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16 juin 2010

Et Sébastien Renonça A Nous Pomper Le Dard !

Mieux vaut jamais que DARD.jpg[Article publié sous le titre de "Et Sébastien Vint Nous Pomper Le Dard" le 27 mars 2010 sur Refais Le Monde avec en sa queue, le renoncement dudit Sébastien en vidéo, ce mercredi 16 juin 2010, jour de ... "retraites" ... ]

Avant-propos [17 juin 2010] : "Monsieur Sébastien, vous dites que, oh ben ça alors, Internet, vous ne saviez pas qu'à ce point c'était une poubelle. Monsieur Sébastien, Internet est à l'image du monde. Ni plus, ni moins. Nous ne vivons pas dans le monde joyeux des Bisounours. Et le monde va mal, Monsieur Sébastien. Très mal. Ceci étant, vos arguments avancés (médias, Internet-poubelle), sont assez lamentables. Quand on croit en un combat, quand on s'engage, on tient ce combat, vaille que vaille. On se bat, comme chantait Ferré. Je constate que vous lâchez le manche, - et quoi que je pense de ce manche (on s'en fout) - pour des raisons merdeuses. Or, donc, j'en tire la conclusion, que cette initiative, le DARD, n'était rien d'autre qu'une opération promo. Car, encore une fois, quand on a des convictions, quand on pense qu'on peut être utile, on se bat ! Jusqu'au bout ! Et peu importe ce qu'on en dit. Aussi, je ne retire pas le moindre mot du billet écrit le 27 mars 2010. Vous venez de les valider par votre piteux renoncement."

Mais qu’avons-nous fait, bon sang, quelles sont nos fautes, sont-elles si grandes, pour que ce fut, lui, Patrick Sébastien qui vint à notre rescousse, brandissant un manifeste qualifié par ses soins d’humaniste, un manifeste nous invitant non pas à la révolution, eh non, mais à la révolte ! Sommes-nous donc à ce point maudits ?
Ah si j’avais su, et comme je le jure devant Dieu et cette République laïque et indivisible, je me serais mieux battu ! J’aurais donné de mon temps et de ma personne ! J’aurais donné mon sang, ma maison, ma femme, et ce qu’il me reste d’économies afin d’éviter cette triste issue : notre destin presqu'aux mains d’un “tourneur de serviettes” !

Comment ?

Je serais, vous dites, discriminant, hautain ou arrogant, en traitant monsieur Sébastien de “tourneur de serviettes" ? Mais, n’est-ce pas ainsi qu’il se présente et se définit ? N’est-ce pas cette image qu’il trimballe et défend ? Et encore, aujourd’hui, dans ce combat auquel il nous convie ? 

Mais, bien évidemment, sinon, qu’il a le droit, ce saltimbanque, de monter au créneau ! Comme Pierre Arditi ! Lilian Thuram ! Ou je ne sais quel Patrick Bruel ! Comme n'importe quelle icône médiatique ! Là n’est pas le problème, ni la question ! C’est juste que bon, on eut préféré que ce soye un Voltaire, un Molière, un Hugo ou un Camus, et même, allez, tant pis, au point où nous en sommes, un Sartre ! Il est vrai qu’après Sartre, il y eut Montand ! A partir de là, et pour citer Gad Elmaleh (autre philosophe des temps modernes) c’était comme qui dirait “la porte ouverte à toutes les fenêtres” !

Cela dit, je l’avoue, j’en conviens, ça ne me va pas plus, même ça m’indispose et me dérange, ces Duhamel et autres Aphatie, tous ces confortables qui font la moue, celle du dégoût, lèvent les yeux au ciel, quand devant eux, on évoque, sourires entendus, Patrick Sébastien et son association à but non lucratif, le D.A.R.D. ! Car tel est le sigle - ou le signe de ralliement - dudit manifeste, un sigle qui, selon monsieur Sébastien, ferait et référence à l’écrivain, le Frédéric, aussi à la guêpe et son essaim. Pourtant, et comme c’est bizarre, dans ce D.A.R.D., on y voit ou entend également du Bigard, comme une connotation grivoise, pour ne pas dire graveleuse, celle qui vient du slip, allons enfants du pif et du calendos, à vos majeurs pointés, on va leur montrer, et leur mettre où je pense, franchouillis, franchouillas, nous voilà ! Une certaine idée de la France ! Celle qui fait "tagada pouet-pouet" ! Celle qui s’exprime le matin chez Bourdin & Co sur RMC Info ! Celle du “bon sens” nous assure Sébastien !

