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25 janvier 2012

Non ! Définitivement Non : François N'est Pas Mitterrand !

Non mais j’te jure, et comme j’t’en foutrais ! Non mais regardez-moi cette bande de midinettes. Un Bourget, et hop, il te les a retournés, recta. Pourtant, y’a vraiment pas de quoi se taper le cul. Pas plus que de se relever la nuit. Certes, l’homme a du talent, et c’est pas faute de l’avoir dit, écrit ; mais de là à en faire un héros, faudrait voir à atterrir, et fissa.

Mais bon, cette époque étant ce qu’elle est, médiocre et vulgaire, on va pas s’étonner outre mesure du désolant phénomène. Avec cachée derrière, une entourloupe de compète
Nonobstant, il convient de remettre deux/trois petites choses à leur place.

Mythe-Errant.jpgA commencer par cette référence (qui devient pesante) à l’autre François. Celui de Jarnac. Or donc, Mitterrand, dit "Le Renard" ou "Dieu", c’est selon.
Là itou, j’avais souligné, en temps et heure, dès 2006, avant de revenir pour la seconde couche en 2010, que l’affaire n’était point nouvelle. Hollande ça fait un bail qu’il a choisi son modèle. Et dans le ton, et dans la gestuelle. Comme c’est un tribun qui tient la distance, j’en suis d’accord, ça fonctionne. Enfin … Pour qui n’est pas très regardant et se laisse bouffer par l’émotion. Mais, là encore, c’est cette foutue époque qui veut ça : la raison, la réflexion, le temps que l’on doit prendre, ça, tout le monde s’en branle du chef, ce qui passe en preum’s, c’est l’émotion. On comprend dès lors pourquoi tout est si médiocre, et dans le pire des cas, vulgaire.

Evidemment quand on est un peu plus exigeant, j’irais même jusqu’à dire un peu plus citoyen, on évacue bien vite ce parasite qu’est l’émotion pour dépiauter tranquillement ce grand numéro de mime ou d’illusionniste. Et là, on se rend compte qu’il y a une sacrée différence de niveau.

Autant le Mitterrand, il donnait dans le littéraire, jusqu’à péter dans la grandiloquence au cube, autant Hollande, c’est assez scolaire, pour ne pas dire convenu.
Sur ce point je rejoins totalement Philippe-Joseph Salazar, dont je vous recommande vivement le billet à propos dudit Bourget, assurément l’analyse la plus pertinente que j’aie pu lire sur cette soi-disant performance du candidat du PS qu’aurait écrasé toute concurrence.

Oh bien sûr, Mitterrand, lui aussi, était un sacré farceur. Un gigantesque comédien. Pas plus socialiste qu’Hollande, au demeurant. Arrêtez de nous bassiner avec votre socialisme ! C’est insulter le peuple. De socialisme dans le PS, y’en a pas. Mais passons…

Oui, avec toutes les réserves qui s’imposent, réserves politiques et même éthiques, Mitterrand c’était un tout autre calibre que le p’tit François. Y’avait plus de couenne, plus de culture, plus de tout.
Ainsi, cet extrait, tiré du dernier meeting du candidat Mitterrand, le dernier avant le premier tour de la présidentielle 1981 et qui se tint le 25 avril à Toulouse devant pas moins de 35 000 militants. Goutez-moi ça :

« (...) Il n’est personne au monde, aucune force, aucune puissance, qui pèse sur ma décision. Ni à l’Est ! Ni à l’Ouest ! Ni Moscou, ni Washington ! Ni Bonn, ni personne ! Aucune force à l’intérieur ! Ni les forces de l’argent, dont je me moque ; ni le Grand Capital, ni les multinationales ! Ni les lobbies, ni les coalitions ! Aucune puissance au monde ne me fera dire autre chose que ce que je pense ! »

Avec le son et l’image, c’est encore plus grand :




Alors, tu la vois, désormais, la différence ?... Elle est énooOOOoorme !
Ce texte, travaillé, au cordeau, ce jeu de sonorités, ces assonances, hormis une faiblesse (« ni les lobbies, ni les coalitions » c’est dissonant, c’est en trop), c’est de la musique.
Et voyez comme il le vit ; comme il appuie là où il faut, comme il sait ménager les effets, les grandir... Mais quel acteur, bordel !
Hollande, c’est pas le cas. On dirait un élève de seconde Z. C’est poussif. C'est de la CFA2. Y’a de l’idée, certes. Mais… De là à, faut pas pousser Jaurès dans les orties. Non plus.

Alors bien sûr, je ne parlerai même pas du fond. Pour en causer, faudrait qu’il y en ait un, pas vrai ? Or, y’en a pas. C’est peut-être, et d’ailleurs, l’unique raison pour laquelle tout un chacun s’est ébaubi jusqu’à la déraison. Tant c’est une performance, il est vrai, de conquérir une foule en ne disant rien, ou pas grand-chose. Mais, nous le savons, n’est-ce pas, cette présidentielle n’est plus une confrontation d’idées, voire de grands projets, juste de personnalités.

C’est aussi devenu un truc de supporteurs. Citoyens, passez votre chemin ! La seule chose qui compte, c’est la victoire (Laquelle ? On s’en contrecarre !)... Le reste (la France qui souffre, par exemple) on s’en bat le Flanby. Ce qu’ils veulent, ces nouveaux transis de l’Hollande, c’est virer le Sarkozy. Point barre. C’est vous dire si on n’a pas le cul sorti des ronces.

Ceci étant, que tirer de ce Bourget ?
Une énorme satisfaction si on est une grosse feignasse, un paresseux de la mémoire.
Mais quand on la rappelle, alors, on ne se fait pas berner comme le dernier des suiveurs. Mais ça aussi, c’est une sale putain de maladie de notre époque, qu'est donc aussi, et bien malheureusement, celle des suiveurs.

Or donc qu’en tirer de ce Bourget ?
Eh bien : ENTRE DONC ICI !

27 octobre 2011

Eléments De Langage Destinés Au Candidat Du Parti Socialiste Souhaitant Vaincre Le Candidat Sortant Par Temps De Crise(s)

16-Mars-1981.jpg« A quoi sert une élection, sinon à juger le bilan d’une politique, et, puisqu’il s’agit d’une élection présidentielle, à juger le bilan d’un homme (…) Juger ce bilan, du candidat sortant, je le ferai honnêtement ».

