20 octobre 2011
Rien(s) Sur François Hollande
Or donc, François Hollande. Désigné, par les « sympathisants de gauche », candidat du PS pour concourir, l’an prochain, à la présidentielle 2012. Dernier espoir (de victoire). Après trois échecs retentissants. Deux avec Lionel Jospin, largement battu en 1995, puis humilié en 2002, et le dernier avec la rocambolesque Ségolène Royal en 2007 [1]. Dernier espoir, car c’est Hollande lui-même qui l’a déclaré : « En 2012, le candidat socialiste devra gagner ou bien le parti [Socialiste] risque vraiment cette fois de disparaître » [2].
Ce choix-là, celui d’Hollande, n’est vraiment pas une bonne nouvelle pour l’UMP.
Plus encore pour le clan Sarkozy.
Un clan menacé par les « affaires ». Reliquats d’une guerre ancienne, fratricide, entre balladuriens et chiraquiens.
Une guerre qui, jamais, ne s’est vraiment éteinte.
Voilà qui nous promet du sanglant et bien des crocs-de-boucher.
Comme disait le balladurien Léotard, « ça va mal finir ». Mais passons…
Ce clan (car c’en est un) celui de Sarkozy, avait ses « préférés ». DSK, bien sûr.
Ah ! Il lui promettait la « lessiveuse ». S’en pourléchait d’avance. Tout était prêt. Et depuis lurette. Le DSK, il allait morfler. Copieux.
Et puis, boum patatras, voilà que le grand manitou du FMI chute.
Les théoriciens du complot y virent la main du pouvoir. En loucedé. Grotesque ! Un adversaire si faillible, on le garde précieusement, on n’y touche pas, pour mieux le dégommer en campagne présidentielle.
Oui, DSK, vraiment, était une aubaine pour Sarkozy. C’était le meilleur adversaire possible. Il n’y a que le PS qui ne s’en est pas rendu compte. Tellement sevré de victoires élyséennes, qu’il ne voyait pas la poutre.
DSK out, Sarkozy misa alors sur Aubry. Second choix, mais jouable.
D’abord, parce que c’est une femme, et que, là-haut, ils en sont convaincus, n’est pas venu le temps où les citoyens Français enverront une femme à l’Elysée. D’autant plus, celle-ci. Trop « sectaire », voire même « méchante » (François Hollande le pense aussi, soit-dit en passant). Et lestée de casseroles plus qu’identifiables, à commencer par le pacte avec DSK, éliminatoire selon eux. Mais aussi, « les 35 heures », et d’autres boulets, comme Guérini, le bourrage des urnes en novembre 2008, et j’en passe.
Eh bien non, encore raté, la maire de Lille, bien qu’assurant représenter la « gauche forte », ne sera pas opposée à Sarkozy, l’an prochain.
C’est donc Hollande qui sera l’adversaire de Sarkozy en 2012 ; avec Marine Le Pen en embuscade. Et ce n’est pas une bonne nouvelle pour l’UMP, car ils n’ont rien sur Hollande. Pas un dossier qui fâche, pas une déclaration suspecte, même pas de réelles différences idéologiques, rien.
Oh ! Il y a bien eu cette « affaire Tristane Banon », où l’homme, alors premier secrétaire aurait été contacté par l’écrivaine. Seulement voilà, Banon vient de lâcher l’affaire. On remarquera – mais allez savoir ! Ça n’a peut-être rien à voir – que mademoiselle Banon, nouvelle égérie ( ?) de certaines féministes, abandonne le combat, une fois son livre sorti, et… la primaire terminée. Circulez, y’a plus rien à voir. Ni à entendre…
Or donc, rien, ils n’ont rien sur Hollande. Et ça les emmerde.
