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09 janvier 2012

Apprenons A Lire Les Sondages

Ah Balladur !
Et Delors …
Et ce pauvre Jospin.
Tu t’en souviens ?
Quelle gifle !

Soldages.jpgDe fait, c’est devenu un sport national, n’est-ce pas... On prend comme plaisir, jouissance, à vilipender les sondagiers. On en dit pis que pendre. Mais avec une telle mauvaise foi… Et, une grande, immense, hypocrisie... Car qui sont les plus gros consommateurs de %, de fourchettes, d’estimations ? Eh bien le politique, aussi le journaliste, le médiatique. C’est leur came. Sans cette litanie de chiffres, ils sont perdus, cadavres à la renverse.

Quant au citoyen, ce mouton, ce vulgaire, il braie à n’en plus pouvoir. Les sondages, qu’il dit, faut pas les lire, rien ! C’est truquerie, enculerie et compagnie. Ah, tu as tort, citoyen. Et ô combien ! C’est bien plus sérieux et pervers que tu ne le crois et penses, cette affaire. Et ça se goure moins, bien moins que tu ne le prétends. Oublie ton Jospin, refais donc le chemin, et tu verras bien, s’il ne fut pas, à chaque fois annoncé, le vainqueur final.

Oui, je le répète et maintiens, ni de Gaulle, ni Pompidou, ni Giscard, ni Mitterrand, ni Chirac et ni Sarkozy ne furent des présidents tombés des nues ; tous ils étaient inscrits dans les courbes sondagières. Sauf que, ça n’est point dans celles de janvier (je cause de second tour) que tu les trouveras, ni même de février (encore que, Sarkozy l’avait remporté le match, et les doigts dans le nez, dès le 14 janvier 2007) mais celles d’avril, et plus encore de mai. Et là, tu verras bien que jamais ils ne se sont plantés, les sondagiers. Quoi que tu dises, quoi que tu braies.

Ah, il faudrait pétitionner, manifester, gueuler, pour qu’on les abrogeât. Qu’on nous débarrassât, à tout jamais, de ces fossoyeurs de la démocratie, que sont les instituts de sondages. Meilleurs alliés du système. Et du foutu vote utile. Ce vote à la noix. Ce vote de poltrons. Soit : de ceux qui ne veulent pas du changement, du vrai. Bobos de droite comme de gauche. Alliés objectifs des partis dominants contre les intérêts du peuple. Blanc bonnet et bonnet blanc.

Mais puisqu’ils existent, et que chacun, à sa façon, s’en accommode, on ne saurait les ignorer, les mépriser, les sous-estimer, ces sondages à la con. Encore faut-il savoir les lire.

La première des règles étant de faire fi de toute projection de second tour. Tant que le premier n’a pas rendu son verdict, c’est sans valeur. D’autant plus en janvier. Tu peux péter les scores, à 54%, si tu passes pas le premier tour le 22 avril prochain, t’auras l’air fin, mon coco !

Avant le second tour, citoyen, journaliste, politique, etc., il y a un premier tour. Et dans icelui, un rapport de forces. Or, vois-tu, en ce début d’année 2012, il n’est pas favorable à la « gauche ». Et la question est la suivante : cela va-t-il en l’état rester, ou bien alors, positivement évoluer ?

La suite est à lire : ICI

31 décembre 2011

Dernier Billet Pour L'Année 2011

Last-Chance.jpg

Il est ICI

18:50 Écrit par Philippe Sage dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : 2011, 2012, last chance, présidentielle, débat, être un citoyen | | |

25 octobre 2011

Les Occidentaux, La Libye & La Charia

Or donc, c’est l’embarras.
Chez les Occidentaux.
Suite à cette déclaration faite par le CNT, à savoir que la législation de la Libye, désormais libérée, sera fondée sur la loi islamique. La charia.
Un embarras bien hypocrite, ma foi.
Étant donné que ledit CNT avait annoncé la couleur bien en amont, très précisément le 3 août dernier.
Pourquoi ne pas avoir manifesté son embarras, ou ses inquiétudes, à ce moment-là ?
Pourquoi ne le(s) manifester publiquement que maintenant ?

La suite est à lire : ICI

13 octobre 2011

Le Retour Du 29 Mai 2005

Finalement, cette primaire aura été une réussite. Elle aura permis de clarifier certains points. Et désormais, nous savons. Quel que soit le candidat du PS choisi dimanche, nous savons, oui, qu’il ne sera pas (ou : peut-être pas) du côté du peuple.
Peu importe les concepts de « gauche molle » ou de « gauche dure », ils ne sont que postures médiatiques.
La vérité, c’est que le PS ne portera pas les valeurs du socialisme. Mais celles du Triple A, de la finance et des marchés qu’ils espèrent, les « impétrants », corriger à la marge.
Autant le dire de suite : c’est hautement insuffisant.

Mélenbourg-et-Montechon.jpgC’est insuffisant, car voué à l’échec. L’heure n’est plus à la gestion. Au Bayrouisme. Au raisonnable [*]. Mais à la contre-attaque.
Le temps est venu d’entendre les Todd, les Lordon. Et même, d’une certaine façon, les Montebourg, les Mélenchon. Avec toute la prudence qui, nonobstant, s’impose. Car ces derniers sont avant tout des politiques, non des idéologues purs et durs.
Bref, tout nous invite à la radicalité. Et cette radicalité, elle ne fut que trop peu portée, lors de la « primaire citoyenne ».

Cependant, et quelle divine surprise ! Ce que cette primaire a révélé, ressuscité, c’est une ligne de fracture, celle du 29 mai 2005. Tant mieux ! Merci la crise ! Merci la finance ! Vous avez réveillé un essentiel. Et cet essentiel, c’est un « non » retentissant : non à ce système, non à la mondialisation ! Non, itou, à la moralisation du capitalisme, tant nous le savons, c’est mission  impossible. Un attrape-couillons.

Alors bien sûr, d’aucuns rétorqueront que c’est pur fantasme. Quoi Montebourg ? Quoi Mélenchon ? Ça pèse combien ? 400 000 personnes pour l’un, potentiellement près d’un million pour l’autre. Mais vous êtes minoritaires ! Vous prenez vos rêves pour réalité, ma parole !

Et la dynamique, vous en faites quoi ? La force, le souffle, la ténacité.
Le combat n’a pas encore commencé, si je ne m’abuse ! Or qui sait, de ce qu’il accouchera.
D’un éléphant, vous croyez ?
« D’une souris lepéniste ! » hurlent déjà certains !
Arrêtons-nous, sur ladite souris. Puisque vous insistez.

Car oui, il faut en causer. Tant elle nous ramène, aussi, au 29 mai 2005. A la fameuse ligne de fracture. Les deux France. Du moins, c’est ce que voudraient nous faire croire les journalistes, et autres éditocrates. Ces « laquais », ces « valets » du système.

Le Pen défend la démondialisation ?
Donc, Montebourg, Mélenchon, Le Pen, c’est pareil (et Nicolas Dupont-Aignan, itou) !

C’est extraordinaire, non ? Mais c’est aussi ce qu’ils nous bavaient en 2005. Ah, les charlatans ! Todd a beau s’esbigner à dire, haut et fort, que non, c’est pas pareil, ils n’en ont cure. Normal ! Ils roulent pour le système. Pour que rien ne change.

