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22 février 2012

2012 : Les Jeux Sont Faits Et Tout Le Monde Le Sait !

T’en souvient-il, de ce discours rouleau-compresseur, celui du 14 janvier 2007, au Parc des Expositions de Paris ? Celui où l’impétrant osa, par onze fois, nous dire : « J’ai changé » !
Tu le revois, le film, calibré à l’image-seconde près, vendu clé en mains à des médias dociles, et ce décorum quasi obscène, cette démesure qui, fallait-il être aveugle pour ne point le voir, annonçait haut et fort, le quinquennat d’une oligarchie, et pas la moins vulgaire, soi-dit en passant.

sarkozy c'est fini,les jeux sont faits,le cirque médiatique,présidentielle 2012,la fin du sarkozysme,l'ump menacée d'un séisme en 2012,sarkozy tente de sauver les meubles,chronique d'une défaite annoncée,2012 est terminé depuis 2010,le jeu médiatique,les éditocrates,storytelling 2012C’est bien là que, ledit 14 janvier 2007, celui qui voulait « tous les niquer » a tué le match.
Tout observateur à qui on ne la fait pas le savait pertinemment [1]. Et pourtant ! On tenta, et comment, de nous faire croire que non, allons, cette présidentielle n’était pas jouée. Et d’ailleurs regardez, comme il grappille et engrange dans les sondages, le béarnais ; François Bayrou. A tel point qu’un hebdomadaire ne reculant devant rien claironna en Une grasse de caractères :
Et Si C’était Lui ?
...
Ben voyons !

Et quand, comme prévu, le centriste plafonna, englué dans une mare à 18 et quelques pourcents, que diantre nous agitèrent-ils sous le tarin ?... Mais la menace d’un autre 21 avril, bien sûr ! Je peux en témoigner, de l’effet, garanti, car trois jours avant le premier tour (19 avril 2007) c’est un Hollande inquiet qui, marinant dans le studio radiophonique, saisit l’occasion d’une pause, un écran publicitaire, pour s’enquérir du fait de savoir si nous pensions qu’il n’y aurait pas, par hasard, péril en la demeure Royal. Ce à quoi, coquins et farceurs, nous lui répondîmes : « Méfiance ! Car effectivement, on l’estime entre 13 et 15, mais qui sait s’il ne serait pas plutôt à 17, voire 18, le Jean-Marie ! ». Et devinez quoi ? C’est aussi ce que redoutait notre corrézien. [2

Ah, ce qu’on ne ferait pas, n’est-ce pas, pour garder le citoyen en haleine, quand ce n’est pas lui faire peur. Ce qu’on ne ferait pas, en vérité, pour vendre du papier, meubler l’antenne avec de faux débatteurs estampillés « experts » [3]. Mais comprenez une chose, simple :  si vous le dites, que c’est fini, que l’affaire est pliée, que le vainqueur on le connaît, et là dès janvier, mais vous salopez votre business ! Vous faites quoi pendant les trois mois qui restent ? Du canevas ? Vous mettez l’écharpe du Barbier aux enchères sur e-Bay ?

Or donc, il n’y avait pas la moindre raison qu’ils ne nous refassent pas la même et en couleur.
Passe encore le match à quatre, qui, convenons-en, était, vu le contexte, la conjoncture, le merdier quoi, assez crédible, il y a encore un gros mois. Et puis, c’était une figure inédite. Donc passionnante. Je veux dire : éminemment bankable ! Rendez-vous compte ! Qui, de François Bayrou, Marine Le Pen ou Nicolas Sarkozy, sera choisi pour affronter François Hollande au second tour ? Mazette, mais quel suspens ! Et surtout, quel audimat ! Quel tirage ! On s’acheminait vers du « sans précédent » à tous les niveaux ! Avec du 21 avril à l’endroit comme à l’envers, n’en jetez plus, c’est trop bonnard !