Par où le prendre ? Comment le mettre en « défaut » ? Ce centriste. Que Bayrou apprécie. Cet homme du consensus. De la synthèse. Ce pragmatique qui n’a jamais caché que, concernant les retraites, « il faudra forcément cotiser davantage ». Un type qui veut réduire « les déficits, la dette » et réformer notre système fiscal. Et dont quelques « lieutenants » se nomment Rebsamen, Sapin, Moscovici, voire Valls. Aussi, Pascal Terrasse.
Et si j’ajoute qu’Hollande est un pur deloriste, voilà qui complique sérieusement la tâche du clan Sarkozy.
Quant à l’attaquer sur les chiffres, considérant les leurs (dette, déficit, faillite en ce qui concerne le commerce extérieur, chômage, etc.), quand bien même une crise « sans précédent » serait passée par là, c’est un (très) mauvais angle. Il ne marchera pas. Du reste, l’électeur, plus il est noyé sous les chiffres, plus il décroche. Et concentre son attention ailleurs. Le tempérament, par exemple… Ne soyons pas hypocrites, c’est bien souvent la personnalité du candidat qui fait la différence. Bien plus que le programme qu’il porte. On peut le déplorer, mais c’est ainsi. Une présidentielle, désormais, ce n’est rien d’autre qu’un casting story-tellé. Nous ne sommes plus très loin d’une émission de télé-réalité.
Ceci étant, Hollande a-t-il déjà gagné pour autant ? A en croire les premiers sondages d'après primaire, oui. C’est que, dites, il a beau dire, Sarkozy, que « neuf fois et demie sur dix », ils se trompent, ces sondages, on a rarement vu un tel score (virtuel) à moins de sept mois d’une présidentielle. Le dernier à l’avoir atteint, pour info, c’était DSK…
Eh bien non, Hollande n’a pas encore gagné cette présidentielle.
Non pas qu’il puisse commettre une erreur fatale, tant l’homme est bien préparé, aguerri, affuté, et surtout, déterminé, mais son parti, le présumé socialiste, lui, pourrait bien le handicaper. Ce ne serait pas la première fois, nonobstant, que ce PS se ferait hara-kiri. Sciemment.
Et la principale raison, outre les inimitiés tenaces, c’est que, comme Jospin, le programme de François Hollande « n’est pas socialiste ». Mais contrairement à Jospin, lui, il ne le dira pas. Trop futé.
Oh bien sûr, il a signé le projet du PS. Qui n’est pas très socialiste, non plus, si vous vous penchez sur l’objet. Mais il l’est un tantinet plus que ce que veut faire Hollande. Une fois élu.
Car, qu’on ne s’y trompe pas, Hollande, encore une fois, n’est pas socialiste. C’est un technocrate. Brillant, ça oui, mais il a plus à voir avec le centrisme « raisonnable » (à la Bayrou) qu’avec les grandes idéologies de gauche.
Or donc, toute la question est de savoir jusqu’où le PS acceptera et le consensus, et la synthèse. Jusqu’où il peut aller dans le renoncement au socialisme. Aux valeurs de gauche. Quand bien même, il aurait déjà fait un sacré bout de chemin dans ce sens-là.
En d’autres termes, est-ce que la victoire, je veux dire, la conquête du seul bastion qui lui manque (l’Elysée, donc) peut suffire à, et justifier une telle politique ?
Nous verrons bien. Nous le saurons même, assez vite.
Tout dépendra, aussi, de la situation internationale, et particulièrement de l’évolution de la zone euro. C’est sur ce point que tout, ou presque, va se jouer. Parce que, ce que cette primaire a, en partie, montré, c’est que la fracture, celle du 29 mai 2005, est encore vivante. Elle est toujours source de divisions au sein même du PS. Divisions idéologiques.
En conclusion, si effectivement, le choix de Hollande est une mauvaise nouvelle pour Sarkozy, car compatible avec le « système » (médiatique, économique), anguille de surcroît, habile, rassurant aussi, il reste un imprévisible : l’attitude d’une partie du PS.
