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07 novembre 2011

Le Peuple, Cette Mauvaise Graisse

Hier encore, il n’en était pas question. Vous pensez ! Si la Grèce sortait de l’euro, mais c’est toute l’Europe qu’en pâtirait. Pis : on en crèverait. Tous ! Comme dans un film de Steven Soderbergh, nous assisterions, impuissants, à la « contagion ». L’effet domino. Après la Grèce, ce serait l’Italie, puis l’Espagne, le Portugal, et rien, ni personne, alors, ne pourrait l’endiguer. Jusqu’à ce que…

grèce,papandréou,zone euro,sortie de l'euro,référendum grec,effet domino,contagion,europe,fmi,bce,merkozy,moteur franco-allemand,les marchés ont gagné,austérité,rigueur,récession,crise européenne,crise mondiale,29 mai 2005,la capitulation des socialistes européens,peuple grec,peuple européen,le peuple va payer,l'europe n'est pas une démocratieJusqu’à ce que cet homme, Papandréou [1] sans, dit-on, en avertir ses partenaires européens, émit une idée : consulter son peuple, les Grecs... A propos de quoi ? Personne ne le savait, mais d’emblée ce fut une levée de boucliers. D'irresponsable, de traître même, on le rebaptisa. Et, ce qu’il y a de remarquable, c’est qu’il le fût et par les politiques, et par les médias-laquais !

Non mais rendez-vous compte ! A son pays souffreteux, étranglé, à la dérive, « on » (Europe, FMI et tutti) venait au secours, en échange, faut-il le préciser, de réformes et autres mesures que même un Reagan, une Thatcher, jadis, n’auraient jamais osé mettre en place, tant ils se seraient attirés noises, courroux (une révolution sans doute, du genre grand format), et ce Grec, fade, si ce n’est insignifiant, nous chiait dans les bottes en voulant s’enquérir du fait si, par hasard, son peuple, aurait un avis sur la question ! Mais quel ingrat ! Mais quel salaud !

Alors, d’un coup, net, les discours changèrent.

La Grèce ? Mais on peut s’en passer ! Et je vous dirais même mieux : si elle sortait de la zone euro, ce serait pas plus mal. Tellement c’est un boulet
Non mais, vous savez combien ça pèse, la Grèce, Madame ? 2% du PIB de la zone euro !
Ah, ce 2% du PIB, il fit le tour des plateaux de TV, de radio, « ils » s’étaient refilé le mot. Politiques, économistes, éditorialistes, s’en donnaient à cœur joie. Cette Grèce qui, hier encore, était essentielle, cruciale, devint en une journée, un misérable petit pays de merde, un pays de tricheurs, de fraudeurs, de truqueurs, de fainéants même.

Les Grecs veulent la jouer solo, quitter la zone euro, revenir à leur monnaie ridicule ? Eh bien, soit ! Qu’ils crèvent, entendait-on ! D’autant que nos peuples n’y seraient pas opposés. Vous les avez entendus, n’est-ce pas, les Français, les Allemands, rouspéter, c’est chose connue, ils le disent, et tous les jours : « Pourquoi devrions-nous payer pour sauver la Grèce ? ». Et comme ce sont, les Grecs – je vous l’ai dit, à desseins – des tricheurs, des truqueurs, des fainéants, pensez ! Là, pas besoin d’avoir recours à quelconque référendum, la cause est entendue.

Ah, les malfrats ! Les gros dégueulasses. Certes, on les sentait un tantinet gênés aux entournures. C’est que, voyez, consulter le peuple, ça à voir avec ce qu’on nomme : démocratie. C’est embêtant, tout de même... Cette outrée levée de boucliers pourrait faire passer l’idée que cette entité, l’Europe, serait comme qui dirait l’ennemie des peuples, soit : antidémocratique. Confère ce qu’il advint du 29 mai 2005. Comme on te l’a gravement niqué le peuple français.
Comment faire pour contrecarrer cette idée, la noyer ? Faire vite, très vite oublier, que consulter le peuple, « c’est irrationnel et dangereux » !

Facile ! On va te refourguer la même rhétorique que l’on déverse en temps de grèves syndicales. Même que c’est de la rhétorique qui fonctionne très bien auprès de la masse. Y’a qu’à voir chez Pernaut (en fait, chez tout le monde)
Or donc :
« 11 millions de Grecs qui prennent en otage 320 millions d’européens, vous trouvez ça démocratique ? » [2].
Et les journalistes, ces valets, d’acquiescer, bien sûr. En boucle, qu’il est passé cet argument. Une merveille ! Du bel ouvrage, vraiment. Bravo messieurs !

Oh bien sûr, un homme sensé, sage, posé, bref celui qu’on n’invite surtout pas dans les médias (dont le métier est de dramatiser un fait jusqu’à l’excès, non de faire preuve de pédagogie) aurait eu vite fait d’expliquer que de référendum Grec, il n’y aurait pas. Jamais. Qu’il s’agissait, là, de politique intérieure grecque. Mais qui se soucie de ce qui se passe, réellement, en Grèce ?
Personne !
Ces journaux français qui se croient malin, ils titrent « le chaos », mais le chaos, en Grèce, bande de rigolos, ça fait belle lurette qu’il existe pour de vrai. C’est un bordel sans nom, la Grèce. Et nous n’y sommes pas pour rien. Ah ça non !

Nous subirions le même traitement, nous, les Français, salaires abaissés, retraites divisées, tout bradé, sacrifices toujours, mais je donnerais cher pour voir, alors, dans quel état, il serait notre pays. Et dans les rues, et à l’Assemblée ! Si nous ne crierions pas à l’injustice !
Et si, par-dessus le marché, on nous traitait de tricheurs, de fraudeurs, de fainéants, ah oui, je voudrais bien voir, tiens, si nous laisserions dire et faire. Peut-être que oui, finalement, tellement nous ne sommes plus rien. Que des loquedus. Des sans-couilles. Avec, nonobstant, 8 millions de pauvres, dont, pour bonne partie, des travailleurs. Mais là itou (comme quoi, y’a pas de hasard) tout le monde s’en fout. Chacun pour sa gueule. Y’a pas que les Grecs qui peuvent crever, nos pauvres aussi. C’est pareil. Ça participe du même esprit. Lamentable. C’est pas nous, c’est les autres. Toujours les autres.

Mais quelle mascarade, quand on y pense ! Un jour la Grèce, essentielle à la zone euro, le lendemain, une chiure. Du balai ! On peut s’en passer. Alors que, ce sont les mêmes, exactement les mêmes qui nous assuraient que, mon Dieu, si la Grèce tombait, alors ce serait horrible, grosse catastrophe, car ensuite, oyez, oyez, patatras l’Italie, puis l’Espagne, le Portugal, et donc, un jour, inévitablement, argh ! La France. Comme pour le H1N1, nous allions tous mourir.

D’un sens, on comprend mieux. Ce qui nous permet de survivre par temps de crise mondiale « sans précédent », de nous en tirer (pour l’instant), ce sont ces petits pays, n’est-ce pas, sur lesquels on se fait la cerise, via prêts assortis de taux d’intérêts aux pourcentages cetelemisés. On les revolvent à crédit. Ils font rempart en quelque sorte, bouclier, contribuent à nous épargner. Or donc, ils doivent, c’est un ordre, une injonction, se sacrifier, pour nous. Coûte que coûte. Pour pas qu’on vive, un jour, ce qu’ils subissent.
C’est ça, mon pote, la solidarité européenne.

C’est comme une guerre, en fait. Les pauvres, au front. Les riches, non.
Organise-t-on un référendum pour demander aux pauvres s’ils veulent y rester, au front ?
Non, bien sûr que non !...
Eh bien voilà, t’as compris pourquoi, ça leur faisait si peur, cette histoire de référendum. A « eux », et (paraît-il)… aux Marchés. Qu’il ne faudrait surtout pas oublier. Mais comment le pourrait-on, puisqu’on nous le dit, répète : « Désormais l’Italie est dans le collimateur des spéculateurs » ?
Les spéculateurs, ceux qu'ont contribué, très activement, à couler la Grèce. Certes, elle était bien endettée, et donc vulnérable, cette Grèce. Mais quel pays (de la zone euro, en l’occurrence) ne l’est pas ?

Reste à savoir quel est l’intérêt – c’est le cas de le dire – de s’attaquer ainsi, et violemment (c’est une guerre, je le redis) aux pays endettés. Quel est le but recherché ? Et pourquoi il ne faut surtout pas que les peuples s’en mêlassent… Hormis pour payer la facture, il va sans dire.
Le peuple, ce coupable idéal, cette mauvaise graisse, qu'il convient de tondre, et plus encore, au mépris de tout, y compris de la démocratie.
Or donc, aujourd'hui les Grecs, et demain, bientôt, tous les européens. Tous !


[1] Doit-on rappeler que, comme Zapatero, Papandréou est ... socialiste. Et que, comme TOUS les socialistes européens, il aura, sans moufter, mis en place des réformes d'une dureté rarement égalée, et dictées, avant tout, par les Marchés et pour la gloire des Marchés.
Nous assistons donc, aussi, à une déroute (et une trahison, surtout) totale des différents partis socialistes européens (le PS français, y compris) qui courbent l'échine, comme des lâches, devant le diktat néolibéral.

[2] Pitoyable diatribe entendue lors d'une édition de C Dans L'Air, et tenue par un dénommé Christian Saint-Étienne. Cet ennemi du peuple, et grand adorateur d'un néolibéralisme plus qu'effréné, est professeur titulaire de la Chaire d'Economie industrielle au Conservatoire National des Arts & Métiers.

14 mai 2011

Un Politique Doit-Il Dire Tout Haut Ce Que Certains Français Pensent Tout Bas ?

