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23 mars 2012

Une Campagne (Et Un Pays) Sur La Corde Raide

J’attends …
J’attends le moment où l’on va dire que c’est lui, Nicolas Sarkozy, qui a tout organisé. Que c’est un plan diabolique pour se faire réélire. Après tout, au point où nous en sommes, tout est possible.
Non ?

BanksyOui, j’attends le moment où l’on va crier au complot. C’est bien barré, faut dire.
Je constate, à ce propos, que nous avons – notamment sur Internet – de grands spécialistes, jusque-là méconnus, du Raid. Des pros de la DCRI et du Renseignement...
Ah faut voir comme ils te refont l’opération de A à Z !... Je leur donne ce conseil bien amical : filez donc votre scénar à Luc Besson, ça pourrait l’intéresser, dans le cadre d’un Léon II.. Contactez les studios américains, ils manquent d’idées pour une nouvelle saison des Experts et de NCIS.. Ou mieux : faxer le tout à Marchal, il est sec comme une trique depuis « 36 ». Avec lui, coco, la scène de la baignoire sera bleutée, pétée de ralentis, histoire qu’on voie bien les balles jaillir du 11.43.

J’attends aussi ce moment où, le supporteur du PS, celui qui se dit de gauche, va réclamer plus de surveillances ; vidéos, téléphoniques, numériques. Demander qu’on collât au train, et sans autre forme de procès, tout individu relou. A son seul goût... Oui, j’attends le moment où le citoyen se plaindra de vivre en démocratie, dans un pays libre, estimant que, tout compte fait, c’est trop risqué, trop dangereux. Que mieux vaut un Etat policier. Et qu’on remplaçât, sur le champ, nos services de renseignements par une Stasi.

Toujours est-il qu’après le carnage, on se défoule, n’est-ce pas ? Au mépris de tout. De la mémoire. De ceux qui ne sont plus. Oubliés les morts (ou plutôt les "exécutés") enfants, militaires, professeur... Oubliée la gravité, finie la prétendue dignité... On n’a pas le temps, à l’ère de la démocratie d’opinion. Pas le temps de faire silence. Longtemps... Pas de place pour le recueillement. Moins encore pour la réflexion. Non, il convient de faire du bruit. Se faire entendre. Et vite !

Quant au(x) reste(s), la politique, ses snipers, ses supporteurs, ses aveugles et sourds, c’est moribond.
Cette comédie permanente, son bal des hypocrites, ces petites polémiques, c’est sans nom.
Et vas-y que j’accuse celui-ci de récupération, celle-ci d’instrumentalisation, et la meute des internautes, et autres anonymes experts en commentaires, d’abonder, de surenchérir et d’aboyer.

Alors je vais le préciser : mon choix est fait. Celui du premier tour. Ce sera Mélenchon. Je le précise car la mesquinerie ambiante m’y oblige. Mais je me doute bien, allez, que certains trouveront ENCORE matière à élucubrer, à déceler manœuvres, voire même grande perversité, ou je ne sais quelle traîtrise, quand ils auront achevé le billet que présentement je soumets :

La Campagne Est (Peut-Etre) Relancée

Sur ce : bonne chance !


« Dans toutes les circonstances de la vie quotidienne je fus gêné de n’avoir pas été capable, jusqu’à ces dernières années, de bien saisir la mesquinerie et la bassesse des hommes ».
[Arthur Schopenhauer – A Soi-Même]

10 mars 2012

N’Alimentons Pas Le Sacre Annoncé De François Hollande !

Cela fait désormais deux ans que dans tous les sondages, OpinionWay compris, Nicolas Sarkozy est battu, écrasé même, par le candidat du PS, dans les intentions de vote de second tour.
Il le fut, tour à tour, comme dans le même temps, par Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn et François Hollande. C’est du jamais vu pour un président sortant. Même le Chirac de 2002, avec toutes ses casseroles, son statut Guignol de « supermenteur », n’aura pas connu de telles projections, et sur un temps aussi lourd.

Alors on peut bien nous assurer, ici où là, que non, grand Dieu, tout n’est pas fini, que les jeux ne sont pas faits, à d’autres ! Evidemment que si, elle est pliée l’affaire ; évidemment qu’il est cuit, le Sarkozy. Il n’en reste pas moins qu’il serait fort dommageable que François Hollande remportât cette élection trop facilement, soit avec un écart trop grand.

Enfariné.jpgOh, j’entends ceux qui, déjà, protestent. Je connais leur refrain ô combien lassant : les sondages se trompent toujours !... Faux, je réponds ! Comment voulez-vous qu’ils se trompent étant donné qu’ils ne sont pas prédictifs ? Ils ne nous donnent pas le résultat d’une élection, en aucun cas ! Seulement le reflet de l’opinion à un "instant T". Rien de plus.
C’est du brut. Mais quid du net ?

Eh bien parlons-en !

Le net c’est la tendance, et c’est le temps qui la détermine. Plus elle s’inscrit dans le temps, plus elle dure, sans jamais mollir, faillir ou racornir, et plus elle indique un choix. Qui n’est pas forcément celui d’un président, pas même d’un futur, mais de ce qu’on ne veut plus. Or, quand durant deux années, et d’autant plus quel que soit l’adversaire lui étant soumis, aussi différent soit-il de profil comme de face ou de sexe, le président est systématiquement laminé, ça relève moins d’un désir (de l’autre) que d’un rejet (du président).

Et d’ailleurs, il suffit d’y regarder de plus près. Ce que peu font, et comme ils ont grand tort ! Tant c’est intéressant. Ainsi dans la dernière livraison Ifop, que découvre-t-on ? Eh bien que dans le cas d’un second tour opposant François Hollande à Nicolas Sarkozy, parmi les 56,5% affirmant qu'ils voteraient pour le candidat du PS, seuls 39% le feraient parce qu’ils souhaitent vraiment que François Hollande devienne "leur" prochain président de la République ; les autres, donc l’immense majorité (61%), pour empêcher une réélection de Nicolas Sarkozy. Et vous pouvez prendre tous les instituts, à quelques pourcents près, c’est la même chose.
Il n’y a donc pas de désir d’Hollande [1]. Juste un rejet de Sarkozy. L’envie, tenace, de s’en débarrasser.