La vérité, c’est que non, ce n’est pas pareil.
D’un côté nous avons le socialisme, et de l’autre, l’ultra-nationalisme.
D’un côté nous avons des adversaires du néolibéralisme, de l’autre des girouettes. Oui, parfaitement, des girouettes ! Car, pour qui s’en souvient, le Front national est avant toute chose, un parti qui, toujours, a défendu le système capitaliste ; ultra-libéral il est, ultra-libéral il demeure. Sa conversion à la souffrance du peuple, son intérêt soudain pour les classes populaires, n’est que pur opportunisme, dicté par une logique électorale. Et s’il combattit le système ce n’était point l’économique, mais le politique. En d’autres termes : les institutions, la Ve République.
Jamais le Front national n’a été du côté de ceux qui triment, qu’en bavent, qui désespèrent. En revanche, c’est bien le désespoir qui conduisit une partie de l’électorat (de gauche, souvent) à se tourner vers le FN. Il serait désolant, préjudiciable, que cette tendance lourde, enrayée temporairement en 2007, par un matamore, un fanfaron, se poursuivit en 2012.

Mais revenons à notre futur candidat du PS. Soit, il porte les thèmes de Todd, de Lordon, etc., un tant soit peu, soit il reste dans un trip social-démocrate, et Adieu Berthe !
Soit il incarne les valeurs du socialisme, aussi la colère du peuple, l’espoir, l’imagination, le combat contre le néolibéralisme, soit il se contente d’être une alternative au sarkozysme, ce dont on se fout royalement. Car quel intérêt, pour nous, d’avoir demain à l’Elysée, un Sarkozy vaguement social ? Or donc, un Hollande (sorte de Bayrou du PS) ou une Aubry (un delorisme pépère).

Il semble, malheureusement que le candidat du PS ne bougera pas d’un iota ; il restera social-démocrate, pauvre substitut au sarkozysme. Tant pis pour lui, dans ce cas… mais qu’il sache ceci :
Sarkozy, c’est (déjà) fini. Il se peut qu’il ne passe même pas le 1er tour de la future présidentielle ! Et cette obsession à vouloir le battre, cette invitation permanente à nous en débarrasser, notamment par le foutu « vote utile », c’est une diversion. C’est pour éviter de parler de socialisme, du peuple, et du « non » qui gronde,  ce « non » que les médias complices contiennent, en rappelant, par exemple, combien le peuple est résigné.
Non, il n’est pas résigné.
En revanche, si la radicalité n’est pas dans le bon camp, il pourrait très bien voter FN, en masse.
Le FN, c’est lui, l’Adversaire. Oublier ça, c’est se tromper de combat. Todd et Lordon, l’ont compris. Quand est-ce que la « gauche », ou supposée telle, va le comprendre ?

Je m’en tape, moi, d’avoir le PS au pouvoir. Je m’en fous comme de l’an 40 de prendre une revanche sur (la droite, le sarkozysme, etc.). S’il n’est pas socialiste, l’élu, ça ne vaut rien. Ça ne changera pas mon quotidien. Je ne vivrai pas mieux. Je ne serai pas plus heureux. Mais peu importe…

Peu importe, car ce qui compte c’est qu’aujourd’hui nous avons un boulevard devant nous. Et c’est la crise qui l’a ouvert, ce boulevard. Il serait insensé de ne pas le prendre. De ne pas faire savoir, haut et fort, que nous ne voulons plus subir. Nous ne voulons plus être des variables d’ajustement. Des Kleenex. Des Molex.

Tout bien considéré, nous avons l’occasion de prendre non pas notre revanche, mais de poursuivre, reprendre, ce qui fut gagné, éphémèrement, le 29 mai 2005.
Cette date-là n’aura pas été inutile. Soit nous saisissons cette chance, soit nous remettons à demain. Mais rien ne dit, cette fois, qu’il y aura un « demain ».

En définitive, jamais une élection présidentielle, n’aura été, à ce point, importante. Cruciale.
- Sarkozy/Hollande/Aubry/Bayrou/Morin/Etc., c’est le choix de la résignation.
- Marine Le Pen, c’est le choix du repli (sur soi). Or, on ne lutte pas contre le néolibéralisme, la finance, les marchés, en se repliant. Mais en combattant. En affrontant, directement, ce qui nous broie.
Qui plus est, mais je l’ai dit, le FN-du-côté-du-peuple, c’est une énorme arnaque. Mais plus c’est gros, mieux ça passe, n’est-ce pas ?
- Or donc : le seul vrai choix, c’est Todd, c’est Lordon. Pour le moment, il n’y a qu’un candidat qui défend cette ligne : Mélenchon (avec toutes les réticences qu’il suscite, et que je comprends, d’autant que je les partage). Il conviendrait, pour que ce soit plus grand, plus fort, que Montebourg le rejoigne. Et Poutou. Et Arthaud.
Bref, tous nos étendards du 29 mai 2005.
Pour faire de ce jour, en 2012, une victoire, enfin pérenne.


[*] « Nous sommes des gens raisonnables au Parti socialiste ! » a rappelé Martine Aubry, lors du débat dit : décisif.
Eh bien, tant pis pour vous, alors…


NB : A lire d’urgence, si ce n’est pas encore fait :

« Le commencement de la fin », ainsi que : « La démondialisation et ses ennemis » par Frédéric Lordon.
« Le Front national est un front antinational » et « Face au FN, il faut rompre avec deux concepts zombies : le libre-échange et l’euro » par Emmanuel Todd.

 

19 septembre 2011

Martine Aubry Disqualifiée

L’émotion que je ressentis, à quelques moments, ce dimanche soir, je ne la comprenais pas, elle m’encombrait ; alors je luttais, n’en voulant pas ; et puis, je compris qu’elle n’était pas compassion, mais colère.
Sourde.

Il faudrait pouvoir l’oublier, cet homme, Dominique Strauss-Kahn.  Cette arrogance, cette suffisance.
Je peux le dire, maintenant : je n’aime pas ce qu’il représente, politiquement. Je ne l’ai jamais aimé. Cependant, je répugnais à me joindre à la meute. Que je n’aime pas, non plus. Cette vomissante, ce tribunal populaire, summum de la bêtise ; je l’exècre.

Martine-Strauss-Kahn.jpgMaintenant que c’est fini, ou du moins l’espère-t-on, tout comme l'on voudrait que d’aucuns se taisent, à jamais (Lang, Séguéla, etc.) et considérant ce qu’il s’est dit, dimanche soir, sur TF1, il ressort assez nettement que des six candidats à la primaire, une en particulier est discréditée, si ce n’est disqualifiée.

Durant cet entretien formaté, casté et bourgeois, entretien qui, tout bien pesé, ne nous concernait pas, quand bien même nous fûmes, je le rappelle, sidérés, et ce, quelle que fût l’opinion que nous ayons, a priori comme a postériori, de cet homme, il aura été question, brièvement, de la primaire.
Et plus précisément d’un pacte.
Nié (peu ou prou) par la candidate Martine Aubry.

Dominique Strauss-Kahn n’était nullement obligé de reconnaître l’existence de ce pacte. Il aurait pu, sans aucun problème, le taire. Passer outre.
Mais il ne l’a pas fait.
Ne le faisant pas, il a torpillé la candidature de son « amie » (les guillemets s’imposant largement). Confirmant ce que moult éditorialistes – Barbier compris – claironnaient, à savoir que Martine Aubry n’était qu’une candidate par défaut, de substitution.

Dès lors, comment la maire de Lille va-t-elle désormais pouvoir convaincre, emporter la décision, les suffrages ?
Comment croire en sa volonté, son désir, sa détermination ?
Puisqu’elle n’est là que par un très fâcheux concours de circonstances.
Puisqu’elle ne devait pas y aller.

