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16.01.2010

Ah Les Cons ! [Peillon, Besson, Le Pen & Chabot]

Ah, l’est content de son coup, médiatique, le Peillon. Pauvre rateux, triste couillon ! Comme Besson, l’est roi, de la désertion. C’est juste un “m’sieur Binet qui s’est débiné/Ca-bi-net !”. Et du coup, mon cochon, on a plongé sous-Marine. Dans le débat, inexorablement, nous baissons. C’est misère ! Pourtant, vas-y qu’ça glose, qu’ça jacte, qu’ça élucubre autour de l’épiphénomène, alors que ça ne mérite, si c’est désormais ça, la politique, le combat, la joute, que du mépris. Du “Allez tous vous faire foutre et plus vite que ça ! On n’est pas des loufiats !”.

Rien. Zéro. Ballepeau. C’est caniveau. Alors tant qu’à tirer vers le bas, je vidéo. Besson, Chabot, Le Pen et Peillon dans le même bateau. Sombre. Merde in France et caca haut !
Sans oublier, des cacahuètes pour l’apéro, merderie politique de bistrots ..





[“Ah Les Cons !” – Philippe Sage, 16 janvier 2010 ]

04.01.2010

De La Neige A Grenoble ? Un Evènement "Sans Précédent" !

On Air.jpgDans les expressions journalistiques florissantes, dont on ne sait d’où elles viennent et pourquoi, pour quelles obscures raisons, surtout, elles se propagent à vitesse-lumière à tout le corps présumé déontologique de cette éminente (et, paraît-il, indépendante) profession, il en est une qui commence sérieusement à me casser les arpions, l’expression : “sans précédent”.

Or donc, aujourd’hui, période d’immédiateté forcenée, de buzz irréfléchi (ah, le beau pléonasme que v'là !) et autres cancers de l’information véritable, pour le journaliste lambda tout évènement, quel qu’il soit, du plus petit au plus grand, devient : “sans précédent”.
Il n’est pas anodin, bien évidemment, de spécifier tel que je le fais les mentions d’immédiateté et de buzz, ces vipères, vecteurs de sensationnalisme merdeux, attrape-couleuvres, tant elles sont désormais mamelles de l’information, ce qui, en l’occurrence, et je m’en excuse, car c’est faiblesse de jouer ainsi avec les mots, oui c’est faiblesse tant il est grave et sérieux le sujet, ce qui en l’occurrence, disais-je, pourrait expliquer que l’information, celle que l’on nous délivre au nom de ces saintes-mamelles, dans la forme comme dans le fond, va de mal en pis.

Passe encore pour un attentat, tel que, par exemple, ceux du 11 septembre 2001, dont on peut dire - car qui oserait prétendre le contraire ? - qu’ils sont “sans précédent” ! Ou de se retrouver encombré de millions de vaccins qu’on tente piteusement de refourguer ici ou là, imbécile et consentante victime d’un principe de précaution, splendide exemple de l’incompétence crasse de nos dirigeants, ceux-là même qui, hier, tançaient sans modération l’angélisme ou la naïveté de leurs adversaires, les voici enfarinés par les mêmes maux ; de la peur que sans cesse, ils inoculent au peuple, les voici arroseurs arrosés, jean-foutre en vérité, et pour l’éternité ; là oui, c’est “sans précédent”. A tous les niveaux. C’en est même effrayant.
De ceux-là, de “sans précédent”, j’en m’en accommode, je veux dire, j’en comprends l’usage, il est justifié. Mais quand - on y revient - elle se propage à tous faits, ladite expression, je m’encolère, il suffit ! y’a pas, faut le dénoncer, arrêter cette fumasse, cette comédie, qui, ça va, je l’ai bien saisi, tend à faire valoir tout évènement comme prodigieusement intéressant, comme (dans la plupart des cas) bigrement anxiogène.

Ainsi, témoin de cette dérive, ce lundi 4 janvier, sur France Info, 11h45, le journaliste nous annonçant qu’à Grenoble, il était tombé vingt centimètres de neige, et que c’était “sans précédent … depuis 2005”.

Avouez, qu’il fallait oser la balancer, celle-ci ! Faut la noter. Bien l'encadrer. Dans le genre, ça fait office de modèle ! Ca vaut son pesant. Le télégraphiste, l’a pas dit que c’était, par exemple et raisonnablement, une première depuis 4 ans, mais “sans précédent” … Y’a symptôme, moi j’dis !
Que la neige tombe, en janvier, à Grenoble, ancienne hôte des Jeux Olympiques d’hiver, pour sûr, ça n’étonnera personne ! Qu’il en tombe vingt centimètres, non plus ! En rien, cela ne constitue un évènement digne d’intérêt, je veux dire, au point de le faire mousser. Seulement vois-tu, avec le dernier joujou journalistique, l’expression “sans précédent”, tu peux monter en neige la plus merdouilleuse des informations. La présenter comme inédite. Comme du jamais-vu ! Depuis … 2005. C’est bien cette précision-là “depuis 2005” accolée au “sans précédent”, et pour un tel sujet, qui repousse les limites du grotesque et, autant le dire, du foutage de gueule caractérisé.
De la dérive.