Manque de bol, cette hypothèse s’éloigne. A en croire les sondages. Bayrou racornit, Le Pen rame [4] et de fait, il reste quoi, à se mettre sous la dent ? Un bon vieux match droite/"gauche". Et hop, vendu ! C’est parti, mon Kiki ! Du Hollande/Sarkozy en veux-tu, en voilà ! En suppositoire, matin, midi et soir... Et v’là qu’on les re-convoque, les fameux experts... Et si Sarkozy-ceci, et si Sarkozy-cela ! C’est que, dites, il est redoutable, cet homme-là. En campagne, c’est un guerrier ! Dieu sait, dans un pays laïc, ce dont il pourrait être capable pour, à l’arrivée, faire la nique au favori ; sur le poteau, le coiffer...
... Vous croyez que je déconne ! Du tout ! Même Attali, il le dit que, ouh-là, gaffe M’sieur Elkabbach, avec Sarkozy, on ne sait jamais, ajoutant, sans rire, qu’il a, ce candidat sortant, « de grandes chances d’être réélu » ! Oui, vous avez bien lu : « de grandes chances » !
C’est bien mon petit Attali, tu joues le jeu. Mes amitiés à toute la bande. Celle du Siècle !

Peu leur chaut que le Sarkozy qu’ils évoquent n’est plus que l’ombre de lui-même.
Peu leur importe que cet homme a, depuis lurette, intégré l’idée de la défaite et que son seul but soit, présentement, de sauver les meubles. Comprendre : éviter une explosion de l’UMP. En assurant sa place au second tour.[5]

Ils ont pourtant, comme beaucoup, noté qu’à Annecy, puis Marseille, l’homme ne parlait plus comme ce 14 janvier 2007, au futur ou au présent, mais à l’imparfait ou au passé composé... Oh non, ce n’est pas un détail, ne croyez pas cela, c’est au contraire d’importance première. Certes, l’homme n’est plus vierge d’Elysée, en la matière il a un passé, lourd et signifiant, mais de là à employer l’imparfait ! Quelle faute !... Allons ! Le peuple, aussi "sot" (le mot favori de Sarkozy) fut-il, n’accordera jamais, en majorité, suffrages à celui qui conjugue la France au passé, quand bien même en irait-il de son bilan ! C’est le futur, c’est le présent, les deux temps majoritaires d’une présidentielle. Même la référence suprême de Sarkozy, le modèle, or donc François Mitterrand, en 1988, c’est encore vers l’avenir qu’il se tournait, c’est au futur qu’il nous causait.

Mais il faut vendre du papier. Il faut maintenir l’audimat. Coûte que coûte. Deux mois encore. Deux mois à nous vendre un match, et, je vous en fais le pari, un « troisième homme » reprenant, comme par magie, du poil de la bête, et, je le suppute, dans la dernière ligne droite, la menace d’un second 21 avril. Tout faire pour ne pas tuer l’intérêt du citoyen. Le tenir. Jusqu’au bout. Avec des hypothèses à n’en plus finir. Y compris, les plus farfelues.

Pourtant qui ne le sait pas ! Qu’elle est jouée cette présidentielle. Depuis deux ans. Au bas mot. Un président sortant battu successivement par Martine Aubry, puis DSK (écrasé, je devrais dire) puis par François Hollande (laminé, serait le terme plus adéquat), un président abordant une telle échéance avec de surcroit une cote de popularité aussi faible, mais enfin, il n’a pas l’ombre de l’ombre d’une chance de gagner ce combat. Tout le monde le sait. Sarkozy compris.... Pour paraphraser Copé : on va pas se mentir, les mecs ! Et la comparaison avec Giscard ne vaut même pas. Giscard, au moins, il eut, un temps, les sondages pour lui.

A moins d’un évènement fâcheux dont la nature m’effraie d’emblée, comme un attentat, une guerre, ou une pandémie planétaire, rien, mais vraiment rien, ne peut changer la donne. Cette présidentielle est morte. Tout ce qui (nous) reste, c’est du verbe. Pas celui convenu, obséquieux, des « experts », non ! Celui de Mélenchon. Il l’aura animée, et de belle façon, cette campagne. Il mérite bien son score à deux chiffres. Il nous aura, le temps de quelques meetings, rendu fierté et dignité. Il nous aura réconciliés avec la chose politique. C’est déjà pas mal. Tant on en aura connues, des présidentielles à l’esbroufe, à la roublardise, à la « je vais tous les niquer ».  Lui, au moins, Mélenchon, il ne nous aura pas trop pris pour des cons.