Se pose alors une question, bien embarrassante : quelles peuvent être les vraies raisons de la candidature de Martine Aubry ? Qu’est-ce qui la motive ?
Sinon, l’inimitié.
L’aversion pour celui-ci ou celle-là. Ah non, pas lui ! Ah non, pas elle ! Sus ! Sus ! Il faut leur barrer la route ! Comme ce fut le cas, n’est-ce pas, lorsque vint le moment de désigner un nouveau premier secrétaire !
On s’en souvient de ces urnes, suspectes. De cette tambouille, cuisine de barons, petits arrangements entre notables. Triste image d’un parti, infoutu de se rénover, de laisser la main à la génération suivante, or donc, vas-y que je te convoque les flingueurs, Fabius, Bartolone et consorts, ligne directe branchée sur Washington, à la manœuvre, ourdissant, et te voilà, camarade Martine, propulsée nouvelle gardienne du Temple.

Le pacte, il ne date point de Marrakech. Il fut entériné bien avant. A l’automne 2008. Lors de la désignation du premier secrétaire. Sa mission : préparer le retour de DSK. Sa récompense : un poste de Premier ministre. Voilà l’histoire.
Tout était acté, verrouillé.

Et la primaire ? Du bidon ! Elle ne pouvait échapper à DSK.

Ah, c’était du beau travail ! Et ça partait plutôt bien. Les sondages, si précoces, étaient écrasants. Le Figaro, aux anges ! Pensez, un duel DSK/Sarko, ça ne pouvait que lui seoir.
Et puis, boum, patatras, survint le « coup de tonnerre » du 14 mai 2011.

Finalement, on en viendrait presque à remercier Dominique Strauss-Kahn.
En confirmant, dimanche soir, sur une chaîne privée, qu’il y avait bien un pacte, il nous a fait pénétrer dans les coulisses, peu ragoûtantes, d’un certain Parti socialiste. Celui qu’on n’aime pas. Celui qui en 2006 et 2007, à tort ou à raison, a torpillé la campagne de Ségolène Royal. Parce que ce n’était pas la candidate que l’appareil souhaitait. Ce ne pouvait pas être elle. Et jamais, elle ne serait, un jour, leur premièr(e) secrétaire.

Fabius, DSK, Aubry, Lang, et j’en passe, toute cette clique, ces vieux machins, les mêmes qui tardent ou renâclent à exclure un Frêche, un Guérini, c’est de ceux-là dont il faut se débarrasser.
Ces ceux-là qu’il faut sanctionner. Les 9 et 16 octobre prochains.

Au bout du compte, nous avons, contre toute attente (puisque ce n’était pas prévu) une primaire ouverte. Certes imparfaite, parfois décevante, mais cela vaudra toujours mieux que le simulacre qui nous était promis. Cela vaudra toujours mieux que le sacre annoncé d’un homme dont ses « amis » persistent à mettre en avant les compétences, jamais ses inconséquences qui ne relèvent en aucune façon d’une prétendue légèreté, mais de tout autre chose, de plus grave, de plus lourd.

Quoi qu’il en soit, on ne peut être candidat à la présidence de la République par défaut.
Il serait totalement irresponsable d’envoyer à la bataille, dans la lessiveuse, quelqu’un qui n’est pas prêt. Dont les motivations posent problèmes.
De fait, cette primaire est relancée, grâce – c’est énorme ! – à Dominique Strauss-Kahn, qui mal supportant de ne plus en être le principal acteur, aura flingué la candidature de son « amie ».

Ah ! Comme ce serait drôle, tellement croustillant, que dans trois semaines, des urnes de cette primaire, sortît le second tour suivant : François Hollande et Ségolène Royal.
Si second tour, il y a...

01 septembre 2011

A Propos D'Antisémitisme, Et De La Low-Cost, Sud Radio

La-Ferme-!.jpgJ’étais au volant de ma voiture. Quand c’est tombé, ce lundi 22 août, peu avant 8 heures du matin, sur Sud Radio.
Je l’ai donc vécu, en direct.
Robert Ménard, c’est vrai, a tout de suite réagi. Mais il était déjà trop tard, c’était passé à l’antenne, comme on dit.
Des propos brefs, tenus par un auditeur (Christian), sans aucune ambiguïté possible : DSK, l’argent, les juifs

Connaissant l’arrière-boutique radiophonique, et précisément celle-ci, et de surcroît, ayant très vite compris quel ton, quelle couleur, cette station voulait donner à son antenne pour bien marquer son arrivée à Paris, je n’ai pas été étonné. Je savais que ça arriverait. Eh bien voilà, ça n’a pas traîné...

La suite est à lire : ICI


NB : Merci B pour le détournement© du claim Sud Radio
.

13 juin 2011

Supprimons L’Election Du Président De La République Au Suffrage Universel

Quelle est l’élection qui, en France, mobilise le plus d’électeurs ?
La présidentielle.
Hormis le second tour de 1969 (qu’opposait Alain-blanc bonnet-Poher à Georges-bonnet blanc-Pompidou) le taux de participation a toujours été supérieur à 70% [1], dépassant même, dix fois sur seize, les 80%.
On pourrait s’en réjouir, y voir, là, un signe de bonne santé de notre démocratie.
Or, ce n’est pas le cas.

La-VIe-République.jpgCar pendant que la présidentielle capte l’électorat (et les médias), les autres élections (municipales, cantonales, régionales, législatives et européennes) perdent, scrutin après scrutin, des électeurs.
Ils n’étaient que 46,33% à s’exprimer lors du premier tour des régionales 2010 (77,93% en 1986) 44,32% au premier tour des cantonales 2011 (69,95% en 1992) tout de même encore, et c'est heureux, 66,64% au premier tour des municipales 2008 (78,80% en 1978).

Quant aux législatives, la dernière fois que le taux de participation fut supérieur à 70%, c’était lors du second tour de 1997 (70,97%).
Depuis que cette législative suit la présidentielle, elle ne mobilise plus (autant) ; or donc sur la période 2002/2007, que 62,42% au premier tour, et 60,14% au second, contre respectivement 78,5% et 78,76% pour la période 1958/1978, et 70,18% et 70,85% pour la période 1981/1997 [2].
Nous observons une baisse flagrante et constante de la participation pour cette élection, pourtant majeure qu’est la législative. Majeure, car qui, hormis le maire, est le plus proche d’un citoyen, sinon son député (qui, au passage, est souvent maire de sa commune) ?

Reste les européennes, qui n’ont jamais connu un grand succès, où nous sommes passés d’un taux de participation de 60,71% (1979) à 40,63% (2009). Etrangeté, bizarritude totale, quand on sait que c’est au Parlement européen que tout se décide
En effet, est-ce le président de la République qui peut influer en quoi que ce soit sur les directives de Bruxelles, voire les caprices de l’Allemagne, ou, un tant soit peu, les députés européens ?...
Le citoyen-électeur français est assez curieux. Sa faculté à se mobiliser en masse sur une seule élection – la présidentielle – semblerait accréditer la thèse qu’il croit en « l’homme providentiel », à celui qui va le sauver (ou le protéger).
Ce qui est un leurre total. Il n’y a pas plus éloigné du peuple, et de fait, que l’homme de l’Elysée…