On me dira, va savoir, que je chicane, je cherche noise pour pas grand chose, que ça ne vaut pas l’article, allons, n’y aurait-il pas d’autres et bien plus préoccupants sujets (le No Sarkozy Day, par exemple ? – Ah, mais j’ironise, voyons, je me gausse, et à raison, de ces troufigneurs de mouches qui croient, les roufions, jouir d’une quelconque influence, alors que non, ballepeau, que nib, mais cependant s’en paluchent, s’onanisment par communiqués dérisoires, risibles, ou, comme justement dit ici : ineptes. Non ! Quand je cause préoccupations, j’entends :) chômage, précarité, taffer jusqu’à 70 balais, assurance maladie trissante, déficits abyssaux, ah le bel héritage que nous léguons à nos très chers descendants, par égoïsme, si turlupinés que nous sommes par notre présent, étriqué, mesquin, l’immédiateté bon sang ! et rien alentours, et qu’ils crèvent les autres, ceusses du Sud et ceusses de demain, qu’ils en marnent, quelle importance, nous, on l’aura eu notre part ; d’accord ! les sujets qui font urgence, c’est pas ce qui manque, mais est-ce une raison, suffisante, légère, pour négliger le reste ? Et notamment, comment “LE” journaliste nous informe, de quelle façon et dans quels termes, où, faut-il le préciser, tout est pesé, à la virgule près, bref, où rien n’est innocent ?
Car je pris Grenoble, mais j’aurais pu, tout aussi bien, prendre un affaiblissement, une chute, un dispositif, des économies, un trou, une décision, c’eut été la même prose : toutes désormais, j’exagère à peine, sont, deviennent, des informations “sans précédent”. Et si on ne le relève pas séance tenante, bientôt, le soleil se levant nous sera présenté comme un évènement “sans précédent .. depuis hier” !
Oui, si devant tant de bêtises (je devrais dire : de désinformation, tant nous la frôlons par distorsion linguistique) on se tait, on fait comme si, ma foi, ça n’avait point d’importance, alors qu’il s’agit de l’essentiel, de l’aigu, informer en bonne et due forme le concitoyen, alors demain, il n’y aura plus d’information digne de ce nom. Car à considérer que tout est “sans précédent” cela équivaut à (nous) dire que tout est sensationnel. Tout est nouveau ! Tout est matière à scoop ! Mais au final, à l’arrivée : tout est discrédité. Bafoué. Dénaturé. Tout devenant ignominieusement égal. Le taux de chômage galopant comme vingt centimètres de neige à Grenoble un 4 janvier. Ou une “vague” de suicides.

A ne pas la dénoncer, cette dérive (qui n’est pas orpheline, il y en a tant et tant d’autres du même acabit, et qui poursuivent le même but : transformer tous faits – même divers, ici d’hiver – en évènement, au détriment, il faut le croire, de ceux réellement dignes d’intérêt) à ne pas s’insurger contre cette prolifération à vau-l’eau de “sans précédent” (également notable, et à foison, chez la classe politique, au même titre que les expressions fourre-tout : “sans tabou” et “sans a priori”) nous aurons, demain, prochainement, déjà, une information dévitalisée, désossée, au sens premier, insensée. Là, est le danger. Il n’est pas, lui, “sans précédent”. A la seule condition de le combattre, maintenant.

02.12.2009

Du Travail De Proglio

Prenons un homme. En tout bien, tout honneur. Un homme que, ô doux hasard de la vie, nous prénommerons Henri et nommerons Proglio.
Or donc, Henri Proglio.

Quand C'est Pro, C'est Proglio.jpgIl va sans dire, c’est même incontestable, que l’homme est impressionnant, pour peu que l’on jette un œil avisé sur son CV. Je veux dire : qui pourrait nier que cet homme est, dans sa "partie", d’une grande compétence, un homme tout a fait remarquable ? Certes, en cherchant bien, donc la petite bête, nous trouverions quelques failles ici ou là, mais qui n’en a pas ? L’essentiel, c’est qu’il soit, Proglio, l’homme de la situation. Et, parce qu’il est usant de toujours trouver à redire au nom d’une “posture” ou de je-ne-sais-quoi, admettons que sa nomination à la tête d’EDF ne constitue, en définitive et tout bien pesé, non point un aboutissement, mais la suite logique d’une carrière déjà bien remplie.

Bien.

Considérons maintenant les divers émoluments dudit Proglio.

Selon l’Express (n°3046 – semaine du 19 au 25 novembre 2009) notre homme “vise un salaire d’au moins 1,6 million d’euros”. Son prédécesseur à la présidence d’EDF, Pierre Gadonneix, ne touchait lui, QUE 1,2 million d’euros. A peine désigné, notre homme réclame donc (à l’État) une augmentation de son (futur) salaire de – en vous faisant grâce de l’après virgule - 33%.
Les esprits chafouins dont j’avoue, plus qu'à l’occasion, faire partie, remarqueront qu’un nombre particulièrement restreint - pour ne pas dire proche de zéro – de salariés fraichement embauchés bénéficie(raie)nt d’une telle – comment dire ? – “gratification”.
Les mêmes chafouins de compétition, emportés par leur seul élan (seul, tant la CGT, et autres syndicats revendicateurs ont depuis belle lurette lâché toutes affaires susceptibles de les fâcher avec le pouvoir, élyséen ou patronal), ajouteraient, pour sûr, qu’un salaire de 1,2 million d’euros revalorisé à 33% c’est énormément plus, en données brutes, qu’une paie de 1000 euros revalorisée du même rapport : 400 000 de plus (à l'année) pour le premier, 330 seulement (au mois) pour le second (qui lui, ne souhaite pas qu’on l’ampute d’une virgule, étant donné qu’elle lui rapporterait 3 euros et 33 centimes de plus, ce qui, pour lui, n’est pas moins poussière qu’anecdotique).
Certes, cela semble, à première vue, inégal dans quelque sens que nous le prenions. Mais telles sont les mathématiques, cruelles pour le petit, bienveillantes pour le grand, et puis surtout, et avant tout, comme nous l’avons de concert admis en liminaire (à moins qu’il y ait quelconque objection), monsieur Proglio ne boxe pas dans n’importe quelle catégorie : il est particulièrement remarquable et redoutablement compétent, à ce point, qu’il faille, semble-t-il, y mettre le prix, quand bien même serait-ce Proglio lui-même, ô doux privilège de la compétence et de la remarquabilitude, qui le fixerait.
Au fond, l’histoire pourrait s’arrêter là, et blasés que nous sommes, nous consentirions même et sans trop barguigner à féliciter monsieur Proglio, tentés d’y ajouter un tantinet de familiarité par un sonore “Bien joué, Henri !” et ceci fait, nous retournerions, comme si de rien n’était, consulter le courrier tombé ce jour dans notre boîte-aux-lettres, une offre intéressante, bigrement alléchante, terriblement tentante, offre venue d’un organisme de crédit, organisme qui, pas con, flairant Noël et les prochaines vacances d’hiver, flairant surtout notre manque de liquidité et les agios menaçants de notre banque si peu conciliante, nous propose un endettement à un taux remarquablement compétent afin d’inonder de bonheur, femmes, enfants et plus, si affinités.
Sauf que, l’Express (qui, sans doute, souhaite aiguiser, et pas qu’un peu, notre chafouinité) précise qu’outre ce fantastique salaire de 1,6 million d’euros, monsieur Proglio, au titre de la présidence non exécutive de Veolia, touchera, en sus, entre 500 000 et 700 000 euros (par an). On notera au passage la fourchette de type farouchement élastique, qui laisse pour le moins songeur ; belle fourchette de 200 000 euros.