« Pouvait-il faire mieux ? Ne le pouvait-il pas ?... Était-il entraîné dans un cycle de crises économiques qui frappent toutes les sociétés capitalistes, et particulièrement l’Occident ? Il n’y pouvait peut-être rien ! »

« Simplement, je me poserai la question : est-ce qu’il va recommencer ? »

« La hausse de prix ! Ça frappe beaucoup de gens, hein ! Des gens simples qui n'ont pas beaucoup de moyens (…) Un million sept cent mille chômeurs, c’est-à-dire : un million trois cent mille de plus qu’au jour de son élection ; c’est beaucoup !... Un commerce extérieur en déficit de 60 milliards (…) Un déficit budgétaire accumulé, pendant ces sept ans, de 211 milliards (…) Une dette extérieure de 120 milliards ; c’est beaucoup !... 100 000 entreprises disparues récemment (...) Je veux dire simplement que ce n’est pas contestable, ça : c’est vrai ! »

« [Je lui dirai :] Est-ce que vous ne pouviez pas faire autrement pour défendre les intérêts de la France à l’extérieur ? (…) Êtes-vous sûr que la France, qui est un grand pays, a toujours rempli son rôle ? »

« Ce qui est évident c’est que, élu Président de la République, je changerai un certain nombre de choses. En particulier dans le cadre des relations du Président de la République, du gouvernement, du Parlement ; dans les relations du Président de la République et des citoyens ; tout en étant très volontaire pour préserver la charge de la fonction et la remplir entièrement. Je voudrais qu’on en revienne à des mœurs, disons plus … Un peu plus démocratiques ! »





[François Mitterrand, Cartes Sur Table, 16 mars 1981]

02 juillet 2011

Marine Le Pen Ment

Dans un entretien publié sur le site de France-Soir, le 1er juillet 2011, Marine Le Pen revient sur l’affaire DSK suite aux révélations du New York Times quant à la crédibilité des accusations portées contre l’ex-Directeur Général du FMI.
Entretien qui commence très fort, puisque par un mensonge :
« Je ne me suis jamais prononcée sur le fond de cette affaire parce que je suis avocate et que je sais combien ces dossiers sont complexes. » Affirme la Présidente du Front National.
Faut-il lui rappeler les propos qu’elle tint, le jour même de l’arrestation de DSK, sur RMC, BFMTV, RTL, etc., et plus encore dans une vidéo postée sur le site du Front National ?
Une vidéo en date du 23 mai dernier, où Marine Le Pen bafoue allégrement la présomption d’innocence (à laquelle elle se dit pourtant « profondément attachée ») et dont voici les extraits les plus remarquables.

Marine-La-Menteuse.jpg« La stupeur non encore dissipée, le système s’est remis immédiatement en marche pour gérer le cataclysme, pour orienter l’opinion publique vers le déni de réalité avec une absurde théorie du complot (…) Durant cette semaine, jamais les français ne furent publiquement invités à s’interroger sur la gravité de l’acte supposé, sur ce que cette affaire disait de nos pratiques politiques et les déficiences de notre démocratie. »

Si Marine Le Pen prend soin de préciser « supposé » quand elle évoque « l’acte », une ligne en amont elle fait mention d’un « déni de réalité » (mais de quelle « réalité » parle-t-elle ? Qui la connaît, ce 23 mai ?) puis, une virgule plus loin, la voilà suggérant que « cette affaire » est révélatrice (?) de « nos pratiques politiques » et « des déficiences de notre démocratie ».
Outre qu’elle n’est pas, là, dans le conditionnel, mais dans l’affirmation, en quoi, « cette affaire » dit quoi que ce soit sur « les déficiences de notre démocratie » ?
Quel est le rapport avec la choucroute ?... Patience, ça arrive…
… Mais avant d’y venir, notons ébaubis qu’elle réfute toute « théorie du complot », la qualifiant même « d’absurde ».
Or que dit-elle, plus aval dans cette vidéo ? Ceci :

« Nicolas Sarkozy, de son côté, malgré la parfaite connaissance de la situation, a promu une personne vraisemblablement perturbée à la tête du FMI, peut-être par machiavélisme, dans l’espoir de faire tomber un adversaire, peut-être simplement par intérêt personnel, pour éloigner Dominique Strauss-Kahn de la présidentielle. Dans tous les cas, Nicolas Sarkozy est gravement coupable d’avoir joué avec l’image de la France en prenant le risque de nommer, à la tête d’une institution qui engage l’image de notre pays, un personnage pareil. »

Diantre ! A la lecture de cette prose, on entend quoi ? Sinon que Sarkozy est un fieffé comploteur. Ou, au minimum, un diabolique calculateur. Mais n’est-ce pas idem ?
Ainsi donc, Marine Le Pen ne croit pas au complot, mais nous en décrit un, totalement « machiavélique », tout droit sorti de son esprit, étayé par rien, ne reposant sur aucun fait avéré, aucune preuve.
Marine Le Pen (qui, là encore, n’est pas dans la supposition, mais dans l’affirmation) va même jusqu’à l’accusation. Non seulement elle accuse le Président de la République d’avoir ourdi afin de se débarrasser d’un adversaire politique, mais qui plus est, elle affirme qu’il savait que Dominique Strauss-Kahn était « une personne vraisemblablement perturbée » (Ce qui, en creux, signifie qu’elle le pense, DSK, « vraisemblablement » coupable des faits qui lui sont reprochés).

Mais au fait, qu’est-ce qui permet à Marine Le Pen de penser que DSK est « une personne vraisemblablement perturbée » ?
Il faut revenir à ces différentes déclarations du 15 mai dernier, pour le savoir.
Ainsi, celle-ci, sur RTL :

« La vérité c’est que, et vous le savez pertinemment bien, tout Paris – le Paris journalistique, le Paris politique – bruisse depuis des mois des rapports légèrement pathologiques que Monsieur Strauss-Kahn semble entretenir à l’égard des femmes ! ».

« La vérité », dit-elle… Et elle repose sur quoi cette « vérité » ?
Des « bruissements ».
Or donc, des rumeurs.
Depuis quand des « rumeurs » font-elles une « vérité » ?
Luc Ferry n’est qu’un enfant de chœur, à côté de Madame Le Pen…

Ces rumeurs, elle nous les ressert copieusement dans cette vidéo du 23 mai :

« Beaucoup savaient pertinemment que Strauss-Kahn n’était pas, comme on le présentait, un séducteur, mais un harceleur ; non pas un homme qui aime les femmes, mais un homme qui en fait l’objet de pulsions qu’il ne peut apparemment contenir. »

On sent foutrement dans cette phrase, combien Marine Le Pen est « très attachée » à la présomption d’innocence (« … pulsions qu’il ne peut apparemment contenir. »). Mais passons…
« Beaucoup savaient » qu’elle nous bonnit…
Nicolas Sarkozy donc, le « Tout Paris », mais qui d’autres ?...
Madame la procureure Le Pen, n’hésite pas à gravement nous éclairer :

« Ses proches, comme ses amis politiques socialistes, n’en ignoraient rien, mais n’ont rien dit. Et surtout, beaucoup plus grave, ils n’ont rien fait. Par ambitions personnelles, ils s’apprêtaient, au contraire, à tout faire pour qu’il soit le Président de la République Française, et donner ainsi à cet homme des pouvoirs exorbitants, et l’honneur de représenter notre pays dans le monde, mais quelle folie ! ».