C’est une professionnelle. De l’argent, des placements. Ce monde que je connais mal, elle parvient à m’y faire entrer. C’est extraordinaire, je pige tout. Bref… Et puis, voilà qu’elle évoque la « sortie de crise ». Et je sors du rôle que je devais tenir [1]. En l’occurrence, je lui demande à qui elle pense quand elle parle de « sortie de crise ». Précisant que pour le citoyen de tous les jours, ça n’est pas très concret, cette « sortie de crise ». Elle rebondit. Reconnaît que ladite « sortie » concerne, en premier lieu et avant tout, les grandes entreprises françaises et… les banques. Puis ajoute : « Vous savez, il y a toujours eu de la misère. Et il y aura toujours des gens qui resteront sur le bord de la route. On n’y peut rien ».

Hortefire-Walk-With-Me.jpgOr donc, voilà, j’avais ma réponse. La « sortie de crise » ne concerne, peu ou prou, que les plus fortunés. Et les forces vives de la nation. C’est le re-moment de boursicoter, toi qu’à un peu d’artiches de côté, de pépettes placées sur un PEA. Je t’assure… Pour les autres, la grande majorité, fins de mois ric-rac, revenus à peine médians, ou plus problématique, chômeurs, bénéficiaires du RSA, etc., faut s’accrocher. Mais à qui ?… Sûrement pas à Laurent Wauquiez.

Je sais, il s’est fait recadrer, le député-maire-ministre, à deux doigts de se faire « virer »... Mais, dès le lendemain, jeudi, dans le quotidien Le Progrès, il en remettait une louchée. Se justifiait : « J’ai juste dit tout haut ce que beaucoup de Français pensent tout bas ». Phrase faisant écho à celle prononcée par Michèle Alliot-Marie : « Ce que dit Laurent, c’est ce que disent nos électeurs » [Le Canard Enchaîné n° 4724 – 11 mai 2011].
Voilà qu’est fort intéressant. Et, en même temps, assez terrifiant.

Terrifiant, tant ce genre de saillie dévalue le politique. Et sa fonction.
Terrifiant, car Laurent Wauquiez qui est tout, sauf un crétin [2], sait pertinemment que nous – les classes moyennes et en deçà – ne sommes pas sortis de la crise (hormis, donc, les grandes entreprises et les banques, dixit la « professionnelle ») et que si « la France a mieux résisté [à la crise] que ses voisins [Européens] » ainsi qu’on nous l’a seriné, c’est en grande partie dû à notre système de protection sociale. Unique au monde.
Les « Français » et autres « électeurs » conspuant, vilipendant, ou se plaignant « tout bas » de ce « bouclier social » ne se rendent pas compte à quel point il nous a protégés. Que s’il n’existait pas, ce serait des milliers et des milliers (des millions, en fait) de citoyens qui se retrouveraient, aujourd’hui, non pas « au bord de la route » mais carrément « hors de la société », dans la misère la plus totale.
Dois-je rappeler ce que disait Nicolas Sarkozy le jeudi 25 septembre 2008 à Toulon ? [3]
Un discours, nonobstant, salué aussi bien à droite qu’à gauche…

Oh bien sûr, de ce discours, il ne reste plus grand-chose. Dans les faits. La moralisation du capitalisme a échoué – mais était-elle vraiment voulue, je veux dire mue par une volonté véritable ?
Nous savons très bien quels sont ceux qui sont sortis « plus forts » de la crise qu’ils n’y sont entrés. Si tant est qu’ils y sont entrés un jour… Vu que tout a été fait pour les « sauver ».
Seulement voilà, une élection se radine. Une majeure, puisque présidentielle. Pour le « sortant », et son parti, elle s’annonce mal. Les sondages sont mauvais, la côte de popularité est dramatiquement basse et les résultats en matière de pouvoir d’achat, de salaires et d’emplois sont calamiteux. Qui plus est, le Front National est de retour. Il capitalise, lui. Sur la misère. Le désarroi. Comme toujours... Car n’est-ce pas le Front National qui, depuis toujours, se vante de « dire tout haut ce que les français pensent tout bas » ?... « Dire », oui, mais sans jamais rien proposer. Sinon, un suicide économique et social.

D’aucuns diront : « Mais, c’est ça la démocratie ! C’est entendre le peuple ! »
L’entendre oui, mais de là à l’écouter, y’a une marge…
Et c’est justement cette marge qu’est garante et de la démocratie et de la République. A condition que le politique – le garant ultime – la respecte. Scrupuleusement… Vous souvenez-vous, d’avoir jamais entendu un de Gaulle ou un Mitterrand « dire tout haut ce que certains français pensent tout bas ». Non ?... Alors posez-vous la question du pourquoi ?... Ces hommes-là avaient une haute estime de la fonction (du politique), de la démocratie et de la République. Quoiqu’on en dise... Ils savaient les limites, le danger, la chienlit.

La fonction première d’un politique n’est pas de relayer, approuver et/ou réaliser « les fantasmes des citoyens ».
Il ne doit, en aucun cas – puisque l’on parle de devoir – se faire le porte-parole des ressentiments, des rancœurs, des aigreurs, des mesquineries, des étroitesses d’esprits... La seule (mauvaise) raison qui pourrait le pousser à le faire est la peur. De perdre… Un poste ministériel. Un mandat (de député)… De voir, son parti exploser… Oh ! ils ont beau nous dire qu’à un an des élections, les sondages se sont toujours trompés, ils fouettent, c’est évident, et copieux... La question – elle est aigüe, essentielle – est de savoir, avec cette peur chevillée au corps, jusqu’à quel point ils iront. Jusqu’où ils se renieront. Car, et de quelque bord que l’on soit, les œillères toujours il faut ôter, et convenir, être conscient, que cette droite dite traditionnelle, a des valeurs (sociales, économiques, etc.)... Qu’en restera-t-il si elle se laisse, ainsi, de Guéant à Wauquiez, gagner par la peur ?

Dans une démocratie véritable, une République « irréprochable », un homme politique ne peut pas se laisser aller à « dire tout haut ce que ses électeurs pensent tout bas ». Sinon, il liquide la politique. La démocratie. La République.
Il doit au contraire – c’est un impératif – faire preuve de courage, de pédagogie, et oser dire la vérité.
Or la vérité ne sort pas, jamais, de la rancœur, de la jalousie ou de l’aigreur.
La vérité, c’est que la crise a touché, avant tout, les plus « vulnérables » [3]… C’est intéressant, d’ailleurs, de constater que ceusses qu’en causent n’ont jamais connu la précarité. La vraie. La solitude. Totale…
Il faut savoir une chose simple : si vous n’êtes pas bien entouré (famille, amis, etc.) vous sombrez ! Et gravement. Personne ne vous aidera. Sachez-le… Et surtout pas ceux qui « pensent tout bas »… Nous ne vivons pas dans un monde qui prend le temps des autres (pas même sur Internet). Mais dans un monde (ultra) compétitif… L’égalité des chances, c’est de la foutaise. Un slogan. Et ce monde-là, nous l’approuvons ! C’est un fait. Sinon, nous nous révolterions.
Ce que je veux dire, c’est que, si nous l’approuvons – même tacitement – nous devons en accepter le prix... Et quel est ce prix ? Sa nature ? Eh bien, elle est collatérale et humaine... Il est évident que dans un tel monde, ceux qui « resteront sur le bord de la route » seront moult.
Voilà le prix de ce monde. Le prix à payer. Sans barguigner.
Et voilà pourquoi accuser le pauvre, le laissé pour compte, le décroché, de nos maux sociaux-économiques, est une immense saloperie.
Est-ce le pauvre, première victime de la « crise », qui gonfle la dette ?
Est-ce lui qui met en péril notre économie ?
Ou est-ce quelqu’un(s) d’autre(s) que – pour être bien clair – nous n’avons pas le courage de frontalement accuser, jusqu'à terme ?
Est-ce un(e) bénéficiaire du RSA et de quelques minima sociaux qu’est responsable du mal-être d’une société ?
Est-ce lui qui menace notre sécurité ?
Ou celui qui joue avec notre fric et par milliards au carré ?... A ce dernier, on ne s’attaque pas, parce que sans lui, plus de crédit, plus de maison, plus de petit confort, étroit, le confort, mesquin, mais confort quand même, n’est-ce pas ?… Le pauvre, citoyen sous perfusions, lui, il nous encombre, tant il est un témoin gênant de notre lâcheté. Pas vrai ?

Ah, c’est formidable ! Suite à « une crise sans précédent » il était question de moraliser le capitalisme, et puis, élection majeure se profilant, et certains – nombreux, faut croire, pactole électoral – « pensant tout bas », on va, finalement, chasser le gueux. C’est plus simple…
Un paradis fiscal, tu peux toujours t’accrocher, tu l’auras pas comme ça, d’autant plus qu’il t’est utile ; mais un pauvre, ça sert à quoi ? N’est-ce pas plutôt un « cancer » qu’il faudrait éradiquer ?... Et si je disais, moi, qu’un paradis fiscal, un parachute doré, un bonus indécent, c’était de l’ordre de l’Ebola ? La cause de tous les maux. Premiers responsables des laissés sur « le bord de la route »… « On n’y peut rien ! » disait la professionnelle. Mais, « on n’y peut rien » parce qu’on ne fait « rien ». Enfin, si… On chasse le gueux. C’est moins compliqué. Et ça fait jouir les crétins. Les mesquins. Les lâches... Et comme ils sont nombreux, hein, M. Wauquiez ?