Est-ce tout ?

Eh bien non, car suite à la liquidation de ses droits à la retraite, il faut y ajouter une rente de 100 000 euros par an qui tombera toute crue dans la déjà bien garnie escarcelle de monsieur Proglio après que nous lui ayons gentiment souhaité “bonne année et bonne santé, Henri !”, soit dès 2010.
Et parce qu’il faut toujours penser à l’avenir, même à celui d’un homme pécuniairement à l’abri du besoin, hein, ne soyons pas sectaires, envieux ou discriminants, aimons notre prochain quelle que soit sa position sociale, notons avec joie et empathie que, lorsque monsieur Proglio décidera en son âme et conscience de rejoindre une retraite amplement méritée, il palpera – si j’puis me permettre un brin de grossièreté dans le verbe – la rondelette somme de 850 000 euros par an !
850 000 euros de retraite par an, oui, j’avoue que là, chafouin ou pas, ça m’a laissé coi, mais comme rarement.
Ceci étant, quel beau parcours, non ?

Et donc ?

Eh bien donc, ne comptez pas sur moi pour me répandre dans le populisme de mauvais aloi, la démagogie la plus mal famée, ou que sais-je encore ! Ah non, n’allez pas croire que j’irais, là, évoquer le cas de cette hôtesse de caisse subissant un emploi du temps incertain et ô combien variable et ce, pour un salaire qui en rebuterait plus d’un ; de ce commercial sillonnant bien plus que son département avec acharnement et pensant, à juste titre, être un jour, et pourquoi pas demain, Noël approchant, récompensé par une “primette” de 100 euros bruts ; de ces ouvriers de chez Continental à qui l’on demande amicalement de turbiner 314 heures de plus par an sans la moindre augmentation de salaire ou bien c’est la porte ; de la pauvre maman de François Bayrou qu’a bien du mal à joindre les deux bouts avec sa petite, tout petite retraite ! Ah non, ne comptez pas sur moi pour dire haut et fort ce que nombreux éprouvent en relatif silence, à savoir que tout de même, compétence et remarquabilitude admises par nous tous, sortes d’acquis sociaux du haut, il y a comme qui dirait entre le salarié de base et l’homme de la situation, un écart (grandissant) de traitement qui ressemble fort à de l’indécence, pour ne pas dire, à de l’obscénité caractérisée. Ne me faites pas dire, ce que je n’ai pas dit. Ah non, ne me faites pas cracher au bassinet, ne me poussez pas à hurler que cet écart de traitement entre les Proglio – Messi, Castaldi et tutti quanti, car pourquoi les exclure de ce tableau ? – et nous autres, nous à qui l’on demande tant et autres choses, vaillance, patience, pugnacité, dimanches compris, que cet écart qui toujours et encore se creuse, finira, et nous le déplorons, n’est-ce pas, par exaspérer à tel point, que, telle la bulle financière, un truc va péter et va péter grave !
Oh je sais, il n’est pas venu le temps de la révolution, et d’abord pour quoi la révolution, et qui la souhaite ?
Oh je sais aussi, qu’il faudrait qu’il soit bien affamé, le peuple, pour sortir de sa léthargie, du je-pense-tout-bas-que-merde, je le sais bien. Mais … qui sait ?

Tout aussi remarquable et compétent que soit l’homme, aussi méritant soit-il, honnêtement et tout bien réfléchi, comment est-il possible d’en arriver à de tels émoluments, nonobstant le fait que d’aucuns voudraient moraliser le capitalisme ?
Est-il possible de tolérer de tels écarts de salaires, sachant qu’en haut comme en bas, on a très largement dépassé l’indécence ?
Est-ce possible, sous entendu : combien de temps encore cela peut le demeurer ; possible ?

26.11.2009

Pour Le Parisien, Y’a Pas De Fumée Sans Treiber

le_parisien.jpg“Banal suicide ou nouvel épisode de l’affaire Treiber ?” … C’est par cette alléchante question que Le Parisien (tête de chien) ouvrait, en page 15, un article de son édition (papier) en date du mercredi 25 novembre 2009. Un bien bel article, ma foi. Avec tout plein de témoignages qui, en réalité, sont moins des témoignages que des ressentis. Et moi, j’adore ça, ces ressentis que l’on nous fait passer pour des témoignages. Même qu’on appelle ça du journalisme.