« Quelle folie ! » de « donner » à un « personnage pareil » ne sachant contenir « ses pulsions » les clés du pays ; un homme qui n’est pas « un séducteur mais un harceleur »... La présomption d’innocence en reprend un (sale) coup…
Rappelons, au passage, que ce sont les électeurs qui décident du choix du Président de la République via une élection. Pas « les amis politiques socialistes » de Monsieur Strauss-Kahn... Madame Le Pen a, « vraisemblablement », quelques « déficiences » concernant le fonctionnement de notre démocratie.

« Ils n’ont rien dit » ?... Mais « rien dit » à propos de quoi ? Que DSK pouvait être un présumé violeur, par exemple ?... Je n’entends que cette insinuation dans ce : « Ils n’ont rien dit ». Quoi d’autre(s), sinon ?
Et donc ?
Et donc pour « n’avoir rien dit » et « rien fait » ils sont… (tadam !) « Complices ». Soit : les « amis de DSK », ses « proches », Nicolas Sarkozy, etc., mais itou, les médias :

« J’ai, dès les premières minutes de l’affaire, tenu à dénoncer l’omerta de la classe politique et médiatique qui préservaient un silence complice autour des penchants, peut-être pathologiques, de Dominique Strauss-Kahn ».

On résume : selon Madame Le Pen, ce qui s’est passé dans la chambre 2806 (et dont on ne sait toujours rien) le « Tout Paris », les médias, Nicolas Sarkozy, les « amis » et les « proches de DSK » en sont, peu ou prou, responsables.

Mais au fait, quid de cette « simple femme du peuple, certainement brisée, et aujourd’hui terrée » qu’est Madame Diallo ?
Voilà ce qu’en disait Marine Le Pen, le 23 mai :

« Ce qui m’a profondément choquée, ce qui a profondément choqué les nombreuses personnes qui me l’ont dit, c’est qu’il n’y a pas eu un mot pour la victime, pas un mot pour la jeune femme ».

« La victime »… C’est clair, non ?
D’un côté le « harceleur », de l’autre la « victime ».
Madame Le Pen qui se targue d’être avocate devrait savoir que tant que la justice n’a pas établi la vérité, il n’y a pas de victime, mais : une plaignante.
Tant que le verdict n’est pas tombé, on ne peut dire qui est la « victime ».
En qualifiant Madame Diallo de « victime », Marine Le Pen désigne, encore une fois, et en creux, « le milliardaire Strauss-Kahn » comme potentiellement coupable.
Certes, elle y adjoint de l’« apparemment » mais annulé par du « vraisemblablement ».

Emportée par son élan, elle ne s’arrête évidemment pas là… Et voilà qu’on revient à notre invraisemblable choucroute.

« Ce scandale mérite à l’évidence, un complet décryptage. Parce que cette affaire a mis à nu le système, a mis en lumière ses mensonges, a dévoilé ses connivences profondes. Cette affaire qui nous saute à la figure, nous invite, plus que jamais, à ouvrir les yeux sur nos prétendues élites, sur leurs insupportables privilèges. »
Puis d’asséner :
« En France, l’affaire DSK n’aurait probablement jamais été portée à notre connaissance. »

Vraiment ? Dresser la liste des « puissants » traduits en justice, celle de notre pays, serait pour le moins fastidieux, mais rappelons juste à Madame Le Pen, qu’un sénateur socialiste, Monsieur Jacques Mahéas n’y a pas échappé.

Mais, puisqu’elle évoque un « décryptage », eh bien décryptons…
Au vu de ses propos, or donc la concernant, c’est du limpide. Tant cette vidéo du 23 mai « met à nu » Madame Le Pen…
Ce « qui nous saute à la figure » c’est que, en vérité, Marine Le Pen est une menteuse. Car, bien sûr que si, et contrairement à ce qu’elle affirme dans France-Soir, et ainsi que cette vidéo le démontre, elle s’est (bien mal) « prononcée sur le fond de l’affaire ».
Bafouant, plus d’une fois, la « présomption d’innocence » au soi-disant bénéfice de « la présomption de sincérité ».
De surcroît, elle aura accusé : Nicolas Sarkozy, le « Tout Paris », les médias, la classe politique dans son ensemble, etc., de « complicité » (de viol, en l’occurrence, et entre autres...).
Bref, avec Marine Le Pen, on aura surtout touché le fond.
Celui qui remugle.


NB – Pour rappel : « Affaire DSK : La Grande Poubelle Médiatique ».


05 mai 2011

Yes, We Kill !

Il y a parfois, dans un Journal Télévisé, des actualités qui se télescopent, font écho, interrogent. Oh ! bien sûr, on ne peut pas les mettre sur un même plan. Notez-le bien... C’est juste une superposition. De mots. De témoignages.
Un bidouilleur des images et du son, un as du fake, en ferait son affaire.
Mais entrons dans le vif…

United-States-Of-America.jpgOr donc, Oussama Ben Laden, nom de code « Geronimo » [1] abattu d’« au moins une balle dans la tête » et ce sont des centaines et centaines d’américains qui, tels des supporteurs victorieux de je-ne-sais-quel-sport-collectif, déferlent dans les rues de New-York et Washington, manifestant leur joie, hurlant à tue-tête : « USA ! USA ! ». Beaucoup tiennent à préciser que, d’habitude, ils ne se réjouissent pas de la mort d’un homme, oh non, sauf que là… Ce n’est pas un homme comme les autres, vous comprenez, c’est LE terroriste, le « cerveau » (présumé) des attentats du World Trade Center. Puis de conclure, comme leur Président, que « Justice est faite ». Formule reprise, curieusement, par Nicolas Sarkozy…

Ces images, nous les avons tous vues. Ces mots, nous les avons entendus.
Et cette conclusion, récurrente :
« Justice est faite ».
La justice c’est donc ça : abattre un homme « qui n’était pas armé » [2] ?
J’allais dire : comme un chien.
Un chien d'indien (cf : Geronimo).