Ah c’est pas le courage qui nous étouffe ! Ça non ! C’est la médiocrité. La saloperie. La bassesse. Et de voir des politiques, des élites de la Nation [2], s’en faire l’écho, c’est au-delà de la démission. C’est sans nom.
Non, le peuple qui « pense tout bas » n’est pas une référence. Il n’a aucune compétence. En rien. Il est ignorance.
Il n’est que ressentiments et crasse d’esprit. Un aviné, un parasite, si on l’écoute et le relaie. Un véritable ennemi de la démocratie et de la République. Un sale type. A qui, l’on ne souhaite même pas d’être pauvre, nu, et rongé par la honte... De toutes les façons, c’est impossible. La honte, il ne connaît pas. Puisqu’il ne sait même pas ce que c’est. Ce qu’elle signifie.
Ce qui n’est pas le cas de Wauquiez... Lui, au moins, a idée de ce que c’est. Sinon, il ne se serait jamais justifié ainsi :
« J’ai juste dit tout haut ce que beaucoup de Français pensent tout bas ».
Une phrase qui pue la honte ; itou une phrase terrible, tant elle est la négation du politique, d’un parcours, de valeurs (républicaines et démocratiques), mais aussi le summum du pathétique.

Or donc, voilà !... « Dire tout haut ce que certains français pensent tout bas », nonobstant le fait que c’est une démission du politique, c’est vertigineusement pathétique.


[1] Actuellement au chômage, je prends ce qui vient. Des « petits boulots » à la pelle. Là, pour 13€ TTC je testais une banque. Une de prestige. Avec un scénario très précis, borduré copieux. Bref, je n’étais pas là pour faire la causette, parler crise ou « sortie de crise »…

[2] Beau parcours que celui de Wauquiez. Brillant même. Louis-le-Grand, Henri IV, Ecole Normale Supérieure d’où il sort major (via une agrégation d’histoire), Institut d’Etudes Politiques ensuite, puis Ecole Normale d’Administration dont il sortira premier de sa promotion.
Bref, il représente clairement l’élite de ce pays. Il est donc passablement consternant de l’entendre tenir des propos assez indignes, indigents, carrément populistes. Ça relève de l’insulte à sa propre intelligence (et à la nôtre). Nous ne sommes pas loin de la honte totale et d’un déni, j’entends par déni, celles des valeurs qui l’animaient, et ce en quoi il croit.

[3] « Il faut bien sûr d’abord penser aux plus vulnérables dont la vie devient trop dure et qui souffrent. C’est dans les moments de crise que la solidarité avec ceux qui sont en difficulté doit être la plus forte. C’est la raison pour laquelle, j’ai pris la décision de créer le RSA, d’augmenter le minimum vieillesse, les pensions de réversion les plus modestes et pour les titulaires de minima sociaux (…] J’assume donc la décision de financer le RSA en taxant légèrement les revenus financiers qui depuis des années augmentent plus vite que les revenus du travail. C’est une décision juste et raisonnable » [Nicolas Sarkozy – Discours de Toulon – Jeudi 25 septembre 2008]

09 décembre 2010

Le Triomphe Annoncé De La Gouvernance Mondiale

The End.jpgManifester ? C’est dépassé ! Retirer son argent des banques ? C’est irresponsable ! Internet ? Une poubelle ! Râler, geindre, se plaindre, gueuler, pétitionner, ah ça ira, ça ira ? C’est un mal français. A les entendre, nous ne sommes rien. On ne comprend rien. On ne compte pour rien … Enfin ! Ouvrez les yeux ! C’est plié, fini, terminé, qu’ils nous chantent. Depuis belle lurette. Rendez-vous à l’évidence. Rendez-vous tout court.

Quoi qu’on dise ou fasse, c’est égal, c’est pisser dans un violon, c’est de l’ordre du folklore à leurs yeux, un pet de lapin. Et puis dites, qu’ils ajoutent, vous qui critiquez les banques, haro, haro, les spéculantes, mais vous, qui êtes-vous ? Des consommateurs, pardi ! Autrement dit, vous êtes dedans. Vous faites partie de la chaîne, du système, vous ne pouvez pas vous en extraire. Or donc, caltez, trissez, retournez marner, suffit maintenant, la « gouvernance mondiale » est en marche ! Oui, « mondiale ». Ils l’ont dit ! Les pays, les nations, tout ça c’est fini. Soldé. Balayé. Qu’est-ce que vous croyiez ? Que vous alliez faire tomber le système, voire l’ébranler, avec vos peccadilles, vos Cantonades ! Mais Tudieu, n’avez-vous pas encore pigé, que le système, c’est comme Sega, c’est plus fort que toi.
Vider les banques ; bande d’irresponsables, va ! Qui en paierait le prix ? Les pauvres, les classes moyennes ! Voilà ce qu’ils nous disent ! En jouissant. Ah ! ah ! bande de cons ! Vous pensiez tsunamer les Goldman Sachs, et ses sous-fifres d’Europe, BNP, LCL et tutti quanti, eh bien non, ce sont vos semblables que vous torpillerez, noierez. Autrement dit : niqués vous êtes, dix fois, cent fois, au cube, au carré, quoi que vous fassiez, vous l’aurez dans l’os jusqu’au trognon, et bien profond.

Mondiale, la « gouvernance » est mondiale. Quant à l’Internet, rêvez pas, on va le museler, mondialement itou, on va lui faire la peau, le véroler, on va la vider ta « poubelle », te la normaliser et recta. C’est dans les tuyaux. C’est prévu.
Et puis, c’est bien sympathique, n’est-ce pas, vos petites rebellions, mais les gens, les vrais, ceusses du quotidien, ils ne vous suivront pas, jamais. Abrutis de télévision, de jeux, de divertissements, étranglés par les crédits, la société de consommation, celle que nous avons, pas à pas, pierre par pierre, échafaudée, pour que, justement, ils ne lèvent pas le petit doigt, bien sages, bien conciliants ; et quand bien même ! Les gens ! C’est ingrat, ça pense qu’à soi ; au front, ça monte pas, jamais ! ça préfère rester chez soi, à regarder passer les révolutions, celles que nous tuons dans l’œuf ; ils bougeront pas leur cul, les gens, croyez-nous, jamais ils ne vous suivront, dans vos appels, vos pétitions, vos cris, votre tintamarre, on s’est arrangé pour, le périmètre est bouclé. Et ce qui est formidable, c’est qu’on peut leur faire avaler n’importe quoi ; facile ! Et pourquoi ? Parce que les médias, c’est à nous ! Les banques, itou ! La Loi, idem ! Tout, on contrôle tout, de A jusqu’à Z. Même le langage, c’est nous. En deux temps, trois mouvements, on fait de vous des archaïques, des passéistes, des bien-pensants, des bobos, des droitsdelhommistes, des idéologues, des privilégiés même, du genre qui crachent dans la soupe ! Tout, tout est bon pour vous décrédibiliser, on pourrait même – et d’ailleurs, nous l’avons déjà fait – vous faire passer pour terroristes, totalitaires, fascistes, mais oui !
Rien, il ne vous reste rien ! Sinon, cette parodie de démocratie : les élections ! Mais là, pareil, c’est plié, bouclé, plus de gauche, plus de droite, Sarkozy, DSK, c’est du kif, la différence étant d'ordre bassement cosmétique.
Que du mondial, une « gouvernance mondiale », horizontale. Orwellienne.

La seule révolution, c’est la nôtre. Nous sommes en train de l’achever, en beauté, ah le beau travail, de la belle ouvrage ! Tout est aboli ou quasiment ! La culture y compris ! Regardez vos héros, ceusses que le peuple idolâtre, d’où qu’ils viennent désormais ? De la téléréalité ! La médiocrité au sommet, vénérée, achetée, promue, encouragée ! Que du people ! Et ça marche ! Z’ont même investi par quintaux les salons du Livre, c’est dire, comme on vous l’a salopée, la culture ! Atomisée ! Standardisée. De la pornographie, voilà ce que nous en avons fait. Le mieux-disant culturel, tu peux te le carrer où je pense, citoyen. Et du reste, les gens, les vrais, les laborieux, s’en foutent, n’en veulent pas, de ta culture ; les élites, ils les vomissent désormais ! Tout ce qu’ils veulent, les gens, c’est la paix par la sécurité. A n’importe quel prix ! Même celui de leurs libertés les plus élémentaires.
La sécurité et la culture, c’est pas compatible.

Il n’y a plus que des esclaves et nous ! C’est irréversible. Inéluctable. Regardez les grecs, les portugais, les espagnols, les irlandais, comme on te les a matés ! Et pourquoi ? Parce qu’il n’y a plus de grecs, de portugais, d’espagnols ou d’irlandais ! C’est fini, terminé ! Mondiale ! La « gouvernance » est mondiale ! Alors manifestez si ça vous chante, pétitionnez, geignez, râlez, ouvrez-là, mais oui ! bloguez, postez, épuisez-vous, de toutes les façons, vous voterez, n’est-ce pas ? et pour qui ? Pour un représentant de la « gouvernance mondiale ». Pas pour un autre. C’est écrit.
Et quand bien même, un accident, un soubresaut, tiens donc ! les gens, d’un coup, avec vous se rebelleraient, par les urnes, ah ça ira, ça ira ! Peu nous chaut ! Souvenez-vous, le Traité pour une Constitution Européenne ! Comme on vous l’a bien fait bouffer, en loucedé, par derrière, via Lisbonne, et hop-là !
Niqués, dix fois, cent fois, au cube, au carré ! Cocus, vous êtes ! Cocus, vous resterez ! Des consommateurs de notre système ! Et ça, vous n’y pouvez rien. Vous ne pouvez pas vous en passer. Y renoncer. Accros que vous êtes, pourris, gâtés, même endettés, jusqu'à la couenne, vous en voulez encore et toujours. Vous êtes le système, vous êtes dedans, que vous le vouliez ou non.
Un peu de commerce équitable pour amuser la galerie, du discount pour les gueux (oh ! low cost !), de l’économie verte pour les autres, du dentifrice pour toutes les dents de la planète, et zou ! Le besoin, c’est fantastique ! On est champion dans ce domaine ! On le crée, à foison, et de plus en plus vite ; numérisation, robotisation, miniaturisation, gadgets, pour hommes, femmes, enfants, seniors, pauvres, riches, cadavres, impotents, et joyeux Noël ! ... S’il y a une solidarité et une seule, c’est celle-là : celle du consommateur ! Et c’est nous qui l’avons construite. Indestructible. Comme nos banques, nos lois, nos publicitaires (ah ! les braves gens) notre « gouvernance mondiale » ! Elle arrive, elle est déjà là, bien installée.
Tout, on a tout racheté : les biens publics, les acquis sociaux, tes hôpitaux et même ta Police ! Le monde, ton petit monde, péquenot, on l’a privatisé. Patiemment. Et demain, c’est ta Sécurité Sociale qui y passe ! Et tu moufteras pas, c’est certain. Comme pour les retraites, dans le cul, la balayette !
Le discours, les arguments, sont prêts, imparables, et les mutuelles, affutées.