L’abstention (progressive) aux diverses élections intermédiaires est moins due à un désintérêt du citoyen pour la chose publique et politique qu’à une polarisation exagérée sur un seul scrutin, cette présidentielle que le média nous présente comme capitale pour la nation... La rencontre entre un homme et le peuple, nous assure-t-on... Mais quel romantisme, dites-moi ! Ce doit en être, sinon, on n’aurait pas fait de François Mitterrand, un personnage de roman... De Sarkozy (mais aussi de Chirac, Villepin, Dati, etc.), un héros de cinéma.
Mais enfin, si véritablement le citoyen se désintéressait de la politique, comment expliquer qu’il se rue sur les urnes, la présidentielle venue ? D’aucuns – et ils n’auraient sûrement pas tort – objecteront que ça n’a, au fond, pas grand-chose à voir avec la politique. Nous sommes, en effet, tout bien pesé, et de plus en plus, dans une sorte de compétition sportive, un duel de supporteurs, voire un jeu qu’aurait moins à voir avec « Que Le Meilleur Gagne » que « Le Moins Pire L’Emporte », avec comme animateurs-commentateurs, les journalistes (qui donc, de fait, ne sont plus véritablement des journalistes). Pas très loin d'une vulgaire émission de télé-réalité. Un show. Un cirque. O combien médiatique (business is business) !
C’est ainsi qu’à ce jeu du « Moins Pire » on atteignit des sommets en 2002, avec un Jacques Chirac réunissant 82,21% des suffrages exprimés alors qu’il n’en avait récolté que 19,88% au premier tour (13,75% des inscrits).
Dans un autre style, on pourrait avancer l’idée qu’une partie non négligeable des électeurs ayant voté Ségolène Royal au second tour de la présidentielle 2007, l’ont moins fait par adhésion à ses idées, que pour barrer la route à Nicolas Sarkozy.

En réalité, la dernière élection où nous eûmes à faire un choix politique clair, je veux dire à choisir véritablement entre deux projets de société, et non deux personnes, c’est l’élection présidentielle de 1974. Et non celle de 1981, où, quoi qu’on en dise, une envie d’en finir avec Giscard a été déterminante.
1981 n’a été que le début de la fin. A commencer par la disparition progressive du clivage droite/gauche (entériné par la chute du communisme, puis par la construction européenne où les différences entre PS et UMP sont faibles et... par trois cohabitations). [3]
Ce n’est pas le fait du hasard si, aujourd’hui, Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan et quelques autres, causent d’UMPS.
Bref, en trente ans, nous serions passés de « la bande des quatre » (RPR, PS, PCF, UDF) au (pseudo) bipartisme ; (pseudo) bipartisme que le média distrait par l’introduction d’un concept dit du troisième homme.
Mais surtout, et avant tout, nous sommes désormais dans la personnalisation
.
Nous votons plus pour (ou contre) un homme que pour un projet de société. Plus pour (ou contre) un homme que pour un programme (ou un choix) politique. Et quand il se représente devant les électeurs, qu’il remet son titre en jeu, ce n’est pas son bilan qui primera. C’est lui. Veut-on encore de lui ou pas ?
Voilà à quoi nous sommes réduits. C’est maigre. C’est rien. Rien d’autre qu’une entourloupe.

Eh bien c’est avec ce « lui » qu’il faut en finir. Or donc, en terminer avec l’élection du président de la République au suffrage universel. Ainsi que le préconisait Michel Rocard en août 2006 [4]. C’est le seul moyen de rendre le pouvoir (ou, un tant soit peu de pouvoir) au citoyen, donc de redonner du sens à notre démocratie.
Le président – ou : chef du Parlement – doit être désigné par l’Assemblée nationale. Ce qui signifie que les élections législatives deviendront un des rendez-vous majeurs de notre vie politique. Avec un mode de scrutin revu et corrigé, permettant de prendre en compte la diversité d’opinions, d’idées et d’aspirations de nos concitoyens. C’est cette Chambre (enfin !) représentative du peuple français qui, suivant la majorité qui s’en dégagera, nommera, par un vote, le Cameron ou la Merkel, chargé de constituer un gouvernement.

Il ne s’agit aucunement de revenir en arrière, à un système bancal, comme celui de la IVe République. Mais de tirer les leçons de la Ve.
Et ces leçons tirées, de proclamer une nouvelle ère, moderne, adulte, responsable, respectueuse des citoyens, plus proches d’eux, qui n’a rien à voir avec la fausse-bonne idée dite de « démocratie participative » prônée par Ségolène Royal (qui n’est, en réalité, qu’une démocratie d’opinion – laissons cela à RMC Info) ni même avec un système référendaire (très prisé par le FN), mais avec une VIe République, qu’un temps, le « socialiste » Arnaud Montebourg défendait avec un peu plus d’ardeur que présentement.
Il conviendrait, d’ailleurs, que le candidat PS issu des primaires, fasse sienne cette proposition du député de Saône-et-Loire, et la porte durant la campagne présidentielle 2012. Plus qu’il ne conviendrait, c’est une exigence.

Posons-nous les bonnes questions.
Que nous apporte, concrètement, aujourd’hui, l’élection d’un président de la République au suffrage universel ?
Est-ce par ce mode de fonctionnement que notre société peut évoluer, progresser ? Et, plus directement, à quoi sert-il ? Et qui sert-il ?
En donnant plus de pouvoir au Parlement, donc aux citoyens, nous revivifierons notre démocratie. Les enjeux seront plus clairs. Evidents. Nous redonnerons, en outre, plus de poids aux élections intermédiaires et locales, comme les régionales, les cantonales et les municipales. Nous redonnerons à la politique, sa force, son sens, et ses lettres de noblesse.
Ce faisant, ce pouvoir accordé au Parlement, déterminant, pourrait contribuer, à terme, à rendre les élections européennes plus attractives, car le citoyen aurait plus conscience que c’est là que tout se joue.

Comment peut-on croire, en 2011, que c’est un homme, un seul, qui va régler nos problèmes ?
Comment peut-on croire, en 2011, en un système monarchique, aristocratique, oligarchique, qui n’a de républicain que le nom ?


[1] Excepté le second tour opposant Alain Poher à Georges Pompidou (68,85%) les autres « tours » de présidentielle ayant le moins mobilisé d’électeurs, sont le premier tour de 2002 (71,60% de participation) le premier tour de 1969 (77,59%) le premier tour de 1995 (78,38%) et les seconds tours de 1995 (79,66%) et de 2002 (79,71%).
Concernant la présidentielle de 2007, le premier tour est le 3ème meilleur premier tour de l’histoire de la Ve République avec 83,77% de participation, le second n’étant que le 5ème (83.97%) derrière ceux de 1974 (87,33%), 1981 (85,85%), 1965 (84,32%) et 1988 (84,06%).

[2] Depuis l’inversion du calendrier décidée par le Premier ministre Lionel Jospin, jamais les législatives n’ont aussi peu mobilisé : 64,42% au 1er tour de 2002, et 60,31% au second.
C’est pire en 2007, avec 60,42% au 1er, et 59,98% (un record sous la Ve !) au second.

On aura observé, itou, un taux de participation plus faible qu’à l’accoutumée après les élections présidentielles de 1981 et de 1988, où le président – François Mitterrand dans les deux cas – fraîchement élu, décidera d’une dissolution dans le seul but de demander au peuple de lui octroyer une majorité au Parlement ; ce qui tend à démontrer que le couplage présidentielle/législatives tue les législatives, et d’une certaine façon, la « démocratie réelle »

Le dernier scrutin tutoyant les 80% de participation est celui de 1986 (78%), le seul de l’histoire de la Ve République à un tour et à la proportionnelle.

[3] Le (pathétique) : "Je voterai François Hollande" d'un Chirac très affaibli physiquement (entre autres...) n'est que la confirmation de cette disparition du clivage droite/gauche.
Clairement, ça se joue désormais ailleurs...

