sujets. Ils sont restés à la surface des choses. Ils l’ont joué facile, peinard, paresseux. Car oui, c’est facile de mettre un "petit", un Poutou, en défaut, ou de le maltraiter. Mais un Sarkozy, un Hollande, et même un Bayrou, non, ils s’y refusent ! Et il y a une raison à cela. A cette évidente différence de traitement.
Imaginez un journaliste – que dis-je ! TOUS les journalistes ! – reprenant Sarkozy sur tel sujet, Hollande sur tel point (et ce ne sont pas les sujets et les points qui manquent) comme ils le font pour les autres, insistant jusqu’à obtenir une réponse, mais une vraie, ou, dans le pire des cas, un terrible embarras, un abracadabrant bafouillage, voire un silence qu’en dirait bien long ; mais alors, vers qui l’électeur se tournerait-il ? Mettre en défaut un Sarkozy, un Hollande, et même un Bayrou, allez savoir si ça ne profiterait pas au Front de Gauche, au Front national, ou à ces "petits" qu’ils méprisent au point qu’avant l’égalité totale des temps de parole, ils ne daignaient les recevoir (Ainsi Joly, scandaleusement recalée par "Des Paroles Et Des Actes").

Voyez comme tout Concorde, jusqu’à Vincennes. Parce qu’ils militent pour une cause, le bipartisme, alors ils le protègent. Jamais ne le bousculent. Alors que tout, absolument tout est disponible, notamment sur Internet : les contradictions, les mensonges, les errances, les flous, les outrances. Les programmes y sont passés au tamis, en matière de dette, de déficit, de croissance, de chômage. Sans la moindre concession. Sans l’once d’une partisanerie. Et ce ne sont pas des hurluberlus qui en font état, mais des économistes, par exemple, des philosophes, des scientifiques, et même, des journalistes ! Des journalistes, un peu moins médiatiques que M. Aphatie, c’est vrai. Beaucoup moins stars. Et moins tenus par quelques actionnaires, annonceurs ou autres richissimes industriels. Ils ne font pas le "kéké" dans une émission de divertissement ["Le Grand Journal de Canal+"] où depuis toujours, le politique est tourné en dérision, où la futilité est la règle d’or.

Le jour, M. Aphatie, où vous ferez votre métier, où, quel que soit le responsable politique qui viendra sur votre plateau, ou dans votre studio, vous poserez les bonnes questions, aborderez les vrais sujets, à l’impartialité, à la déontologie, plutôt que de les laisser roupiller dans un blog qui ne fait de mal à personne, alors, peut-être, votre inquiétude sera recevable.
Si cette campagne, comme vous l’écrivez, se situe «assez loin de la vérité», c’est aussi parce que vous vous situez délibérément, et avec une constance qui, ô combien, vous discrédite, très loin de ce que l’on nomme : le journalisme.


NB : Le billet «inquiet» de M. Aphatie

03 avril 2012

La Non-Campagne Présidentielle [Emmerdante Et Merdeuse A La Fois]

Il a raison Cohn-Bendit : « On s’emmerde » dans cette campagne. Elle nous cause pas, cette campagne. Jamais. C’est du meeting, en boucle, vendu clé en main à des médias serviles. Des interviews à la chaîne où le candidat déroule sans que jamais ne rebondisse le présumé journaliste. L’Aphatie de service. C’est un one-man-show permanent où, de ville en ville, inlassablement, le camelot scande toujours les mêmes mots, les mêmes répliques. Il n’y a guère que des militants, des supporteurs, étriqués et mesquins, pour jouir de cette affligeante comédie, se gargariser de la dernière petite phrase de leur petit tribun de pacotille.

Front Populaire , Front de Gauche, BastilleLe chômage, la précarité, les boulots qui vous permettent à peine de croûter, les contrats scélérats, les inégalités salariales, le pouvoir d’achat, le grand désarroi, de tout cela, on ne parle pas. Ou alors, en incantations, à grands coups de « y’a qu’à/faut qu’on ». On la connaît, ta foutue chanson, aux couplets périmés. Alors t’étonne donc pas, qu’elle gagnât du terrain dans les sondages ; l’abstention.

Une vision de la société ? Y’a pas non plus. Pas l’ombre d’un croquis, pas même le début d’une esquisse. Que de l’esquive. Ou alors de l’halal-mon-cul et du Merah refroidi. Plongée sous-Marine garantie. Oyez, oyez ! Français de souche, le coupable de tous nos maux, on l’a trouvé, c’est formidable : c’est l’étranger ! Le basané, l’islamisé ! Faut le virer, par deux le diviser cet immigré, avant qu’il nous foute la République à genoux. Après ça, tu verras, on vivra meilleur, avec du taf pour tout le monde, payé rubis sur l’ongle...
Dis-donc, candidat-démagogue, tu nous prendrais pas, par hasard, pour des cons de compétition ?

Quant à l’international, c’est pas qu’on en parle pas, c’est qu’on en parle jamais. Pourtant ça déconne, à pleins tubes, comme rarement. La poudrière est au taquet. Tout est fin prêt. Les armes refourguées. Dassault, Lagardère, renfloués. Y’a pas à dire, ça sent le merdier. Avec ta petite ONU ankylosée. Et cet OTAN en emportant le vent mauvais... Mais quand t’es Français, de l’international, t’en as rien à caguer. Tu vis sur ton île, bordée d’Atlantique et de Méditerranée, et vivent les congés payés. Y’a plus qu’à bronzer. Et peu nous chaut qu’elle enclume, la Terre. Qu’elle s’assèche. Que disparaissent les espèces… Les espèces c’est comme les langues de nos ancêtres, c’est dans l’indifférence, qu’on les laisse crever. Nous, on cause plus qu’en 140 caractères. On est du genre primaires.