Enfin bref, Sarkozy c’est fini. Et tout le monde le sait.
Le reste, c’est du show, rien qu’un petit spectacle médiatique.
Sans grand intérêt.


[1] La bonne preuve c’est que, aujourd’hui, tous autant qu’ils sont, en conviennent que c’est le 14 janvier 2007 qu'elle s’est jouée, la présidentielle précédente. Mais se sont bien gardés de le hurler sur les toits, il y a cinq ans. Pour les raisons que vous devinez.

[2] Ah les sondages à la con qui circulent sur le Net à quelques encablures d’un premier tour, à commencer par ceux des RG ou autres, ils ont beau être bidons, ils trouveront toujours preneurs. Politiques, comme citoyens-moutons.

[3] C’est-à-dire ceux, toujours les mêmes, qui élucubrent, sur les plateaux de C Dans L’Air, Mots Croisés, sur les chaînes d’infos en boucle telles i>télé, BFMTV, LCI, ou, comme de bien entendu, à la radio, de France Inter à RTL, en passant pas Europe 1 et RMC.
Pour certains, ça fait trente ans que ça dure. Si ce n’est pas quarante ! Et autant de livres inutiles.

[4] Et si elle rame, Le Pen, c’est avant tout de sa faute. Quand on pointe à 24% en mars 2011, et qu’on n’en fait rien, c’est qu’on est mauvais.
Déjà, quand on prétend représenter les « invisibles » ou les « oubliés » on parle sur un autre ton. On ne fait pas des sketches (en chanson, ou en brandissant un ridicule carton rouge) à la télévision. N’importe quel candidat à la présidentielle, même le plus petit, le comprendrait.
Un exemple : souvenez-vous du Sarkozy d’avant l’automne 2006 ! C’était un aboyeur. Il parlait fort. Et puis, tiens donc, la présidentielle approchant, il change de ton. Il s’est mis à parler doucement... Je vous cause de ses prestations médiatiques. Pas de ses meetings. Ah, là c’est différent ! Là, on peut invectiver, hausser le ton ; mais pas à la télévision.
C’est ce que n’a toujours pas compris Marine Le Pen... C’était aussi un travers de Mélenchon, jusqu’à peu. Mais vous avez noté le changement. Désormais, lui aussi, réserve ses outrances pour les meetings. Mais à la TV, il est dorénavant plus posé... Parce qu’un type qui gueule tout le temps, qui parle fort, ça épuise les gens. Et surtout : ça le discrédite. Ce n'est pas parce que le gens en ont marre qu’il faut parler comme eux. Ce n’est pas ça, les représenter. Au contraire !

[5] Lire : C’est Cuit Pour Sarkozy Et Il Le Sait

 

Trackbacks

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Commentaires

"Ce n’est pas parce que le gens en ont marre qu’il faut parler comme eux."

Belle parole.
Ça doit dater de l’époque où le populisme faisait encore honte à la "classe" politique.

Écrit par : LeManu | 23 février 2012

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@ LeManu,

C’est bien connu, la pornographie c’est l’érotisme des autres :

Dans les médias du PPA, le pouvoir fait de la pédagogie ; l’opposition fait de la démagogie ; et quand ça parle du peuple et pour le peuple, c’est du populisme.

(PPA = Parti de la Presse et de l’argent)

Écrit par : JL1 | 23 février 2012

@ JL1
ET le Pujadas " laisse d’or", pris la main dans le pot de confio(t)te, sortant hier du siège de l’UMP, il allait aux ordres.

Si Hollande veut être crédible, il faudra faire le ménage, pas pour y mettre des amis, mais laisser les pros, il y en a, indépendants.
De même, dans la justice, la police...
[]

Écrit par : Dzan | 23 février 2012

Bonjour Philippe sage,

que dire de plus : je suis entièrement sur la même longueur d’onde.

Il nous faut une vraie gauche forte, quel que soit le candidat du système au pouvoir, et Mélenchon c’est la renaissance de cette vraie gauche.

Et si 21 avril à l’envers il devait y avoir, il ne faut pas que ça soit l’extrême droite vs le candidat du système mais la vraie gauche vs le système ; autrement dit le peuple vs l’oligarchie.