Mardi soir, cet « assaut » faisait encore la Une du JT de France 2. Pendant un long quart d’heure… Deux actualités plus tard [3] David Pujadas enchaînait sur « un drame » survenu dans la journée à Marseille :
« Un adolescent de quinze ans a été tué par balles lors d’une tentative de cambriolage dans une société de gardiennage »… Il se prénommait Antoine… On nous apprend que c’est « un homicide qui révolte le voisinage ».
Ladite « révolte » est illustrée par des témoignages. En voici les principaux :
« Je ne pense pas que ce soit une raison pour qu’on abatte quelqu’un (…) Parce que c’est pas tuer quelqu’un, ça : c’est abattre quelqu’un », « On ne peut pas tuer les gens comme ça », « Là, on est dans une époque de western… ».

Et c’est là que j’ai tilté. Que j’aurais aimé être un bidouilleur du son et des images, un pro du fake. Mettre dans la bouche de ces américains vociférant, les mots du « voisinage » révolté :
« On ne peut pas tuer les gens comme ça ».

- Pourquoi vous ne pouvez pas « tuer les gens comme ça » ?
- Mais parce que nous sommes les Etats-Unis d’Amérique ! La première démocratie du monde ! Vous rendez-vous compte de l’image que nous renvoyons avec cet « homicide » ? Quel message ?
- Mais vous auriez préféré quoi ?
- Mais qu’on le capture ! Qu’il y ait un procès. Parce que c’est ça, la Justice. Vous comprenez ?
- Je comprends… Mais pourtant votre Président assure que « Justice [a été] faite » !
- Eh bien, il faudrait que notre Président change son logiciel. Et comprenne que ça fait belle lurette que nous ne vivons plus à l’époque du « western »…
- Vous n’êtes donc pas content d’avoir Custer comme Président ?
- J’aurais préféré un Prix Nobel de la Paix.
- Mais il l’est…

Je sais. Vous allez me dire – malgré la précision en liminaire – que je mets sur un même plan deux faits qui n’ont aucun rapport. Un terroriste (assassiné), et un gamin de quinze ans (abattu)... Je maintiens que non. Mettez ça sur le compte d’une absurdité. Et cette absurdité porte un nom : le JT. Un foutoir invraisemblable. Sorte de fast-food indigeste (pléonasme) vulgaire et ô combien indécent de l’information…
… Non, c’est juste un télescopage. Foutrement intéressant. Jouissif, même… Vous ne trouvez pas ? Que ça fait écho, que ça résonne (et raisonne) ce : « On ne peut pas tuer les gens comme ça » ?

Voyez, c’est ce « Justice est faite » qui, depuis lundi matin, me turlupine. Ce n’est pas, pour être très clair, ma conception de la Justice.
Oui, Ben Laden était un terroriste. Et alors ? Les Etats qui se disent « démocratiques », s’érigent en modèle du monde, allant même jusqu’à prétendre qu’ils représentent le « Bien » [4] ne peuvent pas se comporter de cette façon. Comme des snipers. De jeux-vidéos... Quels que soient les crimes perpétrés par ceux qu’ils « traquent »... Quant à ces manifestations de joie, elles étaient insupportablement indécentes, indignes d’un peuple dit : civilisé. Mieux aurait valu le silence. Total.

Il ne s’agit pas de Morale, il s’agit de savoir ce que nous voulons (et d’être conscient de l’image que nous renvoyons). S’il est vrai que les Etats « démocratiques » souhaitent ardemment servir de référence (aux pays arabes, notamment, ceusses qui font présentement leur révolution), alors cette exécution est une erreur. Tout comme ce qui s’est passé ensuite, je veux dire l’abracadabrante « immersion du corps ». [5]

Dire au monde entier que toute cette « opération » aurait à voir avec la Justice, et le répéter, encore, toujours, sachant que c’est un modèle, un référent qui le dit, est une incitation à, non pas, « rendre la justice », mais à « se faire justice ». Ce qui n’est pas du tout la même chose.

Les mots ont un sens. Les actes, itou. Celui-ci aura des conséquences (lourdes).

Et l’on peut bien me rétorquer qu’un procès eût été très compliqué, suscité bien des réactions (y compris violentes) il aurait, à la réflexion, mieux valu. Parce que, au terrorisme, on ne peut pas répondre par une autre barbarie. Il n’y a pas d’autre choix qu’une réponse qui ait à voir avec la Justice, au sens noble du terme. Sinon, ne nous présentons plus comme des « modèles de démocratie ». Et ne nous étonnons, surtout pas, que « chez nous », des hommes prennent un fusil pour « se faire justice » croyant « la rendre ». Car le danger est là. Pas seulement à l’extérieur. Il a des conséquences, aussi, à l’intérieur.

Bref, nous n’avons pas fini d’en baver.
D’avoir de gros problèmes de « voisinage ».
Et – quitte à faire dans l’imagerie nordiste – de sanglantes « Little Big Horn » en perspective.


[1] Geronimo ! Décidément, ces américains n’en ratent pas une ! M’est avis que ce qu’il reste d’indiens sur le sol américain, doit être ravi d’apprendre qu’on les considére comme des terroristes de catégorie une... Au regard de leur Histoire et de ce que les « américains » en ont fait, c’est un « nom de code » pour le moins déplacé, voire foireux. Si ce n’est : proprement scandaleux.

[2] C’est du moins ce que John Brennan (conseiller de Barack Obama pour l’antiterrorisme) aura fini par lâcher : que Ben Laden « n’était pas armé ».
Rappelons que c’est le même qui, quelques heures après « l’assaut » affirmait qu’Oussama Ben Laden était « armé » et que, de surcroît, s’était servi d’une femme comme « bouclier humain ».
C’est encore John Brennan qui nous assure (le mardi 3 mai 2011) que « si nous avions eu la possibilité de le capturer (Ben Laden) nous l’aurions fait ».
Or donc, nous en concluons que « capturer » un homme « qui n’était pas armé », manifestement, c’est impossible… Même pour les meilleurs.

[3] Les deux actualités concernaient le rapatriement des huit corps français victimes de l’attentat de Marrakech avec une déclaration solennelle (et particulièrement pasquaïenne : « Les terroristes ne nous terroriseront pas ») de Nicolas Sarkozy (avec en bonus, une larme plein écran de son « épouse ») et les boîtes noires du vol Rio-Paris.

[4] A partir du moment où tu définis un « Axe du Mal » c’est que tu te places (et considères) dans le camp du « Bien ». N’est-ce pas…

[5] Il y eut, jadis, un autre corps, en cendres, qui fut « immergé ». Il s’agit de celui d’Adolf Eichmann. Mais lui, fut « capturé » et jugé. Je veux dire que dans ce cas, la Justice put faire son travail. Ce qui, d’une certaine façon, éclaira l’Histoire. Alors que là…

26 mars 2011

Front National : Va Falloir Se Mettre Au Travail, Les Gars !

