01 mai 2012
De La «Drôle de Campagne» à «La Bataille de France» En Passant Par Pétain

"Chacun l’aura noté, le climat de cette campagne de second tour est lourd.
Douloureux.
Et quoi qu’il se passe dimanche soir, il laissera des traces.
Comme si c’était tout un pays qu’il fallait, demain, panser et repenser.
Nonobstant, la tournure que prend cette campagne ne me surprend guère.
Elle m’attriste, profondément, ça oui, mais elle ne me surprend pas.
Tant ça vient de loin. Tant c’était déjà là.
Mais par où commencer ?
Peut-être par ce que je notais, en décembre dernier, et qui me déplus fortement.
Je n’en fis pas état alors, me disant, à tort, qu’il ne fallait pas lui apporter plus d’importance que ça.
Que ce n’était là qu’une maladresse.
Une bêtise.
Mais entrons dans le vif."
La suite : ICI
A lire, itou : La référence à Philippe Pétain par Alain Garrigou [Les Blogs du Diplo]
09:19 Écrit par Philippe Sage dans La Tristesse, Présidentielle 2012 | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : la drôle de campagne, la drôle de guerre, la bataille de france, germanophobie, europe à la schlague, merkel comparée à bismarck, sarkozy comparé à daladier, sarkozy comparé à pétain, sarkozy comparé à laval, sarkozy accusé de collaboration, radio londres sur twitter, mélenchon appelle à la résistance, occupation, collaboration, nazisme, fascisme, quand la campagne dérape, la france malade de son histoire, un peuple et un pays à reconstruire, présidentielle 2012, une campagne malsaine |
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04 août 2011
Personne Pour 2012
Le souffle.
Voilà ce qu’il manque.
Un élan.
Eux qui n’ont que ce mot à la bouche, celui de « rassemblement », y’en a pas un qui l’incarne.
De Sarkozy à Poutou en passant par Mélenchon, Joly, Aubry et tutti, pas un.
Oh, je sais, les projets, on ne les connaît pas, pas encore, mais à vue de nez, ça sent déjà le réchauffé, les rustines, quand c’est pas le suicide collectif.
On me dira itou, patience ! nous ne sommes qu’en août, tu vas voir, dès septembre, ça va se décanter, même qu’y en a qui vont sortir du bois, ou les griffes, aiguisées ; va y’avoir du sport !
Vraiment ?
Non, bien sûr que non, ça va pas se décanter.
Pas besoin d’être grand clerc ou Duhamel pour le deviner. Tout ce qu’on nous donnera à becqueter ce seront des petites phrases, de celles qui font la joie des quotidiens, et des chaînes d’informations en boucle. De la polémique à balles deux. Mais qu’a son intérêt : faire diversion. Contourner l’os. Gaffe surtout, à ne pas aborder les vrais sujets.
La vérité.
Pourtant, ils seront légions sur la ligne de départ : dix, peut-être douze, voire plus.
Mais y’en aura pas un qu’aura le feu sacré. Qu’apparaîtra comme une évidence.
Le temps des grands hommes est révolu. Comme révolues sont, les révolutions. Et peu me chaut que t’occupes je ne sais quelle place, l’indigné… Indigné, mon cul ! T’en as pas assez chié pour être crédible. Ton indignation – je parle de l’occidentale – elle est bien paresseuse. Elle se numérise, et pis voilà. Sujet suivant...
J’t’en foutrais !
Quand on est indigné, vraiment, on reste pas le cul assis par terre, non ! on montre les dents. Quitte à tout foutre en l’air... Non mais c’est quoi, ces rassemblements, pépères, à qui ça fait peur, qui ça impressionne ?... Mais personne ! Et surtout pas les politiques.
Alors, ne t’étonne pas, si rien ne bouge, que tout continue, comme avant, entourloupes, vaseline et tout le bataclan.
Après tout, pourquoi donc iraient-ils se crever la couenne, les candidats, pourquoi prendraient-ils des risques, se fendraient-ils de projets ébouriffants, quand tu vois l’étrange apathie du peuple...
Le peuple !
Ça râle, ça rouspète, ça se plaint, et puis ça rentre chez soi.
Ça veut tout casser, au coin d’un zinc, ou sur un forum à la noix du Net, nouveau défouloir de ceusses qu’ont-que-de-la-gueule, anonymes, planqués, mais dans la vie, la réelle, y’a plus personne. Que des échines courbées. Des « Oui, Monsieur ! » et des « Oui, Madame ! »… Parce que, faut le savoir, les furieux qui vous promettent le chaos sur le Net, à grands coups d’insultes (quand ils donnent pas dans le diffamatoire) dans la « vraie vie », c’est des petzouilles.
Ils valent pas chers, les loquedus.
Quant aux blogs classés politiques, voire militants, c’est de la rigolade ! Y’en a pas un sur cent qui tienne la distance. Et encore, je suis large...
Alors quand on m’affirme que cette présidentielle passera par Internet, je me marre. Pour que ce fût possible, faudrait qu’Internet soit une alternative, pas un copié/collé... Faudrait plus de chair, de profondeur, de rage aussi. Mais penses-tu !... Ça ne pense qu’à ses stats, ses followers et ses RT ; bref, qu’à engraisser son foutu réseau ; un réseau qui sert à rien, quand t’as l’honnêteté de te pencher sur son utilité supposée.
Or donc, pourquoi qu’ils se feraient beaux, nos candidats, pour 2012 ?
Pour qui ?
Pour un peuple qui, depuis lustres, avale toutes les couleuvres ?
Et, qui plus est, se jalouse, s’envie, se mesquine, pour des peccadilles ?
Qui, dès que tu lui tends un os à ronger, se jette dessus, sans même réfléchir ? Abruti qu’il est de télévision, d’idées reçues, d’a priori, de préjugés.
Hostile à tout ce qui ressemble à de l’intelligence, ou au minimum, à de la raison.
Vomissant ses élites et ses surdiplômés.
Crois-tu que pour ce peuple, le candidat de 2012 va se mettre minable ?
Mais bien sûr que non !
Aux cochons, on ne donne pas à bâfrer de la confiture.
Au fond – et c’est le cas de le dire – on a les politiques (et les candidats) qu’on mérite.
Falots, fadasses, timorés.
Avec quelques trublions pour faire le show : Mélenchon, Le Pen, et … Et ce sera tout ; vu que Sarkozy a rangé son barda bling-bling.
Oh, ne vous méprenez pas, je ne les range pas dans la même catégorie, Mélenchon et Le Pen.
Je laisse ça aux éditocrates dont la malhonnêteté intellectuelle est sans limite (car il faut l’être, malhonnête, pour nous faire croire que Mélenchon et Le Pen, c’est pareil), soit à ceux qui fricotent avec les dominants (politiques, patrons, etc.), et nous vendent, qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il merde, un bon vieil affrontement droite/gauche ; comprendre : UMP/PS... Paraît que c’est le seul duel compatible avec les marchés, le CAC, les agences de notation, soit avec toute cette saloperie qu’est le capitalisme décomplexé… C’est vous dire si PS et UMP, c’est du kif… La seule différence, c’est que l’un est brut de décoffrage, quand l’autre vous fait croire qu’il est humain... Mais dans les deux cas, c’est le pragmatisme libéral qui l’emporte… Y’a vraiment que des attardés (ou des encartés) qu'ont pas encore pigé que cet affrontement-là, qu’on nous présente comme un affrontement entre la droite et la gauche, c’est une fumisterie... Non pas que la droite ne soit pas à droite, non ! C’est juste le PS qu’est plus à gauche (depuis lurette)... Le PS c’est un centre du genre mollasson... Et d’ailleurs, à en croire les sondages, Hollande en est la tête. Comme quoi, y’a pas de hasard… Oh, il a bien des talents, ce François, au demeurant, mais qu’il nous fasse pas son Jaurès ou son Blum. Qu’il s’en tienne à mimer François Mitterrand… Oui, pour ceux qui l’auraient pas encore remarqué, c’est pourtant flagrant, ce mimétisme. Et j’ajoute que c’est fait exprès. Mais ça risque d’être en pure perte. Parce que ce François-là, il passera pas la primaire… J’y reviendrai. Une autre fois.
Passés ceux-là, les François, les Martine, les Nicolas (qu’est bien parti pour redoubler) qui n’ont donc pour seule ambition QUE de gérer le pays (c’est vous dire si ça donne envie), qu’est-ce qu’on a ?
Eh bien un suicide collectif avec Marine Le Pen.
Icelle nous proposant, ni plus, ni moins, de revenir aux francs.
Elle a dû se tromper de nation... L’Allemagne, c’est un peu plus loin… Parce que s’il y a un pays, un seul en Europe, qui pourrait se permettre de sortir de l’euro, c’est l’Allemagne.
Nous, étant donné notre dette et notre déficit, on est bon comme la romaine… A moins que Madame Le Pen veuille estourbir d’autant plus les classes moyennes et populaires… Vas-y, sors-nous de l’euro, poulette, et tu vas voir combien tu vas le raquer, ton pétrole ! Et le reste. Tout ce dont la France, pays désindustrialisé, a cruellement besoin...