Et la dette, alouette ! Qui va la payer ? Dame Bettencourt ou ta pomme ? Sieur Proglio ou le prolo ? Qui va trimer plus que de raison pour combler l’abyssal dont en rien, ou si peu, nous sommes, nous les gueux, responsables ?... En un rien de temps, tu l'auras remarqué, on nous ferait passer pour des salopards d’assistés, bouffeurs de médicaments, fraudeurs patentés, chômeurs de papier. Après tout, n’est-ce pas ainsi qu’on nous a dépeint le Grec, l’Italien ? Alors, demain, pourquoi pas nous ?... La stigmatisation, enfonce-le toi profond dans le cervelet, c’est pas un concept qu’on réserve aux seuls étrangers. C’est valable aussi pour les syndiqués, les fonctionnaires, les grévistes, les sans-grades, les miséreux et tous les oubliés de l’Irréprochable, cette Ve agonisante… On s’embarrasse pas dans ce monde-là ! Faut dire aussi, que tant qu’il y aura des gogos, des trouillards de première, pour gober toute cette rhétorique de bazar, les oligarques de notre monarchie Républicaine auront de beaux jours devant eux. Et c’est pas via un raout à la Bastille où t’emprunte moins à Chavez qu’à de Gaulle et Malraux, que tu changeras la donne, camarade ! T’as beau avoir épluché à la virgule près une Histoire socialiste de la Révolution française n’est pas Jaurès qui veut, mon coco. Même si, j’en conviens, tu nous auras bien fait kiffer.

Et j’allais oublier l’absence. De débats. Ah mais, comprenez-vous, il ne faut pas. C’est chasse gardée. Pour les seigneurs du second tour. C’est qu’ils ne jouent pas dans la même cour. Ah non ! Eux, ils sont côté jardin. Bien planqués. A l’abri. Pas question de ferrailler avec – comment qu’ils disent déjà ? – des "petits candidats". C’est indigne de leur statut… Chez ces gens-là, voyez-vous, on ne se mélange pas.
Certes, on prône à tirelarigot le « vivre ensemble ». Mais chacun chez soi.
On se présente comme le candidat du peuple, le rassembleur, le grand humaniste, mais y’a des limites.
On veut bien exposer ses idées, recyclées, mais en terrain conquis. Au Bourget, à Villepinte. Là où on vous applaudit, à tout rompre, quand bien même prononceriez-vous le mensonge ou la contre-vérité la plus énorme !... Ou alors, on défile chez l’Aphatie et l’Elkabbach. Là aussi, t’es peinard. Tu peux dérouler ton baratin, ils n’oseront jamais te reprendre. D’abord parce qu’il y a pas le temps, c’est minuté CSA, faut pas lambiner ; et qu’ensuite, ils sont pas payés pour ça. Ils sont comme Drucker. Ils font ta promo, gratis. On n'est pas chez Politis. Ça pointe pas au Monde Diplomatique, ce journalisme-là. Ça bâfre au Siècle, avec le Minc et toute sa clique et ça n’espère qu’une chose : que rien ne change. L’alternance, ils le savent bien, ç’a pas la gueule de l’alternative. Aucun danger. Alors, prière de ne pas déranger les futurs rois du Château.

Or donc rien. Aucun sujet majeur. Pas la moindre vision. Pas la queue d’un projet. L’essentiel n’est jamais abordé. Ni à bâbord. Ni à Babar. Mais qu’est-ce qu’on s’en fout, n’est-ce pas, puisque l’Hollande y va gagner ! Et toi, pauvre ami, tu prendras cette affaire pour un nouveau 10 mai. C’est dire, si on n’a pas le cul sorti des ronces... Non mais, rendez-vous compte ! On va expédier à l’Elysée, un type qu’aura rien dit, rien proposé, en tous cas rien de concret, que du symbolique. C’est pas pour des nèfles qu’il aura choisi le Bourget, cet homme-là. On aurait dû s’en douter, qu’il survolerait les problèmes plutôt que de les affronter, ferme, les pieds sur Terre... Même son adversaire, il n’ose le nommer. Il lui donne du « candidat sortant ». En mimant Mitterrand… 
Eh, socialiste d’apparence, c’est pas parce qu’on cause avachi sur un pupitre qu’on a, pour autant, l’éloquence, le souffle et la roublardise d’un Tonton flingueur ! Et j’te passe le cynisme.

Alors, bien sûr, on peut arguer que c’est finement joué de la part du rouennais de Corrèze. Mais on peut aussi dire qu’à vaincre sans se mouiller, le triomphe annoncé a comme un goût de péril. Péril pour les gens de petite paie. Dont l’électorat douillet de l’Hollandréou se contrefout. Car voyez-vous, cet électorat-là, confortable et urbain, se moque du tiers comme du quart du désarroi d’autrui et n’a que pour seule ambition de ne surtout pas le rencontrer, de ne jamais le connaître. Mais c’est bien lui qui, pourtant, fêtera le 6 mai qui vient, et dans la plus maousse indécence, la petite revanche d’un parti de notables et d’embourgeoisés notoires.
Revanche sur des années de disette présidentielle ; revanche sur cette droite arrogante et bonapartiste dont, c’est à peine croyable, cette triste bande de sociaux-démocrates n’abrogera aucune réforme, aucune loi (ta retraite, tu te la paieras, et au prix fort) ; revanche enfin, sur cette humiliation suprême que fût le 21 avril 2002, mais qui, dis-toi bien, ne sera pas effacée pour autant, il y aurait même grande imprudence à le penser.

Bref, cette victoire ne sera pas celle du peuple, le besogneux, mais celle, vulgaire, d’un parti. On connaît la suite. On l’a déjà vécue. Mais comme on n’a pas d’estomac, et pas plus de couilles de surcroit, on y retourne. Preuve en est, que les Indignés d’en France, ça n’a jamais existé. Comme cette campagne. La présidentielle 2012. On n’en aura pas vu la couleur. Ils auront tout fait, jusqu’à l’innommable, pour l’éviter, les impétrants.

Pauvre campagne. Merdeuse et ô combien emmerdante. Qui jamais, ou rarement, se sera souciée de nous. Et du monde qui nous entoure. Parfois nous cerne...
Nos inquiétudes, nos désirs, nos rêves, ils n’en ont cure. Nous ne sommes que des mains qu’on frôle. Un corps électoral sur lequel, avec démagogie, on surfe. A qui l’on prie, de voter utile. De rentrer dans le rang. Celui qui mène à l’isoloir. Ensuite de quoi, vient le temps de « méprisance », où l’on nous conjure de faire silence. Cinq ans durant. Jusqu’à la prochaine campagne. Qui, pas plus que celle-ci, daignera compte tenir de nos doléances, encore moins de nos souffrances, tant ce qui n’a d’importance, c’est que : coûte que coûte et vaille que vaille, vive la République, et vive la France !

07 mars 2012

Tartuffe !

Tartuffe.jpg

« Nous allons créer un impôt sur les bénéfices minimum pour les grands groupes en France, les groupes du CAC 40, parce que j'ai découvert quelque chose qui n'est pas normal, c'est qu'ils maximisent les avantages fiscaux et une partie d'entre eux ne payent pas du tout d'impôt. »
[Nicolas Sarkozy – Des Paroles Et Des Actes – Mardi 6 mars 2012]

Cinq ans pour « découvrir » ce que tout le monde sait depuis belle lurette, c’est-y pas se foutre du monde, « candidat du peuple » ?