Rien, il ne vous reste rien. Sinon vous plier, demain, après-demain, peu importe, le temps joue pour nous.
Vous, nous le savons, un jour, vous lâcherez l’affaire, fatigués, éreintés, c’est couru, c’est l’évidence. Dans le rang, vous rentrerez. Pis ! Vous cracherez sur la jeunesse, la dénigrerez, comme vos parents, comme tous les pauvres gens, les perdants, vous tuerez, à votre tour, aigris, leur rêves, leurs illusions, leurs combats.
Ça, itou, c’est écrit. C’est comme ça. C’est nous !

Vous ne mourez pas pour vos idées. Jamais.
Or donc, nous avons gagné.

12 novembre 2010

Mais De Quel « Monde » Parle Lula ?

La Chine Nous Habille Déjà.jpgOr donc, jeudi 11 novembre 2010, celui qu’est encore (un peu) Président du Brésil, Luiz Inacio Lula da Silva, tenant conférence de presse introductive au fameux G20 dont M. Sarkozy espère tant, déclarait, peu ou prou, que si les pays riches « ne consomment pas, et misent uniquement sur les exportations [pour sortir de la crise] le monde court à la faillite ».

Bien.

Mais …
… De quel « monde » parle Lula ?

En réalité, Lula parle du « vieux monde ». Celui qu’agonise « en direct ». Tellement suffisant, hautain, devenu branque et bientôt chèvre, incontrôlable, shooté, banquérisé & bunkérisé.
Ce monde-là, c’est le monde Occidental.
C’est de ce « monde », et uniquement de celui-là, dont nous parle Lula.
Et cela fait des années qu’il plonge et "couac40", dépassé par le « système » qu’il a mis en place, un « système unique » pour toute la planète, une « pensée unique » pour tous les humains qui la peuplent. Ce « système » est un monstre, sorte de logiciel tout droit sorti de Skynet, et comme tout monstre, il va morfaler jusqu’au trognon ses créateurs et ses ouailles, tout balayer, éparpiller par p’tits bouts, façon puzzle, ce monde Occidental, le ventiler.
Et ce serait (donc) par la « consommation » que nous le sauverions ? ... Créer le besoin, encore et toujours, formater l’humain comme un rat, le réduire à cet état, de « consommateur », « vache-à-lait », trimardeur … mon cul ! Ça n’y suffira pas ! Pas cette fois !

Entre ici, le chaos, l’acte final ! Pas la peine de réserver son ticket, pas de balcon, ni de strapontin, non ! C’est au premier rang (d’oignons), que nous assisterons, ébahis et muets, à la fin, immense, d’une pure folie.
Non mais regardez-les, ces pantins encravatés, nous assurer que « tout va bien, on contrôle la situation, dormez tranquille, nous allons moraliser le monstre » !
Que c’est drôle ! Et pathétique à la fois. Ça a des airs de presque 38. Avant « la drôle de guerre ». Ça monte au créneau, ça nous demande d’écoper et souquer, de rustiner et colmater jusqu’à plus d’âge, parfois même gratis, mais tiens donc ! comme c’est bizarre, v’là que j’entends comme une p’tite musique qui suinte de ce grand corps malade qu’est l’Occident, et dont le gimmick (ou la boucle) serait :
« Ah les cons ! S’ils savaient ! ».
Faut-il être aveugle au dernier degré, lobotomisé par la télé-crotte, sourd à crier, pour ne pas « savoir ».
Pour ne pas, au minimum, se douter que.

Lula aurait été plus convaincant et inspiré, s’il avait eu le courage et l’honnêteté de finir sa phrase.
Car, oui, elle est incomplète. Il manque l’essentiel. Tant dans toute faillite, il y a repreneur. Dans toute faillite, il y a un vainqueur. Celui qui ramasse la mise, ou ce qu’il (en) reste, les miettes et quelques vestiges, et devient le nouvel empereur (qu’il est déjà) le leader, le number one, celui qu‘impose ses règles et sa loi, une autre dictature. Et fera de l’Occident, un musée pour touristes. Un machin à colorier, à prendre en photo, à découper suivant les pointillés.
Oui, Lula, aurait été un sacré mec aux roubignolles d’acier trempé, d’autant plus qu’il se retire, autant le faire en beauté, sur un coup d’éclat qu’aurait fait son effet et bien du chambard, tout en ajoutant au « merdier » mais peu importe, au point nous en sommes ! Oui, disais-je, il aurait porté beau, Lula, s’il avait dit :

« Le monde court à sa faillite … et la Chine à son triomphe ».

Celle à qui l’on fait cadeaux et courbettes : « Oui madame ! Bien madame ! Tout ce que vous voudrez madame ».
Celle qu’on reçoit tels des laquais.

Mais comme il ne l’a pas dit, Lula-sur-le-départ, continuons à faire comme si, rustinons, colmatons, trimons, nos acquis bradons, après tout, qu’est-ce qu’on s’en fout à présent, l’affaire est entendue, n’est-ce pas ?
Pour les autres, crédules, forcenés ou attardés mentaux, il reste cette fanfaronnade costumée, ce spectacle pour gogos, un machin à prendre en photo : le « G Vain ».


NB1 : Jadis (en 1957) quand le mémorialiste prédisait la même chose, la Chine triomphante, L’Express rétorquait : 
« Ce n’est pas pour demain »
Le mémorialiste répondait alors, cinglant :
« Ça peut aller vite ! »

L’autre jour, mardi, un de ses fils, un Goncourt, futur pamphlétaire (car il est là, son seul avenir littéraire possible) las de tout ce tralala, cette comédie, ce naufrage, accordait entretien radiodiffusé.
Lorsque le journaliste goguenardisait sur l’hypothèse d’un Châtelus-le-Marcheix transformé, dans un avenir proche, « en un Disneyland colonisé par les chinois », le Goncourt après un sonore « Et alors ? », ajoutait, de plus en plus las :
- On va plus produire de choses en France, c’est fini !
- Donc .. Donc la France comme un vaste musée .. dédié au tourisme mondial !? Il a dit, le journaliste ; et à son ton, on devine qu'il ne croit pas une seconde (tout comme l’Express de 1957) aux propos tenus par ce nouveau mémorialiste, qui pourtant, y revient :
- Oui, eh ben … pourquoi pas ? (…) Il faut envisager la réalité (…) Je suis pas là pour dire c’qui est bien ou pas bien ! Je suis là pour essayer de montrer c’qui s’passe dans le monde, et c’est ça qui s’passe actuellement en France ! … [Soupir] … Les chinois … nous adorent en tant que destination touristique. Ils sont nombreux, ils sont riches … [Silence] ... Donc euh .. Voilà.

Nous y sommes, ça veut dire, le « Voilà ».
Ou quasiment.


NB2 « La Chine est un géant qui dort ; quand il remuera le petit doigt, il fera trembler le monde » [Napoléon]

15 septembre 2010

Sonarkozy [Eldoradio/Refais Le Monde]

Sarkozy Balayé Par La Crise.jpgIl y a deux ans, jour pour jour, un (lundi) 15 septembre, la banque d’affaires américaine Lehman Brothers « était sacrifiée (dixit le site du Figaro) par les autorités américaines ».

Cette
faillite incroyable marquait le début de la crise financière que, paraît-il, aucun économiste digne de ce nom n’avait vue venir.

Pourtant, un an plus tôt, lors de l’été 2007, un évènement aurait dû, me semble-t-il, alerter lesdits économistes, mais aussi, les gouvernants les plus éminents : la «
crise des subprimes ».
Une telle catastrophe – car c’en est une, et copieuse – ne pouvait pas ne pas avoir de conséquence(s) sur l’économie mondiale tant les banques étaient, dans ce « montage (foireux) » (celui des « subprimes ») parties prenantes jusqu’au trou de cul.

Mais croyez-vous, véritablement, qu’ils n’ont rien vu venir ?

Si c’était le cas, alors pourquoi durant sa campagne présidentielle de 2007, puis lors de
sa conférence de presse du 8 janvier 2008, Nicolas Sarkozy, aurait-il appelé à une « moralisation du capitalisme » ?
Pourquoi, s’il ne savait rien de rien, et bien avant que la crise nous tombe sur le paletot, cet homme aurait-il déclaré :

« Tout ne peut pas être abandonné à un capitalisme financier livré à lui-même » ?
(8 janvier 2008, itou)

Or donc, oui, ils avaient pleinement conscience que ce Meccano pouvait s’effondrer, mais, peut-être, se disaient-ils que, va savoir, il restait une chance d’éviter le pire.

Il n’y en avait aucune.
Mais ils l'ont saisie, quand même, à notre grand malheur (jamais le leur) ...

Ceci étant, soyons aimables (c'est un anniversaire, dois-je vous rappeler ...) : comment auraient-ils pu remettre en cause, et préalablement, un « système » qu’ils défendent et nous vendent quotidiennement non comme le « meilleur », non comme le « moins pire » mais comme « le seul et unique viable » ?

Ne croyez pas que ce soit posture de ma part, je ne fais que reprendre l’argumentaire, à la virgule près, du même Sarkozy, copie-conforme de celui d’Obama, Merkel et consorts qui se résume grosso-modo ainsi :

« (N’ayez pas peur) C’est juste
une dérégulation du système, il n’y en a pas d’autre(s) possible(s) et nous sortirons de cette crise plus forts que nous y sommes entrés »

Trois ans plus tard (si l'on considère que les « subprimes » constituent le début réel et concret de la « crise ») nous (les classes moyennes et plus bas encore) y sommes encore et jusqu’au cou.