[4] Extraits d’un entretien accordé par Michel Rocard (ancien candidat à l'élection présidentielle, celle de 1969) au site internet LCI.fr, le 31 août 2006 :

Rocard : Il faut supprimer l'élection du président au suffrage universel. Ce scrutin est aujourd'hui dévoyé. Il n'est plus le choix du patron de la France. Il sert à mesurer l'importance de tout courant d'idée pesant plus de 2% dans l'opinion, à droite comme à gauche. Du coup, la présence au second tour ne sera permise que pour un candidat dont le camp est le moins éclaté. C'est effrayant car ça revient à réduire le choix du chef de l'Etat à un jeu de dés. Un nouveau 21 avril est possible, disent les sondages. On verra bien le résultat, je fais part ici de mon inquiétude.

LCI.fr : Quelle est votre solution ?

Rocard : Limitons les pouvoirs du chef de l'Etat à la continuité de l'Etat et la garantie des valeurs suprêmes et faisons-le élire par le Parlement. Le débordement médiatique actuel autour de l'élection d'un homme aux pleins pouvoirs fausse le jeu. Sans tout ce sacré et cette gravité accompagnant le scrutin présidentiel, les acteurs du débat seraient des professionnels expérimentés. Tous ces métiers sont difficiles. Il vaut mieux avoir quelqu'un connu pour ses fortes capacités. Or dans le système médiatique actuel, les personnalités émergent très vite. Nicolas Sarkozy n'est pas tellement plus expérimenté que Ségolène Royal. Ce n'est pas une critique mais un constat, il apprend le métier. Il n'a ainsi jamais eu de responsabilités internationales...


03 juin 2011

Sevran, Seine-Saint-Denis, Symbole De L’Echec Du Sarkozysme

Or donc, Sevran, commune en ruine de Seine-Saint-Denis, administrée depuis dix années par le dénommé Stéphane Gatignon. Qui n’en peut plus, et depuis lustres, de réclamer de l’aide. Présentement des « casques bleus »… Faut dire que dorénavant, à Sevran, ça se canarde à l’Uzi. En plein jour. Pour des histoires de came. C’est à croire que le Plan Marshall promis par le candidat Sarkozy en mars 2007 [1] a échoué, et dans les grandes largeurs. A moins que…

Sarkopolice.jpgA moins que, de Plan Marshall [2], il n’y a pas eu. Jamais.
Ou alors, des clopinettes. Une misère d’euros.
Et, sporadiquement, pour faire genre, épater la galerie médiatique, l’envoi d’escadrons armés jusqu’aux dents, méchamment sapés à l’américaine, le toutime survolé par un hélico – qui, va savoir, diffuse du Wagner – bref, déploiement copieux des forces dites de sécurité, coucou v’là la République, qui, comme de bien sûr, rentre au bercail une fois les caméras de télévision éteintes.
En guise de Plan Marshall, t’as donc un plan com’.
Et pis, c’est tout.

Ah bien sûr, si en 2002, le ministre de l’Intérieur, un certain Nicolas Sarkozy, n’avait pas supprimé la police de proximité [3] peut-être – c’est pas sûr, mais tout de même : peut-être – que nous n’en serions pas là. En Seine-Saint-Denis.
Oui, si de façon permanente, des ilotiers avaient pu continuer à patrouiller dans le périmètre, mais pas que (la police c’est aussi un lien social, quand c’est bien fait) et de surcroît pas des bambins sortis de l’école, des types solides, avec une expérience du terrain, allez savoir si Sevran serait à ce point insecure.

Certes, un Plan Marshall, digne de ce nom, ne se limite pas (qu’)à une présence policière.
C’est, avant toute chose, une volonté politique, d’ordre économique ET social, dont le but est de réduire drastiquement (à défaut d’éradiquer) les inégalités (de toute nature) ; inégalités et injustices qui sont sources de tous les maux : chômage, alcoolisme, suicide, violence, délinquance, etc.
Autrement dit, c’est de l’ambitieux. Et de l’ambitieux qui coûte cher. Visiblement : trop... Que voulez-vous ! On ne peut à la fois sauver les banques, l’industrie automobile ET les banlieues. Faut bien comprendre que les retraites-chapeau, les stock-options, les parachutes dorés, les paradis fiscaux, le bouclier fiscal, c’est autrement plus rémunérateur, voyez-vous, que le devenir des gueux de tous les Sevran de l’hexagone. Que les quartiers populaires, qui ne le sont pas vraiment, populaires, dans l’opinion publique. Ceci expliquant cela.

Sauf que, le candidat Sarkozy nous avait promis la rupture.
Même qu’on allait voir ce qu’on allait voir ! Ah, ça ne se danserait pas comme lors des trente dernières années, où en matière de politique de la ville, on a fait n’importe quoi – ce qui est vrai, nonobstant ! On va t’y remettre de la République et des services publics. Des écoles, fussent-elles de la « deuxième chance ». Emplois et « formation pour tous les jeunes de nos quartiers » afin que personne « ne soit laissé de côté, pour que chacun puisse tenter sa chance ».
Sur le papier, ç’avait de l’allure. Et puis, ça répondait, d’une certaine façon, aux « évènements » de l’automne 2005.
On se disait que le gars Sarkozy avait pris la mesure.

Eh bien non. Du tout.
Mais qui ça pourrait étonner ?
Quand bien même avait-il seriné « J’ai changé... » et par onze fois lors de son discours du 14 janvier 2007.

Sarkozy n’a pas changé.
C’est toujours celui qui nous dit, fanfaron, dans une forêt de micros et de caméras :
« Vous en avez assez, hein ? Vous avez assez (sic) de cette bande de racailles ? Eh bien on va vous en débarrasser ! ».
Non seulement il ne « les » en a pas « débarrassés » mais il a copieusement augmenté le problème par son « immobilisme ». Soit, en continuant une politique absurde et vaine. Qui ne s’attaque pas, concrètement, aux sources de la délinquance et tutti.
Qui plus est, il poursuit (via Alliot-Marie, Hortefeux puis Guéant) ce qu’il entreprit quand il était ministre de l’Intérieur, une politique bêtement répressive, ponctuelle, ô combien médiatique, de celle qu’épate les gogos, mais qui ne résout rien, bien au contraire.

Il n’y a pas de répression sans prévention. D’économique sans social. De fermeté sans générosité.

Le PS et la gauche en général seraient bien inspirés de se saisir de ce dossier. De faire la démonstration de l’inefficacité de Nicolas Sarkozy en la matière. Ce que Ségolène Royal n’avait malheureusement pas fait lors de la campagne présidentielle 2007, alors que déjà, le bilan de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur était un échec camouflé par des coups médiatiques et des chiffres Bauerisés.

Cette fois, il conviendrait que la gauche appuie là où ça fait mal. Tant c’est un boulevard. Qu’il ne faudrait pas laisser au Front National [4]
Il est urgent que la gauche, outre la critique, le constat, fasse des propositions concrètes, chiffrées. Qu’elle nous décrive ce que sera sa politique de la ville, en formant le vœu qu’elle saura se montrer ambitieuse, ferme et généreuse.
Or donc, en s’attaquant prioritairement aux sources des maux, et non uniquement à leurs conséquences.


[1] « Si je suis élu je mettrai en œuvre un grand plan Marshall de la formation pour tous les jeunes de nos quartiers, pour qu'aucun ne soit laissé de côté, pour que chacun puisse tenter sa chance, pour que chacun ait un emploi. » [Nicolas Sarkozy – 18 mars 2007 – Discours du Zénith]

La candidat Sarkozy promettra à nouveau un Plan Marshall pour les banlieues, le 2 avril 2007, à l’occasion d’une conférence de presse sur son projet présidentiel, puis le 13 avril 2007, à Meaux, où il interpellait Yves Jégo :

« Cher Yves Jégo, je ne veux plus une politique de la ville, je veux un plan Marshall pour les banlieues. Un plan Marshall qui s'adresse à tous ceux qui veulent créer de la richesse et des emplois, à tous ceux qui veulent bénéficier d'une formation pour trouver du travail. Parce que le plan Marshall que je propose ne concernera pas seulement les immeubles et les murs, mais aussi et surtout les hommes et les femmes de bonne volonté. »

[2] En réalité, le Plan Marshall promis fut soldé en février 2008. Soit : avant la crise.