Tartuffe !

06 février 2012

Guéant, L’Ifop & Le Pen : Plus C’est Gros Et Mieux Ça Passe

C’est une histoire qui se déroule en trois temps. Elle commence, l’air de rien (pourtant, c'est une sorte de bande-annonce involontaire) samedi soir (4 février). Sur i>télé. Dans une émission hebdomadaire intitulée : Le Match De L’Opinion.
Comme tous les samedis, le journaliste Olivier Galzi reçoit Guillaume Peltier (UMP – transfuge du FN via De Villiers) et François Kalfon (PS) pour débattre des enquêtes d’opinion publiées durant la semaine [1]. En entrée, un sondage BVA censé mesurer « la force de conviction de N. Sarkozy lors de l’émission (du dimanche 29 janvier) selon la proximité partisane ».

Soldat.jpgUne donnée de cette enquête retient toute l’attention et du journaliste, et de Guillaume Peltier : « 50% des sympathisants du Front national et 40% des électeurs de François Bayrou » ont été convaincus par la prestation de Nicolas Sarkozy, ce que Peltier trouve « très intéressant ». Plus encore que de « capter ses noyaux durs de 2007 » (soit, d’après lui : « les sympathisants de l’UMP et les sympathisants de la droite » – or donc, il a oublié le « siphonage »).

Ce qui est surtout « très intéressant », c’est que ce sont uniquement ces 50% de sympathisants FN qui vont alors se retrouver au centre du débat. De quelle façon ? Eh bien en sortant de l’enquête BVA. Donc du sujet. Et c’est Galzi qui s’y colle, évoquant la possibilité – sous prétexte d’actualité – que Marine Le Pen ne puisse être candidate faute d’avoir réuni les 500 signatures ; et le voilà qui s’enquiert, auprès de ce qu’il nomme ses « deux leaders d’opinion », de savoir s’ils auraient testé la possibilité qu’elle ne soit pas candidate !

François Kalfon saute alors sur l’occasion (ou : la perche tendue) parlant de « bruits » courant dans Paris comme quoi « à l’Elysée, à l’UMP, on teste cette possibilité, et que d’aucuns apprentis-sorciers souhaiteraient même que Marine Le Pen n’ait pas ses signatures ».

Galzi reprend la barre, désirant savoir si, effectivement, « à l’Elysée, à l’UMP », on testerait cette hypothèse. Il lui faudra insister par deux fois avant que Guillaume Peltier réponde ceci :

« Si elle n’y était pas, il est probable qu’une grande partie au 1er tour de son électorat (sic) pourrait rejoindre Nicolas Sarkozy » (alors que dans la minute précédente il avait affirmé que ce serait « très compliqué à estimer »).

Réaction immédiate de Kalfon : « Donc, soit Guillaume Peltier lit dans le marc de café, soit une étude qualitative de premier tour, dans cette hypothèse, a été faite par l’UMP ».

Et tiens donc, que se passe-t-il le lendemain ? L’Ifop, via le JDD, publie « une étude qualitative de premier tour » dans l’hypothèse où « Marine Le Pen ne parvenait pas à réunir les 500 parrainages ». Deuxième temps de notre histoire ? Non ! Car dans l’espace, un certain Claude Guéant a déclenché une polémique en déclarant que « toutes les civilisations ne se valent pas ». Où et quand a-t-il proféré de tels propos ? Samedi 4 février lors du congrès annuel de l’Uni. Dont on nous dit qu’il s’est tenu à huis-clos.

Comme tout ceci s’agence parfaitement bien, n’est-ce pas ?
Mais reconstituons le puzzle.

Peltier ne lit évidemment pas dans le marc de café. Simplement, orgueilleux, il ne sait pas tenir sa langue... Effectivement, à l’Elysée on étudie (et Peltier en premier), très sérieusement, la possibilité d’un 1er tour sans Marine Le Pen. Qui en profiterait ? Et quelle stratégie adopter dans ce cas (plus que probable) ? Voilà l’équation à résoudre.

Qui en profiterait, on le sait : Peltier nous l’a dit, et l’Ifop l’aura confirmé : c’est bien Nicolas Sarkozy. On peut légitimement, et au passage, se demander si le JDD est seul commanditaire de cette enquête...
Quelle stratégie ? Eh bien, je crois que Guéant nous en a donné un aperçu, non ? Et comme ça tombe super pile ! Quasiment dans le même temps que ce sondage estampillé Ifop ! Et ça ne peut pas être le fruit du hasard. Car, encore une fois, le congrès de l’Uni se tenait à huis-clos. Donc et par conséquent, quelqu’un a eu grand intérêt à rendre publics les propos de Claude Guéant. Ou plutôt, des extraits soigneusement choisis (par qui ?). Et propres à déclencher une polémique (Le PS, faut dire, étant tellement prévisible !). Guéant avait ensuite beau jeu de se défendre en arguant que lesdits propos avaient été « sortis de leur contexte ». Rhétorique classique, usée jusqu’à la corde, mais qui trouve toujours preneurs.

La vérité, c’est qu’ils ont été « sortis » à desseins afin de créer un buzz, buzz destiné à faire passer au second plan le sondage Ifop excluant Le Pen [2].
A desseins, car cette enquête (inédite) est tellement énorme, pour ne pas dire scandaleuse, qu’il convenait de l’étouffer par une polémique ; à desseins, car oui, les propos de Guéant n’ont qu'un but et un seul : séduire l’électorat frontiste. Le reconquérir. En vue du second tour … Et quel meilleur moment pour le faire ! Rendez-vous compte ! Le jour même (ou quasiment) où on rend publique une projection de premier tour dans laquelle les électeurs du FN sont orphelins de leur candidate, donc disponibles [3] ! Comme disait l’Autre : plus c’est gros, et mieux ça passe !