A ce propos, permets-moi un aparté, tant du ressenti, celui des gens, t’en as partout désormais, et surtout dans la télé.
Tiens, par exemple, quand dans un quartier même pas sensible, un type trucide toute sa famille, à la hache ou au sécateur, une nuit, comme ça, sans prévenir, le journaliste que fait-il ? Eh bien, il se rend sur les lieux et va interroger le voisinage. Et que dit le voisinage ? Il dit toujours la même chose à propos du meurtrier présumé, présumé même si la police lui a mis le grappin dessus alors que, couvert de sang, il tenait dans une main, un sécateur, et dans l’autre, une hache :
C’était quelqu’un de discret … Il nous disait bonjour le matin, bonsoir, le soir … C’est vrai qu’il ne parlait pas beaucoup, mais ..
C’est un invariable refrain. Toujours le même portrait. Celui de "monsieur-tout-le-monde". Ça n’amène rien de rien, ça ne nous en dit pas plus, hormis peut-être une chose du genre inquiétant : c'est qu'à la longue, on en viendrait presque à se demander si les gens qui sont discrets, qui disent bonjour et bonsoir, qui ne sont pas très causants, ne seraient pas en définitive des gros meurtriers en puissance. Ce qui ne m’arrange pas. Car, vois-tu, je suis discret, je dis bonjour, bonsoir, ne suis pas très loquace. Dois-je me rendre à la police avant que l’inéluctable ne survienne ? Tu rigoles, mais avec le président que l’on a, celui-là même qui incline à penser que l'on naît pédophile – et le suicide, itou. Il serait selon lui, inscrit dans les gènes - qui ne te dit pas qu’un de ces quatre, il ne va pas au nom d’une religion laïque nommé “Minority Report” mettre sous vidéosurveillance et bracelet électronique tous les types discrets de c’pays, ceusses qui disent bonjour le matin, bonsoir le soir, les gars qui parlent peu, parce que la génétique, parce que ta sécurité, citoyen, ta putain de sécurité ! Et je ne parle même pas de cette effroyable manipulation statisticienne nommée : le sentiment d’insécurité. Belle trouvaille dégueulasse pour faire passer les lois les plus abjectes, pour ne pas dire, liberticides.

Bref.

Or donc, le Parisien du mercredi 25 novembre de l’an neuf nous apprend en page 15 qu’un certain Dominique Berouard est retrouvé pendu à un tracto-pelle, le 11 octobre dernier, dans le hangar d’une ferme de Seine-et-Marne. Près du hangar, son véhicule ; accidenté et partiellement brûlé. Et l’on relève quelques marques de brûlures sur le corps du pendu. L’autopsie n’a révélé aucune trace de coups, rien de suspect, et quant aux brûlures, les enquêteurs pensent qu’elles sont en rapport avec le véhicule avec lequel, peu avant, la victime (de lui-même) aurait eu un accident. Voilà. Comme l’écrit le Parisien, ça ressemble à un “banal suicide” si tant est que de se pendre à un tracto-pelle le soit ; banal.

Oui mais, non.

Non, car cet ouvrier agricole de 50 ans était un ami de … Jean-Pierre Treiber ! Oui, le fameux Treiber qu’a baladé la police de monsieur Hortefeux pendant trois bons mois ! Or, le 10 octobre, soit la veille du suicide (un terme que le Parisien met entre guillemets, ce qui semble indiquer que le journaliste ne croit pas à cette “thèse”) Jean-Pierre Treiber était hébergé “dans le secteur” par un ami de … Dominique Berouard ! Il n’en faut pas plus au Parisien pour, donc, se poser l’alléchante question :
“Banal suicide ou nouvel épisode de l’affaire Jean-Pierre Treiber ?” 
Ben voyons !
Les opérations de police (technique et scientifique - “Les Experts”, tu connais ?) ont beau avoir été menées avec soin pour en conclure que Dominique Berouard est bien mort – je cite – d’un suicide, non, le journaliste, lui, voit dans la présence de Treiber ce soir-là, comme anguille sous roche, comme y’a pas de fumée sans feu. Y’a un truc là, coco ! Et ça lui suffit pour (re)mettre en question, voire en doute, la thèse du suicide. Mais surtout, à pondre un bien bel article ma foi. Seulement voilà, comme étayer son “hypothèse” ?
Eh bien, comme toujours, en allant voir les gens du coin, qui n’ont rien vu, mais qui connaissaient bien Dominique Berouard.
Son frère, par exemple. Un prénommé Yannick. Ah, qui mieux qu’un frère, n’est-ce pas ? Et que dit-il, ce Yannick de frère ? Il dit :
Ce n’est pas possible (qu’il se soit suicidé) !”
Aaaaah … !
Et pourquoi ?
Réponse de Yannick : “Parce qu’il n’était pas suicidaire !
Ça c’est de l’argument, mon pote ! J’en connais d’autres, qui ne l’étaient pas (jeunes, vieux, chômeurs, agriculteurs, oui, agriculteurs, comme ce Dominique Berouard, tiens !), cher monsieur, et pourtant .. Mais poursuivons !
Ce ne peut être un suicide selon Yannick “parce qu’il (Dominique Berouard) avait des projets. Il préparait un séjour au ski.” ..
Ah, voilà qui devrait intéresser la police au plus haut chef ! C’est que, eh, c’est vachement troublant ce qu’il dit Yannick, là ! Un type qui projette d’aller skier, ne peut pas se suicider, voyons ! C’est évident ! Je dirais même : ça tombe sous le sens ! Quand bien même l’histoire regorgerait (sans jeu de mots – quoique …) de suicidés qui en avaient des projets, et des plus exquis. Tiens, je suppose que, cette année encore, Dominique Berouard prévoyait de fêter Noël ! Même, j’en suis sûr ! Je peux pas vous dire pourquoi. Une intuition, comme ça. Un putain de ressenti ! Allez hop, à verser au dossier ! On tient une piste (et pas seulement de ski) ! Et dites merci au journaliste. Qui continue son enquête de voisinage. Le voici au Café des Sports. Où, écrit-il, la mort de Dominique reste une énigme. Et c’est René qui s’y colle. Et René, il a un argument béton. La veille, il l’a vu Dominique. Dans ce même Café des Sports. Et que lui a dit Dominique ? Eh bien, il lui a dit :
A demain !” ..
Alors, c’est pas bizarre, ça, un type qui vous dit “A demain !” et se suicide le soir ? .. C’est pas une preuve, ça, bordel de merde ! .. C’est que les gens, c’est pas des cons ! Faut pas leur en conter ! Les enquêteurs y peuvent bien dire ce qu’ils veulent, avec leurs sciences et tout le tralala, accident de voiture ou pas, ça tient pas la route, et encore moins au tracto-pelle ! … Enfin, quoi ! On dit pas “A demain !” si on projette de se pendre le soir ! Non ? ..
Mais c’est pas tout, comme dit ma voisine Catherine quand son infirmier de Patrick rentre enfin du boulot : “Mais c’est Patou !” qu’elle s’écrie. Mais c’est pas tout, disais-je ; René qui sent bien que, comme lui, et bien des habitants du coin, le journaliste ne croit pas à la thèse du suicide, René déclare à propos de Dominique Berouard :
Rien ne laissait deviner qu’il allait mettre fin à ses jours. Il avait les pieds sur terre !” …
Ah, alors là, je m’incline ! Je m’incline vraiment ! Car, un pendu qui a les pieds sur terre, là oui, j’avoue, c’est louche ! Comme Treiber. Un homme qui a les pieds sur terre, ça ne peut pas se pendre, sinon c’est plus le même homme ! Du moins, pas celui du Café des Sports. Au temps pour moi ! Tu avais raison, camarade journaliste, et le nez fin de surcroît ! Y’avait bien Treiber sous roche. Oui, y’a pas de fumée sans Treiber, nom de Dieu ! Bravo mon gars ! Si je n’avais pas à faire, je t’aurais bien suggéré d’aller fouiner partout où Treiber s’est fendu d’une pause-caca. Va savoir ! Tu trouverais peut-être d’autres suicidés qui n’en seraient pas. Suicidés au sécateur ou à la hache. Des suicidés douteux, douteux par le simple fait de l’avoir côtoyé, le Treiber.