Exporter avec une monnaie, le franc, qui vaut que dalle, ça j’dis pas, mais pour l’import, on va souffrir. Et quand je dis « on », j’pense pas aux fortunés ; eux, c’est de la roupie de sansonnet. Qu’on soie à l’euro, au franc ou au rouble, la différence, ils la voyent pas. Mais le laborieux, lui, il va calencher.
Sinon, rien de nouveau sous le paquebot du FN, c’est toujours la patrie, la préférence nationale, l’identité, enfin-bon-bref, des concepts puant la naphtaline. L’hospice. L'agonie.
Qui d’autre alors ?
Mélenchon. Le tribun. Qui va nous faire croire que la gauche-ceci, la gauche-cela. Que la gauche, elle est vivante, quoi…
Que : nos vies valent mieux que leurs profits…
Oui, parce que faut pas se leurrer, Mélenchon, il ne fait que prendre la place laissée vacante par Besancenot. Il reprend le flambeau, Méluche. Vu que la LCR s’est autodétruite… Non mais quelle connerie, ce NPA ! J’te jure... Nouveau Parti Anticapitaliste ! Grotesque !... Ligue Communiste Révolutionnaire, ç’avait un peu plus de gueule... C’était sans ambigüité possible… T’as voulu changer l’intitulé, t’as coulé, c’est bien fait… Du coup, c’est Mélenchon qu’est en pôle-position de la gauche. Parce que Poutou et Arthaud, dans le genre on n’est pas là (alors que pourtant, on est tout mité par la crise, que les banquiers se goinfrent comme avant, que le chômage est explosif) ils sont assez remarquables… On peut pas toujours dire c’est la faute des médias. A un moment, le cul, faut se le bouger... Internet, c’est pas fait QUE pour les cons. Ça peut être aussi un outil de combat. Et qui coûte pas bézef en artiches… Mais va expliquer ça à Poutou et Arthaud ! Plus résignés que ces deux-là, ça existe pas.
Or donc, Mélenchon. Qui va pousser ses petites gueulantes, brandir le poing, se prendre pour Voltaire ; les médias déjà s’en délectent, s’en pourlèchent ; ça nous promet de belles vidéos sur Dailymotion, du fight en veux-tu, en voilà, mais quant au projet, et quand bien même me dirait-on qu’il existe, je le trouve, pour ma part, un peu court... Pas très révolutionnaire, quoi…
Les mecs, les grands capitalistes, ceux qui s’en mettent plein les fouilles sur notre dos, faut vouloir les saigner. Sinon, c’est pas la peine. De se présenter. Pour quoi faire ?... Pour appeler à voter Aubry au second tour ?... T’es gentil, mais j’ai pas vocation à mettre un bulletin relou dans une urne prétendue démocratique.
Quant aux restes, Borloo, Bayrou, Boutin, Dupont-Aignan, Nihous et consorts, c’est du supplétif. Ça n’est là que pour négocier. Avec le vainqueur. Bref, ça vaut rien. En d’autres termes : ça ne nous concerne pas.
Maintenant qu’il s’en trouve pour leur filer des voix, ma foi, ça les regarde. Le vide, que voulez-vous, ça attire.
Donc non, vraiment, y’a personne.
Pour 2012, y’a rien.
Pas un grand homme.
Pas un vrai et beau projet.
Pas d’élan.
Rien qui donne envie. De voter.
Rien qui ressemble à de l’espoir. A de la vie, même.
Alors que la crise nous a plombés, ratatinés, essorés ; c’est incroyable !
Y’a même pas de colère ! Ni de rage. Chez ces prétendants-là. Aucun, vraiment, n’incarne le peuple. Aucun, réellement, n’a l’étoffe. Le souffle. C’est fini, tout ça…
C’est un gestionnaire qu’on va élire. Un comptable. Et dans ce domaine-là, perdu pour perdu, Sarkozy a une longueur d’avance. Quoi qu’ils en disent. Quoi qu’ils prédisent.
Peu importe, au fond, qu’il rempile, ou qu’il se fasse giscarder, étant donné que le choix est pauvre. Sans envergure.
Vraiment, faut être un militant, un encarté, ou un imbécile, pour trouver quelconque intérêt à cette future présidentielle. Tant les prétendants ne sont pas à la hauteur. Des enjeux. Des souffrances. Tant ils n’ont rien à nous proposer de neuf. De grand. De fort !
Ou de renversant.
Mais, encore une fois, on a les candidats qu’on mérite. Nous les culs assis. Les indignés confortables. Lorgnant sur le dernier joujou technologique. Et croyant que la révolution passera par les réseaux sociaux ! C’est vous dire à quel point on est devenus vraiment des cons. Et qu’on mérite amplement, d’être traités comme tel.
20:11 Écrit par Philippe Sage dans La Tristesse, Présidentielle 2012 | Lien permanent | Commentaires (27) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : présidentielle 2012, nicolas sarkozy, françois hollande, martine aubry, jean-luc mélenchon, marine le pen, projet pour la france, grands hommes, personne pour 2012, j'irai pas voter en 2012, poor choice no choice, réseaux sociaux, internet, duel droite gauche |
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24 mai 2011
Passée La Sidération…
Nous sommes perdus. Nous ne savons plus. Déjà, qu’on doutait… Vers qui se tourner ? Que faire ? Et pour quoi ? Les évènements, majeurs ou pas, s’accélèrent. Il faudrait se pencher, revoir, les autres années, a-t-on déjà vu et subi autant en si peu de temps ? La sidération, ça n’est pas uniquement DSK, c’est un enchaînement d’évènements. Et nous voici spectateurs, impuissants, comme rarement nous l’avons été.
Est-il besoin de dresser la liste ? De tout ce qui s’est produit depuis – disons – ces dix dernières années – mettons depuis le 11-septembre – avec cette sensation étrange, désagréable, d’un inéluctable. Que ça va mal. Qu’on y va tout droit.
Est-ce la prolifération des moyens, ceux de s’informer, qui fait que, nous avons cette sensation-là, je veux dire est-ce seulement un « sentiment que » ou est-ce la « réalité » ?
Faut-il décrocher, moins consommer de – ce que l’on nomme – hardnews. Se tenir un peu plus à l’écart. Est-il possible, aujourd’hui, de penser sereinement et de recevoir des informations tout aussi sereinement. S’en donner le temps.
Ce terme « sidérant » que l’on a entendu à propos de « l’affaire DSK » est sans doute le plus signifiant, entendu jusqu’ici. Tant il pourrait s’appliquer à bien d’autres évènements, comme ceux, déjà lointains du 11-septembre, du 21-avril, des « émeutes en banlieues », et plus proches de nous, aux divers tremblements de terre ou tsunamis, à Gaza, à Fukushima, aux printemps arabes, à cette « justice [qui] est faite », à DSK, etc.
Il décrit un état, le nôtre... Nous sommes, effectivement, sidérés... On voudrait, aimerait, souhaiterait que ça cesse… En l’occurrence, l’incroyable couverture médiatique d’un mariage princier (couverture justifiée par le fait que « 2 milliards d’êtres humains » étaient censés le suivre, notamment via l’outil télévisuel) constitue une tentative par le média moins de nous divertir (encore que, il y a manifestement, ici, un but : « faire diversion ») que de nous soulager. Nous offrir un répit. Alors que, objectivement, nous n’en avons pas grand-chose à faire, ni à en tirer. C’est juste une image. Mais tout, désormais, est image…
Un mariage, une béatification, et boum ! une exécution (Ben Laden). Et tout reprend. Recommence. Machine infernale. En flux tendu. Images en boucle. Sidération again.
Alors, comme le titrait Libé, on se demande, non pas : « A qui le tour ? » mais : « quelle est la sidération suivante ? ».
Soit : qu’est-ce qui va encore nous tomber dessus, même à des milliers de kilomètres, peu importe, c’est bien sur nous que ça tombe. Et ça finit, par accumulation, de nous broyer. Littéralement.
L’autre terme qui surgit, en creux, c’est « dévasté ».
Nous sommes dévastés, avec cette sensation que tout s’écroule et que nous n’y pouvons rien. J’entends par « tout s’écroule », nos illusions, nos rêves, nos espoirs.
Pour certains, ces illusions, rêves et espoirs, s’étaient portés sur un homme. A tort ou à raison, là n’est pas la question… Il est à ce propos, intéressant de noter, qu’une bonne partie de ceux qui ne l’appréciaient pas, pour diverses raisons, principalement politiques, idéologiques, ceux-là aussi ont été sidérés, sont même « tombés en empathie ». Justement, parce qu’il représentait un espoir pour les autres (et les médias).
Quoi qu’ait fait cet homme, ou pas fait, innocent ou coupable, peu importe au fond, nous voilà perdus. Vers qui se tourner ? Que faire ? Et pour quoi ? Comment « sortir de là » ?
Les éditocrates, les journalistes, les observateurs, nous disent que « les cartes sont rebattues ». Mais de quelles cartes parlent-ils ? Qui dit cartes, dit jeu (ou stratégie). Jeu politique, en vérité. Mais en quoi cela nous concerne-t-il ? Ce que nous attendons, ce sont des perspectives, des idées, des projets. Un espoir. Qui les porte ? Est-ce les Espagnols, Puerta Del Sol ? Est-ce eux qui, par leur volonté, leur détermination, vont nous sortir de cet état, celui de sidération ?