Mais pourquoi, n'est-ce pas, vous causer de tout cela alors que l’actualité s’est singulièrement déplacée depuis (débat sur l’identité nationale, chasse aux Roms et à la Burqa, déchéance de nationalité, etc.) ? – mais peut-être - subrepticement, j'y pense - que cette délocalisation de l’actualité ne soit point fortuite ; je veux dire qu’elle ait un but : nous faire oublier à tout prix que la principale préoccupation de « nos chers compatriotes » fut l’emploi.
Et avec, la santé (n’est-ce pas ce que nous souhaitons en premier à tout un chacun : la santé ?) et un toit.

Eh bien parce que la truculente et talentueuse équipe de
Sonar (Radio Nova) nous offrit le 6 janvier 2009 un détournement pour le moins croustillant des vœux 2009 de notre omniprésident (qui rétrécit) Nicolas Sarkozy, vœux (presque quasiment) consacrés à la « crise » qui venait, la salope, de s’abattre sur nos frêles épaules.

Un détournement qui vous en rappellera peut-être d'autres - par exemple et complètement au hasard - ceusses d’un dénommé Bruno Candida dont je vous recommande chaudement les exploits visibles
ici et (avec le recul c’est encore plus drôle et sinistrement prémonitoire)

Vous l’avez compris ce Sonar d’une finesse redoutable, au montage délicat, à l’habillage (musical) jouissif, est une façon comme une autre de fêter cet étrange anniversaire qu’est celui de la faillite totale d’un établissement qui fut le fleuron en terme de finances (et de capitalisme) de la présumée première puissance mondiale, la défunte banque d’affaires : Lehman Brothers, coulée corps et âme un
15 septembre de l’an 2008.



podcast



NB : La photo illustrant l’article suggère un Sarkozy tsunamé par la « crise » ou, à défaut, et pour les plus cyniques, la fameuse « France D’Après » que le même nous promit, avec force et conviction, mais ne pouvait séduire - on l'aura compris - que les sots, les ignorants et les gredins !

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13 février 2010

Et Si C’Etait La Guerre Qui Nous Pendait Au Nez …

Demain.jpgOr donc la Grèce. Faillite. Panique ! Après l’Islande, ô Reykjavik que tout le monde a déjà oublié ! Et demain, qui d’autres ? L’Espagne ? Le Portugal ? Le Luxembourg ? Non, j’déconne, pas le Luxembourg, c’est là qu’elles sont, les thunes.
Ohé du bateau, où qu’elle est l’Europe, la politique, et le monde, FMI et tutti quanti ! Pourquoi diantre, je songe ainsi à Attali ? Le Jacques-qu’a-dit :
C’est soit l’inflation, soit la guerre !”.
Pourquoi, aujourd’hui, triste, désolé, citoyen perdu, dépassé, je ne vois comme avenir, que la guerre ?

Or donc, ils défilèrent, les fonctionnaires grecs. En nombre et en colère. Quoi ? Alors comme ça, c’est eux, n’est-ce pas, qu’allaient devoir faire des sacrifices ? Eux qu’allaient devoir se serrer la ceinture ? Mais pourquoi nous, demandaient-ils ? Sommes-nous les responsables de cette bérézina, de cette déroute ? Mais bon sang, ce n’est pas à nous de payer ! Vous entendez ? Pas à nous !
Oui, je sais, on le connaît ce refrain. On les a vus, ces mêmes cortèges, ici, en France, et ailleurs. Et toujours la même question :
Pourquoi nous ? Hein ? Pourquoi ce serait à nous de payer ?”.
L’âge de la retraite, à reculer. Le dimanche, sacrifié. Travailler, travailler .. Eponger, oui ! Ecoper, souquer, marner, turbiner encore, et toujours, et pour quoi ? Pour qui ? Qui osera leur dire que leurs interrogations ne sont pas légitimes ? Qui osera leur dire qu’ils n’ont pas raison ? Jusqu’où ira le cynisme ? Combien de temps encore, eux, nous, et tous les autres, supporteront de payer, de leur sueur, de leur temps, de leur vie, pour les erreurs, les errements, les dérives, dont ils ne sont en rien, ou si peu, responsables ? Il est où, il est quand, le point de rupture ? Celui de non-retour ? Combien de licenciements, de mises au banc de la société, de vies brisées, faudra-t-il encore souffrir au nom du “vivre ensemble”, de la solidarité (nationale), au nom d’un système qui nous broie, nous enchaîne, jamais ne nous considère, jamais ne nous élève ? Est-ce du populisme, ou que sais-je encore, que de l’écrire ? Est-ce simpliste, démagogique, boboïsant ? Ou vulgaire ?
Ce le serait, si je désignais, comme ça, en pâture, quelques traders. Non ?

L’affaire est bien plus complexe, bulles récurrentes, éclatantes, bombes économiques qui balaient, soufflent, quantité de salariés, lentement, infernal jeu de dominos, comme un virus qui se répand, patiemment, et détruit, détruit, détruit .. Quant à ceux qui restent ? … Ah, eh bien ceux-là, on leur demande d’être raisonnables, compréhensifs, d’en mettre un coup, allez quoi, les coudes il faut se serrer, ensemble, et de la crise, plus forts, nous sortirons ! Vous verrez ! Vous en serez “récompensés” ! … Comment … ? … Qu’est-ce que tu dis … ? Tu as parlé de : récompense ?
Suis-je donc un chien ? … C’est ça ? … Ou un enfant, attardé, pour que tu t’adresses à moi en ces termes ?
Je ne travaille pas pour être récompensé, Monsieur, je travaille pour vivre, je fais de mon mieux, je voudrais être heureux, je suis prêt à bien des sacrifices pour cela, ah oui, mais, et quand bien même cela pourrait-il te paraître désuet, ou comme un concept dépassé, je tiens plus que tout à ma dignité !
Travailler ne me fait pas peur, je ne veux pas, simplement, travailler la tête baissée. Je ne veux pas payer des pots que je n’ai jamais cassés ! Pourquoi moi ? Pourquoi nous ? Qu’avons-nous fait ? Ou pas fait ? Avons-nous compté nos heures, y compris les supplémentaires ? Ne nous sommes-nous pas levés, chaque matin, courant à droite, à gauche, ici, ou là, écoles, crèches, et vite un train, un bus, une auto, les bouchons, que de bouchons, pour honorer notre contrat ? Que fallait-il faire de plus ? Bosser les jours fériés ? Etre plus variable d’ajustement que nous le sommes devenus ? Accepter une baisse de salaire ? Mais va donc te faire voir chez les Grecs, Monsieur, et là, oui, pour le coup, je donne dans la vulgarité !

Il est un fait, c’est pas moi qui l’invente, crise ou pas crise, c’est toujours à nous qu’on demande des efforts, du temps, des sacrifices. Mais, cette fois, ô nouveauté, l’on nous assure que ça ne nous coûtera pas un centime ! Promis ! Juré ! … Ah oui ? … Serais-tu donc magicien, Monsieur ? Ou thaumaturge ? Ou juste, un fieffé menteur ? 
L’argent, il circule, on le sait, mais il prend le périphérique. Nous, on en voit pas la couleur. Nous, on nous y fait miroiter de l’Euromillion. De la loterie. Attrape-gogos, impôts déguisés, pièges à pauvres de nous. Et rien d’autres.
La vérité, c’est qu’elle ne cesse de s’abattre, petit à petit, sur les petits, la crise. Elle creuse, toujours, et encore, les inégalités. Elle (nous) divise. Tant elle fait peur. Tant on veut pas la choper ! Préserver ce qu’il nous reste. Un travail, une famille, des amis. Recroquevillés, que nous sommes, honteux, affreusement égoïstes. Désolés de l’être.
La crise appauvrit, précarise comme on dit, et c’est là, le danger. Les délaissés, les oubliés, les abandonnés, de plus en plus nombreux, bientôt (déjà ?) majoritaires, on le sait bien (et je ne parle même pas des émeutiers de la faim, des futurs réfugiés climatiques, etc.) perdu pour perdu, finissent un jour, c’est certain, par se tourner vers qui leur promet une revanche, et peu leur importent alors sa couleur, brune, rouge, orange ou religieuse. Le malheur est fédérateur, aveugle et sourd. Mais à qui la faute ? Hein ? Qui en portera la responsabilité ?

Oui, ça pue la guerre. Civile, sociale, mondiale. Elle est de plus en plus inévitable. Cette façon, nauséabonde, de désigner des boucs-émissaires, et non les coupables de notre malheur, est un signe avant-coureur.
Cette impuissance européenne. Cette inquiétude américaine. Cette paranoïa mondiale. Ce tout-sécuritaire. Tout est là. Tout est réuni. Tout est prêt. Et la Chine triomphante. En surface.
Le monde s’écroule, je veux dire : le capitaliste sauvage, le libéral effréné, l’immoralisable, car il est bien tard, trop tard, de vouloir, ou de faire mine de vouloir, le moraliser. Les dégâts sont innombrables. Pas réparables. Pourtant, c’est vers nous qu’on se tourne, une fois de plus, et allez ! Courage ! Mettez-y un coup ! Un coup de plus ! Récompense ! Récompense ! Nib, oui ! C’est foutu ! La maison brûle ! Islande, Grèce, Espagne, Portugal. Et l’Afrique ! Et tant d’autres ! Haïti ! Ils sont trop nombreux ! Trop ! Ça déborde. La misère. Le fossé. C’est pas à nous de payer. Non ! Vous vous trompez ! Une fois encore. Une fois de trop. Ça me fait mal, de l’écrire, de le dire. J’en ai froid dans le dos. Mais je ne vois pas d’autre issue que celle-ci, non, je ne vois pas comment elle pourrait être évitée, et qui voudrait ou pourrait l’éviter.
Non, je ne vois rien d’autre que la guerre. Oui, elle nous pend au nez. Comme jamais.