Quoi ? Je ferais là, encore, preuve de suffisance, de cynisme et de dédain ! Mais non, voyons ! Allons !  La vérité est ailleurs, comme le disait Fox Mulder (ah ben puisque la télé est désormais religion, parole d’évangile, j’y pioche et j’y prends, puisque si bas, nous voilà rendus ou vomis).
Ailleurs, donc, mais ? Mais j’en sais foutre rien, à la fin ! Personne ne le sait plus, à vrai dire. Du coup, chacun devient légitime. Tous les avis se valent. C'est la confusion totale. Plus de repères. Niquée, la lumière ! Et toi donc, Voltaire !
De fait, il n’est point étonnant, tant ça nous pendait au nez, et copieux, qu’il surgisse le camelot, le médiatique, le bateleur, le généreux, à grands coups de  “Je” et d’altruisme conjugués ! Oyez, oyez, souffreteux, miséreux, exclus, bouillus et foutus, esgourdez donc c’te invitation à construire une société nouvelle, vidée de tout mépris, de toute suffisance, de cette salope qu’est l’indifférence ! Une société idéale où l’on ne te volerait plus tes libertés, sans le moindre abus de pouvoir, parce que, sais-tu, le pouvoir, c’est mal ! ... Bouh ! ... Le bien c’est : l’Amour ! Ami, entends-tu : “L’Amour” ! “Efforçons-nous” (puisque tel est le slogan du D.A.R.D.) d’essayer de “nous rassembler le plus possible pour que le pouvoir de l’Amour soit plus fort que l’amour du pouvoir !” .. Si avec ça, Patrick Sébastien ne détrône pas Yannick Noah (autre philosophe d’aujourd'hui) du Top50 des personnalités préférées des français, ou tout au moins, ne dépasse pas, la Joséphine, l’ange-gardien, la Mimie Mathy, je vous le dis, ce sera la chienlit !

Quoi, j’y vais un peu fort et méchant ? Plus encore que le Guillon (autre sombre héros des opprimés que nous sommes) ou que le Zemmour ? .. Ah bon ? .. Mais enfin, savez-vous donc ce que signifie ce sigle, le D.A.R.D. ?

Droit Au Respect et à la Dignité !

Voilà oui, rien que ça ! Ni plus, ni moins ! Et ce serait avec (ou par) Patrick Sébastien que nous retrouverions ce droit ?
Eh bien non !
Non, car fallait-il encore qu’auparavant, monsieur Sébastien se déloque, se défasse ou s’affranchisse, qu’il abandonne, un temps, ses autres mandats, les médiatiques, les télévisuels, afin de se consacrer TOTALEMENT à ce combat, cet engagement, tant il réclame du temps, de l’énergie, du corps et de l’esprit. Tant l’affaire est grave quand on le lit ! Mais si tel est le cas, la situation, alors, c’est à bras-le-corps qu’il faut y aller, s’y plonger, n’avoir aucune autre priorité que le D.A.R.D., pas jouer en parallèle le saltimbanque de cabaret, sinon, c’est pisser dans un violon, ou à la raie, la nôtre en l’occurrence.
Dites, ça relève moins du militantisme que du dilettantisme, votre affaire, à mi-temps, monsieur Sébastien ! Non ?
Oh bien sûr, cela ne lui aurait pas évité les sarcasmes, les quolibets et autres narquoiseries, tant elle lui colle, sangsue, à la peau, cette image de "tourneur de serviettes", animateur de fin de banquets, mais, il eut été moins aisé, s’il s’en était délaissé, ou écarté, un peu, de mettre son engagement, sa sincérité, en doute. Ou de s’en gausser.
Mais non, rien à faire, cette image, l’indécrottable, il ne veut s’en départir, et vlan ! Il te la colle, chewing-gum, à son manifeste, par un sigle avant tout grivois, digne du Bigard, le D.A.R.D., et comme c’est bizarre, on y lit moins du Frédéric ou je en sais quel essaim de guêpes que ce cri-ci :

Vous nous l’avez que trop pompé, le dard !