Parce que, si en France (qui, comme la plupart des pays du monde, connaît une crise sans précédent) on n’observe aucun mouvement, pas la moindre manifestation d’envergure (comme celles de 1995), c’est aussi parce que nous sommes, depuis lustres, sidérés.
Bien sûr, il y a d’autres explications : le fait que « la crise » n’ait pas touché la majorité des Français. Sinon, et principalement, les plus vulnérables. D’autres aussi ont été touchés, mais pas en assez grande quantité pour déclencher un vaste mouvement ; ces autres qui, de surcroît, bon an, mal an, parviennent, péniblement, à s’en tirer (et n’ont d’autres soucis que de protéger le peu qui leur reste : emploi, toit, etc.). Et s’ils s’en tirent, c’est notamment grâce à notre système de protection sociale, sans lequel, nous vivrions aujourd’hui, ce que vivent les Espagnols, les Grecs, les Irlandais, les Portugais, etc.
Mais on ne peut faire fi de l’état de sidération. C’est une clé importante. Elle prend sa source le 11-septembre (évènement mondial) se poursuit le 21-avril (évènement local) et depuis, c’est non-stop ; ou du moins, avons-nous cette impression.
Et « la chute de DSK », avec cette avalanche d’images, images d’un français, un des « nôtres » (nous sommes donc, quoi qu’on en dise, touchés dans notre chair, humiliés, terrassés) et puissant de par sa fonction, valorisante (quoi qu’on en dise, là encore) pour la France, pour « nous », nous enfonce un peu plus dans cet état de sidération. La paralysie. C’en est trop !
Cet état-là, de sidération (quasi) permanente, nous a amené à croire en « l’homme providentiel ». D’autant plus que les médias, dans leur grande majorité, ont contribué à nous le présenter comme tel. Une évidence.
Nous n’avons pas mis, plus que cela, en question cette évidence. Parce que, justement, elle nous apparaissait comme une « porte de sortie » (et non, Del Sol). Je veux dire par là, qu’avec cette porte, nous pensions que nous sortirions de cet état de sidération. Nous irions mieux. Et n’avait que peu d’importance, au fond, le projet que cet homme portait.
Cette « chute » incroyable, cet évènement que, donc, on a qualifié de « sidérant », est en réalité plus que cela. Nous sommes passés au-delà de la sidération. Etant donné que nous étions déjà en cet état. C’est en ce sens que je dis que nous sommes perdus. Complètement paumés. Dévastés. Car, passée la sidération, que peut-on espérer ? Qu’y a-t-il après ? Une Puerta Del Sol française ? La résignation par les urnes ?
Ou alors, le déclin.
Oui, n’est-ce pas plutôt le déclin qui nous guette et que nous sentons venir ? Passée la sidération…
18:13 Écrit par Philippe Sage dans La Tristesse | Lien permanent | Commentaires (27) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sidération, sidérés, sidérant, affaire dsk, 11 septembre, 21 avril, fukushima, tsunamis, tremblements de terre, plomb durci sur gaza |
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20 mai 2011
Affaire DSK : La Grande Poubelle Médiatique
Un naufrage. Voire : pire que ça. Car, oui, c’est bien le fond du fond que nous avons touché. A tous les niveaux. Presse, radio, télé, Internet, etc. Rien, ne nous aura été épargné. Un déluge de commentaires délirants, quand ils n’étaient pas graveleux, à vomir. Ils sont peu ceux qui ont su se tenir. Ils sont rares ceux qui ne se sont pas mêlés à la meute. Mais qu’à cela ne tienne, la « page tournée », ils remettront ça, à la prochaine « affaire » tant la mesure, la distance, l’éthique, la dignité, bref, tout ce qui fait qu’un être soit un tant soit peu civilisé, sont des notions qui leur sont étrangères.
La décence, savez-vous ce que ça signifie ? Ou avez-vous tout oublié ?
Comment peut-on se « vautrer » de la sorte en élucubrations, sous-entendus, accepter de se ruer, en masse, comme des chiens, vers le premier micro tendu ?
De Joffrin à Rioufol, de Schneidermann à Plenel, de Domenach à Franz-Olivier Giesbert en passant par le "troussage" de Jean-François Kahn, la liste serait longue, quasi interminable si l’on y ajoute les pauvres déclarations de nos hommes politiques de tout bord. Tous se sont compromis. Dans des propos parfois obscènes, déplacés, insupportables.
Que l’homme de la rue y aille de son commentaire indigent ne relevant que d’un ressentiment personnel, particulièrement étriqué, nauséabond, ainsi que l’internaute (qui n’est pas si différent de l’homme de la rue) éjaculant, confortablement planqué derrière son pseudonyme, lui qui prend comme un malin plaisir à faire de l’Internet une véritable poubelle, un terrible déversoir, c’est pas qu’on finit par s’y faire – comment le pourrait-on ? – on le déplore, et comment ! Mais que des responsables politiques, journalistiques et tutti viennent sur des plateaux de télévision nous tenir des propos ineptes, débattre ( ?) dans un brouhaha dégueulasse, au mépris de tout, parce qu’ils « savaient », se « doutaient de », c’est abject… Mais ils « savaient » quoi, ces gens-là ? Allez-y, déballez, donc ! Mettez tout sur la table ! Les mails, les coups de fil, faites-vous les échotiers des égouts. C’est vrai que c’est le bon moment. C’est précisément maintenant qu’il convient de le faire, n’est-ce pas ?
Non mais, entendez-les, les chiffonniers, rappeler la « présomption d’innocence », et, dans la seconde suivante, la bafouer. Entendez-les, ces misérables, parfois les mêmes, avoir un mot pour la « victime », cette « femme de ménage de 32 ans », puis gloser à l’envi, s’étripant, s’interpellant, alors qu’il faudrait faire silence.
Mais ce sont eux, savez-vous, qui demain, viendront nous faire la leçon, toujours, encore, désignant Internet comme le mal absolu, cet espace où tout est permis, même l’innommable, alors que par leurs élucubrations, leurs scoops à balle deux, puant le rance et la rancœur, ils nous auront offert un équivalent télévisé, radiodiffusé, écrit... Un spectacle pitoyable, où l’intelligence est bannie, où seuls les instincts primaires ont droit de cité.
On eût pu espérer – allez savoir pourquoi ! – que les femmes soient plus mesurées, mais même pas ! C’est à pleurer, Clémentine Autain ! Véritablement à pleurer. Car, encore une fois, ce n’est pas le moment. Ayez au moins, les un(e)s, les autres, la stricte décence d’attendre le verdict. Avant de vous précipiter sur la « bête ».
Le verdict !
En d’autres termes que la « justice fasse son travail ». Est-ce trop demander ? De savoir se tenir. D’être responsable.
Vous n’êtes pas dans vos salons, vous n’êtes pas à table en train de bâfrer, vous tenez des propos publics. Vous n’étiez pas dans cette chambre 2806. Vous ne savez rien. Tout ce que l’on sait, c’est qu’il y a sept chefs d’accusation d’un côté, et de l’autre un homme qui les réfute. Point barre. Quand le verdict tombera, alors, peut-être, il sera possible d’en parler, voire d’en débattre, calmement. D’en tirer, le cas échéant, des « leçons ». Mais avant, c’est obscène. C’est flatter, quoi que vous en disiez, les instincts les plus vils. Les pensées les plus primaires.
Ne venez plus nous parler de populisme, s’il vous plaît ! Vous vous en êtes fait, ces derniers jours, les hérauts.
Ne venez pas nous parler de Baudis, de Bérégovoy. Tant à l’époque, là non plus, vous n’aviez pas fait silence. Elucubrant, pensant que, et si, sait-on jamais, etc.
Oui, vous êtes des « chiens ». La caravane du malheur passe, mais vous, vous restez. Aboyant, plus que jappant. Course à l’audience aidant. Et vos livres, qu’il faut vendre !
Et s’il est un verbe que je retiens, c’est « vautrer ».
Vous vous vautrez et vautrerez encore demain. Car vous n’avez aucune éthique. Plus rien de digne. Vous ne retenez rien, du passé, vous êtes fats, suffisants, croyant détenir la vérité, mais cette vérité, c’est la vôtre, elle n’a aucun intérêt, sinon celui de vous servir. Car ça, c’est votre taf. Vous servir ! De tout. Même du malheur. Rien ne vous arrête.
Sept chefs d’accusation, un homme qui les réfute, et... « et vous comprendrez donc, aisément, que nous n'irons pas plus loin dans le commentaire de cette affaire ». Voilà la phrase la plus appropriée que j’ai entendue jusqu’à présent. La seule. C’est le porte-parole du gouvernement, François Baroin, qui l’a prononcée... Je note que le président de la République aura – pour une fois – su garder le silence. Qu’à ce jour, il ne se sera pas mêlé à la « meute ». Et peu importe ce qu’il en dit, en privé. Il est question de « parole publique ». Il est question de ce que vous donnez à voir, à lire, et entendre.