Quant à savoir pourquoi cela passe (de plus en plus souvent) par Guéant ? La réponse est simple : parce que c'est la VOIX de Sarkozy...
Guéant n'est pas un ami de 30 ans comme Hortefeux. C'est un professionnel. Froid. Zélé. Méthodique. En clair : c'est un Grognard.
Or, de par sa fonction, celle de Président de la République, et d'autant dans la perspective de sollicitation d'un second mandat, Sarkozy ne peut plus tenir des propos comme "La France, on l'aime ou on la quitte", il ne peut plus parler de Kärcher, ni refaire le discours de Grenoble. Un Président-candidat se devant de rassembler, de protéger. Il lui faut donc un homme (de confiance) qui puisse faire le sale boulot à sa place. Et cet homme, c'est (donc) Guéant.
Par ailleurs, le désavoue-t-il ? Non. Jamais ! Même là, sur cette phrase sortie de son contexte, il lui donne raison. C'est clair, non ?

Nonobstant, comment se fait-il que personne n'ait relié les propos de Claude Guéant avec la feue politique de cvilisation présentée, début 2008, par Nicolas Sarkozy ? Pourtant, tout s'éclaire. D'un coup. Et pas vraiment dans le sens que l'aurait souhaité Edgar Morin...

Ce qui est intéressant dans cette « séquence », hormis l’enchaînement et le fait qu’elle soit parfaitement huilée, préparée, pensée, c’est que du côté du président-candidat, on se projette clairement dans une présidentielle sans le FN. Et l’affaire est à prendre avec le plus grand sérieux. Dans une campagne de cette importance, on n’a pas le temps de perdre du temps. Si le cas est étudié, c’est qu’il est plus qu’envisageable. Ce qui veut dire que non, bien sûr que non, Marine Le Pen ne bluffe pas. Il y a vraiment une réelle possibilité qu’elle ne parvienne pas à réunir les 500 parrainages.

Lors des présidentielles précédentes, son père y est (sauf en 1981) arrivé, mais toujours ric-rac. Rappelons qu’en 2007, il aura fallu que Nicolas Sarkozy s’en mêle [4] ! Mais cette fois, il ne bougera pas le petit doigt (« Vous ne voulez pas que je m’occupe d’elle ! » a-t-il dit, lors de son show du 29 janvier). Car ce n’est pas dans son intérêt. Les données ne sont plus les mêmes… Il sait que ce qu’il a jadis siphonné est devenu boomerang. Qui peut l’empêcher de se qualifier pour le second tour. Il est là, le point... Le FN n’a jamais été aussi haut dans les sondages. Et personne ne sait ce que ça donnera, dans l’isoloir, le 22 avril prochain. En d’autres termes, un 21 avril à l’envers est tout à fait possible.

Pour l’éviter, une seule option : que le FN ne puisse pas concourir à cette élection. Avec tous les risques que ça comporte… Apparemment, le 1er tour serait sauvé (Sarkozy "fait" jeu égal avec Hollande, et Bayrou est largué). Reste, le second tour... Comment le gagner sans que les électeurs du FN se vengent (en votant « contre » Sarkozy) ? Guéant vient de donner un début de réponse. Un début qui ne laisse rien augurer de bon. Et je crains fort que la campagne qui s’annonce soit de nature à moins susciter l’espoir que la nausée.


[1] Ce sont, a priori, Peltier et Kalfon qui choisissent les enquêtes d’opinion dont ils veulent débattre.

[2] Très habilement, Ifop n’a testé que les candidats étant sûrs et certains d’avoir les 500 parrainages. Ce n’est donc pas seulement Le Pen qui se retrouvait exclue de ce sondage, mais aussi : Villepin, Boutin, Morin, Lepage, Nihous … Sauf que, il y a une différence de taille entre Le Pen et les autres. Elle navigue entre 16 et 20% d’intentions de vote depuis un an (avec un pic à 24) alors que ses concurrents en mal de parrainages ne dépassent pas les 2%... C’est un peu la même histoire que la crucifixion. Pour faire passer la pilule auprès de l’opinion, au crucifié, tu lui adjoins du menu fretin.

Il convient, itou, de préciser que c’est la première fois dans l’histoire des sondages, qu’un institut nous gratifie d’une enquête n’incluant que les candidats étant sûrs d’avoir leurs signatures. C’est gros, quand même…

[3] Car oui, l’enquête s’arrête au 1er tour. C’est assez inhabituel et pour le moins curieux, vous ne trouvez pas ? Pourquoi ne nous dit-on pas ce que donnerait un second tour Hollande/Sarkozy dans ce cas de figure ? Qu’est-ce que ça cache ?

[4] Le 5 mars 2007, sur France 3, Nicolas Sarkozy déclarait qu’il « se battrait » pour que Jean-Marie Le Pen et Olivier Besancenot aient leurs parrainages (habile, le gars .. Il met Besancenot ET Le Pen dans le même bateau … Il n’allait pas parler juste de Le Pen ; tu piges ?).
Ajoutant même (attention, c’est énorme !) que « La démocratie ne doit pas être confisquée par un petit nombre de gens ».  Tiens donc ! C’est-y pas, grosso-merdo, l’argument avancé par … Marine Le Pen, présentement ?

A ce propos, 2007, il faut relire très attentivement cet entretien en date du 12 avril, accordé au quotitien Libération par le candidat Nicolas Sarkozy : Au nom de quoi récupérer les électeurs du FN, c'est mal ?


NB : Voici, en plus large, les propos tenus par Claude Guéant, le samedi 4 février :

" (...) Or, il y a des comportements, qui n’ont pas leur place dans notre pays, non pas parce qu’ils sont étrangers, mais parce que nous ne les jugeons pas conformes à notre vision du monde, à celle, en particulier de la dignité de la femme et de l’homme. Contrairement à ce que dit l’idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas. Celles qui défendent l’humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient. Celles qui défendent la liberté, l’égalité et la fraternité nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique."

 

17 janvier 2012

L’Agence De Notation : Une Arme De Destruction Massive

Bien sûr, on pourrait en rire. Imaginez ! Ils – mais qui sont-ce ? – voulaient « moraliser » le capitalisme, « réguler » le monde de la finance, et les voici accablés, acculés, sanctionnés pour mauvaise gestion par des agences de notation. Pan dans la gueule ! Effet boomerang…
Et voyez-les, désormais, déloqués, Gros-Jean comme devant. Se renvoyant la balle perdue. Grotesques, pathétiques. Pauvres pantins, pauvres Tartuffes.

placeaupeuple.jpgAh oui, c’que c’est drôle, en surface, je veux dire d’un point de vue strictement médiatique ; c’est Guignol tous les jours. Les uns accusant les autres, les autres vilipendant les uns. Et tout y passe. Les « années Mitterrand », les 35 heures, le sarkozysme et j’en passe ; tout est bon dans l’argument de cochon pour trouver le grand fautif de la dégradation...
Nous savions ô combien cette époque était celle de la médiocrité, nous découvrons, atterrés, que c’est bien pis encore…

Car bon sang de merde, qu’est-ce donc que ces agences de notation ? On nous dit : des thermomètres. Des médecins. Des légistes. Foutaises ! Ce sont, en réalité, les meilleurs alliés du système. Ce sont, en vérité, les gardiens du temple. Leurs culs, leurs chemises, appartiennent, corps sans âme, au néolibéralisme. Leur crédo, c’est le chiffre. Que nos dirigeants, ces courbés, suivent à la lettre. Mais pour les peuples, oubliez vos doléances, oubliez même jusqu’à votre existence. Nous sommes, nous le peuple, dans ce magma de chiffres, l’être anonyme.