Tu vois, je ne t’avais pas menti. C’était un bien bel article, ma foi. Avec de vrais témoignages, de vrais ressentis. Ah, les ressentis qui valent pour argent comptant, la plaie du monde d’aujourd’hui ! Mais que veux-tu, il faut vivre avec son temps ! Celui du scoop à tout prix, et à pas cher. A base de gens. Ce doit être cela qu’on nomme le journalisme d’avenir et de proximité. Celui qui t’apprend qu’un pendu et un type qu’a les pieds sur terre, eh ben ça fait deux ! ... Surtout quand y’a Treiber dans le coin …


NB : Hier soir, à 22h47, le Parisien stoppait net ses élucubrations à 90 centimes d’euros, pour titrer :
L’ex-collègue de Treiber s’est bien suicidé”.
Je ne peux vous dire ce que j’ai ressenti en prenant connaissance de cet “étrange” retournement de situation. Je me suis juste dit, que y’a un moment, les gars, faudrait peut-être arrêter de déconner et vous remettre au journalisme ..

25.11.2009

H1N1 : Unilatéralité Du Principe De Précaution

Jean Daniel.jpgOr donc voilà, une mutation du virus H1N1 observée en Norvège (preuve en est que c’te bestiole est un grand voyageur et, qui plus est, vaccinée contre le froid ...) + une phrase ô combien anxiogène de Mâhâme Bachelot (“des gens vont mourrrrrrrrir !”) et c’est (enfin) le “rush” vers les 1060 centres de vaccination. Et, comme rien n’a été laissé au hasard, le ministère de la Santé a glissé un adjuvant de type militaire aux centres en question, l’adjuvant-chef : “réquisitionnés”.
Bref, c’est la guerre, et d’ailleurs comme en temps de guerre, tu dois au préalable te munir d’un "bon" afin de pouvoir te faire vacciner, te faire vacciner pour ne pas “mourrrrrrrrrir”.
On vit décidément une drôle d’époque : celle du retour des "bons" et .. du couvre-feu. Étonnant, non, pour un pays tel que le nôtre qui se targue de vivre en paix depuis plus de soixante ans ? Oh oui, je sais, ce n’est point contre la grippe A que je devrais, moi, me faire vacciner, mais contre le cynisme, ce que je ne ferai pas, tant il est, le cynisme, une vertu franco-française, un composant essentiel, indivisible de mon identité nationale, quand bien même la main de Thierry Henry l’aurait mollement ébranlé (le cynisme, pas ma supposée identité nationale). C’est que, vois-tu, en ces temps où nos élites assurent vouloir moraliser le capitalisme, eh bien nous, le petit peuple, on souhaiterait moraliser le football international. Comme quoi, sortir de temps à autre du cynisme n’est pas sans dommages, ou étranges effets secondaires, puisque sans lui, nous sombrons qui dans l’hypocrisie, qui dans l’angélisme à la Noah, qui dans le gros foutage de gueule, voire les trois en même temps. Car il n’est pas né celui qui moralisera le capitalisme, pas plus que celui qui empanachera le football ; le nier, c’est l’être : niais.

Bref.