Je disais, en liminaire, que c’était un naufrage. C’est au-delà.
Véritablement innommable.
16:55 Écrit par Philippe Sage dans Je M'Excuse Mais Merde !, La Tristesse, Télévision, Piège à Cons | Lien permanent | Commentaires (26) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : affaire dsk, décence, présomption d'innocence, les chiens, propos obscènes, commentaires sur l'affaire dsk, déclarations sur dsk, chefs d'accusation, verdict, justice, course à l'audience, livres à vendre, lynchage médiatique |
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21 mars 2011
Nous Ne Venons Ni Protéger, Ni Porter Assistance Au Peuple Libyen
Un homme qui massacre son peuple ? Ça n’est pas supportable.
Du moins, la communauté internationale ne peut (plus) le tolérer. Or donc, il convient d’intervenir. Pour protéger la population de cette brute sanguinaire. C’est un devoir. Mieux : un honneur. Une fierté.
On aimerait y croire, n’est-ce pas ?
On aimerait.
Que Kadhafi soit un tyran, un dictateur, un fou, « un fils de pute » [1], ça ne fait pas l’ombre d’un doute. Mais il fut « notre » tyran, « notre » dictateur », « notre » fou, « notre fils de pute ». Comme jadis Saddam Hussein. Qui, lui aussi, massacra son peuple, en 1988, à l’arme chimique. On dut s’en émouvoir, je suppose, à Paris, à Washington, peut-être même à Moscou, mais je ne me souviens pas que l’émotion fut telle qu’elle conduisit la communauté internationale à intervenir. Non, je ne me souviens pas qu’à l’époque quiconque ait songé à venir en aide, ou porter assistance, aux Kurdes que le pouvoir baasiste extermina copieusement.
La liste serait longue, celle des dictateurs soutenus, armés, financés par les occidentaux, ces dictateurs emprisonnant, torturant, mais aussi s’enrichissant sur le dos de leurs peuples, de Zine el-Abidine Ben Ali à Hosni Moubarak en passant par Laurent Gbagbo... Gbagbo, tiens, en voici un autre qui, en ce moment même, dézingue son peuple. En page 14 de nos quotidiens. Vingt-trois secondes dans les journaux de 20 heures (quand ils y pensent). Circulez, y’a rien à voir ! Démerde-toi Ouattara, l’Alassane adoubé par la communauté internationale. La Côte d’Ivoire, vois-tu, c’est ni le Koweït, ni l’Irak, ni la Libye. C’est pas très pétrolier, en somme. Ça compte pour nib. Même pas pour du cacao. La Côte d’Ivoire, c’est comme le Rwanda, le Darfour, l’Ouganda. On s’en cague, et comment, que l’Afrique noire soit dirigée par des salauds. Qu’elle crève à petit feu. Qu’elle agonise sous nos yeux.
Mieux encore : on s’en fout qu’elle s’islamise, y compris radicalement. Ça, c’est un point diablement intéressant, non ? Oh que si !... Car que ne nous a-t-on pas dit, n’est-ce pas, à propos des Moubarak et Ben Ali, et même Kadhafi et Hussein ? Que oui, c’est vrai, c’était des horribles dictateurs, mais que bon, c’était eux ou le fondamentalisme religieux de très mauvais aloi. Ils étaient comme un rempart. NOS remparts.
Tu veux que je te dise ? Ils nous coûtent cher, très cher, tes foutus remparts à la noix ! Mais bon, si enfin on peut refourguer nos Rafale, on n’aura pas fait le voyage pour rien. Parce que là, ils sont en démonstration les coucous au Dassault, c’est le Salon de l’Aviation comme qui dirait. Ah ça, on les voit à l’œuvre. Si demain le Brésil ne nous en achète pas toute une pétée, c’est à désespérer de tout.
Or donc, la communauté internationale fait dans l’humanitaire. Oyez ! Oyez ! Il s’agirait de porter assistance à la population civile libyenne. Tant c’est insupportable.
Plus insupportable que les bombes au phosphore balarguées sur les civils Gazaouis par l’aviation israélienne en janvier/février 2009 ? … Comment ?… Vous dites ?… Israël, c’est pas pareil ? Parce que c’est une... démocratie ?… Ils sont des nôtres ?… Pardon, j’avais oublié ce détail. Effectivement, ça change tout. C’est pas noté de la même façon.
La Russie, non plus … Quand elle intervient en Géorgie, la communauté internationale estime qu’il s’agit là, de la part des Russes, d’une « réaction disproportionnée ». L’inénarrable George W Bush Jr (à qui Sarkozy ressemble de plus en plus) avait même parlé d'une « violence inacceptable ». Mais il ne pipa mot, pas plus qu’Obama, quand le phosphore brûla Gaza moins de cinq mois plus tard. Là non, ce n’était pas « disproportionné », ni « inacceptable ». C’était de la légitime défense, donc.
Oui, disais-je en liminaire, on aimerait y croire. Mais faut pas nous prendre, non plus, pour des benêts de compète. Allons ! Qui peut croire que cette opération doucettement nommée Aube de l’Odyssée a pour but premier de protéger le peuple libyen ? Depuis quand la communauté internationale se soucie-t-elle de la souffrance d’autrui, qui plus est, arabe ? Oui, je sais, il y en a dans cette opération. Faut bien une caution. Mais à y regarder de près, ça se réduit à qui ?... Au Qatar. C’est-y pas ce pays qui, coup sur coup, vient de se voir attribuer la Coupe du Monde de Football 2022 et les Mondiaux de Handball 2015 à l’immense surprise générale ?... Ils sont bien occidentaux, dites-moi, ces arabes … Quant aux autres, il me semble qu’ils commencent à froncer méchamment des sourcils. Se demandant s’ils ne se sont pas fait rouler et sévère.
Ce qui est le cas.
Car les français, les britanniques, les américains, bref les occidentaux, n’en ont absolument rien à faire du peuple libyen et de ses insurgés de Benghazi. Il s’agit juste de reprendre le contrôle. Les occidentaux ont décidé d’intervenir non pour aider le peuple libyen, mais pour défendre leurs intérêts. Comme en 2004. En Haïti. Une leçon. Pour qui s’en souvient.
Jean-Bertrand Aristide, ça vous dit quelque chose ?... Début 2004, la communauté internationale décide qu’il doit partir [2]. Et pour bien le lui faire comprendre on envoya sur le sol haïtien (entre autres) des troupes françaises et américaines.
C’était drôlement magnifique. Très émouvant.
Il faut rappeler qu’américains et français étaient alors « fâchés ».
Nous avions décidé, un an plus tôt, par la voix de M. Chirac, suivie d’un discours mémorable de M. de Villepin au Conseil de Sécurité de l'ONU, de ne point intervenir en Irak. Nous conseillions même aux américains de ne pas le faire. Ce qu’ils firent pourtant, dès le 19 mars 2003. Avec le grand succès que l’on sait (combien d’attentats, quasi quotidiens, actuellement, sur le sol irakien ?).
En réaction, les américains boudèrent nos produits – comme on dit – on déversait nos vins dans les caniveaux, on boycottait notre foie gras, souillait notre drapeau. Et puis, voilà donc qu’un an plus tard, nous nous retrouvions dans un des pays les plus pauvres de la planète, Haïti, afin d’en chasser l’horrible Aristide, stabiliser le périmètre...
Je me souviens que l’on parla de « réconciliation franco-américaine » et d’avoir pensé tout haut :
« Ah, ben voilà ! Je sais désormais à quoi ça sert un pays pauvre : à réconcilier les pays riches ».
Mais je n’étais pas au bout de mes surprises.
Naïf comme trois Jospin, je pensais que nos soldats intervenaient en Haïti pour libérer les haïtiens, puisque les débarrassant de leur tyran. Que nenni ! Aux journalistes les questionnant sur leur présence en Haïti, les généraux américains et français eurent la même réponse.
L’américain déclara qu’il était là « pour défendre les intérêts des Etats-Unis d’Amérique » et le français « pour défendre les intérêts de la France ». Jamais ils n’eurent le moindre mot de compassion pour le peuple haïtien. Jamais il ne fut cité.
Eh bien, voyez-vous, il en va de même pour la Libye.
Il ne s’agit pas de défendre les intérêts du peuple libyen, mais ceux des américains, des britanniques, des français, etc.
Je ne sais où nous conduira cette guerre, encore une, mais je crois (j’espère) vraiment que nous le payerons cher. Très cher. Et ce sera amplement mérité. Au moins pour une raison : le cynisme épouvantable qui nous a conduit à soutenir des années durant des dictateurs sans jamais nous soucier de la souffrance des peuples.
Et l’on viendrait nous affirmer, aujourd’hui, qu’on s’en préoccuperait ?
Désolé, mais je n’y crois pas une seule seconde.
[1] C’est ainsi que le président Franklin D. Roosevelt qualifiait le dictateur nicaraguayen, Anastasio Somoza :
« Somoza est un fils de pute, mais c’est NOTRE fils de pute ».