Elle est partout, la Marine. Presse, radio, télé, du jamais vu... De loin, comme ça, on pourrait se dire qu’ils veulent la tuer, tu vois ; je veux dire médiatiquement, trop de Le Pen tuant la Le Pen !… Bon sang, mais c’est bien sûr, qu’on s’écrie ! Ils l’invitent, tous, sur les plateaux, jusque Radio J, jusque dans l’impensable quoi, la surexposition au cube, jusqu’à ce qu’on en puisse plus. Qu’elle nous sorte par les yeux, les pores, tout. Qu’elle devienne repoussoir. Ah ! que c’est terriblement bien joué ! Que c’est finaud de chez intelligent.

Droite-Extrême.jpgMais non. Y’a pas de finaud. Y’a pas d’intelligence. Y’a que du lourdaud. Du cocu de première. A chaque fois, c’est la même, en long, large, elle te les rétame tous. Une véritable exécution.
Dézingué l’Aphatie, rectifié l’Elkabbach, désossée la Chabot. Tous, elle les retourne tous... Et pourquoi ? Parce qu’ils sont pétris de certitudes, de dédain, de dégoût. Parce qu’ils bossent pas, surtout. La fleur au fusil, qu’ils y vont. De fait, c’est un massacre. Une boucherie. Et la donzelle, elle repart, à chaque fois, avec de nouveaux électeurs dans « sa besace ». Les doigts dans le nez. Sans rien faire. Ou quasi.

Elle déroule, UMPS par-ci, UMPS par-là, c’est du velours, du sur-mesure, et vas-y qu’elle cogne, toujours au même endroit, qu’elle enclume, et y’en a pas un pour la renvoyer dans ses cordes, d’où elle vient, d’où elle est et restera, soit pour parler crûment : à l’extrême droiteFrançaise, monsieur, l’extrême droite Française !... C’est pas de la gnognotte, ça, dis, pour qui connaît l’Histoire, qui s’est fadé tous les dégueulis du père Destouches (de souche), de Bagatelles à l’Ecole en passant par Les Beaux Draps. C’est cette France-là, mon pote. Affirmatif. Mais crois-tu que les présumés finauds, les supposés intelligents, lui mettraient ça dans les chicots ! Que nenni ! Ça louvoie, ça pose des questions de mollasson, ça croit pouvoir piéger la fifille au pépère, mais rien du tout !... Oh, ça lui cherche bien, des fois, des relents d’antisémitisme de type héréditaire, mais sur la pointe des pieds ; y savent pas s’y prendre les mal dégourdis.

Pourtant, tout, ils ont tout, les preuves, les dossiers, les éléments. Y’a qu’à lire. La presse d’extrême droite, celle qui soutient très activement le Front National. Les Rivarol, Flash, Nations Presse Hebdo, La Voix Des Français, Le Choc Du Mois, Minute, Présent, et j’en passe, jusqu’à la Courtoisie de Radio, c’est de l’édifiant. Du brut de chez brut : qu’on y cause de lobby juif, de francs-maçons, de révolution nationale, de la « race blanche », comme jadis chez les Brasillach, les Maurras, la même prose, le même combat.
Quoi que vous croyiez ? Que le Front refilé à une « mère de famille », ça y deviendrait, par je ne sais quel miracle ultra-catholique, de la bonne petite droidroite radicale mais fréquentable !... Du tout !... L’extrême droite, ça reste l’extrême droite. Allez donc demander au Buisson, il en vient, il en connaît l’esprit, les recoins. Comme Michel de Rostolan, Yvan Blot, Jean-Yves Le Gallou, Bruno Mégret. Demain Vanneste, Ciotti, Jérôme Rivière et compagnie... Si ça tourne à l’eau de boudin pour l’agonisante, la suicidaire, l’UMP shootée au Sarkophage, en 2012, ça je te l’affirme, ils vont pas, deux fois, se faire prier, ces foutus laïcs, pour aller pointer chez Front.
T’as tout le Club de l’Horloge qu’est sur les dents, prêt à basculer. Recta.
Et avec eux, les anciens d’Occident, du GRECE, ceusses du Parti de la France.

Pourquoi crois-tu qu’ils reprennent à tirelarigot, un à un, petit à petit, comme des moins que tout, tous les arguments du Front, d’Hortefeux à Guéant en passant par dame Brunel ? Parce qu’entre ces types-là, ceux de l’UMP et le Front, c'est une feuille de papier à cigarettes qui les sépare. Pas plus.
Mais crois-tu que ces sagouins de journalistes ils te mettraient au (sale) parfum ? Qu’ils t’affranchiraient ?... Penses-tu ! Ça fait mumuse avec la Marine, ça se croit malin, ça explose l'audience, les compteurs, mais ça fait son lit, bel et bien, à la Marine… Et sais-tu quoi ? Ce sont les mêmes qui, l’an prochain, viendront te dire qu’il faut faire barrage au Front National, no pasaran, sursaut républicain et tout le merdier ! Comme en 2002 !... T’en souvient-il ? De ce « NON » en Une de Libération ? De ce JT de Tf1 du PPDA, en date funeste du lundi 22 avril 2002, où, d’un air grave, il t’annonce qu’il va, lui et sa rédaction, t’expliquer ce que c’est vraiment que le Front National ? Et qui c’est, ce Jean-Marie Le Pen ?... Jean-foutre, va ! que ne l’as-tu pas fait avant, sombre commercial de l’empire Bouygues !
Eh bien, c’est reparti !... Comme en 40, que j’ai envie de dire.

Ah, puis faut voir comment qu’ils l’accueillent la Marine, les Calvi, les Chabot, les Denisot et consorts. Qu’on y voie bien la pince à linge sur leur nez. Qu’on pige bien que c’est pas leur tasse de thé. Ça la rembarre, la coupe, taisez-vous, mais taisez-vous donc, Madame Le Pen ! Ça fait dans le « mais bien sûr ! », le « ben voyons ! », ça goguenardise, hausse des épaules, mais à part ça ? Nib !
Sauf que, l’auditeur, il le voit itou. La différence de traitement. Et ça lui plaît moyen. Vois-tu. Même que ça le renforce dans son choix. Que si c’était possible, en 2012, c’est pas un bulletin estampillé Marine qu’il y mettrait dans l’urne mais deux. Juste pour les faire caguer.