[3] « Plus que jamais, la police de proximité fait défaut. Contrairement à ce qui est plaidé, préconisé, annoncé, vidéosurveillance, drones (!), etc, plus la situation s’envenime et plus une police de proximité serait nécessaire. Ou plus exactement l’état d’esprit qui animait cette orientation. La police, c’est par définition de la proximité. Dès lors qu’on fait une partition des missions policières, c’est de la politique.
Et c’est en partie pour cela que les relations police/population n’ont cessé de se dégrader.
La police se trouve au cœur de la réalité des effets de la férocité sociale, économique, et la délinquance. Même s’il se trouve aujourd’hui des idéologues pour affirmer qu’il n’y a pas de lien entre la délinquance et la précarité…
» [Bénédicte Desforges – 13 décembre 2010]

[4] Lors des dernières cantonales (mars 2011) on a pu observer une poussée du FN dans les banlieues.
Concernant Sevran, le candidat frontiste se classa second au premier tour avec 22,92% des suffrages exprimés (abstention : 70,19%).
Il devançait les candidats du PCF (22,15%) et de l'UMP (12,38%).


19 mai 2011

Où L’on Comprend Mieux Ce Que Voulait Signifier François Hollande

Ah ! Comme ça a intrigué. Ou fait rire. Rire, plutôt… Mais qu’est-ce qu’il raconte, encore, ce François Hollande ! C’est quoi cette histoire de « candidat normal » ? C’est assez ridicule, non, comme axe, voire : comme slogan. Allons, se présenter comme un « candidat normal » pour être, demain, « un président normal », c’est une boutade, que sais-je ? Une farce (tranquille) ! Eh bien non. C’en était pas.

Un-Mec-Normal.jpgCar ce qu’il faut savoir – et ce n’est pas faute de l’avoir écrit – c’est que François Hollande n’est ni un Flanby, ni un rigolo. Chaque terme qu’il emploie est mesuré, pesé. Rien n’est gratuit. Tout fait sens... Certes, c’est à tiroir, peut-être trop fin (il va falloir travailler ce point, d’ailleurs) mais derrière ce « candidat normal », il y avait quelque chose à entendre.
Alors, beaucoup ont pensé à Sarkozy ; qu’il était visé par ce « normal ». Pour des tas de raisons...
N’est-ce pas l’hebdomadaire Marianne (et surtout, Jean-François Kahn) qui, une semaine avant le premier tour de la présidentielle de 2007, s’était fendu de moult pages nous expliquant que oh-là-là, réfléchissez bien, car cet homme, Nicolas Sarkozy, n’est pas « fou » mais tout de même, il est curieux (et « brutal »). Ceci étant, le terme « fou » avait été mentionné.
Ce numéro de Marianne portait un titre qui promettait bien des révélations : « Le Vrai Sarkozy ». Un vrai « Pschiiiitt » en réalité. Qui n’aura aucune incidence sur le scrutin. L’affaire étant pliée depuis le 14 janvier 2007, jour d’intronisation du candidat Nicolas Sarkozy avec son fameux et répété « J’ai changé ». A partir de cette date, plus aucun sondage ne donnera Ségolène Royal vainqueur…

Or donc, dans ce « candidat normal » ayant vocation à être un « président normal », tout aussi étrange que cela paraisse de se présenter ainsi aux électeurs, on aura pu voir, entendre, comprendre, une allusion à un « style », un comportement, celui de Sarkozy. Et, comme durant son quinquennat, il aura, par quelques saillies (« Casse-toi pauvre con ! » « Descends un peu le dire si t’es un homme... », etc.) bien inhabituelles chez un président de la République, et autres fantaisies (Fouquet’s, yacht, Rolex, pipolisation…) qu’effectivement, d’une certaine façon, il n’y avait pas là une « anormalité » mais quelque chose qui dénotait... Qui n'était pas dans la "norme"... Bref, ce n’était l’image d’un président ("on" a même dit qu’il n’habitait pas la fonction)... Et si l’on ajoute d’autres considérations, comme « c’est le président des riches » (alors que théoriquement, ce doit être le président de TOUS les français) oui, on pouvait penser que Hollande se présentait comme étant l’antithèse de Nicolas Sarkozy.

Mais c’était oublier qu’avant de pouvoir affronter Nicolas Sarkozy, François Hollande devrait d’abord en passer par les Primaires et battre le favori des sondages (et des médias) soit : Dominique Strauss-Kahn… Oui, je sais, ça fout le vertige. Mais je l’ai dit, chaque mot, chaque terme de François Hollande est pesé, mesuré.
Cela dit, entendons-nous bien. Ce que voulait signifier, sous-entendre Hollande, c’est que pour une grande partie des français, des électeurs (et n’oublions jamais que ce sont ceux de plus de 65 ans qui ont fait la différence en 2007) le « style de vie » de DSK, franchement libertin, aurait été incompatible avec leurs critères – pardonnez-moi – de « normalité » (pas dans "la norme" tolérée)... Or il était clair, évident, que « ce style de vie » aurait été au cœur, ou du moins abordé, lors de la campagne présidentielle... Ce n’est pas le « train de vie » de DSK qui aurait posé problème. D’autant qu’il paye ce qu’il consomme. Il ne le fait pas « au frais de ». Mais son « style de vie »... Le « style », encore une fois… Que reproche-t-on, souvent, à Sarkozy, sinon son « style » ?

Comprenez que je me place du côté de l’électeur (ce que fait aussi François Hollande, c’est à lui qu’il s’adresse). Importante précision. Et si je la fais, c’est parce que : c’est ce « style de vie » qui est en question, aujourd’hui. Et comme bien des amalgames, assez dégueulasses, je dois dire, sont faits. Comme on en tire, si hâtivement, de sales conclusions. Mais dans un pays, voire un monde, où d’aucuns pensent qu’un homosexuel est un pédophile, je ne m’étonne même pas que certains puissent penser que : parce que DSK est un libertin, alors c’est un harceleur, ou pis : un violeur. Il était facile – si je puis me permettre – connaissant ce « talon d’Achille » de DSK, de le « piéger ». Ceci dit, il faudra le démontrer. C’est pas gagné. Mais là n’est pas le sujet.

Le sujet c’est : « Qu’est-ce qu’un président normal ? » pour l’électeur. Autrement dit, ce qu’il considère comme compatible avec la fonction. A tort ou à raison. Dans un pays laïc, mais dont on nous rappelle et rabâche, et pas innocemment, les racines chrétiennes.
Voilà ce que signifie « normal ». Ou du moins, est-ce ainsi que François Hollande l’entendait : la compatibilité (selon l’électeur ; ses critères moraux avant tout) avec la fonction… Soit : ce qui lui apparaît être dans la norme.
Sarkozy, on a vu. Mais DSK ?...
Hollande, comme la grande majorité des socialistes, connaissait le « style de vie » de « Dominique ». Sarkozy, aussi. Il lui promettait d’ailleurs, et s’en réjouissait d’avance, une « lessiveuse médiatique ». Sauf que, pour les socialistes, orphelins de victoire présidentielle depuis François Mitterrand, on s’est fixé QUE sur les sondages (cette démocratie d’opinion qui, en réalité, est une manipulation de l’opinion par les médias). Et comme ils étaient écrasants. Enfin ! Ils avaient une vraie chance de reconquérir l’Elysée.