02 décembre 2009

Du Travail De Proglio

Prenons un homme. En tout bien, tout honneur. Un homme que, ô doux hasard de la vie, nous prénommerons Henri et nommerons Proglio.
Or donc, Henri Proglio.

Quand C'est Pro, C'est Proglio.jpgIl va sans dire, c’est même incontestable, que l’homme est impressionnant, pour peu que l’on jette un œil avisé sur son CV. Je veux dire : qui pourrait nier que cet homme est, dans sa "partie", d’une grande compétence, un homme tout a fait remarquable ? Certes, en cherchant bien, donc la petite bête, nous trouverions quelques failles ici ou là, mais qui n’en a pas ? L’essentiel, c’est qu’il soit, Proglio, l’homme de la situation. Et, parce qu’il est usant de toujours trouver à redire au nom d’une “posture” ou de je-ne-sais-quoi, admettons que sa nomination à la tête d’EDF ne constitue, en définitive et tout bien pesé, non point un aboutissement, mais la suite logique d’une carrière déjà bien remplie.

Bien.

Considérons maintenant les divers émoluments dudit Proglio.

Selon l’Express (n°3046 – semaine du 19 au 25 novembre 2009) notre homme “vise un salaire d’au moins 1,6 million d’euros”. Son prédécesseur à la présidence d’EDF, Pierre Gadonneix, ne touchait lui, QUE 1,2 million d’euros. A peine désigné, notre homme réclame donc (à l’État) une augmentation de son (futur) salaire de – en vous faisant grâce de l’après virgule - 33%.
Les esprits chafouins dont j’avoue, plus qu'à l’occasion, faire partie, remarqueront qu’un nombre particulièrement restreint - pour ne pas dire proche de zéro – de salariés fraichement embauchés bénéficie(raie)nt d’une telle – comment dire ? – “gratification”.
Les mêmes chafouins de compétition, emportés par leur seul élan (seul, tant la CGT, et autres syndicats revendicateurs ont depuis belle lurette lâché toutes affaires susceptibles de les fâcher avec le pouvoir, élyséen ou patronal), ajouteraient, pour sûr, qu’un salaire de 1,2 million d’euros revalorisé à 33% c’est énormément plus, en données brutes, qu’une paie de 1000 euros revalorisée du même rapport : 400 000 de plus (à l'année) pour le premier, 330 seulement (au mois) pour le second (qui lui, ne souhaite pas qu’on l’ampute d’une virgule, étant donné qu’elle lui rapporterait 3 euros et 33 centimes de plus, ce qui, pour lui, n’est pas moins poussière qu’anecdotique).
Certes, cela semble, à première vue, inégal dans quelque sens que nous le prenions. Mais telles sont les mathématiques, cruelles pour le petit, bienveillantes pour le grand, et puis surtout, et avant tout, comme nous l’avons de concert admis en liminaire (à moins qu’il y ait quelconque objection), monsieur Proglio ne boxe pas dans n’importe quelle catégorie : il est particulièrement remarquable et redoutablement compétent, à ce point, qu’il faille, semble-t-il, y mettre le prix, quand bien même serait-ce Proglio lui-même, ô doux privilège de la compétence et de la remarquabilitude, qui le fixerait.
Au fond, l’histoire pourrait s’arrêter là, et blasés que nous sommes, nous consentirions même et sans trop barguigner à féliciter monsieur Proglio, tentés d’y ajouter un tantinet de familiarité par un sonore “Bien joué, Henri !” et ceci fait, nous retournerions, comme si de rien n’était, consulter le courrier tombé ce jour dans notre boîte-aux-lettres, une offre intéressante, bigrement alléchante, terriblement tentante, offre venue d’un organisme de crédit, organisme qui, pas con, flairant Noël et les prochaines vacances d’hiver, flairant surtout notre manque de liquidité et les agios menaçants de notre banque si peu conciliante, nous propose un endettement à un taux remarquablement compétent afin d’inonder de bonheur, femmes, enfants et plus, si affinités.
Sauf que, l’Express (qui, sans doute, souhaite aiguiser, et pas qu’un peu, notre chafouinité) précise qu’outre ce fantastique salaire de 1,6 million d’euros, monsieur Proglio, au titre de la présidence non exécutive de Veolia, touchera, en sus, entre 500 000 et 700 000 euros (par an). On notera au passage la fourchette de type farouchement élastique, qui laisse pour le moins songeur ; belle fourchette de 200 000 euros.

Est-ce tout ?

Eh bien non, car suite à la liquidation de ses droits à la retraite, il faut y ajouter une rente de 100 000 euros par an qui tombera toute crue dans la déjà bien garnie escarcelle de monsieur Proglio après que nous lui ayons gentiment souhaité “bonne année et bonne santé, Henri !”, soit dès 2010.
Et parce qu’il faut toujours penser à l’avenir, même à celui d’un homme pécuniairement à l’abri du besoin, hein, ne soyons pas sectaires, envieux ou discriminants, aimons notre prochain quelle que soit sa position sociale, notons avec joie et empathie que, lorsque monsieur Proglio décidera en son âme et conscience de rejoindre une retraite amplement méritée, il palpera – si j’puis me permettre un brin de grossièreté dans le verbe – la rondelette somme de 850 000 euros par an !
850 000 euros de retraite par an, oui, j’avoue que là, chafouin ou pas, ça m’a laissé coi, mais comme rarement.
Ceci étant, quel beau parcours, non ?

Et donc ?

Eh bien donc, ne comptez pas sur moi pour me répandre dans le populisme de mauvais aloi, la démagogie la plus mal famée, ou que sais-je encore ! Ah non, n’allez pas croire que j’irais, là, évoquer le cas de cette hôtesse de caisse subissant un emploi du temps incertain et ô combien variable et ce, pour un salaire qui en rebuterait plus d’un ; de ce commercial sillonnant bien plus que son département avec acharnement et pensant, à juste titre, être un jour, et pourquoi pas demain, Noël approchant, récompensé par une “primette” de 100 euros bruts ; de ces ouvriers de chez Continental à qui l’on demande amicalement de turbiner 314 heures de plus par an sans la moindre augmentation de salaire ou bien c’est la porte ; de la pauvre maman de François Bayrou qu’a bien du mal à joindre les deux bouts avec sa petite, tout petite retraite ! Ah non, ne comptez pas sur moi pour dire haut et fort ce que nombreux éprouvent en relatif silence, à savoir que tout de même, compétence et remarquabilitude admises par nous tous, sortes d’acquis sociaux du haut, il y a comme qui dirait entre le salarié de base et l’homme de la situation, un écart (grandissant) de traitement qui ressemble fort à de l’indécence, pour ne pas dire, à de l’obscénité caractérisée. Ne me faites pas dire, ce que je n’ai pas dit. Ah non, ne me faites pas cracher au bassinet, ne me poussez pas à hurler que cet écart de traitement entre les Proglio – Messi, Castaldi et tutti quanti, car pourquoi les exclure de ce tableau ? – et nous autres, nous à qui l’on demande tant et autres choses, vaillance, patience, pugnacité, dimanches compris, que cet écart qui toujours et encore se creuse, finira, et nous le déplorons, n’est-ce pas, par exaspérer à tel point, que, telle la bulle financière, un truc va péter et va péter grave !
Oh je sais, il n’est pas venu le temps de la révolution, et d’abord pour quoi la révolution, et qui la souhaite ?
Oh je sais aussi, qu’il faudrait qu’il soit bien affamé, le peuple, pour sortir de sa léthargie, du je-pense-tout-bas-que-merde, je le sais bien. Mais … qui sait ?

Tout aussi remarquable et compétent que soit l’homme, aussi méritant soit-il, honnêtement et tout bien réfléchi, comment est-il possible d’en arriver à de tels émoluments, nonobstant le fait que d’aucuns voudraient moraliser le capitalisme ?
Est-il possible de tolérer de tels écarts de salaires, sachant qu’en haut comme en bas, on a très largement dépassé l’indécence ?
Est-ce possible, sous entendu : combien de temps encore cela peut le demeurer ; possible ?

24 septembre 2009

Le Monde De Nicolas Sarkozy

Le Président De L'Industrie Bancaire

Il serait vain (comme : G20) de chercher à tirer quoi que ce soit de positif, enthousiasmant ou projetant dans cette connivente causerie [*] qui nous fut infligée hier soir (mercredi 23 septembre) peu après 20 heures entre Nicolas Sarkozy, Mâhâme Ferrari et David Pujadas. Un véritable simulacre d’interview politique. Le degré zéro du journalisme.
Qu’après (ou avant) ce naufrage, le chef de l’État aille sermonner, humilier (devant témoins) Arlette Chabot à propos du manque d’émissions politiques (dignes de ce nom) sur France Télévisions, ce n’est même pas risible, c’est se foutre ouvertement de la gueule du monde.

Nonobstant, si, et dans le seul but de distraire l’ennui et la lassitude qui nous prirent suite à ce qu’il convient de nommer un meurtre du journalisme politique entre bons amis, nous tentions de retenir quelque chose de ce qui fut dit, alors nous pourrions noter que :

1 – Sur Tf1 et France 2, Nicolas Sarkozy nous affirma que les paradis fiscaux, c’était terminé [rires nourris de nous autres]. Quelques heures plus tard, à la tribune de l’ONU, il rappelait qu’il fallait les combattre.
Il faudrait savoir …

2 – Répondant à une question sur sa santé rapport à son “malaise vagal” de juillet dernier, Nicolas Sarkozy confia que sa santé était “bonne” et qu’il n’avait “pas le droit d’être négligent dans sa façon de s’hydrater”. 
Comme tu vois, cet entretien atteignit des sommets.
Ceci dit, n’est-il pas hilarant d’apprendre que notre souverain a tout intérêt à s’hydrater alors même que le pays est financièrement à sec, que le déficit de l'Etat part à vau-l’eau ?
A ce propos, j’en connais un qui s’hydrate copieux, c’est Jean-Louis Borloo.