C’est frontalement qu’il faut la prendre, la bourgeoise (car c’en est une ! elle sort pas de la cuisse du peuple, faut pas se méprendre, ça nous vient des beaux quartiers, cette affaire… la misère : elle connaît pas ! Elle a pas idée de ce que c’est). Pas faire son chichiteux, son journaliste de salon. Son confortable. Faut la mettre au pied du mur, calmement, patiemment, à l’usure. Sans dédain. Sans dégoût. Faut les bosser les dossiers, faut se sortir les doigts comme on dit, et fissa.
Que fout-elle à l’AEMN, auparavant l'Euronat, la péronnelle, soit avec les pires xénophobes d’Europe, des racistes avérés, certifiés, si elle n’est pas d’extrême droite ?
Que faisait-elle, de même, avec les autres d’ITS (Identité, Tradition, Souveraineté) même qu’on y trouvait la fifille Mussolini ?
A quand un reportage sur les fêtes du Front, saucisson, pinard, avec bien en évidence, des ouvrages de révisionnistes, ah que voilà de la lecture qu’est sans la moindre ambigüité !
La dédiabolisation, c’est de l’attrape-couillons, un énorme, immense piège à cons.

Or donc, va falloir se mettre au taf, les mecs. Nous montrer le visage du Front. Ce qu’il est vraiment, et restera toujours : un parti d’extrême droite. Avec tout ce que ça trimballe de nauséabond.
Tu vas te bouger, mon journaliste, et plus vite que ça ! Ranger ton Grand Journal ridicule, grotesque, pipolisant, finie la grosse rigolade ! et te mettre au turbin. Tu vas pas bricoler comme en 2002, soit attendre le mois d’avril de l’an prochain pour faire ta pleureuse, ton donneur de leçons, avec l’air bien compassé, et nous chanter l’air du « front républicain » à balles deux. Parce que cette fois, sache-le, ça ne marchera pas.
Alors : au boulot !

21 février 2011

♫ Avoir Un Bon Copain ♫

Kadhafi_Sarkozy_081207.jpg


Le 10 décembre 2007, Nicolas Sarkozy était « très heureux » de fêter, à Paris, sur le sol français, patrie des droits de l'homme, le cinquante-neuvième anniversaire de la Déclaration universelle des ... droits de l'homme, avec le Colonel Mouammar Kadhafi, un bon copain, féru d'infirmières bulgares, d'Airbus, de réacteurs nucléaires et d'équipements militaires made in France, et, comme chacun le sait, un grand, très grand ami desdits droits.

A ceux qui s'en offusquèrent, on leur rétorqua que, oh ! z'êtes aveugles ou quoi ? N'avez-vous donc pas vu que « La Libye a changé » (Henri Guaino) ... Que le Colonel était revenu « dans le concert des nations »  et qu'il était, or donc, de bon ton de « l'aider à progresser et de l'encourager » alors que cessent, et fissa, « les caricatures » à son sujet (Nadine Morano) ... Enfin quoi, croyez-vous que « La France vend son âme » ? (François Fillon) ... Que nenni ! ... Bande de bisounours ! ... Sachez que Kadhafi plantant sa tente dans le Parc de l'Hôtel Marigny, « c'est 30 000 emplois garantis pendant cinq ans garantis pour les Français » (Claude Guéant) ... Alors ta gueule, le droitdelhommiste !

Apparemment, le bon copain revenu, en décembre 2007, dans « le concert des nations » a inexplicablement rechuté ... C'est ballot.
Non ?
Qu'en dites-vous Monsieur Ollier ?

 

02 décembre 2010

Te Souviens-Tu, Quand Sarkozy Annonçait Briguer Qu’Un Seul Et Unique Mandat ?

Sarkomenteur.jpgOr donc, voici ce qui fait le tour de l’Internet, y compris du Journal Télévisé.
Une nouvelle fanfaronnade de Nicolas Sarkozy.
Un bonbon à sucer.
Je cite :

«Je suis là pour deux mandats, pas plus», a lancé le président de la République à la trentaine de députés et sénateurs UMP qu’il recevait dans le salon vert de l’Elysée. «Après, ce sera la dolce vita», a-t-il ajouté.

Croustillant, non ?
On comprend que ça occupe copieux les rédactions. Tellement c’est énorme !
Tellement c’est Sarkozy, surtout.

Car, en vérité, tout ça, c’est de la com’. Du Sarko pur sucre.
L’aime bien, cet homme-là, donner aux « commentateurs » des os à ronger, tant il sait qu’ils vont mordre et plutôt deux fois qu’une. Que sa petite saillie va être diffusée auprès d’un public qui, disons-le tout net, est friand de ce genre de régalade. A la Gala ou Voici. Soit, bien loin de la « real » politique. L’a beau geindre, l’électeur, ce genre de tirade, c’est sa « came ». Et Sarko le sait bien, malin comme trois singes capucins qu’il est.

Oui mais, il a (nous) déjà fait le coup. Et je m’en souviens. Ah ça oui ! Même que je m’étais dit, y’a grosse, énorme anguille sous roche.

Souviens-toi, Barbara, c’était un mercredi 28 juin 2006.
Le procédé était quasi le même.
Une vingtaine de privilégiés qu’on met dans la confidence ; en réalité, des godillots dont on sait qu’ils ne mettront pas vingt-quatre heures à diffuser la « bonne nouvelle ». L’os à ronger. Le bonbon à sucer.
Et je savais bien qu’un jour, ça me servirait, tellement je le connais l'animal politique, le petit futé de l’Elysée.

Je l’avais gardé sous le coude, au cas où il récidiverait.

Or donc, pour ceusses qu’auraient déjà oublié (sport national, n’est-ce pas, que le trou de mémoire) ce que c’est la com’ à la Sarko, voilà à quoi ça ressemblait :

Challenges 28 juin 2006.jpg



Alors vois-tu cette histoire de « dolce vita » ces « deux mandats, pas plus », tout ça, c’est juste pour amuser la galerie, les journalistes et les nigauds. Ça vaut pas tripette.
Quand bien même ne pourrait-il pas, selon la Constitution, « faire plus » que deux mandats.
C’est uniquement pour se rendre sympathique auprès des uns, faire marronner les autres. Comme toujours.
Donner de la voile à sa cote de popularité branlante. Un peu, aussi.
Faire parler de lui, surtout.
Bref, c’est un piège à touristes, à badauds et autres gogos.