Leur cador sera tombé avant même le début des Primaires.
Et de la façon la plus terrible, « sidérante »…

Mais, de toutes les façons, comment ont-ils pu penser que « ça passerait », que l’on n’attaquerait pas, à droite (et même à gauche) DSK sur son « style de vie » ? Quand on connaît la violence d’une campagne présidentielle, où tous les coups sont permis (il n’y a que guère qu’un Jospin pour refuser d’enfoncer Chirac, en 2002, sur les « affaires ») !

Alors, voulu ou non, inconscient qui parle ou pas, dans ce « candidat normal » de François Hollande aspirant à devenir un « président normal », il y avait (et il y a toujours) un sens. Il est très spécifiquement destiné à l’électeur. Car c’est lui qui, selon ses critères, encore une fois très souvent moraux, décide de ce qui lui apparaît « normal » (dans la norme) ou pas. Compatible ou pas avec la fonction [*]…
François Hollande connaît DSK, je ne peux pas imaginer « une seule seconde » qu’il ne pensait pas à lui, aussi, quand il a décidé de se présenter aux électeurs comme un « candidat normal » (ne devait-il pas le battre avant de pouvoir en découdre avec Sarkozy ?). Tant cet homme n’a pas pour habitude d’employer des termes (aussi précis dans ce cas, et de surcroît) au hasard, à la légère, pour faire slogan ou amuser la galerie médiatique. Croyez-moi, ce type ne rigole pas. Et sait ce qu’il fait et dit.


[*] Soyons concret : en 2006/2007, Sarkozy (prie) demande à Cécila de rester à ses côtés pour la campagne. Il en va de l'avenir de cet homme. Or, nous savons, désormais, que ce couple était mort.
Et Ségolène Royal ? Lorsqu'elle entre (16 novembre 2006) en campagne (bien avant, en réalité) son couple avec François Hollande n'existe plus. Nous le savons aussi.
Pourquoi agir ainsi, taire la "vérité" ?
Parce qu'ils connaissent les "critères", les "normes" des électeurs. Jamais une majorité ne votera pour un candidat en instance de divorce, de séparation. Vous la voyez ? La "norme" ? En gardant à l'esprit qu'il s'agit d'élire celui qui va être garant des institutions de ce pays... Il dépend alors de son image sociale, familiale, rassurante. Voilà tout. C'est cela la "norme" (le "normal").
A ce propos, le fait que Carla Bruni soit enceinte, aura des conséquences. C'est une évidence. L'homme Sarkozy ne peut pas ne pas en tirer profit. De "normalité". Il le fera. Habilement. Car c'est une "image" rassurante, d'autant plus, en des temps de crise. Une image, qui plus est, de bonheur. Bref, il est en passe d'être possiblement réélu. Cet homme connaît (trop) les "codes"...


NB : Va donc lire ceci : In Bed With DSK

17 mai 2011

De Ben Laden à Strauss-Kahn (Ou : D’une « Situation Room » à Une Autre)

Deux évènements rapprochés dans le temps (1er mai/14 mai 2011). Un pays commun : les Etats-Unis. Dans un cas (Ben Laden), pas d’image. Dans l’autre (DSK), le trop-plein. Mais dans les deux cas, une couverture médiatique hors-norme, puisque ne traitant que d’un sujet et un seul en flux tendu – je pense notamment aux chaînes d’infos telles que LCI, BFMTV et i>télé.
Comprenez bien qu’il ne s’agit nullement de mettre sur le même plan deux hommes, mais (d'interroger) deux traitements de l’information. Et des termes employés, souvent similaires. D’où, la gêne.

DSK-Room-2806-live.jpgJe tiens tout d’abord à dire que je ne veux pas, ici, aborder les « faits » qui ont conduit à l'arrestation puis l’inculpation et l’incarcération du Directeur Général du FMI. Ce n’est pas le sujet (pas même sous-jacent) de cet article... J’observe, comme vous, je lis aussi, tout ce qui se dit, s’élucubre, et c’est, avant tout, la nausée qui me saisit. Notamment quand je découvre les commentaires des internautes sur les différents sites en ligne contribuant à alimenter l’idée, qu’effectivement, Internet serait une « poubelle », voire : une « saloperie » [1]… Ceci étant, les saillies, et autres remarques, d’un Yvan Rioufol, Olivier Mazerolle, Bernard Debré et consorts ne valent guère mieux. Les internautes n’ont pas le monopole de la dégueulasserie... Oui, je dis « les internautes », et non « certains internautes », car l’attitude de « certains » rejaillit sur « tous les internautes ». Bref…
Je ne m’attacherai donc pas aux « faits », car je ne sais pas ce qu’il s’est passé dans la chambre 2806. Et vous ne le savez pas non plus. Seules, et a priori, deux personnes le savent : Dominique Strauss-Kahn et la « femme de chambre de 32 ans ». Désormais c’est à la justice de trancher. Point barre. En espérant que « justice sera rendue » et non « faite ». Tant nous connaissons, désormais, la différence

Or donc, je ne veux parler que du traitement médiatique.
Hormis le fait qu’il soit – à mon sens – totalement hystérique et disproportionné (aussi bien dans le cas de Ben Laden que de DSK) est-ce le temps si rapproché de ces deux « évènements » qui conduit les journalistes à les traiter de la même façon ou quasi, et surtout – plus gênant – en employant, parfois, les mêmes termes ?

Premier point : à partir du moment où l’information « tombe » toute autre est zappée. Toutes les chaînes d’infos en continu passent en mode « Ben Laden » ou « DSK ». Ce qui peut survenir, ailleurs, dans le monde, n’est pas traité. Au nom de quoi ?... Certes, nous avons là une « information » majeure, mais qu’est-ce qui peut bien motiver une rédaction à décider que seule celle-ci occupera l’antenne pendant quarante-huit heures ?... Nonobstant, quel peut bien être le degré de recul (essentiel, pourtant, dans le métier de journaliste) que les intervenants (y compris, extérieurs) peuvent alors avoir sur ledit « évènement » ; sinon proche de zéro ?... Bref, quelle crédibilité accorder à ce qui se dit et se montre [2] dans une telle configuration ?
En réalité, nous sommes moins dans l’ « information » que dans le « scoop ». Un « scoop » dont on tire le fil jusqu’à plus soif.
De fait, et fort malheureusement, Ben Laden et DSK ne sont plus des sujets d’information qu’il convient de traiter avec toute l’acuité possible et le recul nécessaire, et finissent par se retrouver placés sur un même plan car traités, déroulés, disséqués, pareil.
Or, ils n’appartiennent pas au même champ, ils ne sont pas un même sujet.

Deuxième point : il découle du premier. A partir du moment où vous décidez d’une configuration – et nous avons vu qu’elles étaient identiques dans le déroulé, la forme, etc. – vous êtes amené à employer des termes similaires ou jumeaux (c’est purement mécanique).
Ainsi, par exemple (mais il y en aurait tant à citer !) assez vite les différents journalistes ont évoqué « les zones d’ombres » concernant l’ « assaut » des Navy Seals. Ils emploieront la même rhétorique à propos de DSK.
Dans le « récit » fourni par la police New-Yorkaise (qui, comme celui de l’ « assaut » contre la résidence de Ben Laden, varie dans le temps : Ben Laden était armé, puis ne l’était plus ; l’agression au Sofitel a eu lieu à 13 heures, puis finalement à midi…), il y aurait des « zones d’ombre » tout comme il y en avait dans le « récit » délivré par John Brennan, le conseiller de Barack Obama pour l’antiterrorisme. On pourrait alors espérer que, puisqu’il y a des « zones d’ombre », le journaliste français va se muer en Bob Woodward et mener son enquête, investiguer comme l’on dit, donc aller sur le terrain. Mais pas du tout ! Il se contente, en plateau, d’énumérer les points, émettant des hypothèses, y compris les plus farfelues [3]. Ceci étant, c’est logique. Puisque nous sommes dans le « scoop » et non dans l’ « information » - Seuls, les envoyés spéciaux aux Etats-Unis maintiennent un semblant d’information. C’est peu.