De fait, ce n’est pas une présidentielle que nous vivons. Non : c’est un référendum. Grossier et primaire. Alors je comprends que certains, fort nombreux se réjouissent à l’idée de voir, enfin, Nicolas Sarkozy mordre la poussière ; pis : qu’il disparaisse à tout jamais de nos écrans. Bref, qu’il soit zappé de la vie politique française... Oui, je comprends, après toutes ces années, où rien ne nous fut épargné, du « Kärcher » à la « racaille », du Guilvinec au Salon de l’Agriculture 2008, du Fouquet’s à l’Epad, du discours de Dakar à celui de Grenoble, de Kadhafi à Bachar al-Assad ; et tous ces mensonges, et tous ces sophismes, et toute cette vulgarité. Cette façon détestable de parler au peuple français, de lui faire gober couleuvres sur couleuvres ; et cette Droite populaire, et cette Nadine Morano, sans oublier le fin du fin : Claude Guéant... Oui, y’a matière. Même que, si on pouvait, bordel ! on les effacerait de l’Histoire ces dix années-là, cette période "post-21 avril". Tant tout est là, dans cette date-là : le 21 avril 2002. Ah, l’inconséquence de nos responsables politiques, de l’UMP comme du PS d’ailleurs ! Ah, la sale course à l’échalote frontiste… Oui, je sais, ça a commencé bien avant, mais avouez que depuis 2002, on bat des records ! On a beau dire des Autrichiens, des Hongrois, mais entre nous, on ferait mieux de ne pas trop l’ouvrir.
Des leçons, on en a plus à donner. A personne.

Or donc, il va être élu, Hollande. Et ça ne me plaît guère. Je ne m’en réjouis pas, pour être clair.
Je ne l’étais pas plus quand François Mitterrand conquit le château un 10 mai 1981. Nonobstant, je reconnais que l’homme, Mitterrand, aura su, lui, susciter le désir, l’espoir, une force, vraiment.
Je m’en souviens très bien de tous ces gens, ceux du 10 mai, comme ils y croyaient. Persuadés, qu’ils étaient, que leurs vies allaient changer. Qu’enfin, justice leur serait rendue. Justice, c’est bien un mot de gauche, non ?... Je reconnais, oui, qu’il y avait, là, une vraie joie, palpable, presque tactile, ce 10 mai. Et puis, tout de même, les 39 heures, la cinquième semaine de congés payés (1982), la retraite à 60 ans (1983), toutes ces réformes votées alors que la France venait de connaître « la crise la plus grave que le monde ait connue depuis 50 ans » (Valéry Giscard D’Estaing – 2 mars 1981 – extrait de sa déclaration de candidature) ç’avait de la gueule. Ça ressemblait à une politique de gauche. Mais là…

Là, nous allons porter aux responsabilités des revanchards, des morts de faim. De ceux qui ne visent qu’une chose et une seule : le pouvoir. C’est juste un parti qui va prendre la place d’un autre. Lui régler son compte par la voie des urnes. C’est juste un clan qui fera la nique à l’autre.
Et d’ailleurs, regardez-les, lisez-les, observez-les ! Cette arrogance, comme ils ont du mal à la cacher. Ils ont tellement hâte d’y être. Enfin, ils vont pouvoir laver l’affront, pensent-ils, celui du 21 avril 2002.
Et que dire de leurs militants ou de leurs soutiens, notamment sur Internet, dans la jungle des réseaux sociaux et celle de l’agonisante et désolante blogosphère ! Comme ça relaie, moutons, sans se poser la moindre question, le dernier communiqué, la prochaine action, la plus petite vidéo. Comme ça s’acharne, telles des hyènes, sur la dépouille sarkozienne. Ah, je les vois déjà hurler, vociférer, brailler, le soir du 6 mai. Ils vous le diront, retenez bien, que voilà un nouveau 10 mai ! Vous verrez ! Rien que d’y penser, j’en ai la gerbe. Ce ne sera pas un nouveau 10 mai. Mais un mensonge grand format.

Cependant, il reste une quarantaine de jours. C’est suffisant. Pour enrayer cette mécanique. Oh, pas pour l’empêcher, je l’ai dit, c’est râpé, il a gagné le rouennais de Corrèze ! Non, mais pour faire en sorte, et de toutes nos forces, que cette victoire ne soit pas un triomphe. Car imaginez, qu’elle l’emporte, cette équipe-là, par 58 à 42, mais je vous le dis : dans ce cas, ils ne vont plus se sentir, les mecs. Ils vont se croire autorisés à tout, jusqu’à son exact contraire... L’arrogance qu’ils masquent à grand peine, présentement, pour le coup, avec un tel score, un plébiscite, elle va (nous) exploser (à la gueule)…

... Moscovici
, et tous les anciens strauss-kahniens, vous allez apprendre à les connaître, quand plus aucun frein ne les retient... Et Montebourg. Ah, Montebourg ! Le nouveau Jack Lang ! Tout à fait le profil à vous sortir, grandiloquent, qu’il « est né socialiste et qu’il mourra socialiste » ! Quand je pense que des pauvres gens lui ont refilé 17 et quelques pourcents de suffrages lors de la "primaire citoyenne", c’est à pleurer ! Ils se sont fait berner, et dans les grandes largeurs ! Montebourg, l’aile gauche du PS, mais comment ? Comment on a pu en arriver là ?... Mais c’est une imposture, vous savez !... Qui s’en souvient de cet été 2006, où il trahit ses camarades du courant "Rénover Maintenant" [2] en soutenant, par pur opportunisme, la candidate des sondages, Ségolène Royal ? Et Hollande et Aubry, qui étaient soi-disant « les deux faces d’une même pièce », ô combien responsables de l’échec, celui du 21 avril. Et cette lettre ridicule adressée aux deux impétrants. Rien ne l’arrête(ra).

Oui, il reste quarante jours pour endiguer la vague. Celle qui va prendre l’Elysée, puis l’Assemblée. Après le Sénat. Les pleins pouvoirs... On parlait, naguère, d’un « Etat RPR » ? Eh bien, nous allons droit vers un « Etat PS » ! Ils étaient insupportables, les types de droite ? Soyez assurés que ceux-là, qui se prétendent de gauche, et usurpent depuis des décennies le terme de "socialiste", le seront tout autant !... Quoi, la justice sociale ? Vous rêvez ! Où est-elle dans le programme de M. Hollande ? Suffit-il, aujourd’hui, de déclarer que l’ennemi c’est la finance, pour être considéré derechef comme l’allié objectif des classes moyennes et populaires ?... Allons, ce sont des mots, ou des bons mots, qui ne valent pas bien chers en terre de Traders ; la City, par exemple…

Sarkozy défait, je suis pour ! Mais ric-rac. Histoire de leur rabattre, avant qu’il ne soit trop tard, leurs caquets. Une victoire raisonnable, et même, soyons fou ! difficile, avec pour commencer un premier tour serré. Ainsi, ils seraient au moins contraints et forcés de composer. De prendre en compte les diverses sensibilités ou aspirations exprimées par le peuple.
Parce que si c’est un sacre, alors, Adieu Berthe ! N’oubliez jamais que ce n’est pas un homme que vous portez au pouvoir, mais un appareil. Un parti. Une aberration. Avec, au perchoir, Ségolène Royal. Ça promet !