C’est gentil, m‘sieur, mais on a déjà donné.
Next please

Une du POst.jpg

29 novembre 2010

Petit Rappel Des Fondamentaux Du Sarkozysme à M. François « Oui-Oui » Baroin

« J’ai toujours pensé qu'une société transparente, c'était une société totalitaire. »
(François Baroin à propos des dernières révélations de WikileaksEurope 1 – 29 novembre 2010)

Totalitarisme.jpg


« Je veux remplacer l'opacité par la transparence. »
(Nicolas Sarkozy - 20 mars 2007)

« Notre démocratie n'a pas besoin d'une nouvelle révolution constitutionnelle. (…) nous devons changer radicalement nos comportements pour aller vers davantage d'impartialité, d'équité, d'honnêteté, de responsabilité, de transparence. »
(Nicolas Sarkozy - 14 janvier 2007)

« Nous devrons également rendre les relations entre les États plus transparentes. Il nous faut les débarrasser des réseaux d'un autre temps, des émissaires officieux qui n'ont d'autre mandat que celui qu'ils s'inventent. Le fonctionnement normal des institutions politiques et diplomatiques doit prévaloir sur les circuits officieux qui ont fait tant de mal par le passé. Il faut définitivement tourner la page des complaisances, des secrets et des ambiguïtés, notamment avec nos partenaires africains et arabes. »
(Nicolas Sarkozy - 28 février 2007)

« Je veux (..) changer les pratiques, les mentalités, et gouverner autrement autour de trois principes : la transparence, la culture du résultat, la concertation. »
(Nicolas Sarkozy - 2 avril 2007)

« La première conquête d'Internet, c'est l'ouverture de citadelles jusque là bien gardées. Chacun peut faire du journalisme à la place des journalistes. Chacun peut diffuser ses films à la place des majors d'Hollywood. Chacun peut mettre ses biens aux enchères, exposer ses travaux, afficher ses idées. Un nouvel espace de liberté d'expression s'est ouvert, avec la suppression de la barrière économique à la diffusion de masse des images, des textes ou des sons. Je ne le conçois pas comme une menace pour la démocratie, mais comme un avantage. »
(Nicolas Sarkozy - 12 décembre 2006)

« Cela étant dit, Internet est un extraordinaire instrument de démocratisation culturelle. »
(Nicolas Sarkozy - 4 avril 2007)


NB : nonobstant, je vous le concède, toute analyse profonde (comme une « gorge ») des notions fondamentales (dont une) de transparence ou de totalitarisme et desdites révélations de Wikileaks, révélations qui, outre leur aspect pathétiquement terrifiant, n’étonneront pas plus que ça le citoyen lambda qu’il fût du Nord, du Sud, d’Orient ou d’Occident.
Mais dois-je vous rappeler la signature de cet espace troufignollant :
L'actualité commentée
(ou pas) avec subjectivité, dérision ET mauvaise foi.

 

 

14 novembre 2010

Remaniement : La France Qui Se « Kouchner »

Kouchner Sarkozy.jpg



« Nicolas, écoute-moi, je t’en prie ! … Tu peux pas faire ça ! … Après tout ce que j’ai fait pour toi ! ... L’Afghanistan, les infirmières bulgares, Gaza .. Gaza, Nicolas ! J’ai rien dit, pas moufté, tout comme tu voulais ! … J’ai .. (oh ! bon sang !) .. J’ai .. J’ai serré la paluche à Kadhafi, à Jintao, à Bongo (mon ami), à tous les dictateurs de cette putain de planète .. J’ai failli démissionner pour te distraire, je t’ai léché la Rolex à toute heure, et tu .. Tu me jetterais comme un vulgaire sac de riz, un Laporte ? Mais … Mais, c’est pas possible, Nicolas ? … Dis-moi que c’est pas vrai ? .. Hein ? .. C’est pas vrai !!! … Mais si tu me vires, Nicolas, les autres, les Tattaglia du PS, ils vont me tuer, t’entends ? Ils vont m’humilier, me traîner dans la boue, me désosser, bordel ! Et … Et ma femme .. France 24 .. (oh-là-là, ça va être la curée) … Ne fais pas ça, Nicolas ! Mon beau Roi, padrino ! .. Laisse-moi devenir, plus encore qu’hier, l’ombre de ton ombre, l’ombre de ta main, l’ombre de ton chien (que t’as fait piquer) mais .. Ne me jette pas ... Ne me jette pas .. Oh ! ne me jette pas ! »

08 août 2010

« Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté ... »

Etre Libre.jpgAlors comme ça, un sondage estival ferait comme du chambard, non mais regardez-moi ça, une (grande, immense) majorité de français approuverait les différentes « mesures de lutte contre l’insécurité » déroulées ces dernières semaines par ceusses dont « la seule ambition est d’assurer la protection des honnêtes gens » [Brice Hortefeux, Le Parisien/Aujourd’hui En France, dimanche 1er août 2010] par ceusses, itou, qui sont en charge dudit dossier, celui de « notre sécurité » depuis juin 2002, soit huit bonnes années pleines ! Diantre ! Mais est-ce véritablement une surprise ?

Oh bien sûr, on peut jaser sur la méthodologie, tout comme sur les items, plus orientés, directifs, ce serait bien difficile ! Quand tu veux les faire cracher au bassinet, m’sieur le sondeur (indépendant, cela va de soi, n’est-ce paaaas …) tu mets le paquet, mon saligaud ! … Nonobstant, qui s’est penché sur les détails du sondage en question ? M’est avis qu’ils sont peu nombreux ! Tiens donc ! Auraient-ils comme les j’tons d’y trouver une vérité qui dérange ? Quelque chose qu’il faudrait taire ? Pourtant, c’est bigrement intéressant ces « détails » …
Ah, j’en conviens, ça fait mal au cœur et au cul ! Mais c’est écrit, là, noir sur blanc, y’a pas à tortiller tellement ça jure, allez donc voir, faites l’effort ! Ces français qui sont encore plus majoritaires que les autres à approuver des deux mains, déchéance de nationalité, vidéosurveillance à tirelarigot, démantèlement de camps illégaux (quand je te disais que l’affaire était orientée, balisée) de Roms, répression au carré si ce n’est au cube et autres réjouissances d’un autre temps, ce sont des ouvriers, des artisans, des commerçants, des employés et des chefs d’entreprises (PME), bref, ce que l’on nomme les « classes moyennes » !
Et personne ne le dit ? Comment se fait-il ? …
Oh oui, là encore j’en conviens, ce n’est pas un scoop ! Ça fait belle lurette que nous le savons, même qu’on n’a pas attendu un 21 avril, ni le prochain, ah ça non ! Et Sarkozy en a bien (in)conscience [*] ! Alors vlan, il remet le couvert ! Oyez, oyez, « honnêtes gens » je vous ai compris ! Vous en aurez pour votre argent ! C’est moi, le gars de la Marine, ne vous y trompez pas ! Et Rocard a beau dire qu’il le « paiera cher » c’est même pas sûr tant ce troupeau, tu l’enfarines et copieux, avant de le tondre par le pouvoir d’achat, lui vanter les vertus du travail ! Facile ! C’est un électorat que tu trimballes à ta guise ! Suffit de sortir l’artillerie lourde, et le voilà qui exulte ! Pis : il se défoule, libération de la parole comme jamais, la honte, c’est pas ça qui l’étouffe, du moment que tu lui promets la sécurité ! Quand bien même cela ferait huit ans - je l’ai bien précisé - que tu lui chanterais le même refrain, les mêmes lois et décrets, c’est kif-kif, il en redemande ! Pourquoi s’en priverait-il, alors, ce président ? Qu’est-ce qu’il en a faire des conséquences, du bruit, des odeurs ? Rien ! Du moment que la gauche, enfin, ce qu’il en reste, est de nouveau kaput, infoutue de réagir, de contrer, gauche mollassonne, sans relief ..