Écrit par : JL1 | 23 février 2012

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Dérive des sondages .....
Manipulation des personnes par les sondages ....

Les sondages font partie de notre époque , avant c’était des supputations de comptoir maintenant on connait les prévisions du vainqueur , son résultat etc .....

On se demande à quoi sert la démocratie sauf que l’on peux encore aller à l’encontre de la pensée commune.

Écrit par : devphil30 | 23 février 2012

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Bonjour,

L’illustration de l’article montre la couverture du livre de François Léotard parfaitement lisible car bien écrit. Le titre à lui seul donne le ton du contenu, mais il y a une chose qui n’y figure pas, si mon souvenir est exact : c’est l’affaire de Karachi. Pourtant Léotard alors à la manœuvre à l’époque des faits pourrait en dire des choses, non ?

Écrit par : geo63 | 23 février 2012

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@geo63 : Léotard (ministre de la Défense entre 1993 et 1995) a été entendu dans cette affaire. Par l'excellent juge Trividic. En janvier 2011. Il prétend qu'il ne "sait rien".

http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/France/Affaire-de-Karachi-Francois-Leotard-ne-sait-rien-_NG_-2011-10-15-723537

Depuis, bien de l'eau a coulé sous les ponts, et pleuvent les mises en examen.

Aux dernières nouvelles, dit-on, l'étau se resserre.

http://www.rfi.fr/france/20111222-affaire-karachi-etau-resserre-autour-francois-leotard

Je n'ai, comme de bien entendu, pas choisi cette illustration gratuitement.
Effectivement, il y avait comme un léger sous-entendu.
Mais léger, seulement :D

Écrit par : Philippe Sage | 23 février 2012

Salut,

Philippe Sage, j’aime d’ordinaire bien vos billets, alliant finesse et humour. Mais là, je dois dire que je resterai prudent. Un peu comme ces violettes qui jouent à cache-cache avec les herbes dans les champs.

Sarkozy n’a pas encore perdu, loin de là. De la ressource, il en a, et un organe de propagande, que ne renierait pas un [], aussi. En cela il peut compter sur la télé d’état et même la privé (TF1, iTélé, BFM qui appartiennent toutes à ses copains financiers). Et je n’oublie pas la presse (sic) écrite : le Figoski, Les échos, JDD, groupe Hersant, Match etc...

Pour rependre la parole divine il n’y a pas mieux.

Il lui suffit de faire comme hier chez la partiale TF1, de balancer du 1000 par an pour tous les minimas du lard-feuille, pour que cela excite le populo qui l’a un peu en travers, et qui avait voté pour cette raclure en 2007.

Souvenons-nous de Chirac à 18% de satisfait, et d’un Balladur avec le traître de qui déjà... ah oui un certain Sarko... qui n’avait plus qu’à mettre le dernier clou sur le cercueil électoral, et l’on a vu ce qu’il en est advenu trois mois plus tard.

Idem il y a un an, personne n’aurait parié sur Flamby qui gagne le pompon.

Donc, je dirais que la bête agonise mais n’est pas encore morte (ce que je souhaite plus que tout ceci dit)

Écrit par : Yvance77 | 23 février 2012

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Yvance 77 ... Vous me citez Chirac, Balladur, 1995 donc. Mais ce n’est pas la même configuration ! Il n’y avait pas là, de candidat sortant. Il faut comparer ce qui peut l’être, voyez.

Donc et par conséquent avec Giscard se représentant en 1981, Mitterrand en 1988 et Chirac en 2002.
Sauf que, dans les deux derniers cas, nous étions dans une période de cohabitation : Mitterrand/Chirac en 1986/88 et Chirac/Jospin en 1997/2002. ce qui change considérablement la donne...

Qui plus est, en février 1995, Balladur avait déjà perdu de sa superbe. Dans les sondages. Il n’était plus le favori. Sa chute avait commencé dès la dernière semaine de janvier, et ne s’arrêtera plus.