Ah, si encore ils étaient de gauche. Si y’avait dans leurs gènes, un peu de Jaurès, et même de Mendès, nous pourrions leur faire triomphe. Mais ces gens-là sont des libéraux, un peu moins brutaux, certes, que les droitards, mais des libéraux quand même, qui acceptent, et sans barguigner les lois du capitalisme, le diktat des marchés. Ceux qui s’en sortiront, on les connaît. Ce ne sont pas les travailleurs précaires, ni même les travailleurs tout-court, les besogneux j’entends. Mais ceusses de la classe assimilée supérieure. La génération des iPhone et des Ipad. Bref, celle qui ne manque de rien. Mais qui s’indigne de tout.

Alors éparpillez-vous, dispersez-vous, votez Mélenchon, Poutou, Arthaud, et même Bayrou si ça vous chante (Bayrou n’étant rien d’autre qu’un Hollande du Béarn) n’ayez pas peur, puisque de toutes les façons, c’est inscrit, dans les tendances et le temps, Sarkozy, ils n’en veulent plus, et c’est tant mieux.
Oui, parce que c’est fait, parce qu’on sait que la victoire ne peut plus leur échapper, vous qui pensiez, par peur de je ne sais quel 21 avril, par prudence ou discipline, voter comme ils disent, "utile", n’en faites rien. Faites vivre la démocratie, la diversité, la liberté d’opinion et de conscience. Ne concourrez pas au sacre annoncé. Déjouez-le ! Réduisez-le ! Humanisez-le !


[1] Comme il n’y avait pas plus un désir d’Aubry.
En revanche, c’était un tantinet différent avec DSK. Lui seul pouvait réunir sur son nom un vote d’adhésion. A tort ou à raison, une partie des citoyens le considérait comme un économiste solide, une valeur sûre. Et d’ailleurs, quand en juillet 2011, l’affaire du Sofitel présentant de plus en plus (comme il fut dit) des « zones d’ombres », à ce point que d’aucuns parlèrent de « complot » visant à écarter cet homme de la présidentielle, et qu’on évoqua alors, non sa réhabilitation, mais la possibilité d’un retour, comment alors réagit l’opinion ? Eh bien lui qui écrasait Sarkozy depuis des mois dans toutes les projections de second tour, le battait encore par 54 à 46 ! [Sondage BVA publié le 12 juillet 2011] ! Oui, malgré le Sofitel, en dépit des circonstances, deux mois après ce fameux 14 mai 2011, il était encore donné vainqueur ! 

[2] "Rénover Maintenant" était un courant créé par Arnaud de Montebourg. Courant issu du NPS. Lorsque le député de Saône-et-Loire annonça, en août 2006, qu’il soutenait la candidature de Ségolène Royal, plusieurs responsables locaux, adhérents de "Rénover Maintenant", s’en émurent.
Par voie de presse, ils dénoncèrent cet accord passé entre leur leader et la présidente de la région Poitou-Charentes :
« Nous n’acceptons pas que notre désir de Rénover Maintenant soit sacrifié au baromètre des sondages ou des arrangements entre amis ».
Et de réclamer, comme il était prévu, une candidature Montebourg (à la "primaire" des 9 et 16 novembre 2006) afin de porter leurs idées et valeurs.
Ils ne furent pas entendus. Montebourg, trop soucieux du sens du vent, n’en eut cure.
 

02 janvier 2012

Les Vœux De P’tit Vieux Du Candidat Hollande

Mais où est passé François Hollande ? Cet homme plutôt fringuant, pugnace, étonnant même, celui de 2010.
Il est vrai, qu’à l’époque, y’avait du coriace, de l’adversaire. Et de taille. Un rival nommé DSK.
Il avait hâte, on le sentait, le député de Corrèze, d’en découdre avec l’écrasant favori, le grand manitou du FMI. 
Et puis non ; le destin, le sort, que sais-je encore, l’en auront privé.
Depuis c’est une ombre. Qui fait peine à voir. Comme ici, dans ses vœux. De p’tit vieux.





Tout est souffrance dans cette vidéo. L’homme. Le décor. Les gestes. Tout est mécanique. Emprunté. Mollasse. C’est à se suicider... Et puis rien ; rien ne nous emporte, rien ne nous soulève. Ni ne nous transporte, tant c’est statique. Désincarné.

On a envie, la rage nous prenant, de le secouer, fort, cet immobile, de lui crier :
« Mais bouge ! Vis ! Fous-toi en rogne ! Gueule ! Sors de là ! Habite l’espace ! Et le temps... Si tout est crise, injustice, maltraitance, incohérence, alors tape du poing, saisis la caméra, bouffe-là, et entre donc, en nous, plutôt que de rester là, à réciter, ânonner, qu’on dirait un étudiant, déjà trop vieux, déjà refait. ».

L’espérance ça s’incarne. Ça s’habite. C’est un mouvement. Pas un plan fixe.

Et puis ce ton. Forcé. Hésitant… Mais bon sang, il a peur ? C’est elle qui le bouffe, ma parole ! Tétanisé, qu’il est cet homme-là. Vaincu d’avance… Où qu’il est le désir ? Où est la force ? Le caractère, le bien trempé ?...

Ah, ça manque de tout. De souffle. De hargne. De grandeur. Mais c’est quoi ce petit corps malade, à la renverse, ce Mitterrand du pauvre ? C’est quoi cet enfant, ce débutant débitant des platitudes, les yeux rivés sur un prompteur ? Sommes-nous un prompteur ?... Non, nous sommes le peuple, le souverain, et c’est nous, et nous seul, qu’il faut regarder, au fond des yeux, du cœur, des tripes. C’est nous qu’il faut bouleverser, convaincre, et transfigurer.

Il faut se salir, mecton, y aller, se mettre à nu ; à poil le candidat normal !... Mais non, regarde-le, dans ses frusques, mal dégauchi, c’est un récitant, c’est une dissertation, indigente, sans relief, sans couilles même. Il faudrait être fou, ou vraiment désespéré, pour suivre cet homme-là.

Oh, garçon, c’est la guerre ! Réveille-toi ! Tu dis que tu vois les doutes, que tu entends les colères, mais là, dans cette vidéo, ça ne se voit pas, ça ne s’entend pas. Si vraiment tu voyais, entendais, ça transpirerait, ça crèverait l’écran ! Mais non. Rien. C’est plat. Vide et fadasse. Au ralenti...

On dirait un pantin tenu par des fils. Un ventriloque. Un Tatayé. Ça fait peine. Ce p’tit vieux. Ces vœux formatés, en boîte. C’est du discount, du low-cost, de la bonne année à la petite semaine. Ça ne respire pas la santé. Celle de fer. C’est du poussif, à ce point, que c’en devient repoussant. Tant avec cet Hollande, 2012, ça sent la lose...