"Vous", ce sont les politiques, les élites (qu'on honnit à n'en plus pouvoir, aujourd'hui) les intellectuels (s’il en reste) les sociologues, les experts, les journalistes et toute la clique ! Avec notre D.A.R.D. on va vous en faire voir, mes saligauds ! Et profond ! Voilà ce qu’il est donné à entendre ! Et de fait, ce “populisme” dont on habille monsieur Sébastien et son initiative, n’apparait pas plus disproportionné qu’immérité !
Il aurait fallu, c'était nécessaire, je le répète, avant d’engager ce combat, de nous le proposer, que monsieur Sébastien se “décabarétise”, se “dépetit-bonhomme-en-moussise”, qu’il envoie valdinguer cette image, celle du "tourneur de serviettes", qu’il renonce à la grivoiserie, au majeur pointé et toutes autres allusions au gaudriolisme.
Qu’il se présente nu ou sous un jour nouveau, sérieux, grave, oui grave ! Puisqu’à l’entendre, la situation l’est.
Un combat, tel que celui-ci, monsieur, ce n’est pas du spectacle, de la magie ou du cabaret ! C'est du velu ! C'est une vie !

Mais puisqu’il n’a pas su, ou voulu se départir de cette image, puisqu’il a souhaité, mordicus, qu’elle l’accompagne, alors, déjà, par son manifeste, c'est lui, Sébastien qui nous le pompe, et grave, le dard.
Et franchement, vu où qu’on est, rendus - ou perdus - c’était vraiment pas le moment ! Ah ça non ! Ni l’endroit !


AJOUT du mercredi 16 juin 2010 :

Sébastien annonce la fin du D.A.R.D. précisant, dans cette vidéo, qu'il n'imaginait pas qu'Internet était à ce point "une poubelle" ..

07 juin 2010

Yade La Joie ! [Rions Avec Rama]

C’est donc cette femme au chapeau magnifique, là, en photo dans les tribunes V.I.P. de Roland Garros (aux côtés du PDG de France Télévisions), qui trouve l’hôtel des bleus “indécent” … (trop luxe, bling-bling, etc.)

Bling bling.jpg

[... Indécent, vaut mieux qu'un long discours ...]


AJOUT du mercredi 16 juin 2010 : Et voilà que le Canard Enchaîné nous en apprend une bien bonne !
Définitivement : ♫ Yade-la-joie ♫

06 juin 2010

“Le Capitalisme Est Une Saloperie”

Franck Lepage.jpgCertains diront, mais enfin, mon cher monsieur, vous tombez de l’arbre ? Vous débarquez ou quoi ?
Que vous dire ?
Que c’est bien possible. Après tout ! Seulement voilà, je ne connaissais pas cet homme-là : Franck Lepage (photo). Je l’ai découvert, il y a quoi ? Une semaine, tout au plus, via Bénédicte Desforges [*]. Une vidéo. Un passage. Et j’ai eu envie d’en savoir plus. Et, autant vous le dire, je n’ai pas été déçu. Je dois même vous avouer que depuis Loïc Wacquant (et Noam Chomsky) je n’avais entendu discours aussi brillant.

Or donc, Franck Lepage. Dont vous trouverez un CV pour le moins sommaire à cette adresse. Franck Lepage, disais-je, de 2006 à 2009, s’est produit sur scène. Mais, ce n’est pas un spectacle, un one-man-show, ou du théâtre. Non. Du tout. C’est un travail. Une pensée. Un constat. L’essentiel de ce travail, du moins celui auquel, je veux, ici, faire référence, est dans son intégralité, si vous le souhaitez, et comme je vous le recommande, disponible sur Internet. Il est .

Lors de ce travail, Franck Lepage nous parle de culture, d’Education nationale, de capitalisme, de fascisme, de salariat (de Shoah, même), et des mots qu’on “nous a volés”. Les mots, comme vous le savez, sont importants. Ils ne sont pas, jamais innocents. Nous sommes, depuis bien longtemps, et dans une contraction, et dans une falsification des mots. Et, comme de bien entendu, les médias, entre autres, sont, qu’ils le nient ou pas - peu importe, puisque c’est une réalité - le relais de cette contraction, de cette falsification, de ce vol. Ce que nous pourrions nommer l'Orwellisation de la société. Elle est marche, et depuis belle lurette.