Une agence de notation, en somme, c’est un gros, un énorme MEDEF planétaire. Ça y cause de croissance, de compétitivité, de désendettement, mais jamais ne se soucie de ceux qui, de la Chine à l’Argentine en passant par Gandrange, turbinent, sont sacrifiés pour des cacahuètes, pauvres variables d’un système qui, sur leurs dos et jusqu’à l’os, engrange... Il ne s’agit pas (plus) de travailler, vous comprenez, il s’agit d’être compétitif. Voilà le mot-clé. Et en son nom, tout sera fait, tout sera détricoté : acquis sociaux, droits du salarié, code du travail, etc.
Quant à la protection sociale ? Il conviendra de la réduire à zéro ! Ou proche de. Le minimum. Même pas syndical.
Dans ce monde-là, tout se paye. Au prix fort.

Ah, la belle revanche ! Le grand cocufiage ! Voyez-moi ça ! Ces agences de notation, si laxistes, gratifiant d’un AAA, et de concert, les Etats-Unis d’Amérique, y compris pendant la Grande Dépression (vous le croyez ça ?) ces complices avérées des subprimes, voilà qu’elles se rebiffent, et dégradent à tout-va !... La crise est passée par là, nous dit-on... Ben voyons ! Mais cette crise ne date pas d’hier, elle est structurelle ! Elle est dans l’ADN même du capitalisme depuis qu’il n’a plus de rivaux, depuis qu’il est devenu LE système unique et la pensée qui va avec.
Et quand bien même ! Depuis lustres, tous les Etats du monde vivent à crédit, et par milliards, au seul profit des financiers, des banquiers, des marchés, et d’un coup, comme ça, tiens donc ! Ce ne serait plus convenable. Ca n’irait plus. Faut désendetter, les mecs ! Sinon, on vous saque votre AAA. On vous donne du BBB. Et pire, si vous n’obtempérez point… De qui se moque-ton ? Pour quels cons finis nous prend-on ?

Mais dites-moi, cela n’aurait-il pas plutôt à voir avec ces petits chefs d’Etat, sans grande envergure au demeurant, qui, t’en souvient-il, se seraient mis en tête, et Martel avec, de « moraliser » ce merdier, « réguler » cette escroquerie grand format, en finir (prière de ne pas rire …) avec les paradis fiscaux. Sus à Monaco, aux Caïmans, tout en épargnant, vous en comprendrez fort aisément les raisons, nos « amis » du Luxembourg, de la Suisse et de la Belgique. Si accueillants avec nos fiertés nationales que sont les Aznavour, les Delon, les Prost et les Hallyday...

Vous voulez « moraliser », « réguler », « déparadiser » fiscalement ? Vous voulez jouer les purs, la Sainte-Nitouche, le gros dur ? Bref, foutre le boxon dans une affaire juteuse qui vous a permis de vivre à crédit pendant des décennies entières ? Eh bien, soit ! Mais nous allons commencer, si vous n’y voyez pas d’inconvénients, par nous préoccuper de ce crédit, justement, sur lequel jusqu’ici, nous n’avons pas été trop regardants.
Autrement dit, chers « moralisateurs » vous allez d’abord régler vos dettes et vos déficits abyssaux, et fissa, sinon, dégradation(s) et, par ricochets, taux d’intérêts velus de chez copieux.
Allez hop, au boulot !

Et qui se réjouit, s’en retrouvent tout ébaubis ? Mais les marchés, pardi ! Nos financiers ! Même pas mal la dégradation des USA. Pas plus que celles en chaîne s’abattant sur ce nain économique qu’est la zone euro ! Agences de notation, marchés et financiers, c’est du kif...
T’as voulu jouer au vertueux, on t’envoie la facture, et ce n’est qu’un début ! On va mettre tout le monde au pas. Soumis au même régime. Une seule règle : la nôtre ! Et plus une tête qui dépasse ! Compris ?

Or donc, c’est drôle, oui, mais en surface. Parce qu’en creusant, et pas longtemps, c’est d’une médiocrité sans nom, d’une bassesse rarement atteinte. On touche pas le fond, non ! On l’explose ! Avec ces Hollande, Bayrou, Villepin, Sarkozy et tutti, pauvres pantins, et cette baudruche de Le Pen, qui se renvoient pathétiquement la balle. S’accusant les uns, les autres. Mais jamais, ô grand jamais, se dressant contre cette saloperie, cette grande fumisterie ! Aucuns d’eux n’appellent à la résistance, seuls Mélenchon, Poutou, Arthaud !

Mais le tableau ne serait pas complet, sans les valets, ces êtres qui se prétendent journalistes et ne sont, en vérité, que des perroquets AFP, voix de leurs maîtres, ceusses du Siècle, chiens de garde du bipartisme, autres alliés objectifs, obséquieux du système, du AAA, de toutes ces fadaises. Les avez-vous entendus nous expliquer que peut-être, oh-là-là, cette perte du Triple A pourrait profiter aux candidats « anti-système » que sont – je cite –  Mélenchon, Le Pen, Bayrou
Bayrou, un candidat « anti-système » ? C’est-y pas cocasse ? C’est-y pas, surtout, un énorme foutage de nous autres ? Bayrou n’est rien d’autre qu’une synthèse. Je prends à droite, je prends à gauche, « Acabi, Acaba, et voilà », votez pour moi ! Et tu le retrouveras ton AAA…
Bayrou n’est certes pas LE système, nonobstant, il en est une composante, elle est tristement centripète.