Il n’est pas dit, pas plus écrit, que l’unité sera la règle. Du moins, qu’elle tiendra jusqu’au 22 avril prochain. Tant on connaît les lascars.
J’ajoute un autre imprévisible (quoique, si l’on en croit les sondages, il ne l’est pas tant que ça) : Marine Le Pen. Qui, pour le moment, observe, avec un brin de gourmandise, ce qui se dit, ce qui se décide. Et parie, et sur un effondrement de la zone euro, et sur la colère des peuples. Qu’elle compte bien agréger, porter.
Il me semble, à cet égard, que le véritable Adversaire de François Hollande n’est pas Nicolas Sarkozy, mais bien Marine Le Pen. Face à un tel Adversaire, pas sûr, là encore, que le consensus, la synthèse, le centrisme, soient LA réponse que les électeurs attendent.
Bref, les jeux sont loin d’être faits.
[1] La désignation, le 16 novembre 2006, de Ségolène Royal par les militants du PS, n’a été, en réalité, qu’une victoire pour les instituts de sondages. C’est eux qui ont fait le match : Sarkozy/Royal.
D’une certaine façon, ils ont verrouillé le scrutin, prenant ainsi une revanche sur leur échec, avéré, en 2002.
Ceci étant, l’appareil du PS, encore traumatisé par ledit 21 avril 2002, aura très mal appréhendé cette primaire 2006. Et, au bout du compte, la victoire de Royal, c’est aussi l’échec du PS.
On remarquera que, par la suite, cet appareil aura fait payer, et très cher, à Ségolène Royal, ses propres manquements, son absence de ligne claire (éclatante concernant le référendum à propos d’une Constitution Européenne), ses divisions.
Voilà pourquoi je dis que le choix de Royal, pour 2007, était rocambolesque. Et, bien entendu, voué à l’échec. Nonobstant, quel que soit le candidat PS choisi, il n’avait aucune chance face à Sarkozy. Le PS n’étant pas prêt pour cette échéance. Du fait même de ses divisions affichées à propos du 29 mai 2005.
[2] Propos tenus par François Hollande, le mardi 21 juillet 2011, lors d’un entretien accordé au quotidien italien Il Corriere della Sera.
19:34 Écrit par Philippe Sage dans Libéralisme De Gauche | Lien permanent | Commentaires (36) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : françois hollande, hollande le centriste, bayrou apprécie hollande, le ps et françois hollande, nicolas sarkozy, dsk, martine aubry, ségolène royal, sarkozy aurait préféré dsk, sarkozy mise aubry, hollande le plus dangereux pour sarkozy, marine le pen, le pen un danger pour hollande, 22 avril 2012, présidentielle 2012, le programme de hollande n'est pas socialiste, lionel jospin, jacques delors, hollande est deloriste, ils se détestent au ps, ca va mal finir, balladuriens vs chiraquiens, effondrement de la zone euro, la colère des peuples, du rôle des sondages, de la personalité des candidats, pascal terrasse, hollande pas clair sur les retraites, hollande ou le consensus, les jeux ne sont pas faits, tristane banon |
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06 octobre 2011
Ce Qui Plombe Le Parti Socialiste
Passons sur la forme, debout derrière un pupitre, par le temps de parole limité, deux éléments qui concoururent à faire de ces débats quelque chose de passablement guindé. Six candidats dans un carcan. Avec pour s’en échapper, le recours au tutoiement, aux prénoms (« Je suis d’accord avec Martine », « Est-ce que François peut nous expliquer… », « Pas de coups tordus, Arnaud »…).
La forme importe peu. C’est le fond qui compte. Ce qui s’est dit. Et ce que l’on en tire. Un aveu collectif. Celui d’impuissance. Bref : plombant.
Ce qui plombe le Parti socialiste, ce n’est pas DSK. Mais ceux qui l’ont soutenu. Avant de comprendre, un peu tard, qu’ils étaient dans l’erreur, le déni. Mais, jamais, ils ne feront amende honorable, reconnaîtront qu’ils eurent tort. Tant ils sont pétris de certitudes, d’arrogance, voire de mépris. Pour eux, toujours, « Les jeux sont faits ». Ce ne sont pas des socialistes, mais des croupiers.
