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06 février 2012

Guéant, L’Ifop & Le Pen : Plus C’est Gros Et Mieux Ça Passe

C’est une histoire qui se déroule en trois temps. Elle commence, l’air de rien (pourtant, c'est une sorte de bande-annonce involontaire) samedi soir (4 février). Sur i>télé. Dans une émission hebdomadaire intitulée : Le Match De L’Opinion.
Comme tous les samedis, le journaliste Olivier Galzi reçoit Guillaume Peltier (UMP – transfuge du FN via De Villiers) et François Kalfon (PS) pour débattre des enquêtes d’opinion publiées durant la semaine [1]. En entrée, un sondage BVA censé mesurer « la force de conviction de N. Sarkozy lors de l’émission (du dimanche 29 janvier) selon la proximité partisane ».

Soldat.jpgUne donnée de cette enquête retient toute l’attention et du journaliste, et de Guillaume Peltier : « 50% des sympathisants du Front national et 40% des électeurs de François Bayrou » ont été convaincus par la prestation de Nicolas Sarkozy, ce que Peltier trouve « très intéressant ». Plus encore que de « capter ses noyaux durs de 2007 » (soit, d’après lui : « les sympathisants de l’UMP et les sympathisants de la droite » – or donc, il a oublié le « siphonage »).

Ce qui est surtout « très intéressant », c’est que ce sont uniquement ces 50% de sympathisants FN qui vont alors se retrouver au centre du débat. De quelle façon ? Eh bien en sortant de l’enquête BVA. Donc du sujet. Et c’est Galzi qui s’y colle, évoquant la possibilité – sous prétexte d’actualité – que Marine Le Pen ne puisse être candidate faute d’avoir réuni les 500 signatures ; et le voilà qui s’enquiert, auprès de ce qu’il nomme ses « deux leaders d’opinion », de savoir s’ils auraient testé la possibilité qu’elle ne soit pas candidate !

François Kalfon saute alors sur l’occasion (ou : la perche tendue) parlant de « bruits » courant dans Paris comme quoi « à l’Elysée, à l’UMP, on teste cette possibilité, et que d’aucuns apprentis-sorciers souhaiteraient même que Marine Le Pen n’ait pas ses signatures ».

Galzi reprend la barre, désirant savoir si, effectivement, « à l’Elysée, à l’UMP », on testerait cette hypothèse. Il lui faudra insister par deux fois avant que Guillaume Peltier réponde ceci :

« Si elle n’y était pas, il est probable qu’une grande partie au 1er tour de son électorat (sic) pourrait rejoindre Nicolas Sarkozy » (alors que dans la minute précédente il avait affirmé que ce serait « très compliqué à estimer »).

Réaction immédiate de Kalfon : « Donc, soit Guillaume Peltier lit dans le marc de café, soit une étude qualitative de premier tour, dans cette hypothèse, a été faite par l’UMP ».

Et tiens donc, que se passe-t-il le lendemain ? L’Ifop, via le JDD, publie « une étude qualitative de premier tour » dans l’hypothèse où « Marine Le Pen ne parvenait pas à réunir les 500 parrainages ». Deuxième temps de notre histoire ? Non ! Car dans l’espace, un certain Claude Guéant a déclenché une polémique en déclarant que « toutes les civilisations ne se valent pas ». Où et quand a-t-il proféré de tels propos ? Samedi 4 février lors du congrès annuel de l’Uni. Dont on nous dit qu’il s’est tenu à huis-clos.

Comme tout ceci s’agence parfaitement bien, n’est-ce pas ?
Mais reconstituons le puzzle.

Peltier ne lit évidemment pas dans le marc de café. Simplement, orgueilleux, il ne sait pas tenir sa langue... Effectivement, à l’Elysée on étudie (et Peltier en premier), très sérieusement, la possibilité d’un 1er tour sans Marine Le Pen. Qui en profiterait ? Et quelle stratégie adopter dans ce cas (plus que probable) ? Voilà l’équation à résoudre.

Qui en profiterait, on le sait : Peltier nous l’a dit, et l’Ifop l’aura confirmé : c’est bien Nicolas Sarkozy. On peut légitimement, et au passage, se demander si le JDD est seul commanditaire de cette enquête...
Quelle stratégie ? Eh bien, je crois que Guéant nous en a donné un aperçu, non ? Et comme ça tombe super pile ! Quasiment dans le même temps que ce sondage estampillé Ifop ! Et ça ne peut pas être le fruit du hasard. Car, encore une fois, le congrès de l’Uni se tenait à huis-clos. Donc et par conséquent, quelqu’un a eu grand intérêt à rendre publics les propos de Claude Guéant. Ou plutôt, des extraits soigneusement choisis (par qui ?). Et propres à déclencher une polémique (Le PS, faut dire, étant tellement prévisible !). Guéant avait ensuite beau jeu de se défendre en arguant que lesdits propos avaient été « sortis de leur contexte ». Rhétorique classique, usée jusqu’à la corde, mais qui trouve toujours preneurs.

La vérité, c’est qu’ils ont été « sortis » à desseins afin de créer un buzz, buzz destiné à faire passer au second plan le sondage Ifop excluant Le Pen [2].
A desseins, car cette enquête (inédite) est tellement énorme, pour ne pas dire scandaleuse, qu’il convenait de l’étouffer par une polémique ; à desseins, car oui, les propos de Guéant n’ont qu'un but et un seul : séduire l’électorat frontiste. Le reconquérir. En vue du second tour … Et quel meilleur moment pour le faire ! Rendez-vous compte ! Le jour même (ou quasiment) où on rend publique une projection de premier tour dans laquelle les électeurs du FN sont orphelins de leur candidate, donc disponibles [3] ! Comme disait l’Autre : plus c’est gros, et mieux ça passe !

Quant à savoir pourquoi cela passe (de plus en plus souvent) par Guéant ? La réponse est simple : parce que c'est la VOIX de Sarkozy...
Guéant n'est pas un ami de 30 ans comme Hortefeux. C'est un professionnel. Froid. Zélé. Méthodique. En clair : c'est un Grognard.
Or, de par sa fonction, celle de Président de la République, et d'autant dans la perspective de sollicitation d'un second mandat, Sarkozy ne peut plus tenir des propos comme "La France, on l'aime ou on la quitte", il ne peut plus parler de Kärcher, ni refaire le discours de Grenoble. Un Président-candidat se devant de rassembler, de protéger. Il lui faut donc un homme (de confiance) qui puisse faire le sale boulot à sa place. Et cet homme, c'est (donc) Guéant.
Par ailleurs, le désavoue-t-il ? Non. Jamais ! Même là, sur cette phrase sortie de son contexte, il lui donne raison. C'est clair, non ?

Nonobstant, comment se fait-il que personne n'ait relié les propos de Claude Guéant avec la feue politique de cvilisation présentée, début 2008, par Nicolas Sarkozy ? Pourtant, tout s'éclaire. D'un coup. Et pas vraiment dans le sens que l'aurait souhaité Edgar Morin...

Ce qui est intéressant dans cette « séquence », hormis l’enchaînement et le fait qu’elle soit parfaitement huilée, préparée, pensée, c’est que du côté du président-candidat, on se projette clairement dans une présidentielle sans le FN. Et l’affaire est à prendre avec le plus grand sérieux. Dans une campagne de cette importance, on n’a pas le temps de perdre du temps. Si le cas est étudié, c’est qu’il est plus qu’envisageable. Ce qui veut dire que non, bien sûr que non, Marine Le Pen ne bluffe pas. Il y a vraiment une réelle possibilité qu’elle ne parvienne pas à réunir les 500 parrainages.

Lors des présidentielles précédentes, son père y est (sauf en 1981) arrivé, mais toujours ric-rac. Rappelons qu’en 2007, il aura fallu que Nicolas Sarkozy s’en mêle [4] ! Mais cette fois, il ne bougera pas le petit doigt (« Vous ne voulez pas que je m’occupe d’elle ! » a-t-il dit, lors de son show du 29 janvier). Car ce n’est pas dans son intérêt. Les données ne sont plus les mêmes… Il sait que ce qu’il a jadis siphonné est devenu boomerang. Qui peut l’empêcher de se qualifier pour le second tour. Il est là, le point... Le FN n’a jamais été aussi haut dans les sondages. Et personne ne sait ce que ça donnera, dans l’isoloir, le 22 avril prochain. En d’autres termes, un 21 avril à l’envers est tout à fait possible.

Pour l’éviter, une seule option : que le FN ne puisse pas concourir à cette élection. Avec tous les risques que ça comporte… Apparemment, le 1er tour serait sauvé (Sarkozy "fait" jeu égal avec Hollande, et Bayrou est largué). Reste, le second tour... Comment le gagner sans que les électeurs du FN se vengent (en votant « contre » Sarkozy) ? Guéant vient de donner un début de réponse. Un début qui ne laisse rien augurer de bon. Et je crains fort que la campagne qui s’annonce soit de nature à moins susciter l’espoir que la nausée.


[1] Ce sont, a priori, Peltier et Kalfon qui choisissent les enquêtes d’opinion dont ils veulent débattre.

[2] Très habilement, Ifop n’a testé que les candidats étant sûrs et certains d’avoir les 500 parrainages. Ce n’est donc pas seulement Le Pen qui se retrouvait exclue de ce sondage, mais aussi : Villepin, Boutin, Morin, Lepage, Nihous … Sauf que, il y a une différence de taille entre Le Pen et les autres. Elle navigue entre 16 et 20% d’intentions de vote depuis un an (avec un pic à 24) alors que ses concurrents en mal de parrainages ne dépassent pas les 2%... C’est un peu la même histoire que la crucifixion. Pour faire passer la pilule auprès de l’opinion, au crucifié, tu lui adjoins du menu fretin.