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13.11.2009

Dialogue Avec Mon Identité Nationale Qui M’En Apprend Des Vertes Et Des Fort Peu Catholiques

Dupont National.jpg- A quoi penses-tu ? [*]
- Je ne pense pas. Je me pose des questions.
- Lesquelles, de questions ?
- Pffffff ..
- A ce point ?
- Oui.
- Mais, par exemple …
- Eh bien, par exemple, je me demande si j’ai, à un moment, ou à un autre, cultivé la haine de moi.
- “Cultivé”, dis-tu ?
- Oui.
- Tu ne trouves pas que le terme est un peu fort ?
- Il n’est pas de moi.
- De qui est-il ?
- De Nicolas Sarkozy ..
- Qui est Nicolas Sarkozy ?
- Je ne sais pas. Personne ne sait.
- Dans Wikipedia, ils disent qu’il est président de la République française.
- Parfois, Wikipedia se trompe.
- Sans doute. Mais là, comme erreur, ce serait énorme.
- Plus c’est énorme, plus ça passe !
- C’est pas Jacques Chirac qui avait dit ça ?
- Si. Ou à peu près ..

[ … un ange déguisé en juge d’instruction passe … ]

- Et, tu as une réponse à cette question ? Je veux dire, as-tu réellement le sentiment d’avoir cultivé la haine de toi ?
- Oui … Enfin, il m’est arrivé, oui, de me haïr.
- Quand ?
- Quand, je ne sais pas exactement ! A certains moments. Tu sais, quand tu te traites de tous les noms parce que t’as agi comme un con, alors que tu savais pertinemment ce qu’il fallait faire et que tu ne l’as pas fait.
- Et, ça se cultive, "ça" ?
- Non. C’est un moment. C’est tout. C’est passager. Pénible, mais passager.
- Alors, si c’est aussi passager que tu le dis, pourquoi Nicolas Sarkozy parle-t-il de la culture de la haine de soi – à ton avis ?
- Je n’en sais rien. En même temps, avec lui, tout devient possible, non ?
- A condition d’être ensemble, oui … Mais … Une idée comme ça … Peut-être ne parle-t-il pas du “moi” ainsi que tu l’entends, mais d’autre chose
- Ah oui ? … Et de quoi ?
- Il me semble – enfin, c’est une connaissance, un politologue pour ne rien te cacher, qui m’en a touché deux mots – qu’il parlerait plutôt de ton autre moi. Le pays qui t’habite. De la France, quoi ! Ainsi quand il évoque ceux qui “cultivent la haine de soi” il faudrait comprendre qu’ils cultivent, en réalité, la haine de leur pays ; ici, la France.
- Mais je ne suis pas mon pays !
- Peut-être voudrait-il que tu le sois. Que nous le soyons tous.
- Que nous ne formions plus qu’un, c’est ça ?
- Eh bien, c’est ce que l’on pourrait comprendre, oui.
- Mais c’est impossible !
- J’inclinerais à penser comme toi, mais ..
- Mais quoi ?
- … Mais dans la religion chrétienne, n’est-ce pas – et ce, dès notre première raie sur le côté - ce que l’on nous apprend : que nous ne formons qu’Un. Que c’est l’Amour qui fait que nous ne formons plus qu’Un. Ne sommes-nous pas, ami, mon frère, le sang et le corps du Christ ?
- Je crois que tu divagues copieux et prends Sarkozy pour un curé de terroir.
- Pour un curé, je ne sais pas, mais … Le discours auquel tu te références, qui – pardonnez-moi, mon Dieu ! - te turlupine et te pose questions, l’a-t-il prononcé ?
- Dans le Vercors.
- Oui. Mais, plus précisément ?
- A la Chapelle-en-Vercors.
- Et dans Chapelle-en-Vercors, il y a ?
- Chapelle … Et … Tu penses que c’est fait exprès ?
- Je pense que Nicolas Sarkozy sait ce qu’il fait et d’où il le fait. Y a-t-il plus bel ou plus adéquat endroit qu’un village nommé Chapelle pour vanter "nos cathédrales, expression du génie français" ou rappeler "ce que notre morale laïque doit aux leçons de l’Église catholique" ..
- Oui, enfin, Chapelle-en-Vercors, c’est avant tout un haut lieu de la Résistance.
- C’est vrai. Mais rapporté à aujourd’hui, et puisque Nicolas Sarkozy l’a choisi, ce lieu, minutieusement, en connaissance de cause et pour servir cette cause, cela devient un lieu de résistance à quoi, à qui ?
- Je sais pas .. Je vais dire une connerie, je crois ..
- Dis-là .. Ce ne sera pas ta première ..
- Comme tu es charitable …  La burqa ?
- La burqa ! Voilà ! Voilà LE prétexte, LA connerie, justement, du moment. LE chiffon qu’on agite. Il y en eût d’autres ..  Souviens-toi de ces musulmans qui égorgeaient des moutons dans leur appartement !
- Et pourquoi pas nos fils et nos compagnes pendant qu’on y est ?
- Ben oui, pourquoi pas ..
- Tu plaisantes, là, j’espère ..
- J’aimerais.
- Comment ça, t’aimerais ?
- Tu ne comprends donc pas ?
- Non.
- Mais enfin, c’est pourtant limpide. La France et l’Islam, ça va pas ensemble, et c’est depuis une chapelle qu’on te le dit. Tu comprends ? … C’est, te fait-on comprendre, le musulman qui cultiverait la haine de la France, "ce pays où la femme est libre". C’est lui qui menacerait notre identité "singulière et plurielle". C’est encore lui (et personne d’autre, n'est-ce pas ...) qui précipiterait le pays dans le "communautarisme". Voilà le message ! Voilà pourquoi identité nationale est très étroitement liée à immigration et intégration sur l’intitulé du ministère de monsieur Besson, ex-député PS de la Drôme - où git le Vercors - soit dit en passant. Voilà ce qu’il nous est donné à entendre … Quand bien même, on te ferait aussi passer l’idée que, un bon musulman, français et fier d’être auvergnat, c’est possible ! Il suffirait qu’il ne soit pas nombreux, et qu’il vive, mange et s’habille comme un chrétien.
- Comme un français, tu veux dire ?
- Décidément, tu ne comprends rien, ou ne veux pas comprendre. N’as-tu donc pas encore saisi que pour Nicolas Sarkozy, français, chrétien, c’est pareilpour ne pas dire : kif-kif ! Ça ne fait qu’Un. C’est indivisible ! C’est NOTRE identité nationale. Et il n’y en a pas d’autre ! D’où la chapelle. D’où, depuis elle, l’appel à résister à tout ce qui la menace.
- Mais pourquoi proposer d’en débattre alors ?