Mais revenons à nos laquais !... Non messieurs, cette dégradation ne bouleversera pas votre satané échiquier, au contraire ! Elle va le renforcer.  Parce que le peuple français est un poltron, aussi un cocu consentant !... Ah mon dieu, on a paumé notre triple A ! Mais alors, si je vote Mélenchon, on va en perdre combien d’autres, de A ?... Voilà ce qu’il pense, le quidam. Il ne voit pas plus loin que le bout de son tarbouif. Il rentre la tête, et le reste, alouette !... Il pète de trouille, le Français. Y’a qu’à voir, tout ce qu’il a gobé jusqu’ici. Du musulman qui le coloniserait aux Roms qui le dépouilleraient... Le tout-sécuritaire, il en redemande, tellement il est pétrifié... C’est un petit bourgeois qui s’ignore, l'électeur français. Un bobo en gestation. S'indignant devant sa p'tite télé... Il a que la gueule, le Français. Il est Lepénisé jusqu’au trognon. Ne sachant même plus faire la différence entre des torchons et des serviettes. Il aura même pensé – c’est dire ! –  que DSK pouvait le tirer de son inconfort relatif. 

Et voilà pourquoi, tout bien pesé, exposé ci-dessus, l’agence de notation est une arme de destruction massive. Elle vient finir le boulot. Anéantir toute résistance. Toute révolte... Ah c’est une œuvre d’art, j’en conviens ! Tant elle laisse croire qu’il n’y a pas d’autre issue possible.
Tu votes pour le système, ceux qui le défendent, or donc, Sarkozy/Hollande/Bayrou, sinon il va t’en cuire ! Tu connaîtras le même sort que les Espagnols, les Portugais, ou pis encore : les Grecs ! Imparable, non ?

Ce qu’ils ne disent pas, c’est que le choix Sarkozy/Hollande/Bayrou, c’est : adieu la protection sociale, bye-bye tes acquis chèrement conquis, terminés les droits du salarié. La seule différence entre ces trois-là (dont un qui est clairement devenu, en quelques mois, un social-traître), c’est le temps que ça prendra... Bref, en une question comme en cent : préfères-tu te faire mettre rapidement ou lentement ? Voilà l’histoire…
Bien sûr – j’allais oublier – tu peux, aussi, faire le choix de Marine Le Pen. Avec dans l’idée, que ça provoquerait une sorte de « chaos », un électrochoc salutaire. Mais depuis quand, dis-moi, un suicide collectif est de nature à émouvoir un financier ?

Procédant par élimination, il ne reste donc plus, dans ce naufrage, que trois possibilités : Mélenchon, Poutou, Arthaud. Et puisqu’ils nous assomment avec leur « vote utile », cette autre fumisterie, eh bien appliquons-le, mais à leurs dépens, en favorisant, de ces trois-là, le mieux placé : Mélenchon. Et avec lui, résistons. Aux agences de notation, aux banquiers, aux marchés, préférons le peuple. Dussions-nous chèrement le payer.
Mais qu’est-ce qu’un prix à payer quand il s’agit de recouvrer sa dignité ?

 

13 décembre 2011

« La Vérité ? C’est Dégueulasse ! »

Plus-Rien.jpgEcoutez-les, ces crabes d’anesthésistes, tous, ils nous promettent tous, la Vérité.
Ils se nomment Sarkozy, Hollande, Bayrou, Villepin.
La Vérité, c’est leur crédo soudain, le mot-clé, un sésame.
J’t’en foutrais, moi, des lignes et des lignes, à faire, et refaire, de Vérité.

Et puis d’abord, quelle Vérité ?

T’as vérifié la date, celle de péremption, citoyen-candidat ?
Tu devrais, et fissa, tant ta Vérité, elle sent.
Elle est à dégueuler, TA Vérité.
A nous donner l'idée de retourner vers les oiseaux.
Fussent-ils de malheur.

Le développement est à lire : ICI


« Il paraît que la Vérité est aux toilettes/Et qu'elle n'a pas tiré la chasse ?/La Vérité, c'est dégueulasse ! » [Léo FerréNight And Day – LP : Il N’y A Plus Rien - 1972]


podcast

05 décembre 2011

Aux Chiottes, Le Vote Utile !

Et c’est reparti. Pour le grand numéro de la pensée dominante. Ah ça ! On va en bouffer, matin, midi et soir. Faut dire qu’ils sont affutés, prêts à en découdre, limite haineux, assurément suffisants et arrogants. Ils se nomment Aphatie, Barbier, Giesbert, Duhamel, Elkabbach, et j’en passe. Pendant cinq mois, interminables, ils vont nous vendre un match, et un seul : Sarkozy/Hollande. Et tous les moyens seront bons. Même les plus mauvais. Surtout, les plus mauvais.

Commercial.jpgOr donc, l’orchestre a déjà entonné son foutu tintamarre. Crise mondiale ou pas, peu importe, la partition reste la même : le bipartisme.
Peu leur chaut, que le peuple ait des velléités, des envies, un désir, ils s’en moquent. Eux qui,  en 2005, et de concert, enclumaient pour le « Oui ».

Des laquais ? Des valets ! Non ! Des courtisans. Des qui en croquent. Et copieusement. Vous le leur signifiez, et ces impétrants s’insurgent, pathétiquement, clamant qu’ils sont journalistes, déontologues, invoquant ribambelle de mots grossiers, auxquels ils n’entravent que pouic : populisme, fascisme et tutti. On la connaît, la chanson. Des années qu’ils nous la sifflent…

… Tenez ! Cette affaire, celle du 21 avril, eh bien, ils y étaient pour nib ! Ah, c’était pas eux ! N’avaient rien fait ! Sinon, leur métier... Ils auront des mois durant, dans un élan remarquable, enchaîné éditos, sujets, débats sur un thème et un seul, l’insécurité, mais non, c’est pas eux ! Ils n’auront fait, disent-ils, que couvrir une campagne. Preuve en est pourtant, éclatante, n’est-ce pas, qu’ils se couchent, qu’ils obtempèrent, sourdement, aveuglément... Des courtisans, vous disais-je. Obséquieux. Pyromanes. Se drapant derrière un alibi, fallacieux : le journalisme. Jean-foutre, va ! Imposteurs ! Commerciaux ! Qui jamais ne s’excusent, ou reconnaissent une faute... Les avez-vous déjà entendus faire amende honorable ou quelconque mea culpa ? Mais jamais ! Ça aussi c’est signifiant. De ce qu’ils sont.