Il convient, itou, de préciser que c’est la première fois dans l’histoire des sondages, qu’un institut nous gratifie d’une enquête n’incluant que les candidats étant sûrs d’avoir leurs signatures. C’est gros, quand même…

[3] Car oui, l’enquête s’arrête au 1er tour. C’est assez inhabituel et pour le moins curieux, vous ne trouvez pas ? Pourquoi ne nous dit-on pas ce que donnerait un second tour Hollande/Sarkozy dans ce cas de figure ? Qu’est-ce que ça cache ?

[4] Le 5 mars 2007, sur France 3, Nicolas Sarkozy déclarait qu’il « se battrait » pour que Jean-Marie Le Pen et Olivier Besancenot aient leurs parrainages (habile, le gars .. Il met Besancenot ET Le Pen dans le même bateau … Il n’allait pas parler juste de Le Pen ; tu piges ?).
Ajoutant même (attention, c’est énorme !) que « La démocratie ne doit pas être confisquée par un petit nombre de gens ».  Tiens donc ! C’est-y pas, grosso-merdo, l’argument avancé par … Marine Le Pen, présentement ?

A ce propos, 2007, il faut relire très attentivement cet entretien en date du 12 avril, accordé au quotitien Libération par le candidat Nicolas Sarkozy : Au nom de quoi récupérer les électeurs du FN, c'est mal ?


NB : Voici, en plus large, les propos tenus par Claude Guéant, le samedi 4 février :

" (...) Or, il y a des comportements, qui n’ont pas leur place dans notre pays, non pas parce qu’ils sont étrangers, mais parce que nous ne les jugeons pas conformes à notre vision du monde, à celle, en particulier de la dignité de la femme et de l’homme. Contrairement à ce que dit l’idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas. Celles qui défendent l’humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient. Celles qui défendent la liberté, l’égalité et la fraternité nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique."

17 janvier 2012

L’Agence De Notation : Une Arme De Destruction Massive

Bien sûr, on pourrait en rire. Imaginez ! Ils – mais qui sont-ce ? – voulaient « moraliser » le capitalisme, « réguler » le monde de la finance, et les voici accablés, acculés, sanctionnés pour mauvaise gestion par des agences de notation. Pan dans la gueule ! Effet boomerang…
Et voyez-les, désormais, déloqués, Gros-Jean comme devant. Se renvoyant la balle perdue. Grotesques, pathétiques. Pauvres pantins, pauvres Tartuffes.

placeaupeuple.jpgAh oui, c’que c’est drôle, en surface, je veux dire d’un point de vue strictement médiatique ; c’est Guignol tous les jours. Les uns accusant les autres, les autres vilipendant les uns. Et tout y passe. Les « années Mitterrand », les 35 heures, le sarkozysme et j’en passe ; tout est bon dans l’argument de cochon pour trouver le grand fautif de la dégradation...
Nous savions ô combien cette époque était celle de la médiocrité, nous découvrons, atterrés, que c’est bien pis encore…

Car bon sang de merde, qu’est-ce donc que ces agences de notation ? On nous dit : des thermomètres. Des médecins. Des légistes. Foutaises ! Ce sont, en réalité, les meilleurs alliés du système. Ce sont, en vérité, les gardiens du temple. Leurs culs, leurs chemises, appartiennent, corps sans âme, au néolibéralisme. Leur crédo, c’est le chiffre. Que nos dirigeants, ces courbés, suivent à la lettre. Mais pour les peuples, oubliez vos doléances, oubliez même jusqu’à votre existence. Nous sommes, nous le peuple, dans ce magma de chiffres, l’être anonyme.

Une agence de notation, en somme, c’est un gros, un énorme MEDEF planétaire. Ça y cause de croissance, de compétitivité, de désendettement, mais jamais ne se soucie de ceux qui, de la Chine à l’Argentine en passant par Gandrange, turbinent, sont sacrifiés pour des cacahuètes, pauvres variables d’un système qui, sur leurs dos et jusqu’à l’os, engrange... Il ne s’agit pas (plus) de travailler, vous comprenez, il s’agit d’être compétitif. Voilà le mot-clé. Et en son nom, tout sera fait, tout sera détricoté : acquis sociaux, droits du salarié, code du travail, etc.
Quant à la protection sociale ? Il conviendra de la réduire à zéro ! Ou proche de. Le minimum. Même pas syndical.
Dans ce monde-là, tout se paye. Au prix fort.

Ah, la belle revanche ! Le grand cocufiage ! Voyez-moi ça ! Ces agences de notation, si laxistes, gratifiant d’un AAA, et de concert, les Etats-Unis d’Amérique, y compris pendant la Grande Dépression (vous le croyez ça ?) ces complices avérées des subprimes, voilà qu’elles se rebiffent, et dégradent à tout-va !... La crise est passée par là, nous dit-on... Ben voyons ! Mais cette crise ne date pas d’hier, elle est structurelle ! Elle est dans l’ADN même du capitalisme depuis qu’il n’a plus de rivaux, depuis qu’il est devenu LE système unique et la pensée qui va avec.
Et quand bien même ! Depuis lustres, tous les Etats du monde vivent à crédit, et par milliards, au seul profit des financiers, des banquiers, des marchés, et d’un coup, comme ça, tiens donc ! Ce ne serait plus convenable. Ca n’irait plus. Faut désendetter, les mecs ! Sinon, on vous saque votre AAA. On vous donne du BBB. Et pire, si vous n’obtempérez point… De qui se moque-ton ? Pour quels cons finis nous prend-on ?

Mais dites-moi, cela n’aurait-il pas plutôt à voir avec ces petits chefs d’Etat, sans grande envergure au demeurant, qui, t’en souvient-il, se seraient mis en tête, et Martel avec, de « moraliser » ce merdier, « réguler » cette escroquerie grand format, en finir (prière de ne pas rire …) avec les paradis fiscaux. Sus à Monaco, aux Caïmans, tout en épargnant, vous en comprendrez fort aisément les raisons, nos « amis » du Luxembourg, de la Suisse et de la Belgique. Si accueillants avec nos fiertés nationales que sont les Aznavour, les Delon, les Prost et les Hallyday...

Vous voulez « moraliser », « réguler », « déparadiser » fiscalement ? Vous voulez jouer les purs, la Sainte-Nitouche, le gros dur ? Bref, foutre le boxon dans une affaire juteuse qui vous a permis de vivre à crédit pendant des décennies entières ? Eh bien, soit ! Mais nous allons commencer, si vous n’y voyez pas d’inconvénients, par nous préoccuper de ce crédit, justement, sur lequel jusqu’ici, nous n’avons pas été trop regardants.
Autrement dit, chers « moralisateurs » vous allez d’abord régler vos dettes et vos déficits abyssaux, et fissa, sinon, dégradation(s) et, par ricochets, taux d’intérêts velus de chez copieux.
Allez hop, au boulot !

Et qui se réjouit, s’en retrouvent tout ébaubis ? Mais les marchés, pardi ! Nos financiers ! Même pas mal la dégradation des USA. Pas plus que celles en chaîne s’abattant sur ce nain économique qu’est la zone euro ! Agences de notation, marchés et financiers, c’est du kif...
T’as voulu jouer au vertueux, on t’envoie la facture, et ce n’est qu’un début ! On va mettre tout le monde au pas. Soumis au même régime. Une seule règle : la nôtre ! Et plus une tête qui dépasse ! Compris ?

Or donc, c’est drôle, oui, mais en surface. Parce qu’en creusant, et pas longtemps, c’est d’une médiocrité sans nom, d’une bassesse rarement atteinte. On touche pas le fond, non ! On l’explose ! Avec ces Hollande, Bayrou, Villepin, Sarkozy et tutti, pauvres pantins, et cette baudruche de Le Pen, qui se renvoient pathétiquement la balle. S’accusant les uns, les autres. Mais jamais, ô grand jamais, se dressant contre cette saloperie, cette grande fumisterie ! Aucuns d’eux n’appellent à la résistance, seuls Mélenchon, Poutou, Arthaud !

Mais le tableau ne serait pas complet, sans les valets, ces êtres qui se prétendent journalistes et ne sont, en vérité, que des perroquets AFP, voix de leurs maîtres, ceusses du Siècle, chiens de garde du bipartisme, autres alliés objectifs, obséquieux du système, du AAA, de toutes ces fadaises. Les avez-vous entendus nous expliquer que peut-être, oh-là-là, cette perte du Triple A pourrait profiter aux candidats « anti-système » que sont – je cite –  Mélenchon, Le Pen, Bayrou
Bayrou, un candidat « anti-système » ? C’est-y pas cocasse ? C’est-y pas, surtout, un énorme foutage de nous autres ? Bayrou n’est rien d’autre qu’une synthèse. Je prends à droite, je prends à gauche, « Acabi, Acaba, et voilà », votez pour moi ! Et tu le retrouveras ton AAA…
Bayrou n’est certes pas LE système, nonobstant, il en est une composante, elle est tristement centripète.

Mais revenons à nos laquais !... Non messieurs, cette dégradation ne bouleversera pas votre satané échiquier, au contraire ! Elle va le renforcer.  Parce que le peuple français est un poltron, aussi un cocu consentant !... Ah mon dieu, on a paumé notre triple A ! Mais alors, si je vote Mélenchon, on va en perdre combien d’autres, de A ?... Voilà ce qu’il pense, le quidam. Il ne voit pas plus loin que le bout de son tarbouif. Il rentre la tête, et le reste, alouette !... Il pète de trouille, le Français. Y’a qu’à voir, tout ce qu’il a gobé jusqu’ici. Du musulman qui le coloniserait aux Roms qui le dépouilleraient... Le tout-sécuritaire, il en redemande, tellement il est pétrifié... C’est un petit bourgeois qui s’ignore, l'électeur français. Un bobo en gestation. S'indignant devant sa p'tite télé... Il a que la gueule, le Français. Il est Lepénisé jusqu’au trognon. Ne sachant même plus faire la différence entre des torchons et des serviettes. Il aura même pensé – c’est dire ! –  que DSK pouvait le tirer de son inconfort relatif. 