Et ça voudrait s’adresser à la jeunesse ? Mais elle va fuir, ta jeunesse, se tirer à perpète ou une balle dans la tête. Parce qu’à te voir, sans vie, sans rien, c’est tout ce qui lui reste. Si la cause, celle de la jeunesse t’intéresse, monte plutôt une assoce, une 1901 ; mais Président, oublie, c’est trop grand pour toi, tu vas crouler sous le poids, te noyer, et nous avec.

Oh, c’est pas que les autres y fassent mieux. Matez donc le Villepin, ça vaut son pesant. De grotesque. Voyez comme il est entouré de momies, respectant scrupuleusement parité, diversité et tout le bataclan ; si c’est pas de la mise en scène, tout aussi statique, j’veux bien être pendu. Mais c’est pas une raison. Pour faire pire encore.

La France en avant, rafraichissez-moi le cassis, c’était bien Hollande ? Eh ben regarde-là, ta France en avant, elle bouge pas. Elle fait du surplace sur un écran. Pas de vie. Pas de fougue. Pas de bras. T’es chocolat, avec ce type-là. Y’a rien. Que le néant.

Ça vous y cause de redressement, et c’est courbé. Plié. Etriqué.
Ça vous invite au changement, et c’est immobile. On a comme envie de foutre le camp. De casser ce foutu écran. Et l’homme qu'est dedans.

Ça, la gauche ? Mais c’est à crever !
A ce point, qu’on en regretterait presque Jospin, c’est dire la misère ! C’est dire le boulet.
Ah ! Mais il passera pas l’hiver, cet homme-là. Il va se faire rétamer. Rectifier. Si la vie le prend pas avant le fameux printemps ; si la fougue, la hargne, et même la colère ne l’empoignent pas ; il va rester là. Figé dans cette vidéo, triste et désolante.

Si rien ne vient l’habiter, le saisir, il va jaunir, déjà que. On dirait un p’tit vieux. Engoncé dans ses vœux. Une France à l’arrêt. Sur le côté. Qui pue le renfermé, la retraite.
Et la gauche morte.



Ajout du 4 janvier
:

Après la vidéo, la lettre.
D'où ce billet ravigotant :
Les 110 Jours Les Plus Longs Du Candidat Hollande

17 novembre 2011

Mitterrand avait raison : Vous êtes des « chiens » !

Ad-Nauseam.jpgSidération... Voilà le terme qui tourna en boucle dans les médias aux lendemains du 14 mai 2011. Quand bien même, à en croire certains, tout le monde savait, mais n’osait en piper mot.
Tout le monde n’étant pas le peuple, non, mais un petit milieu, un microcosme, de celui dont le clown, Coluche, qualifiait d’autorisés.

- Qu’est-ce que tu vas faire aujourd’hui ?
- Je sais pas, je vais peut-être m’autoriser un "truc".

En l’occurrence, ici, le "truc" c’était de se taire. Ne rien dire, ne rien laisser filtrer sur un homme, et pourquoi ? Parce que, voyez-vous, quand on "écrase" Nicolas Sarkozy dans les sondages, et que, de surcroît, la gauche, ou supposée telle, à chaque présidentielle, se prend des roustes, trois de suite dont une humiliation (cf : 21 avril 2002), on fait silence.

Peu importait l’homme, au fond, seule la victoire serait belle. D’autant quand c’est encore plus grand qu’une victoire, puisque, tout portait à croire, que c’est un triomphe qui se dessinait ! Et il faut bien ça, un triomphe, pour effacer dix-sept ans de disette.
Jouir de pouvoir enfin lui rabattre le caquet à cette droite sarkozyste (...)

Lire la suite.

21 octobre 2011

Et Ceci, Ce N’est Pas De La Barbarie, Peut-Etre ?

Lorsque la mort de Marie Dedieu fut confirmée, et considérant les faits ainsi que les circonstances, le ministre des Affaires Etrangères et Européennes, M. Juppé tint, mercredi 19 octobre, ces propos :

« C’est  (…)  un acte d’une barbarie, d’une violence, d’une brutalité, inqualifiables. Donc nous le condamnons avec la plus grande fermeté »

Et ça, c’est quoi ?



N’est-ce pas, là itou, un acte barbare ?
N’est-ce pas juste insupportable, inacceptable ?
Mais qui le dit ? Qui s’en émeut ? Qui est venu dire que cela était « inqualifiable » ? Qui est venu condamner cet acte barbare « avec la plus grande fermeté » ?

Oh, pardon, il s’agit, non d’un otage, mais de Mouammar Kadhafi. Dont on ne sait plus quel qualificatif il convient de lui adjoindre : dictateur, fou, terroriste (repenti), mégalomane, brute sanguinaire, que sais-je encore.
Mais que nous reçûmes, en grande pompe, en décembre 2007, à l’occasion, de surcroît, du 59ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Oh pardon, encore, nous sommes en guerre, or donc, tout est permis, n’est-ce pas ?
Même cela.
La barbarie.

Mais qui sommes-nous ? Et que sommes-nous venus faire en Libye ? Ne sommes-nous pas la civilisation, je veux dire les garants d’un monde civilisé ? N’avons-nous pas, de fait, à cet égard, des responsabilités à assumer, l'idée (au moins, cela) d’un monde à défendre, celui qui se réclame de justice, d’équité, de démocratie ?

Qu’est-ce que ce film, sinon l’exécution, pure et simple, d’un homme ? Une négation de ce que l’on nomme : monde civilisé.
Avec, je le précise, la participation active de l’Otan. C’est cette force qui a tiré sur le convoi. Ensuite, de ce qui pouvait survenir, elle s’en est lavé les mains. C’est bien ça, n’est-ce pas ?

Et peu compte, là, à ce moment, qui était cet homme ; peu importe oui, ce qu’il a fait, ce qu’il commit.

A ce propos, dans les commentaires fort nombreux qui émaillèrent cette « exécution », j’entendis, sur une chaîne d’informations en boucle, celui-ci :

« Le procès d’Eichmann permit d’en apprendre beaucoup sur la Shoah ».

Mais là qu’apprendrons-nous désormais ? Que nous reste-t-il ? Avons-nous pensé, une seule seconde, à toutes celles et tous ceux, qui ne souhaitaient qu’une chose : justice, ou un peu de vérité, quelques explications.
Que nous reste-t-il, sinon cela, un acte barbare, insupportable ?

Et puis d’abord, qui sont-ils, ces gens que nous soutenons, qui tirent en l’air comme des crétins, dès qu’ils prennent possession d’un quartier ? Qui sont-ils ces gens qui lynchent, qui se comportent, c’est sur le film, ça crève les yeux, comme des barbares ?
Qui les dénonce ? Qui les condamne ? Qui les réprouve ?