[2] Ils sont nombreux, ceux à qui, la communauté internationale a demandé de « partir ». Tenez, Robert Mugabe, par exemple, triste tyran du Zimbabwe. C’était le 8 décembre 2008.
Il est toujours en place.
Vous me direz, depuis le début de l’année, il apparaît que certains peuples aient décidé de prendre eux-mêmes les choses en main en sommant leurs dictateurs de « dégager ! ». Pas sûr que la communauté internationale s’en réjouisse. Du moins, il ne me semble pas l’avoir entendue, ni vue, sauter de joie après les départs de Ben Ali et Moubarak. Au contraire… Quand vous pensez que Fillon a même été jusqu’à saluer la « décision courageuse » de Moubarak, on peut légitimement se poser quelques questions.
NB : une musique peut-être. Ne serait-ce pour adoucir ce merdier .... Allez, mets le son à fond !

18:05 Écrit par Philippe Sage dans Il Est Trop Tard, La Tristesse, Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (56) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : libye, colonel kadhafi, aube de l'odyssée, résolution 1973, forces de la coalition, le pétrole libyen, communauté internationale, plomb durci, ligue arabe, intérêts des occidentaux en libye, fils de pute, prenez-nous pour des cons !, deux poids deux mesures |
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04 octobre 2010
Les « Barbus » & Les « Céfrans »
Il pleut comme vache qui pisse, ce dimanche, sur cette A5. Mais pas de la gentille, non, de la vicieuse, de celle qui te fouette le pare-brise et s’accroche, tenace ... Elles se tordent, ces foutues gouttes de pluie, sous le va-et-vient des essuie-glace, balayées, c’est égal, elles refont surface, comme si à peine mourantes elles ressuscitaient, torrent liquide, de l’eau Terminator deuxième génération.
Regardant ces lombrics aquatiques, je me suis assoupi, te laissant seule happer le bitume à vitesse raisonnable ... J’ai piqué du nez, pantin désarticulé, bringuebalé ; combien de temps, je ne sais pas, pas longtemps je crois ... Tu m’as tiré de là, de ce demi-sommeil, par un sonore Tu veux un café ? .. J’ai pas dit non.
Or donc, décélération, dépressurisation, et hop, entrée molle au stand-service, celui de multi ravitaillements.
Sur un panneau, bleu-roi, il est inscrit « Troyes-Est ».
Nous pénétrons dans la boutique, moi encore dans le coltard. Les toilettes sont blindées. De monde. J’ai rarement vu ça. Ça patiente, grogne et trépigne ; toute une file qui déborde jusqu’aux premières machines à boissons. Et des deux côtés : « homme » comme « femme ». Je comprends pas. On a pourtant trouvé direct une place pour la titine, juste devant, l’idéal. Alors d’où qu’y sortent ces gens-là ? … C’est surréaliste ! Me dis que je dois être sur une autre planète, ou rien, absolument rien n’est à moins de 1€. Même la bouteille d’eau plate, la riquiqui, et pas de la marque, elle est à 1€ pile. Le café, lui, l’est pas mauvais, mais 1,5€, c’est cher payé pour de la torréfaction robotisée. Ah ! ils s’emmerdent pas, ces commerçants d’autoroutes, salopards va ! Et que ce soye Total, Shell ou Leclerc, c’est pareil. C’est juste la qualité des produits qui varient. Pas le prix. Ou à peine.
La file des chiottes se dégonfle doucement, nous sortons fumer un clope sous la pluie. Et là, je comprends pourquoi y’a tant de monde dans ce bastringue mais de la place, pourtant, pour se garer. C’est un car qu’est stationné, un peu plus haut. Immatriculé dans l’Aisne. Un car de retraités. Dont fait partie cette femme, de la vessie enfin déridée, qui dit « qu’ils sont à Troyes et qu’ils seront là dans trois heures ». Puis raccroche ... Son regard se fixe alors sur les pompes à essence. Devient mauvais ... Je le suis, et vois l’objet de sa brutale animosité : un « barbu » comme on dit, mais un de compète, un pur de vrai, sapé faut voir comme, des pieds à la tête ... Elle soupire salement la dame, avec dans ses yeux, ça j’ai bien noté tellement ça gicle et jure, comme de la haine.
Je te fais, discret, un signe de la tête, et tu découvres la scène. Le tableau. Il s’est enrichi. C’est pas un « barbu » qu’y a, là, aux pompes, c’est deux berlines entières. Cinq dans chacune. Mais qu’une qui fait le plein. Et voilà qu’il est fait. Le « barbu » se dirige vers la boutique et croise, un à un, les retraités de l’Aisne qui, eux, sortent des toilettes. Ils le reluquent, le déshabillent de leurs mirettes avec une lourde insistance. Voient les deux autos avec les autres à l’intérieur.
- J’te foutrais une grenade là-dedans, moi ! Marmonne un petit rougeaud.
Je bronche pas. Toi, non plus. On les regarde défiler, mater méchamment les « barbus ». Et déblatérer, décomplexés, leurs propos guerriers :
- Une mitrailleuse, hein ? dit un autre, bedonnant, cherchant l’approbation du troupeau. Et l’obtenant.
- Une mitrailleuse, qu’il dit encore, voilà c’qu’il faudrait !
V'là même qu’il me gratifie d’une œillade qui veut dire Pas vrai, l’ami ? .. Mais je bronche toujours pas. Même si ça me titille. Comme une envie de leur dire ben allez-y, plutôt que de marronner à distance, allez donc leur dire que vous leur y foutriez bien une grenade dans leurs tires, quelques rafales de mitrailleuses ! Qu’ils soient au courant de c’que vous avez dans le crâne ... C’est vrai quoi ! Ça cause, mais ç’a pas les couilles de dire les choses en face ! C’est pas que j’aie comme qui dirait de l’affection pour les « barbus », loin de là, pour être clair, ils m’emmerdent et copieux avec leur tralala religieux, comme toutes les religions m’emmerdent. Qu’ils aillent au diable avec leurs bondieuseries, leurs allahteries, ça m’insupporte cet étalage, cette ostentation, et d’où qu’elle vienne. Mais les entendre, ceusses de l’Aisne, avec leur petite haine étriquée, leur envie de décaniller, ça me débecquette. Ils valent pas mieux que ces « barbus ». C’est que de la misère, rien dans la tête, ou alors du moisi, du rance, du vomi. De la merde, quoi.
J’écrase ma clope, te regarde, et j’dis :
- Y’a pas d’erreur possible ! On est bien en France !
Une vieille glousse, de plaisir, se marre. Ça vaut pour acquiescement. Pauvre femme ! Elle a pas pigé. La réplique ... Si elle l’avait vu, le film de Blier, Les Valseuses, elle se serait pas bidonnée d’aise. Parce que, ce :
- Y’a pas d’erreur possible ! On est bien en France !
C’est Jean-Claude (Depardieu) qui le balance de dégoût à Pierrot (Dewaere) quand des gens pareils à ceusses de l’Aisne veulent les lyncher, juste parce qu’ils sont pas comme eux. Qu’ils ont le cheveu long. Les fringues cradingues. La gueule qui plaît pas. Une DS qu’est pas à eux. Et la bite facile. C’est à cette France-là, celle des Dupont-Lajoie, que je faisais allusion.
Et elle est toujours là. Ah ! ça oui ! Plus que jamais qu’elle est là. En troupeau. Compacte. Tu leur files le port d’armes demain, et t’y as droit, au carnage. Ils n’attendent que ça. Et « Ils » sont plus nombreux qu’on le pense.
Or donc, d’un côté des rougeauds, des bedonnants, des haineux, et de l’autre, la même chose, mais costumés.
Comme disait Timsit, le comique, j’ai l’impression que les cons de l’année prochaine sont déjà là. Pis : les cons de toutes les années prochaines. Et de tous les côtés, de tous les bords, de toutes les communautés. Ils ont pris un ticket. Et vont nous le fourrer bien profond. Reste à savoir quel est le con-d’en-haut qui va donner le top-départ … Et quand va-t-il le faire.
En attendant il pleut, et salement, sur mon pays, anciennement « des Lumières ».
09:15 Écrit par Philippe Sage dans La Tristesse, Récit | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : barbus, céfrans, on est bien en france, france moisie, climat de haine, retraité de l'aisne, les valseuses, dupont-lajoie, la france de 2010, la france de sarkozy, un dimanche sur l'autoroute, musulmanisme, bondieuseries |
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28 août 2010
Nous Ne Sommes Plus Rien [Pas Même Des Français]
Se taire. S’enterrer. Plus bouger. Fermer les volets. Et le reste, tout ce qui vocifère et martèle. Laisser faire et crier, asséner formules creuses (« La France n’a pas vocation à … »). Regarder l’été nous fuir, doucement, comme dégoûté, désolé. Par des sondages, crétins et grossiers, chassé.
L’été s’en va, et comme il a raison ! De lui-même il s’expulse et nous dit : « Je suis un Rom, et vous merde pour l’éternité ! » ..