3 - (et ceci découle, c’est le cas de le dire, de la remarque suivante) Rappeler aux pauvres citoyens que nous sommes, que le sauvetage de notre système bancaire ne nous aura pas coûté un centime d’euro, c’est assez gonflé vu que, justement, le déficit de l'Etat a doublé en une seule année. Or, qui va payer pour rembourser ce colossal déficit et durant de très longues années ? Il ne me semble pas que ce sera Baudouin Prot ou M. Bolloré.

4 – Durant tout l’entretien (et c’est le seul point à retenir) Nicolas Sarkozy a parlé de la crise en ces termes :
La crise a été…”, “Il y a eu la crise …”.
C’est donc au passé qu’il la conjugue. Ce qui signifie que, dans son esprit, la crise, c’est fini.
Mais fini pour qui ?

Pour le monde de la finance.

En revanche, pour nous, citoyens de base, elle se poursuit. Et elle se poursuit sévère avec des plans de restructuration .. de licenciements, de mises d’office à la retraite, d’emplois de plus en plus précaires (emplois de services, temps partiel imposé, contrats saisonniers…). Elle continue socialement, avec son lot de souffrances, d’exclusions, de solitude. Pour nous, la crise est toujours là, et, sans doute, pour longtemps. Mais “nous”, Nicolas Sarkozy s’en moque. Pour lui, ce qui comptait, c’était sauver un système. Il l’est (temporairement) alors tout va bien !
Cela donne une idée du monde dans lequel vit Monsieur Sarkozy. Même si nous nous en doutions. Il vit dans celui du CAC, de la finance. Il vit dans le monde de Vincent Bolloré, Martin Bouygues, Arnaud Lagardère, Bernard Arnault, Serge Dassault ou d’Agnès Cromback et Mathilde Agostinelli. Mais ce monde-là, monsieur le Président, ce n’est pas le nôtre.
Dois-je rappeler que, le 5 mai 2007, vous avez été élu par les urnes pour être, non pas le Président de la République de quelques-uns - les plus grandes fortunes de ce pays - mais pour être celui de TOUS les français.

Il est grand temps de sortir de votre monde, M. Sarkozy, et d’apprendre le nôtre. Celui des beaux leurrés. Pas des Bolloré.


[*] Pas une seule question qui fâche lors de cette causerie pré-enregistrée. Ou alors, quand, timidement, elles venaient, elles étaient prévenues par un sourire complice du “présumé” journaliste, œillade qui semblait signifier :
Excusez-moi de vous poser cette question, mon Nicolas, mais comme les gens se la posent …
Alors le Président se tortillait d’aise, gratifiant le questionneur d’un même sourire traductible :
Y’a pas de mal, Mâhâme Ferrari, ne soyez donc pas gênée, nous étions d’accord pour en parler de toutes les façons. N’ayez crainte, je vais leur sortir le baratin-à-la-con habituel …


Bonus : Puisque c'est ainsi, soyons désinvoltes ..

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16 août 2009

Reprise ? What Reprise ?

Le Gouvernement Te Super Trompe !.jpgOr donc, il suffit que le PIB fasse un petit prout au delà de zéro (+0.3% pour le second trimestre 2009) pour que Mâhâme Lagarde se la pète (léger, mais se la pète tout de même) sur tous les médias (bien complaisants) de ce pays. A l’entendre, ce + 0.3% serait la preuve que le gouvernement a pris les bonnes décisions, que son plan de relance serait le bon. Si tel était le cas, alors comment se fait-il que ce “rebond” de croissance constitue, pour elle comme pour tous les spécialistes, une “énorme surprise” [1] ?
Ce terme, celui de “surprise”, avait déjà été employé (et c’est le cas de le dire) pour qualifier la (présumée) baisse du chômage en juin dernier. A croire que c’est le nouvel axe de communication de ce gouvernement : ah ben ça alors, non mais si on s’attendait, vous vous rendez compte, une croissance positive, le chômage qui baisse, et tout ça en pleine crise, la pire-que-le-monde-ait-connue-en-un-siècle !! Non mais quelle surprise ! (sous-entendu : nous sommes vraiment très très forts et très très efficaces, ne trouvez-vous pas ?).

La “surprise” doit être totale, en effet, pour les gars de Molex, Continental et consorts. Pour les 400 000 (record historique) qu’ont perdu leur emploi entre le second trimestre 2008 et le second trimestre 2009. Ils doivent, d’où ils sont, soit dans les méandres infernaux du Pôle Emploi [2] l’apprécier, cette double “surprise”. Et je vous passe ces petites entreprises qui elles, en connaissent une autre, de “surprise”, une bien gratinée, celle que leur réserve le banquier, celui que le gouvernement a sauvé des eaux en septembre dernier, même que ça ne nous aurait pas, de notre poche, coûté un seul euro, le banquier qui les envoie copieusement péter, ces petites entreprises, quand, parce que la crise, elles viennent le trouver pour mendier des fonds, pas grand chose, le strict nécessaire à leur survie.

Ah comme tout ceci est parfaitement huilé !
Cela fait des mois et des mois qu’on nous dit la crise-ceci, la crise-cela [3] des mois et des mois qu’on nous bombarde de prévisions négatives, de sombres perspectives, quand bien même nous promet-on que de cette crise, nous sortirons plus forts. Oui, cela fait des mois qu’on nous prépare au pire, on ne cesse de nous le mâcher, rabâcher, ce pire, tant et si bien qu’à force nous nous sommes faits à cette idée que bon, d’accord, les carottes sont cuites, tant et si bien que voilà, nous y étions, résignés ou presque, à attendre la suite, un tsunami social. Ah oui, comme tout ceci est parfaitement huilé, pensé, maîtrisé ! Car en lieu et place de la grande catastrophe que l’on nous avait prédite, voilà-t-y pas que, ô “surprise”, en cette période où le rosé est roi, du rouge nous sortons ! T’attendais pas, hein ? Eh ben quoi, souris, nom de Dieu !
Et alors le timing, impeccable ! C’est au plus fort de l’été, des chassés-croisés, des images de vacanciers, que l’on vient t’informer que le pays retrouve des couleurs, qu’il se redresse, qu’il a de nouveau la gaule, qu’il bande, “énorme”, à + 0.3%.
Et tu voudrais, avec toutes ces belles “surprises”, foutre le feu à la rentrée ? Tu voudrais, alors qu’elle agonise, la récession, manifester, défiler, séquestrer, ton usine faire sauter ?
Car c’est bien de cela, dont il est question : préparer la rentrée. Étouffer toutes velléités de révolte. C’est à cela qu’elles servent, les “surprises”. A déminer le terrain. Et poursuivre, doucement, mais sûrement, les réformes : la taxe carbone (un impôt déguisé ..), le recul de l’âge de départ à la retraite, la suppression du juge d’instruction et de la taxe professionnelle. Le grand emprunt. Et, tu verras, l’assurance-maladie. La douloureuse ..

Voilà à quoi servent les “surprises”. A taire la colère. Ose la manifester, demain, à la rentrée, alors que l’on te dit que le pays sort de l’ornière, et l’on te montrera du doigt ; l’on t’accusera même, va savoir, d’anti-patriotisme. Tu passeras, aux yeux de l’opinion, pour un renégat, un rabat-joie, un trouble-bonheur.
Voilà l’histoire qu’on nous prépare. C’est du grand art.

En vérité, il n’y a pas plus de “surprises” que de reprise (sinon celle du championnat de France de football. Et, aussi, de rugby ..).
Il fut démontré que de baisse du chômage en juin dernier, il n’y eut pas. Au contraire.
Quant au “rebond” de croissance, il est conjoncturel. Mécanique. Un vulgaire pet de lapin. A peine dû au fameux plan de relance. Celui qui va nous coûter bonbon, dans les années à venir. Parce que ce plan, c’est nous qui le paierons, un jour. Pas ton banquier. Lui, il s’est déjà copieusement renfloué. Pour lui, oui, la récession, c’est fini. Mais seulement pour lui. Pour nous, elle ne fait que commencer. Mais ça, c’est tout sauf une “surprise” …



[1] Eh oui, + 0.3% c’est une “énorme surprise” ! Comme quoi, nous n’avons pas les mêmes valeurs ..

[2] Fusionner l’ANPE et l’ASSEDIC par temps de crise, ça, c’est la bien mauvaise surprise que le gouvernement a mitonné pour les chômeurs. A tel point mauvaise, que lassés, certains renoncent à leurs droits ..

[3] A noter que l’on nous conditionne de la même façon en ce qui concerne le virus A/H1N1. On nous prépare chaque jour à la catastrophe. De sorte que, si elle ne survient pas, ou si elle est moindre que prévue, là aussi, comme pour la crise, on nous jouera la comédie de .. la bonne “surprise” !

06 août 2009

Angela, Nicolas, Obama Et Cetera

On n’est pas bien là ? Tranquilles. Pendant qu’à cap Nègre, il barbote et brunit, notre vagal souverain. Pas un mot, pas le moindre communiqué de sa part depuis une semaine ; mine de rien, ça nous y fait des vacances. Merci M. le Président, enfin, de votre silence !


Qui Est Le Cerveau De La Pensé Unique ?