Et voilà pourquoi, tout bien pesé, exposé ci-dessus, l’agence de notation est une arme de destruction massive. Elle vient finir le boulot. Anéantir toute résistance. Toute révolte... Ah c’est une œuvre d’art, j’en conviens ! Tant elle laisse croire qu’il n’y a pas d’autre issue possible.
Tu votes pour le système, ceux qui le défendent, or donc, Sarkozy/Hollande/Bayrou, sinon il va t’en cuire ! Tu connaîtras le même sort que les Espagnols, les Portugais, ou pis encore : les Grecs ! Imparable, non ?

Ce qu’ils ne disent pas, c’est que le choix Sarkozy/Hollande/Bayrou, c’est : adieu la protection sociale, bye-bye tes acquis chèrement conquis, terminés les droits du salarié. La seule différence entre ces trois-là (dont un qui est clairement devenu, en quelques mois, un social-traître), c’est le temps que ça prendra... Bref, en une question comme en cent : préfères-tu te faire mettre rapidement ou lentement ? Voilà l’histoire…
Bien sûr – j’allais oublier – tu peux, aussi, faire le choix de Marine Le Pen. Avec dans l’idée, que ça provoquerait une sorte de « chaos », un électrochoc salutaire. Mais depuis quand, dis-moi, un suicide collectif est de nature à émouvoir un financier ?

Procédant par élimination, il ne reste donc plus, dans ce naufrage, que trois possibilités : Mélenchon, Poutou, Arthaud. Et puisqu’ils nous assomment avec leur « vote utile », cette autre fumisterie, eh bien appliquons-le, mais à leurs dépens, en favorisant, de ces trois-là, le mieux placé : Mélenchon. Et avec lui, résistons. Aux agences de notation, aux banquiers, aux marchés, préférons le peuple. Dussions-nous chèrement le payer.
Mais qu’est-ce qu’un prix à payer quand il s’agit de recouvrer sa dignité ?

13 décembre 2011

« La Vérité ? C’est Dégueulasse ! »

Plus-Rien.jpgEcoutez-les, ces crabes d’anesthésistes, tous, ils nous promettent tous, la Vérité.
Ils se nomment Sarkozy, Hollande, Bayrou, Villepin.
La Vérité, c’est leur crédo soudain, le mot-clé, un sésame.
J’t’en foutrais, moi, des lignes et des lignes, à faire, et refaire, de Vérité.

Et puis d’abord, quelle Vérité ?

T’as vérifié la date, celle de péremption, citoyen-candidat ?
Tu devrais, et fissa, tant ta Vérité, elle sent.
Elle est à dégueuler, TA Vérité.
A nous donner l'idée de retourner vers les oiseaux.
Fussent-ils de malheur.

Le développement est à lire : ICI


« Il paraît que la Vérité est aux toilettes/Et qu'elle n'a pas tiré la chasse ?/La Vérité, c'est dégueulasse ! » [Léo FerréNight And Day – LP : Il N’y A Plus Rien - 1972]


podcast

05 décembre 2011

Aux Chiottes, Le Vote Utile !

Et c’est reparti. Pour le grand numéro de la pensée dominante. Ah ça ! On va en bouffer, matin, midi et soir. Faut dire qu’ils sont affutés, prêts à en découdre, limite haineux, assurément suffisants et arrogants. Ils se nomment Aphatie, Barbier, Giesbert, Duhamel, Elkabbach, et j’en passe. Pendant cinq mois, interminables, ils vont nous vendre un match, et un seul : Sarkozy/Hollande. Et tous les moyens seront bons. Même les plus mauvais. Surtout, les plus mauvais.

Commercial.jpgOr donc, l’orchestre a déjà entonné son foutu tintamarre. Crise mondiale ou pas, peu importe, la partition reste la même : le bipartisme.
Peu leur chaut, que le peuple ait des velléités, des envies, un désir, ils s’en moquent. Eux qui,  en 2005, et de concert, enclumaient pour le « Oui ».

Des laquais ? Des valets ! Non ! Des courtisans. Des qui en croquent. Et copieusement. Vous le leur signifiez, et ces impétrants s’insurgent, pathétiquement, clamant qu’ils sont journalistes, déontologues, invoquant ribambelle de mots grossiers, auxquels ils n’entravent que pouic : populisme, fascisme et tutti. On la connaît, la chanson. Des années qu’ils nous la sifflent…

… Tenez ! Cette affaire, celle du 21 avril, eh bien, ils y étaient pour nib ! Ah, c’était pas eux ! N’avaient rien fait ! Sinon, leur métier... Ils auront des mois durant, dans un élan remarquable, enchaîné éditos, sujets, débats sur un thème et un seul, l’insécurité, mais non, c’est pas eux ! Ils n’auront fait, disent-ils, que couvrir une campagne. Preuve en est pourtant, éclatante, n’est-ce pas, qu’ils se couchent, qu’ils obtempèrent, sourdement, aveuglément... Des courtisans, vous disais-je. Obséquieux. Pyromanes. Se drapant derrière un alibi, fallacieux : le journalisme. Jean-foutre, va ! Imposteurs ! Commerciaux ! Qui jamais ne s’excusent, ou reconnaissent une faute... Les avez-vous déjà entendus faire amende honorable ou quelconque mea culpa ? Mais jamais ! Ça aussi c’est signifiant. De ce qu’ils sont.

Leur credo : le vote utile. Utile pour qui ?... Le peuple ?... Pensez-vous ! Le peuple, c’est pas leurs oignons. Et puis ça sent, le peuple. Ça refoule. Ça n’a rien de raisonnable et de raisonné... Internet, ce déversoir à les en croire, en est la preuve... Oui, ces gens-là n’aiment pas Internet. Ils y sont itou, certes, mais pour une seule raison : l’investir, le coloniser, le mater. Imposer leurs idées, leurs vues, leur loi. Et que vive le Triple A ! Ça les fait jouir, ça, le « AAA ». Et la dette, alouette ! Y’a bon les réformes néolibérales… Ah ! Peuple imbécile, tu ne te rends pas compte de la chance que t’as, inouïe, de nous avoir, nous, les éditocrates, nous t’éclairons, te guidons, vers la seule voie possible, le bipartisme. La Sarkollanderie… Ce ne sont pas des journalistes, non ! Ce sont des éducateurs. De la meute, la politique bien comme il faut, celle qui dépasse pas, droite dans ses bottes, molle dans sa gauche, ils sont les chiens. De garde.
Et si nous les condamnions à la niche, les toutous de l’oligarchie, et à perpète, s’il vous plaît ? Vulgairement : et si nous leur foutions au derche pour de bon ?

Non mais c’est quoi, ces façons de traiter tout ce qui n’est point Hollande ou Sarkozy. C’est quoi ces manières de faire ? Ce mépris insupportable... Avez-vous entendu Aphatie soumettre Eva Joly à la question ? Pascale Clark se gausser de Philippe Poutou ? Les avez-vous entendus les sommer de dire, séance tenante, pour qui ils voteront au second tour ?.. Bayrou, ça ne les intéresse QUE pour cette raison : pour qui le Béarnais va-t-il appeler à voter le 6 mai ? Le reste, ils s’en caguent... Mélenchon, pareil. Alors le rebelle, tu vas te ranger derrière Hollande, hein ? Mais dis-le, bordel, que tu vas le faire ! Tu te crois malin, Voltaire, avec ton Front de Gauche ? Mais tu vas te coucher, une fois avril passé, n’est-ce pas ? Allez, crache-le, renégat !... Quant à Le Pen, avec morgue, ils te la dépiautent, et lui assènent que, petite, ne sais-tu pas que sans alliances, t’es refaite ! Car ainsi fonctionne le scrutin. Majoritaire à deux tours… Deux tours ? Merci de nous le rappeler. Tant on aurait fini par croire, à vous entendre seriner Sarkozy /Hollande, Hollande/Sarkozy, qu’il n’y en avait qu’un.

Oui, il y a deux tours. Et c’est une chance. Qu’il va falloir saisir. Cette fois... Après tout, un sondage ne nous apprend-il pas que 47% des Français ne veulent ni de Sarkozy, ni de Hollande ! Eh bien : chiche ! 53% c’est pas de la gnognotte. C’est un socle. Tenons-le ! Un premier tour c’est pas fait pour les chiens. De garde. C’est fait pour que le peuple s’exprime.

Aux chiottes, le vote utile ! Il n’est brandi que pour (nous) culpabiliser. Du reste, on nous le fait bien savoir, on nous le ressort et ressert à intervalles réguliers, la menace, celle d’un 21 avril bis ou à l’envers ! Argument à la noix ! Foutaises ! Enculerie ! Le 21 avril, c’est l’échec d’un homme : Jospin. Point barre. Sa campagne était indigente, à côté, nulle, zéro. Ce n’était point la faute des autres, de Chevènement, Taubira, non ! C’était juste Jospin, les français n’en voulaient pas, voilà tout.
Au passage, je rappelle que Le Pen avait lui aussi, un concurrent : Mégret. Ça ne l’a pas empêché d’être au second tour, que je sache ? Quant à Chirac, il avait cinq concurrents sur sa droite ! Ça ne l’a pas vraiment handicapé non plus.