Oh, comme j’aimerais que l’hiver le plus rude, s’abatte sur cette terre de France, qu’on en bave et crève, pandémie de froid, de gel et de congères. Que feraient-ils, alors, nos ténors ? Enverraient-ils l’armée ou des escadrons entiers de BST mater les frimas ? … Hein ? … Quels seraient leurs mots, leurs slogans ? « La France n’a pas vocation à accueillir tous les hivers du monde » ?
Oui, puisque rien n’est possible, puisque tout nous indiffère, alors l’hiver, la nuit, totale et entière, et basta le pays des Lumières ! Foutez-moi tout ce merdier à la bougie ! Renvoyez-nous au moyen-âge ! Et plus vite que ça !
« La France n’a de leçons à recevoir » dis-tu ? Dans ce cas, suivant les pointillés, coupons-là, et hop ! A la baille ! Et vogue la galère, le radeau ! Tant nous ne méritons pas le mur que d’aucuns nous prédisent, mais un naufrage, immense, en noir et blanc … « Plutôt blanc » glavioteront les « de souche » qui, soyez-en certains, jusque dans la tempête et les enfers, les poumons gorgés d’eau, de sel et de déchets, ne sauraient d’avis diverger, puisqu’ils sont invariables, invariablement sots. Des fous, des gredins, voilà ce qu’ils sont ! La lie et le déshonneur ! Coulez-moi « ça » par le fond avec dans les haut-parleurs, du Zemmour et du Dantec. Et bon débarras ...
Se taire. S’enterrer. Plus bouger. Fermer les volets, les écoutilles et les clapets. Au diable vos fadaises (« Ça suffit ! ») vos Universités d’Eté, c’est l’hiver, c’est mort et c’est tant mieux ! Laissez ! Laissez-les faire ! Puisqu’ils vous le disent et répètent, ils « ne font qu’appliquer la loi » comme d’autres, autrefois. Mais n’allez pas le leur rappeler, ils ne s’en souviennent pas, ils n’étaient pas nés, ça n’a rien à voir ! Vous perdriez votre temps. De « bien-pensants » vous seriez, fissa, relégués au statut peu enviable de « munichois ». Tu vois, c’est cuit, râpé, mais tu le savais, n’est-ce pas ? Si, tu le savais que l’Histoire n’est qu’un éternel recommencement. Il suffit d’une crise, et zou, on remet le couvert, l’immonde ! Sauf que, nous n’en sommes qu’à l’entrée, tu vas morfler, et copieux, quand viendra le plat de résistance ! Oui, je sais, qu’il est fort mal approprié, de par les circonstances, ce mot-là : résistance ! Morte qu’elle est, la belle ... Dépecée, et ce n’est qu’un début ! Tout, ils oseront tout ! Et jusqu’au trognon ! La peur, ça les connaît ! Pour nous la foutre, ils sont champions ! Et ça marche à tous les coups ... Alors pourquoi s’en priver ! … Quelle misère ! … Mais quel est donc ce peuple, de quel cerveau est-il doté, en a-t-il un, lui qui se prend pour Attila ?
« Dans une France socialiste/Je mettrais ces fumiers debout/A fumer le scrutin de liste/Jusqu’au mégot de mon dégoût » [*] et le goulag, Pépé ! Le goulag ! Ça leur ferait les pieds ! Peut-être même que ça leur donnerait des idées. A la noix, à la con, mais des idées !
Se taire. S’enterrer. Plus bouger. Regarder les trains, ceusses de la mort, passer, la nôtre, et l’hiver ... Regarde comme il est chouette, cet hiver ! Tu pourras bien le décréter, le couvre-feu, mon Hortefeux, il n’en aura cure ! Lui, tu ne pourras pas l’arrêter ! Pas plus l’expulser ! Il est là et pour longtemps ! Vidéosurveille-le, si ça t’amuse ! Injurie-le, traite-le de ce que tu veux d’ « Auvergnat » de « voyou » de « crapule », tu ne risques rien ! Ni condamnation, ni peine, ni amende ! Quant à le réguler, Nicolas, n’y pense même pas ! Il est sourd, plus encore que Liliane ! Envoie-z-y donc l’autre benêt, celui qui nous les brise de Nice, nous chanter son refrain : « Eté ou hiver, il faut choisir ! » .. Trop tard, malandrin ! Cet hiver ne nous quittera pas. Il est, désormais, notre drapeau national ! Notre pavillon à hisser sur le radeau que vous nous avez destiné, reste de France, pauvre de nous.
L’avait raison, Léotard - pas Philippe, François. Oui, « Ça va mal finir ». Mais comme c’est long et tuant ... Alors finissons-en, vraiment ! Laissez ! Laissez-les faire ! Taisons-nous ! Enterrons-nous ! Ne bougeons plus ! Comme hier, comme avant-hier, comme souvent ! Car, qu’avons-nous fait, hein ? Pour éviter « ça » ? Nous sommes-nous battus ? Même pas ! Regarde ! Les rues sont désertes, les grèves non-reconductibles, les pétitions atones, les protestations muettes, or, donc, nous sommes complices, nous sommes d’accord ! Complices des expulsions et des rafles ... D’accord pour les foutre dehors, eux et les suivants ...
Or, donc, complices et d’accord, nous ne sommes plus rien. Pas même des français. Surtout pas, des français ..
Et comme on ne peut être et avoir été, alors qu’advienne l’hiver.
Et nous enterre.
[*] Extraits de “Ils Ont Voté” [Léo Ferré]
17:07 Écrit par Philippe Sage dans Anticipation, La Tristesse, Sarkozysme | Lien permanent | Commentaires (68) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : une tâche de honte sur notre drapeau, roms, régime de vichy, français de souche, discours de grenoble, rafles, la france n'a pas vocation à, la france n'a pas de leçons à recevoir, présidence sarkozy, racisme d'état, ça va mal finir |
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22 août 2010
Rien [Ou Si Peu]
Tu vas voir, qu’à ce train-là, ils vont nous le ratiboiser et pas qu’à moitié, le pays, et avec lui, les esprits ou ce qu’il en reste. Ah, ça décanille sec, ça élague, ça démantèle, quelle maestria ! Non, vraiment, j’en suis baba (aux Roms ...) ! Bravo les gars ! C’est du grand art ! Bettencourt et sa clique, Woerth et son cloaque, finis ! Adios ! ... Quant au pouvoir d’achat, la France d’après, celle qui se lève tôt – tu t’en souviens, dis ? – cette France de propriétaires et du plein-emploi, niquée ! Oubliée ! ... Parce que, sais-tu quoi ? Tu n’es pas en « sécurité » ! Pas assez ! Et si tu crois l’être, on va t’enfoncer dans le crâne, et à coup de massue s’il le faut, que non, bordel de merde, « tu-n’es-pas-en-sécurité » ! T’as compris ? ... Et qu’on s’amuse à dire le contraire et vlan ! Te voilà relégué dans la division des « bien-pensants » ! ... Hein ? ... Quoi ? ... Que dis-tu ? ... C’est quoi un « bien-pensant » ? Mais j’en sais foutre rien, mon pote ! Logiquement, c’est l’inverse d’un « mal-pensant » ! Non ?