Ce qui plombe le Parti socialiste, ce sont ses girouettes, ses opportunistes. Fabius, par exemple. Héraut du « non » au Traité pour une Constitution Européenne, avant, le misérable, de tourner casaque. J’appelle cela : « Trahir la confiance du peuple souverain (de gauche) ».
Plus encore, Jack Lang. Toujours prompt à se ranger dans le camp du vainqueur potentiel. Avant-hier, Royal, hier Aubry, aujourd’hui Hollande. Lang c’est le Séguélisme. L’anti-gauche. Le bobo dans toute son horreur. Langue de bois. Toujours là. Qu’on se demande comment c’est possible. Tant il est grotesque et creux. Petite sangsue. Sans envergure. Faussaire. Et fossoyeur. Une honte totale, insupportable.
Ce qui plombe le Parti socialiste, c’est son renoncement. Aux valeurs de la gauche. C’est sa conversion au libéralisme.
Bertrand Delanoë, ce commercial, aura – et comme on l’en remercie ! – eu l’impudeur de l’affirmer, clairement : « Oui, je suis libéral ET socialiste ». Ce qui ne peut être possible. C’est l’un ou l’autre.
En vérité, cet « outing » renvoyait à icelle jospinerie : « Mon programme n’est pas socialiste ».
En bon protestant, rigoureux, austère, sincère, Jospin convenait, entre les lignes, à mots couverts, que son programme était libéral. Donc, non-socialiste.
Delanoë, sous prétexte d’audace, aura voulu réconcilier l’inconciliable. Ce n’était pas de l’audace, mais un abandon. Et les classes populaires, moyennes, ont bien entendu le message. Elles ne reviendront pas. Terra Nova a gagné le combat. En loucedé. Travail de sape.
C’est aux cadres, désormais, que ce parti s’adresse. Aux notables, et autres petits bourgeois.
S’il était honnête, ce parti changerait son nom.
Il n’a plus rien de socialiste.
Ce qui plombe le Parti socialiste, c’est une date : le 21 avril 2002. C’est ici, qu’il s’est figé. A tout jamais.
Cette date est primordiale. Elle a tout changé. C’est à partir de là, que tout finit. C’est ici, que commence le renoncement. Que le droit d’inventer succombe au droit d’inventaire. Paradoxalement. Car, on eut pu espérer le contraire. Que justement le 21 avril 2002 réveillât le cadavre. Momifié dans son mitterrandisme. Qu’il retrouvât, alors, ce qu’il avait égaré : sa gauche. Ce souffle formidable, d’espoir, d’imagination.
Mais non. Tétanisé, il n’aura pas compris ce que signifiaient les victoires locales, s’enchaînant, régionales, municipales, européennes. Plus encore le « Non » du 29 mai 2005. Autre date. Autre échec. Dernier sursaut. Balayé par une présidentielle dictée par les seuls sondages. Et la trouille.
Terminées les convictions, les idéologies.
Ce qui plombe le Parti socialiste, c’est la peur de revivre le 21 avril 2002. Ça l’obsède.
Il ne sait pas comment s’en défaire. Il n’a toujours pas compris pourquoi les classes moyennes et populaires l’ont déserté. Alors que la réponse est évidente. Elle crève les yeux. Les urnes, aussi.
Hollande est le représentant de cette obsession, de cette peur. Voilà qui mériterait une analyse. Psychiatrique. Tant il est complexe et paradoxal, le soi-disant « candidat normal ».
La norme pour conjurer le sort, mais quelle est-elle ? Qu’est-ce qui fait norme ? Qu’est-ce que le normal au pays du Front national ? Entre 18 et 20% dans les intentions de vote, du jamais vu, mais qui fait sens : cela dit combien le peuple souffre (de l’absence de gauche).