Alors remballez vos 21 avril à la con. Après tout, c’est à Hollande et Sarkozy d’être les plus convaincants possibles. Si tel n’est pas le cas, c’est eux seuls qui en seront responsables. Pas le peuple. Ou alors, finissons-en avec cette élection, supprimons-là, si la voix du peuple ne vous sied pas ! Si elle vous gêne tant. Confions-là à des professionnels de la politique, des énarques, des qui savent. Pourquoi pas, après tout ! Etant donné que cette présidentielle est devenue, avec le temps, un vulgaire concours de personnalités, une affaire de supporteurs, bornés, obtus ; considérant de surcroît que c’est moins un président que nous élisons mais une image médiatique, or donc faussée, oui, débarrassons-nous de cette mascarade. Et fissa !

Mais puisque, une fois encore, nous devons y retourner, aux urnes, cette portion congrue, grotesque,  dévoyée, de la démocratie, alors votons en masse pour notre candidat(e), pour NOS idées, pour UN projet, selon notre désir, nos convictions. Sonnons la mobilisation générale pour le premier tour. Ne nous laissons pas plumer, voler. Ne cédons pas aux sirènes du vote utile que des publicitaires déguisés en journalistes nous vendent comme du Coca-Cola. N’écoutons pas ces donneurs de leçons qu’ont pignon sur rue Bayard ou François 1er. Qui vont faire les beaux chez Calvi. Qui depuis des décennies nous assomment des mêmes mots, des mêmes virgules. Du même mépris.

Non messieurs Aphatie et Compagnie, il n’y a pas que Hollande, Sarkozy. Il y a d’autres choix. D’autres voies. Choix et voies que vous traitez et recevez si mal. Avec dédain ou condescendance. Mais continuez comme ça ! Et vous l’aurez la colère, elle s’exprimera comme jamais, dans les urnes, le 22 avril prochain. Oui, ne changez rien, persistez dans cette attitude et cette courtisanerie, et ce sera un raz-de-marée. Vous serez désavoués.  Et comment !
Oh, je sais, encore vous ne ferez la leçon, car ce n’est point la dignité, l’honneur, l’éthique qui vous gouvernent, mais voyez, on s’en tamponnera copieux le coquillard. Nous serons tout à notre jouissance. Car oui, le peuple, aussi, à droit de jouissance. Ne vous en déplaise. C’est même un devoir en un tel contexte.

Au derrière qu’on va vous le mettre ! Et grand format. Pour toutes ces années où vous nous avez mal parlés, mal considérés, considérablement méprisés. Nous ferons de ce 22 avril 2012 un nouveau 29 mai 2005. Un NON retentissant.
Pour le premier tour de cette nouvelle présidentielle, cruciale, ne votons pas utile ! Ça c’est bon pour les soumis, les poltrons, les assis ! Votons selon nos convictions ! Et en masse !

01 décembre 2011

Cinq Erreurs Se Sont Glissées Dans Cette Mauvaise Photo. Sauras-Tu Les Retrouver, Oh-là-là, Oh-là-là ?

TNS-Sofres-novembre-2011.jpg

La réponse est : ICI

05 septembre 2011

Pourquoi Taxer Les Riches « C’est idiot et nul ! » ?

Or donc, Serge Dassault, « un très grand industriel (…) qui crée des emplois (…) de l’activité » [1], aura marqué le Campus UMP, en estimant, haut et fort, que taxer les riches « ça ne sert à rien, ce n’est pas comme ça qu’on va régler le problème du déficit. C’est idiot et nul ! ».
Voilà qui pourrait, en ces temps de crise(s), heurter le néophyte. Celui qui ne sait pas comment ça se danse, l’hypra-libéralisme.
D’où ce décryptage qui a pour noble ambition d’expliquer une bonne fois pour toutes aux laborieux de ce pays, à quel point Serge Dassault est un homme éclairé, voire : notre ami.

Serge_Dassault.jpgPrenons un riche. Peu importe lequel. Quelle est sa particularité ? Ce qui fait sa différence ?
La réponse est simple comme bonjour : sa richesse. Autrement dit : son pognon. Sans lui, il n’est plus rien. C’est sa seule raison de vivre (et de jouir, de préférence, en Josas...).
Vous comprenez, dès lors, que si l’on touche à son trésor, ne serait-ce qu’à hauteur de 3%, le riche est atteint dans son identité. Son intime. Avec une conséquence que chacun peut aisément deviner : la souffrance.
Or, que fait un être humain, quel qu’il soit, quand il souffre ?
Il consulte. Afin d’atténuer, voire éradiquer, la douleur qui le dévore.

Mais ce n’est pas un médecin lambda que le riche s’en va trouver, comme nous autres les vilains.
Ce sont des conseillers, des consultants, des collaborateurs. Des experts de la finance. Ceci étant, ils n’ont rien à envier à nos carabins, tant leurs prescriptions sont efficaces. Il faut voir les ordonnances qu’ils délivrent ! Défiscalisation, délocalisation, optimisation, évasion, et j’en passe ! Toutes les options possibles et inimaginables, pour soulager le riche de sa souffrance, sont passées au scanner. Ainsi, certains seront invités à délocaliser, qui en Roumanie, qui au Pakistan, voire même, en Chine ; d’autres à "placer" leur oseille au Luxembourg, en Suisse ou aux Caïmans ; ceci n’étant qu’un maigre aperçu des remèdes proposés. [2]
Ce qu’il faut retenir, c’est que ça marche ! Taux de rémission : 100% !

Seulement voilà, à tout traitement – ici, de cheval – correspond des effets secondaires.
Et ils sont, présentement, tout aussi redoutables qu’inattendus.

En effet, ce soulagement du riche, qui se traduit donc par une fuite massive des capitaux, contribue à appauvrir notre pays. Logique ! Le pognon se barrant « ailleurs », c’est moins de recettes escomptées pour notre pays. Ce qui, donc, alourdit et sa dette, et son déficit.
Du coup, nous commençons à comprendre pourquoi Serge Dassault nous dit que ce n’est pas en taxant les riches « qu’on va régler le problème du déficit ». Au contraire !
Premier effet secondaire.
Premier, car il y en a un second (sinon, c’est pas drôle).

Le déficit s’alourdissant, que va-t-il se passer ?
Angoissé à l’idée de voir la France perdre son Triple A, le gouvernement va prendre des mesures, qu’il qualifiera de «difficiles, mais nécessaires», comme par exemple, au hasard : une taxe sur les sodas, les cigarettes, les mutuelles, etc.
Ceci constituant la première étape d’un plan de rigueur qui ne veut pas dire son nom ; la seconde étant prévue pour le second semestre de l’année 2012, avec – liste non exhaustive – augmentation substantielle des franchises médicales, suppression de certaines aides ou prestations sociales, baisse conséquente des allocations chômage (et pas seulement pour les cadres), réduction accélérée des effectifs dans la fonction publique (jusqu’à liquidation totale), hausse de la CSG, création d’une TVA dite « sociale », bref, toute une batterie de mesures qui touchera de plein fouet, non les riches (puisqu’ils sont – lapalissade –  riches), mais les classes moyennes et populaires.
D’autant plus si la croissance reste égale à zéro. Ou approchant.

Nous entrevoyons à présent et très clairement, quelles dramatiques conséquences, une simple taxe sur les riches aurait sur les plus modestes d’entre nous. Même un auditeur de Sud Radio serait à même de le comprendre !
Nous assisterions, impuissants, à un effet d’un type « dominos », un truc infernal, qui pourrait se résumer de cette façon :
Taxe sur les riches = fuite des capitaux = appauvrissement de notre pays = pauvres et autres laborieux, nous en sommes bien marris, mais il faut que vous passiez à la casserole afin de ramener le déficit dans les clous de Maastricht [3] ; il en va de l’avenir de vos enfants et de la France, Amen !

Or donc, Serge Dassault a raison : taxer les riches « c’est idiot et nul ! » étant donné qu’au final, ce sont les pauvres salariés qui payeront l’addition.
CQFD.

Nonobstant, il n’est pas interdit de penser, haut et fort, que Serge Dassault se fout ouvertement de notre gueule ; que ce « très grand industriel (…) qui crée des emplois (…) de l’activité » [1] est d’un mépris et d’une arrogance insupportables ; un homme qui, de surcroît, se moque éperdument de la démocratie, à commencer par celle sortie des urnes ; qu’il est un héritier qui jalousement n’engendre que des héritiers ; que son attitude, détestable, démontre qu’il refuse, quoi qu’il arrive, d’aider son pays [4] ; bref, il n’est pas interdit de lui dire merde, et de lui promettre que demain, c’est bien lui qui va payer, et pas nous.


[1] Jean-François Copé, lundi 5 septembre 2011, sur France Inter.

[2] C’est ainsi que par tous ces subterfuges, une entreprise comme Total ne s’acquitte plus, bon an comme mal an, que de peanuts d’impôt sur le territoire français.
Alors, elle est pas belle, la vie ?

[3] Maastricht, pour qui, je te le rappelle, tu as dit oui, en 1992. Pauvre de toi !

[4] En revanche, ça ne lui pose aucun problème, à Serge Dassault, de proposer des Rafale à Kadhafi. Celui-là même qu’on honnit et pilonne, aujourd’hui.

28 août 2011

Joyeux Dixième Anniversaire Du 11 Septembre !