Troisième point : et c’est peut-être le plus important.
Qui fournit les « informations » ? Les « récits » ? Les images ? Les différentes autorisations ?
Dans les deux cas (Ben Laden, DSK), ce sont « les américains ». Il n’y a pas, là, une « identité » journalistique française. Elle est d’une certaine façon assujettie, et devient, dans le moins pire des cas, une petite CNN, dans le pire du pire, une énorme Fox News (je pense là, à BFMTV).
Et c’est ainsi, entre autres, que nous apprîmes que DSK s’était offert une suite à 3000 dollars. Aucun journaliste français n’a cru bon vérifier cette info incroyable, sans doute parce qu’il était resté sur les histoires de Porsche et de costards. Pourtant, un Sofitel qui propose une suite à ce tarif, c’est assez curieux... Un simple coup de fil (ou une vérification par Internet) aurait suffi à se rendre compte que cette information était fausse... La question est double : pourquoi les journalistes français n’ont pas effectué cette vérification ? Pourquoi les « autorités américaines » ont-elles « propagé » cette fausse info ? Dans quel but ?
C’est également ainsi que nous avons pu voir, lundi 16 mai, sur TOUS nos écrans de télévision (et dans la presse) un DSK menotté, suivi, plus tard, de sa comparution (filmée) au tribunal. Ce qui serait impossible en France. La loi l’interdisant (ne serait-ce que pour respecter la présomption d’innocence)... A aucun moment, les journalistes français ne se sont posé la question de savoir s’il était déontologiquement convenable de diffuser ces images. Pis : ils les ont diffusées en boucle. Ce qui nous amène au quatrième point. Qui dépasse le champ journalistique, sans l’exclure.

Quatrième point : les images. Il n’y en a pas eues de Ben Laden. Pourquoi ? Parce que : « Un homme mort n’est pas un trophée » et que, de surcroît, les photos sont « atroces » (Dixit Obama).
Un « homme vivant » (« inculpé » mais « présumé innocent ») arrêté par la police américaine semble, en revanche, en être un, de « trophée ». On l’expose, menotté, aux photographes du monde entier, on autorise les caméras à le filmer (en gros plan constant) au tribunal.
Il est intéressant de noter, en France, les différentes réactions à ces images :
« sidérant », « insoutenable », « violent », etc.
Bref, on n’est pas loin de l’ « atroce » (donc, théoriquement, de ce qui ne peut être montré).
De là à penser que « les américains » font avec DSK ce qu’ils se sont refusés à faire avec Ben Laden, de façon tout à fait assumée, consciente, et dans un but très précis, il n’y a pas loin...
Et je passe sur les Unes des tabloïds sur DSK qui, quelque part, pourraient nous ramener, ou font curieusement écho, aux (indécents) « USA ! USA ! » qu’hurlaient certains américains quand ils apprirent « la mort » de Ben Laden... Il y a là, quelque chose de troublant. De gênant… La symbolique du « trophée » s’applique à DSK, mais pas à Ben Laden... On peut s’interroger, tout de même, sur ce point. Les motivations… Et ce n’est sûrement pas un hasard, au passage, si Harlem Désir, lundi, a déclaré que le PS n’était pas « décapité, ni affaibli ». Est-ce son inconscient qui a parlé ? Car, c’est très exactement les termes qu’avait employés Barack Obama, puis la presse, après l’exécution de Ben Laden.

A vrai dire, nous sommes, ou nous étions, ces dernières quarante-huit heures dans la « situation room »... Nous devions, en regardant toutes ces images de DSK, faire les mêmes têtes qu’Obama, Clinton et leurs divers conseillers visionnant « en direct » l’ « assaut » donné par les Navy Seals. Il y a comme un effet miroir. Une similitude... Et, elle est grandement entretenue par le traitement médiatique (et les « américains »). Voulu ou non, mécanique de toutes les façons. Car il s’agit bien d’une mécanique (médiatique). Infernale. Qui fait que, nous pouvons parfois superposer les deux « évènements » dans leur déroulé, la façon de les présenter au public... Ben Laden et DSK, traités (presque) de la même façon... Et c’est, sans doute, ce qui peut expliquer la gêne que l’on ressent. Le malaise. Parce que Ben Laden et DSK, ce n’est quand même pas la « même chose ».

Enfin, derrière remarque :
Il y a dans les deux cas, Ben Laden et DSK, des « théories du complot » qui fleurissent, et pas seulement sur Internet. Dans la « vraie vie » aussi.
Autre point commun, donc.
Mais ces « théories du complot » ne sont-elles pas consécutives au traitement médiatique ? Je veux dire, par là, que le traitement médiatique de ces deux « évènements », qui relève plus du « scoop » (avec ses « zones d’ombre ») que de l’information, ne conduit-elle pas inéluctablement à la recherche d’une autre « vérité » ?
Les journalistes seraient bien inspirés de se poser la question, si tant est qu’ils s’en posent encore. A vrai dire, cette façon jumelle, cousine, de traiter deux « évènements » (aussi différents de nature) tendraient à démontrer qu’ils ne s’en posent plus beaucoup.



[1] Il est tout de même assez incroyable que des sites comme ceux du Figaro, du Nouvel Observateur, du Parisien, de Libération, etc., etc., n’aient pas une équipe de modérateurs affutés, réactifs, vigilants... Il n’est pas possible de continuer ainsi. A laisser passer des commentaires indignes, indigents, qui relèvent de la haine, du lynchage, de la bêtise la plus crasse, du déversoir. Il est urgent de mettre un terme à cette « poubelle ». Sinon, ne venons pas nous plaindre demain, et bien hypocritement, au nom de la liberté d’expression (en plus !), que des lois viennent museler l’Internet... A vrai dire, nous les aurons bien cherchées.

[2] On se souvient de l’image d’un Ben Laden mort (le fameux fake) diffusée par l’ensemble des chaînes françaises, chaînes qui, le soir, se sont platement excusées. Excuses qui sont à peine recevables, voire : pas du tout recevables. Parce qu’en réalité, en flux tendu, comme je l’ai dit, « ils » ne se posent plus de questions (déontologiques). Ils font la course « entre eux ». C’est au premier qui diffusera telle image, telle déclaration. Et, en boucle, bien sûr. Ce n’est donc pas une simple erreur, mais une erreur répétée à l’envi. Avec des conséquences, parfois, dramatiques. Irréversibles. Notamment dans l’opinion. Entre autres (car, qui peut dire ce que va devenir, ou faire, l’homme DSK, après ce traitement ? qu’il fût innocent ou coupable…).

[3] Il est croustillant de noter que c’est le même journaliste qui, par la suite, se gaussera de toutes « les théories du complot pullulant sur le Net » alors qu’il est quasiment le premier à les alimenter par, justement, des hypothèses farfelues. Et ça vaut autant pour les affaires « Ben Laden » que « DSK ». A vrai dire, il me semble que nous avons eu droit à tout, y compris au pire... Dans ce registre, du pire, je crois qu’Olivier Mazerolle est assez imbattable.

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