Leur credo : le vote utile. Utile pour qui ?... Le peuple ?... Pensez-vous ! Le peuple, c’est pas leurs oignons. Et puis ça sent, le peuple. Ça refoule. Ça n’a rien de raisonnable et de raisonné... Internet, ce déversoir à les en croire, en est la preuve... Oui, ces gens-là n’aiment pas Internet. Ils y sont itou, certes, mais pour une seule raison : l’investir, le coloniser, le mater. Imposer leurs idées, leurs vues, leur loi. Et que vive le Triple A ! Ça les fait jouir, ça, le « AAA ». Et la dette, alouette ! Y’a bon les réformes néolibérales… Ah ! Peuple imbécile, tu ne te rends pas compte de la chance que t’as, inouïe, de nous avoir, nous, les éditocrates, nous t’éclairons, te guidons, vers la seule voie possible, le bipartisme. La Sarkollanderie… Ce ne sont pas des journalistes, non ! Ce sont des éducateurs. De la meute, la politique bien comme il faut, celle qui dépasse pas, droite dans ses bottes, molle dans sa gauche, ils sont les chiens. De garde.
Et si nous les condamnions à la niche, les toutous de l’oligarchie, et à perpète, s’il vous plaît ? Vulgairement : et si nous leur foutions au derche pour de bon ?

Non mais c’est quoi, ces façons de traiter tout ce qui n’est point Hollande ou Sarkozy. C’est quoi ces manières de faire ? Ce mépris insupportable... Avez-vous entendu Aphatie soumettre Eva Joly à la question ? Pascale Clark se gausser de Philippe Poutou ? Les avez-vous entendus les sommer de dire, séance tenante, pour qui ils voteront au second tour ?.. Bayrou, ça ne les intéresse QUE pour cette raison : pour qui le Béarnais va-t-il appeler à voter le 6 mai ? Le reste, ils s’en caguent... Mélenchon, pareil. Alors le rebelle, tu vas te ranger derrière Hollande, hein ? Mais dis-le, bordel, que tu vas le faire ! Tu te crois malin, Voltaire, avec ton Front de Gauche ? Mais tu vas te coucher, une fois avril passé, n’est-ce pas ? Allez, crache-le, renégat !... Quant à Le Pen, avec morgue, ils te la dépiautent, et lui assènent que, petite, ne sais-tu pas que sans alliances, t’es refaite ! Car ainsi fonctionne le scrutin. Majoritaire à deux tours… Deux tours ? Merci de nous le rappeler. Tant on aurait fini par croire, à vous entendre seriner Sarkozy /Hollande, Hollande/Sarkozy, qu’il n’y en avait qu’un.

Oui, il y a deux tours. Et c’est une chance. Qu’il va falloir saisir. Cette fois... Après tout, un sondage ne nous apprend-il pas que 47% des Français ne veulent ni de Sarkozy, ni de Hollande ! Eh bien : chiche ! 53% c’est pas de la gnognotte. C’est un socle. Tenons-le ! Un premier tour c’est pas fait pour les chiens. De garde. C’est fait pour que le peuple s’exprime.

Aux chiottes, le vote utile ! Il n’est brandi que pour (nous) culpabiliser. Du reste, on nous le fait bien savoir, on nous le ressort et ressert à intervalles réguliers, la menace, celle d’un 21 avril bis ou à l’envers ! Argument à la noix ! Foutaises ! Enculerie ! Le 21 avril, c’est l’échec d’un homme : Jospin. Point barre. Sa campagne était indigente, à côté, nulle, zéro. Ce n’était point la faute des autres, de Chevènement, Taubira, non ! C’était juste Jospin, les français n’en voulaient pas, voilà tout.
Au passage, je rappelle que Le Pen avait lui aussi, un concurrent : Mégret. Ça ne l’a pas empêché d’être au second tour, que je sache ? Quant à Chirac, il avait cinq concurrents sur sa droite ! Ça ne l’a pas vraiment handicapé non plus.

Alors remballez vos 21 avril à la con. Après tout, c’est à Hollande et Sarkozy d’être les plus convaincants possibles. Si tel n’est pas le cas, c’est eux seuls qui en seront responsables. Pas le peuple. Ou alors, finissons-en avec cette élection, supprimons-là, si la voix du peuple ne vous sied pas ! Si elle vous gêne tant. Confions-là à des professionnels de la politique, des énarques, des qui savent. Pourquoi pas, après tout ! Etant donné que cette présidentielle est devenue, avec le temps, un vulgaire concours de personnalités, une affaire de supporteurs, bornés, obtus ; considérant de surcroît que c’est moins un président que nous élisons mais une image médiatique, or donc faussée, oui, débarrassons-nous de cette mascarade. Et fissa !

Mais puisque, une fois encore, nous devons y retourner, aux urnes, cette portion congrue, grotesque,  dévoyée, de la démocratie, alors votons en masse pour notre candidat(e), pour NOS idées, pour UN projet, selon notre désir, nos convictions. Sonnons la mobilisation générale pour le premier tour. Ne nous laissons pas plumer, voler. Ne cédons pas aux sirènes du vote utile que des publicitaires déguisés en journalistes nous vendent comme du Coca-Cola. N’écoutons pas ces donneurs de leçons qu’ont pignon sur rue Bayard ou François 1er. Qui vont faire les beaux chez Calvi. Qui depuis des décennies nous assomment des mêmes mots, des mêmes virgules. Du même mépris.

Non messieurs Aphatie et Compagnie, il n’y a pas que Hollande, Sarkozy. Il y a d’autres choix. D’autres voies. Choix et voies que vous traitez et recevez si mal. Avec dédain ou condescendance. Mais continuez comme ça ! Et vous l’aurez la colère, elle s’exprimera comme jamais, dans les urnes, le 22 avril prochain. Oui, ne changez rien, persistez dans cette attitude et cette courtisanerie, et ce sera un raz-de-marée. Vous serez désavoués.  Et comment !
Oh, je sais, encore vous ne ferez la leçon, car ce n’est point la dignité, l’honneur, l’éthique qui vous gouvernent, mais voyez, on s’en tamponnera copieux le coquillard. Nous serons tout à notre jouissance. Car oui, le peuple, aussi, à droit de jouissance. Ne vous en déplaise. C’est même un devoir en un tel contexte.

Au derrière qu’on va vous le mettre ! Et grand format. Pour toutes ces années où vous nous avez mal parlés, mal considérés, considérablement méprisés. Nous ferons de ce 22 avril 2012 un nouveau 29 mai 2005. Un NON retentissant.
Pour le premier tour de cette nouvelle présidentielle, cruciale, ne votons pas utile ! Ça c’est bon pour les soumis, les poltrons, les assis ! Votons selon nos convictions ! Et en masse !