C’est extraordinaire, non ? Pensez ! Il y a à peine un petit mois, il était question d’enlisement.
D’une guerre qu’allait probablement durer. 
Bref, ça sentait fort le bourbier, le merdier au carré.
Et puis, oh surprise, en l’espace d’une semaine, voilà que Tripoli tombe. Recta.
Il ne reste plus qu’à débusquer Kadhafi, comme autrefois Saddam Hussein, l’estourbir et l’affaire sera pliée.
Mais quel fantastique retournement de situation, n’est-ce pas ?

L'Alibi.jpgLe problème c’est qu'on a quand même du mal à y croire, à ce scénario.
Tant ça ressemble, comme deux gouttes d’eau – ou de pétrole, plutôt – à un blockbuster que n’aurait certainement pas renié cet infâme tâcheron qu’est Roland Emmerich.

Déjà, faudrait nous expliquer comment ces "rebelles" que des militaires chevronnés, à qui on ne la fait pas, qualifièrent récemment de pathétiques, quand ce n'était pas d’incompétents, ont pu, en si peu de temps, devenir des guerriers redoutables, disciplinés, affutés, au point de faire plier les hommes du colonel Kadhafi. Je rappelle, au passage, que ces hommes-là sont tout, sauf des rigolos. Pas le genre à tirer en l’air comme des crétins devant des caméras de télévision... Et d’ailleurs, à ce propos, quelqu’un a-t-il vu, dans nos divers, et si peu variés, écrans de télévision, un seul combattant de Kadhafi ? C’est fou, non ? Pas même un prisonnier. Et pourtant, il se murmure qu’il y en aurait…
En revanche, des "rebelles", ça, on nous en montre, et à la pelle. Nonobstant, c’était peut-être pas une bonne idée, car à les voir, le doute empire, dans nos esprits. Certes, nous ne sommes pas des benêts, on sait ce qu’elles valent, ces images dites de guerre. On a déjà donné. Avec celles du Golfe. Et tant d’autres. Faut pas s’y fier. Ca flirte même pas avec « propagande », ça l’épouse. Et sous toutes les coutures.

Enfin tout de même ! Des types vociférant sur des pick-up qui viennent à bout d’une armée, fût-elle composée – en partie – de mercenaires, une armée équipée sport en tanks et missiles sol-air, ça vous paraît pas curieux ?
Oh bien sûr, l’OTAN, via les airs, a fait le job, pilonnant à tout-va.
Avec quelques dommages collatéraux, pour le moins fâcheux quand on a pour seule mission de protéger les populations civiles. Et je vous passe certaines gâteries prodiguées par nos "insurgés".
Il est bon, je crois, de se remémorer la résolution 1973. Oui, il est bon de rire parfois.

Ce qui frappe – c’est le cas de le dire – dans ces images télévisuelles de propagande, outre la vision de ces "insurgés" qui, ça crève les yeux, nous apparaissent effectivement considérablement pathétiques, c’est que, au loin, on peut apercevoir des explosions, signes d’un véritable affrontement. La question étant : mais qui se bat, et sans merci, « au loin » ?
Assurément les partisans de Kadhafi ; mais « les autres », qui sont-ils ?
Il ne faut pas être grand clerc pour émettre l’hypothèse, hautement probable, qu’il s’agit en réalité de véritables militaires (français, britanniques, etc.) et de mercenaires grassement rétribués.
Or donc, comme nous nous éloignons, de plus en plus, n’est-ce pas, de notre fameuse résolution 1973.

Ceci étant, il faut bien comprendre qu’une opération de ce type, ça coûte bonbon. Un sacré paquet de pognon. Or, par temps de crise mondiale, menaçant les derniers Triple A, faudrait voir à pas traîner. C’est que dites, 87 millions d’euros en seulement 80 jours, ça pèse lourd pour un petit pays comme la France, étroitement surveillé par des agences de notation US. 
Heureusement que nos « amis » du Qatar (et des Emirats arabes unis) sont là pour nous filer un coup de chéquier.
Oui, pour les derniers qui se demandaient ce qu’ils venaient faire dans cette occidentale « coalition », eh bien vous avez désormais un début de réponse. Ce n'est quand même pas les Italiens, endettés jusqu’au cul, qu’allaient financer ce bazar !
L’essentiel étant, qu’au final – comme on dit – chacun ait sa part du gâteau. Le gâteau étant, comme de bien entendu, le pétrole.
Est-ce pour des nèfles, ou beurrer quelques sandwiches, que des militaires français et britanniques (déguisés en touristes) ont installé leur QG au sein de la raffinerie de Zuwaytinah ?

Alors, je sais, l’on me dira, Kadhafi, c’est un « fou », un « malade », un « paranoïaque », et depuis peu (tout comme Ben Ali et Moubarak), un épouvantable dictateur, dont il faut impérativement et impérialistement se débarrasser, qu’il faut convaincre de partir afin que son peuple soit délivré du mal, Amen !
Oh, il l’était bien avant, dictateur, tyran, mais on n’osait pas trop le dire. La preuve, nous le recevions chez nous et avions même l’intention de lui vendre des Rafale. Vend-on des joujoux militaires de catégorie une à un dictateur quand on se prétend démocrate, et protecteur des opprimés ? Bien sûr que non ! On n’en refourgue qu’à des « amis » de la démocratie...
Or donc, vous voyez bien que Kadhafi n’est (redevenu) un dictateur que depuis très peu de temps. En fait, depuis décembre dernier. Soit depuis que le peuple tunisien s’est révolté. Et tout seul, s’il vous plaît ! Sans l’aide de personne. Tout comme le peuple égyptien.
Il y a, que voulez-vous, des révolutions qui sont admirablement spontanées. Téléguidées par personne. Et surtout pas par nous autres, les occidentaux, qu’avons ont bien d’autres chats persans à fouetter : la crise, par exemple... Quand on sait qu’une crise de ce calibre ne se résout que de deux façons, soit par l’inflation, soit par la guerre, on comprend que nous préférions nettement la première option. N’est-ce pas ?

Toujours est-il qu’on observe une inflation de combattants bizarres au sein des non moins bizarres "rebelles". D’aucuns s’en sont émus, mais étrangement, ça n’a pas l’air d’intéresser grand monde.
Pas plus que des armes parachutées par l’OTAN, s’en aillent, parfois, alimenter l’AQMI.
Non, tout va bien, ce Conseil national de transition, composé en immense majorité par des anciens compagnons de Kadhafi, est tout à fait crédible et fiable. Bref, on peut leur faire confiance... Nul doute qu’ils flingueront le tyran, accidentellement si possible.
Après quoi, et avec l’aval – voire : sous l’égide – du Qatar et de la Ligue Arabe, nous pourrons nous partager le grisbi pétrolier, comme prévu.
Et fêter dignement, le 11 septembre prochain, le dixième anniversaire des attentats du même nom. Moubarak, Ben Ali, Kadhafi, Ben Laden en quelques mois, mais quel putain de joyeux dixième anniversaire, non ?

Reste la question du peuple libyen que nous devions protéger. Que va-t-il devenir ? Que va-t-il faire de ses pick-up qui lui ont permis de battre le guide de la révolution ? Et les armes qui resteront, que va-t-il en faire ?
Je crois que l’Irak est un modèle, en guise de réponse. Sauf que, l’issue ne sera pas la même.
Elle sera sanglante.
Car c’est bien joli de renier un à un tous les horribles dictateurs qui nous ont, pourtant, rendu bien des services, même qu’on se foutait du tiers comme du quart de ce qu’il en coûtait, notamment pour leurs populations.
Oui, c’est bien beau de se faire passer aux yeux de téléspectateurs naïfs, pour de grands démocrates, encore faut-il assurer le service après-vente. Mais, y'en a-t-il jamais eu un, au programme ? Que ce soit en Irak, en Afghanistan, en Tunisie, en Egypte et en Libye ?
En admettant que oui, quelle est sa véritable nature ?

Je l’écrivais, en mars dernier : nous ne sommes venus ni protéger, ni porter assistance au peuple libyen.
Je maintiens.
Nous n’y sommes allés que pour protéger nos intérêts. A la faveur d’une crise financière, d’une crise de notre système néolibéral.
Nous n’y sommes allés que pour faire main basse sur des puits de pétrole. Et pour contrôler toute une région. Hautement stratégique.
Le peuple libyen, comme les peuples irakiens, tunisiens et égyptiens, sont nos faire-valoir (depuis quand, d'ailleurs, le peuple, quel qu'il soit, est une préoccupation de ce système néolibéral ?).
Ils ne pèsent en rien. Nous réglons nos comptes, c’est tout. Et nous préparons l’avenir. Un avenir sombre. Qui ne ressemble pas à l’inflation, mais à la guerre.

Il n’y a pas de victoire du peuple libyen. Il n’y a, peut-être, même pas de Printemps Arabes.
Il y a juste le pire qui se prépare. Minutieusement. Du sang et des larmes.
Mais, en attendant, quel putain de joyeux dixième anniversaire !
Celui-ci, au moins, on l’aura pas raté…

25 juin 2011

Lettre Ouverte A Toutes Les Fourest Et Tous Les Joffrin

Il a raison le député UMP qu’est tout déboussolé. Le dénommé Yannick Favennec. Il conviendrait qu’ils « sortent un peu de leur bureau ». Certes, il causait d’Henri Guaino et de Luc Ferry, mais ça vaut itou pour Monsieur Joffrin et Mademoiselle Fourest. Tant m’est avis que ça fait lurette que ces deux-là, n’ont pas été humer l’air du dehors. Celui du populo. Même que c’est ça qui les perd.
Voire pis.

Editocrates.jpgUn journaliste qui n’y va plus, sur le terrain, c’est plus un journaliste. Et c’est pas parce que ses confrères-subordonnés y vont, qu’il en sera plus instruit.
On ne peut pas parler de ce qu’on ne connaît plus.