La réponse n’est pas une conversion au libéralisme, au centrisme, mais à la radicalité.
Ce qui plombe le Parti socialiste c’est l’absence de radicalité. La crise, pourtant, aurait dû le conduire à se radicaliser, justement.
A la colère, pas à l’indignation. Aux idées révolutionnaires, pas à la mollesse.
Mais non, ils, les candidats, ont opté pour la compétence, la crédibilité. Le PS s’est Obama-isé. C’est la droite sociale. Ni plus, ni moins.
Quant à Montebourg, comme hier Hamon, c’est l’alibi. Mais rien en lui, ne transpire la gauche. C’est un jeu. De dupes. Hier soutien de Royal, aujourd’hui démondialiste. C’est (que) de l’image. Montebourg n’a rien de Bové, moins encore de Mélenchon. C’est du côté de Valls qu’il faut plutôt chercher. La « gauche moderne ». Celle de la TVA sociale. Des quotas d’immigration. Une gauche de droite. Et ça n’est point caricature. C’est une réalité. Car c’est la logique même, la poursuite de la conversion au libéralisme du PS. Avec Hollande en synthétiseur. Comme toujours.
Et tant pis si Ségolène Royal, lasse, usée, désolée, finit par lâcher cette vérité, la seule entendue lors des trois débats : « Alors nous ne sommes plus socialistes ».
C’est fini. Elle le sait. Et d’ailleurs, elle soutiendra le vainqueur. Les jeux sont faits. Comme dit le croupier.
Pour tout cela, entre autres, ces débats auront été utiles. Ils auront permis une clarification. Une mise au point. Même Fillon salue la performance. C’est dire …
Nous savons, désormais, qu’il n’y a plus de gauche dans ce parti. Il (y) a renoncé.
Il aura refusé, toujours, encore, de prendre la mesure du 21 avril 2002. D’entendre les souffrances, le désarroi. La solitude.
Même la crise n’aura rien changé. C’en est terrifiant.
On aurait pu espérer une rébellion, un combat à mener contre le système régit par le marché et la finance, un combat pour la liberté, mais non ; enfermés dans leur carcan, nos six représentants à grands coups de mots-clés, d’éléments de langage, de formules, statiques, sans colère aucune, sans souffle, sans révolte, auront enterré, publiquement, Jaurès, Blum et même, Mendès-France.
En se tutoyant.
Alors je conçois que beaucoup aient hâte de voir Sarkozy partir. J’entends même que c’est une question de fierté à retrouver. Ce 21 avril 2002 qu’il faut effacer. Aussi.
Mais qu’est-ce que ça veut dire de gagner quand rien n’est grand, beau et fort ?
Qu’est-ce que ça veut dire de gagner pour gagner ? Qu’est-ce que ça va nous apporter ? Si c’est pour vivre dans le même système, les mêmes règles, si rien n’est remis en question. Si Lang est toujours là. Et Fabius. Et tous les autres.
Qu’est-ce que ça va changer au quotidien de ceux qu'en bavent, qu’on humilie chaque jour, à ceux qui espèrent, demain, avoir leur petit coin, rien qu’à eux, enfin se poser, après tant d'années de travail, de servitude ?
Qu’est-ce que ça va changer de porter au pouvoir des hommes et des femmes qui s’accommodent, peu ou prou, d’un monde où le profit, la compétition, le chiffre, passent avant toute chose, avant la vie, avant nous ?
Qu’est-ce que ça va nous apporter, à nous, les laborieux, qu’on écoute pas, des ajustements à la marge ? Sommes-nous donc que cela : une variable ? Qu’on corrige. Qu’on trimballe. Et nous devrions nous en satisfaire ? En être heureux ?
Mais non. Non, il ne faut pas. Il faut résister. Se révolter. Pousser au cul. Il faut les secouer, ces gens-là, ces notables, ces raisonnables. Si tant est que ce soit encore possible. Ou juste envisageable.