Alors ça n’aura pas suffi, n’est-ce pas, Saddam Hussein, pendu, images largement diffusées, le jour-même de l’Aïd. Comme une insulte. Oh oui, certes, là, au moins, auparavant, il y eut, paraît-il, procès. Je précise bien : « paraît-il ». Car, pour qui s’en souvient, ce fut une gigantesque parodie.

N’aura pas suffi, non plus, l’exécution d’Oussama Ben Laden et sa rocambolesque immersion.

Alors, ça continue, jamais nous n’arrêterons les conneries, les humiliations, les assassinats ?

Mais bon sang, quand on se prétend être les représentants du monde civilisé, on ne tolère pas cela. Mieux : on prévient, pour l’empêcher. Et ce, quel que soit l’homme. Qu’il fût Eichmann ou Gaddafi. Oui, quel que soit le bourreau qu’il fût, une salope intégrale même, on ne permet pas cela. En cas contraire, et ça l’est, autant dire, de suite, alors, que oui, nous sommes pour la peine de mort, nous les gens civilisés, représentants, paraît-il, d’un monde libre. Juste. Hérauts de la démocratie.
Au minimum, au moins, on condamne. Sinon, ne nous prétendons plus « civilisés ».

Ah, nous ne sommes, au fond, que des barbares comme les autres.
Des enfoirés.
Drapés sous l’alibi de : démocratie.

Nous ne valons pas mieux que ces crétins armés jusqu’aux dents. Ces lyncheurs à la petite semaine. Ces résistants de la dernière heure. Assoiffés de sang, de vengeance. Combattant non pour la Liberté, mais au seul nom de la Loi du Talion. Des aveugles, des sourds, des barbares. Que nous armons. Pour commettre, à notre place, l’insupportable. Et signifier ensuite, par notre silence, cette non-condamnation de l’acte barbare : « Ce n’est pas nous ».

Bien sûr que si, c’est nous.
Bien sûr que si, nous sommes coupables.
Bien sûr que si, nous sommes des barbares.

Et plus que jamais, le monde entier le sait.

 

16 octobre 2011

Allo Maman Bobos, Ou : Les Indignés

Or donc, c’était la première « journée planétaire » des Indignés, n’est-ce pas …
Comment dire ?
Oh, c’est délicat, voyez.  C’est que, je m’en voudrais de déranger. De dénoter. Vulgairement : de faire chier.
Mais tout de même. Ca me chatouille, gratouille, depuis le début de cet étrange « mouvement ».
Tous ces gens assis. Sagement. Je dois dire que ça m’impressionne. Non, vraiment. Je suis ébouriffé. Sur le cul.
Je m’étonne juste que Pierre Arditi n’en fut toujours pas. Il y serait, je crois, comme un poisson dans l’eau. Nickel.

Indignés.jpgNonobstant, et ironie mise à part, venons-en au fait : ces Indignés, les avez-vous vus ?
Je veux dire, leur(s) profil(s). Qu’on nomme, communément : le statut social.
Avez-vous l’impression, par exemple, qu’il s’agit, là, de gens qui souffrent, qu’en bavent des ronds de chapeau ?

De gens dans la plus grande des détresses, complètement broyés par le « système » ?
De gens sur qui l’injustice saloparde, et ô combien capitaliste, aurait vidé de leur home, de leur taf, de leur sang même ?
De ceux que Claire Chazal, avec son air pincé du XVIème, appelle pudiquement :
« les plus démunis ».

Oh bien sûr, l’on pourrait émettre cette terrifiante hypothèse :
Comme les médias sont LE système, qu’ils y participent, qu’ils sont laquais-complices jusqu’au trognon, alors ces chiens galeux de journalistes se feraient, chère M'dame Dugenou, un sale plaisir de nous montrer, dans nos écrans plats, QUE des Indignés (assez) propres sur eux, que l’on dirait sortis de quartiers aisés, ou approchant ; bref, de périmètres relativement épargnés par cette putain de crise ; et nous cacheraient donc, les enfoirés de leur mère nantis de leur carte de presse, et délibérément (je veux dire : dans l’unique but de discréditer ce « mouvement ») les souffreteux, les exclus, les prolos vociférant.
En d’autres termes, les véritables victimes du monde de la finance, des marchés, du néolibéralisme et tutti.
Cela, vous le savez, se nommerait : complot.

Sauf que, pour qui aurait eu l’extravagante audace d’aller constater sur place (ou Puerta Del Sol, pour plus d’exotisme) que nenni !
Pas l’ombre de la queue d’un complot.
Du tout.

A bien y regarder, en ce « mouvement », Indignés, point d’ouvriers, de prolos, de chômeurs (ou alors deux ou trois), d’exclus, de virés, de délocalisés, de pauvres, et même de classes populaires. Comme on le constate, chaque jour que Hessel fait, sur nos écrans rapla-plats.
Pas la queue d’un vrai estourbi par ladite crise, les méchants banquiers, l’écrasant système.
En un mot, comme en cent : que des individus vivant pas si mal que ça. Or donc, qui ne connaissent pas (vraiment) la crise. Qui l’ont pas éprouvée. D’un gramme TTC. Rien.

Alors, je sais.
L’on me dira, mais vous faites chier à la fin, ce n’est pas parce que la crise, on la vit pas, pas vraiment, qu’on n’a pas le droit (et le devoir) de s’Indigner, sans compter, qu’avec nous, ou grâce à nous, demain, prolos, chômeurs, exclus, classes populaires, etc., vous verrez, nous rejoindrons. Ou, au minimum, nous soutiendrons. Moralement.
C’est pour eux, Monsieur-le-donneur-de-leçons, qu’on s’Indigne. C’est pour eux, qu’on se bat. C’est pour eux, qu’on « tralala ».
Nous sommes, itou, les 99%. Le contesteriez-vous, oh-là-là, oh-là-là ?

J’entends.
Mais, quitte à être vraiment très chiant, voyez, je n’y crois pas une microseconde.
Vos manifestations, sages, propres, dites Indignés (alors que c’est Révoltés qu’il conviendrait d’être) sont celles, je le maintiens, des quartiers épargnés. Celles des confortables. Celles des « Allo Maman Bobos ». Ni plus, ni moins.
Il est pas loin, le Café de Flore, mon Indigné.
Et d’ailleurs, je ne vois pas, chez vous autres, Indignés, le début d’un représentant de ces quartiers dits « sensibles ».  Les Abandonnés de la République. Ils n’y sont pas. Curieux, non …

En vérité, vous distrayez.
Vous distrayez (et amusez) les politiques, les banquiers, les marchés, et tout ce merdier qui s’en bat les couilles de votre Indignation polie. Certains ne manqueront pas, nonobstant, de vous récupérer, fissa. Et vous opinerez. Recta.