Vous savez ce qu’a dit Giscard quand il s’est à nouveau déclaré ?
Ceci :
"Nous venons de connaître la crise la plus importante de ces cinquante dernières années".
Marrant, non ?
Nonobstant le fait que c’était pas faux (deux chocs pétroliers, et vlan, inflation, déficit, dette, chômage - tout pareil qu’aujourd’hui, quoi) son bilan était difficile à défendre. Et celui de Sarkozy, il n’est pas difficile à défendre ! Il est pratiquement insurmontable.

Vous me parlez des médias. Oh, vous savez, beaucoup ont tourné casaque. Il reste quoi ? BFMTV, Le Figaro, Le Point, Tf1 (et encore !) ...

Quant à hier soir, je vous l’accorde, Sarkozy a été bon. C’est certainement un des politiques qui maîtrise le mieux l’outil télévisuel. Mais creusez ... Les propositions ! La prime pour l’emploi ! Un grand numéro de bonneteau. Et quand bien même, que ne l’a-t-il pas fait avant !

Le RSA ... 7 heures hebdo de travail d’intérêt général ... Un "succès" qu’il dit (là où c’est expérimenté). Ah bon ? Où sont les chiffres ? Intox !

Et alors, la rémunération des grands patrons, les retraites chapeau, les parachutes dorés, tous les ans, depuis cinq ans, il nous sort le même couplet ! Eh, oh ! Tu l’as vu, c’lui-là ?

Alors oui, grand numéro, un acteur énorme, un grand comédien, mais le passif, lui, est trop lourd. Avec ce genre de propositions, il ne trompera que les gogos. Avec ce type d’annonces, il sauvera sa place au second tour, c’est tout. Mais après, c’est fini.

En vérité, ce n’est pas tant Hollande qui va gagner. C’est plutôt Sarkozy qui va perdre. C’est une histoire de contexte. Du reste, il n’y a pas de désir d’Hollande. Mais je l’ai déjà dit...

Écrit par : Philippe Sage | 23 février 2012

Ben non les jeux ne sont pas faits. Il s’en faudrait de peu, quelques pourcents basculant vers François Bayrou pour déclencher une avalanche vers lui. Il n’a pas fait ses 18,57 % en 2007 par hasard. En 2007 six sondages ont indiqué qu’il éliminerait n’importe quel opposant au second tour. En 2012 ca va être pareil, si on en juge par le dernier sondage IFOP. En fait malgré la pause actuelle Bayrou est mieux parti qu’en 2007 si on analyse les cotes de popularité : à la même époque en 2007 il faisait jeu égal avec Sarkozy (60%), loin devant Royal (50%). En février 2012 avec 65% d’opinion favorables il est loin devant Hollande (57%) et Sarkozy (38%). N’en déplaise à l’auteur la campagne n’est pas pliée.

Écrit par : Daryn | 23 février 2012

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@daryn : Mais oui. C’est fort probable. Je veux dire que si François Bayrou se hissait au second tour, le 22 avril prochain, alors, j’en conviens, ce ne serait plus la même. Du tout.

Sauf que, il est très très loin. La dynamique n’est pas avec lui. Et qu’on n’a jamais vu un type estimé à 11/13% passée la mi-février coiffer tout le monde sur le poteau.
Si on ajoute que le citoyen ne voit pas trop avec qui il pourrait gouverner (ce qui, au passage, est de première importance) que la majorité centrale appelée de ses vœux n’a pas l’air de vouloir montrer le bout du bout de son nez, que de surcroit, son programme est flou (oh si !) ça fait beaucoup pour un seul homme.

Mais je vous l’accorde, des projections sondagières nous indiquent qu’il serait, au second tour, un client sérieux.
Encore faut-il qu’il s’y hisse.
Et voyez-vous, je ne crois pas qu’il y parviendra.

Écrit par : Philippe Sage | 23 février 2012

@daryn : D’autre part, vous faites fi d’un élément déterminant.
Il est vrai que bien peu, à commencer par les médias, détaillent cet élément qui est : la fermeté du choix de vote.
Ah, mais c’est une donnée très importante !

Vous avez un Bayrou à 13%, mettons.
Mais sur ces 13% combien sont sûrs de leur choix ?
Eh bien, même pas 40%.

Alors que ceux qui penchent pour Sarkozy, c’est du 79%. Idem, ou quasi, pour François Hollande.