Mais quand on regarde le peuple, les bras croisés, ainsi qu’on le voit, sur l’image illustrant cet article, image strauss-kahnienne, à certains égards, avec le terme de "gauche" comme argument de vente, mensonger, que peut-on espérer, tant cette image (qui se voudrait rappel d’une force tranquille, mais qui n’est celle, en vérité, que d’une faiblesse assumée) semble nous dire : « Les jeux sont faits ». Or donc : rien ne va plus.
De ce jeu, de dupes, nous sommes les billes. Les roulés. Les refaits.
Les éternels plombés.
16:13 Écrit par Philippe Sage dans Libéralisme De Gauche, Présidentielle 2012 | Lien permanent | Commentaires (78) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, primaire, la mort du parti socialiste français, le renoncement aux valeurs de gauche, le ps nous a abandonnés, françois hollande, ségolène royal, martine aubry, manuel valls, arnaud montebourg, laurent fabius, jack lang, bertrand delanoë, la gauche moderne est une gauche de droite, les jeux sont faits, pierre moscovici, dsk, 21 avril 2002, le fn a 20%, l'impuissance du ps, hollande les bras croisés, les marchés ont gagné, libéral et socialiste, séguélisme, de quoi le ps est-il le nom ? |
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19 septembre 2011
Martine Aubry Disqualifiée
L’émotion que je ressentis, à quelques moments, ce dimanche soir, je ne la comprenais pas, elle m’encombrait ; alors je luttais, n’en voulant pas ; et puis, je compris qu’elle n’était pas compassion, mais colère.
Sourde.
Il faudrait pouvoir l’oublier, cet homme, Dominique Strauss-Kahn. Cette arrogance, cette suffisance.
Je peux le dire, maintenant : je n’aime pas ce qu’il représente, politiquement. Je ne l’ai jamais aimé. Cependant, je répugnais à me joindre à la meute. Que je n’aime pas, non plus. Cette vomissante, ce tribunal populaire, summum de la bêtise ; je l’exècre.
Maintenant que c’est fini, ou du moins l’espère-t-on, tout comme l'on voudrait que d’aucuns se taisent, à jamais (Lang, Séguéla, etc.) et considérant ce qu’il s’est dit, dimanche soir, sur TF1, il ressort assez nettement que des six candidats à la primaire, une en particulier est discréditée, si ce n’est disqualifiée.
Durant cet entretien formaté, casté et bourgeois, entretien qui, tout bien pesé, ne nous concernait pas, quand bien même nous fûmes, je le rappelle, sidérés, et ce, quelle que fût l’opinion que nous ayons, a priori comme a postériori, de cet homme, il aura été question, brièvement, de la primaire.
Et plus précisément d’un pacte.
Nié (peu ou prou) par la candidate Martine Aubry.
Dominique Strauss-Kahn n’était nullement obligé de reconnaître l’existence de ce pacte. Il aurait pu, sans aucun problème, le taire. Passer outre.
Mais il ne l’a pas fait.
Ne le faisant pas, il a torpillé la candidature de son « amie » (les guillemets s’imposant largement). Confirmant ce que moult éditorialistes – Barbier compris – claironnaient, à savoir que Martine Aubry n’était qu’une candidate par défaut, de substitution.
Dès lors, comment la maire de Lille va-t-elle désormais pouvoir convaincre, emporter la décision, les suffrages ?
Comment croire en sa volonté, son désir, sa détermination ?
Puisqu’elle n’est là que par un très fâcheux concours de circonstances.
Puisqu’elle ne devait pas y aller.
Se pose alors une question, bien embarrassante : quelles peuvent être les vraies raisons de la candidature de Martine Aubry ? Qu’est-ce qui la motive ?
Sinon, l’inimitié.