La seule voie : c’est la Révolte. Le Feu !
Avec tous les exclus, les prolos, les chômeurs...
Tant que vous ne les intégrerez pas, vous passerez au minimum pour de gentils organisateurs, au max, pour une bande de Charlots.

La misère, vous ne savez pas ce que c’est. Sinon, croyez-moi, ça se verrait. Même sur un écran putassier.
Les morts de faim, les désespérés, on les reconnaît de loin.
Y’en a même qui s’immole(nt).
Mais de ceux-là, le monde Indigné s’en fout.
N’est-ce pas ?

 

13 septembre 2011

D’Un Effondrement, L’Autre

Or donc, nous fûmes pilonnés. Ce dimanche 11 septembre 2011. Commémorations ici, commémorations là, partout, impossible d’y échapper.
Un flot d’images insupportables. Des analyses et des commentaires assommants.
Avec, comme de bien entendu, la sempiternelle question, crétine, inutile, futile :
« Où étiez-vous le 11 septembre 2001 ? » et des cons finis pour oser y répondre !
Et je vous fais grâce des conspirationnistes et autres complotistes. Dont on se fout comme de l’an 40. L’essentiel, comme toujours, étant ailleurs.

Effondrement.jpgCar, tout de même, c’est extravagant, n’est-ce pas ? Ahurissant, au point que ça en deviendrait hautement comique, pour qui serait d’un cynisme sans bornes.
Non mais, vous rendez-vous compte ? Nous avons revécu, parfois en temps réel (cf : France Info) les attentats du 11 septembre, nous avons revu ces tours s’effondrer, en long, en large, en travers, pendant toute une journée. Ces tours qui symbolisaient la toute-puissance des Etats-Unis d’Amérique, la finance, le capitalisme décomplexé.

Ça ne vous gratte pas un peu, là ?
Vous ne vous dites pas, tiens, c’est curieux, mais y’a quelque chose qui coïncide, qui fait écho ?

Ah ! Mais non pardi, voyez, non ! C’est une commémoration ! On cherche pas, on diffuse ! En boucle. Et vas-y que je t’annonce, dix ans après, l’échec d’Al Qaïda, mais que, gaffe, le terrorisme n’est pas vaincu, il ne faut pas la baisser, la garde !

Baisser la garde, non, mais diffuser encore, toujours, ces tours s’écroulant, ça oui ! Et sans rien voir, sans rien comprendre, sans faire un rapprochement, osé, certes, mais tout de même !
Et nous voilà terrassés par tant d’aveuglement, je dirai même, par tant de nombrilisme. D’auto-soi.
Ah ! L'Occident, c’est formidable ! D’infantilisme (et de vanité).

Pourtant, ça crève les yeux, non ?
D’un côté, ces tours s’effondrant, commémorations ; et de l’autre, un système agonisant, présentement.
Rien à voir ?
Va savoir !

On commémore, et dans le même temps, ça s’effondre encore, toujours. Les banques, le CAC, la finance, la zone euro et tutti, tout un système qui part en sucette, et personne pour arrêter, freiner, cette chute continue, cet autre effondrement. Qu’ils appellent, ces impuissants pyromanes : la crise !

Mais remballe-là, ta crise ! Ce n’est pas une crise ! C’est bien plus grave que ça !
Et d’ailleurs, de ta crise, en France, on en a pas encore vue la couleur, pas vraiment.
A part quelques exposés, des malchanceux, dont la majorité se branle, tant qu’elle peut conserver son iPhone, son iPad, son iMac. Allons ! Si nous connaissions la crise, ça se saurait ! Y’aurait du monde dans les rues ! 15% de chômage TTC ! TVA au carré ! Ca gueulerait, ça geindrait, peut-être même que ça s’écharperait. Déjà qu’en temps de blocage de raffineries, on sort le knife à la station du coin pour un petit litre d’essence, alors tu penses, si tu crevais la dalle, qu’on te sucrât tes prestations sociales et tout le toutim, qu’on te réservât le même sort de chiens galeux qu’aux Grecs, ça y ferait un sacré ramdam !

Non, on n’a pas vu. Rien. La crise, elle ne nous a pas touchés. Mais ça vient. L’effondrement est en marche, permanent. Les tours jumelles, à côté, c’est de la roupie de sansonnet. Tant les victimes se compteront par millions. Peu seront épargnés…

Et vois-tu, c’est assez extraordinaire, d’en faire des caisses de ce 11 septembre, du gospel et des larmes, (à l’émotion les occidentaux, rien qu’à l’émotion !) et ne pas voir que, dans le même temps, c’est tout un monde qui s’effondre. En direct ! Tous les jours !

Ah, ça par exemple ! Mais, nom de Dieu, ce qu’il faut être aveugle, sourd, ou fou complet ! Pour ne pas dire : salopards, incapables, cyniques véritables.

L’Occident, cette chose suffisante, arrogante, peuplé d’égoïstes, de citoyens gâtés, indifférents et insensibles à la pauvreté qui la cerne, cette pauvreté qu’elle a générée, l’Occident s’écroule, comme dix ans auparavant, deux foutues tours.
Il y a, là, dans cet aveuglement commémoratif, j’avoue, quelque chose de fascinant.

Dimanche, j’ai vu autre chose que des tours s’effondrer. J’ai vu tout un système, une idéologie, une économie, s’écrouler.
Dix ans après.
Et ça ne fait que commencer

 

05 septembre 2011

Pourquoi Taxer Les Riches « C’est idiot et nul ! » ?

Or donc, Serge Dassault, « un très grand industriel (…) qui crée des emplois (…) de l’activité » [1], aura marqué le Campus UMP, en estimant, haut et fort, que taxer les riches « ça ne sert à rien, ce n’est pas comme ça qu’on va régler le problème du déficit. C’est idiot et nul ! ».
Voilà qui pourrait, en ces temps de crise(s), heurter le néophyte. Celui qui ne sait pas comment ça se danse, l’hypra-libéralisme.
D’où ce décryptage qui a pour noble ambition d’expliquer une bonne fois pour toutes aux laborieux de ce pays, à quel point Serge Dassault est un homme éclairé, voire : notre ami.

Serge_Dassault.jpgPrenons un riche. Peu importe lequel. Quelle est sa particularité ? Ce qui fait sa différence ?
La réponse est simple comme bonjour : sa richesse. Autrement dit : son pognon. Sans lui, il n’est plus rien. C’est sa seule raison de vivre (et de jouir, de préférence, en Josas...).
Vous comprenez, dès lors, que si l’on touche à son trésor, ne serait-ce qu’à hauteur de 3%, le riche est atteint dans son identité. Son intime. Avec une conséquence que chacun peut aisément deviner : la souffrance.
Or, que fait un être humain, quel qu’il soit, quand il souffre ?
Il consulte. Afin d’atténuer, voire éradiquer, la douleur qui le dévore.