Bayrou avait ce même problème en 2007 : ainsi, et par exemple, sur les 21,5% à répondre François Bayrou dans le baromètre IPSOS du 11 mars 2007, ils n’étaient que 38% à se dire sûrs de leur choix.
Dans la même enquête,sur les 31% attribués à Nicolas Sarkozy, 62% se disaient être sûrs de leur choix., et sur les 25,5% accordés à Ségolène Royal, pareil : 62%.

Vous comprenez ?
Vous saisissez mieux le problème de Bayrou ?
Et pourquoi, comme en 2002, comme en 2007, il ne verra pas le second tour ?

Bien à vous.

Écrit par : Philippe Sage | 23 février 2012

Je ne crois guère à cet argument de sûreté du choix, surtout quand on le rapporte au score final réalisé par Bayrou. La campagne est encore longue. En 2007 la gauche (morale) n’a pas réalisé que le vote utile contre Sakozy c’était Bayrou. En 2012 la droite (réaliste) pourrait bien ne pas commettre cette erreur contre Hollande, si tout au moins l’écart FH/NS se maintient. Je persiste à croire que tout reste ouvert. Wait and see :D

Écrit par : Daryn | 23 février 2012

Vous n’y croyez pas, mais c’est une estimation du 11 mars 2007 ! Il restait encore cinq semaines avant le premier tour. !
Et que s’est-il passé ?

La sûreté du choix s’est raffermie pour Bayrou, mais quoi de plus normal ! Plus on avance dans la campagne, et plus les citoyens sont sûrs de leur choix ; mais en même temps, après un pic à 24% (27 mars 2007), il est redescendu à 20, puis 19, puis 18.
Pourquoi ?
Parce que justement le matelas de sûreté était faible dès le départ.
Vous comprenez ?

D’autre part, vous oubliez Sarkozy. Alors certes hier soir, il nous a fait son grand numéro (grand acteur, vraiment !) qui me fait doucement marrer, mais je suis quasi persuadé qu’il trouve encore preneur et que s’il conserve ce train, il gardera Bayrou à distance.
Quant à Hollande, vous pouvez retourner l’affaire autant que vous le souhaitez, il est très improbable qu’il ne se soit pas au second tour.

C’est aussi la logique d’un scrutin MAJORITAIRE à DEUX TOURS, @daryn, qui n’est fait QUE pour favoriser les partis dominants. Et qu’un trublion se hisse au second tour (2002) et le voilà balayé par 80 à 20.
Certes, il y a eu Giscard en 1974.
Mais pourquoi ?
Parce que Chirac (eh oui déjà) a sabordé la candidature de Chaban-Delmas. Et 7 ans plus tard, le Giscard, il nous a dit : "Au revooooooooir !", assassiné par le même Chirac !

C’est le mode de scrutin qui est terrible. Il ne laisse pas de place à celui qui est seul (contre tous). Et Bayrou est un homme seul !
(Idem pour une formation politique qui ne veut pas faire d’alliance, qui est une condition sine qua non dans un scrutin majoritaire à DEUX TOURS).

Mais bon, je vous comprends...

Écrit par : Philippe Sage | 23 février 2012

Oh je ne sous-estime absolument pas Nicolas 1er, qui est redoutable en campagne et dispose de moyens conséquents (comme Hollande d’ailleurs) : j’ai bien dit "si l’écart FH/NS se maintient".

En fait étant donnée la disproportion des moyens (en budget et personnel), le fait que Bayrou existe encore a un côté presque miraculeux, et qui selon moi témoigne d’un intérêt et attachement réel. Je crois de plus qu’il ne souffre plus du défaut de notoriété qui a un peu plombé sa campagne de 2007 (pas auprès de la blogosphère et de l’intelligentsia évidemment, mais plutôt du côté des "petites gens", pour qui il ne constituait pas en 2007 un candidat crédible : ça a changé depuis).

Ceci dit, la sarkhollandisation du débat est réelle et la pente sera difficile à gravir, mais je crois que l’électorat est plus volatile que vous ne le pensez.

C’est doux d’être compris ;D

Bien à vous.

Écrit par : Daryn | 24 février 2012

J’en pense autant, tout comme dans un film avec Bruce Willis, on sait qui va gagner à la fin.