[ ... un Judas de la Drôme passe ... ]

- Ça ne va pas ?
- Non. Pas très bien. Je crois que là, pour le coup, avec tout ce que tu viens de m’apprendre, j’ai la haine.
- Peut-être que celle-ci vaudrait la peine d’être cultivée. Non ?
- Ma foi


[*] Comme Nicolas Sarkozy - ou Dieu - mon identité nationale me tutoie …

28.10.2009

Vous Reprendrez Bien Un P'tit Coup D'Identité Nationale ?




Licence IV
: "Viens Boire Un P'tit Coup à La Maison" [1986 - 13 semaines n°1 au TOP50]

 

24.10.2009

Moi, Philippe S., Commentateur Qui Commente [*]

Les Hommes de l'Homme-qui-agit prennent connaissance des commentaires des commentateurs-qui-commentent

C’est tout de même formidable, ça, mâhâme Ferrari ? Non mais attendez ! Pour quoi croyez-vous que j’sois né ? Pour rester le clavier ballant et ne piper mot alors que, dans le même temps, des Chatel, des Bertrand ou des Lefebvre, commentent – et faut voir, comment, m’sieur Pujadas – les commentateurs-qui-commentent ?
Mais enfin, que dirait-on de moi, si j’prenais le parti de ne rien dire ? Que dirait-on de moi, si je n’faisais pas mon travail, celui de commentateur-qui-commente ? Croyez-vous que ma mère m’aurait porté neuf longs mois - dans son ventre ! - pour donner vie à un commentateur-qui-ne-commenterait-pas ?
Je n’ai pas, Laurence Ferrari, été mis au monde pour me taire !
Mes parents, David Pujadas, m’ont donné une mission que je compte bien mener à son terme ! Et ce n’est pas parce que je suis à mi-mandat de mon existence que j’vais, comme d’autres, comme beaucoup, renoncer à commenter-les-hommes-qui-agissent !

Pourquoi, et au nom de quoi, le ferais-je ?
Pour aller jouer aux boules ?

Que les choses soient bien claires, mâhâme Ferrari, je n’ai rien contre ceux-qui-jouent-aux-boules. Je les respecte. Profondément. Ils font un travail formidable ! Mais enfin, quel homme je serais si, plutôt que de dire – et je ne suis pas le seul - qu’à 23 ans, sans aucun diplôme, aucune qualification, on ne peut prétendre à un poste aussi lourd de responsabilités que celui de président de l’Epad, j’allais sur la place du marché, faire un carreau ou pointer ?
Croyez-vous que ça m’fasse plaisir de constater que, sur le sujet que j’viens d’évoquer, la France est la risée du monde, comme j’ai pu le lire chez les commentateurs-qui-commentent de la presse internationale ?
Monsieur Lefebvre, qui fait son travail d’opposant aux commentateurs-qui-commentent, a-t-il dit, ne serait-ce qu’une seule fois, que la presse internationale cherchait à “détruire” l’homme-qui-agit ? A-t-il accusé les commentateurs-qui-commentent de la presse internationale de faire partie d’un “monde politico-médiatique” dont le seul but – le seul but, David Pujadas ! - serait d’abîmer l’homme-qui-agit ?
Et pourquoi ne l’a-t-il pas fait ?
Parce qu’il est mon fils ou celui d’un commentateur-qui-commente ?
Vous savez bien que non !

Mais j’vais vous dire autre chose, Laurence Ferrari : estimeriez-vous normal que, dans une République irréprochable, un commentateur-qui-commente se taise quand on crée deux nouveaux fichiers de police – deux d’un coup, m’sieur Pujadas, deux d’un coup ! Et à la veille d’une législative partielle ! – sans passer par le Parlement ?
Estimeriez-vous normal qu’aucun commentateur-qui-commente ne rappelle à l’homme-qui-agit qu’il n’a pas été élu pour légiférer par décret mais pour donner plus de pouvoir au Parlement ? N’est-ce pas le devoir du commentateur-qui-commente que de le lui rappeler ? Comme, n’est-ce pas son devoir de lui rappeler qu’il a fait le serment, le 6 mai 2007, d’être du côté des opprimés, de ceux qui souffrent, quand il renvoie dans un pays en guerre, trois afghans, au beau milieu de la nuit ?
Croyez-vous que nous sortirons de l’hypocrisie en opposant à l’homme-qui-agit-par-décret-et-au-beau-milieu-de-la-nuit, un silence poli ?

Si l’homme-qui-agit a des droits et des devoirs, nous n’en avons pas plus, ni moins que lui, David Pujadas.

A travers cette polémique d’un soit-disant “monde-politico-médiatique” cherchant, paraît-il, à “déstabiliser” l’homme-qui-agit, franchement, qui est visé ?
Je vais vous le dire, David Pujadas. Ce n’est pas homme-qui-agit ! Ce n’est pas non plus le-fils-de-l’homme-qui-agit ! C’est le fils-de-Craô que je suis, que nous sommes tous, nous les commentateurs-assis-qui-marchons-debout-et-faisons-preuve-d’action-civique-en-commentant-l’homme-qui-agit !
Je n’ai pas, en démocratie, à avoir honte d’être un commentateur-qui-commente, mâhâme Ferrari.
Je n’ai pas, David Pujadas, à m’excuser d’être ce que je suis.
Et ni moi, ni tous les autres commentateurs-qui-commentent ne se reconnaissent dans les commentaires qui sont faits, à notre égard, par les hommes-qui-agissent-et-qui-commentent-les-commentateurs-qui-commentent.