L’aversion pour celui-ci ou celle-là. Ah non, pas lui ! Ah non, pas elle ! Sus ! Sus ! Il faut leur barrer la route ! Comme ce fut le cas, n’est-ce pas, lorsque vint le moment de désigner un nouveau premier secrétaire !
On s’en souvient de ces urnes, suspectes. De cette tambouille, cuisine de barons, petits arrangements entre notables. Triste image d’un parti, infoutu de se rénover, de laisser la main à la génération suivante, or donc, vas-y que je te convoque les flingueurs, Fabius, Bartolone et consorts, ligne directe branchée sur Washington, à la manœuvre, ourdissant, et te voilà, camarade Martine, propulsée nouvelle gardienne du Temple.
Le pacte, il ne date point de Marrakech. Il fut entériné bien avant. A l’automne 2008. Lors de la désignation du premier secrétaire. Sa mission : préparer le retour de DSK. Sa récompense : un poste de Premier ministre. Voilà l’histoire.
Tout était acté, verrouillé.
Et la primaire ? Du bidon ! Elle ne pouvait échapper à DSK.
Ah, c’était du beau travail ! Et ça partait plutôt bien. Les sondages, si précoces, étaient écrasants. Le Figaro, aux anges ! Pensez, un duel DSK/Sarko, ça ne pouvait que lui seoir.
Et puis, boum, patatras, survint le « coup de tonnerre » du 14 mai 2011.
Finalement, on en viendrait presque à remercier Dominique Strauss-Kahn.
En confirmant, dimanche soir, sur une chaîne privée, qu’il y avait bien un pacte, il nous a fait pénétrer dans les coulisses, peu ragoûtantes, d’un certain Parti socialiste. Celui qu’on n’aime pas. Celui qui en 2006 et 2007, à tort ou à raison, a torpillé la campagne de Ségolène Royal. Parce que ce n’était pas la candidate que l’appareil souhaitait. Ce ne pouvait pas être elle. Et jamais, elle ne serait, un jour, leur premièr(e) secrétaire.
Fabius, DSK, Aubry, Lang, et j’en passe, toute cette clique, ces vieux machins, les mêmes qui tardent ou renâclent à exclure un Frêche, un Guérini, c’est de ceux-là dont il faut se débarrasser.
Ces ceux-là qu’il faut sanctionner. Les 9 et 16 octobre prochains.
Au bout du compte, nous avons, contre toute attente (puisque ce n’était pas prévu) une primaire ouverte. Certes imparfaite, parfois décevante, mais cela vaudra toujours mieux que le simulacre qui nous était promis. Cela vaudra toujours mieux que le sacre annoncé d’un homme dont ses « amis » persistent à mettre en avant les compétences, jamais ses inconséquences qui ne relèvent en aucune façon d’une prétendue légèreté, mais de tout autre chose, de plus grave, de plus lourd.
Quoi qu’il en soit, on ne peut être candidat à la présidence de la République par défaut.
Il serait totalement irresponsable d’envoyer à la bataille, dans la lessiveuse, quelqu’un qui n’est pas prêt. Dont les motivations posent problèmes.
De fait, cette primaire est relancée, grâce – c’est énorme ! – à Dominique Strauss-Kahn, qui mal supportant de ne plus en être le principal acteur, aura flingué la candidature de son « amie ».
Ah ! Comme ce serait drôle, tellement croustillant, que dans trois semaines, des urnes de cette primaire, sortît le second tour suivant : François Hollande et Ségolène Royal.
Si second tour, il y a...
18:23 Écrit par Philippe Sage dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (41) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : martine aubry, dominique strauss-kahn, pacte de marrakech, petites magouilles entre amis, ségolène royal, françois hollande, la primaire du ps, bourrage des urnes, dsk sur tf1, dsk face à chazal, faute morale, la primaire est relancée, l'insoutenable légèreté de dsk, dsk flingue aubry, les flingueurs du ps, taisez-vous dsk !, affaire dsk, suite 2806, sofitel, nafissatou diallo, coup de tonnerre, parti socialiste |
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