Bon maintenant comparé Hollande à Bruce Willis, c’est un peu osé, j’en conviens ...

Écrit par : Shamika | 23 février 2012

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@L’auteur,

Vous avez pour une bonne partie raison, les jeux sont faits quant à un deuxième tour Sarkozy/Hollande.
Mais je ne jurerai de rien sur l’issue finale, même si Hollande est le favori, j’attendrai encore quelques semaines pour en juger définitivement. Les écarts se sont un peu resserrés. Et malheureusement Sarkozy est habile, et les électeurs de droite comme de gauche vont voter utiles.

Écrit par : Jean Pelletier | 23 février 2012

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Tiens, je me suis demandé : il n’y a pas de paris qui sont engagés sur les candidats ?
Quelles sont les cotes de chacun ?
Oui, il y a les sondages, mais... au PMU ? :D

Écrit par : l'Enfoiré | 23 février 2012

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C’est illégal en France. Mais les bookmakers anglais (entre autres) ont ouvert les paris.
Voir ici :

http://sports.williamhill.com/bet/fr-fr/betting/y/12/Politique.html

Et ici par exemple :

http://sports.ladbrokes.com/en-gb/Politics/French-PoliticsPolitics/French-Politics-t210003972


Incidemment la cote de Bayrou s’améliore régulièrement.

Écrit par : Daryn | 23 février 2012

En ce qui concerne le premier tour je suis certain d’une chose : nous connaitrons les vainqueurs le soir même vers 22 h.
Parce que Mr P Sage vos supputations ne sont que des supputations .
Et je ne vois pas ce qui me pousserait à vous croire sur parole .

Écrit par : Chanteclerc | 23 février 2012

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Rien, Chanteclerc.
Rien ne vous y pousse.

Cependant, puisque vous parlez de "supputations", alors faites donc cet effort. Plongez-vous dans l’histoire de la Ve République.
Refaites toutes les présidentielles. De 1965 à 2007.
Tout est disponible, les données, les sondages, les tendances, tout !
Et vous verrez... Regardez bien, surtout, les pointages de mars et d’avril (sauf pour 1965, c’était en décembre que l’on votait, alors ... Quant à 1969, ce fut en juin, suite au retrait de de Gaulle, suite au réferendum perdu).

J’ajoute, Chantecler, et encore une fois, que c’est un scrutin MAJORITAIRE à DEUX TOURS. Combien de fois faudra-t-il le rappeler ? Et ça, c’est primordial. Car ce mode de scrutin ne laisse pas de place à la "surprise". (Et si elle survient, comme en 2002, elle est balayée !)
Et d’ailleurs, vous pouvez me dire quel est le président qui fut élu et dont on a dit ! "Oh ben ça alors, quelle surprise ! Mais on ne s’y attendait pas du tout"
Eh bien je vais vous répondre :
AUCUN.
Parce que le mode de scrutin est impitoyable.
Si vous n’avez pas encore compris ça, alors ... Je sais pas ...Bonne soirée ! Voilà : bonne soirée !

Écrit par : Philippe Sage | 23 février 2012

D’accord P. Sage,
Mais NS est candidat de la droite et je pense qu’il a encore de très nombreux supporters .
D’autant que la droite n’est pas fine gueule ni dégoutée ...
Et qu’il y beaucoup de membres de la bourgeoisie qui n’est pas trop touchée par la crise et qui ne votera pas une aventure ou une alternance, mais pour le maintien de ses intérêts et de son patrimoine (lequel n’est pas menacé mais elle est pétocharde ).

De plus la propagande sarkosiste bat son plein.
C’en est écœurant de voire tous les médias y adhérer dont les radios, les TV et beaucoup de journaux .
Mais je ne voudrais pas qu’il y ait de malentendu .
J’espère vraiment que ce régime dévoyé va tomber.

Écrit par : Chanteclerc | 24 février 2012

Quand les élections seront terminées je vous dirais qui aura été élu parce que tout le monde le savait avant.