Dans la vidéo que je vous propose, extrait du travail remarquable de Franck Lepage, tout commence par un plan de tomates. Et l’on se dit, mais c’est quoi, ça ? Où va-t-on ? Non mais, franchement .. Et puis, très vite, on comprend, on saisit, et ça s’emballe, et ça ne s’arrête plus. D’aucuns parleront de performance, de démonstration. A ceux-là, je leur dis, non, ni performance, ni démonstration. Certes, et tant mieux, ce que nous dit Franck Lepage, est tout à fait discutable. En tous les cas, il amène à une réflexion, et, si on daigne prendre le temps, à des commentaires. Pourvu, qu’ils soient éclairés, avisés, argumentés. C’est le moindre qu’on puisse attendre à la lecture de ce travail-là.

Je disais donc, tout commence avec un plan de tomates, et hop, voilà que surgissent Sarkozy, la culture, la gauche, le fascisme, le système, le capitalisme, la Shoah, Malraux, le gaullisme, le communisme, etc.
En précisant, et c’est important, que bien souvent, vous l'avez noté, l'on évoque le clivage droite-gauche ; ou plus précisément, certains, en s’exprimant, dans les médias essentiellement, prétendent le dépasser, ce clivage. En réalité, c’est complètement faux. Ils sont, et restent, partisans. Or ici, et c’est là – j’allais dire : le miracle !- oui, c’est là le miracle – allez, je l’ai dit – Franck Lepage, lui, dépasse totalement le clivage droite-gauche. Il est ailleurs. Il est avec nous. Encore, faut-il accepter de l’entendre.

Avant de vous laisser tranquillement, observer, écouter, penser cette vidéo (et les deux suivantes, en liens ci-après) et dans le seul souci d’aiguiser votre appétit, voici quelques extraits choisis :

Il faut désormais que chaque individu ait la liberté de se faire exploiter où il veut, quand il le veut (…) Très vite (…) ce système fabrique des inégalités qu’il faut rendre légitime, acceptable, et donc, c’est l’école qui sert à ça (…) L’école est le système qui vous fait croire que votre place dans la hiérarchie sociale est le résultat de votre mérite scolaire ou de votre bonne volonté culturelle (…) L’école reproduit les inégalités (…) Vous avez 1% en 1945 de fils d’ouvriers à l’université. Vous avez 1% de fils d’ouvriers, en 2005, à l’université (…) Le théorème de l’excès de culture ( …) c’est d’expliquer que, contrairement à ce qu’il se raconte partout, les gens ne manquent pas de culture, ils ont trop de culture par rapport à ce que le système leur autorise d’exploiter (…) La seule vraie crise, c’est la crise salariale.




Franck Lepage - “Incultures”

Je vous laisse en liens, comme précisé en amont, la suite de ce travail :

1 - “Vous n’aurez bientôt plus les mots pour penser négativement le capitalisme

2 - “Le capitalisme est une saloperie”.


Ce qui m’amène à cet ajout, tiré de ces deux vidéos linkées. Que je soumets, là encore, à votre réflexion :

Le management est la doctrine de l’exploitation. Quel était le mot le plus employé dans les ouvrages de management dans les années 60 ? Le mot : Hiérarchie. Quel est le mot le plus employé dans ces ouvrages de management à partir des années 90 ?  .. Non .. Le mot “Hiérarchie” n’existe plus. Zéro citation. Non, le mot le plus utilisé, désormais, c’est : Projet ! Projet est LE mot de la doctrine capitaliste. On ne peut rien faire contre ça ! Vous pouvez combattre la hiérarchie, mais, si elle s’appelle : Projet ; vous n’allez quand même pas emmerder des ouvriers qui se réalisent comme créateurs dans le cadre d’un projet (…) Vous êtes persuadés que TOUT LE MONDE doit avoir des projets. Votre banque vous demande quels sont vos projets. Vous devez avoir un projet de vie parce que vivre ne suffit plus, manifestement. Et donc, cette saloperie de mot transforme tout ce qui bouge en marchandise sans que nous nous en rendions compte. Projet veut dire : produit (…) Le capitalisme est une saloperie (…) Il nous fait le défendre quand nous croyons l’attaquer et il utilise pour cela l’artifice d’un langage de pacotille, un langage de verroterie, de camelote, qui nous fait le désirer (…) Nous ne faisons que reproduire des rapports de domination en croyant faire le contraire (…) Mesdames et messieurs, on nous a volés des mots ! Nous allons droit dans le mur avec la plus grande générosité” [Franck Lepage]


[*] Bénédicte Desforges a publié le 4 mars 2010 "Police, Mon Amour" (Anne Carrière Eds)

 
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