Or, donc, il ne faut pas, c’est exclu, dans cette France-là, « bien penser » ! Et d’ailleurs, il ne faut plus penser. Du tout ! Si tu penses, qui sait ? Demain ou après-demain, tu t’en irais, peut-être, péter un truc, une vitrine, une école, un système ... Une caténaire ... Police-menottes-prison pour ta pomme, ah comme il va morfler le sale mec, l’ultra-gauchiste ! Terroriste, va ! ... Alors non, ne pense pas malheureux ! Evite ! Prends ta dose quotidienne de Drucker, de Reichmann, de Dechavanne. Bouffonne-toi l’existence ! Ivre-toi de téléconne ! Icône donc les Pujadas, les Chabot, les Chazal et autres Ferrari ! Ça c’est de l’info, coco ! Made in Guéant from Elysée ! Son taff à cet ostrogoth, c’est de filer chaque jour que Sarkozy fait, un os à ronger. A l’AFP ! A Reuters ! Au JT ! A tutti quanti qui se prétend journaliste ! Et ensuite, c’est la curée ! Haro sur le Rom ! Le musulman ! Le pas-de-chez-toi ! Le métèque ! Ce scélérat, ces crapules qui veulent ta peau, ton blé, ton boulot ! Mais si ! ... Vois comme ils sont armés jusqu’aux dents, et pas de la petite dent de lait ! Ah ça non ! De la bonne grosse dent, aiguisée et finement ! Qui sait, s’ils n’iraient pas jusqu’à bouffer nos gosses ! Oui, comme autrefois, les communistes ! C’est de la même espèce, de la même race, sans foi, ni loi, des parasites dont il faut, manu-militari se débarrasser et pour quoi ? Pour ton bien, ton bien à toi, et celui de la nation ! Nation chérie, allons enfants de la patrie ! Il faut expulser ces malfaisants, et plus vite que ça ! ... Parce que, bien évidemment, tu es d’accord ! Nous sommes TOUS d’accord ! La preuve, c’est qu’on ne dit rien ! Que dalle ! Notre cul, on le bouge pas ! Affalés chez nous, à pondre des textes, du kleenex, à regarder passer les trains et quelques putains d’avions, ceusses qui raccompagnent « dignement » (oui « dignement » car je te rappelle que la France n’est assurément pas un pays de sauvages ; on accueille et on expulse avec le maximum d’humanité, nom de Dieu !) ces brutes, ces racailles, ces miséreux qui menacent notre tranquillité, le « vivre ensemble ». Le nôtre, bien entendu ! Ça, tu l’as bien compris ! « Vivre ensemble » certes, mais pas avec n’importe qui ! En tout cas, pas avec « eux » ! La France, elle est aux Français ! Aux français d’abord ! Les autres : dehors ! ... Sacré programme, n’est-ce pas ? ... J’irais même jusqu’à dire que c’est foutrement « bien pensé » ! A croire que là-haut, dans ce qu’on nomme assez judicieusement « le château » on se fait et copieux des infusions vendéennes, De Villiers dans ta boule à thé ! On se shoote au Le Pen ! Même que, on doit sniffer du Mégret, des lignes de Bruno, ça c’est de la came de compète, MNR certifié ! Y’a pas mieux sur le marché ! …
... Ah, bordel ! Mais qu’est-ce t’as donc dans le cervelet ? Tu ne la vois donc pas la manip’ ? L’entourloupe ? La fumisterie ? Tu crois qu’après tout ce ramdam, tu seras plus en « sécurité » qu’hier ? Non ! Bien sûr que non ! Parce qu’il y aura toujours un bouc émissaire ! Te bile pas, va, on t’en trouvera, et à la pelle ! Ils te les désigneront ! Et comment ! Et tu marcheras, comme aujourd’hui ! ... Applaudissements ! ... Parce que dès qu’on te cause de « sécurité » tu plonges et recta ! Tu ferais n’importe quoi pour te sentir EN « sécurité » ... Et ils le savent ! Peu leur chaut que la première des sécurités ce soit un emploi ET un toit ! Pourvu que ça ramène de l’électorat ! Du tondu, du meuh-meuh, du qui regarde le doigt, jamais la Lune ! Un doigt qui pue, tellement il se l’est gratté, le cul ! ... Oui, tu verras, y’aura toujours un salopard d’étranger, né sur ton sol français, qui mettra en péril TA « sécurité » ... Y’a bon le filon ! ... Aujourd’hui le Rom, hier encore le musulman, comme jadis, tu te souviens, le juif ! ... Et pendant c’temps-là, où qu’il passe, le pognon ? Tu te la poses, cette question ? Parce que du pognon, sais-tu, y’en a ! A foison ! La France, c’est pas le Bengladesh, mon pote ! C’est un pays qui respire le blé, l’artiche, les pépettes, mais toi, moi, on n’en verra pas la couleur ! Et tu sais pourquoi ? ... Parce que pendant qu’on expulse, qu’on raccompagne, qu’on rafle, le pognon, lui, il circule. Elle est là, l’entourloupe ! La fumisterie ! Et voilà comment on se fait mettre, et bien profond ! ... Quoi, la crise ? .... QUELLE crise ? ... Mais ça fait 30 ans qu’on est en plein dedans ; TRENTE ANS ! Et tu crois que le pognon, il s’est fait la malle dans cet intervalle ? Bien sûr que non ! Même que t’as un indice : les salaires ... Pas les nôtres, Dugland ! Non, ceux de nos dirigeants, les compétents, plein les fouilles qu’ils s’en mettent ! Ah, ils doivent se marrer, et grassement, quand leurs poteaux, ceusses du « château » nous remettent le sketch bien huilé de la « sécurité » ! Doivent se taper sur les cuisses, les mecs ! Tiens, j’suis même prêt à parier qu’ils appellent le Woerth pour le convier à la fête ! Le Woerth, le Santini, le Balkany, l’Estrosi, enfin bref, toute la bande ! Tout le gang ! ... Et donc ?
Et donc rien !
RIEN !
Continuons comme ça, restons bien sages, chez nous, à nous offusquer mollement, à ne RIEN foutre, à laisser faire. Continuons à marcher du pied gauche – paraît que ça porte bonheur – dans la merde « sécuritaire ». Continuons à faire semblant de ne pas comprendre. De ne pas voir. Laissons-les ratiboiser ce pays, ce fantôme, le peu d’esprit qui l’habite. Après quoi, rien, définitivement, il n’y aura plus RIEN.
Pas même l’idée du chaos.
23:00 Écrit par Philippe Sage dans La Tristesse, Politiquement Très Incorrect | Lien permanent | Commentaires (35) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : roms, expulsions, démantèlement de camps de roms, affaire bettencourt-woerth, argument sécuritaire, la france d'après, la théorie du bouc émissaire, salaire des grands patrons, quelle crise ?, la france de sarkozy, la victoire du front national, le chaos, il n'y a plus rien |
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17 août 2010
Les Céfrans
J’avais dû mettre « ça » sur le compte des guerres, la Première, la Seconde et les coloniales. Toutes ces chairs à canon. C’était foutu, pensais-je, râpé, inutile de parler, tenter de convaincre, il n’y avait rien à faire. C’était des générations entières qu’étaient perdues pour toujours.
Je me disais qu’avec le temps, ça passerait parce que d’autres viendraient, moins abîmées, plus généreuses aussi.
Je me suis trompé.
Nous dînions assez tôt, vers dix-neuf heures. Dans mon dos, un téléviseur crachait les dernières nouvelles. C’est là, autour d’une soupe ou de quelques artichauts que j’entendis pour la première fois les termes de « ratons », « bougnoules » ou « négros ». J’étais petit garçon, je ne savais pas, je ne savais rien, et pourtant, je me souviens très bien que ces mots-là ne me plaisaient pas. Je ne sais pas pourquoi, comment l’expliquer ... Peut-être était-ce dû à un instituteur, une leçon d’instruction civique, cette résistance précoce, ce refus total, ou cela venait-il de plus loin encore … Toujours est-il que ça n’eût pas de prise sur moi, au contraire, j’avais envie de fuir, foutre le camp tellement je n’en pouvais plus d’entendre ces mots. D’autant plus partir que, comme je l’ai dit, il n’y avait rien à faire ni à convaincre, c’était ainsi, ça ne bougerait pas, quels que furent les arguments.
A quinze ans, je me tirai, découvris un autre univers, une pension qui, bien que militaire, m’épargnait ce genre de termes. Du moins, est-ce ainsi que je le voyais. Or, je ne voyais que la surface. Si je m’y penche vraiment, là, maintenant, je sais, je les retrouverais. Ils étaient là. Moins francs, moins directs, mais ils y étaient. Sinon comment expliquer cette colère, cette rage qui plus d’une fois prirent cet élève, ô combien brillant, cet élève noir prénommé Cherif ?
Alors, à nouveau, je partis, convaincu qu’il existait un endroit où jamais plus je n’entendrais « sale nègre », « pédés ! » ou « bicot ». Curieusement, je pensais que ce territoire serait féminin. Mais là encore, je me trompais. Le sexe n’a rien à voir. Je ne sais pourquoi, de le découvrir, m’a autant attristé … Peut-être pensais-je comme le poète que « la femme était l’avenir de l’homme ». Quelle fadaise ! La femme est un être humain comme les autres, ni plus, ni moins. Capable de vous dire : « Aucune noire ne passera la porte de chez moi ! » .. Eh bien soit, ma mère ! N’ayez crainte, je ne vous la présenterai pas ! … Ce fut une telle déconvenue, déjà, une douleur, quand me voyant « traîner » avec Mehdi, vous me disiez : « Méfie-toi ! Tu ne les connais pas, ces gens-là ! A la première occasion, il te plantera un couteau dans le dos ! ». Ce qui n’est jamais arrivé. Au contraire ! Il m’a sauvé de bien des choses, de l’inavouable ... Ah, comme c’est étrange, n’est-ce pas l’amitié ! On se croit arrivé, ça y est ! On les a trouvés, les rivages de paix, de tranquillité. Et puis, non … Voilà que ça recommence, que ça vous rattrape, et vous êtes assommé, comme jamais. Il suffit d’une compétition sportive, un match de football en l’occurrence, et là, vous n’en croyez pas vos oreilles, pourtant c’est bien lui, cet ami qui dit « con de nègre » ou « putain de ritals » lui avec qui vous fîtes les quatre cents coups, des soirées inoubliables, comment aurais-je pu me douter que … ?
Partir, encore, toujours, avec cet espoir enfantin - oui, je crois, malheureusement, que c’est le terme qui convient : enfantin – de le trouver, enfin, l’endroit. Et j’en écumais pas mal. Ne saurais dire quel et le pire : Sud-Ouest, Sud-Est, Centre, Ile-de-France, Bretagne, Normandie ? … Des années et tant de familles … Ah, les familles ! Ça vous laisse entrer, ça vous renifle, poliment, et puis, le temps passant, ça se lâche, à table, toujours à table ! Et v’là des termes que je ne connaissais pas qui surgissent, plus horribles encore, comme « gris » ou « crouilles ». De les écrire, ça me met mal à l’aise ... Si vous saviez le nombre de fois où je me suis tu ou terré, déçu, désolé, à pleurer, me demandant comment il était possible que celle-ci ou celui-là, si jeune, si confortable, sans problèmes aigus puissent se vautrer dans une prose pareille ! Des familles de bien des milieux, peu importe, y’a pas de profil-type, pas de règles, c’est insoupçonnable… Alors de deux choses l’une : soit je ne suis pas chanceux, soit … Mais c’est un fait ! UNE réalité.