La souffrance, les fins de mois difficiles qui, comme Coluche disait, le sont surtout les trente derniers jours, les brimades et autres humiliations, la colère avant tout, n’en ont pas idée, les Joffrin, les Fourest.
Ça théorise, ça élucubre, ça pond des livres, mais la réalité, la vraie, ils en sont gravement déconnectés.

La crise, Joffrin, Fourest, vous l’avez pas vécue... Vous ne savez pas ce que c’est. Comment ça dévaste. Tout qui s’écroule. Jusqu’à la plus petite illusion. Plus un quignon d’espoir. La solitude… Vous n’avez pas idée, pas la moindre, de ce qu’il endure, le peuple, par où il passe. Ce qu’il sacrifie…
Vous êtes des privilégiés.

Le passage du Franc à l’Euro, vous l’avez pas senti. Indolore. Incolore. Pour vous, avant, après, c’est du kif…
Vous êtes des épargnés.

Y’aurait tant à dire, n’est-ce pas. Tant à dire... Tout ce que vous avez raté, à côté, dépassé. Enfermés dans vos certitudes. Votre suffisance. Vos dîners au Siècle. Vos congratulations mutuelles, renvois d’ascenseur, cooptations et tutti [1]... On en a soupé. Ça vous disqualifie…
Vous n’êtes pas des interlocuteurs.

Il en a marre, le peuple. Il en peut plus. Tellement qu’on l’a trimballé, cocufié. Et c’est pas Florence Aubenas qui va le consoler. Le guérir de ses plaies.
On peut bien le traiter de tous les noms, le peuple, qu’est-ce que ça peut faire, qu’est-ce que ça change ?
A son quotidien.

On peut asséner qu’il n’entrave que pouic, qu’il ne voit pas plus loin que le bout de son nez, que c’est un inculte même, qu’il vote avec ses pieds, déraisonné, épidermique, et alors ?
A qui la faute ?

Tout de même, pour des gens censés être à gauche, vous êtes pour le moins curieux. Moi qui croyais que la gauche, elle s’interrogeait sur les causes, pas sur les conséquences. Qu’elle était du côté du peuple... Vous me la copierez !
Or donc, si vous n’êtes pas de son côté, que vous ne le comprenez pas, c’est que vous ne le connaissez pas. Vous ne le vivez pas. Vous en êtes à des milles et des milles.
Des années-lumière.

Lâchez votre bureau, et venez donc marner avec nous. Vous cogner notre quotidien. Vous allez voir comme c’est du gratiné. Du copieux. Du velu. Pas de la tarte… S’il vous reste quelque chose, dans le ventre, dans le cœur, ça va vous défriser... Tous ces jours à courir. Pour rien... Et le lendemain, rebelote. Et tous les autres jours... Et les discours, ceusses des politiques, ces rengaines, toujours les mêmes, depuis des années et des années, boniments sur boniments, peut-être alors, que vous en aurez comme des haut-le-cœur. Une envie de tout faire péter. De tout envoyer valser. Jusqu’à la République.
Vos théories, vos clichés, vos idées toutes faites, bien formatées, à la Minc, à la Attali, à la BHL, ceux qui comme vous ne vivent pas, ne sortent pas, n’hument pas, sinon depuis leur chez eux, confortables, aisés, faciles, elles vont s’écrouler, et recta.
Oui, alors, peut-être, vous comprendrez… Je dis bien, peut-être, tant c’est même pas sûr. Tellement vous avez du retard. Des lacunes ça comme.

Je vous entends Joffrin, Fourest, vous allez me dire : « Je ne vous permets de dire ça ».
Ainsi que vous l’avez balancé à Marine Le Pen.
Celle pour qui le peuple, celui pour qui c’est marre, va voter, ou est tenté de le faire. Et d’autant plus après vous avoir vus la travailler, et si mal, jeudi soir, le 23 de ce mois, sur France Télévisions...

... Comme vous avez été pitoyables. A côté... Et même – c’est un comble, pour qui veut dénoncer la haine – haineux !
Mais c’était couru quand on vit comme vous, loin de tout, loin du peuple, et de toute réalité.
Quand la souffrance, la solitude, le désespoir, on n’a pas un gramme d’idée de ce que c’est, de ce que ça fait.

Il a raison, et comment, Pascal Boniface ; vos arguments, Madame Fourest, étaient « mal construits », « anecdotiques », « calomnieux », « inefficaces ».
C’était déjà le cas face à Tariq Ramadam, où – pardonnez-moi – vous ne faisiez pas le poids. Tellement scolaire, vous êtes. Limitée, pour être clair.
Il avait raison, Paul Villach ; vous n’avez, Monsieur Joffrin, en bout de course, que l’injure à la bouche, aveu d’impuissance…

Héritière, Marine Le Pen ? Sans doute.
Mais vous, de qui êtes-vous les héritiers ?
Sinon de la condescendance et de la suffisance.

Elle vit dans un château, Madame Le Pen ? Assurément.
Et vous ? Dans quelle forteresse paressez-vous ? Dans quelle tour d’ivoire ?
Auriez-vous, au passage, posé la même question à François Mitterrand, Jacques Chirac et consorts, vous qui saviez, paraît-il, et n’en avez rien dit. Jamais.

Une dynastie, les Le Pen ? Certes.
Et vous ? Quelle est la votre ? Si ce n’est celle du déni. De la connivence... Nouveaux Chiens De Garde. De l’oligarchie. De l’ordre établi. D’une élite qui méprise le peuple.

Ah ! Vous n’êtes ni des Camus, ni des Foucault, pas même des Sartre ! Ah, ça non. Bourdieu s’est crevé la couenne pour des nèfles. Badiou itou. Et Halimi. Et tant d’autres. Vous n’êtes pas ce de côté-là... C’est un choix. Il ressemble à une erreur. Grossière. Considérable… Mais c’est votre choix. Votre erreur.
Or l’heure, celle des comptes, va bientôt tintinnabuler. Vous y serez pour beaucoup. Vous y aurez tant contribué, faut dire. A creuser le fossé, un abîme désormais, entre vous et le peuple.
Vous et vos amis du Siècle, des Prix qu’on se refile (il faut vous voir, dans les Salons du Livre, cul et chemise, à bâfrer avec les politiques, et ne dites pas non, je vous y ai vus !), des services qu’on se rend, et allez donc !

La déontologie, c’est pas ce qui vous étouffe.
Non plus.

Ne vous méprenez pas. Je suis têtu. Obstiné. Je reste à gauche de la gauche. Malgré la colère, celle qui m’habite, cette envie de tout envoyer valdinguer, Marine Le Pen n’aura pas ma voix. Jamais... Malgré le cocufiage grand format. Permanent. Tout ce qu’on nous a fait... Et ce PS de notables, de barons. Ce PS qui nous a trahis, abandonnés. Et qui continue, comme si de rien n’était... Ce PS, Joffrin, dont vous vous vantez de l’avoir converti au capitalisme via Libération [2]... Ne vous étonnez donc pas que Marine Le Pen, alors, occupât le terrain. Que vous avez laissé. Ou vendu.

Oh, bien sûr, Marine Le Pen prenant le parti des ouvriers, des fonctionnaires, des chômeurs, des laissés-pour-compte, de tous ceux qui trimardent et en bavent, et depuis lustres, de tous ceux qu’on a blousés, c’est de l’entourloupe au carré, un coup de bonneteau, énorme ; je vous l’accorde.
Mais à qui la faute ? Je vous le demande…

Alors poursuivez, sur ce terrain ! Celui du mépris, de la méconnaissance.
Ne travaillez surtout pas, bien calfeutrés dans vos bureaux.
Pondez des livres sur la Marine qui sont aussi profonds qu’un ouvrage d’Isabelle Giordano sur la Martine, aussi vide politiquement, et vous l’aurez, Marine Le Pen au second tour.
Voire plus que ça.

Continuez à ne rien comprendre, à vivre hors de nous, à théoriser, clichés, formatés que vous êtes, héritiers des Minc, Attali, BHL et tutti.
Et vous l’aurez, oui, l’héritière, au second tour.
Et après ? Hein ? Vous ferez quoi ?
Vous bannirez le peuple ?
Vous lui ferez la leçon, la morale ?
Mais : à quel titre ? Au nom de qui ?
De quoi ?


Vous qui préférez tutoyer le puissant, et mépriser le peuple, vous n’avez aucune leçon à nous donner.
Tant ce qui pourrait survenir l’an prochain (ou dans cinq ans) vous en serez en grande partie, responsables.
Et comment !

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21 mai 2011

Primaires Socialistes : La Grande Entourloupe

Parfois, on prend sur soi. Et on achète Marianne. Pourquoi ? Parce que l’hebdomadaire (n°735 - semaine du 21 au 27 mai 2011) claironne en Une qu’il a rencontré Dominique Strauss-Kahn. Une conversation « off » en date du 29 avril 2011 [1]. Mazette ! Si ça se trouve, il y a dans ces « offs » des éléments, enfin quelque chose qui pourrait nous aider à comprendre ce qui s’est passé trois semaines plus tard…. Du tout. Pourtant, c’est loin d’être inintéressant.

Ce-Que-DSK-Nous-A-Dit.jpgOh, je vous avoue que sur trois pages entières, l’intéressant prend en tout et pour tout, un petit paragraphe... Où il est question de « Martine » de « François » et de « Ségolène » .
Il va sans dire que DSK tresse (et non : trousse) des lauriers à la première secrétaire du PS.
Ségolène Royal ? Ce n'est « plus un obstacle »…
Quant à « François », alors là, c’est du velu.
Il « reconnaît les qualités d’Hollande » mais… « s’il [Hollande] maintient sa candidature dans la course élyséenne au-delà du 13 juillet » DSK confie que : « sa vie politique s’arrêtera et il n’aura rien ». Ce qui signifie ?… Pour comprendre, il faut revenir à la présidentielle 2007.