Mais ce n’est pas un médecin lambda que le riche s’en va trouver, comme nous autres les vilains.
Ce sont des conseillers, des consultants, des collaborateurs. Des experts de la finance. Ceci étant, ils n’ont rien à envier à nos carabins, tant leurs prescriptions sont efficaces. Il faut voir les ordonnances qu’ils délivrent ! Défiscalisation, délocalisation, optimisation, évasion, et j’en passe ! Toutes les options possibles et inimaginables, pour soulager le riche de sa souffrance, sont passées au scanner. Ainsi, certains seront invités à délocaliser, qui en Roumanie, qui au Pakistan, voire même, en Chine ; d’autres à "placer" leur oseille au Luxembourg, en Suisse ou aux Caïmans ; ceci n’étant qu’un maigre aperçu des remèdes proposés. [2]
Ce qu’il faut retenir, c’est que ça marche ! Taux de rémission : 100% !

Seulement voilà, à tout traitement – ici, de cheval – correspond des effets secondaires.
Et ils sont, présentement, tout aussi redoutables qu’inattendus.

En effet, ce soulagement du riche, qui se traduit donc par une fuite massive des capitaux, contribue à appauvrir notre pays. Logique ! Le pognon se barrant « ailleurs », c’est moins de recettes escomptées pour notre pays. Ce qui, donc, alourdit et sa dette, et son déficit.
Du coup, nous commençons à comprendre pourquoi Serge Dassault nous dit que ce n’est pas en taxant les riches « qu’on va régler le problème du déficit ». Au contraire !
Premier effet secondaire.
Premier, car il y en a un second (sinon, c’est pas drôle).

Le déficit s’alourdissant, que va-t-il se passer ?
Angoissé à l’idée de voir la France perdre son Triple A, le gouvernement va prendre des mesures, qu’il qualifiera de «difficiles, mais nécessaires», comme par exemple, au hasard : une taxe sur les sodas, les cigarettes, les mutuelles, etc.
Ceci constituant la première étape d’un plan de rigueur qui ne veut pas dire son nom ; la seconde étant prévue pour le second semestre de l’année 2012, avec – liste non exhaustive – augmentation substantielle des franchises médicales, suppression de certaines aides ou prestations sociales, baisse conséquente des allocations chômage (et pas seulement pour les cadres), réduction accélérée des effectifs dans la fonction publique (jusqu’à liquidation totale), hausse de la CSG, création d’une TVA dite « sociale », bref, toute une batterie de mesures qui touchera de plein fouet, non les riches (puisqu’ils sont – lapalissade –  riches), mais les classes moyennes et populaires.
D’autant plus si la croissance reste égale à zéro. Ou approchant.

Nous entrevoyons à présent et très clairement, quelles dramatiques conséquences, une simple taxe sur les riches aurait sur les plus modestes d’entre nous. Même un auditeur de Sud Radio serait à même de le comprendre !
Nous assisterions, impuissants, à un effet d’un type « dominos », un truc infernal, qui pourrait se résumer de cette façon :
Taxe sur les riches = fuite des capitaux = appauvrissement de notre pays = pauvres et autres laborieux, nous en sommes bien marris, mais il faut que vous passiez à la casserole afin de ramener le déficit dans les clous de Maastricht [3] ; il en va de l’avenir de vos enfants et de la France, Amen !

Or donc, Serge Dassault a raison : taxer les riches « c’est idiot et nul ! » étant donné qu’au final, ce sont les pauvres salariés qui payeront l’addition.
CQFD.

Nonobstant, il n’est pas interdit de penser, haut et fort, que Serge Dassault se fout ouvertement de notre gueule ; que ce « très grand industriel (…) qui crée des emplois (…) de l’activité » [1] est d’un mépris et d’une arrogance insupportables ; un homme qui, de surcroît, se moque éperdument de la démocratie, à commencer par celle sortie des urnes ; qu’il est un héritier qui jalousement n’engendre que des héritiers ; que son attitude, détestable, démontre qu’il refuse, quoi qu’il arrive, d’aider son pays [4] ; bref, il n’est pas interdit de lui dire merde, et de lui promettre que demain, c’est bien lui qui va payer, et pas nous.


[1] Jean-François Copé, lundi 5 septembre 2011, sur France Inter.

[2] C’est ainsi que par tous ces subterfuges, une entreprise comme Total ne s’acquitte plus, bon an comme mal an, que de peanuts d’impôt sur le territoire français.
Alors, elle est pas belle, la vie ?

[3] Maastricht, pour qui, je te le rappelle, tu as dit oui, en 1992. Pauvre de toi !

[4] En revanche, ça ne lui pose aucun problème, à Serge Dassault, de proposer des Rafale à Kadhafi. Celui-là même qu’on honnit et pilonne, aujourd’hui.

04 septembre 2011

Pauvres De Nous !

Passionnant, non, la chamaillerie entre Jean-Pierre Raffarin et Nicolas Sarkozy à propos de cette taxe sur les parcs à thème ? Et bienvenue, surtout. Tant ladite taxe était un sujet majeur. Sur lequel, il convenait de débattre « sans tabou, ni a priori ».
Comment ne pas remercier chaleureusement Jean-Pierre Raffarin d’être monté au créneau, d’avoir bravé avec verve, pugnacité, courage, et son propre camp, et l’autorité présidentielle ?
D’autant qu’il aurait triomphé, et avec quel talent !

Tignous-Charlie-Hebdo.jpgL’Histoire se souviendra-t-elle de ce moment-là, de ce jour où un seigneur déchu du Poitou fit plier le suzerain impopulaire de l’Elysée qui, sous prétexte d’austérité, s’apprêtait à taxer les maigres loisirs des vilains que nous sommes ?
Ou, retiendra-t-elle la ficelle, celle qui dans nos souvenirs immémoriaux, se doit d’être la plus grosse possible afin que plus facilement ça passe ?

Parions sur le bon sens, celui de nous autres, celui qu’on vante en haut lieu, pour de suite affirmer, que c’est la ficelle qui l’emportera.
Car de toutes les gabelles, celle sur les parcs à thème n’était assurément pas la plus douloureuse. La dénoncer, commedia dell’arte, c’était pour, en vérité, mieux cacher la forêt, or donc l’essentiel.

Il faut reprendre la liste des taxes pour bien mesurer la gabegie, l’entourloupe, dont nous venons d’être les premières victimes.
Ainsi, celle sur les sodas.