Faut-il ajouter que toutes ces personnes que je croisai, d’horizons si différents, ne votaient pas forcément Front National ! Ah non ! Ça vote à droite, souvent, mais aussi à gauche, ça je peux le certifier ! Je l’ai dit, ça n’a pas de profil-type, ni de règles, c’est insoupçonnable !
Et moi qui pensais, bêtement, que ça passerait, avec le temps, de nouvelles générations ; oui, je pensais vraiment qu’avec le temps on foutrait tous ces mots, ceusses de nos parents, à la baille, eh bien non ! Ça s’est transmis, comme un virus, mais du genre mutant, j’entends par là, qu’il me semble aujourd’hui plus virulent, plus violent encore qu’autrefois. Même que, je crois, ça rêve d’en découdre. D’en finir.
Or, donc, cela fait des décennies et des décennies, oui, cela fait si longtemps, qu’une partie non négligeable de la population de ce pays utilise des termes tels que « bougnoules », « ratons », « crouilles », « gris », « sales nègres » ou « négros », et, pour l’avoir bien observée, il se trouve que c’est cette même population qui, depuis quelques années, se plaint d’être victime d’un racisme anti-français.
18:18 Écrit par Philippe Sage dans La Tristesse, Opinion, Politiquement Très Incorrect | Lien permanent | Commentaires (99) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : les céfrans, racisme ordinaire, bougnoules, ratons, négros, générations perdues, termes racistes, injures racistes, racisme anti-français, la france moisie, guerre civile, état de guerre, front national |
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06 juillet 2010
M. Sarkozy Aimerait “Tellement que …”
Oh non, très peu pour moi, vraiment non, je n’ai nulle envie de me joindre au tohu-bohu, participer de la curée, hurler avec les loups ; non !
Après tout, quand on a promis une “République irréprochable” soit on s’y tient, on le démontre avec force, soit pas. Or, comme plus que visiblement c’est le “soit pas” qui (pour le moment) l’emporte, pourquoi voulez-vous que je me joigne à la meute ?
Ce château de cartes pipeautées depuis le départ (Fouquet’s, Yacht Bolloré, vacances gracieusement offertes, etc.) était de toute évidence condamné à s’écrouler. Et il va s’écrouler. Mais pas que. Les conséquences seront terribles.
Je ne sais pas si tous les acteurs de ce “feuilleton” déplorable se rendent compte de ce qui, demain, à vrai dire, en 2012, va leur tomber sur le paletot ...
Oh je sais, je sais bien, quand l’inéluctable se produira, ils continueront leur cinéma, se rejetteront la faute, s’accusant les uns les autres, toujours aussi grotesques, mais surtout, inconséquents.
A vrai dire : incompétents !
Notre classe politique (et médiatique) est (devenue) médiocre (et vulgaire) c’est un fait. Et l’issue sera et médiocre, et vulgaire. Vous verrez ..
Tant, c’est clair, les dés sont jetés, désormais. Tant, ce n’est pas, ce n’est plus rattrapable.
Nonobstant, et en attendant que cesse cette comédie déplorable, que nous reste-t-il ?
Des mots qui font des phrases, et elles sont, ces phrases, tout aussi désolantes que le spectacle qu’on nous donne à becqueter.
Celle-ci, par exemple, prononcée par Nicolas Sarkozy, le mardi 6 juillet, lors d'une table ronde en banlieue parisienne :
"J'aimerais tellement que le pays se passionne pour les grands problèmes que sont la santé, les retraites, comment on va créer de la croissance, plutôt que de s'emballer à la première horreur, calomnie, qui n'a qu'un seul but, salir sans aucune espèce de réalité"
Le matin, le site Mediapart (encore et toujours lui) publiait les confessions de l’ex-comptable de Liliane et André Bettencourt (accablant d’autant plus M. Woerth, mais en y ajoutant un autre nom, celui de M. Sarkozy) et ce sont donc ces “confessions” que le Président de la République, par cette saillie s’ouvrant sur un souhait (“J’aimerais tellement …”) estimait “calomnieuses”.
Nouvelles “horreurs” dont le seul but serait de “salir”.
Il est tout de même incroyable, non, ce Nicolas Sarkozy ?
Alors comme ça, m'sieur, vous "aimeriez tellement" que nous nous passionnions "pour les grands problèmes".
Et vous les listez : santé, retraites, croissance ..
Quel culot, vous avez !
C'est extraordinaire !
Vous qui annulâtes, le jeudi 24 juin 2010, un entretien crucial avec 40 ONG jugeant qu’un “grand problème” était autrement plus passionnant. Et quel était-il ?
Il était le football et son équipe de France.
Certes, elle battit piteusement en "retraite" cette pauvre équipe de Raymond, sa "santé" (y compris mentale) laissait à désirer et elle abordait plutôt une phase de décroissance avancée que de "croissance", mais tout de même ! Recevoir Thierry Henry en lieu et place de 40 organisations luttant contre la pauvreté et les injustices dans le monde, voilà une bien curieuse façon de concevoir “la réalité”, monsieur !
Il est vrai que vous ne fûtes pas le dernier à vous "emballer" à la "première horreur", celle qui fit la Une (dégueulasse) d’un quotidien dit "du sport et de l’automobile". En l’occurrence, des propos, qu’à ce jour, celui qui les aurait tenus, n’a pas confirmé. Au contraire.
Des propos dont on pourrait, également dire, que de les rapporter n’avait qu’un but : celui de "salir" !
Eh bien, voyez-vous, vous vous y êtes vautré dedans avec tout votre orchestre, Bachelot en première ligne, désastreuse ministre, ridicule, pathétique, à pleurer ! Et que dire de ce point-presse du sieur Lefebvre sur l’arbitrage-vidéo dans le football en pleine panade Bettencourt/Woerth !
Mais comme c’est lamentable ! Mais comme c’est honteux ! Et ce seriez vous, en plus, qui viendriez nous prier de nous "passionner" pour "les grands problèmes" de notre pays ? Mais combien de temps, encore, allez-vous vous moquer de nous, de votre pays, quand ce n’est pas nous insulter ? Combien de temps, encore, allons-nous subir et souffrir votre outrecuidance et vos fanfaronnades de marmot ?
Vous "aimeriez tellement" ?
Eh bien, donnez l’exemple, bon sang ! Habitez la fonction ! Sortez du populisme, de vos sondages que vous commandez à tirelarigot, sondages censés donner le “La” de votre piteuse gouvernance !
Honorez vos promesses ! Respectez-les ! A commencer par celle d’une “République irréprochable” ! Si elle existait, au passage, Eric Woerth se mettrait en retrait de cette République afin de pouvoir s’expliquer, voire se défendre, prouver, si c’est le cas, son "exemplarité”.
La vérité, c’est que "nous aimerions tellement" que vous vous comportiez comme un Président, celui promis lors de la campagne présidentielle 2007, qui devait être celui de la rupture d’avec des pratiques ou des comportements d’un autre âge.
Or, depuis votre accession au pouvoir, point de rupture. La continuité. Peut-être même en pire. Avec un point d’orgue calamiteux : Jean Sarkozy et l’Epad.
A ce propos (l'Epad), comme il est intéressant (mais désolant, encore une fois) de noter que les arguments (pauvres) restent les mêmes.
Ainsi, Xavier Bertrand, déclarant, peu ou prou, ce mardi 6 juillet, dans les couloirs fumasses de l’Assemblée Nationale qu’à travers la personne d’Eric Woerth, c’est le président de la République qui est visé.
Tiens donc !
Je constate que le petit et très fade Bertrand a retenu la leçon.
La votre.
Vous qui, dans le Figaro en date du 15 octobre 2009, concernant cette triste affaire de l’Epad, déclariez :
"Ce n’est pas mon fils qui est visé, c’est moi !” ..
Ah, comme il est beau, le niveau, tiens !
En même temps, avec des Lefebvre et des Morano pullulant, qu’on ne s’étonne point d’en être rendu aussi bas !
Pourtant, "nous aimerions tellement", monsieur, que vous le rehaussiez, le niveau. Et vite !
Sinon, la "réalité" (bien sale, mais vous en serez le premier des responsables) risque fort de vous (et nous) déplaire.
Cette sale réalité qui nous attend, de pied ferme et goguenarde, en mai 2012.
19:39 Écrit par Philippe Sage dans La Tristesse, Sarkozysme | Lien permanent | Commentaires (24) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : affaire woerth bettencourt, j'aimerais tellement, les grands problèmes de la france, sarkozy reçoit thierry henry, une république irréprochable, médiocrité de la classe politique, avec sarkozy tout est impossible, retraites santé croissance, jean sarkozy et l'epad, bertrand en a marre, chasse à l'homme, marine le pen vainqueur en 2012 |
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