Nonobstant, je profite de cette hyper-absence élyséenne pour faire comme un point sur la saison, ce championnat politique où nous fûmes, nous les “moyens”, lobés, taclés, quand ce n’est pas relégués sur le banc ou mis sur la touche.
Ce championnat où le PS joua, à la perfection, le hors-jeu.
Et y’a comme un drôle de goût qui me vient. C’est peut-être, je ne sais, la lassitude [1]. Celle surprenant l’opposant permanent. Quel rôle ingrat, finalement, éreintant, que celui qui trouve toujours à redire ! Parce que, au fond, j’aimerais être content, moi, avoir le sourire. J’aimerais être fier de mon pays. De son président. A qui, je reconnais, cependant, une certaine habileté. Mais de celle qui me hérisse. Me déplait.
Par exemple, cette propension, plus maligne qu’habile, à nous culpabiliser (tant oui, c’est culpabilisant, à la longue, de s’entendre dire que nous sommes contre - le bien de - notre pays ; c’est que, nous finirions par le croire si, égarés par le doute, nous baissions la garde). C’est intéressant. Et épouvantable à la fois.

Je m’explique.

Nicolas Sarkozy souhaite(rait), pour le bien de la démocratie dit-il, que notre pays ait une opposition digne de ce nom. Or, quand elle se manifeste, dans la rue, les journaux, sur Internet [2] elle est - pour lui - avant tout une manifestation de l’immobilisme ET de la “pensée unique” [3].
Les deux étant, à ses yeux, liés.
Mais pourquoi en serions-nous les hérauts ?
Parce que nous sommes – toujours à ses yeux - contre la réforme. Ce qui est faux ! Nous ne sommes pas contre la réforme, mais contre les siennes, parce qu’elles nous apparaissent trop fortes pour les faibles et trop faibles pour les forts.
En fait, la ligne sarkozyste est la suivante : j’agis, je réforme. Donc [sophisme à suivre ..] ceux qui s’opposent sont pour l’inaction, l’immobilisme [4]. C’est simple, pour ne pas dire simpliste ; c’est surtout intellectuellement malhonnête et scandaleux ! Pourtant, dans l’opinion, ça passe, et (malgré Besancenot) comme une lettre à la poste.
La crise qui aurait pu infléchir cette ligne, au contraire, l’a renforcée. Et de la pire des façons. A savoir que désormais, s’opposer à la politique du gouvernement, c’est être irresponsable. Jouer contre son camp. Il conviendrait, parce que c’est la crise [5] d’oublier nos différends (et nos convictions) d’être unis. Ben voyons !

Or donc, je faisais le point, travaillé depuis des mois par cette histoire de “pensée unique”. C’est quoi, bon sang, la “pensée unique” ? Qui la tient, la répand, et dans quel but ? Est-elle, cette “pensée unique” synonyme d’immobilisme ? Sommes-nous, réellement, nous, les opposants, les promoteurs de cette “pensée” ?

J’avais, je l’avoue, une idée derrière la tête.
La voici.
Elle se lit, limpide.

Nicolas Sarkozy au Zénith de Toulon [6] le 25 septembre 2008 : “Nous pouvons sortir, mes chers compatriotes, plus forts de cette crise.”

Barack Obama, le 24 février 2009 : “L’Amérique sortira plus forte de la crise !

Stephen Harper, Premier ministre du Canada, le 10 mars 2009 promet que le Canada sortira “au plus vite de la crise (…) et plus fort que jamais !

Yannis Papathanassiou, ministre de l’Économie et des Finances de la Grèce, le 25 mars 2009 : ”Nous sommes certains que le pays sortira renforcé et plus optimiste de la crise …

Giulio Tremonti, ministre de l’Économie de l’Italie, le 4 juin 2009 : “L’Italie sortira plus forte de l’actuelle crise financière que beaucoup d’autres pays européens.

Angela Merkel, chancelière de l’Allemagne, le 14 juillet 2009 : “Nous voulons sortir de cette crise plus forts que nous y sommes entrés.”

Je pourrais en citer bien d’autres. La liste est si longue, celle des gouvernants assurant à leurs “chers compatriotes” que leur pays sortira “plus fort” de cette crise.
Pas que des responsables politiques, d’ailleurs.
La presse, également.
Mais aussi, des chefs d’entreprise (celui de Toyota, de la SNCF, etc.).
Mais encore des experts, des économistes, des philosophes, des présidents d’organisations ou d'associations
Oui, la liste est très longue. Mais les mots, eux, sont toujours les mêmes. Certes, il y a quelques variations ; ainsi alors que la France “peut” et que l’Allemagne “veut”, l’Amérique, elle, "sortira plus forte de la crise", comme si c’était une certitude, comme si elle pensait être, encore, le moteur de ce Monde.
Le Canada, vantard, sortira "plus vite" de cette crise que les autres.
L’Italie, plus vantarde encore, fanfaronne qu’elle en sortira "plus forte" que ses voisins européens.
Mais peu importe cette guéguerre-de-c’est-moi-qui-sortirai-de-la-crise-plus-fort-et-plus-vite-que-toi-euh ! Ce qu’il faut retenir, c’est le message, invariable : “Nous” allons sortir renforcés de cette crise, plus forts que nous y sommes entrés. (Au passage, il est intéressant de noter que personne, ou presque, n’ose prétendre le contraire .. Pourtant, c’est une hypothèse tout à fait envisageable. Non ?)

Eh bien moi je dis que, quand autant de responsables, aussi divers, tiennent, et depuis des mois et des mois, le même discours aux quatre coins de la planète, nous y sommes en plein dedans, dans la “pensée unique”. Elle est là, la “pensée unique”. Et pas ailleurs !
Et ce sont les mêmes qui nous accuseraient de ce mal ?

Reste que, c’est bien joli tout ceci, rabâcher que “nous sortirons plus forts de cette crise” (si tant est que nous en sortions …) mais .. QUI ?
Qui est ce “nous” ?

Non.

Ne rêve pas.

C’est pas toi. Ni moi. Ni elle.
C’est pas nous, quoi.

C’est eux. Leur système. Qu’ils ne veulent absolument pas moraliser. Ils veulent juste le sauver. C’est tout ! Ne rien changer. Faire mine de, pour la forme, la photo, à grands coups de déclarations de principe sans lendemain, mais pas plus.
Et c’est logique, vu que, c’est Sarkozy qui “nous” (et là, “nous” c’est vraiment nous … ) le dit : les hérauts de la “pensée unique” sont les mêmes qui prônent l’immobilisme ! Or comme, c’est eux (Angela, Nicolas, Obama et cetera) les cerveaux de la "pensée unique" …
CQFD et merci Nicolas ! (Prends une photo, car c’est la première et dernière fois que je remercie ce type ..)
Barbote et brunis bien.
En espérant que tu sortiras “plus fort” de tes vacances que tu n’y es entré. Tant il va falloir être fort, sais-tu, à la rentrée, pour contenir notre colère.
Elle est grande.
Elle est forte.
Elle est, comme tu l’aimes : unique.



[1] Je dois avouer que je suis à la fois éberlué et attendri par Juan de Sarkofrance. Chaque jour, il nous sort un billet ventilant sa majesté. Plus d'un, en vérité. Comment fait-il pour ne pas être gagné par la lassitude ? Est-ce une vie que d’être contre TOUS les jours ? Et je me disais, putain, s’il repasse en 2012, Sarko, Juan, il en reprendra pour 5 ans.
Comme notre Président, la “charge” de Sarkofrance est “proprement inhumaine”.

[2] Vu sa représentation dans les Assemblées, les régions, les mairies, le PS devrait être l’opposant n°1. Or, il est mort. Oh si ! Regarde donc la tête de Martine ! C’est pas vraiment une tête de vivante, non ?
Donc, disais-je, le PS étant mort (tout en restant grotesque) c’est dans la rue, les journaux, sur Internet, que se situe l’opposition.

[3] Le 5 février dernier, dans cette indigente plaisanterie intitulée “Face à La Crise”, Nicolas Sarkozy parlait même du “catéchisme de la pensée unique”.
Quel culot !
Lui qui voudrait qu’à ses réformes, nous communions ..

[4] Toujours dans cette même parodie d’émission du 5 février 2009, le chef de l’Etat disait : “Le monde change Monsieur Pujadas (ne me demande pas pourquoi c’est Pujadas qui prend, je sais pas .. Il doit avoir la tête d’un type qui change pas … Qu’est pas de ce monde .. Il est vrai aussi que Sarkozy, il a tendance à penser que le Service Public et le monde-qui-bouge, ça fait deux … Pujadas représentait alors, ce soir-là, l’immobilisme ..) le monde change à une vitesse stupéfiante (on dirait du Contador dans le texte .. En même temps, Sarkozy, l’aime bien le cyclisme ..) et mon devoir, c’est de conduire le pays pour qu’il s’adapte à la compétition mondiale, qu’on ait le plein emploi (puis-je dire que nous n’en prenons pas le chemin ?) que les gens (je ne supporte pas qu’on nous appelle : "les gens" ..) puissent dire que leurs enfants ont les meilleures universités, les meilleurs lycées, la meilleure éducation (il vient de dire trois fois la même chose, mais c’est pas grave ..) Je ne vais pas y répondre par l’immobilisme mais par la réforme ..
C’est pas scandaleux, ça ?
Il est tout de même sous-entendu que les opposants à Sarkozy ne sont pas pour le "plein-emploi" et une "meilleure éducation" ! C’est en cela que le discours de Nicolas Sarkozy est épouvantable.

[5] Quand on parle de “crise” ne pas se méprendre. Si les banques la rencontrent, c’est branle-bas de combat. On met tout en œuvre, notre pognon durement gagné en l’occurrence, pour les sauver. Avec comme argument de saligaud : si on ne les sauve pas, vous perdez vos économies, braves gens.
Mais quand les braves gens sont à leur tour touchés par la “crise”, là, c’est plus la même. On leur demande d’être raisonnables. De se calmer. On leur fait même la morale. [“Mais qu’est-ce que c'est que cette histoire d’aller séquestrer des gens ?”] … Faible avec les forts, mais fort avec les faibles, te disais-je ..

[6] Eh oui, Nicolas a de l’humour. Il choisit un Zénith pour nous informer que le pays va sombrer ..

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