Encore une fois, Laurence Ferrari, nous n’avons pas été mis au monde pour nous taire. Et nous n’nous tairons pas. Nous continuerons à commenter, parce que c’est, à la fois, nécessaire et indispensable à toute démocratie digne de ce nom ; et nous le ferons, David Pujadas, sans aucun tabou et en toute transparence.
Je le dis, solennellement, aux hommes-qui-agissent : nous ne céderons pas un millimètre, nous n’éluderons pas nos responsabilités. Car si nous l’faisions, qui défendrait alors cette belle idée à laquelle nous tenons toutes et tous : celle d’une démocratie réelle ou chacun, Laurence Ferrari, et chacune, David Pujadas, ne se trouvent être ni au dessus de l’homme-qui-agit, mais ni en dessous non plus ?

Dans une démocratie, il faut des hommes-qui-agissent, des commentateurs-qui-commentent-les-hommes-qui-agissent, des hommes-qui-agissent-commentant-les-commentateurs-qui-commentent-les-hommes-qui-agissent, des hommes-qui-jouent-aux-boules-sur-la-place-du-marché, des judokas-qui-font-du-parachute-dans-une-circonscription-UMP-où-même-un-âne-serait-élu et des hommes-qui-agissent-et-se-réjouissent-que-l’âne-fasse-"Hi-Han" !
C’est cela la démocratie, mâhâme Ferrari !
Maintenant, si certains n’en veulent plus, de cette démocratie, de ce modèle français, qu’ils nous le disent franchement, et nous nous f’rons un plaisir, par des commentaires - oui, David Pujadas, par des commentaires ! - d’expliquer aux français ce que cela signifie.

J’ajoute, Laurence Ferrari, que dans un pays où la liberté de la presse est passée en sept ans – en sept ans ! - de 2002 à 2009, du 11ème au 43ème rang, il ne me semble pas que ce soit une attitude responsable de la part d’un homme-qui-agit de désigner comme coupables, comme présumés responsables, les commentateurs-qui-commentent de la baisse constante de sa côte de popularité auprès de l’opinion, y compris au sein de sa propre majorité, à tel point qu’elle en vient à voter des lois, soit-disant, par erreur ?
Voter une loi par erreur ! C’est tout de même formidable, ça, mâhâme Ferrari !
Croyez-vous que ce soit le fait d’un complot “politico-médiatique” dont nous serions les ourdisseurs ?
Ou, est-ce que certains députés de la majorité, n’auraient pas, comme nous, les commentateurs-qui-commentent, plus la moindre envie de se taire, se rendant compte qu’ils n’ont pas été élus, ni mis au monde, pour flatter, chaque jour, l’homme-qui-agit ?

Non, David Pujadas, ne comptez pas sur moi, pour ajouter, à cette évidente fronde de la majorité, un commentaire quel qu’il soit.
Quand bien même préférerais-je, au nom de la démocratie et de la liberté d’opinion, un excès de commentaires, fussent-ils caricaturaux, à pas de commentaires du tout.


[*] Billet écrit sur le ton de l’acteur qui, lui, agit …

20.10.2009

Le Monde Politico-Médiatique, Une “Belle Saloperie” Inventée Par Frédéric Lefebvre

Monseigneur Lefebvre

Or donc, lundi en 19 de ce mois d’octobre, le croustillant Frédéric Lefebvre était l’invité matinal de la station radiophonique RTL, et plus précisément de Jean-Michel Apathie.
L’entretien démarre doucement avec une première question [1] portant sur la victoire à Poissy de David Douillet. Malin comme trois singes, Apathie s’appuie sur un titre du quotidien ami de la majorité, le Figaro : “L’UMP soulagée par l’élection de David Douillet”.
- Alors, soulagé, Frédéric Lefebvre ? Demande ironiquement Apathie.
Nonobstant le fait que, bien évidemment, le sieur Lefebvre se réjouit de la victoire de David Douillet “et quelle victoire !” [2] souligne-t-il, c’est surtout sur RTL, Jean-Michel Apathie et (un bien mystérieux) “monde politico-médiatique” que le porte-parole de l’UMP va copieusement se soulager.
Mais qu’est-ce que c’est-y, le “monde politico-médiatique” ?
Apparemment, une arme de destruction massive :

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17.10.2009

Sarkozy, Partout. Réflexion, Nulle Part.

D'abord noter que selon que vous serez un Figaro numérique …

Figaro-ci ...

Ou un Figaro de papier ..

... Figaro-là !

Vous ne titrerez pas votre simulacre d’entretien de la même façon.

Numériquement, vous ferez preuve d’une relative honnêteté en indiquant d’emblée aux internautes qu’en réalité cette aimable causerie pilotée par l’Élysée n’était destinée qu’à voler au secours du fiston.
Côté papèterie, vous masquerez le but de cette connivente discussion (Jean Sarkozy, donc) en rappelant à votre (é)lectorat “la détermination à agir et à réformer malgré les polémiques”. Des polémiques, dixit Sarkozy-père, entretenues par le “milieu médiatique”, qualifié de “politisé et agité” (ce qui n’est, bien évidemment, pas le cas du chef de l’État, n’est-ce pas, ni du Figaro, sinon, Sarkozy irait vendre sa soupe ailleurs …) et bien "éloigné" des préoccupations de la “société française qui attend du gouvernement qu’il apporte des solutions aux problèmes des français”.
Monsieur Sarkozy, sachez que ladite “société française”, à l’image des salariés de Gandrange, n’en est plus à attendre quoi que ce soit, ni de vous, ni du gouvernement. Vous le sauriez, si vous n’étiez pas … si "éloigné" de nous. Trop occupé, que vous êtes, à occuper la “scène médiatique” où vous vous "agitez" fort politiquement.

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