 

01 décembre 2011

Cinq Erreurs Se Sont Glissées Dans Cette Mauvaise Photo. Sauras-Tu Les Retrouver, Oh-là-là, Oh-là-là ?

TNS-Sofres-novembre-2011.jpg

La réponse est : ICI

05 septembre 2011

Pourquoi Taxer Les Riches « C’est idiot et nul ! » ?

Or donc, Serge Dassault, « un très grand industriel (…) qui crée des emplois (…) de l’activité » [1], aura marqué le Campus UMP, en estimant, haut et fort, que taxer les riches « ça ne sert à rien, ce n’est pas comme ça qu’on va régler le problème du déficit. C’est idiot et nul ! ».
Voilà qui pourrait, en ces temps de crise(s), heurter le néophyte. Celui qui ne sait pas comment ça se danse, l’hypra-libéralisme.
D’où ce décryptage qui a pour noble ambition d’expliquer une bonne fois pour toutes aux laborieux de ce pays, à quel point Serge Dassault est un homme éclairé, voire : notre ami.

Serge_Dassault.jpgPrenons un riche. Peu importe lequel. Quelle est sa particularité ? Ce qui fait sa différence ?
La réponse est simple comme bonjour : sa richesse. Autrement dit : son pognon. Sans lui, il n’est plus rien. C’est sa seule raison de vivre (et de jouir, de préférence, en Josas...).
Vous comprenez, dès lors, que si l’on touche à son trésor, ne serait-ce qu’à hauteur de 3%, le riche est atteint dans son identité. Son intime. Avec une conséquence que chacun peut aisément deviner : la souffrance.
Or, que fait un être humain, quel qu’il soit, quand il souffre ?
Il consulte. Afin d’atténuer, voire éradiquer, la douleur qui le dévore.

Mais ce n’est pas un médecin lambda que le riche s’en va trouver, comme nous autres les vilains.
Ce sont des conseillers, des consultants, des collaborateurs. Des experts de la finance. Ceci étant, ils n’ont rien à envier à nos carabins, tant leurs prescriptions sont efficaces. Il faut voir les ordonnances qu’ils délivrent ! Défiscalisation, délocalisation, optimisation, évasion, et j’en passe ! Toutes les options possibles et inimaginables, pour soulager le riche de sa souffrance, sont passées au scanner. Ainsi, certains seront invités à délocaliser, qui en Roumanie, qui au Pakistan, voire même, en Chine ; d’autres à "placer" leur oseille au Luxembourg, en Suisse ou aux Caïmans ; ceci n’étant qu’un maigre aperçu des remèdes proposés. [2]
Ce qu’il faut retenir, c’est que ça marche ! Taux de rémission : 100% !

Seulement voilà, à tout traitement – ici, de cheval – correspond des effets secondaires.
Et ils sont, présentement, tout aussi redoutables qu’inattendus.

En effet, ce soulagement du riche, qui se traduit donc par une fuite massive des capitaux, contribue à appauvrir notre pays. Logique ! Le pognon se barrant « ailleurs », c’est moins de recettes escomptées pour notre pays. Ce qui, donc, alourdit et sa dette, et son déficit.
Du coup, nous commençons à comprendre pourquoi Serge Dassault nous dit que ce n’est pas en taxant les riches « qu’on va régler le problème du déficit ». Au contraire !
Premier effet secondaire.
Premier, car il y en a un second (sinon, c’est pas drôle).

Le déficit s’alourdissant, que va-t-il se passer ?
Angoissé à l’idée de voir la France perdre son Triple A, le gouvernement va prendre des mesures, qu’il qualifiera de «difficiles, mais nécessaires», comme par exemple, au hasard : une taxe sur les sodas, les cigarettes, les mutuelles, etc.
Ceci constituant la première étape d’un plan de rigueur qui ne veut pas dire son nom ; la seconde étant prévue pour le second semestre de l’année 2012, avec – liste non exhaustive – augmentation substantielle des franchises médicales, suppression de certaines aides ou prestations sociales, baisse conséquente des allocations chômage (et pas seulement pour les cadres), réduction accélérée des effectifs dans la fonction publique (jusqu’à liquidation totale), hausse de la CSG, création d’une TVA dite « sociale », bref, toute une batterie de mesures qui touchera de plein fouet, non les riches (puisqu’ils sont – lapalissade –  riches), mais les classes moyennes et populaires.
D’autant plus si la croissance reste égale à zéro. Ou approchant.

Nous entrevoyons à présent et très clairement, quelles dramatiques conséquences, une simple taxe sur les riches aurait sur les plus modestes d’entre nous. Même un auditeur de Sud Radio serait à même de le comprendre !
Nous assisterions, impuissants, à un effet d’un type « dominos », un truc infernal, qui pourrait se résumer de cette façon :
Taxe sur les riches = fuite des capitaux = appauvrissement de notre pays = pauvres et autres laborieux, nous en sommes bien marris, mais il faut que vous passiez à la casserole afin de ramener le déficit dans les clous de Maastricht [3] ; il en va de l’avenir de vos enfants et de la France, Amen !

Or donc, Serge Dassault a raison : taxer les riches « c’est idiot et nul ! » étant donné qu’au final, ce sont les pauvres salariés qui payeront l’addition.
CQFD.

Nonobstant, il n’est pas interdit de penser, haut et fort, que Serge Dassault se fout ouvertement de notre gueule ; que ce « très grand industriel (…) qui crée des emplois (…) de l’activité » [1] est d’un mépris et d’une arrogance insupportables ; un homme qui, de surcroît, se moque éperdument de la démocratie, à commencer par celle sortie des urnes ; qu’il est un héritier qui jalousement n’engendre que des héritiers ; que son attitude, détestable, démontre qu’il refuse, quoi qu’il arrive, d’aider son pays [4] ; bref, il n’est pas interdit de lui dire merde, et de lui promettre que demain, c’est bien lui qui va payer, et pas nous.


[1] Jean-François Copé, lundi 5 septembre 2011, sur France Inter.

[2] C’est ainsi que par tous ces subterfuges, une entreprise comme Total ne s’acquitte plus, bon an comme mal an, que de peanuts d’impôt sur le territoire français.
Alors, elle est pas belle, la vie ?

[3] Maastricht, pour qui, je te le rappelle, tu as dit oui, en 1992. Pauvre de toi !

[4] En revanche, ça ne lui pose aucun problème, à Serge Dassault, de proposer des Rafale à Kadhafi. Celui-là même qu’on honnit et pilonne, aujourd’hui.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu