23 mars 2012
Une Campagne (Et Un Pays) Sur La Corde Raide
J’attends …
J’attends le moment où l’on va dire que c’est lui, Nicolas Sarkozy, qui a tout organisé. Que c’est un plan diabolique pour se faire réélire. Après tout, au point où nous en sommes, tout est possible.
Non ?
Oui, j’attends le moment où l’on va crier au complot. C’est bien barré, faut dire.
Je constate, à ce propos, que nous avons – notamment sur Internet – de grands spécialistes, jusque-là méconnus, du Raid. Des pros de la DCRI et du Renseignement...
Ah faut voir comme ils te refont l’opération de A à Z !... Je leur donne ce conseil bien amical : filez donc votre scénar à Luc Besson, ça pourrait l’intéresser, dans le cadre d’un Léon II.. Contactez les studios américains, ils manquent d’idées pour une nouvelle saison des Experts et de NCIS.. Ou mieux : faxer le tout à Marchal, il est sec comme une trique depuis « 36 ». Avec lui, coco, la scène de la baignoire sera bleutée, pétée de ralentis, histoire qu’on voie bien les balles jaillir du 11.43.
J’attends aussi ce moment où, le supporteur du PS, celui qui se dit de gauche, va réclamer plus de surveillances ; vidéos, téléphoniques, numériques. Demander qu’on collât au train, et sans autre forme de procès, tout individu relou. A son seul goût... Oui, j’attends le moment où le citoyen se plaindra de vivre en démocratie, dans un pays libre, estimant que, tout compte fait, c’est trop risqué, trop dangereux. Que mieux vaut un Etat policier. Et qu’on remplaçât, sur le champ, nos services de renseignements par une Stasi.
Toujours est-il qu’après le carnage, on se défoule, n’est-ce pas ? Au mépris de tout. De la mémoire. De ceux qui ne sont plus. Oubliés les morts (ou plutôt les "exécutés") enfants, militaires, professeur... Oubliée la gravité, finie la prétendue dignité... On n’a pas le temps, à l’ère de la démocratie d’opinion. Pas le temps de faire silence. Longtemps... Pas de place pour le recueillement. Moins encore pour la réflexion. Non, il convient de faire du bruit. Se faire entendre. Et vite !
Quant au(x) reste(s), la politique, ses snipers, ses supporteurs, ses aveugles et sourds, c’est moribond.
Cette comédie permanente, son bal des hypocrites, ces petites polémiques, c’est sans nom.
Et vas-y que j’accuse celui-ci de récupération, celle-ci d’instrumentalisation, et la meute des internautes, et autres anonymes experts en commentaires, d’abonder, de surenchérir et d’aboyer.
Alors je vais le préciser : mon choix est fait. Celui du premier tour. Ce sera Mélenchon. Je le précise car la mesquinerie ambiante m’y oblige. Mais je me doute bien, allez, que certains trouveront ENCORE matière à élucubrer, à déceler manœuvres, voire même grande perversité, ou je ne sais quelle traîtrise, quand ils auront achevé le billet que présentement je soumets :
La Campagne Est (Peut-Etre) Relancée
Sur ce : bonne chance !
« Dans toutes les circonstances de la vie quotidienne je fus gêné de n’avoir pas été capable, jusqu’à ces dernières années, de bien saisir la mesquinerie et la bassesse des hommes ».
[Arthur Schopenhauer – A Soi-Même]
17:10 Écrit par Philippe Sage dans Je M'Excuse Mais Merde !, Politiquement Très Incorrect | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : tuerie de toulouse, assassinats de montauban, unité nationale, présidentielle 2012, campagne présidentielle, la campagne est relancée, les jeux ne sont plus faits, le bal des hypocrites, suspension de campagne, françois hollande, marine le pen, nicolas sarkozy, jean-luc mélenchon, raid, dcri, mohammed merah |
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13 novembre 2011
Le Terreau, Ou Comment Il Grandit, Le National-Populisme
Tout est là, en fait. Réuni... Le terreau, les conditions, la conjoncture. Une crise qualifiée de « sans précédent »... « Sans précédent » parce que, tous autant que nous sommes, celle de 29, je veux dire la crise de 1929, on l’a pas connue, éprouvée, on ne sait pas ce que c’est, ce que ça fait, comment ça vous détruit.
Mais quand bien même, il y a l’Histoire. Elle parle l’Histoire. D’aucuns disent qu’elle se répète. Et que, si elle se répète, c’est parce que l’homme est ainsi fait. Et qu’il n’a pas de mémoire. Ou ne veut pas y faire appel. Parce que, voyez, la mémoire c’est plombant, fort encombrant. C’est fait de guerres et de ruines, d’holocaustes et de génocides, de misère et d’abandon. Ça emmerde le monde, la mémoire.
Le monde et les gens.
Les gens, vous comprenez, ils veulent vivre tranquilles. Ils veulent pas d’histoires, les gens. Ils veulent se divertir. Et si possible, rester en bonne santé. Le reste, c’est pas leurs affaires. Ils veulent pas savoir. Ou alors, ils disent que : « C’est comme ça, on peut rien y faire ».
C’est un cancer, cette phrase-là, qu’aurait dépassé le stade terminal. C’est pire encore que de toujours remettre à demain. Parce que dans cette phrase-là, y’en a pas, de demain. Y’a même pas de présent. Y’a rien. Même pas de la vie. Quand on est en vie, qu’on désire, on ne dit pas :
« C’est comme ça, on peut rien y faire ».
Quand on dit cela c’est qu’on est déjà mort. Ça veut dire qu’on a lâché la rampe. Et donc, qu’on peut tout vous faire, comme, par exemple, rogner votre salaire, diminuer votre pension, vous demander de travailler jusqu’à plus soif.
Si on (politiques, économistes, médias, etc.) vous fait comprendre que « C’est comme ça ! », qu’il n’y a pas d’autres solutions, aucune véritablement, sinon des farfelues, des utopistes, des frontdegauchistes, pas adaptées au monde « ouvert » dans lequel, tous, nous évoluons, alors c’est possible d’en arriver là : rogner, diminuer, raboter, détricoter ce que d’autres avant nous avaient, de haute lutte, conquis.
Or donc, oui, ensemble, tout devient possible, à la condition qu’ensemble, tous, nous convenons que: « C’est comme ça, on peut rien y faire ».
Si les gens, ils avaient vécu celle de 29, ou, au moins, y avaient porté quelque intérêt, ne serait-ce qu’en se plongeant dans l’Histoire, celle qu’est là pour témoigner, rappeler, alerter ; oui, s’ils avaient un tantinet visité cette Mémoire, alors ce serait différent.
Peut-être…
Je dis « peut-être » parce que rien ne permet de l’affirmer. D’autant que l’Histoire se répète. Pas toujours par méconnaissance ou désintérêt, mais – comme je l’ai dit, si banalement – parce que l’homme est ainsi fait. Et ni le progrès, ni la science, ni la beauté, ne sont parvenus à le changer. Il n’a pas bougé, d’un iota… Il croit en l’homme providentiel. C’est un fait certain. Et c’est logique de surcroît. Quand on admet que « C’est comme ça, on peut rien y faire » alors, on est prêt à confier son destin à n’importe qui… Un sauveur…
Oui, les gens pensent, véritablement, que quelqu’un va venir les sauver. L’Histoire est remplie de sauveurs, n’est-ce pas ? Qui, pour certains, se sont révélés être des sanguinaires, des tortionnaires, des salopards de première, des monstres sans pareil et non « sans précédent » puisqu’après eux, d’autres encore, toujours, sont venus, et portés, dans la plupart des cas, par le peuple lui-même. Le peuple sans Mémoire. Celui qui ne veut pas d’histoires.
Mais reprenons.
14:18 Écrit par Philippe Sage dans Il Est Trop Tard, Politiquement Très Incorrect | Lien permanent | Commentaires (29) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : extrême droite européenne, poussée de l'extreme droite, la crise favorise la montée des extrêmes, repli sur soi, national populisme, front national, marine le pen, présidentielle 2012, le terreau, crise mondiale, paupérisation des peuples européens, le renoncement au socialisme, la victoire des marchés, le triomphe du néolibéralisme, du rôle des médias, guerre en iran, la guerre comme moyen de sortir de la crise, crise de 1929, quand l'histoire se répète |
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16 octobre 2011
Allo Maman Bobos, Ou : Les Indignés
Or donc, c’était la première « journée planétaire » des Indignés, n’est-ce pas …
Comment dire ?
Oh, c’est délicat, voyez. C’est que, je m’en voudrais de déranger. De dénoter. Vulgairement : de faire chier.
Mais tout de même. Ca me chatouille, gratouille, depuis le début de cet étrange « mouvement ».
Tous ces gens assis. Sagement. Je dois dire que ça m’impressionne. Non, vraiment. Je suis ébouriffé. Sur le cul.
Je m’étonne juste que Pierre Arditi n’en fut toujours pas. Il y serait, je crois, comme un poisson dans l’eau. Nickel.
Nonobstant, et ironie mise à part, venons-en au fait : ces Indignés, les avez-vous vus ?
Je veux dire, leur(s) profil(s). Qu’on nomme, communément : le statut social.
Avez-vous l’impression, par exemple, qu’il s’agit, là, de gens qui souffrent, qu’en bavent des ronds de chapeau ?
De gens dans la plus grande des détresses, complètement broyés par le « système » ?
De gens sur qui l’injustice saloparde, et ô combien capitaliste, aurait vidé de leur home, de leur taf, de leur sang même ?
De ceux que Claire Chazal, avec son air pincé du XVIème, appelle pudiquement :
« les plus démunis ».
Oh bien sûr, l’on pourrait émettre cette terrifiante hypothèse :
Comme les médias sont LE système, qu’ils y participent, qu’ils sont laquais-complices jusqu’au trognon, alors ces chiens galeux de journalistes se feraient, chère M'dame Dugenou, un sale plaisir de nous montrer, dans nos écrans plats, QUE des Indignés (assez) propres sur eux, que l’on dirait sortis de quartiers aisés, ou approchant ; bref, de périmètres relativement épargnés par cette putain de crise ; et nous cacheraient donc, les enfoirés de leur mère nantis de leur carte de presse, et délibérément (je veux dire : dans l’unique but de discréditer ce « mouvement ») les souffreteux, les exclus, les prolos vociférant.
En d’autres termes, les véritables victimes du monde de la finance, des marchés, du néolibéralisme et tutti.
Cela, vous le savez, se nommerait : complot.
Sauf que, pour qui aurait eu l’extravagante audace d’aller constater sur place (ou Puerta Del Sol, pour plus d’exotisme) que nenni !
Pas l’ombre de la queue d’un complot.
Du tout.
A bien y regarder, en ce « mouvement », Indignés, point d’ouvriers, de prolos, de chômeurs (ou alors deux ou trois), d’exclus, de virés, de délocalisés, de pauvres, et même de classes populaires. Comme on le constate, chaque jour que Hessel fait, sur nos écrans rapla-plats.
Pas la queue d’un vrai estourbi par ladite crise, les méchants banquiers, l’écrasant système.
En un mot, comme en cent : que des individus vivant pas si mal que ça. Or donc, qui ne connaissent pas (vraiment) la crise. Qui l’ont pas éprouvée. D’un gramme TTC. Rien.
Alors, je sais.
L’on me dira, mais vous faites chier à la fin, ce n’est pas parce que la crise, on la vit pas, pas vraiment, qu’on n’a pas le droit (et le devoir) de s’Indigner, sans compter, qu’avec nous, ou grâce à nous, demain, prolos, chômeurs, exclus, classes populaires, etc., vous verrez, nous rejoindrons. Ou, au minimum, nous soutiendrons. Moralement.
C’est pour eux, Monsieur-le-donneur-de-leçons, qu’on s’Indigne. C’est pour eux, qu’on se bat. C’est pour eux, qu’on « tralala ».
Nous sommes, itou, les 99%. Le contesteriez-vous, oh-là-là, oh-là-là ?
J’entends.
Mais, quitte à être vraiment très chiant, voyez, je n’y crois pas une microseconde.
Vos manifestations, sages, propres, dites Indignés (alors que c’est Révoltés qu’il conviendrait d’être) sont celles, je le maintiens, des quartiers épargnés. Celles des confortables. Celles des « Allo Maman Bobos ». Ni plus, ni moins.
Il est pas loin, le Café de Flore, mon Indigné.
Et d’ailleurs, je ne vois pas, chez vous autres, Indignés, le début d’un représentant de ces quartiers dits « sensibles ». Les Abandonnés de la République. Ils n’y sont pas. Curieux, non …
En vérité, vous distrayez.
Vous distrayez (et amusez) les politiques, les banquiers, les marchés, et tout ce merdier qui s’en bat les couilles de votre Indignation polie. Certains ne manqueront pas, nonobstant, de vous récupérer, fissa. Et vous opinerez. Recta.
La seule voie : c’est la Révolte. Le Feu !
Avec tous les exclus, les prolos, les chômeurs...
Tant que vous ne les intégrerez pas, vous passerez au minimum pour de gentils organisateurs, au max, pour une bande de Charlots.
La misère, vous ne savez pas ce que c’est. Sinon, croyez-moi, ça se verrait. Même sur un écran putassier.
Les morts de faim, les désespérés, on les reconnaît de loin.
Y’en a même qui s’immole(nt).
Mais de ceux-là, le monde Indigné s’en fout.
N’est-ce pas ?
00:17 Écrit par Philippe Sage dans Je M'Excuse Mais Merde !, Politiquement Très Incorrect | Lien permanent | Commentaires (133) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : les indignés, la journée planétaire des indignés, le mouvement des indignés, stéphane hessel, puerta del sol, où sont les prolos, ouvriers, classes populaires, chômeurs, crise financière, banques, finance, nous sommes les 99%, révoltez-vous, l'indignation confortable, allo maman bobo, le mouvement bobo est en marche, les indignés assis, la fausse révolte, prenez-nous pour des cons |
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28 août 2011
Joyeux Dixième Anniversaire Du 11 Septembre !
C’est extraordinaire, non ? Pensez ! Il y a à peine un petit mois, il était question d’enlisement.
D’une guerre qu’allait probablement durer.
Bref, ça sentait fort le bourbier, le merdier au carré.
Et puis, oh surprise, en l’espace d’une semaine, voilà que Tripoli tombe. Recta.
Il ne reste plus qu’à débusquer Kadhafi, comme autrefois Saddam Hussein, l’estourbir et l’affaire sera pliée.
Mais quel fantastique retournement de situation, n’est-ce pas ?
Le problème c’est qu'on a quand même du mal à y croire, à ce scénario.
Tant ça ressemble, comme deux gouttes d’eau – ou de pétrole, plutôt – à un blockbuster que n’aurait certainement pas renié cet infâme tâcheron qu’est Roland Emmerich.
Déjà, faudrait nous expliquer comment ces "rebelles" que des militaires chevronnés, à qui on ne la fait pas, qualifièrent récemment de pathétiques, quand ce n'était pas d’incompétents, ont pu, en si peu de temps, devenir des guerriers redoutables, disciplinés, affutés, au point de faire plier les hommes du colonel Kadhafi. Je rappelle, au passage, que ces hommes-là sont tout, sauf des rigolos. Pas le genre à tirer en l’air comme des crétins devant des caméras de télévision... Et d’ailleurs, à ce propos, quelqu’un a-t-il vu, dans nos divers, et si peu variés, écrans de télévision, un seul combattant de Kadhafi ? C’est fou, non ? Pas même un prisonnier. Et pourtant, il se murmure qu’il y en aurait…
En revanche, des "rebelles", ça, on nous en montre, et à la pelle. Nonobstant, c’était peut-être pas une bonne idée, car à les voir, le doute empire, dans nos esprits. Certes, nous ne sommes pas des benêts, on sait ce qu’elles valent, ces images dites de guerre. On a déjà donné. Avec celles du Golfe. Et tant d’autres. Faut pas s’y fier. Ca flirte même pas avec « propagande », ça l’épouse. Et sous toutes les coutures.
Enfin tout de même ! Des types vociférant sur des pick-up qui viennent à bout d’une armée, fût-elle composée – en partie – de mercenaires, une armée équipée sport en tanks et missiles sol-air, ça vous paraît pas curieux ?
Oh bien sûr, l’OTAN, via les airs, a fait le job, pilonnant à tout-va.
Avec quelques dommages collatéraux, pour le moins fâcheux quand on a pour seule mission de protéger les populations civiles. Et je vous passe certaines gâteries prodiguées par nos "insurgés".
Il est bon, je crois, de se remémorer la résolution 1973. Oui, il est bon de rire parfois.
Ce qui frappe – c’est le cas de le dire – dans ces images télévisuelles de propagande, outre la vision de ces "insurgés" qui, ça crève les yeux, nous apparaissent effectivement considérablement pathétiques, c’est que, au loin, on peut apercevoir des explosions, signes d’un véritable affrontement. La question étant : mais qui se bat, et sans merci, « au loin » ?
Assurément les partisans de Kadhafi ; mais « les autres », qui sont-ils ?
Il ne faut pas être grand clerc pour émettre l’hypothèse, hautement probable, qu’il s’agit en réalité de véritables militaires (français, britanniques, etc.) et de mercenaires grassement rétribués.
Or donc, comme nous nous éloignons, de plus en plus, n’est-ce pas, de notre fameuse résolution 1973.
Ceci étant, il faut bien comprendre qu’une opération de ce type, ça coûte bonbon. Un sacré paquet de pognon. Or, par temps de crise mondiale, menaçant les derniers Triple A, faudrait voir à pas traîner. C’est que dites, 87 millions d’euros en seulement 80 jours, ça pèse lourd pour un petit pays comme la France, étroitement surveillé par des agences de notation US.
Heureusement que nos « amis » du Qatar (et des Emirats arabes unis) sont là pour nous filer un coup de chéquier.
Oui, pour les derniers qui se demandaient ce qu’ils venaient faire dans cette occidentale « coalition », eh bien vous avez désormais un début de réponse. Ce n'est quand même pas les Italiens, endettés jusqu’au cul, qu’allaient financer ce bazar !
L’essentiel étant, qu’au final – comme on dit – chacun ait sa part du gâteau. Le gâteau étant, comme de bien entendu, le pétrole.
Est-ce pour des nèfles, ou beurrer quelques sandwiches, que des militaires français et britanniques (déguisés en touristes) ont installé leur QG au sein de la raffinerie de Zuwaytinah ?
Alors, je sais, l’on me dira, Kadhafi, c’est un « fou », un « malade », un « paranoïaque », et depuis peu (tout comme Ben Ali et Moubarak), un épouvantable dictateur, dont il faut impérativement et impérialistement se débarrasser, qu’il faut convaincre de partir afin que son peuple soit délivré du mal, Amen !
Oh, il l’était bien avant, dictateur, tyran, mais on n’osait pas trop le dire. La preuve, nous le recevions chez nous et avions même l’intention de lui vendre des Rafale. Vend-on des joujoux militaires de catégorie une à un dictateur quand on se prétend démocrate, et protecteur des opprimés ? Bien sûr que non ! On n’en refourgue qu’à des « amis » de la démocratie...
Or donc, vous voyez bien que Kadhafi n’est (redevenu) un dictateur que depuis très peu de temps. En fait, depuis décembre dernier. Soit depuis que le peuple tunisien s’est révolté. Et tout seul, s’il vous plaît ! Sans l’aide de personne. Tout comme le peuple égyptien.
Il y a, que voulez-vous, des révolutions qui sont admirablement spontanées. Téléguidées par personne. Et surtout pas par nous autres, les occidentaux, qu’avons ont bien d’autres chats persans à fouetter : la crise, par exemple... Quand on sait qu’une crise de ce calibre ne se résout que de deux façons, soit par l’inflation, soit par la guerre, on comprend que nous préférions nettement la première option. N’est-ce pas ?
Toujours est-il qu’on observe une inflation de combattants bizarres au sein des non moins bizarres "rebelles". D’aucuns s’en sont émus, mais étrangement, ça n’a pas l’air d’intéresser grand monde.
Pas plus que des armes parachutées par l’OTAN, s’en aillent, parfois, alimenter l’AQMI.
Non, tout va bien, ce Conseil national de transition, composé en immense majorité par des anciens compagnons de Kadhafi, est tout à fait crédible et fiable. Bref, on peut leur faire confiance... Nul doute qu’ils flingueront le tyran, accidentellement si possible.
Après quoi, et avec l’aval – voire : sous l’égide – du Qatar et de la Ligue Arabe, nous pourrons nous partager le grisbi pétrolier, comme prévu.
Et fêter dignement, le 11 septembre prochain, le dixième anniversaire des attentats du même nom. Moubarak, Ben Ali, Kadhafi, Ben Laden en quelques mois, mais quel putain de joyeux dixième anniversaire, non ?
Reste la question du peuple libyen que nous devions protéger. Que va-t-il devenir ? Que va-t-il faire de ses pick-up qui lui ont permis de battre le guide de la révolution ? Et les armes qui resteront, que va-t-il en faire ?
Je crois que l’Irak est un modèle, en guise de réponse. Sauf que, l’issue ne sera pas la même.
Elle sera sanglante.
Car c’est bien joli de renier un à un tous les horribles dictateurs qui nous ont, pourtant, rendu bien des services, même qu’on se foutait du tiers comme du quart de ce qu’il en coûtait, notamment pour leurs populations.
Oui, c’est bien beau de se faire passer aux yeux de téléspectateurs naïfs, pour de grands démocrates, encore faut-il assurer le service après-vente. Mais, y'en a-t-il jamais eu un, au programme ? Que ce soit en Irak, en Afghanistan, en Tunisie, en Egypte et en Libye ?
En admettant que oui, quelle est sa véritable nature ?
Je l’écrivais, en mars dernier : nous ne sommes venus ni protéger, ni porter assistance au peuple libyen.
Je maintiens.
Nous n’y sommes allés que pour protéger nos intérêts. A la faveur d’une crise financière, d’une crise de notre système néolibéral.
Nous n’y sommes allés que pour faire main basse sur des puits de pétrole. Et pour contrôler toute une région. Hautement stratégique.
Le peuple libyen, comme les peuples irakiens, tunisiens et égyptiens, sont nos faire-valoir (depuis quand, d'ailleurs, le peuple, quel qu'il soit, est une préoccupation de ce système néolibéral ?).
Ils ne pèsent en rien. Nous réglons nos comptes, c’est tout. Et nous préparons l’avenir. Un avenir sombre. Qui ne ressemble pas à l’inflation, mais à la guerre.
Il n’y a pas de victoire du peuple libyen. Il n’y a, peut-être, même pas de Printemps Arabes.
Il y a juste le pire qui se prépare. Minutieusement. Du sang et des larmes.
Mais, en attendant, quel putain de joyeux dixième anniversaire !
Celui-ci, au moins, on l’aura pas raté…
18:55 Écrit par Philippe Sage dans Je M'Excuse Mais Merde !, Politiquement Très Incorrect, Prenez-Nous Pour Des Cons !, Télévision, Piège à Cons | Lien permanent | Commentaires (22) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : libye, mouammar kadhafi, des rebelles pathétiques, main basse sur le pétrole, 11 septembre, dixième anniversaire du 11 septembre, aqmi, al-qaïda, qui sont ces rebelles ?, où sont passées les armes ?, résolution 1973 de l'onu, barbouzes, mercenaires, puits de pétrole libyen, printemps arabes mon cul ! |
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26 avril 2011
Douce France
Il a raison, Ménard. Y’a des choses qu’on ne peut plus dire... Sinon, c’est la curée. Voilà qu’on te tombe dessus, recta. Voire pis... Mais j’en ai cure, suis une tête brûlée, le « Pappy » Boyington certifié du Net… Or donc, moi itou, je vais donner dans la parole libérée, décomplexée. Même pas honte. Ni peur… Puisque nous voici au point où nous pouvons TOUT DIRE, au nom du sacro-saint « sans tabou », permettez que je me joigne derechef au concert.
Il a 19 ans. Se prénomme Haythem. Vit à Zarzis, dans le sud de la Tunisie... Il a un « rêve ». Que la journaliste [1] qualifie d’« obstiné » : quitter son pays, gagner la France. Et quand on lui demande pourquoi, il répond que « Tout est bien là-bas (…) le travail » tout ça… Alors qu’ici, à Zarzis, y’a rien. Que du chômage [2]. Pas d’avenir. Ou alors, la prison. Un mot de trop, un geste de travers, et hop, t’es bon pour le zonzon. A l’entendre.
Mais… la révolution, p’tit gars, celle qui vient d’avoir lieu ?
Il y croit pas, à la révolution, Haythem : « Rien ne changera » qu’il dit, « Le système restera aussi pourri qu’avant »... Alors, y’a pas d’autre choix, que celui de partir. Pour « vivre », enfin. Et… « Gagner de l’argent ». En France où « tout est bien ».
J’suis ballot. J’aurais dû faire comme Ménard. Lui donner un titre bien plus provo à cet article. Par exemple : « Vive Haythem ! » ou « Vive Les Clandestins ! ». Tant ce sont – apparemment – les derniers au monde à lui trouver du charme, à notre pays.
A croire qu’ils sont pas au courant : Guéant, Hortefeux, mâme Brunel, Le Pen, Raoult, et quelques Valls (qu’on laisse aller – oui, c’est une blague à balles deux, mais c’est pour détendre), ils doivent pas connaître.
« Quand il y en a un ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes » n’a donc pas traversé la Méditerranée. Pas plus que : « Il faut les remettre dans les bateaux ». Ni : « Les français » qui ne se sentiraient « plus chez eux ». Envahis – ne jamais hésiter à utiliser des termes bien guerriers pour faire « super » peur – par toute cette horde de mahométans « occupant » nos rues (moins d’une dizaine) par la prière.
Et je vous passe les saillies récurrentes du multirécidiviste Eric Zemmour. Ou tout autre propos qui, il y a à peine dix ans, en aurait révulsé plus d'un...
Avouez, que ça réconforte de l’apprendre. On aurait pu craindre que l’image de notre beau pays en fût écornée, pour longtemps. Grâce à Dieu – par chez nous judéo-chrétien dans un pays ô combien laïc – il n’en est rien.
Mieux encore : Haythem et ses compagnons sont persuadés qu’en France, il y a du « travail », or donc, qu’on peut « gagner de l’argent ». Bref, que la France est un paradis, la terre idéale, celle de liberté. Entre autres…
C’est rassérénant, n’est-ce pas ? D’être désiré, d’une certaine façon. Qu’il y ait encore, quelque part dans le monde, des êtres humains qui considèrent ainsi notre pays. Aussi haut, aussi beau… Ah ! je vous avoue que je suis tenté par la grandiloquence, tant je suis heureux, fier même – la voilà, la grandiloquence – fier d’être Français !
Car comment pourrait-on l’être si nous étions honnis, détestés, que de nous ET de la France, on disait pis que pendre… C’est que, ça compte ; l’image !... Et ça fait chaud dans le cœur, et même ailleurs, de constater, via Haythem, que ni Zemmour, ni Guéant, ni Hortefeux, ni personne, pas même Sarkozy, ne l’auront abimée… Malgré eux, la France conserve son aura. Son attrait…
Imaginez, un instant, que ce ne fût plus le cas. Que la France soit vue comme un repoussoir. Peuplée d’êtres apeurés, recroquevillés, méfiants, trouvant mille maux et autres torts à celui – l’étranger – qu’aurait le toupet de ne point lui ressembler, qui nieraient toute richesse autre que la petite sienne, un peuple coupé du monde, reclus, étroit, d’une mesquinerie sans égale ; mais nous serions, n’est-ce pas, les premiers à prendre un bateau, fût-il radeau, pour la quitter !
Ce qui fait que nous soyons fier de notre pays, ce n’est pas un drapeau, ce n’est pas une armée, à peine son économie, c’est sa grandeur. D’âme… La voilà, la richesse, la seule qui vaille et compte, dans un monde où les salariés de base sont dissous par les lois du marché, essorés par le néo-libéralisme.
Mais dire cela, en 2011, parler de « générosité », de « fierté », de « grandeur d’âme », d’Amour même, c’est prêter le flan. C’est, à coup sûr, déclencher la haine, une curée monumentale.
Haythem, ne le sait pas, mais va le découvrir, plus souvent qu’à son tour, cette France dont il a conservé une image enfantine, une du passé, pas si lointain – et puisse que cela continue chez de futurs Haythem – a été prise d’assaut, dans la presse, dans la télé, dans la radio, un peu partout, par d’étranges personnages fustigeant (en échange de juteux émoluments) la – je cite – « bien-pensance » et le « politiquement correct ». Termes putassiers, définitifs, propres à salement couper tout débat digne de ce nom – si tant est qu’il en restât encore.
Si j’osais, je dirais qu’ils « occupent » la France, ces « gens-là ». Leur résister, avec du cœur, de l’Amour, mais aussi, de la force, de la fermeté, de la « détermination » comme l’on dit, c’est se voir, d’emblée, et méprisamment, ô combien, reléguer dans l’univers des Bisounours.
Ces bourgeois, ces « bobos » (car ils en sont, ce sont les premiers d’entre eux ; voyez comme ils vivent grassement, et si loin du peuple) s’ingénient quasi quotidiennement à nous faire la leçon, la Morale, à grands coups de : « Vous n’avez qu’à en prendre un chez vous », « On ne peut pas accueillir toute la misère du monde », et comme la « gauche » - ou supposée – renonce, petit à petit, de plus en plus, à tous ses idéaux, l’idiote ! les voilà qui fanfaronnent d’autant. Vulgairement : ils se la pètent. Et dans la soie…
Ils sont la « nouvelle pensée unique », en vérité, les fossoyeurs de notre pays, de ses valeurs, celles d’humanisme, allant même jusqu’à taire ses errances (ce serait « repentance », qu’ils assènent), glorifiant le colonialisme et tutti.
Et pourtant, malgré eux, toute leur rancœur, tout le moisi, il se trouve encore, dans le monde, des Haythem pour la trouver belle, la France. Et je m’en réjouis. Oh que oui !
Ils ont beau éructer, les Zemmour & Cie, pignon sur rue médiatique qu’ils ont ; prendre la roue des idées de l’extrême-droite, nos politiques de papier obsédés qu’ils sont, et uniquement, à conserver leurs postes de députés, de ministres, de lèche-bottes ; rien n’y fait.
Au fond, seuls sont touchés – et salement – ceux qui vivent ici... C’est que, à force de les entendre baver, on finirait, oui, par croire que nous habitons un petit pays sans envergure, tout miné, tout étriqué, sans âme, un pays à la merci de.
Ce n’est pas ce que pense Haythem. Pas encore… Mais nous devrions l’aider à faire en sorte qu’il continue de le penser. Et longtemps…
Penser que douce est la France, accueillante, ouverte, humaine, et qu’au Diable aillent se faire pendre ses curés de la « nouvelle pensée unique » ! [3]
[1] La journaliste en question, c’est Alexandra Deniau.
Pendant trois semaines, elle a suivi le « périple » de Haytem et de ses compagnons.
A l’arrivée, un reportage intitulé « Les Naufragés De La Révolution » et diffusé en ouverture d’Envoyé Spécial, jeudi 21 avril, sur France 2.
[2] A Zarzis « une personne sur quatre est au chômage » nous apprend Alexandra Deniau, au cours du reportage.
[3] Qui – c’est assez cocasse – se plaignent qu’on ne peut plus rien dire et n’ont cesse, cependant, de dire ce qu’ils pensent. Une pensée rance. Sale image de la France.
18:01 Écrit par Philippe Sage dans Politiquement Très Incorrect | Lien permanent | Commentaires (38) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : france, pensée unique, révolutions arabes, espace schengen, france terre d'accueil, zarzis, la nouvelle pensée unique, racisme ordinaire, lepénisation des esprits, immigration clandestine, les valeurs de la france, lampedusa, populisme |
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12 novembre 2010
Mais De Quel « Monde » Parle Lula ?
Or donc, jeudi 11 novembre 2010, celui qu’est encore (un peu) Président du Brésil, Luiz Inacio Lula da Silva, tenant conférence de presse introductive au fameux G20 dont M. Sarkozy espère tant, déclarait, peu ou prou, que si les pays riches « ne consomment pas, et misent uniquement sur les exportations [pour sortir de la crise] le monde court à la faillite ».
Bien.
Mais …
… De quel « monde » parle Lula ?
En réalité, Lula parle du « vieux monde ». Celui qu’agonise « en direct ». Tellement suffisant, hautain, devenu branque et bientôt chèvre, incontrôlable, shooté, banquérisé & bunkérisé.
Ce monde-là, c’est le monde Occidental.
C’est de ce « monde », et uniquement de celui-là, dont nous parle Lula.
Et cela fait des années qu’il plonge et "couac40", dépassé par le « système » qu’il a mis en place, un « système unique » pour toute la planète, une « pensée unique » pour tous les humains qui la peuplent. Ce « système » est un monstre, sorte de logiciel tout droit sorti de Skynet, et comme tout monstre, il va morfaler jusqu’au trognon ses créateurs et ses ouailles, tout balayer, éparpiller par p’tits bouts, façon puzzle, ce monde Occidental, le ventiler.
Et ce serait (donc) par la « consommation » que nous le sauverions ? ... Créer le besoin, encore et toujours, formater l’humain comme un rat, le réduire à cet état, de « consommateur », « vache-à-lait », trimardeur … mon cul ! Ça n’y suffira pas ! Pas cette fois !
Entre ici, le chaos, l’acte final ! Pas la peine de réserver son ticket, pas de balcon, ni de strapontin, non ! C’est au premier rang (d’oignons), que nous assisterons, ébahis et muets, à la fin, immense, d’une pure folie.
Non mais regardez-les, ces pantins encravatés, nous assurer que « tout va bien, on contrôle la situation, dormez tranquille, nous allons moraliser le monstre » !
Que c’est drôle ! Et pathétique à la fois. Ça a des airs de presque 38. Avant « la drôle de guerre ». Ça monte au créneau, ça nous demande d’écoper et souquer, de rustiner et colmater jusqu’à plus d’âge, parfois même gratis, mais tiens donc ! comme c’est bizarre, v’là que j’entends comme une p’tite musique qui suinte de ce grand corps malade qu’est l’Occident, et dont le gimmick (ou la boucle) serait :
« Ah les cons ! S’ils savaient ! ».
Faut-il être aveugle au dernier degré, lobotomisé par la télé-crotte, sourd à crier, pour ne pas « savoir ».
Pour ne pas, au minimum, se douter que.
Lula aurait été plus convaincant et inspiré, s’il avait eu le courage et l’honnêteté de finir sa phrase.
Car, oui, elle est incomplète. Il manque l’essentiel. Tant dans toute faillite, il y a repreneur. Dans toute faillite, il y a un vainqueur. Celui qui ramasse la mise, ou ce qu’il (en) reste, les miettes et quelques vestiges, et devient le nouvel empereur (qu’il est déjà) le leader, le number one, celui qu‘impose ses règles et sa loi, une autre dictature. Et fera de l’Occident, un musée pour touristes. Un machin à colorier, à prendre en photo, à découper suivant les pointillés.
Oui, Lula, aurait été un sacré mec aux roubignolles d’acier trempé, d’autant plus qu’il se retire, autant le faire en beauté, sur un coup d’éclat qu’aurait fait son effet et bien du chambard, tout en ajoutant au « merdier » mais peu importe, au point nous en sommes ! Oui, disais-je, il aurait porté beau, Lula, s’il avait dit :
« Le monde court à sa faillite … et la Chine à son triomphe ».
Celle à qui l’on fait cadeaux et courbettes : « Oui madame ! Bien madame ! Tout ce que vous voudrez madame ».
Celle qu’on reçoit tels des laquais.
Mais comme il ne l’a pas dit, Lula-sur-le-départ, continuons à faire comme si, rustinons, colmatons, trimons, nos acquis bradons, après tout, qu’est-ce qu’on s’en fout à présent, l’affaire est entendue, n’est-ce pas ?
Pour les autres, crédules, forcenés ou attardés mentaux, il reste cette fanfaronnade costumée, ce spectacle pour gogos, un machin à prendre en photo : le « G Vain ».
NB1 : Jadis (en 1957) quand le mémorialiste prédisait la même chose, la Chine triomphante, L’Express rétorquait :
« Ce n’est pas pour demain »
Le mémorialiste répondait alors, cinglant :
« Ça peut aller vite ! »
L’autre jour, mardi, un de ses fils, un Goncourt, futur pamphlétaire (car il est là, son seul avenir littéraire possible) las de tout ce tralala, cette comédie, ce naufrage, accordait entretien radiodiffusé.
Lorsque le journaliste goguenardisait sur l’hypothèse d’un Châtelus-le-Marcheix transformé, dans un avenir proche, « en un Disneyland colonisé par les chinois », le Goncourt après un sonore « Et alors ? », ajoutait, de plus en plus las :
- On va plus produire de choses en France, c’est fini !
- Donc .. Donc la France comme un vaste musée .. dédié au tourisme mondial !? Il a dit, le journaliste ; et à son ton, on devine qu'il ne croit pas une seconde (tout comme l’Express de 1957) aux propos tenus par ce nouveau mémorialiste, qui pourtant, y revient :
- Oui, eh ben … pourquoi pas ? (…) Il faut envisager la réalité (…) Je suis pas là pour dire c’qui est bien ou pas bien ! Je suis là pour essayer de montrer c’qui s’passe dans le monde, et c’est ça qui s’passe actuellement en France ! … [Soupir] … Les chinois … nous adorent en tant que destination touristique. Ils sont nombreux, ils sont riches … [Silence] ... Donc euh .. Voilà.
Nous y sommes, ça veut dire, le « Voilà ».
Ou quasiment.
NB2 « La Chine est un géant qui dort ; quand il remuera le petit doigt, il fera trembler le monde » [Napoléon]
18:43 Écrit par Philippe Sage dans Crise Financière, Politiquement Très Incorrect | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : g20, seoul, lula, le monde court à sa faillite, la fin du monde occidental, la chute du capitalisme, le triomphe de la chine, moralisation du capitalisme, le g vain, de la consommation, voyage au bout de la haine, michel houellebecq, goncourt 2010 |
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13 octobre 2010
LOL ! La Jeunesse Est Dans La Rue !
Non mais, qu’est-ce que j’apprends ? Dites-moi que je rêve ! Le « jeune » a rejoint en grand nombre le cortège des manifestants, ceusses qui ne veulent point de la réforme des retraites de ce gouvernement d’ultra-droite ? Moi qui croyais que le gros kiff du « jeune » c’était d’organiser des apéros géants, de skybloguer ou de faire marrer la France entière avec un No Sarkozy Day, pardonnez-moi – comme dirait Yves Calvi – mais LOL, mdr, et gifs animés par la même occasion ! Ah ça, j’avoue, j’en suis bien ébaubi ! Non, vrai, c’est la meilleure de l’année ! Même que, tiens, vous me la copierez !
Alors oui, je sais, mon Kikou-LOL, tu vas m’envoyer, recta, dans les gencives que tiens donc ! ma prise de position due à mon étonnement baba, cette ironie en liminaire que t’as parfaitement saisie, et comme c’est curieux, voire éminemment suspect pour un « gauchisssse » de mon espèce, me range illico et presto dans le camp des néocons, n’est-ce pas, mais si tu veux bien prendre deux ou trois minutes de ton temps Biactol, je m’en vais t’expliquer ce qui m’escagasse le ciboulot, mon « jeune ».
Je ne vais pas te demander si par hasard tu serais pour une retraite par répartition, capitalisation, à la carte, combien d’annuités, quid de la décote et tout le merdier. Sans parler de la pénibilité. Si t’es dans la rue, que tu bloques des bahuts, c’est que t’es au jus. T’as potassé copieux le dossier ! T’es calé, mon Kikou ! T’as même pas besoin qu’une marionnette catho de Poitou-Charentes vienne te pousser au train en te stridant : « Tous ensemble/Tous ensemble/Ouais ! ».
Moi-même quand j’avais 15 ou 16 piges, la retraite, ça me travaillait sévère, itou. Même que je ne pensais qu’à ça. A ce point que mes vieux m’ont délocalisé dans un internat pour me refaire l’éducation. Mets-toi à leur place ! Un adolescent qui cause, matin, midi et soir, de sa retraite future, ça les a fait flipper grave. Ils se sont dit que j’avais le singe ou un truc du genre. Voire, que les sages-femmes s’étaient gourées à la maternité quand fut venu le temps de refiler la viande fraîche alias Bibi ! Bref, que j’étais pas des leurs, y’avait comme erreur sur la marchandise ! Comment se faisait-il que ce chiard, il ne parlât QUE des retraites alors que les autres, ceusses de son âge bête, y faisaient les cons au mieux, signaient des pétitions pour la liberté, les droits de l’homme, défendaient pauvres, opprimés et sans-papiers, au pire (oui, mes darons étaient farouchement sarkozystes avant l’heure) ... Ah oui, comme je te comprends « mon jeune », tant comme toi, j’ai dû convaincre un monde incrédule, celui des adultes courbés, serviles et lâches, que mon combat n’était point instrumentalisé par je-ne-sais-quels gougnafiers de gauche molle. Même que j’ai poussé le curseur jusqu’à plus soif, démontrant par A+B et intégrale de mes fesses, que si on continuait sur ce chemin, y’a une affaire qu’allait nous tomber sur le paletot, du genre subprimes : Parfaitement, mon Kikou ! Moi, Philippe Sage (c’est mon vrai blaze, j’donne pas dans l’anonymat crapuleux, nouveau symbole de la démocratie et de la liberté d’expression triomphantes) j’avais par mon engagement sincère et précoce, entrevu l’inéluctable, la crise qui nous mine et ronge, l’actuelle, celle qui permet à un gang de jean-foutre de faire passer tout un tas de lois, ô combien liberticides. Tu vois où ça y mène d’être préoccupé dès les premiers poils pubiens par l’angoisse, celle d’une retraite pas certaine ?
Oui, je sais, là, tu te dis que très ouvertement je me fous considérablement de ta gueule d’ange. J’aurais dû, c’est vrai, y ajouter des LOL, des mdr ou des ptdr ... Nonobstant, c’est pas faux ... Sauf que, c’est pas moi qu’ai commencé, mon Kikou. C’est toi, qui te fous ouvertement de la nôtre. En nous faisant croire que tu manifestes CONTRE la réforme des retraites de ce gouvernement d’ultra-droite. Que les retraites, ça te cause un gros souci. Que c’est ça, TA priorité.
Alors de deux choses l’une, « jeune » : soit t’es vraiment instrumentalisé, et c’est moche. Soit t’es monté à l’envers. J’opte pour cette seconde solution. Parce que, vois-tu, il se trouve que, pendant que tu faisais ton mariole, mardi, ton gouvernement, dans le saint temple laïc de l’Assemblée nationale à 294 voix contre 239, faisait passer une énième loi contre l’immigration. Et pas une petite. Avec – entre autres – comme dégueulasseries, extension de la déchéance de nationalité, durcissement de l’obtention de la carte de séjour pour les étrangers malades, modification terrifiante de la procédure judiciaire administrative d’expulsion (de sans-papiers, de miséreux ou de Roms, par exemple) sanctions pénales pour ce que les amis de M. Besson nomment les « mariages gris », et il était moins une avant qu’ils ne remettent en cause le droit du sol ! ... Ce que je veux dire, c’est que depuis sept ans, ton pays, la France, applique pas à pas, même pas sournoisement, et un à un, quelques articles en bonne et due forme venus tout droit du Front National et toi, tu bouges pas ton cul ? Mais si la jeunesse de ce pays, celle qui traditionnellement monte au créneau, et comment ! sur des sujets aussi graves, ne moufte pas, quelle est donc cette jeunesse, sinon une jeunesse à balle deux ? Une égoïste au carré, une déficiente du cervelet qui voit pas plus loin que le bout de son nez !
Où étais-tu pendant que la clique Hortefique chassait du Rom pendant l’été ?
As-tu seulement protesté, même mollement, au son du cor du discours de Grenoble ?
Quand je pense que pour moins que ça, les lois Debré (1997), ça pétitionnait à tout va, ça s’insurgeait, criant à la lepenisation, et qu’aujourd’hui, ça ferme son clapet et nous ferait croire que ça en aurait à caguer de sa retraite ? Non mais, vous vous foutez du monde, les « jeunes » ?
Quand une jeunesse ferme sa gueule, laisse faire, qu’elle ne lève pas le moindre petit doigt, ne se mobilise pas, jamais, contre de telles lois honteuses, d’autant plus que c’est la cinquième en sept ans, alors que c’est d’elle, sur ces sujets précis, que devraient venir la colère, le refus, le chambard, elle n’a alors aucun autre droit que de continuer à la fermer, à filer doux, jeunesse carton-pâte, juste bonne à kikouler, facebooker, apérotiser ou noSarkozyder.
Sur ce, veuillez agréer, « jeunes » de ce pays, mes mdr les plus LOL, tant je ne vois pas ce que vous mériteriez d’autre(s), en tous les cas, pas la moindre considération. Et basta !
Ajout du vendredi 15 octobre : Lis ça !
Ajout à cet article : Sarko ne récolte que ce qu'il a semé !
15:18 Écrit par Philippe Sage dans Politiquement Très Incorrect, Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (25) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : lol, mdr, ptdr, kikoulol, réforme des retraites, les lycéens sont dans la rue, loi contre l'immigration, déchéance de nationalité, droit du sol, mariages gris, chasse aux roms, discours de grenoble, france ta jeunesse fout le camp |
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22 août 2010
Rien [Ou Si Peu]
Tu vas voir, qu’à ce train-là, ils vont nous le ratiboiser et pas qu’à moitié, le pays, et avec lui, les esprits ou ce qu’il en reste. Ah, ça décanille sec, ça élague, ça démantèle, quelle maestria ! Non, vraiment, j’en suis baba (aux Roms ...) ! Bravo les gars ! C’est du grand art ! Bettencourt et sa clique, Woerth et son cloaque, finis ! Adios ! ... Quant au pouvoir d’achat, la France d’après, celle qui se lève tôt – tu t’en souviens, dis ? – cette France de propriétaires et du plein-emploi, niquée ! Oubliée ! ... Parce que, sais-tu quoi ? Tu n’es pas en « sécurité » ! Pas assez ! Et si tu crois l’être, on va t’enfoncer dans le crâne, et à coup de massue s’il le faut, que non, bordel de merde, « tu-n’es-pas-en-sécurité » ! T’as compris ? ... Et qu’on s’amuse à dire le contraire et vlan ! Te voilà relégué dans la division des « bien-pensants » ! ... Hein ? ... Quoi ? ... Que dis-tu ? ... C’est quoi un « bien-pensant » ? Mais j’en sais foutre rien, mon pote ! Logiquement, c’est l’inverse d’un « mal-pensant » ! Non ?
Or, donc, il ne faut pas, c’est exclu, dans cette France-là, « bien penser » ! Et d’ailleurs, il ne faut plus penser. Du tout ! Si tu penses, qui sait ? Demain ou après-demain, tu t’en irais, peut-être, péter un truc, une vitrine, une école, un système ... Une caténaire ... Police-menottes-prison pour ta pomme, ah comme il va morfler le sale mec, l’ultra-gauchiste ! Terroriste, va ! ... Alors non, ne pense pas malheureux ! Evite ! Prends ta dose quotidienne de Drucker, de Reichmann, de Dechavanne. Bouffonne-toi l’existence ! Ivre-toi de téléconne ! Icône donc les Pujadas, les Chabot, les Chazal et autres Ferrari ! Ça c’est de l’info, coco ! Made in Guéant from Elysée ! Son taff à cet ostrogoth, c’est de filer chaque jour que Sarkozy fait, un os à ronger. A l’AFP ! A Reuters ! Au JT ! A tutti quanti qui se prétend journaliste ! Et ensuite, c’est la curée ! Haro sur le Rom ! Le musulman ! Le pas-de-chez-toi ! Le métèque ! Ce scélérat, ces crapules qui veulent ta peau, ton blé, ton boulot ! Mais si ! ... Vois comme ils sont armés jusqu’aux dents, et pas de la petite dent de lait ! Ah ça non ! De la bonne grosse dent, aiguisée et finement ! Qui sait, s’ils n’iraient pas jusqu’à bouffer nos gosses ! Oui, comme autrefois, les communistes ! C’est de la même espèce, de la même race, sans foi, ni loi, des parasites dont il faut, manu-militari se débarrasser et pour quoi ? Pour ton bien, ton bien à toi, et celui de la nation ! Nation chérie, allons enfants de la patrie ! Il faut expulser ces malfaisants, et plus vite que ça ! ... Parce que, bien évidemment, tu es d’accord ! Nous sommes TOUS d’accord ! La preuve, c’est qu’on ne dit rien ! Que dalle ! Notre cul, on le bouge pas ! Affalés chez nous, à pondre des textes, du kleenex, à regarder passer les trains et quelques putains d’avions, ceusses qui raccompagnent « dignement » (oui « dignement » car je te rappelle que la France n’est assurément pas un pays de sauvages ; on accueille et on expulse avec le maximum d’humanité, nom de Dieu !) ces brutes, ces racailles, ces miséreux qui menacent notre tranquillité, le « vivre ensemble ». Le nôtre, bien entendu ! Ça, tu l’as bien compris ! « Vivre ensemble » certes, mais pas avec n’importe qui ! En tout cas, pas avec « eux » ! La France, elle est aux Français ! Aux français d’abord ! Les autres : dehors ! ... Sacré programme, n’est-ce pas ? ... J’irais même jusqu’à dire que c’est foutrement « bien pensé » ! A croire que là-haut, dans ce qu’on nomme assez judicieusement « le château » on se fait et copieux des infusions vendéennes, De Villiers dans ta boule à thé ! On se shoote au Le Pen ! Même que, on doit sniffer du Mégret, des lignes de Bruno, ça c’est de la came de compète, MNR certifié ! Y’a pas mieux sur le marché ! …
... Ah, bordel ! Mais qu’est-ce t’as donc dans le cervelet ? Tu ne la vois donc pas la manip’ ? L’entourloupe ? La fumisterie ? Tu crois qu’après tout ce ramdam, tu seras plus en « sécurité » qu’hier ? Non ! Bien sûr que non ! Parce qu’il y aura toujours un bouc émissaire ! Te bile pas, va, on t’en trouvera, et à la pelle ! Ils te les désigneront ! Et comment ! Et tu marcheras, comme aujourd’hui ! ... Applaudissements ! ... Parce que dès qu’on te cause de « sécurité » tu plonges et recta ! Tu ferais n’importe quoi pour te sentir EN « sécurité » ... Et ils le savent ! Peu leur chaut que la première des sécurités ce soit un emploi ET un toit ! Pourvu que ça ramène de l’électorat ! Du tondu, du meuh-meuh, du qui regarde le doigt, jamais la Lune ! Un doigt qui pue, tellement il se l’est gratté, le cul ! ... Oui, tu verras, y’aura toujours un salopard d’étranger, né sur ton sol français, qui mettra en péril TA « sécurité » ... Y’a bon le filon ! ... Aujourd’hui le Rom, hier encore le musulman, comme jadis, tu te souviens, le juif ! ... Et pendant c’temps-là, où qu’il passe, le pognon ? Tu te la poses, cette question ? Parce que du pognon, sais-tu, y’en a ! A foison ! La France, c’est pas le Bengladesh, mon pote ! C’est un pays qui respire le blé, l’artiche, les pépettes, mais toi, moi, on n’en verra pas la couleur ! Et tu sais pourquoi ? ... Parce que pendant qu’on expulse, qu’on raccompagne, qu’on rafle, le pognon, lui, il circule. Elle est là, l’entourloupe ! La fumisterie ! Et voilà comment on se fait mettre, et bien profond ! ... Quoi, la crise ? .... QUELLE crise ? ... Mais ça fait 30 ans qu’on est en plein dedans ; TRENTE ANS ! Et tu crois que le pognon, il s’est fait la malle dans cet intervalle ? Bien sûr que non ! Même que t’as un indice : les salaires ... Pas les nôtres, Dugland ! Non, ceux de nos dirigeants, les compétents, plein les fouilles qu’ils s’en mettent ! Ah, ils doivent se marrer, et grassement, quand leurs poteaux, ceusses du « château » nous remettent le sketch bien huilé de la « sécurité » ! Doivent se taper sur les cuisses, les mecs ! Tiens, j’suis même prêt à parier qu’ils appellent le Woerth pour le convier à la fête ! Le Woerth, le Santini, le Balkany, l’Estrosi, enfin bref, toute la bande ! Tout le gang ! ... Et donc ?
Et donc rien !
RIEN !
Continuons comme ça, restons bien sages, chez nous, à nous offusquer mollement, à ne RIEN foutre, à laisser faire. Continuons à marcher du pied gauche – paraît que ça porte bonheur – dans la merde « sécuritaire ». Continuons à faire semblant de ne pas comprendre. De ne pas voir. Laissons-les ratiboiser ce pays, ce fantôme, le peu d’esprit qui l’habite. Après quoi, rien, définitivement, il n’y aura plus RIEN.
Pas même l’idée du chaos.
23:00 Écrit par Philippe Sage dans La Tristesse, Politiquement Très Incorrect | Lien permanent | Commentaires (35) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : roms, expulsions, démantèlement de camps de roms, affaire bettencourt-woerth, argument sécuritaire, la france d'après, la théorie du bouc émissaire, salaire des grands patrons, quelle crise ?, la france de sarkozy, la victoire du front national, le chaos, il n'y a plus rien |
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17 août 2010
Les Céfrans
J’avais dû mettre « ça » sur le compte des guerres, la Première, la Seconde et les coloniales. Toutes ces chairs à canon. C’était foutu, pensais-je, râpé, inutile de parler, tenter de convaincre, il n’y avait rien à faire. C’était des générations entières qu’étaient perdues pour toujours.
Je me disais qu’avec le temps, ça passerait parce que d’autres viendraient, moins abîmées, plus généreuses aussi.
Je me suis trompé.
Nous dînions assez tôt, vers dix-neuf heures. Dans mon dos, un téléviseur crachait les dernières nouvelles. C’est là, autour d’une soupe ou de quelques artichauts que j’entendis pour la première fois les termes de « ratons », « bougnoules » ou « négros ». J’étais petit garçon, je ne savais pas, je ne savais rien, et pourtant, je me souviens très bien que ces mots-là ne me plaisaient pas. Je ne sais pas pourquoi, comment l’expliquer ... Peut-être était-ce dû à un instituteur, une leçon d’instruction civique, cette résistance précoce, ce refus total, ou cela venait-il de plus loin encore … Toujours est-il que ça n’eût pas de prise sur moi, au contraire, j’avais envie de fuir, foutre le camp tellement je n’en pouvais plus d’entendre ces mots. D’autant plus partir que, comme je l’ai dit, il n’y avait rien à faire ni à convaincre, c’était ainsi, ça ne bougerait pas, quels que furent les arguments.
A quinze ans, je me tirai, découvris un autre univers, une pension qui, bien que militaire, m’épargnait ce genre de termes. Du moins, est-ce ainsi que je le voyais. Or, je ne voyais que la surface. Si je m’y penche vraiment, là, maintenant, je sais, je les retrouverais. Ils étaient là. Moins francs, moins directs, mais ils y étaient. Sinon comment expliquer cette colère, cette rage qui plus d’une fois prirent cet élève, ô combien brillant, cet élève noir prénommé Cherif ?
Alors, à nouveau, je partis, convaincu qu’il existait un endroit où jamais plus je n’entendrais « sale nègre », « pédés ! » ou « bicot ». Curieusement, je pensais que ce territoire serait féminin. Mais là encore, je me trompais. Le sexe n’a rien à voir. Je ne sais pourquoi, de le découvrir, m’a autant attristé … Peut-être pensais-je comme le poète que « la femme était l’avenir de l’homme ». Quelle fadaise ! La femme est un être humain comme les autres, ni plus, ni moins. Capable de vous dire : « Aucune noire ne passera la porte de chez moi ! » .. Eh bien soit, ma mère ! N’ayez crainte, je ne vous la présenterai pas ! … Ce fut une telle déconvenue, déjà, une douleur, quand me voyant « traîner » avec Mehdi, vous me disiez : « Méfie-toi ! Tu ne les connais pas, ces gens-là ! A la première occasion, il te plantera un couteau dans le dos ! ». Ce qui n’est jamais arrivé. Au contraire ! Il m’a sauvé de bien des choses, de l’inavouable ... Ah, comme c’est étrange, n’est-ce pas l’amitié ! On se croit arrivé, ça y est ! On les a trouvés, les rivages de paix, de tranquillité. Et puis, non … Voilà que ça recommence, que ça vous rattrape, et vous êtes assommé, comme jamais. Il suffit d’une compétition sportive, un match de football en l’occurrence, et là, vous n’en croyez pas vos oreilles, pourtant c’est bien lui, cet ami qui dit « con de nègre » ou « putain de ritals » lui avec qui vous fîtes les quatre cents coups, des soirées inoubliables, comment aurais-je pu me douter que … ?
Partir, encore, toujours, avec cet espoir enfantin - oui, je crois, malheureusement, que c’est le terme qui convient : enfantin – de le trouver, enfin, l’endroit. Et j’en écumais pas mal. Ne saurais dire quel et le pire : Sud-Ouest, Sud-Est, Centre, Ile-de-France, Bretagne, Normandie ? … Des années et tant de familles … Ah, les familles ! Ça vous laisse entrer, ça vous renifle, poliment, et puis, le temps passant, ça se lâche, à table, toujours à table ! Et v’là des termes que je ne connaissais pas qui surgissent, plus horribles encore, comme « gris » ou « crouilles ». De les écrire, ça me met mal à l’aise ... Si vous saviez le nombre de fois où je me suis tu ou terré, déçu, désolé, à pleurer, me demandant comment il était possible que celle-ci ou celui-là, si jeune, si confortable, sans problèmes aigus puissent se vautrer dans une prose pareille ! Des familles de bien des milieux, peu importe, y’a pas de profil-type, pas de règles, c’est insoupçonnable… Alors de deux choses l’une : soit je ne suis pas chanceux, soit … Mais c’est un fait ! UNE réalité.
Faut-il ajouter que toutes ces personnes que je croisai, d’horizons si différents, ne votaient pas forcément Front National ! Ah non ! Ça vote à droite, souvent, mais aussi à gauche, ça je peux le certifier ! Je l’ai dit, ça n’a pas de profil-type, ni de règles, c’est insoupçonnable !
Et moi qui pensais, bêtement, que ça passerait, avec le temps, de nouvelles générations ; oui, je pensais vraiment qu’avec le temps on foutrait tous ces mots, ceusses de nos parents, à la baille, eh bien non ! Ça s’est transmis, comme un virus, mais du genre mutant, j’entends par là, qu’il me semble aujourd’hui plus virulent, plus violent encore qu’autrefois. Même que, je crois, ça rêve d’en découdre. D’en finir.
Or, donc, cela fait des décennies et des décennies, oui, cela fait si longtemps, qu’une partie non négligeable de la population de ce pays utilise des termes tels que « bougnoules », « ratons », « crouilles », « gris », « sales nègres » ou « négros », et, pour l’avoir bien observée, il se trouve que c’est cette même population qui, depuis quelques années, se plaint d’être victime d’un racisme anti-français.
18:18 Écrit par Philippe Sage dans La Tristesse, Opinion, Politiquement Très Incorrect | Lien permanent | Commentaires (99) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : les céfrans, racisme ordinaire, bougnoules, ratons, négros, générations perdues, termes racistes, injures racistes, racisme anti-français, la france moisie, guerre civile, état de guerre, front national |
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29 juillet 2010
Ils Disent Que « Ça Va Péter ! »
Partout, de plus en plus, je l’entends. Plus un jour, sans que .. Et, peut-être que, c’est vrai … Enfin, j'veux dire, qu’ils ont raison, ceusses qui le disent .. Oui, peut-être que, ça va finir par "péter". Tout exploser ... Et l’on aura plus que nos yeux pour pleurer .. Quoi ? .. Fantasme ? Est-ce tout ce que tu m’opposes, ce mot-là, ce terme passe-partout, celui de fantasme, ce qui signifie, rentre chez toi, à la niche, fais-nous y pas chier avec ton cinéma, ton film-catastrophe ! … C’est léger, mon ami .. Très léger .. Mais ouvre donc tes mirettes, ne vois-tu pas ce qui monte, ce qui se prépare, lentement, mais sûrement ? .. Ne vois-tu pas que ça tangue copieux, qu’il n’est plus très loin le séisme ? Que ça va pas être joli-joli ? .. Car tout y est. Toutes les conditions sont réunies. Y’a plus qu’à allumer cette foutue mèche, et baoum ! … Ah, je t’assure, j’en suis marri et malade, mais c’est inéluctable .. Quand ? ... Je sais pas. Bientôt ... Et non, bordel à chien, encore une fois, c’est pas du cinéma, c’est une évidence …
Je ne vais pas te sortir le pathétique couplet, “moi, homme de gauche”, ah non ! Plutôt crever ! Y’a plus d’homme de gauche, c’est fini ! L’est morte, la gauche ! Bouffée de l’intérieur ! Liquidée, la LCR ! A la place, un miséreux porte-voix ! Que veux-tu faire avec ça ? Geindre par le biais de communiqués miteux ? La belle affaire ! ... C’que t’es con, mon pauvre Olivier ! T’as tout crabouillé le machin ! Si tu savais comme je t’en veux ! La gauche, mon cul, oui ! ... Et le peuple, l’entends-tu ? C’lui qui souffre, qu’en a marre, mais à un point, qu'y’a plus de mots à coller dessus ! ... Mais c’est râpé, c’est trop tard ! ... Or, donc, oui, “ils” ont raison, “ça va péter”. On y coupera pas ! Clichy-sous-Bois, Villiers-le-Bel, Woippy, Grenoble, c’est que du hors-d’œuvre ! Ce qui se prépare est autrement plus sanglant ! Et tu sais quoi ? On l’aura bien mérité ! Tous autant qu’on est ! ... Ah, cet escogriffe de Chirac avec sa “fracture sociale” ! Il en a fait quoi ? ... Rien ! ... Politique de la ville : zéro ! Juste bon à balancer “et quand vous ajoutez à ça, le bruit et l’odeur” en fin de banquet, réunion pour avinés. Sagouin, va ! Imposteur ! Fossoyeur ! ... On ne dira jamais assez à quel point, cet homme qu’aujourd’hui d’aucuns regrettent en masse, parce qu’ils n’ont rien compris, qu’ils sont à côté de la plaque, a laminé ce pays ! L’a rendu glauque ! ... Qu’a-t-il fait, Chirac en douze ans, hein ? Balle-peau ! Nib’ ! Que dalle ! ... L’a raison le Sarkozy, ce mec-là, c’était un roi fainéant ! ... Quoi, l’Irak ? ... Mais dans le cul, la balayette ! On va pas lui en faire des courbettes, au corrézien, parce que, une fois, dans sa vie, il aura osé dire non ! Faut quand même pas pousser ! ... Rien, je te dis, il n’a rien fait ! La fracture sociale, il l’a laissée pourrir ! Alors qu’il avait toutes les cartes en main ! Il pouvait, cet homme-là, être celui qu’aurait fait en sorte qu’il y ait plus de justice sociale, de justice tout court. Il aurait pu, oui, être l’homme qu’aurait pu réconcilier les citoyens entre eux. Qu’ils puissent mieux se comprendre. S’accepter. S’entendre. Mais non ! Rien, il n’a rien fait ! Impardonnable ! Pour moi, cet homme, Chirac, est impardonnable ! ... Fallait-il être niais ou inconscient pour ne rien faire de beau, de grand, de juste ! En douze années ! ... Moi qui fais partie de cette génération qui vota pour la première fois en 1981 (et sûrement pas Mitterrand, ah ça non !) donc de cette génération qui vit surgir le Front National, le vit s’ancrer, s’enraciner ... Putain ! Ça fait vingt et six années que je cohabite avec ce virus, et rien ! Ils n’ont rien fait ! Ni les uns, ni les autres ! Ou des trucs à la con, comme prétendre, les salopards, que ceusses qui votaient Front ne savaient pas ce qu’ils faisaient, que c’était leur souffrance qui s’exprimait, qu’ils en reviendraient ! ... Foutaises ! ... Mais bien sûr que non, bande de nigauds, qu’ils ne reviendront pas ! Allez vous faire voir avec votre prétendu vote de protestation ! C’en est pas un ! C’est un mariage, t’entends ? Pis : c’est une revendication ! Un désir ! Un désir d’ordre ! C’est à ça qu’il fallait répondre ! Mais avec d’autres arguments, une autre politique ! Pas tirer sur les chômeurs, les inactifs, les immigrés ! Eh non, balourd ! Mais pour ça, fallait en avoir, des roubignolles, et des énormes ! ... En lieu et place, vas-y que je te refile la patate chaude ! ... “Vous faites le jeu du Front National” ! ... “Voter FN, c’est voter PS” ! ... Voilà tout c’qu’ils ont trouvé, les malfrins ! Des assassins, voilà ce qu’ils sont ! Assassins de la République ! ... Et ce sont les mêmes, peuchère, qui oseraient nous prier de “vivre ensemble” ? Mais vivre ensemble avec qui ? Avec quoi ? ... Non mais, t’as vu où nous sommes rendus ? ... Même un 21 avril 2002, ne leur a pas secoué les puces, c’est dire ! Sans doute pensent-ils, encore, que c’est un détail de notre histoire ! ... Eh bien non ! C’est une blessure ! Et elle saigne encore ! ... Tout comme les émeutes de novembre 2005 ne sont pas, non plus, un détail, de cette même histoire ! C’est un avertissement ! Un trailer ! La bande-annonce de c'qui nous pend au nez ! ... Car, oui, j’ose le dire, ça va finir par "péter" tant ça déborde ! ... Et les fautifs, on les connaît ! Ah, ça oui, on les a bien identifiés ! Mais va savoir ! Ils pensent peut-être se refaire la cerise sur le carnage qui se prépare, tellement ils ne doutent de rien ! ..
J’écrivais, un autre jour, que j’avais envie de vomir. Aujourd’hui, c’est pire encore. Envie de partir. Un jour, peut-être - c’est même pas sûr - revenir, une fois que tout ce merdier aura trouvé sa fin, dégueulasse ... Tu crois que je débloque, sans doute ? ... Eh bien, crois-le ! ... Reste dans ta bulle, Pépin ! Ferme bien tes yeux ! Vis comme si de rien n’était ! Moi, je te dis qu’ils n’attendent que ça. Des deux côtés. En découdre ... Il suffira de rien. Vraiment. Comme dans toute guerre. C’est toujours un incident de merde, dérisoire même, qui le met, le feu aux poudres .. T’avais qu’à pas la bousiller, la police de proximité, crétin ! Fanfaron, va ! ... Mais voilà, ce que c’est, que de porter au pouvoir un type dont le seul but était de prendre sa revanche. Sur sa famille politique. De "tous les niquer !" ... Un camelot, qui fait rien qu’à gesticuler. Qu’appuie là où ça fait mal, bien dans le sens du mauvais poil ! ... Et quand j’pense que certains lui donneraient du pompier ! ... Pompier, mon cul ! ... Dès qu’il peut, il en remet une couche ! Même si, allons, soyons juste, il était déjà trop tard, quand le peuple, beau leurré, l’a porté au pouvoir ! Elle était déjà pliée, l’affaire. Le dernier train de la chance, c’était 2002, justement ! Après Le Pen au second tour, fallait réagir, c’était encore possible, avec un gouvernement ouvert du PC à l’UMP, et non pas, pauvre ami, un gouvernement de droite pure ! 82% des voix, c’était pourtant clair, non ? Ah, le saligaud ! ...
... Eh ben tant pis ! C’est votre médiocrité qui va nous conduire à l’impensable ! Votre manque de courage ET de générosité ! Vous allez l’avoir, votre guerre ! Et comme de bien entendu, vous n’aurez aucun scrupule à nous désigner les coupables ; peu importe le terme que vous leur donnerez : "racailles", "voyous", "sauvageons", on s’en fout ! Puisque nous savons que les vrais coupables, c’est vous ! ...
... C’qui ne veut pas dire que je les excuse ! J’suis pas dupe ! Mais quand on a humilié pendant des années et des années, ou laissé humilier, faut pas s’étonner qu’un jour, ça vous retombe sur la gueule ! ... France, terre d’accueil ? ... Parlons-en ! ... Non mais t’as vu, entendu, comment on les a accueillis ? De quels noms d’oiseaux on les a affublés ? Dans quelle merde on les a parqués ? Et tu voudrais, en plus, que leurs petits-fils te remercient ? Qu’ils te lèchent les pompes ? Et t’honorent, de surcroît ? ... Non mais, tu divagues ! ... Et si tu me dis que je fais dans le judéo-christianisme, eh bien, à ta guise ! Oui, au fond, tout finit pas se payer un jour ! ... Ce n’est pas parce qu’on accueille autrui que l’on est généreux ! C’est la façon de les accueillir ! ... La France généreuse, j’t’en foutrais, tiens ! Dupont-Lajoie, ah ça oui, et pas qu’un peu ! ... Vas donc faire un tour, et un sévère, comme moi, dans le Sud - de l’Ouest comme de l’Est, c’est pareil ! - tu comprendras ce que j'veux dire ! Là, on s’embarrasse pas quand il s’agit de traiter celui qu’est pas de chez toi en des termes particulièrement salés. Et ça fait des décennies, que ça dure ! Ah, ça date pas d’hier ! J’peux en causer ! J’y ai posé mes valises, j’y ai résidé, j’en ai entendu des baveries ! Et ça moufte pas ! A croire que c’est dans le sang. Comme naturel ... Alors après, quand j’entends le député seriner que “moi, dans ma circonscription, je le vois bien, que les français sont généreux” j’ai comme envie de rendre. Et pas qu’un peu ! ... Et qu’on me parle pas de racisme ! C’est pire que ça ! C’est de la bêtise, voilà ce que c’est ! ... Depuis trente ans, en France, on encourage la bêtise ! On la flatte ! C’est que, dis, la bêtise, ça en ramène, des voix ! ... Oh, bien sûr, il serait plus républicain, généreux, courageux, de la combattre, d’expliquer que, non, ce n’est pas par là qu’il faut aller, mais non ! ... Non, on préfère hurler avec elle, et hop, on sécurise, on vidéoprotectionnise, on stigmatise (si ce mot a encore un sens) ! ... Vous éprouvez un sentiment d’insécurité ? Mais comme on vous comprend ! ... Un sentiment d’insécurité, mais où vont-ils chercher ces expressions de salopards ? Ces attrape-couillons ! ... En même temps, comme ça marche, que le mouton bêle encore et toujours, comprenez qu’ils auraient tort de s’en priver ? ... Sans oublier la carotte, la belle entourloupe : le travail et sa prétendue revalorisation ! ... Travaille, et tu seras récompensé ! Travaille, et j’assure ta sécurité ! ... Non mais, t’as vu la gueule du travail, monsieur ? C’est plus de l’ordre du chagrin qu’autre chose, messire ! Du bétail, voilà ce que nous sommes ! Voilà comment on nous emploie : comme du bétail ! Revalorisation : zéro ! Considération : zéro ! Gratification : zéro ! ...
... Alors oui, "ils" ont raison, "ça va péter". C’est inévitable ... Droit dans le mur, voilà où nous allons ! ... Et qu’on ne vienne pas me dire que c’est des histoires ! Un fantasme ! ... Faut-il être aveugle et sourd pour ne pas percevoir ce qui se prépare : une guerre ! Une merde de saloperie. Avec des coupables déjà désignés ... Les Dupont-Lajoie vont adorer ça !
Quant à savoir quand, je m’en fous ! Que ce soye avant ou après Marine Le Pen, quelle importance !
Ça va péter, et l’on aura rien fait.
Ni moi, ni vous, ni personne.
En attendant, rêvons encore un peu avec ceci :

[Troublemakers - "Get Misunderstood"]
19:37 Écrit par Philippe Sage dans Anticipation, Politiquement Très Incorrect | Lien permanent | Commentaires (114) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : guerre urbaine, sentiment d'insécurité, politique de la ville, police de proximité, le bruit et l'odeur, la bêtise, ça va péter, émeutes en banlieues, marine le pen en pôle-position, assassins de la république, nous n'avons rien fait, la france moisie, la fracture sociale |
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