En 2004, le PS – à l’en croire – « lave l’affront » du 21 avril 2002 en triomphant aux Régionales. Dans ce triomphe, un emblème, un symbole : Ségolène Royal. Elle a bouté hors de la présidence de la région Poitou-Charentes, Jean-Pierre Raffarin alors… Premier ministre. Personne alors, au Parti Socialiste, ne peut se douter que la « dame de Melle » va faire de cette victoire un incroyable tremplin. Véritablement, personne, dans ce qu’on appelle « l’appareil » du Parti ne l’a vue venir. Et pour cause : elle ne bénéficie d’aucun réseau. Elle n’incarne aucun courant.

Pourtant, elle va réussir l’impensable (même Duhamel ne l'avait pas envisagé, c'est dire !j'ironise, bien sûr).

On peut ne pas apprécier, pour diverses raisons, Ségolène Royal – ce n’est pas ma tasse de thé, non plus – mais ce qu’elle a fait entre 2004 et 2007, est un vrai tour de force. Elle est parvenue à rendre sa candidature à la présidentielle incontournable. Or, l’appareil du PS n’en voulait pas... Qui ne le sait pas, aujourd’hui ? Ce n’était pas leur candidate. Le « Tout Sauf Ségolène » n’était pas une invention, un fantasme, c’était réel.
Seulement voilà, les sondages (en 2006) étaient avec elle. Ils disaient que c’était la seule qui pouvait battre Sarkozy. De fait, pourquoi vouliez-vous que les militants fassent un autre choix ?... Pour avoir assisté à la dernière réunion des Primaires 2006 (le 9 novembre à Toulouse-Labège), et quand bien même étions-nous dans un fief plutôt « fabiusien », je peux vous certifier que lorsqu’elle prît la parole, les quolibets fusaient. Mais, quand j’interrogeais les rieurs, ils m’avouaient qu’ils voteraient pour elle. Parce que les sondages... Ce n’était vraiment pas leur choix de cœur.
Je ne vais pas refaire ici la liste de toutes les peaux de banane que l’appareil a glissées sur le parcours de Royal. Mais rien, rien ne lui a été épargné. Et, durant sa campagne, celle de 2007, l’appareil ne l’a pas soutenue. Pas d’enthousiasme, frilosité à la défendre quand elle s’est retrouvée en difficulté, etc. ; bref, le strict minimum.
Certes, si elle avait gagné, « ils » se seraient rangés derrière elle, mais « ils » n’y croyaient pas. Pis : « ils » espéraient qu’elle se ramasse, et pourquoi pas, dès le premier tour [2].
On connaît l’issue, c’est une défaite.

C’est là, que débute ce que l’appareil appelle « la rénovation », mais qui en réalité, est une « reprise en main » du Parti en vue de 2012.
Elle commence(ra) avec l’élection du premier secrétaire (novembre 2008).
DSK est alors Washington. Mais ses lieutenants (Cambadelis, Moscovici, etc.) sont « aux ordres », et donc, à la manœuvre. Le nom du premier secrétaire est validé, ce sera Martine Aubry. Point barre. Seulement voilà, Ségolène Royal ne l’entend pas de cette oreille. Encore une fois, elle étonne son monde. Sa motion est majoritaire. Vous connaissez la suite… Tricherie ou pas ? Bourrage des urnes ou pas ? Quoi qu’il en soit, comme prévu, c’est Martine Aubry qu’est élue.
Fin du premier acte.

A partir de là, une stratégie se met en place. Elle est simple : « on » va verrouiller les Primaires. Pas question de se faire « doubler » comme en 2006. C’est le fameux « pacte de Marrakech ». Un pacte, qui, on le voit bien, a été conclu bien avant !... Mais bon, restons sur ledit pacte de Marrakech... Il se contracte entre quels protagonistes ? Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius. Intéressant, non ? Oh que si ! Car dans ce pacte on retrouve les deux vaincus de la Primaire 2006 : DSK et Fabius. Que le monde du PS est petit, n’est-ce pas ?...
On connaît la nature du pacte. DSK sera le candidat du Parti, l’appareil, pour 2012, mais, si jamais, pour une raison X, il ne pouvait se présenter, alors « tout le monde se rangera derrière Martine »... Mais qu’est-ce qui pourrait empêcher DSK « d’y aller » ? Vu que tout est borduré. N’est-ce pas le tout-puissant Directeur Général du FMI, qui pendant la « crise » aura fait « un excellent travail » ? Un homme dont la stature est clairement « internationale » !

Certes, il y aura une « alerte » en octobre 2008. La fameuse « affaire Piroska Nagy ».
Il ne faut, à ce propos, jamais oublier que concernant cette « affaire » les médias américains ont été particulièrement sévères et virulents avec DSK. Bien plus que nos « complaisants» médias français… Mais qu’en disaient les socialistes à l’époque ? Eh bien ils étaient tous derrière DSK. Y compris, à droite... Il faut relire les déclarations, elles sont éloquentes. En voici une d’un strauss-kahnien :
« S’il est blanchi, on se dira juste qu’il est incorrigible. S’il est contraint de quitter le FMI (…) c’est un gâchis » [Libération20 octobre 2008].
« Incorrigible »... Que voilà un terme qui résonne particulièrement aujourd’hui !
Tout comme celui de « gâchis »…
Un autre de ses proches (toujours dans le quotidien Libération du 20 octobre 2008) déclarait que :
« Son seul schéma pour 2012, c’est sa réussite au FMI. Une démission lui fermerait les portes »...
Et que dire de cette phrase :
« Il est important qu’il sorte du FMI proprement »…
Mais l’affaire se tasse puis se résout, DSK reste en place, tout le monde oublie, le voilà intronisé « sauveur de l’Europe » et, cerise sur le gâteau, coucou, voilà les sondages. Ils ne le donnent pas vainqueur pour 2012, mais triomphateur. DSK « écrase » Sarkozy.
Fin du deuxième acte.

Le troisième acte, on le connaît, il est « sidérant ».

Mais que ce troisième acte ne nous fasse pas oublier les deux premiers. Tant ils en disent long sur les Primaires 2011. Un simulacre, en vérité.
Reprenons ce que dit en « off » DSK dans Marianne :
« s’il [Hollande] maintient sa candidature dans la course élyséenne au-delà du 13 juillet (…) sa vie politique s’arrêtera et il n’aura rien ».
Que nous dit cette phrase (qui sonne comme une menace et qui est, de surcroît, particulièrement violente : « sa vie politique s’arrêtera et il n’aura rien ») ?... Sinon que DSK est persuadé de remporter les Primaires !... Tout est fait, organisé, planifié, pour qu’il soit le vainqueur (et les sondages sont avec lui, comme ils l’étaient en 2006 avec Ségolène Royal). Il ne peut pas y en avoir d’autre(s).
Et quand il dit : « il n’aura rien », il est déjà Président de la République ! « Rien » ça veut dire : aucun ministère. Pas même un poste de sous-secrétaire d’Etat !
Or donc, ce sera « la fin de sa vie politique » (vu son âge). Ainsi, en a décidé « l’appareil » du PS : si François Hollande se « maintient », il sera châtié...
Mais quel aveu ! La preuve (en creux) que ces Primaires ne sont qu’une vaste entourloupe.
Oh oui, il y aurait eu un vote, mais l’affaire, vous le voyez bien, était pliée... Ce n’est pas tricher, nous sommes d’accord, c’est juste de la politique politicienne, ou comment rendre évident un choix (ou : forcer un scrutin). Aussi évident que celui (contraint) de 2006.
J’en suis fort marri, mais je dois reconnaître que sur ce coup-là, c’est le triste Zemmour qu’avait vu juste quand il assénait que « ces Primaires n’étaient que du pipeau ». Tu m’étonnes ! Elles sont (étaient, plutôt) « verrouillées ».

Mais voici le quatrième acte. DSK est « out ». François Hollande (tiens donc !) devient le nouveau favori... des sondages. Or, l'appareil n'en veut pas. C'était « Dominique » ou « Martine ». Personne d'autre(s)...
Et l’on voit bien ce qui est train de se passer.
Et qui ne fait que confirmer la thèse des Primaires « bidons ».

Bartolone, lieutenant de Fabius (un des trois du pacte) demande à ce qu’on annule les Primaires et que les socialistes se rangent derrière la première secrétaire. Il n’est pas le seul. Même si tous ne parlent pas de liquider les Primaires. Mais on voit, et très clairement, que les uns, les autres, activent les courants, les réseaux, font pression sur, pour qu’au final, il y ait un vaste mouvement, quasiment une vague, en faveur de Martine Aubry. Parce qu’elle est est LA « candidate (par défaut ou de substitution) » de l’appareil. Et qu’il est hors de question que des « urnes » sorte un autre nom que celui validé par le Parti. Il n’est pas question de revivre 2007.
CQFD.

Mine de rien, cette « petite phrase » de DSK, dans ce numéro de Marianne, est un autre « (petit) coup de tonnerre ».
Décidément, cet homme a(vait) bien des « failles ». Bien trop de certitudes. Péché de vanité. D’orgueil.
Mais par lui, et à travers lui, on parvient à tout démêler. Petit à petit. Et ce n’est pas fini…

Quant aux Primaires, « sympathisants de gauche » vous savez désormais ce qu’elles valent. C’est à vous de jouer.
Si, bien sûr, elles ont lieu…


[1] L’entretien s'est tenu le vendredi 29 avril 2011, dès 13 heures, dans un salon particulier d’un restaurant du XVIIème arrondissement parisien. Etaient présents, outre DSK, les journalistes Maurice Szafran, Jacques Julliard, Nicolas Domenach, Denis Jeambar, et Anne Hommel, chargée des relations de DSK avec la presse française.

[2] A quelques jours du premier tour de la présidentielle 2007, le 19 avril, nous (Sud Radio) recevions François Hollande. Et là encore, ce fut ce qu’il nous confia en « off » (pendant les coupures pub) qui nous intrigua... Plusieurs fois, il nous demanda si nous pensions que Ségolène Royal pouvait passer le premier tour. Insistant sur le score « sondagier » de Jean-Marie Le Pen, peut-être « sous-évalué » d’après lui.
Bref, il craignait, manifestement, un autre « 21-avril ».

20 avril 2011

Skyrock N’Est Pas Une Radio Libre

Encore heureux qu’ici ou là on ne fasse pas de Pierre Bellanger le « père de la radio libre ». C’eut été malvenu... Ceci étant, clamer haut et fort, et à fortes doses, que Skyrock est une « radio libre » me fait doucement rigoler... A partir du moment où un média s’acoquine avec des annonceurs ET des actionnaires, il n’est pas libre. Oser dire le contraire relève du mensonge.

Bellanger-14-avril-2011.jpgSeulement voilà, il se trouve qu’en cette année 2011, nous fêtons les « 30 ans de la libération des ondes » soit – pour faire court – la fin du monopole d’Etat de la radiodiffusion, actée en deux temps par les lois du 9 novembre 1981 puis du 29 juillet 1982 [1].
Or donc, l’éviction du créateur de Skyrock (anciennement La Voix Du Lézard) par l’actionnaire principal (Axa Private Equity) en cette année ô combien symbolique où l’on fête la liberté (d’émettre, donc itou : d’expression) permet bien des confusions et autres égarements, habilement entretenus, soi-dit en passant, par Pierre Bellanger lui-même.
Il était, faut dire, particulièrement tentant, de mêler les deux « évènements », de les lier, en disant, peu, prou, que : mon dieu, voyez ce qu’ils font de cette liberté, que nous avons chèrement acquise, trente ans plus tard ! On vous la vole ! On vous la spolie.
C’est oublier qui est Pierre Bellanger et qu’est-ce que Skyrock.

Pierre Bellanger n’a pas participé à ce que Thierry Lefebvre nomme « La Bataille Des Radios Libres ». Il n’a jamais été un « pirate des ondes » comme Antoine Lefébure (Radio Verte) ou Patrick Van Troeyen (Radio Nid de Coucou, Radio Ivre, etc.). En d’autres termes, il n’a pas œuvré pour que tombe le monopole d’Etat de la radiodiffusion, donc pour que la radio fût libre. Hormis un émetteur qu’il fournit, à ses frais, à une station qui n’émit que peu de temps (Radio Paris 80).
En réalité, Pierre Bellanger surgit après « la bataille ». Un peu comme ces résistants de la dernière heure. Et son irruption dans ce que l’on appelle les « radios libres » est intéressante.
Assez révélatrice du personnage.

Le 10 mai 1981, à 19h28, pour fêter l’élection de François Mitterrand, il lance (à Paris) sa première radio libre : Radio Cité Future.
Et où l’installe-t-il ? Sur le 96 Mhz.
Le problème ?
Cette fréquence était alors occupée par Radio Gulliver.
Voilà comment Pierre Bellanger, chantre, faut-il l’en croire, de la « radio libre » et de la « liberté d’expression » débute son aventure radiophonique, en boutant hors de sa fréquence une (petite) radio « historique » ce qui ne va pas manquer d’exaspérer quelques « pionniers » [2].
Croustillant, non ?

La suite l’est tout autant. Car à l’époque Axa Private Equity se nomme Le Monde.
Le quotidien dit « de référence » est, en quelque sorte, l’actionnaire principal de Radio Cité Future. Et il a ses exigences.
Dont une non-négociable : que Radio Cité Future respecte scrupuleusement la loi.
Or, quand le ministre de la Communication (Georges Fillioud) du premier gouvernement Pierre Mauroy (celui qui le 9 septembre 1981, grandiloquent, s'exclama : « Non, aux radios fric ! ») fixe les premières règles, Bellanger ne va pas s’y soumettre provoquant l’embarras et la colère de son actionnaire qui va … l’évincer.
Quelles étaient ces règles ?
Interdiction formelle de faire de la publicité, ne pas utiliser un émetteur dépassant les 100 watts. Or, Radio Cité Future disposait d’un émetteur d’un bon Kilowatt. D’autre part, Bellanger n’imaginait pas que sa radio ne puisse ouvrir son antenne aux annonceurs. Car il était activement favorable à l’introduction de la publicité, donc à la commercialisation des radios libres. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il fut exclu (décidément…) en 1980, de la FNRL (Fédération Nationale des Radios Libres) qui elle, s’y opposait. Partant du fait que sujette aux annonceurs, la radio ne pourrait plus être libre.

Il est donc clair, et ce depuis le début, que le but de Bellanger n’a jamais été de promouvoir la radio libre, pas plus de défendre une quelconque liberté d’expression, mais de faire du business.
Ce qui n’est pas honteux en soi, encore faudrait-il qu’il l’admette.

Pierre Bellanger n’est rien d’autre qu’un chef d’entreprise très bien rémunéré (620 000€ à l’année) à la recherche du profit, et qui, jusqu’ici, bon an, mal an, y était parvenu en se "maquant" avec de bons gros capitalistes comme Hachette-Filipacchi, Lagardère Active, Goldman Sachs ou Axa Private Equity. Or donc, entendre des politiques défiler au micro-chevet de Skyrock fustiger l’actionnaire et le grand capital, est un grand numéro d’hypocrisie, voire de foutage de gueule total.
Nonobstant, ce qui est assez remarquable, c’est que bien qu’étant constamment l’actionnaire minoritaire (c’est la première fois qu’il était aussi haut avec 30%) Bellanger aura pu, pendant 28 ans, rester le président exécutif de La Voix Du Lézard puis de Skyrock.

Mais qu’on ne vienne surtout pas nous dire, nous seriner plutôt, que Skyrock est une radio libre. Tant c’est un mensonge.
Skyrock est un produit radiophonique formaté qui vend et promeut d’autres produits (Coca, Nike, McDonalds, etc.). Rien de plus.
Ce n’est pas Radio Libertaire, L’Eko des Garrigues ou Radio Canut, qui elles, sont de véritables radios libres (et pour lesquelles personne ne bougera le petit doigt le jour où elles seront menacées de disparition).
Quant à la liberté d’expression, de quelle nature peut-elle bien être sur un tel support ? Sinon de l’ordre du défouloir, voire : du déversoir.

Reste la musique, ici le Rap et le R’nb.
D’autres que moi ont dit vertement ce qu’ils en pensaient, et à juste titre, dans la mesure où, Skyrock a fait plus de mal au Rap que de bien.
Si vous voulez entendre du Rap (ou du Slam) qui tienne la route, ce n’est sûrement pas sur Skyrock que vous le trouverez. Même FIP fait mieux !

Ceci étant, et hormis le fait que cette histoire n’aura été, en définitive, qu’une sombre affaire de businessmen, autant dire de personnages qui n’ont rien à faire de la « liberté » (sinon, la leur) il semble cependant évident que l’éviction de Pierre Bellanger, par Axa Private Equity, n’avait pas pour autre but que de se débarrasser enfin de Skyrock, soit de vendre.
Or qui peut acheter un tel produit, sinon NextRadioTV (RMC Info, BFM...) ou Bolloré (Berteslmann, les Groupe NRJ et Lagardère ne pouvant pas en raison de la loi anti-concentration) ?
Ce qui signifie que ce réseau FM aurait pu être effectivement happé (et vraisemblablement changer de format avec, c’est inévitable, des licenciements) par un autre groupe puissant, déjà omniprésent médiatiquement.
Bref, on ne saurait s’en réjouir.

A priori, une telle opération semble s'éloigner avec la proposition du Crédit Agricole, proposition qui rendrait à Pierre Bellanger le contrôle de Skyrock.
Une banque qui viendrait mettre un terme à cette rocambolesque affaire, avouez que, ça non plus, ça ne manque pas de piquant !
Mais qu'on ne s'y méprenne pas : c'est bien Bellanger qui vient d'être sauvé, pas la « radio libre », pas plus que la « liberté d’expression ».


[1] La loi n°81-994 du 9 novembre 1981 portera un petit coup de canif au monopole en accordant des dérogations d’émettre à des associations de type 1901 (et dans un rayon maximum de 30 kilomètres)
La seconde loi, n°82-652 du 29 juillet 1982 mettra, elle, fin au monopole d’Etat de la radiodiffusion.

[2] En fait, Radio Cité Future diffusait une boucle musicale. Assez travaillée. Originale. Mais c’était tout. Rien ne s’y disait.
Bref, c’était bien peu…
Or donc, ajouté au fait que Bellanger s’était approprié – et sans rien demander à quiconque – la fréquence de Gulliver, certains pionniers de « la libération des ondes » dirent tout le mal qu’ils en pensaient.
Ainsi Guy Hocquenghem dans le quotidien Libération en date du 17 juin 1981 qui, évoquant Radio Cité Future, tint ses propos :
« On ne dit rien, mais on occupe. C’est à nous ce morceau de fréquence, puisque comme les chiens nous avons pissé dessus ».


NB : T'en veux de la zik qui rappe sa mère ? Ecoute ça [Atmosphère : Yesterday] !

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