Écrit par : Alchimie | 23 février 2012

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Bayrou est estimable mais il ne figurera pas en effet sur l'affiche de second tour.
Quant au candidat-président sortant, il a beau faire du rattrapage, il y a un moment, il atteindra le maximum des voix qu'il puisse engranger au premier tour et au second il butera sur un peu plus de cinquante pour cent de citoyens qui ne veulent plus de lui.
C'est ce qui l'attend, et il le sait bien : il a n'en doutez pas déjà compris cela, et il ne se fait plus d'illusions. Il a l'intelligence des situations, beaucoup plus que VGE. Il sait que son camp rame vainement contre le courant.
N'a-t-il pas consciemment ou inconsciemment admis que c'est déjà fichu en prononçant une phrase du genre : "Si j'ai des risques de perdre, j'ai aussi des risques de gagner". Ah! S'il avait dit : "J'ai des chances de perdre et des chances de gagner, cela aurait été différent. Car il n'y a de risque que de perdre !
Francois

Écrit par : F. Sarindar | 24 février 2012

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@ Philippe Sage.

C’est le billet le plus franc, le plus honnête et le plus lucide que j’ai pu lire ces derniers mois. Ici et ailleurs. Félicitations.

Écrit par : Peachy Carnehan | 24 février 2012

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J’espère juste que la réélection très possible de NS ne causera pas une vague de suicides trop importantes dans les rangs de cette sympathique extrême-gauche à l’odeur d’Hessel.

Je me demande même si je ne vais pas voter Hollande, par charité.

Écrit par : Le péripate | 24 février 2012

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Votez pour qui vous voulez monsieur ce n’est que votre problème mais par pitié ne parlez pas de suicides car c’est un sujet qui vous échappe totalement. Le votre serait le bienvenu si par bonheur pour le plus grand nombre Nico 1er nous lâche un peut les baskets.

Écrit par : Mortelune | 24 février 2012

Quelques troubles géopoltiques impliquant l’OTAN et une menace de nouvelle rentrée en conflit d’ici les élections pourrait fort bien réveiller une partie de l’electorat conservateur (retraités...) et faire basculer l’échéance.

Écrit par : oj | 24 février 2012

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Il reste l'option scénario "match de foot".
Celui où le favori mène de façon tout à fait logique depuis le début du match et se met à jouer petit bras (et Hollande est très fort pour ça), il se met à avoir les pétoches, commence à perdre confiance, au point de concéder une égalisation prévisible, si bien que le vent tourne, le favori devient méconnaissable, pitoyable, s'attire les foudres du public, ne résiste pas aux assauts survoltés de l'outsider remis en selle, et perd lamentablement à la fin du temps règlementaire sous les sifflets de l'assistance.
C'est ce dont rêve Sarkozy, et bon, ça semble comme ça improbable, mais les temps ont tellement changé depuis Giscard, la vie politique s'est tellement "Star Academysée"... et puis pourquoi pas imaginer des effets parasites insolites... On est devenu tellement accroc à la fiction télévisuelle, à la peoplisation, Sarkozy est un tel virtuose dans la manipulation émotionnelle, aura-t-on une attitude rationnelle dans l'isoloir? (Sarkozy mange avec les français tous les soirs depuis 5 ans, même s'il les irrite, il fait partie de la famille, comme Lady Diana.. ne vont ils pas rechigner à s'en séparer du jour au lendemain, à faire ce deuil ?)
Bref si de façon rationnelle je partage ton avis, il ne demeure pas moins que l'aspect irrationnel des foules peut révéler quelques surprises, aussi je reste attentif à la suite...

Écrit par : Petit écran de fumée | 24 février 2012

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@ Yvance 77

Vous écrivez:
"Sarkozy n’a pas encore perdu, loin de là. De la ressource, il en a...."

Eh bien permettez-moi de ne pas être du tout d'accord avec vous.
On allait soi-disant voir ce que l'on allait voir avec son entrée en campagne.

En effet...on voit ! :

http://lamauragne.blog.lemonde.fr/2012/02/29/m-sarkozy-menace-de-mort-electorale/

Cordialement,

jf.

Écrit par : Jacques | 01 mars 2012

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Voir aussi cet article... on fait dans le contradictoire???
http://sagephilippe.20minutes-blogs.fr/archive/2011/11/28/non-monsieur-hollande-vous-ne-serez-pas-le-prochain.html

Écrit par : nico | 06 mars 2012

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