L’éminent « collaborateur » du suzerain nous expliqua, paternaliste, que c’est pour des raisons de santé publique, qu’il décidait d’instaurer une telle taxe. Il est vrai que ces boissons, hautement chargées en sucre, affectent, avec le temps, notre petit métabolisme. En consommer immodérément provoquerait, dit-on, des dysfonctionnements ô combien désagréables (diabète, obésité, problèmes cardio-vasculaires, etc.). Or, qui prend en charge les dysfonctionnés, sinon notre régime d’assurance maladie, ce système solidaire devenu, lui aussi, déficitaire ?

Or donc, voyez, tout se tient.
En apparences.
On taxe ce qui fait du mal à notre corps, autrement dit : on ne nous taxe pas, on nous protège ! Et, en même temps, on épargne notre sacro-sainte Sécurité Sociale d’un éventuel trou supplémentaire !
Comment ne pas applaudir à tant de sollicitudes, de prévoyance ?
Comment ne pas saluer cette gestion de bon père de famille ?

Ce serait oublier la gabelle touchant les complémentaires de santé.
Une taxe autrement plus rémunératrice que celle sur les sodas et les boissons sucrées (gains : 120 millions d’euros en 2012), ou celles sur les alcools forts (340 millions) le tabac (600 millions) et les fameux parcs à thème (90 millions) puisqu’elle devrait rapporter à l’Etat la coquette somme de 1,1 milliard d’euros en 2012, soit près de la moitié du total estimé des taxes devant peser sur la consommation des ménages (dans le cadre de ce plan d'austérité).

Ainsi, on nous annonce que c’est pour notre santé que l’on gabellise ici et là, mais dans le même temps, on taxe, et copieusement, les mutuelles.
Belle incohérence ! Fantastique fumisterie !

Croyez-vous que les classes moyennes, les plus modestes d'entre nous, aient les moyens de supporter ce coût supplémentaire ? Nonobstant, quand on sait pertinemment que bon nombre d’entre eux n’a déjà pas les moyens financiers d’en contracter une ? Or, si vous n’avez pas de mutuelle, vous renoncez à quelques soins primordiaux, comme les dents, par exemple. Ou la vue. Et je ne vous parle pas des divers frais d’hôpitaux.

Comment peut-on, dès lors, avancer un argument de santé publique pour justifier de taxes, quand parallèlement, vous éloignez une partie de la population, celle-là même que vous prétendez vouloir protéger, de l’accès aux soins ?

Etonnant, n’est-ce pas, qu’aucun Raffarin n’ait pensé à monter au créneau, à braver l’autorité présidentielle, sur ce sujet, cette incohérence. Que ça n’ait pas provoqué un débat, voire une chamaillerie. Que ça n’ait pas fait les gros titres, non plus.

Pourtant, quelqu’un s’est indigné.
A demandé (le 29 août dernier) « solennellement » au président de la République d'abandonner cette idée d’alourdir la taxation des complémentaires de santé, en développant l’argument suivant : « Cet alourdissement (…) contraindra les familles modestes à renoncer, pour des raisons financières, à une couverture complémentaire-santé ou, comme nous le constatons déjà, à choisir des garanties beaucoup moins protectrices » [*].
Cet homme, c’est Etienne Caniard, le président de la Mutualité française.
Il aura eu moins de succès que Jean-Pierre Raffarin.
Et surtout, on aura donné que peu d’écho à son appel « solennel ».

Or donc, nous voyons mieux, désormais, comment se danse cette histoire.

On met en avant une taxounette, celle touchant les parcs à thème. On en fait un sujet de dispute ; en réalité, une mise en scène. De fait, on occupe l’espace médiatiquement. Ah mon dieu, on se déchire dans le parti majoritaire ! C’est bon ça, coco, pour le buzz.
Et puis, finalement, tout s’arrange. Bon comme le pain, le président finit par céder à celui qui fut son Premier ministre. Et l’on a l’impression que le gouvernement a lâché du lest, mieux : qu’il nous a fait une faveur. Soyez heureux, les gueux, vos attractions restent au même tarif ! Dans ce déluge de mauvaises nouvelles, forcément, ça ne passe pas inaperçu. Mais c’est fait pour…
… Pour cacher la forêt. La vraie taxe. Celle qui fait mal. Qu'est injuste. Celle qui nous touche vraiment.

Voilà pourquoi Raffarin a faussement titillé Sarkozy sur une taxe dont, franchement, nous nous foutions comme de notre première chemise : pour mieux en taire une autre ; la douloureuse.
Pauvres de nous !


NB : Plutôt que d’accabler les ménages moyens et populaires de ce pays, sous prétexte de crise, d’austérité, d’unité nationale et tout le merdier habituel, le gouvernement aurait pu mettre à contribution les plus riches. Qui, eux, n’ont aucun problème pour s’équiper sport en matière de mutuelles.
D’aucuns me diront que c’est le cas ! Enfin, messire ! Une taxe de 3% concernant les revenus supérieurs à 500 000 euros annuels (gains estimés : 200 millions d’euros en 2012) c’est pas grand-chose, mais ce n’est peut-être qu’un début !
Le début de la fin, plutôt.
Etant donné que la voix de son maître, le dénommé Serge Dassault, a claironné ce week-end, lors du Campus UMP, que taxer les riches  « ça ne sert à rien, ce n’est pas comme ça que l’on va régler le problème du déficit. C’est idiot et c’est nul ! »

Gageons qu’il sera plus entendu qu’Etienne Caniard.
C’est que, voyez-vous, la 89ème fortune du monde, qui plus est propriétaire du journal censé assurer la réélection du suzerain, ça a quand même autrement plus de poids qu’un petit président de mutuelle.

[*] Le Monde – mercredi 31 août 2011

01 septembre 2011

A Propos D'Antisémitisme, Et De La Low-Cost, Sud Radio

La-Ferme-!.jpgJ’étais au volant de ma voiture. Quand c’est tombé, ce lundi 22 août, peu avant 8 heures du matin, sur Sud Radio.
Je l’ai donc vécu, en direct.
Robert Ménard, c’est vrai, a tout de suite réagi. Mais il était déjà trop tard, c’était passé à l’antenne, comme on dit.
Des propos brefs, tenus par un auditeur (Christian), sans aucune ambiguïté possible : DSK, l’argent, les juifs

Connaissant l’arrière-boutique radiophonique, et précisément celle-ci, et de surcroît, ayant très vite compris quel ton, quelle couleur, cette station voulait donner à son antenne pour bien marquer son arrivée à Paris, je n’ai pas été étonné. Je savais que ça arriverait. Eh bien voilà, ça n’a pas traîné...

La suite est à lire : ICI


NB : Merci B pour le détournement© du claim Sud Radio
.

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