Reste à savoir, jusqu’où il ira, cet homme-là ! C’est que, dis, la recette est bonne ! A merveille, elle fonctionne ! Alors pourquoi pas, demain, allez hop, quitte à ratisser dans les grandes largeurs, un référendum sur le code de la nationalité ou sur l’immigration ! N’est-ce paaaaaaas ? Pourquoi pas, non plus, en finir avec le regroupement familial ? Quant au droit du sol, ma foi, faut voir ! Le droit du sang, si ça se trouve, ça leur irait très bien, à ces « braves gens » ? Ou la peine de mort pour les pédophiles ! C’est bon ça ! Ça ramène du bétail, bon sang ! Voyez, c’est pas les propositions à venir qui manquent, y’aurait même plutôt l’embarras du choix ! Et peu nous chaut que le New York Times nous fasse la leçon ! Ces cochons d’américains ! Mais qu’ils balayent donc devant leur porte ! C’est bien ça, que j’ai cru entendre ? C’est pas que je sois pro-américain primaire, ah ça non ! Faut pas pousser, non plus ! Mais tout de même, cette phrase, celle de Thomas Jefferson, je la donnerais à réciter chaque jour à tous les citoyens de France et d’ailleurs :

« Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en sécurité, tu ne mérites ni l’une, ni l’autre. »

Vous m’en ferez cent lignes. A la main. Et au quotidien. Vos prières et autres foutaises, vous me les remisez au diable, en lieu et place, vous méditerez chaque soir, sur cette phrase, ce qu’elle veut dire, son sens.

Ah, mais non, vous vous trompez, ce n’est pas notre liberté que nous sacrifions qu’ils disent, les « braves gens » ! Non ! Mais la liberté de quelques Roms, de sales polygames, de délinquants « d’origine étrangère » de la pire espèce ! Des tueurs de flics, messire ! De véritables parasites prêts « à égorger nos fils et nos compagnes » ! … Ah, mais quelle misère ! ... J’ai le regret d’écrire qu’il avait raison, le Général, quelle bande de veaux ! …
Mais leur liberté, c’est aussi la tienne, sagouin ! Assassin de la République ! Si tu la sacrifies, rien, tu ne mérites rien ! Ni liberté ! Ni sécurité ! Que dalle ! Sinon des camps, de travail ! Oui ! Tu verras ! On y viendra !

Enfin quoi ! Ouvriers, artisans, commerçants, employés et (petits) chefs, qu’avez-vous dans la caboche ? Ne voyez-vous pas qu’on vous entourloupe, gruge et balade ? Relisez donc le Code Pénal, tout y est, tout est là, croyez-moi, y’a de quoi turbiner ! Pas besoin de doubler les lois, tout ça, c’est que de l’effet d’annonce(s) ! … Tu veux quoi ? … Le port d’armes ? … Vivre dans une société fermée, cadenassée, filmée ? Et vivre, tout simplement vivre, t’y as pensé ? ….
Et qu’on ne me parle pas du Front National et son « candidat anti-système » ! « Anti-système », mon cul ! Ça marche avec, et comment ! Le Front National, c’est qu’un parti de bourgeois, que de la posture, n’en a rien à faire de ta misère, de tes tracas ! Jamais ce parti-là n’a pris la défense des « classes moyennes », jamais ! Jamais à ses côtés, quand elles se font remercier, jeter, délocaliser. Pas un mot, rien ! Que des gredins ! Du balai ! Allez ouste ! …
Non, c’est la gauche, qu’il faut réinventer, c’est elle qu’il faut ressusciter, la vraie, la généreuse, même si, c’est vrai, des Jaurès, des Blum, des Mendès, y’en a plus, fini, terminé, mais qu’importe ! Faut la secouer cette mollasse de gauche, la pousser au train, c’est à nous de le faire, en vertu du fait qu’il ne faut rien attendre, il faut prendre les devants, toujours, anticiper, bref, se comporter en citoyen, actif, volontaire, pugnace, et non en troupeau de vaches à sonder. L’heure a sonné ! Celle de regagner notre honneur et notre dignité !
Ne laissons pas des camelots, carriéristes et autres bonimenteurs (pathétiques, grotesques) nous berner à seules fins électorales ! Ne laissons pas ces « gens-là » petit à petit, insidieusement, nous confisquer au nom de sécurité (mais qu’est-ce donc, hein, que la sécurité ?) ce que nous avons de plus précieux : notre liberté ! Ne les laissons pas assassiner la République !


[*] Au fait, monsieur le président, elle est où, votre « politique de civilisation » ? Celle qui devait « remettre l'homme au coeur de la société » ? Cette politique promise qui devait « réhumaniser notre société » ? Et « mettre le changement indispensable au service de l'homme » ?

Nonobstant, n'avez-vous pas déclaré, le 6 mai 2007, soir de votre élection, que vous seriez le « président de TOUS les français » ? Or, donc, celui qui les rassemble, les unit, et non, celui qui les divise.
Souvenez-vous de votre allocution télévisée du mercredi 18 février 2009 où vous nous proposiez « le seul chemin qui vaille (...) celui du refus de la facilité ». Or, encore une fois, il n'y a rien de plus facile que de dresser les gens les uns contre les autres, rien de plus facile que de les opposer, les diviser. A contrario, il est bien plus difficile, mais bien plus noble, de les rassembler. C'est même le devoir d'un Chef d'Etat ... Auriez-vous finalement décidé de changer de « chemin », opter pour celui de vos prédécesseurs (dont vous n'avez cesse de nous démontrer leurs présumées insuffisances) soit celui de la « facilité » dans le seul but de servir, non votre pays, mais vos ambitions personnelles ?

 

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